6/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6283

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

L'ECOSOC TIENT UN DIALOGUE AVEC LES SECRÉTAIRES EXÉCUTIFS DES COMMISSIONS RÉGIONALES DE L'ONU


(Publié tel que reçu)


Genève, 6 juillet (Service de l’information des Nations Unies) -- Le Conseil économique et social a tenu ce matin un dialogue avec les secrétaires exécutifs des cinq commissions régionales de l'ONU sur les aspects régionaux des thèmes associés au débat de haut niveau de cette année, consacré au renforcement de l'action pour promouvoir une croissance économique durable favorable aux pauvres et au renforcement de l'action menée pour éliminer la pauvreté et la faim.


Les cinq secrétaires exécutifs des commissions régionales des Nations Unies ont présenté les activités de leurs commissions respectives, dressant chacun un bilan de la situation économique et sociale dans leur région: M. Abdoulie Janneh pour la Commission économique pour l'Afrique (CEA); M. Atif Kubursi pour la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO); M. Marek Belka pour la Commission économique pour l'Europe (CEE-ONU); M. Kim Hak-su pour la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP); et M. José Luis Machinea pour la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC).


Les secrétaires exécutifs ont ensuite eu un échange de vues avec les membres du Conseil.  Plusieurs délégations ont relevé l'importance de l'instauration de coopérations régionales aux fins de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.  Certains intervenants ayant souhaité davantage de coordination entre les commissions régionales et d'autres instances.  Il a notamment été rappelé que les commissions régionales assurent le lien avec les missions des Nations Unies sur le terrain et peuvent organiser des séminaires régionaux sur des thèmes tels que l'eau, la lutte contre le VIH/sida ou l'approvisionnement des plus pauvres en électricité. 


Les participants ont notamment insisté sur la nécessité d'introduire des politiques concrètes de lutte contre la pauvreté, axées en particulier sur le renforcement des possibilités d'emploi, sur le développement des infrastructures et sur l'autonomisation des femmes.  Un effort devrait être consenti pour l'amélioration des transports, surtout en Afrique, où le commerce entre certains États doit transiter par l'Europe, a-t-il notamment été souligné.  Les politiques fiscales permettent quant à elles non seulement de renforcer les moyens d'action des gouvernements, mais aussi d'assurer une meilleure répartition des richesses, a-t-il été rappelé.  Les mesures visant à favoriser l'investissement dans le secteur agricole revêtent une importance particulière car elles favorisent la réduction de la pauvreté, a fait observer un intervenant.  À long terme, il conviendra d'accompagner le passage du secteur primaire vers le tertiaire, de financer la santé et l'éducation et d'assurer l'approvisionnement en eau au profit des plus pauvres, ont insisté certains.


Des représentants des États suivants ont participé au dialogue avec les secrétaires exécutifs: Soudan, États-Unis, Barbade, Portugal au nom de l'Union européenne, Haïti, Namibie, Nigéria, Tanzanie, Kazakhstan, Guinée, Fédération de Russie, Chine, Luxembourg, Suède, République démocratique du Congo, Honduras, Guatemala, Chili, Brésil, El Salvador, Costa Rica, Bolivie et Arabie saoudite.  L'Organisation internationale du travail (OIT) et la Confédération des organisations non gouvernementales (CONGO) ont également pris la parole.


Cet après-midi à 15 heures, le Conseil entamera son débat consacré aux questions de coordination.  Il doit également se prononcer sur une déclaration ministérielle résultant de l'examen ministériel annuel - lequel portait, pour cette première année, sur le renforcement de l'action menée pour éliminer la pauvreté et la faim, notamment grâce au partenariat mondial pour le développement.  L'adoption de ce texte doit conclure le débat de haut niveau du Conseil.


Dialogue avec les secrétaires exécutifs des commissions régionales


Les rapports dont le Conseil est saisi dans le cadre du dialogue avec les secrétaires exécutifs des commissions régionales de l'Organisation des Nations Unies figurent en fin de communiqué.


