05/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6280

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL CONCLUT SON DÉBAT SUR LE RENFORCEMENT DE L'ACTION POUR ÉLIMINER LA PAUVRETÉ ET LA FAIM


(Publié tel que reçu)


Genève, 4 juillet (Service d’information des Nations Unies) –- Le Conseil économique et social a achevé, cet après-midi, son débat général sur «le renforcement de l'action menée pour éliminer la pauvreté et la faim, notamment grâce au partenariat mondial pour le développement» - thème retenu cette année pour par le Conseil pour le premier examen ministériel annuel de son histoire.  Le Conseil doit adopter ultérieurement une déclaration ministérielle en conclusion de l'examen ministériel annuel de 2007.


La quarantaine d'intervenants qui sont intervenus au cours de cette séance qui s'est prolongée en soirée ont reconnu que, si des progrès ont indéniablement été réalisés sur la voie de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement - et en particulier du premier d'entre eux: celui consistant à réduire de moitié d'ici 2015 l'extrême pauvreté et la faim dans le monde -, beaucoup reste à faire pour atteindre l'objectif fixé d'ici la date butoir et a fortiori pour que cet objectif soit atteint de manière uniforme sur la planète.  Si le nombre de personnes vivant avec moins d'un dollar par jour a diminué, le représentant du Saint-Siège a fait remarquer que loin de décliner, le nombre de personnes vivant avec moins de deux dollars par jour a cru pour atteindre 1,37 milliard d'individus à travers le monde.


Dans un monde où la création de richesses ne cesse de progresser, la nécessité de faire appel à des mécanismes de répartition des bénéfices tirés de la croissance a été maintes fois soulignée.  Nombre d'orateurs ont insisté sur l'importance d'intégrer l'autonomisation des femmes et la promotion de l'égalité entre les sexes dans toute stratégie de lutte contre la pauvreté et la faim.  À l'instar du représentant de la France, plusieurs orateurs ont ciblé le défi de la qualité de l'aide.  Certains ont estimé que, les opportunités d'emploi constituant l'un des meilleurs moyens de sortir de la pauvreté, l'aide au développement devrait être orientée vers la création d'emplois.


Comme l'a relevé le représentant de la Chine, de nouveaux défis surgissent, notamment du fait des déséquilibres de l'économie mondiale, de la pénurie des ressources énergétiques, de l'instabilité des marchés financiers, du réchauffement climatique, des épidémies et du vieillissement de la population.  Plusieurs intervenants ont eux aussi insisté sur la menace nouvelle que constitue le changement climatique, dont les conséquences sur la durabilité du développement sont indéniables.


Le Secrétaire d'État pour le développement et la coopération internationale de la Suède a participé au débat de cet après-midi, ainsi que les représentants des pays suivants: Japon, Danemark, Turquie, Indonésie, Madagascar, Nouvelle-Zélande, Australie, Mexique, Chine, Islande, France, États-Unis, El Salvador, Israël, République de Corée, Algérie, Guinée, Iran, Norvège, Colombie, Malawi, Inde, Albanie, Pays-Bas, Guinée-Bissau, Costa Rica, Croatie, Chili, Cuba et Saint-Siège.


Des représentants du Fonds commun des produits de base des Nations Unies, de l'Organisation internationale des migrations, de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que des représentants du Mouvement international ATD-Quart Monde; Legion of Good Will; Droit à l’énergie SOS Futur et l’Association de la Chine pour les Nations Unies ont également participé au débat.


Lors de sa prochaine séance, demain matin à 9h30, le Conseil économique et social inaugurera un «Forum pour la coopération en matière de développement».  Deux tables rondes seront organisées dans ce cadre, la première portant sur l'«identification des lacunes et des obstacles s'agissant d'améliorer la cohérence et l'efficacité et de promouvoir le rôle de la coopération pour le développement: le rôle de la coordination et de la gestion au niveau des pays»; la seconde consacrée aux «tendances et progrès dans la promotion d'une coopération internationale pour le développement plus efficace: coopération Sud-Sud et coopération triangulaire».


Examen ministériel annuel: fin du débat général sur le renforcement de l’action pour éliminer la pauvreté et la faim


M. KOJI TSURUOKA (Japon) a souligné que depuis la fin de la guerre froide, les activités économiques et la mondialisation sont en progression, mais que la communauté internationale doit également faire face à des menaces nouvelles, comme le changement climatique, le terrorisme ou les épidémies.  Les objectifs du Millénaire pour le développement ne sauraient être atteints sans partenariat étroit entre pays donateurs et pays récipiendaires, a-t-il poursuivi.  Ni l'assistance économique, ni l'assistance alimentaire ne sont durables.  Il faut, en matière de développement, opter pour une approche globale centrée sur l'être humain.  Le changement climatique est un défi pour l'humanité; tous les pays doivent s'engager à réduire leurs émissions et inverser la tendance au réchauffement climatique.  Il faut aller au-delà du protocole de Kyoto, en tenant compte des circonstances de chaque pays.  Il s'agit également d'assurer la compatibilité entre la protection de l'environnement et la croissance économique.  À cet égard, le délégué japonais a souligné que le Premier Ministre Shinzo Abe a proposé d'établir un nouveau mécanisme financier pour soutenir les pays en développement dans ces efforts.  M. Tsuruoka a souligné le rôle important du Fonds mondial sur le sida, la malaria et la tuberculose, et a fait valoir que son pays y a fait une contribution de 660 millions de dollars.  Il a également attiré l'attention sur le soutien apporté par son pays à la lutte contre la malaria et la polio.  Pour conclure, il a rappelé que l'Afrique, qui souffre de pauvreté, de famine, de conflits et de maladies infectieuses, reste à la traîne dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a à cet égard rappelé que son pays s'est engagé en avril 2005 au cours du Sommet Asie-Afrique à doubler son aide au développement pendant trois ans.


M. JOAKIM STYMNE, Secrétaire d'État pour le développement et la coopération internationale de la Suède, a fait observer que les progrès dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement sont clairs, mais qu'il convient d'accélérer les efforts, et pas uniquement en Afrique sub-saharienne.  Le Consensus de Monterrey a posé les bases; il faut maintenant mettre ses principes en œuvre.  Les pays en développement doivent prendre la responsabilité de leur développement et de la réduction de la pauvreté, car ceci ne saurait être effectué de l'extérieur.  Le développement passe par l'autonomisation et l'appropriation du pouvoir juridique, économique, politique et social, a-t-il ajouté.  Il convient également d'étendre cette appropriation à tous les segments de la société.  Parmi les facteurs qui restent essentiels au développement figurent la bonne gouvernance, la démocratie, le respect des droits de l'homme et l'égalité des sexes.  De même, la nécessité de mettre en œuvre des politiques cohérentes est tout autant fondamentale dans les pays développés.  M. Stymne a à cet égard fait observer que, les politiques mises en œuvre en matière d'environnement, de migration, de sécurité ou de commerce ayant un impact sur les pays en développement, il est crucial de faire en sorte que toutes les politiques aillent dans la même direction.  Il a en outre fait observer que des synergies doivent aussi être créées avec les Nations Unies et les institutions de Bretton Woods.  Il faut travailler avec le plus possible de cohérence et de synergies, en identifiant les besoins des pays en développement.


