10/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6288

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ENTAME SON DÉBAT CONSACRÉ AUX ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES


Il se penche sur la contribution et l'efficacité

du système de développement des Nations Unies


Le Conseil économique et social a entamé, cet après-midi, son débat consacré aux activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement.  Il a dans ce cadre tenu une réunion-débat sur la contribution et l'efficacité du système de développement des Nations Unies.


M. Idriss Jazaïry, Vice-Président du Conseil, qui préside le débat consacré aux activités opérationnelles, a souligné que le système a reçu en 2005 des contributions de l'ordre de 15,5 milliards de dollars au titre des activités de coopération pour le développement.  Il importe de s'assurer que les Nations Unies utilisent au mieux les ressources et l'expertise dont elles disposent et maximisent leur impact pour les pays en développement, a-t-il ajouté.  Le présent débat sur les activités opérationnelles offre l'occasion de corriger certaines tendances et de donner une nouvelle impulsion politique au progrès et à la réforme des Nations Unies, a souligné le Vice-Président.


Dans le cadre de la réunion-débat qui a suivi, le Secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique, M. Kim Hak-su, a fait observer que les défis que doit relever le système ont notamment trait à sa capacité à renforcer le développement et à son fonctionnement au niveau des pays, en particulier du point de vue de sa contribution aux efforts consentis par les États afin d'éradiquer la pauvreté et d'atteindre les objectifs de développement durable et de croissance soutenue. 


Des personnalités de haut rang des Pays-Bas, de la Suisse, de la République démocratique populaire lao et du Bénin ont animé le débat.  Les pays donateurs - Pays-Bas et Suisse - ont attiré l'attention sur la nécessité d'adapter les structures de coopération internationale aux exigences du XXIe siècle.  Il a été jugé regrettable que le système des Nations Unies, en dépit des compétences dont il dispose dans la plupart des domaines pertinents pour le développement économique et social, reste trop fragmenté pour traduire cette richesse en une contribution cohérente aux plans de développement nationaux.  Seule une Organisation réformée pourra assumer sa place centrale dans les efforts internationaux visant la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il été estimé.  Pour améliorer l'efficacité des Nations Unies au niveau du terrain, il convient de renforcer la coordination et l'harmonisation.  De l'avis de la Suisse, les Nations Unies devraient se libérer de la mise en œuvre des projets et se concentrer sérieusement sur leur rôle en matière de renforcement des capacités.


Intervenant à titre de pays bénéficiaires, la République démocratique populaire lao et le Bénin ont fait le point sur l'assistance apportée à leurs pays par le système des Nations Unies.  Ils ont souligné que l'assistance, pour être efficace, doit venir appuyer les plans nationaux de développement.  Le problème de l'insuffisance actuelle de l'aide au développement a également été relevé.  Plutôt qu'une fusion totale des diverses institutions apportant une aide, il convient de privilégier une coordination et une complémentarité de leur action en faveur du développement, a-t-il été estimé.


Parmi les panélistes, figuraient également le Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) et des représentants de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).


Des représentants du Brésil, de la Barbade, de la Thaïlande, de la Namibie, de l'Indonésie et de l'Union européenne ont participé au débat ainsi que la représentante de la Conférence des organisations non gouvernementales.


Le Conseil poursuivra ses débats sur les activités opérationnelles demain matin, à 10 heures, en entendant les rapports des principaux fonds et programmes des Nations Unies.   Il devrait adopter ce soir, vers 19 h 30, une déclaration ministérielle sur les résultats du débat de haut niveau qui s'est déroulé la semaine dernière.


Ouverture du débat consacré aux activités opérationnelles


M. IDRISS JAZAÏRY, Vice-Président du Conseil économique et social, qui préside le débat consacré aux activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement, a souligné que ce débat devrait permettre au Conseil de se pencher sur la façon dont les institutions des Nations Unies peuvent maximiser l'impact de leurs activités sur la réduction de la pauvreté, la croissance économique et le développement durable.  Il a souligné que l'examen triennal que l'Assemblée générale doit entreprendre cet automne a pour objet d'évaluer le travail du système des Nations Unies au service du développement.  Il vise à déterminer si le système est guidé par les grands objectifs de développement fixés par les pays membres et par les grandes conférences internationales.  L'examen sera aussi l'occasion de voir comment les Nations Unies se sont adaptées au nouveau panorama de la coopération internationale pour le développement.  En effet, a expliqué M. Jazaïry, la coopération pour le développement est en profonde mutation.  L'accent est mis plus que jamais sur le rôle des politiques nationales comme cadre directeur de la coopération internationale.  De nouvelles formes d'aide sont apparues.  Autant de défis que le système des Nations Unies doit relever, a-t-il souligné.