Présentations et résumés des dialogues avec les Directeurs exécutifs


Commission économique pour l'Afrique


M. ABDOULIE JANNEH, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique (CEA), a indiqué que la croissance s'accroît en Afrique.  Elle demeure toutefois fragile, emmenée par les prix des produits de base.  L'Afrique reste vulnérable aux chocs commerciaux, a souligné M. Janneh.  La croissance est en outre insuffisante pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il rappelé.  Il a expliqué que le continent doit affronter de grands défis, tels que la pauvreté, le chômage ou une forte inégalité de revenus.  Pour y faire face, les pays d'Afrique ont déployé des efforts significatifs pour améliorer la gestion économique et se sont engagés dans l'intégration régionale pour donner une voie commune à l'Afrique.  Dans ce cadre régional, plusieurs réunions ont été organisées qui ont notamment abouti à l'adoption de plans d'action destinés à progresser vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il précisé.  Ainsi, l'Union africaine a tenu une réunion extraordinaire en 2004 sur l'emploi et la réduction de la pauvreté.  En 2007, le Sommet de l'Union africaine a porté sur les changements climatiques.  Pour sa part, la CEA axe son travail sur la promotion de l'intégration régionale et œuvre à répondre aux besoins spéciaux de l'Afrique.  En outre, elle veille à assurer le bon fonctionnement du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD).  Elle travaille en étroite liaison avec les partenaires régionaux, comme l'Union africaine, a précisé M. Janneh.  Lors de la dernière réunion de la Commission, en avril dernier, les Ministres ont établi un Plan d'action qui demande notamment aux États africains de prendre confiance en eux, de veiller à assurer la parité, de faire face aux défis du changement climatique et de créer de l'emploi.  Il importe en outre de réduire l'instabilité économique, afin de recueillir les bénéfices de la mondialisation.  Le programme de travail est ambitieux et demande des efforts à tous les niveaux, a conclu M. Janneh.


Dans le débat qui a suivi cette présentation, plusieurs intervenants se sont réjouis de la volonté de l'Afrique de prendre en main son destin, soulignant qu'elle semble plus sûre d'elle-même et que cela donne confiance aux donateurs.  Parmi les défis qui se présentent à l'Afrique, les délégations ont soulevé les problèmes du VIH/sida, des changements climatiques et de l'éducation et ont insisté sur le défi de la nécessaire amélioration des infrastructures.  Que fait l'Afrique pour y faire face, a-t-il été demandé ?  Un intervenant a fait observer qu'une bonne politique macroéconomique s'avère peu efficace pour la croissance si elle ne s'accompagne pas d'une bonne politique microéconomique.  Il a ainsi tenu à rappeler le rôle des petites et moyennes entreprises (PME), génératrices d'emploi.  Que fait la Commission économique pour l'Afrique en matière de microfinancement, a demandé un orateur ?  D'autres ont demandé dans quelle mesure l'Afrique utilise le potentiel de sa diaspora pour le développement et si la Commission encourage la participation de la société civile.  Enfin, un orateur a souhaité savoir si, parmi les progrès détaillés par M. Janneh, certains sont dus à l'amélioration de la gestion des affaires publiques et à l'accroissement de la gouvernance démocratique.


Reprenant la parole pour répondre à ces questions, M. Janneh a indiqué que l'Union africaine est actuellement en train de mettre au point des politiques sur la manière dont la diaspora peut être utilisée afin de renforcer les capacités.  S'agissant de l'éducation, il a assuré qu'un accent tout particulier est mis sur ce point central et capital pour le développement.  La bonne gouvernance et une meilleure gestion des affaires publiques sont essentielles pour le développement, a-t-il par ailleurs convenu, assurant que l'Afrique a beaucoup avancé en la matière.  Le mécanisme d'évaluation par les pairs qu'elle a mis en place montre que l'Afrique est sur la bonne voie en matière de bonne gouvernance, a insisté M. Janneh.  Il a par ailleurs assuré que le changement climatique est pris très au sérieux par les dirigeants africains et souligné que l'Afrique se prépare en vue de la réunion de Bali de décembre prochain.  M. Janneh a d'autre part attiré l'attention sur la tenue récente d'une réunion avec l'Organisation internationale du travail au cours de laquelle les questions de la création d'emploi et du microfinancement ont été abordées.  L'amélioration des infrastructures est l'un des piliers du développement africain, a-t-il enfin souligné.  Pour conclure, il a assuré que la société civile aurait toujours une place dans les délibérations de la Commission.


Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale


M. ATIF KUBURSI, Secrétaire exécutif ad interim de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale (CESAO), a indiqué que l'avenir économique de la région dépend d'une meilleure répartition des fruits de sa croissance.  Pour être durable, la croissance requiert la participation de la plus grande partie des populations, sous le contrôle des États.  Les grands objectifs doivent être le travail et l'éducation pour tous - et surtout pour les pauvres, afin qu'ils puissent participer effectivement à la vie de leurs pays.  Il faut certes réduire la pauvreté absolue et relative; mais on constate que les grandes tendances macroéconomiques n'appuient pas nécessairement les efforts déployés à cette fin, a poursuivi M. Kubursi.  La croissance du PNB, en particulier, ne suffit pas à résoudre tous les problèmes, d'autant plus que certaines conceptions théoriques du fonctionnement économique ne s'appliquent pas du tout à la réalité des pays en développement, a-t-il fait observer.  Au niveau régional, la grande priorité consiste à dépasser le régime de croissance éphémère basée sur le pétrole (matière première non durable), qui est un modèle économique hérité des années 1970.  Toute stratégie à cet égard doit passer par une amélioration du climat d'investissement pour soutenir la consommation; par l'autonomisation des populations défavorisées, les femmes en particulier, dans le but ultime de favoriser leur participation à tous les aspects de la vie politique, économique et sociale; ainsi que par le renforcement de la coordination régionale en vue d'une meilleure intégration à l'économie mondiale.  Il est possible de réaliser ces trois objectifs en agissant en particulier sur le levier des politiques fiscale et monétaire et sur une réorientation massive des dépenses publiques en direction des infrastructures et de l'éducation.  Le défi pour les pays de la région consiste, en fait, à passer de la richesse au développement proprement dit, a conclu M. Kubursi.


Dans le cadre du débat qui a suivi cette présentation, une délégation a souhaité savoir si le nombre important de personnes étrangères résidant dans la région avait influencé la situation économique de l'Asie occidentale.  D'autres se sont enquis, plus généralement, de la coordination entre les commissions régionales de l'ONU et d'autres instances.  Il a été demandé si le problème de l'eau ne pourrait pas être résolu par une meilleure coordination entre États.  Un délégué a voulu savoir ce que fait la Commission pour lutter contre le déficit de liberté évoqué et pour promouvoir l'autonomisation des femmes dans la région.


Répondant à ces interventions, M. ATIF KUBURSI a indiqué que la présence en Asie occidentale d'une forte population expatriée (représentant jusqu'à 80% de la population active dans les pays du Golfe) s'est effectivement avérée être un moteur de croissance de l'emploi.  Cependant les migrations de populations à grande échelle engendrent des complications qui doivent être traitées dans un contexte plus large, dans le cadre par exemple d'une collaboration Sud-Sud, a souligné M. Kubursi.  La gestion des flux migratoires doit être prudente, car des changements trop rapides, ou relevant de l'affectif, pourraient compromettre la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a averti M. Kubursi.  Par ailleurs, a-t-il ajouté, les États devraient améliorer leur coordination pour répondre aux grands défis de la région que sont la forte dépendance vis-à-vis du pétrole, le manque d'eau et la prévalence d'une économie de rente.  La CESAO ne considère pas que ces caractéristiques doivent susciter le découragement - en particulier dans le domaine de l'eau, qui exige une action concertée entre États et institutions internationales, dans le cadre d'une stratégie à plusieurs niveaux.  La Commission teste des mesures visant à donner aux femmes la priorité sur le marché de l'emploi, a par ailleurs indiqué M. Kubursi, rappelant aussi qu'au niveau institutionnel, la CESAO est très engagée aux Nations Unies en faveur de l'autonomisation des femmes.


Commission économique pour l'Europe


M. MAREK BELKA, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Europe (CEE-ONU), a expliqué que les 56 pays de la région d'Europe, d'Asie centrale et d'Amérique du Nord ont connu une croissance économique rapide.  La région compte une diversité extraordinaire, a-t-il fait observer, soulignant qu'elle comprend certaines des régions les plus riches du monde, mais aussi des plus pauvres.  Le défi principal pour les pays en transition à revenu moyen est d'investir dans les industries à forte intensité de connaissance, au risque de voir leur compétitivité s'évanouir et devenir un fardeau pour l'Union européenne.  S'agissant de la partie occidentale, le défi central est de réconcilier la mondialisation avec son mode de vie et l'État providence.  La chute de l'empire soviétique a plongé de nombreux pays dans une phase de récession transitionnelle, a-t-il poursuivi.  Outre une baisse du revenu, la structure institutionnelle de ces pays s'est effondrée, avec pour résultat chômage, pauvreté et inégalité.  Une fois encore, les disparités sont fréquentes.  Ainsi la Pologne est un exemple de transition réussie, tandis que la Russie a plus de peine.