La croissance économique est un préalable au développement, mais on ne tire pas suffisamment parti de son potentiel, a poursuivi le Secrétaire d'État suédois.  Il a ainsi plaidé pour le développement d'un secteur privé qui soit favorable aux pauvres.  En outre, il a souligné l'importance de promouvoir la participation des femmes.  Le potentiel d'entrepreneur de tous doit être favorisé, a-t-il insisté.  C'est grâce à la création d'emplois productifs que le sort des pauvres pourra être amélioré.  De surcroît, la mondialisation offre de nouvelles chances.  Les compagnies étrangères peuvent également jouer un rôle fondamental dans les pays en développement.  Des pratiques responsables peuvent mener à l'intégration économique et sociale et aider à améliorer la coopération internationale, la paix et le développement, a souligné M. Stymne.


M. CARSTEN STAUR (Danemark) s'est félicité de la tenue de cet examen ministériel annuel, estimant que des progrès ont bel et bien été réalisés en vue d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.  Les principales régions sont notamment en train de réduire la faim et la pauvreté.  La situation reste toutefois mauvaise en Afrique sub-saharienne, où les objectifs seront difficilement atteints et où il faudra consentir des efforts particuliers.  D'une manière générale d'ailleurs, a déploré le représentant, les progrès sont encore lents et les efforts des pays donateurs, comme ceux des pays en voie de développement, doivent être renforcés.  D'autre part, un volet important de l'action contre la faim et la pauvreté réside dans la concrétisation du principe de l'égalité entre hommes et femmes.  Les progrès dans ce domaine sont réels mais, une fois encore, insuffisants, a déploré le représentant, citant des chiffres alarmants de la Banque mondiale en matière d'éducation des fillettes en Afrique subsaharienne, de diminution du taux d'emploi des femmes, de prévalence des maladies sexuellement transmissibles et des complications à la naissance.  Enfin M. Staur a relevé l'importance des changements climatiques.  C'est donc à bon droit que l'Union européenne a proposé l'adoption d'une stratégie pour la protection de l'environnement dans le cadre des mesures de lutte contre la pauvreté.


M. AHMET ÜZÜMCÜ (Turquie) s'est réjoui de ce que l'examen ministériel annuel offre une plateforme importante d'échanges des leçons apprises et des bonnes pratiques.  Il a estimé le thème de cette année particulièrement bien choisi, du fait que le rythme actuel des progrès dans l'éradication de la pauvreté ne suffit pas à la réalisation des objectifs de la Déclaration du Millénaire.  Il a à cet égard insisté sur l'importance de promouvoir une croissance économique soutenue en faveur des pauvres et de renforcer les efforts d'éradication de la pauvreté et de la faim. Le succès de l'éradication de la pauvreté dans le monde contribuera à l'établissement d'un ordre international plus stable, a-t-il en outre fait observer.  Et, pour ce faire, un partenariat mondial authentique est crucial.  Pour sa part, la Turquie a fourni quelques 700 millions de dollars en 2006 sous forme d'aide publique au développement.  La Turquie partage également son expérience et ses compétences dans les domaines où elle a connu des succès.  Étant passée d'une économie basée sur l'agriculture à une économie basée sur le commerce et l'industrie, la Turquie a beaucoup à partager avec les pays qui connaissent une transformation similaire, a-t-il précisé.  M. Üzümcü a également souligné que son pays est considéré comme un pays «pivot» au sein du mécanisme de coopération technique entre pays en développement.  Le pays va d'ailleurs accueillir la semaine prochaine une conférence ministérielle portant sur les défis de la mondialisation pour les pays en développement, dont l'objectif est de trouver les moyens de corriger les déséquilibres qui exacerbent la pauvreté dans les pays les moins avancés et qui les empêchent de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement.


M. MAKARIM WIBISONO (Indonésie) a souligné que, s'il est vrai que chaque pays doit prendre en mains sa propre destinée, les destinées de tous les pays sont inévitablement imbriquées, de sorte que, dans la course pour le développement, la croissance ne peut intervenir que dans le cadre d0un partenariat mondial pour le développement.  Les exportations des pays en développement doivent obtenir l'accès aux marchés dans le cadre d'un système de commerce international fondé sur les règles établies.  En même temps, les pays en développement doivent mettre de l'ordre chez eux, notamment par le biais de la bonne gouvernance, en luttant contre la corruption et en menant des stratégies de développement.  L'engagement de l'Indonésie en faveur de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement trouve son expression dans la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement basée sur les pauvres, la croissance et l'emploi.  L'économie indonésienne est plus prometteuse aujourd'hui qu'elle ne l'a été depuis quelques années, a souligné M. Wibisono, qui a fait valoir que le pays vise les 6,3% de croissance.  L'an dernier, le déficit budgétaire a été de 1,1%, et le pays est même parvenu à rembourser l'ensemble de sa dette envers le Fonds monétaire international avec quatre années d'avance sur le calendrier prévu.  Pour autant, l'Indonésie n'est toujours pas satisfaite, car elle ne souhaite pas seulement parvenir à une forte croissance, elle s'efforce également de promouvoir une croissance de qualité.  À cette fin, le pays consacre la plus grande partie de son budget au développement des secteurs de l'éducation et de la santé, ainsi qu'aux programmes de lutte contre la pauvreté.  M. Wibisono a par ailleurs attiré l'attention sur la nécessité de garder à l'esprit certaines questions émergentes telles que celle du changement climatique, qui ne manque pas d'avoir des effets à long terme sur le développement.


Pour M. ZINA ANDRIANARIVELO-RAZAFY (Madagascar), les gouvernements, entreprises, universités, organisations non gouvernementales, institutions des Nations Unies, société civile doivent tous être partenaires dans la lutte contre la pauvreté et la faim. La croissance économique est essentielle pour réduire la pauvreté, même si la relation n'est pas automatique entre les deux notions: le défi est de parvenir à une croissance qui profite à chacun.  D'autre part, on sait que les objectifs du Millénaire pour le développement sont interdépendants et qu'ils doivent être traités simultanément.  Le représentant a attiré l'attention du Conseil sur le travail de la Fondation pour l'alliance entre les secteurs privé et public, ouverte récemment pour montrer l'importance de la coopération entre toutes les parties concernées.  La Fondation tisse des liens entre ses membres, favorise les initiatives en matière de technologies de télécommunication, d'adduction d'eau, de production d'éthanol et de cacao, d'octroi de microcrédits pour les femmes, entre autres.  Le représentant malgache s'est dit convaincu de l'importance des partenariats commerciaux entre secteurs public et privé pour la lutte contre la pauvreté.


M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande, au nom également de l'Australie et du Canada), s'est félicité de l'examen ministériel annuel, estimant qu'il est le fruit des efforts destinés à créer un Conseil économique et social plus efficace.  S'agissant de l'éradication de la pauvreté, les données à l'échelle mondiale masquent les disparités entre les pays et les régions, a fait observer M. MacKay.  Ainsi, en dépit de la performance économique impressionnante de l'Asie, la région d'Asie-Pacifique demeure une région pauvre, 1,9 milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour.  L'éradication de la pauvreté et de la faim est l'objectif des efforts de l'aide publique au développement des trois pays (également appelés le groupe CANZ).  Dans un sens plus large, notre assistance se base sur l'idée qu'une croissance économique durable emmenée par un secteur privé dynamique est cruciale pour assurer la réduction de la pauvreté, a-t-il précisé.  Il a ainsi plaidé pour une amélioration de la gouvernance, fondée sur l'État de droit et le respect des droits de l'homme, pour une gestion économique et budgétaire saine, qui comprennent des efforts de lutte contre la corruption, pour une participation large aux bénéfices de la croissance économique, pour un accès universel à la santé et à l'éducation, pour la promotion de la parité hommes-femmes et pour une amélioration des politiques commerciales.  À cet égard, le groupe CANZ considère qu'un résultat ambitieux et véritablement libéralisé du cycle de négociations de Doha offrirait la meilleure manière d'accroître les revenus à l'échelle mondiale et de mieux intégrer les pays en développement à l'économie mondiale.