Selon le rapport du Secrétaire général sur le financement des activités opérationnelles, le système a reçu en 2005 des contributions de l'ordre de 15 milliards et demi de dollars au titre des activités de coopération pour le développement, a poursuivi le Vice-Président.  Il importe de s'assurer que les Nations Unies utilisent au mieux cette expertise et ces ressources et maximisent leur impact pour les pays en développement.  En outre, l'examen triennal des activités opérationnelles est l'occasion d'examiner dans quelle mesure le système a mis en œuvre les directives du travail du système des Nations Unies fixées par les États Membres, lors de la 59ème session de l'Assemblée générale.  À cet égard, le rapport du Secrétaire général sur l'examen triennal montre que le système a adopté de nouvelles initiatives et adapté ses méthodes de travail.  Mais le rapport montre aussi que ces efforts ne sont pas toujours à la hauteur des ambitions des États Membres et du système lui-même, a nuancé M. Jazaïry.  Il reste des zones de faiblesse, de nombreux progrès à faire.  L'impact des activités de renforcement des capacités nationales et le rôle des gouvernements dans la coordination des activités du système peuvent être encore accrus.  Ce débat sur les activités opérationnelles est l'occasion de corriger certaines tendances et de donner une nouvelle impulsion politique au progrès et à la réforme des Nations Unies, a-t-il insisté.  Nos débats devront préparer le terrain pour les délibérations de l'Assemblée générale sur l'examen triennal de cet automne.  Les projets de recommandations que le Secrétaire général présentera à l'Assemblée générale seront élaborés sur la base des vos interventions, a-t-il conclu.


Documentation dont est saisi le Conseil au titre du débat consacré aux activités opérationnelles


Le rapport du Secrétaire général sur l'analyse statistique globale du financement des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies (A/62/74 – E/2007/54) fournit des données statistiques sur les activités opérationnelles dans une perspective pluriannuelle.  L'ensemble des données prises en considération et leur analyse ont été encore améliorées grâce notamment à une désagrégation plus poussée, le rapprochement des différences entre les estimations de l'ONU et de l'OCDE concernant les contributions aux organismes des Nations Unies, l'inclusion des activités du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et une analyse élargie de l'aide humanitaire. 


Une compréhension meilleure et plus cohérente des activités opérationnelles et des tendances de l'action des organismes des Nations Unies concernant le développement, l'humanitaire et l'environnement suppose que l'on accélère les efforts actuellement menés dans ces organismes pour normaliser les données et les pratiques statistiques afin d'améliorer la qualité, la ponctualité et la comparabilité des données, souligne le rapport.  Il faut donc donner la priorité à l'amélioration de la couverture, de la qualité et de la comparabilité des données et des rapports financiers sur les activités opérationnelles du système des Nations Unies de façon cohérente et flexible qui puisse s'adapter à l'architecture évolutive du système des Nations Unies.  À cette fin, le rapport recommande de créer un système global et viable de collecte et de publication de données financières pour les activités opérationnelles du système des Nations Unies.


Le rapport du Secrétaire général sur l'examen triennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies (A/62/73 – E/2007/52) passe en revue les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies et examine la question de savoir si elles répondent aux attentes des États Membres telles qu'elles ont été exprimées dans la résolution 59/250 de l'Assemblée générale et le Document final du Sommet mondial de 2005.  Il rappelle que les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies doivent répondre avec souplesse aux besoins de développement des pays membres bénéficiaires, et être en accord avec leurs propres politiques et priorités de développement.  Elles reposent sur les principes fondamentaux d'universalité, de financement volontaire et à titre gracieux, de neutralité et de multilatéralisme.  Elles sont donc strictement conformes aux mandats et aux rôles normatifs établis par le système des Nations Unies, précise le rapport. 


Le Secrétaire général souligne que les connaissances, les compétences et les ressources mises à la disposition des pays membres par quelque 40 fonds, programmes, organismes et autres entités du système des Nations Unies pour le développement sont d'une ampleur et d'une diversité sans pareille, offrant une vaste réserve de ressources pour les pays.  La configuration actuelle, au niveau national, du système des Nations Unies pour le développement ne permet toutefois pas aux pays en développement d'avoir le meilleur accès possible à toutes les ressources qu'offre le système.  Aussi, des efforts particuliers sont maintenant déployés pour faire en sorte que le système des coordonnateurs résidents, les bilans communs de pays et le Plan-cadre des Nations Unies pour l'aide au développement accordent une plus grande place aux organismes non résidents, y compris les institutions spécialisées et autres entités mondiales et régionales. 


Il reste des difficultés à surmonter pour rendre le système des Nations Unies pour le développement plus cohérent et plus efficace; aussi, le rapport décrit et analyse les efforts en cours et les derniers résultats obtenus.  Il souligne notamment que l'efficacité et la viabilité des activités de renforcement des capacités soutenues par les Nations Unies risquent d'être compromises si les efforts ne sont pas adaptés à la capacité technique et financière des gouvernements bénéficiaires et autres institutions nationales de poursuivre ces activités sans appui extérieur.  Il indique en outre que le caractère imprévisible du financement des fonctions fondamentales des organismes des Nations Unies qui s'occupent du développement les empêche dans bien des cas de combiner efficacement leur rôle directeur sur le plan normatif avec l'exécution des programmes opérationnels et limite la capacité du système de s'acquitter de sa mission d'ensemble.  Enfin, le rapport préconise que soient mises en place des procédures plus ouvertes pour permettre aux pays en développement d'avoir un meilleur accès à l'ensemble des mandats normatifs et opérationnels des institutions spécialisées et des entités du système des Nations Unies, ainsi qu'aux compétences dont elles disposent.