M. Belka a ensuite attiré l'attention sur les disparités régionales s'agissant de la pauvreté.  Ainsi, plusieurs pays de l'Est ont des taux de pauvreté très élevés.  Dans la région d'Asie centrale et du Caucase se trouvent des pays aussi pauvres que les pays africains.  Parmi les groupes vulnérables à la pauvreté figurent la population rurale, les chômeurs, les minorités ethniques et les personnes âgées.  La pauvreté est liée au chômage, a-t-il souligné, insistant sur l'importance de créer des emplois.  Il a expliqué que le chômage structurel est très important dans les pays en transition et que la croissance économique n'a pour l'instant pas produit une forte augmentation de l'emploi.  Le Secrétaire exécutif a fait observer que les politiques de croissance ne sont pas toutes favorables aux pauvres et que toutes les politiques favorables aux pauvres ne favorisent pas forcément la croissance.  Il s'agit donc de trouver un moyen de concilier les deux.  Il faut se poser la question du type de système fiscal qui pourrait être favorable aux pauvres ou favorable à la croissance.  Des recherches, des évaluations doivent être réalisées.  Pour favoriser les pauvres, il faut dessiner des politiques sociales et structurelles qui assurent accès à l'éducation et à l'emploi.  En outre, de bonnes politiques macroéconomiques sont essentielles.


Intervenant suite à cette présentation, un orateur s'est réjoui de l'accent général mis sur l'emploi et l'importance de mettre en place des politiques de création d'emploi.  Il faut que la nécessité de générer des emplois dignes soit présente dans toutes les stratégies de lutte contre la pauvreté.  Une délégation s'est pour sa part inquiétée des disparités entre les femmes et les hommes, en matière de salaire notamment.  Ce n'est pas simple de trouver des politiques équilibrées qui satisfont les deux objectifs indispensables que sont la croissance et l'égalité, a souligné une autre délégation.  Il faut que les États trouvent ce difficile équilibre.  Enfin, une délégation a tenu à souligner l'importance des commissions régionales pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, insistant tout particulièrement sur l'assistance technique offerte par les experts des commissions. 


En réponse à ces questions, M. BELKA s'est réjoui de ce que les participants au débat aient reconnu que la conception de stratégies favorables aux pauvres n'est pas une question simple.  Il faut de bonnes réformes, un bon équilibre, mais aussi trouver les bonnes personnes pour mener ces réformes à bien.  Mais ces stratégies ne seront efficaces que si la situation politique est stable sur le plan national et régional.  De plus, la société civile joue un rôle essentiel pour combler les lacunes des stratégies de lutte contre la pauvreté.  Le Secrétaire exécutif a ensuite fait observer que la région d'Asie centrale est restée en marge des politiques d'assistance de l'Union européenne.  Aussi s'est-il réjoui de l'adoption, lors du dernier sommet du Conseil européen, d'une nouvelle stratégie visant l'Asie centrale.  Une assistance accrue va ainsi affluer dans la région.  Et la Commission économique pour l'Europe a joué un rôle prépondérant dans ces efforts, a-t-il souligné.


Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique


M. KIM HAK-SU, Secrétaire général adjoint et secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP), a rappelé que la réduction de la pauvreté reste un défi malgré la forte croissance économique de la région. La Chine ou le Vietnam sont d'excellents exemples de la réduction de la pauvreté par la croissance économique.  Cependant, les inégalités sociales n'ont pas régressé, au contraire, en Inde ou en Chine.  Il faut donc tenir compte non seulement du rythme de la croissance, mais aussi du type de croissance que connaît un pays: il faut qu'elle profite davantage aux pauvres qu'aux riches, Pour ce faire, il convient d'adopter une stratégie en matière non seulement d'emploi, mais aussi d'infrastructures publiques.


Parmi les mesures à mettre en œuvre, la politique fiscale permet non seulement de renforcer les moyens d'action du gouvernement, mais aussi d'assurer une meilleure répartition des richesses, a souligné M. Kim.  Les mesures d'investissement en faveur du secteur agricole (prêts, irrigation) sont aussi très importantes dans la mesure où l'on constate qu'elles entraînent une diminution de la pauvreté, dans un contexte où une part très importante de la population - par exemple en Chine ou en Inde - est encore rurale.  À long terme, il conviendra d'accompagner le passage de ces populations du secteur primaire vers le tertiaire, de financer la santé et l'éducation et enfin d'assurer l'approvisionnement en eau au profit des plus pauvres