M. ROBERT HILL (Australie) s'est dit encouragé par les interventions faites dans une séance précédente, relevant avec satisfaction les nombreux progrès dont il a été fait état en matière de coopération bilatérale et multilatérale.  Les difficultés ont aussi été pointées du doigt et des solutions proposées.  Il est intéressant que l'on ait mis en avant l'importance des aides directes mais aussi de la notion de responsabilité et de bonne gouvernance.  Les programmes nationaux sont conduits par des pays qui mettent en avant les besoins de leur population, avec l'appui de la communauté internationale, et il convient que des instances telles le Conseil servent à chercher des problèmes communs aux problèmes de développement.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a constaté que les inégalités entre pays, mais aussi à l'intérieur même des pays, se maintiennent, voire s'accentuent, en particulier dans certaines régions.  Il est donc indispensable que le système des Nations Unies concentre ses efforts sur le soutien aux stratégies nationales de lutte contre la pauvreté en optimisant l'efficacité de ses actions sur le terrain, a-t-il déclaré.  De l'avis du Mexique, la croissance économique est un préalable indispensable mais insuffisant pour assurer le développement.  En ce sens, la lutte contre la pauvreté et contre la faim est indissociable de la promotion de politiques à même de susciter un environnement favorable à l'investissement productif national et étranger et au renforcement du secteur privé dans des domaines stratégiques pour la croissance économique, comme les infrastructures, qui favorisent la hausse de productivité.  Il convient de garder à l'esprit l'importance de l'accès des secteurs les plus vulnérables au secteur financier ainsi que la nécessité d'enrayer la fuite des ressources.  Depuis la fin des années 1990, le Mexique a mené à bien d'importantes réformes et appliqué divers programmes sociaux dans le cadre de sa stratégie de lutte contre la pauvreté.  Il convient notamment de souligner les efforts déployés afin d'investir dans l'alimentation et dans le capital humain que représente la population vivant dans la pauvreté.  Les objectifs du Millénaire pour le développement sont un minimum nécessaire et, à l'instar d'autres pays, le Mexique s'est donc fixé une série d'objectifs complémentaires adaptés à la réalité nationale - notamment celui de réduire de moitié les carences alimentaires et d'améliorer la consommation quotidienne de protéines de sa population.  En tant que pays à revenu intermédiaire, le Mexique n'est ni donateur ni récipiendaire d'aide au développement.  Il n'en demeure pas moins que le pays est en permanence à la recherche de mécanismes novateurs de promotion de la coopération Sud-Sud.


M. LI BAODONG (Chine) a fait observer qu'à mesure que la mondialisation économique s'étend, la coopération internationale pour le développement fait face à de nouveaux défis.  Depuis 2001, l'économie mondiale ne cesse de croître, ce qui facilite la coopération pour le développement et augure de bonnes chances de réalisations des objectifs communs.  Toutefois, de nouveaux défis surgissent, notamment du fait des déséquilibres de l'économie mondiale, de la pénurie des ressources énergétiques, de l'instabilité des marchés financiers, du réchauffement climatique, des épidémies et du vieillissement de la population.  M. Li a plaidé pour l'instauration d'un véritable partenariat mondial pour le développement.  Les pays en développement ont la responsabilité de leur développement et devraient concevoir une stratégie globale.  Pour sa part, la communauté internationale devrait réformer le système économique international et permettre la participation des pays en développement.  De plus, un soutien technologique devrait être offert aux pays en développement.  Il faut également assurer le résultat des négociations de Doha, a-t-il poursuivi, soulignant que les pays développés devraient faire preuve d'une plus grande volonté politique.  Enfin, il a plaidé pour une meilleure coordination des politiques de développement, arguant que les Nations Unies ont un rôle crucial à jouer en la matière.  Pour sa part, la Chine a fait des progrès notables dans la lutte contre la pauvreté, notamment grâce à la bonne gouvernance et à la participation de la société civile.  En outre, le Gouvernement a mis en œuvre des politiques coordonnées de développement et de réduction de la pauvreté qui prennent en compte les besoins réels de la population.  La Chine participe également à la coopération internationale et a notamment fait une contribution de 20 millions de dollars à la Banque asiatique de développement pour la mise sur pied d'un fonds chinois spécial pour la réduction de la pauvreté et pour la coopération régionale.


M. HJÁLMAR W. HANNESSON (Islande) a rappelé l'existence de plusieurs manières d'éradiquer la pauvreté et la faim, au premier rang desquels une aide publique au développement (APD) plus substantielle.  Pour de nombreux pays en développement, surtout en Afrique subsaharienne, il sera très difficile d'atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement à la date prévue, à moins que d'importants moyens supplémentaires soient dégagés.  Il faut donc applaudir les États qui se sont engagés à augmenter leur aide au développement, comme l'a fait l'Islande en triplant quasiment, depuis deux ans, le budget consacré à ce poste.  Le représentant a en outre attiré l'attention du Conseil sur l'importance de la promotion de l'égalité entre les sexes dans la lutte contre la faim et la pauvreté.  Les femmes sont la clé du développement.  En favorisant leur autonomisation et en favorisant le respect de leurs droits, les États peuvent obtenir de très bons résultats.  L'autonomisation des femmes doit être intégrée aux stratégies nationales de développement.  De même, la place du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme doit être renforcée.  Le représentant a également mis en avant l'importance que son pays accorde à la sécurité alimentaire, observant que ses projets d'aide bilatérale dans le domaine des pêcheries contribuent à réduire la malnutrition.  Les projets en cours associent formation des pêcheurs et d'experts dans le domaine des pêcheries.


M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a souligné que l'examen ministériel annuel et le Forum pour la coopération en matière de développement ont pour vocation de permettre au Conseil de jouer pleinement son rôle de coordination et de mise en cohérence des activités économiques, sociales et environnementales à l'échelle internationale.  Nous devons conserver à l'esprit qu'il s'agit bien de renforcer l'efficacité de l'ECOSOC en tant qu'instrument majeur de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il précisé.  M. Ripert a indiqué que la France, dont l'aide publique au développement a atteint 0,47% de son revenu national brut en 2006, poursuit avec détermination son cheminement vers les 0,7% d'ici à 2015.  Il s'est également réjoui de ce que depuis le lancement, en 2004, de l'initiative contre la faim et la pauvreté par les Présidents brésilien, chilien et français, plusieurs initiatives en matière de financement innovant du développement aient été mises en œuvre, notamment la contribution internationale de solidarité sur les billets d'avion, que huit pays ont déjà adoptée et à laquelle vingt-huit autres ont fait part de leur intention de se joindre.  Ce mécanisme a déjà fait la preuve de son utilité et, contrairement aux prévisions de ses détracteurs, a été bien accepté par l'opinion publique.  Des mécanismes de financement innovants pourraient également servir à répondre à d'autres défis majeurs du développement, comme les défis environnementaux, par exemple.  «Aider plus» n'a de sens que si l'on entreprend dans le même temps d'aider mieux.  Le défi de la qualité de l'aide se pose aussi bien pour les pays du Sud, dont les populations attendent légitimement de voir les effets concrets de la solidarité internationale sur leur vie quotidienne, que pour les pays du Nord, dont les citoyens acceptent d'autant plus l'effort qui leur est demandé s'ils ont la conviction que cet effort apporte une réelle valeur ajoutée, a-t-il souligné.  Et c'est tout le sens que la France donne à la notion de partenariat global, où les efforts des uns doivent aller de pair avec la détermination des autres à tenir leurs engagements. 