Le rapport du Comité de haut niveau sur la coopération Sud-Sud (A/62/39) rend compte des travaux de sa quinzième session, tenue du 29 mai au 1er juin 2007, au cours de laquelle il a notamment adopté une décision encourageant  tous les États Membres à approfondir, à intensifier et à renforcer la coopération Sud-Sud, notamment dans le cadre de la coopération triangulaire, dans tous ses aspects, et ce au titre d'un processus permanent et vital qui doit permettre de relever les défis auxquels font face les pays du Sud, particulièrement les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, ainsi que les pays sortant d'un conflit ou d'une situation de crise.  Il encourage la communauté internationale, et en particulier les institutions financières internationales, à prêter leur concours aux pays en développement.  Il constate enfin qu'il est nécessaire de renforcer et de dynamiser davantage la coopération Sud-Sud et invite l'Assemblée générale à envisager de convoquer, en 2008 ou au plus tard au premier semestre de 2009, une conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud.


Le Conseil est enfin saisi d'une liste récapitulative des questions relatives à la coordination des activités opérationnelles (E/2007/CRP.1)


Réunion-débat de haut niveau sur la contribution et l'efficacité du système de développement des Nations Unies


Introduction et présentation


M. JAZAÏRY, Vice-Président du Conseil, a ensuite ouvert la réunion-débat sur la contribution et l'efficacité du système de développement des Nations Unies.  Il a souligné que l'environnement dans lequel opère le système des Nations Unies pour le développement est d'une complexité croissante.  Face à la mondialisation de l'économie, les pays en développement sont confrontés à de nombreux défis.  Les inégalités augmentent entre les pays et à l'intérieur des pays.  Le monde de la coopération internationale pour le développement est aussi en plein changement, a-t-il ajouté.  Il est désormais bien établi que les politiques nationales de développement sont le pilier sur lequel doit se fonder la coopération internationale.  Aussi, est-il utile de se pencher sur la contribution et l'efficacité du système des Nations Unies, a-t-il souligné.  M. Jazaïry a rappelé que l'Assemblée générale a appelé le système à renforcer sa capacité à aider les pays à réaliser leurs priorités dans le domaine du développement et à réaliser les objectifs de développement adoptés au niveau international.  Elle l'a exhorté à améliorer son impact, son efficacité et sa cohérence, a-t-il ajouté.


M. KIM HAK-SU, Secrétaire général adjoint et Secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique, a rappelé que, compte tenu de sa nature multilatérale et l'étendue de son mandat, le système des Nations Unies agit, dans le domaine du développement, d'une manière différente des donateurs et autres intervenants.  Les défis que doit relever le système sont décrits dans le rapport analytique du Secrétaire général sur l'application de la résolution 59/250.  Ces défis concernent l'éducation, la capacité du système à renforcer le développement et le fonctionnement du système au niveau des pays.  Dans ce contexte, le débat pourrait porter sur la contribution unique du système des Nations Unies pour aider les États à engager des politiques nationales susceptibles de favoriser la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.  Il faudra en outre se demander dans quelle mesure le système est capable de contribuer aux efforts consentis par les États pour éradiquer la pauvreté et atteindre les objectifs de développement durable et de croissance soutenue.  De même, le Conseil devra réfléchir à la mesure dans laquelle le système des coordinateurs résidents permet aux États membres de bénéficier pleinement des activités de tous les fonds, programmes et autres institutions spécialisées des Nations Unies.  Enfin, la réflexion devra porter sur des recommandations pour le renforcement de la contribution des institutions des Nations Unies au niveau régional (y compris donc des Commissions régionales) au développement, notamment sous l'angle de la fourniture de services publics tels que santé publique, croissance dans le respect de l'environnement et le maintien des infrastructures de transports.