Un intervenant a voulu savoir quelles mesures sont prises par la Commission pour assurer le lien entre les nombreuses associations régionales, observant que l'Asie est peut-être le seul continent à ne pas disposer d'une organisation politique pan-continentale, comme c'est le cas en Afrique par exemple.  Un autre intervenant a estimé qu'il ne fallait pas affaiblir le mandat des commissions régionales, qui ont un solide potentiel politique et en matière d'élaboration de programmes d'action.  Les commissions devraient renforcer la coopération au niveau régional et participer davantage à l'élaboration des politiques de développement dans le cadre des Nations Unies.  Un intervenant a observé que la population asiatique s'est accrue mais que le nombre des pauvres avait diminué.  De nouveaux défis sont cependant apparus récemment, en matière d'environnement et d'écart de revenus.  Les pays riches devraient s'engager à augmenter leur aide publique et à lutter de manière plus déterminée contre la pauvreté.  Une coopération dans les domaines scientifique et sanitaire sera également indispensable. 


Une question a porté sur la capacité de la région à atteindre l'objectif d'éradiquer la faim et l'extrême pauvreté.  Un membre du Conseil a voulu savoir dans quelle mesure les Commissions économiques constituaient de bons canaux de transmission des informations et des meilleures pratiques; un autre quelles étaient leurs relations avec les institutions nationales de droits de l'homme.  Un représentant a demandé si les hommes et les femmes étaient confrontés de la même manière aux difficultés d'accès aux services publics.


M. KIM a répondu aux interventions en confirmant que les commissions régionales jouent un rôle déterminant en matière de coordination entre organismes régionaux (avec l'ASEAN par exemple).  Les commissions assurent le lien entre les différentes missions des Nations Unies sur le terrain.  La CESAP a part ailleurs organisé des séminaires régionaux sur les thèmes de la responsabilité sociale d'entreprise et sur les partenariats privé-public, au cours desquels les bonnes pratiques ont pu être partagées.  Les progrès réalisés par la Chine, l'Inde, le Pakistan, le Bangladesh et le Vietnam seront déterminants pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a estimé M. le Secrétaire exécutif, indiquant que deux rapports intérimaires vont être produits à ce sujet, l'un consacré aux difficultés de distribution des produits alimentaires.  La pauvreté sera difficile à éradiquer, mais l'action sur la faim est davantage susceptible d'aboutir, a estimé M. Kim.


Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes


M. JOSÉ LUIS MACHINEA, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEAPLC), a indiqué que la pauvreté s'est largement réduite en Amérique latine, ces dernières années.  Cette baisse s'explique par un taux élevé de croissance, plus d'emplois et une augmentation des dépenses, a-t-il précisé.  Toutefois, les inégalités entre les pays et au sein des pays restent importantes et la région doit affronter un important problème de répartition des richesses.  À cet égard, M. Machinea a précisé que la distribution des richesses est meilleure dans les Caraïbes que dans les pays latino-américains sur le continent.  S'agissant des politiques à mettre en œuvre pour améliorer l'égalité, il importe d'offrir de réelles possibilités de stabilité macro-économique, de croissance et d'emploi.  Il faut également renforcer les capacités humaines, et l'éducation est la clé de voûte de cette stratégie.  Il faut en outre augmenter la solidarité, a-t-il ajouté.


Les pays d'Amérique latine et des Caraïbes doivent redoubler d'efforts pour que la croissance soit durable, pour accroître le niveau de performance, a poursuivi M. Machinea.  Il faut aussi trouver le moyen de financer les dépenses sociales.  Il faut également accroître la pression fiscale.  En ce qui concerne l'aide publique au développement, elle a augmenté depuis Monterrey, s'est félicité le Secrétaire exécutif.  Elle reste toutefois encore en dessous des niveaux qui ont été consentis par la communauté internationale.  L'aide publique au développement cible les pays à bas revenus et est surtout destinée aux dépenses sociales, a-t-il précisé.  M. Machinea a tenu à attirer l'attention sur la nécessité de soutenir les pays à revenu moyen, regrettant le manque de stratégie régionale à cet égard.  Ces pays restent fragiles, vulnérables aux fluctuations de l'économie mondiale et exposés à la volatilité des marchés financiers.  Leur capacité en matière technologique est également moindre.  Il est impératif que ces pays puissent accéder aux marchés internationaux, a-t-il conclu.