M. RICHARD MILLER (États-Unis) s'est félicité du sérieux des présentations faites hier par des pays en voie de développement, présentations qui ont fait état de bonnes nouvelles, telles que le recul, même partiel, de la faim ou la mise en œuvre de stratégies de développement tirant parti des possibilités économiques qui s'offrent actuellement.  La croissance économique ne suffira cependant pas à éradiquer la faim, a reconnu le représentant américain.  La réalisation d'un tel objectif suppose en effet la création d'une culture favorisant des opportunités pour tous grâce à une gouvernance démocratique et la liberté de choix économiques permettant le libre exercice de la volonté individuelle.  Un autre facteur de réussite réside dans la disponibilité de financements, qu'il s'agisse d'aide publique au développement ou de flux de fonds privés en direction des entreprises.  Dans ce contexte, il appartient aux États de susciter les conditions matérielles propres à instaurer la confiance et donc à stimuler l'activité économique.  Le représentant des États-Unis a également souligné l'importance de la liberté du commerce, et donc de l'abolition des barrières douanières.  Grâce à une action dans tous ces domaines, il sera possible de lutter efficacement contre la pauvreté et la faim. Les États-Unis, conscients de leur responsabilité en tant que principale puissance commerciale, sont déterminés à rester les hérauts de la liberté économique.


MME CARMEN MARÍA GALLARDO HERNÁNDEZ (El Salvador) s'est dite persuadée que ce nouvel examen ministériel annuel, avec également le lancement du partenariat mondial pour le développement, permettra d'améliorer la coordination et l'adoption d'une vision intégrée du développement économique et social.  À cet égard, elle a souhaité que la déclaration ministérielle qui doit être adoptée ce soir marque la voie à suivre pour l'avenir.  Elle a estimé qu'à mi-parcours de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, il convient de redéfinir les politiques nationales en matière de développement.  Elle s'est ainsi félicitée de l'émergence du concept de croissance favorable aux pauvres.  Il incombe à chaque pays d'assurer un climat économique propice.  Il est également essentiel que la croissance s'accompagne d'une redistribution égale des bénéfices et d'un accès aux services sociaux de base.  Pour sa part, le Gouvernement salvadorien a mis en œuvre différents programmes de développement sous le nom de Réseau de solidarité.  Au niveau économique, l'objectif est notamment d'assurer une croissance économique soutenable, par le biais notamment d'une plus grande participation au commerce international, qui a permis une augmentation de 4,2% du PIB en 2006.  Les projections envisagent 5% de croissance pour cette année.  En outre, les stratégies de développement humain du Gouvernement ont permis la réalisation de certains objectifs du Millénaire pour le développement, comme par exemple la réduction de la pauvreté de 60% en 2001 à 30% en 2006.  En outre, le niveau d'alphabétisation a augmenté et le taux de mortalité infantile baissé.  Toutefois, en dépit des avancées notables, les pays à revenu intermédiaire doivent faire face à de nouveaux obstacles et défis, comme la faiblesse institutionnelle, la difficulté d'insertion sur les marchés internationaux et un développement technologique limité.  Dans ce sens, la coopération Sud-Sud revêt une importance considérable, et la coopération internationale offre un soutien essentiel.


M. ÏTZHAK LEVANON (Israël) a déclaré que son pays reconnaît l'importance de la bonne gouvernance et de l'état de droit pour la croissance économique, le développement durable et l'éradication de la pauvreté et de la faim. Chaque État doit assumer la responsabilité de son développement économique et social en prenant les mesures politiques adéquates et en mobilisant les ressources nécessaires, comme l'a posé le Consensus de Monterey.  Israël reconnaît aussi la nécessité de soutenir les efforts consentis par les États par des programmes, mesures et politiques axés sur le développement des opportunités pour les pays en voie de développement.  C'est pourquoi Israël a lancé une série de programmes de développement, avec pour activité fondamentale la création de partenariats avec des gouvernements et des représentants de la société civile dans le cadre de projets de lutte contre la pauvreté et la désertification, et de promotion de l'agriculture, entre autres.  Depuis les années 1950, Israël a toujours considéré l'Afrique comme bénéficiaire prioritaire de son aide au développement.  Aujourd'hui, Israël propose son expertise et son expérience au Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NOPADA), sans oublier d'autres participations à des programmes de la Banque mondiale et aux efforts d'annulation de la dette des pays fortement endettés, a fait valoir le représentant israélien.


M. LEE SUNG-JOO (République de Corée) a estimé pertinent qu'à mi-parcours de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, l'objectif n° 1 ait été choisi comme thème de l'examen ministériel annuel.  Il s'est réjoui de ce que la croissance économique ait augmenté dans les pays en développement, soulignant toutefois qu'elle n'entraîne pas forcément une baisse de la pauvreté.  Il est à cet égard essentiel de mettre en œuvre des politiques favorables aux pauvres, a-t-il précisé.  Parmi les priorités à mettre en œuvre dans la lutte contre la pauvreté, il a insisté sur l'importance du développement rural, car les ¾ des très pauvres vivent dans les campagnes.  D'autre part, il faut promouvoir la science et les technologies.  Il est inimaginable de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement sans utiliser pleinement les technologies de l'information et de la communication, a-t-il insisté.  Il a ajouté que la promotion de l'égalité des sexes est cruciale.   La République de Corée a consenti des efforts importants pour renforcer sa coopération au développement, a poursuivi le représentant.  Le Gouvernement a notamment décidé de prélever une taxe sur les billets d'avion.  Le Gouvernement accorde toute son attention aux partenariats publics-privés et les nouvelles formes de financement qui sont en train de naître.  M. Lee a enfin souligné que son pays accueille en octobre prochain la réunion ministérielle Asie-Pacifique sur les partenariats publics-privés pour le développement et a exprimé l'espoir que ces discussions offriront l'occasion d'élaborer des politiques créatives pour attirer les investissements étrangers et combler les besoins des pays en développement.