Exposés de pays donateurs


M. BERT KOENDERS, Ministre de la coopération au développement des Pays-Bas, a jugé urgente l'adaptation des structures de coopération internationale aux exigences du XXIe siècle.  Ces structures doivent être davantage représentatives de la diversité des nations, a-t-il souligné.  Les Nations Unies, seule organisation représentant l'universalité des États, doivent jouer un rôle central dans la fourniture de biens publics à tous les citoyens du monde.  Malheureusement, depuis plusieurs années, leur rôle est en déclin: l'Organisation des Nations Unies est en effet perçue comme trop lente, trop inefficace et trop politisée pour conduire le développement.  Ces critiques ont entraîné la création de nombreux instruments d'action parallèles, comme par exemple le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.  Seule une Organisation réformée pourra assumer sa place centrale dans les efforts internationaux visant la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a insisté le Ministre néerlandais.  Il a souligné que les organisations des Nations Unies possèdent une expertise unique dans le domaine normatif et opérationnel, qu'il s'agisse de réduction de la pauvreté, d'aide humanitaire, de développement durable ou de qualité du travail.  Mais l'Organisation est trop fragmentée pour traduire cette richesse en une contribution cohérente aux plans de développement nationaux.  Il convient donc que les Nations Unies œuvrent dans le respect du principe d'unité d'action et d'organisation, une idée qui n'est certes pas neuve et qui a même déjà commencé de recevoir un début d'exécution, mais qui doit être approfondie encore.  En particulier, il convient de renforcer le système des coordonnateurs résidents pour introduire une certaine synergie et de la cohérence.  Les coordonnateurs doivent en particulier disposer de l'autorité nécessaire pour prendre des décisions et diriger l'action, a précisé le Ministre.  Il faudrait par ailleurs agir dans le sens d'une diminution de la production de rapports, actuellement pléthoriques. 


D'une manière générale, il faut renforcer l'efficacité et l'efficience des Nations Unies, a déclaré M. Koenders.  Le processus de réforme nécessaire à cette fin ne devra toutefois pas introduire de nouvelles conditions à l'aide au développement et devra tenir compte des spécificités nationales.  Il faut enfin augmenter la qualité et la quantité de l'aide au développement: à cet égard, le Ministre néerlandais s'est dit déçu par la lenteur des progrès réalisés par les pays donateurs.  Même les Pays-Bas - qui ont pourtant atteint l'objectif en matière d'aide publique au développement, puisqu'ils y consacrent 0,8% de leur produit intérieur brut -, n'arrivent pas à dégager assez de financements pluriannuels librement disponibles.


M. SERGE CHAPATTE, Directeur général adjoint de l'Agence suisse pour le développement et la coopération, a fait observer que l'architecture de l'aide au développement évolue grâce aux nouveaux mécanismes de financement.  Le contexte évolue aussi rapidement, qui est caractérisé par une compétition croissante entre les canaux d'aide, a-t-il ajouté.  Une des questions clés à laquelle s'est intéressé le Conseil en 2004 a été la fragmentation du système opérationnel des Nations Unies, a-t-il rappelé.  Or, la situation n'a pas beaucoup changé depuis, de sorte qu'il est encore justifié de lancer un appel pour une amélioration drastique de la cohérence des activités opérationnelles du système des Nations Unies. 


S'intéressant aux avantages comparatifs du système des Nations Unies, M. Chapatte a fait observer que le système dispose d'une abondance de compétences dans la plupart des domaines pertinents pour le développement économique et social; il est très largement reconnu par les pays bénéficiaires et dispose d'une large représentation sur le terrain.  En outre, en raison de leur universalité et de leur neutralité, les diverses institutions et organisations composant ce système occupent une position unique d'intermédiaires honnêtes; elles peuvent fournir des conseils de politique générale sérieux et contribuer à renforcer les capacités.  Ces atouts, a insisté M. Chapatte, doivent permettre aux Nations Unies d'assumer une position centrale dans l'architecture de la coopération en faveur du développement.  M. Chapatte a rappelé que les États Membres ont à plusieurs reprises appelé l'ONU à améliorer ses efforts en matière de renforcement des capacités au niveau national.  À cet égard, il convient de souligner que le développement des capacités est par excellence le domaine des institutions spécialisées.  Le système est compétent pour aider les gouvernements, a insisté M. Chapatte.  Cependant, pour diverses raisons, les progrès de l'action du système en faveur du renforcement des capacités n'ont été que très lents.  Les Nations Unies devraient se libérer de la mise en œuvre des projets et se concentrer sérieusement sur leur rôle en matière de renforcement des capacités. 


Pour conclure, M. Chapatte a estimé qu'afin d'améliorer l'efficacité des Nations Unies sur le terrain, il convient d'améliorer la coordination et l'harmonisation de l'action.  À cet égard, les fonctions du coordonnateur résident doivent être renforcées et améliorées.  Le système doit faire entendre sa voix

plus fortement et plus clairement et parler d'une seule voix.  Le coordonnateur résident devrait pouvoir parler au nom des Nations Unies, a insisté M. Chapatte; il devrait avoir plus de responsabilités en matière de positionnement stratégique des Nations Unies.


Échange de vues avec les membres du Conseil


Une délégation a fait part de ses doutes quant à la pertinence de l'idée de formuler des programmes uniques, centralisés au niveau des pays.  De tels documents risqueraient d'être inefficaces et de bafouer la souveraineté des États, sans parler du fait qu'ils ne règleraient rien au problème du manque de prévisibilité des financements.  D'autre part, la révision de tels documents prendrait beaucoup de temps.  Enfin, quelle instance multilatérale serait habilitée à assumer ces documents, a-t-il été demandé?  Une autre délégation a évoqué le rôle de coordination joué par les Nations Unies au niveau des États, faisant observer que ce rôle suppose une collaboration renforcée avec les institutions de Bretton Woods.