Dans le cadre du dialogue qui a suivi cette présentation, plusieurs intervenants ont souligné que l'accès aux marchés internationaux reste problématique.  Les obstacles posés aux produits de certains pays d'Amérique latine ont des conséquences désastreuses, des entreprises ferment et des travailleurs sont plongés dans l'extrême pauvreté.  Le lien entre le commerce international et la réduction de la pauvreté est fondamental.  Les Nations Unies doivent faire en sorte que les pays développés fassent tomber les barrières dans certains secteurs d'importance fondamentale, comme l'agriculture, ont-ils insisté.  Plusieurs délégations ont remercié M. Machinea d'avoir attiré l'attention sur la situation des pays à revenu intermédiaire et sur la nécessité de mieux diriger l'aide publique au développement.  Des participants ont également souligné l'importance pour le développement des transferts monétaires de la diaspora latino-américaines et la nécessité de rechercher des mécanismes novateurs du développement.  La vulnérabilité des pays d'Amérique latine face aux changements climatiques a en outre été signalée.


Un intervenant a relevé que, d'une manière générale, les rapports des commissions régionales devraient faire état des efforts de coordination au sein des régions et du partage d'informations sur les meilleures pratiques.  Il a également été demandé si des analyses avaient été faites par la CEPALC des stratégies de lutte contre la pauvreté au niveau régional.  L'accent aurait probablement dû porter sur des politiques économiques, davantage que sur l'évolution politique, a estimé un représentant.


Un intervenant a estimé qu’un mécanisme régional de surveillance de la mise en application des engagements conclus au niveau international devrait compléter les efforts nationaux et fournir un cadre pour une évaluation par les pairs.  La coopération Sud-Sud est également importante.  Et, dans le contexte de la réforme des Nations Unies, ces initiatives devraient être mises en valeur, a-t-il été estimé.


M. MACHINEA a réaffirmé que le commerce revêt une importance fondamentale.  Sans conteste, la réduction des barrières douanières de l'Union européenne renforcerait la croissance dans la région.  Il faut également promouvoir l'intégration régionale, a-t-il ajouté.  Si les pays d'Amérique latine n'avancent pas en matière d'intégration régionale, ils n'avanceront pas dans les négociations de Doha.  M. Machinea a ensuite fait observer qu'il y a en Amérique latine une diversité de situations, de politiques, et de secteurs d'activité.  Il faut tenir compte de cette diversité et s'en féliciter.  Pour conclure, il a relevé l'importance des transferts de fond de la diaspora dans les pays d'Amérique latine, en retrait cependant par rapport au caractère inégalitaire de la distribution des revenus au niveau national.


Documentation


Le rapport du Secrétaire général sur la coopération régionale dans les domaines économique et social et domaines connexes (E/2007/15) fait une étude analytique des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et les enseignements qui peuvent être tirés, dans une perspective régionale, pour intensifier les efforts au cours des prochaines années.  Le rapport examine la dimension régionale des efforts déployés pour éliminer la pauvreté et la faim.  Outre les secteurs productifs traditionnels «favorables aux pauvres», tels que l'agriculture et le bâtiment, certains secteurs clefs de l'économie sont particulièrement importants pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, notamment trois secteurs d'infrastructure matérielle (transport, énergie et eau) et deux secteurs d'infrastructure sociale (santé et éducation), souligne le rapport.  Pour aider à réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement et une croissance durable favorable aux pauvres, la croissance économique doit se traduire non seulement par la création d'emplois et de revenus pour les pauvres, mais aussi par une amélioration des équipements et des infrastructures sociales.  Ces améliorations permettront d'accroître la disponibilité et la consommation des biens et services visés dans les objectifs du Millénaire pour le développement, tels que l'alimentation, l'eau potable et l'assainissement, la santé et l'éducation.  Dans ce cadre, les évaluations et analyses régionales effectuées par les commissions régionales concernant la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement font apparaître des résultats mitigés, encore qu'ils reflètent le plus souvent de grosses insuffisances.  Dans l'ensemble, ces travaux continuent également de mettre en évidence des écarts importants entre les résultats obtenus, car les tendances qui se dessinent à l'échelle tant mondiale que régionale masquent d'importantes disparités entre les régions et les sous-régions, voire à l'intérieur d'un même pays, tout particulièrement au regard de l'objectif d'éliminer l'extrême pauvreté et la faim.