M. IDRISS JAZAÏRY (Algérie) a relevé que la situation économique internationale est plus qu'inquiétante parce qu'elle n'a pas réussi à vaincre la pauvreté et la faim. L'une et l'autre affectent particulièrement l'Afrique.  Il appartient à la communauté internationale d'apporter dans la concertation et l'urgence les solutions pouvant, à défaut de faire reculer définitivement ces deux maux, au moins redonner l'espoir d'un avenir meilleur pour la majeure partie de l'humanité.  L'ECOSOC peut et doit constituer le fer de lance du combat collectif contre la pauvreté et la faim dans le monde, en Afrique notamment.  La mondialisation a toujours été porteuse d'espoirs et de promesses qui se sont concrétisées très inégalement en dépit d'importants sacrifices consentis par nombre de pays en voie de développement.  Il faut donc mieux analyser les retombées de ce phénomène, dont il importe d'œuvrer à maîtriser certains effets délétères pour mieux en canaliser l'énergie bienfaitrice.  Le représentant algérien a également observé que de nombreux pays d'Afrique peinent à réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement et que l'écart grandissant qui sépare les riches des pauvres n'est pas sans rapport avec la disparité des efforts consentis par les différents acteurs du développement en vue d'atteindre les objectifs retenus.  L'échec des politiques internationales d'aide au développement ainsi que l'environnement commercial peu propice sont pour beaucoup dans la persistance de niveaux dramatiques de pauvreté.  Il est donc urgent de réfléchir à la mise en place d'un partenariat mondial pour le développement et prendre en considération les besoins cruciaux des pays du Sud, a fait valoir le représentant de l'Algérie.


M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) s'est félicité de la mise en place du Forum mondial pour la coopération en matière de développement et du dialogue de haut-niveau de cette année, estimant qu'il s'agit à n'en pas douter d'une avancée significative en vue de l'élargissement et du renforcement du mandat de l'ECOSOC.  Il a expliqué que son pays a été, en janvier et février derniers, en proie à une grave crise sociale qui a entraîné d'importantes pertes en vies humaines, l'érosion de l'autorité de l'État, ainsi que de profondes déchirures dans le tissu social du pays.  Ces événements tragiques n'ont trouvé leur épilogue qu'à la faveur de la nomination du Premier Ministre.  Dès sa prise de fonction, le nouveau gouvernement s'est engagé à s'attaquer de plein fouet aux causes profondes de la crise.  Pour ce faire, un plan d'action d'urgence a été mis en place.  Parmi les priorités de ce programme figurent le rétablissement de l'autorité de l'État et la promotion d'une justice équitable, la réconciliation nationale, la mobilisation des ressources financières nécessaires au développement des infrastructures et à la fourniture des services sociaux de base, le plein emploi des jeunes et la consolidation de l'État de droit à travers le renforcement du dialogue politique et social et la tenue d'élections législatives.  Pour faire face à ces défis, M. Sow a insisté sur le nécessaire soutien de l'ensemble de la communauté internationale et des partenaires du développement.  Il a à cet égard indiqué que son gouvernement organise, les 23 et 24 juillet prochains à Paris, sous l'égide de la Banque mondiale, un groupe consultatif dans le but de réunir les ressources nécessaires pour accompagner la Guinée dans ses efforts de redressement national.  M. Sow a tenu à tenu à remercier le Secrétaire général pour son rapport dont les principales recommandations sont de nature à donner une nouvelle impulsion à l'élan international en vue de la mise en œuvre de l'Agenda pour le développement.  La Guinée n'aura de cesse d'agir en vue d'élargir le champ de ses politiques et programmes, ainsi que de ses projets prioritaires, pour réduire la pauvreté et la faim à l'échelle nationale.


M. ALIREZA MOAIYERI (Iran) a insisté sur l'importance d'une gestion équitable de la performance économique mondiale.  Cette performance pose de nombreuses questions, notamment en termes de durabilité et de juste répartition des revenus.  Les taux de croissance ne garantiront pas à eux seuls les inégalités sociales résultant de l'inégalité des revenus, comme en témoigne le milliard de personnes vivant actuellement sous le niveau de pauvreté.  Sont également symptomatiques les difficultés que rencontrent deux milliards d'êtres humains en termes d'accès à l'éducation, à l'eau potable, à l'électricité.  Les objectifs du Millénaire pour le développement 1 et 8 (éliminer l’extrême pauvreté et la faim et mettre en place un partenariat mondial pour le développement) posent clairement le lien entre un système commercial et financier équitable et non-discriminatoire d'un côté, et développement et réduction de la pauvreté de l'autre.  Il faut rappeler dans ce contexte que près de la moitié des emplois des pays en voie de développement appartiennent au secteur agricole; or, les pays industrialisés accordent près de 400 milliards de dollars de subventions à leurs propres agriculteurs, et ce alors que les négociations du cycle de Doha n'ont pas abouti.  La réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement est, de fait, otage du sort du cycle de Doha qui ne dépend pas des Nations Unies.  C'est pourquoi, a estimé le représentant, il conviendrait de réviser les objectifs du Millénaire de telle sorte que les politiques et approches contradictoires puissent être évitées.  L'ECOSOC doit jouer un rôle moteur dans la promotion du dialogue et la coopération, a conclu le représentant iranien.


MME HILDE SKORPEN (Norvège) s'est félicitée que la croissance favorable aux pauvres ait été le thème du débat de haut niveau.  La question de la distribution équitable, pas seulement entre pays, mais également au sein des pays, a été malheureusement mise de côté jusqu'ici dans les discussions internationales.  Elle a souligné qu'une croissance économique favorable aux pauvres requiert avant tout une bonne gouvernance, à savoir un État non corrompu, fort transparent et qui rende des comptes.  Il faut en outre qu'il y a ait la volonté d'instaurer un système fiscal permettant de disposer des fonds nécessaires à un secteur public efficace.  Il faut également une politique active et ambitieuse de promotion des investissements, de la croissance et des entreprises.  De même, il convient d'assurer un travail décent pour tous.  En outre, une politique dynamique favorable aux possibilités d'emploi pour les femmes devrait compléter ces stratégies.  La représentante a souligné que l'égalité hommes-femmes fait partie de la bonne gestion des affaires publiques.  Ce n'est pas seulement une question de droits de l'homme, mais aussi une bonne manière de faire une bonne économie.  S'agissant de la communauté internationale, elle a un rôle fondamental à jouer, notamment dans le financement du développement et dans la coordination des efforts des différentes organisations internationales compétentes.  Il s'agit de faire un pont entre les efforts internationaux et ce qui est décidé au niveau national.  À l'heure où augmente l'interdépendance à l'échelle mondiale, la promotion d'une croissance favorable aux pauvres et de politiques égalitaires est une responsabilité globale, a-t-elle conclu.


MME CLEMENCIA FORERO UCROS (Colombie) a déclaré que son pays souscrivait pleinement au choix du thème de l'examen ministériel annuel car il permettra de favoriser la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, à mi-parcours et au moment des premières évaluations nationales.  La Colombie remercie aussi le Secrétaire général de son rapport, où il est mentionné à juste titre que le développement ne dépend pas uniquement des efforts nationaux.  La gouvernance économique mondiale joue à ce titre un rôle tout à fait prépondérant, a estimé la représentante.  Mme Forero Ucros a observé que la contribution des pays à revenu moyen, pourtant très importante, est actuellement compromise.  Leur vulnérabilité en termes de dette extérieure est aussi grave, si l'on tient compte du fait que l'aide qui leur est octroyée dépend en partie de leur capacité à lever des financements étrangers.  La représentante colombienne a en outre préconisé des mesures de réformes dans la gestion du Fonds monétaire international.  Elle a enfin souhaité attirer l'attention sur l'adoption par son pays d'un plan d'action national en faveur de l'équité et de l'inclusion sociale.