M. KOENDERS, Ministre de la coopération au développement des Pays-Bas, a souligné que les Nations Unies jouent un rôle plus important en matière de développement, de même que certains groupes régionaux assument désormais des responsabilités plus grandes dans ce domaine, en fonction de leurs avantages comparatifs respectifs, tout comme la Banque mondiale agit dans ses propres domaines de compétences.  Il faut donc introduire une plus grande cohérence dans l'articulation de toutes ces compétences et voir quelle institution dispose des meilleurs avantages comparatifs.  Si l'on s'engageait sur la voie d'un dispositif unique, il faudrait veiller à la cohérence architecturale générale, sous peine d'une diminution de l'efficacité du système d'aide au développement.  Les Nations Unies resteront donc l'organisation clé pour la normalisation et la collaboration. 


Il est vrai qu'il vaut parfois mieux maintenir une certaine diversité que de vouloir tout figer au sein d'une structure unique, a admis M. Koenders.  Cependant, en matière de développement, la multiplication des institutions d'aide est telle qu'il est devenu impossible d'en comprendre le fonctionnement et de garantir l'indispensable obligation redditionnelle.  Une vaste réflexion s'impose donc dans ce domaine, afin de renforcer l'efficacité de l'action des Nations Unies et d'améliorer sa légitimité du point de vue des États.  Une organisation unique ne signifierait pas nécessairement une perte de souveraineté, a insisté M. Koenders, mettant en exergue les avantages pour les États de disposer d'un partenaire unique. 


M. KIM, Secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique des Nations Unies, s'est enquis de ce qu'il faudrait faire des institutions spécialisées des Nations Unies dont certaines sont irréductibles à une entité unique.  M. BERT KOENDERS a répondu qu'en définitive les Nations Unies devraient travailler comme une seule entité - idée qui n'est pas neuve - et rassembler davantage que la simple somme de leurs parties.


M. CHAPPATTE, de l'Agence suisse pour le développement et la coopération, a estimé qu'une réforme de l'Organisation des Nations Unies pourrait renforcer son autonomie.  Il a fait observer que les bailleurs de fonds sont de plus en plus souvent tenus de rendre des comptes à leurs opinions publiques.  En outre, les fonds destinés à l'aide au développement étant limités, les donateurs insistent pour améliorer leurs relations avec les institutions de Bretton Woods et un système des Nations Unies unifié, a-t-il ajouté.  Depuis une quinzaine d'années, des améliorations sont perceptibles sur le terrain en termes de coordination; celle-ci est désormais bien meilleure, même si, au niveau régional, des progrès doivent encore être faits, a-t-il poursuivi.  Il a souligné que la Suisse est officiellement intervenue - malheureusement sans succès - pour intéresser le PNUD et d'autres institutions financières aux projets de développement en cours avec le Mozambique.


Exposés de pays bénéficiaires


M. PHONGSAVATH BOUPHA, Vice-Ministre des affaires étrangères de la République démocratique populaire lao, a souligné que les Nations Unies ont apporté une contribution importante à son pays dans les domaines clés du développement, notamment en matière de transition vers l'économie de marché et d'éradication de la pauvreté, afin que la République démocratique populaire lao puisse sortir du groupe des pays les moins avancés pour 2020.  L'assistance fournie au pays a été efficace et a répondu aux besoins et priorités du développement national, a souligné le Vice-Ministre.  Cette aide est venue appuyer les plans nationaux de développement, a-t-il insisté.  Un des domaines dans lesquels les Nations Unies ont été particulièrement efficaces est celui de l'organisation de tables rondes, a-t-il poursuivi.  Neuf tables rondes ont été organisées dans le but de mobiliser des ressources pour les programmes de développement nationaux, a-t-il rappelé.  Ainsi, la neuvième table ronde, tenue en novembre 2006, a donné lieu à l'adoption de la Déclaration de Vientiane sur l'efficacité de l'aide, reflétant les efforts conjoints du Gouvernement et de ses partenaires de développement.


Un autre domaine dans lequel les Nations Unies ont travaillé de manière harmonisée est celui de la poursuite des objectifs du Millénaire pour le développement, a poursuivi M. Boupha.  Pour faciliter leur réalisation, le Gouvernement a intégré lesdits objectifs dans son programme en faveur de la croissance et de l'éradication de la pauvreté.  Quant aux projets de développement du système des Nations Unies, ils se sont largement concentrés sur les zones les plus nécessiteuses du pays, s'est félicité le Vice-Ministre lao des affaires étrangères.  Avec le lancement par Kofi Annan en 1997 du Groupe de développement des Nations Unies, le système a intensifié ses efforts pour atteindre ses objectifs de cohérence et d'harmonisation, a-t-il ajouté.  Il a en outre rappelé que le premier cadre de l'aide au développement des Nations Unies pour la période 2002-2006 a été un plan-pilote stratégique pour la totalité du système des Nations Unies opérant en République démocratique populaire lao.  Ce cadre n'a toutefois pas eu les effets escomptés, car il était trop large, a-t-il précisé.  Le deuxième cadre formulé pour les années 2007-2011 est venu corriger ce défaut, a-t-il poursuivi.  Il fournit une base pour une plus grande collaboration et un meilleur impact de l'assistance au développement fournie par les Nations Unies, a-t-il fait savoir.  Pour conclure, M. Boupha a souligné qu'en dépit de ces progrès notables, beaucoup reste à faire, s'agissant notamment de la mise en œuvre de la Déclaration de Vientiane.