Portant son attention sur les cinq régions, le rapport indique que, malgré les progrès tangibles réalisés par l'Afrique sur le front de la croissance économique au cours des dernières années, de l'avis général, ces bons résultats économiques n'ont pas encore eu un effet mesurable sur la pauvreté et la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, précise le rapport.  Les études et rapports récemment établis par la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique indiquent que la région de l'Asie et du Pacifique a remarquablement progressé sur le front de la lutte contre la pauvreté.  L'Asie du Sud et du Sud-Ouest est la sous-région de l'Asie et du Pacifique où les résultats sont globalement les plus mauvais, indique toutefois le rapport.  Le suivi des progrès accomplis vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, effectué par la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), suscite un optimisme prudent, poursuit le rapport.  Pour ce qui est de l'Asie occidentale, souligne notamment le rapport, l'instabilité politique et les conflits demeurent des obstacles majeurs à l'élimination de la pauvreté et de la faim dans la région.  Dans la région de la Commission économique pour l'Europe (CEE), les objectifs du Millénaire pour le développement sont particulièrement pertinents pour les pays d'Europe orientale, du Caucase et d'Asie centrale, ainsi que les pays de l'Europe du Sud-Est, affirme enfin le rapport.  Le taux d'extrême pauvreté ou d'extrême dénuement est le plus élevé dans le Caucase et en Asie centrale, où la misère est endémique, précise-t-il. 


Deux additifs au rapport contiennent notamment des projets de résolution proposés par deux des commissions régionales et portant respectivement sur le réexamen du mécanisme intergouvernemental de la Commission économique pour l'Afrique et la demande d'admission présentée par la République de Corée à la qualité de membre de la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes.


Le document intitulé «Évolution économique dans les pays de la Commission économique pour l'Europe»(E/2007/16) rappelle que les États membres de la Commission ont décidé en 2005 de supprimer la préparation de la publication de la Commission intitulée Étude sur la situation économique de l'Europe.  Toutefois, des renseignements sur la situation dans la région peuvent être trouvés dans Le rapport sur la situation et les perspectives économiques dans le monde, et le World Economic Outlook du FMI, notamment.


Le document intitulé «Aperçu général de la situation économique et sociale de l'Afrique, 2007» (E/2007/17) examine la situation économique et sociale de l'Afrique en 2006 et donne un aperçu de l'évolution à moyen terme de la croissance et des perspectives pour 2007.  Il en ressort que, dans l'ensemble, la situation économique n'a cessé de s'améliorer, passant d'un taux de croissance de 5,3 % en 2005 à 5,7 % en 2006.  Ce résultat positif s'expliquerait par une saine gestion macroéconomique, la forte demande de produits de base et le renchérissement de leurs cours, l'allégement de la dette, l'accroissement des apports de capitaux et l'amélioration du climat politique.  Cependant, le rapport fait surtout valoir que le bilan sur le plan économique est beaucoup plus positif que dans le domaine du développement social.  En guise de conclusion, le rapport recommande un ensemble de mesures visant à accélérer durablement la croissance dans les pays africains afin de réduire la pauvreté et d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.


Le résumé del'Étude sur la situation économique et sociale de l'Asie et du Pacifique, 2007 (E/2007/18) indique qu'il ressort de l'Étude qu'en 2006, la région a connu une croissance forte, de 7,9 % pour les pays en développement et de 2,2 % pour les pays développés.  Reflétant l'intégration rapide de la région dans l'économie mondiale et les secteurs dans lesquels la région est la plus compétitive au niveau international, l'expansion a surtout porté sur l'industrie et les services, l'agriculture connaissant une croissance moins rapide.  La croissance économique a été généralisée, toutes les sous-régions présentant de bons résultats.  Les pays d'Asie du Nord et d'Asie centrale, ainsi que l'Australie, l'Iran et d'autres pays, ont vu leurs exportations de produits de base augmenter fortement, tandis que l'Asie de l'Est a enregistré une forte demande de produits manufacturés, dans le secteur de l'électronique notamment.  Pour les pays en développement de la région, 2007 devrait être une nouvelle année de croissance économique dynamique, même si, à 7,4 %, la croissance prévue devrait être un peu plus faible qu'en 2006.  La conjoncture économique extérieure devrait être moins favorable du fait principalement du ralentissement de l'économie américaine.  On s'attend aussi à un léger recul de la demande mondiale de produits électroniques, ce qui pourrait avoir des répercussions pour l'économie de la région.  Dans le même temps, le relâchement des prix des produits de base, dont le pétrole, sera un bienfait tout relatif pour la région de la CESAP.  L'Étude de 2007 analyse les coûts économiques et sociaux de la discrimination à l'égard des femmes dans la région, notamment les pertes économiques qu'elle entraîne du fait que les femmes sont sous-représentées dans la population active et qu'elles ont un faible niveau d'instruction.  Elle fait aussi le bilan des progrès accomplis en matière d'égalité des sexes dans quatre domaines (participation économique, éducation, santé et autonomisation) dans le cadre d'une analyse comparative mettant également en lumière les pratiques optimales.  L'étude contient en outre une analyse de la situation concernant les inégalités entre les sexes et leurs facteurs causaux, ainsi que des recommandations visant à réduire la discrimination sexuelle dans la région. 