MME JANE ASARI-NDELEMANI (Malawi) a expliqué que son pays est résolu à lutter contre la pauvreté et la faim. Les efforts déployés à cette fin font partie de la stratégie de développement et de croissance du pays.  Parmi les priorités définies par le Gouvernement figurent l'agriculture et la sécurité alimentaire; l'irrigation; l'infrastructure des transports et des communications; l'énergie; le développement rural; et la prévention du VIH/sida.  Cette année, a-t-elle poursuivi, la production de céréales du Malawi a dépassé les besoins nationaux, grâce à la mise en œuvre d'un programme d'aide aux agriculteurs.  En ce qui concerne l'infrastructure des transports, le Gouvernement continue de développer le réseau des routes dans le but d'améliorer le commerce national et international.  S'agissant de la lutte contre le VIH/sida, et grâce au soutien de partenaires, le Malawi a pu augmenter son stock de médicaments et améliorer le travail de prévention.  D'autre part, le Gouvernement malawien continue de lutter contre la corruption par une attitude de tolérance zéro.  Pour conclure, Mme Asari-Ndelemani a rappelé que son pays a vu sa dette externe annulée grâce à l'initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE).  C'est un exemple probant du partenariat mondial pour le développement, a-t-elle précisé.  Grâce à cette annulation de la dette, le Malawi est maintenant sur la voie de la reprise économique et du développement durable.


M. SWASHPAWAN SINGH (Inde) a notamment déclaré que l'aide publique au développement (APD) est une importante source de financement pour les pays en voie de développement et que des investissements publics ciblés doivent être consentis avant qu'une croissance durable basée sur les investissements privés ne puisse intervenir.  Il faut dans ce contexte s'inquiéter de la diminution des montants de l'aide publique au développement et de leur imprévisibilité croissante, a déploré le représentant indien, appelant à une augmentation et à une stabilisation de ces flux.  M. Singh s'est félicité de ce que le Secrétaire général ait fait état de la nécessité pour les institutions financières internationales améliorent et défendent la représentation des pays en voie de développement.  L'Inde est convaincue de la pertinence du rôle de l'ECOSOC et souhaiterait que cet organe entretienne des relations plus étroites avec les institutions de Bretton Woods.  Enfin, le représentant indien a évoqué la «stratégie indienne de croissance inclusive» de lutte contre la pauvreté et la faim, qui passe notamment par la généralisation des crédits aux petits exploitants agricoles, des investissements dans l'éducation et la rénovation urbaine.


M. ADRIAN NERITANI (Albanie) a fait observer qu'en dépit des signes positifs figurant dans le rapport du Secrétaire général, s'agissant notamment du déclin de la pauvreté dans le monde, la situation de l'Afrique sub-saharienne reste préoccupante.  Cette partie du monde ne devrait pas cesser d'être considérée comme une priorité pour les efforts concertés de la communauté internationale, a-t-il estimé.  Le partenariat mondial pour le développement et la coopération sont deux processus liés dans le cadre desquels les pays donateurs et les institutions travaillent avec les pays récipiendaires, a-t-il poursuivi.  L'Albanie en est un exemple emblématique; le Gouvernement, en coopération avec les donateurs internationaux et les institutions de financement a pu faire face à des défis cruciaux en matière d'éducation, de santé, de développement rural et de réforme fiscale notamment.  Le système de planification intégrée qu'il a élaboré est une combinaison de l'Agenda pour le développement, à savoir les objectifs du Millénaire pour le développement, d'un agenda d'intégration régionale, et d'un développement national.  La responsabilité du développement incombe en premier chef au gouvernement, a-t-il reconnu.  Toutefois, dans la construction d'un partenariat efficace pour le développement, la participation de toutes les parties prenantes doit pouvoir être assurée.


M. FRANK MAJOOR (Pays-Bas) a rappelé que son pays est un important fournisseur d'aide au développement, qui consacre déjà 0,8% de son PNB à l'aide publique au développement.  Pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, il faudra dégager des financements supplémentaires au niveau international, a observé le représentant.  Cependant, les appels à l'augmentation de l'aide ne doivent pas négliger les efforts déjà consentis par la communauté internationale dans les domaines du maintien de la paix et de l'aide humanitaire.  La stabilité et l'absence de problèmes humanitaires sont de conditions de base pour l'efficacité des efforts de développement à long terme.  De même, outre la quantité d'aide, il faut agir sur la qualité de cette aide, comme le suggère déjà la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide.  C'est ainsi que les Pays-Bas se sont engagés à aligner leurs activités s'agissant des politiques des pays bénéficiaires de l'aide.  Enfin, le représentant néerlandais a relevé la tendance actuelle qui voit les opinions publiques se préoccuper de l'efficacité de l'aide au développement, et demander des comptes à ce sujet.  Les gouvernements doivent donc veiller à la gestion rigoureuse et performante des investissements, en particulier dans le cadre de partenariats mondiaux.


M. ALFREDO LOPES CABRAL (Guinée-Bissau) a estimé de bon augure que le dialogue de haut-niveau se tienne sur le thème de la pauvreté.  Il faut faire en sorte que le Conseil économique et social joue son rôle.  Et c'est par la prise en compte de nos responsabilités que nous serons capables de faire en sorte que les choses bougent, et que les peuples qui souffrent puissent voir le fruit de notre œuvre collective.  À cet égard, M. Cabral a attiré l'attention sur la paupérisation accrue de l'Afrique qui est source de préoccupation pour de nombreuses délégations.  Il a ainsi insisté sur l'importance de se mettre d'accord sur les mécanismes, les modalités et les actions à mener dans la lutte contre la pauvreté.  Il faut aussi être capable de se remettre en question si nécessaire.  Le représentant a souligné que la responsabilité du développement est partagée et qu'aucun donateur n'est disposé à donner de l'argent sans savoir si cet argent sera utilisé à bon escient.  Tout gouvernement est responsable et comptable devant ses contribuables et il lui incombe de faire preuve de sérieux pour mériter la confiance des pays donateurs.  Nous connaissons nos faiblesses, mais il ne faut pas se voiler la face et savoir accepter l'aide et les conseils de nos partenaires du développement.  M. Cabral a tenu à remercier les États-Unis pour leur aide et profité de l'occasion pour leur souhaiter une joyeuse fête nationale.  Pour conclure, il a plaidé pour une bonne gestion de l'aide au développement.  Il faut éviter les dépenses de prestige, a-t-il souligné.  Il s'est réjoui de cet esprit nouveau qui souffle sur l'ECOSOC, fruit des concertations et de la volonté de changer de méthode et de privilégier la pratique.