M. ANTONIN DOSSOU, Directeur de cabinet du Ministre d'État chargé de l'économie du Bénin, a rapidement présenté la situation de son pays, classé parmi les pays les moins avancés, dans le peloton de queue du développement.  La croissance économique y est insuffisante pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.  Le niveau de revenu par habitant n'y a pratiquement pas évolué en près de 20 ans et un long chemin reste à parcourir.  Cependant, depuis 2006, un nouveau contexte est en place qui reflète la volonté de changement exprimée par le peuple lors des élections présidentielles, mais aussi les grandes attentes exprimées.  «Les autorités doivent donc faire preuve de leadership et de vision et être capables d'imaginer un plan d'action concret», a déclaré M. Dossou.  Elles disposent de certains atouts pour ce faire.  Des simulations indiquent que le revenu par habitant pourra être multiplié par quatre et stabilisé à l'horizon 2025.  L'action du Gouvernement s'orientera notamment en direction de la reconstruction de l'administration publique de telle sorte qu'elle soit mise au service de l'intérêt commun et en particulier du secteur privé, moteur de la croissance.  Une autre priorité doit être d'améliorer l'environnement des affaires, le renforcement du capital humain et la promotion d'un développement équilibré.


Compte tenu de cette vision à moyen terme, on peut mieux comprendre la contribution des Nations Unies, qui s'est organisée depuis les années 1960 de manière assez fragmentée, a déclaré M. Dossou, précisant que la plupart des agences installées au Bénin développent des programmes spécifiques sous la coordination du Programme des Nations Unies pour le développement.  Les autorités ont décidé de leur côté de placer le renforcement de la croissance au cœur de leur action en matière de développement du pays.  Dans ce cadre, la coopération avec les États donateurs doit s'appuyer sur les documents de base qui sous-tendent cette action. 


M. Dossou a présenté quelques propositions pour améliorer la coopération: d'abord une meilleure programmation basée sur une réflexion autonome des autorités locales (orientation et vision, définition des objectifs).  Ensuite, privilégier la coordination et la recherche de complémentarité.  Pour garder les pieds sur terre, toutes les agences doivent parler le même langage autour d'un point focal accepté par tous les partenaires.  M. Dossou a évoqué dans ce contexte le problème de disponibilité des fonds et en particulier l'insuffisance des aides au développement actuelles.


Exposés de représentants d'institutions du système des Nations Unies


Mme ANNIKA SÖDER, de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, a estimé que l'efficacité du système des Nations Unies provient de l'universalité de ses membres, de son accès privilégié aux experts de toutes origines et tout niveau, et de sa qualité de neutralité.  C'est grâce aux Nations Unies que la communauté internationale est en mesure d'agir de concert, dans la même direction.  Les Nations Unies sont une source neutre de conseils et permettent également l'évaluation de la réalisation de ses objectifs.  Mme Söder a souligné que l'appui aux efforts nationaux dépend de la manière dont le système des Nations Unies s'insère dans les efforts nationaux.  Ces derniers ne doivent pas être considérés comme indépendants, a-t-elle averti.  À cet égard, elle a fait observer qu'en matière de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, le succès est tributaire de la volonté des pays.


Pour renforcer l'efficacité du système, il faut renforcer la coopération, œuvrer de concert pour éviter des procédures superflues, effectuer une meilleure répartition des tâches et se concentrer sur le travail effectué au sein de chaque organisme, a estimé Mme Söder.  Il faut éviter tout doublon, toute fragmentation et supprimer les coûts élevés de transaction.  Il faut également trouver la meilleure collaboration possible avec les gouvernements.  S'agissant du système des coordonnateurs résidents, il doit assurer la fonction d'un portail pour tout le système des Nations Unies, en créant notamment les conditions appropriées pour permettre aux gouvernements d'accéder à des connaissances.  Mme Söder a toutefois fait observer que la meilleure solution consiste à effectuer une combinaison de plusieurs voies.  Il faut que le système devienne un partenaire de développement

digne de confiance, a-t-elle insisté.  Pour conclure, elle a tenu à souligner que les différentes organisations travaillant, comme la sienne, dans le domaine alimentaire collaborent activement pour renforcer l'efficacité de l'assistance qu'elles apportent.