Le document intitulé «Amérique latine et Caraïbes: situation économique et perspectives en 2006-2007» (E/2007/19) fait savoir qu'en 2006, la région de l'Amérique latine et des Caraïbes a enregistré avec 5,6 %, pour la troisième année consécutive, un taux de croissance économique supérieur à 4 %.  La conjoncture internationale étant demeurée favorable, l'ensemble de la région a connu une augmentation de 8,4 % du volume de ses exportations de biens et services ainsi qu'une hausse des prix de ses principaux produits d'exportation, ce qui s'est traduit par une amélioration de plus de 7 % des termes de l'échange.  En raison de l'augmentation de ces revenus, et de celle du volume des envois de fonds, la hausse du revenu national (7,3 %) a de nouveau dépassé celle du produit intérieur brut (PIB).  Ces moyennes régionales masquent toutefois de grandes disparités entre les pays et les sous-régions.  L'accélération de la croissance mondiale a stimulé la demande extérieure pour les pays exportateurs de ressources naturelles, en particulier en Amérique du Sud, et pour les exportateurs de pétrole.  L'expansion économique devrait ralentir légèrement en 2007, le taux de croissance du produit intérieur brut étant, selon les projections de 4,8 %.  Si ces projections se confirment, le produit intérieur brut par habitant affichera, pour la région, une augmentation d'environ 15 % pour la période 2003-2007, soit 3,6 % par an. 


Le résumé de l'Étude sur la situation économique et sociale dans la région de la Commission économique et sociale pour l'Asie occidentale en 2006-2007 (E/2007/20) souligne que les pays membres de la Commission ont connu durant la période 2006-2007 une nouvelle année de forte expansion économique, à l'exception de l'Iraq, du Liban et de la Palestine, dont le potentiel économique a été considérablement réduit par les conflits régionaux et les problèmes d'instabilité politique.  La récente embellie de la conjoncture extérieure, liée aux cours élevés du pétrole, a continué de soutenir la région.  Malgré une décélération de la croissance du produit intérieur brut (PIB), le taux de croissance est resté élevé dans la plupart des pays membres de la CESAO en 2006.  Le taux de croissance moyen du PIB pour la région de la CESAO est estimé à 5,6 % pour 2006, en recul par rapport au taux de 6,9 % enregistré en 2005, et devrait tomber à 5,1 % en 2007.  Pendant les deux décennies écoulées entre le premier et le second booms pétroliers, la région a enregistré des taux de croissance moyens négatifs du PIB réel par habitant et des taux de chômage de plus en plus élevés et a vu les écarts de revenus se creuser aussi bien à l'intérieur des pays de la région qu'entre ces pays.


La diminution des rentes pétrolières a provoqué un tassement du taux de financement des infrastructures sociales, entraînant, dans un cas, une baisse de qualité de l'éducation.  En outre, les taux d'investissement ont baissé, tombant à 16 % en 2002, cependant que la productivité par travailleur oscillait entre stagnation et déclin, et que la proportion d'échanges commerciaux intrarégionaux ne dépassait guère 7 ou 8 %.  Dans l'ensemble, cependant, l'épargne est restée excédentaire dans la région de la CESAO et a continué d'être placée hors de la région faute d'une capacité locale d'absorption suffisante ou pour éviter les risques sécuritaires.  Si l'actuel boom pétrolier est bienvenu pour consolider les progrès du niveau de vie induits par la forte croissance, il intervient sur fond de tensions régionales.  Cela se traduit par une menace omniprésente de conflit qui pourrait aggraver les difficultés que connaissent les institutions nationales chargées du développement.  Il est urgent de donner aux organismes nationaux de développement les moyens d'éviter, d'une part, les effets à long et à court terme de la «malédiction de l'abondance» qui fait que l'abondance de ressources naturelles nuit à la performance économique générale et à la compétitivité du secteur des biens exportables et, d'autre part, les effets du «syndrome hollandais».  L'Étude de cette année porte sur les enseignements à tirer du précédent boom pétrolier et vise à faciliter la définition des orientations à suivre pour que la région cesse d'exporter ses ressources humaines et financières et les consacre au développement, en tant que droit de l'homme, et à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.


*   ***   *


À l’intention des organes d’information • Document non officiel