M. SAUL WEISLEDER (Costa Rica), a souligné que les thèmes du débat de haut niveau devraient refléter le consensus qui existe au sein de la communauté internationale, non seulement quant à l'importance que revêt l'élimination de la pauvreté et de la faim dans le monde, mais aussi quant aux moyens les plus efficaces d'y parvenir le plus rapidement possible.  Malheureusement, tel n'est pas le cas, a-t-il déclaré.  Nous sommes sûrement d'accord sur l'objectif, mais pas sur les moyens, a-t-il précisé.  À mi-parcours entre l'adoption des objectifs du Millénaire pour le développement et de la date butoir pour leur réalisation, les résultats obtenus ne sont certes pas insignifiants, mais ils sont insuffisants, a poursuivi M. Weisleder.  Aujourd'hui, le monde jouit de richesses dont il a n'a jamais joui auparavant et il n'y a aucune excuse pour que les plus pauvres et les plus défavorisés de la Terre soient condamnés à une vie de pauvreté et de privation.  Le Costa Rica a mis en place un modèle de société qui lui a permis, au fil des générations, de promouvoir un développement social permettant à la population de jouir d'un niveau de développement humain supérieur à ce que pourrait laisser penser le revenu moyen.  Cela ne signifie aucunement que le pays en a fini avec la faim et la pauvreté, a admis M. Weisleder, rappelant que 20% des Costariciens restent pauvres et que près de la moitié de ces pauvres souffrent de l'extrême pauvreté.  Face aux progrès réalisés par l'humanité en matière de lutte contre la pauvreté et la faim, il a exhorté la communauté internationale à ne pas faire preuve d'un optimisme arrogant et à privilégier un optimisme créatif afin que le plus rapidement possible et pour toujours, la faim par privation et la pauvreté involontaire soient reléguées aux pages les plus obscures de l'Histoire.


M. AMIR MUHAREMI (Croatie) s'est réjoui du renforcement de la coordination au sein du système des Nations Unies, notamment avec les institutions multilatérales financières, du commerce et du développement.  Il a également réaffirmé l'engagement de son pays à l'égard du Consensus de Monterrey, du Sommet de Johannesbourg, du Cycle de négociations de Doha et de la Déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide.  Il a expliqué que son pays, en tant que pays à revenu intermédiaire, a réalisé des progrès qu'il est prêt à partager avec le Conseil.  La Croatie, a-t-il poursuivi, a concentré son aide au développement dans la région d'Europe du Sud-Est.  Toutefois, elle s'est également engagée dans les différentes organisations multilatérales et les institutions financières internationales.  Cet engagement témoigne de la volonté du pays de participer activement au processus de construction de la paix mondiale.  M. Muharemi a ainsi expliqué que son pays est passé du statut de pays bénéficiaire de l'aide à celui de pays donateur.  Cette année et pour la première fois, la Croatie a fait un don au Programme alimentaire mondial.  Et en établissant un Groupe de travail interdépartemental pour une politique d'assistance au développement, le pays montre que la coopération pour le développement est en train de devenir partie intégrante de sa politique extérieure, a-t-il souligné.  La participation aux efforts internationaux de financement du développement n'est pas uniquement une obligation morale ou politique, mais la responsabilité de tous, a-t-il conclu.


M. JUAN EDUARDO EGUIGUREN (Chili) a souligné qu'il n'est pas possible de concevoir une société juste s'il existe des êtres humains qui continuent de mourir de faim. Il est impossible d'imaginer une société basée sur l'égalité des chances s'il continue d'y avoir des personnes qui n'ont pas accès aux services de base en matière d'éducation, de santé et de logement.  Chaque jour, quelque 25 000 êtres humains meurent de faim, a rappelé le représentant chilien.  Dans la seule Amérique latine, a-t-il ajouté, ce sont 205 millions de personnes qui continuent de vivre dans la pauvreté.  Le meilleur moyen de sortir de la pauvreté reste d'appliquer des politiques publiques coordonnées dans divers domaines, a poursuivi M. Eguiguren.  De meilleurs salaires, un travail décent, un meilleur accès à l'éducation et aux services de base, la protection des groupes les plus vulnérables de la société, des possibilités d'emploi pour les jeunes, la participation des femmes et l'autonomisation des femmes sont autant d'éléments qui ne sauraient être contournés par quiconque s'efforce de combattre la faim et la pauvreté, a-t-il souligné.  Les facteurs externes liés au phénomène de la mondialisation ou l'accès aux marchés internationaux sont également des éléments qui influent sur le niveau de développement et ont un impact direct sur les stratégies nationales de lutte contre la pauvreté et la faim au Chili.  Aussi, une alliance mondiale s'avère-t-elle indispensable pour le juste et plein développement de tous les peuples, a-t-il affirmé.  Au milieu des années 1980, le Chili a traversé l'une des pires crises sociales et économiques de son histoire, mais le niveau de pauvreté a ensuite pu être ramené de 45,1% de la population en 1987 à 13,7% en 2006.  Beaucoup reste encore à faire, a admis M. Eguiguren, assurant que le Chili n'aura de repos que lorsque la faim et la pauvreté auront été totalement éradiquées.  Le représentant chilien a par ailleurs fait part de l'engagement de son pays à renforcer les mécanismes de coopération Sud-Sud et de coopération triangulaire.


M. JORGE A. FERRER RODRÍGUEZ (Cuba) a rappelé que le renforcement de la lutte contre la pauvreté et la faim est le premier des objectifs du Millénaire pour le développement, et qu'il nécessite simultanément la réalisation du huitième, qui prévoit l'instauration d'un ordre économique plus juste.  Un effort dérisoire des pays du Nord permettrait de sortie de la pauvreté plus de 128 millions de pauvres, a calculé le représentant cubain.  Bon nombre de pays en voie de développement estiment que les propositions actuelles en discussion à l'Organisation mondiale du commerce ne profiteraient qu'à une poignée de pays riches, et principalement aux exportateurs agricoles.  L'absence de volonté politique de ces pays, les subventions énormes qu'ils accordent à leurs producteurs, la fermeture de leurs frontières aux produits des pays en voie de développement constituent autant de graves problèmes pour les pays les plus pauvres.  Mettre fin à ces problèmes d'échanges commerciaux, ouvrir les frontières aux produits agricoles des pays du Sud sont des mesures indispensables pour réduire la pauvreté et favoriser le développement.  Le représentant cubain a aussi attiré l'attention sur l'importance de régler les problèmes que représentent la dette, l'accès inégal aux technologies et aux médicaments, et l'incapacité de la plupart des États riches à atteindre les objectifs d'aide publique au développement.  Les pays riches doivent atteindre les objectifs en matière d'APD bien avant 2015, a estimé le représentant, soulignant que les politiques néolibérales actuelles sont contraires aux intérêts des peuples les plus pauvres.  Une véritable alliance mondiale pour le développement doit permettre d'œuvrer enfin de manière efficace pour un développement plus juste, a conclu le représentant.


M. SILVANO M.TOMASI (Saint-Siège) a souligné que l'impact mondial des technologies de l'information et la diffusion instantanée de l'information amènent les pauvres, et les jeunes en particulier, à nourrir des attentes en termes de vie plus humaine et plus décente.  Lorsque de telles aspirations sont frustrées, la société risque de se retrouver confrontée à des réactions violentes et la paix de tous est menacée.  La réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement reste une tâche urgente, a insisté M. Tomasi.  L'élimination de la pauvreté exige de faire appel tant aux mécanismes producteurs de richesse qu'aux mécanismes permettant d'en répartir les bénéfices aux niveaux international, régional et national, a-t-il souligné.  Une approche de la croissance économique basée sur la libéralisation absolue s'avère socialement et à long terme non durable, a-t-il rappelé.  La question n'est pas de savoir si mais comment une aide supplémentaire au développement doit être fournie, a ajouté M. Tomasi.  Avec des possibilités d'emploi, une communauté peut se sortir de la pauvreté de manière durable, a-t-il fait observer.  Aussi, l'aide au développement devrait-elle être orientée vers la création d'emplois, a-t-il estimé.  Il a par ailleurs souligné que l'éducation constitue un investissement économique à long terme pour chacun et a rappelé que la santé assure la durabilité de cet investissement.