M. PETER PIOT, Secrétaire général adjoint et Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), a constaté une amélioration réelle dans les efforts de certains pays en matière de lutte contre le sida, même si des progrès importants doivent être réalisés à l'échelle mondiale.  L'ONUSIDA collabore étroitement avec une dizaine d'institutions, chacune chargée d'objectifs spécifiques en matière de lutte contre le sida.  La coordination, difficile, est soutenue par un secrétariat; les activités sur le terrain sont gérées par le coordonnateur résident.  Il s'agit de maximiser l'efficacité du système.  Il convient d'abord d'améliorer la cohérence interne, un effort qui doit être déployé dans le système et au niveau des pays et des régions.  Le budget est unifié, les équipes nationales sont communes, l'obligation de rendre des comptes et la répartition des tâches sont claires.  Les difficultés tiennent en particulier à la nécessité de fixer l'ordre du jour d'un programme commun.  L'obligation de rendre des comptes et la gestion des résultats dépendent de mesures de renforcement des ressources humaines.  Chaque organisation conserve son système propre au plan administratif, ce qui a entraîné des coûts de transaction très élevés.  Il ne faut pas renoncer aux efforts de rationalisation, même s'ils ne donnent pas de résultats immédiats. 


Un autre problème est celui des donateurs qui tendent à prendre des arrangements bilatéraux parallèles aux activités communes, a poursuivi M. Piot.  Par ailleurs, les institutions ne doivent pas se contenter de gérer leurs programmes, mais prendre en compte les besoins des pays concernés.  En outre, elles doivent bien se concentrer sur le contenu des programmes et non seulement sur leurs procédures.  Pour ce faire, il faut d'une part dialoguer avec les gouvernements et la société civile et d'autre part adopter des outils d'évaluation normalisés entre institutions.


Des progrès ont été réalisés dans le domaine de la coordination régionale, a observé M. Piot, de même que du point de vue de la mobilisation des ressources au sens large.  À cet égard, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme avait, dans un premier temps, considérablement compliqué la tâche sur le terrain.  Depuis, la situation s'est considérablement améliorée, surtout compte tenu des financements importants que le Fonds a pu lever.   Le grand défi consiste à parvenir à un changement culturel.  Les autorités et la société civile doivent prendre conscience que l'ONUSIDA n'a pas pour fonction de gérer les projets, mais d'assurer la coordination d'initiatives engagées au plan national.  L'épidémie progresse au plan mondial et il convient d'agir vite, a rappelé M. Piot.  L'accent doit être mis sur la répartition des efforts et sur la nécessité de répondre aux attentes des États.  Enfin, l'ONUSIDA doit surmonter certaines incohérences dans les messages émanant des États membres, parfois contradictoires dans leurs exigences.


M. AD MELKERT, Sous-Secrétaire général et Administrateur associé du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a fait observer que la définition des objectifs du Millénaire pour le développement a complètement reformaté le paysage de la coopération.  Il s'agit d'un effort commun qui se prolonge dans le temps et qui n'autorise aucun relâchement, car des thèmes nouveaux seront sans doute identifiés au fil du temps.  Cet effort vise en outre des résultats qui peuvent être évalués.  Parmi les mesures à mettre en œuvre pour aider efficacement les pays à mettre en œuvre les objectifs du Millénaire,

M. Melkert a souligné qu'il est essentiel recueillir des données fiables.  À cet égard, il a fait valoir que le PNUD prépare le lancement d'un système de surveillance de la réalisation des objectifs.  Ce système devrait montrer non seulement les résultats positifs mais également les failles et les besoins d'ajustement qui pourraient apparaître.  D'autre part, il a plaidé pour que la communauté internationale s'appuie sur un consensus global qui aille au-delà de ce qu'elle a l'intention de faire à court-terme.  Cela exige un changement culturel dans une grande partie de notre travail, a-t-il précisé.  L'Administrateur associé du PNUD a également souligné que les Nations Unies offrent un moyen de mobiliser les ressources internationales pour favoriser la réalisation des objectifs.  Il est clair que la communauté internationale ne répond pour l'instant pas aux promesses à cet égard, a-t-il regretté, avant de plaider pour que ce problème reçoive l'attention qu'il mérite.  Les questions de l'allocation des ressources et de la nécessité de répondre aux inégalités sont des éléments clés de l'éradication de la pauvreté, a-t-il ajouté. 


S'agissant de la fragmentation des donateurs multilatéraux, M. Melkert a indiqué que le PNUD s'efforce pour sa part de diminuer le nombre de projets qui fonctionnent avec peu d'argent, car cela fini par coûter très cher.  Les financements sont encore trop souvent à court terme, a-t-il regretté, avant de se réjouir de l'engagement pris par certains donateurs de remédier à ce problème.  Joignant sa voix à celle du représentant de la Suisse, il a concédé qu'il y a beaucoup de pertes en matière de transaction, estimant toutefois qu'il est facile de pallier ce problème.  Le PNUD est prêt à œuvrer en ce sens, a-t-il ajouté.  Pour conclure, M. Melkert a attiré l'attention sur un écueil à éviter, à savoir que trop d'attention sur la coordination peut éclipser l'importance des objectifs du Millénaire pour le développement.


Débat


La délégation de la Thaïlande a estimé encourageant de constater, à entendre les panélistes, que l'on s'achemine vers une amélioration du système d'aide au développement des Nations Unies.  Certaines difficultés demeurent, notamment dans le domaine de l'harmonisation du travail des institutions en synchronie avec les préoccupations des États, qui doivent pouvoir s'« approprier » les décisions des Nations Unies.  Il faudrait faciliter la coopération des États.  L'idée d'un programme unique de développement devrait être adaptée aux besoins des États.  Les groupes thématiques des Nations Unies doivent œuvrer dans le sens du développement durable.  Les efforts de développement doivent correspondre aux activités nationales dans ce domaine.  À cet égard, il faut se féliciter des progrès accomplis dans le domaine de la lutte contre le sida, l'adoption par les institutions partenaires d'un budget unifié étant une excellente chose.  Enfin, il importe que des efforts soient consentis en matière de budgétisation pluriannuelle, une modalité de travail essentielle pour les pays en voie de développement.


Le représentant de la Namibie a estimé encourageantes les déclarations des panélistes, mais irréaliste l'idée d'un programme d'action unique par pays.  Les experts constituent l'atout majeur des Nations Unies mais les problèmes de cohésion demeurent lancinants, comme en témoigne l'activité des institutions financières internationales, dont les ressources semblent toutes disparaître dans «les réformes», au détriment en fin de compte du résultat recherché.  Le problème des pays en voie de développement est également celui des flux de ressources:

compte tenu de leur faible niveau, il est difficile de consacrer des montants suffisants au développement.  D'un autre côté, il faut reconnaître la souplesse dont savent faire preuve les institutions des Nations Unies: ne risque-t-elle pas d'être remise en cause?


Le représentant de la Barbade s'est dit en faveur des réformes des Nations Unies et a salué les activités de l'ONUSIDA pour sa capacité à prendre en compte les particularités régionales.  La sous-région des Caraïbes a cependant des problèmes de lutte contre la criminalité et déplore à cet égard la fermeture du bureau régional des Nations Unies, dont la réouverture devrait faire l'objet de consultations.  Le PNUD devrait aider les États à mobiliser les ressources complémentaires pour atteindre les objectifs de développement. 


Des représentants ont attiré l'attention sur la nécessité d'assurer une prévisibilité accrue du financement dans l'aide au développement.  Une meilleure prévisibilité permet des programmes et des projets plus réalistes, a-t-il été estimé.  Si le système des Nations Unies joue un rôle neutre, il faut toutefois que les aspects spécifiques des relations entre les gouvernements dans les efforts de coordination entre pays soient pris en compte.  Il faut éviter les tensions entre les différents organismes qui gèrent l'aide extérieure et reconnaître le rôle que chacun doit jouer.


Une représentante de la Conférence des organisations non gouvernementales (CONGO) a souligné que les objectifs du Millénaire pour le développement ne peuvent être atteints qu'avec la participation de tous et a plaidé pour que tous, jusqu'aux plus nécessiteux, soient parties prenantes dans les négociations.


Répondant aux questions, M. MELKERT, du Programme des Nations Unies pour le développement, a relevé l'approche spécifique selon laquelle ce sont bien les pays qui doivent fixer leurs orientations.  À la Barbade, la question s'est posée sous une forme neuve suite aux problèmes de sécurité mentionnés: il faut simultanément recentrer les programmes, faire preuve de la souplesse nécessaire et savoir répondre aux préoccupations nationales.  Tous ces sujets seront discutés lors des débats de ces prochains jours, a rapidement conclu M. Melkert.


Conclusion


M. IDRISS JAZAÏRY, Vice-président du Conseil, s'est félicité de la qualité du débat et s'est dit impressionné par le souci manifesté de présenter la réforme du système comme nécessaire, mais aussi d'en préciser exactement les fins, une question fondamentale.  Par ailleurs, le développement ne se résume pas aux objectifs du Millénaire pour le développement: ces derniers ne suffiront pas à couvrir tous les problèmes liés notamment au commerce international, ou la protection de l'environnement par exemple.


La fragmentation et l'inefficacité des Nations Unies ont été maintes fois évoquées, a relevé M. Jazaïri.  Les ressources essentielles sont en chute libre, ce qui augmente encore la fragmentation, qui afflige aussi les États donateurs.  Les messages adressés aux gouvernements doivent donc être canalisés.  Les institutions des Nations Unies sont également concernées par ce genre de mesures et il convient de saluer l'action commune des trois institutions alimentaires basées à Rome.  De même, il ne semble pas que le pouvoir financier de la Banque mondiale doive court-circuiter l'action des Nations Unies, a jugé M. Jazaïry.


Enfin, a estimé le Vice-Président, il reste à apprendre à accorder l'action en faveur du développement avec celle des organisations non gouvernementales et de la société civile, dont la participation doit être encouragée.  Le Secrétaire général pourrait jouer un rôle plus marqué en matière d'arbitrage dans la répartition des ressources et la définition des priorités, a-t-il suggéré.  Enfin, en matière d'évaluation, il faudrait qu'elle puisse être pratiquée par des groupes indépendants chargés de rendre compte directement aux exécutifs.


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