M. ALI MCHUMO, Directeur général du Fonds commun pour les produits de base, a rappelé que la condition des producteurs de produits de base est un facteur incontournable de tout effort de développement des pays les plus pauvres.  En effet, en Afrique par exemple, certains pays tirent près de la moitié de leurs revenus de l'exportation de ces produits, et parfois même d'un seul d'entre eux.  Ce secteur est confronté à des difficultés qui l'empêchent de devenir un moteur de la croissance et du développement: régimes commerciaux injustes, manque de mesures d'appui au niveau domestique et international, volatilité des prix, tous ces facteurs limitent la compétitivité des producteurs de produits de base et des exportateurs des pays en voie de développement.  Malgré les cours actuellement très élevés des produits de base, la tendance de fond est à la baisse des prix, a rappelé le représentant, observant que les instruments de marché prises actuellement ne sont pas des solutions à long terme.  Il faudrait introduire des mécanismes de compensation de la baisse des prix et instaurer des régimes commerciaux (abandon des subventions en particulier) plus favorables aux pays exportateurs du Sud.  C'est pourquoi le cycle de Doha devrait être conclu d'une manière acceptable pour ces pays.  Enfin le Directeur général a regretté que seuls 2 à 3% de l'APD soient consacrés à l'agriculture et au renforcement du secteur des produits de base, une chute vertigineuse par rapport aux années 1984-1995, lorsque le niveau atteignait 11,5%.


M. IBRAHIM OSMAN (Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant rouge) a expliqué que les activités de la Fédération font de la lutte contre la pauvreté et la faim un élément central.  Au niveau national, les Sociétés jouent leur rôle d'auxiliaire des autorités publiques dans le domaine humanitaire.  M. Osman s'est à cet égard félicité de ce que les principes fondamentaux de son organisation, comme l'impartialité ou l'objectivité, permettent de rendre d'importants services à l'humanité.  Parmi les thèmes qui sous-tendent son travail figurent les dangers environnementaux et les migrations.  Et tous ces thèmes touchent à la problématique plus générale de la pauvreté.  Les changements climatiques, a expliqué M. Osman, sont préoccupants car ils touchent la qualité de vie des populations.  Il faut écouter ces populations et les aider.  Le représentant a ainsi expliqué que d'une manière générale, son organisation essaie d'adapter ses activités aux défis qui se présentent à l'humanité.


LUCA DALL’OGLIO (Organisation internationale pour les migrations) a souligné que les migrations, bien qu'elles ne figurent pas directement dans les objectifs du Millénaire pour le développement, peuvent avoir un impact significatif positif ou négatif sur la réalisation de ces objectifs.  En outre, l'Organisation a toujours encouragé les partenaires du développement à accorder plus d'attention à la manière dont le développement et les migrations interagissent.  Le représentant a ainsi expliqué que les programmes de l'OIM cherchent à encourager les communautés de migrants et les diasporas à devenir de meilleures sources d'investissements, de connaissances et de transferts de technologies.  Il s'est à cet égard félicité que le dialogue de haut niveau sur les migrations internationales et le développement ait conclu que les migrations peuvent être une force de développement positive autant pour le pays d'origine que celui de destination.  Il a ensuite attiré l'attention sur les effets désastreux de la dégradation de l'environnement et du changement climatique sur les conditions de vie.  Des rapports récents indiquent que d'ici à 2010, on comptera 50 millions de migrants supplémentaires qui auront quitté leurs lieux de vie pour raisons environnementales, a-t-il indiqué.  Il a à cet égard souligné que, dans le but de faire avancer la coopération internationale en la matière, l'OIM a récemment organisé, en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la population et d'autres partenaires des Nations Unies, un atelier d'experts sur le thème de l'environnement et des migrations.


Déclarations d'organisations non gouvernementales


M. THIERRY VIARD (Mouvement international ATD-Quart Monde) a insisté sur la nécessité de la participation des plus défavorisés dans la lutte contre la pauvreté, sur le lien entre l'extrême pauvreté et les droits de l'homme et enfin sur la chance que représente le 17 octobre, Journée mondiale pour l'élimination de l'extrême pauvreté.  L'histoire de la pauvreté, au Nord comme au Sud, montre qu'une croissance économique, même dans la durée, n'entraîne pas automatiquement l'élimination de la misère.  Les seuls indices de la croissance ne nous disent pas si l'activité engendrée n'est pas en train d'exclure les plus faibles.  ATD-Quart Monde demande que les examens ministériels annuels et le Forum pour la coopération en matière de développement réfléchissent aux conditions de la participation des plus défavorisés et consultent les organisations non gouvernementales travaillant à leurs côtés.  D'autre part, ATD-Quart Monde a lancé une campagne «Refuser la misère, un chemin vers la paix», dont le point culminant sera le 17 octobre.  Enfin, ATD-Quart Monde invite les missions diplomatiques, les agences intergouvernementales et leur personnel à participer à cette journée de mobilisation internationale contre la pauvreté, pour renforcer ce courant du refus de la misère.


MME MARIA ALBUQUERQUE (Legion of Good Will) a expliqué que son organisation a, depuis les 57 dernières années, développé des centaines de programmes socio-éducatifs dans les zones d'extrême pauvreté d'Amérique latine, et plus particulièrement au Brésil.  Elle a fait observer que la pauvreté n'est pas seulement une question sociale et économique.  Il importe d'éduquer et de rééduquer l'être humain en lui inculquant des valeurs de paix, de compréhension et d'amour fraternel.  La représentante a ainsi demandé que l'éducation de l'esprit soit associée à l'éducation des cœurs, afin de renforcer la conscience de l'importance d'une planète de justice et de paix.


M. MICHEL CLERC (Droit à l'énergie SOS Futur) a expliqué que son organisation touche 60 millions de personnes dans 70 pays afin d'agir pour l'accès à l'énergie.  Il a insisté sur l'importance de se préoccuper de toute urgence des conditions de développement et notamment d'accès à l'énergie de tous ceux qui se trouvent à la marge, en dehors du marché.  Pas d'énergie, pas d'objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il insisté.  Il a ainsi expliqué attendre des pays qu'ils décident de reconnaître l'accès à l'énergie comme besoin essentiel et estimé qu'il conviendrait de mettre en place un mécanisme qui permettrait aux investisseurs privés de contribuer au développement par l'énergie sans risquer leur capital.  La société civile devrait être associée à cette stratégie, car elle seule peut anticiper l'arrivée de l'énergie et préparer les familles à considérer cette énergie non pas comme une simple marchandise mais bien comme un vecteur permettant une amélioration du niveau de vie, a-t-il souligné.


Pour M. CUI JIANJUN (Association pour les Nations Unies de Chine), la paix et la stabilité sont les conditions de base pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.  Le rôle des Nations Unies en matière de promotion de ces objectifs est irremplaçable.  Elles devraient faciliter le dialogue Nord-Sud et la coopération Sud-Sud.  Les grandes institutions financières internationales devraient prendre ces objectifs au sérieux et appuyer davantage les pays pauvres.  Le secteur privé devrait quant à lui assumer ses responsabilités sociales, a estimé le représentant, tandis que les organisations non gouvernementales devraient nouer des partenariats avec les gouvernements pour la réalisation des objectifs.


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