02/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6276

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L'ECOSOC EST SAISI DU RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LA PROMOTION D'UNE CROISSANCE ÉCONOMIQUE FAVORABLE AUX PAUVRES


(Publié tel que reçu)


Genève, 2 juillet (Service d’information des Nations Unies) -- Le Conseil économique et social a entendu la présentation du rapport du Secrétaire général sur «le renforcement de l'action menée à tous les niveaux pour promouvoir une croissance économique durable favorable aux pauvres, notamment grâce à des politiques macroéconomiques équitables», qui est le thème du débat de haut niveau de cette année. 


Présentant le rapport (E/2007/68, dont un résumé figure en fin de communiqué), le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales des Nations Unies, M. Sha Zukang, a rappelé que l'éradication de la pauvreté est l'un des objectifs principaux du calendrier des Nations Unies.  Il n'y a pas une solution unique, a-t-il souligné, précisant que seules une démarche pluridimensionnelle et des mesures établies sur le long terme permettront d'obtenir un bon équilibre pour les générations actuelles et les générations futures.  Ces mesures doivent comprendre des programmes spéciaux d'aide aux pauvres, a-t-il ajouté.


Ces dernières années ont démontré qu'il est indispensable de parvenir à une croissance économique soutenue pour avoir un impact positif sur la vie des personnes vivant dans la pauvreté, a poursuivi M. Sha.  Il convient de s'interroger sur la meilleure manière de garantir que la croissance économique ait un impact effectif sur le niveau de vie des pauvres, insistant sur la nécessité de bien saisir le lien entre croissance économique soutenue et réduction de la pauvreté.  La croissance favorable aux pauvres est celle qui leur apporte des avantages, qui réduit la pauvreté et qui a un impact positif sur la répartition des revenus.  Les démarches à cette fin peuvent être diverses et variées.  Parmi les mesures sur lesquelles insiste le rapport, figure la nécessité pour les pays d'élaborer des stratégies nationales de développement qui soient leur propriété et qui comprennent une perspective sur le très long terme.  Il convient en outre d'assurer un environnement macroéconomique stable; en effet, les politiques macroéconomiques, même animées des meilleures intentions, peuvent avoir des effets négatifs sur les pauvres, a souligné M. Sha.  Aussi, convient-il de mettre en place des mesures visant à pallier ces effets négatifs.  Le Secrétaire général adjoint a par ailleurs relevé que l'inégalité est de plus en plus répandue bien que la pauvreté soit en déclin.


M. Sha a souligné que la situation mondiale actuelle appelle une coordination internationale des politiques macroéconomiques visant à améliorer la stabilité et l'efficacité de l'économie globale.  À cet égard, a-t-il précisé, les mécanismes de coordination existants doivent être rendus plus efficaces.  En outre, les arrangements au niveau régional peuvent compléter le travail des institutions mondiales, a-t-il ajouté.  Bien que les préoccupations ayant trait à l'égalité, à la nécessité d'une croissance favorable aux pauvres et à la coordination des politiques macroéconomiques soient aujourd'hui sur le devant de la scène, il subsiste un manque de compréhension quant au lien qui les unit, a souligné M. Sha en guise de conclusion. 


À l'issue de cette séance, deux tables rondes de haut niveau ont été tenues dans l'après-midi portant sur les thèmes suivants: «Croissance, réduction de la pauvreté et équité – une conception nouvelle» et «Cohérence et coordination des politiques macroéconomiques – à tous les niveaux».


Demain, à 9h30, le Conseil entamera une discussion générale sur le thème du renforcement de l'action menée à tous les niveaux pour promouvoir une croissance économique favorable aux pauvres.


RÉSUMÉ DU RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LE THÈME DU DÉBAT DE HAUT NIVEAU


Le rapport du Secrétaire général sur le renforcement de l'action menée à tous les niveaux pour promouvoir une croissance économique durable favorable aux pauvres, notamment grâce à des politiques macroéconomiques équitables (E/2007/68) indique que l'expérience accumulée tend fortement à montrer qu'une croissance économique soutenue contribue sensiblement à la réduction de la pauvreté.  Les liens entre la croissance et la réduction de la pauvreté sont cependant complexes.  Le présent rapport examine différentes façons d'envisager le concept de croissance favorable aux pauvres.  Il avance l'idée que l'objectif des politiques devrait être de promouvoir une croissance générale propice à la réalisation des objectifs de développement convenus au niveau international, y compris les objectifs du Millénaire pour le développement.  L'expérience en matière de croissance économique soutenue et d'atténuation de la pauvreté a varié considérablement d'un pays à l'autre.  Dans la plupart des économies qui connaissent une croissance rapide, les inégalités se sont-elles aussi accentuées.  Au niveau national, l'argument de base en faveur d'une approche plus large des politiques macroéconomiques consiste à en faire le principal instrument de promotion d'une croissance économique soutenue favorable aux pauvres.  La mondialisation, stimulée par une interdépendance croissante dans les domaines de la finance, du commerce et de la technologie, exige que les politiques internationales concourent vers les actions menées au niveau des pays pour promouvoir une croissance favorable aux pauvres et n'excluant personne.  Pour de nombreuses économies qui subissent l'effet de forces échappant à leur contrôle direct, il faut consacrer un effort particulier à la création d'un environnement international propice aux actions nationales.  Le présent rapport met en lumière la nécessité d'une coordination internationale et régionale des politiques macroéconomiques de manière à créer des conditions plus stables pour la croissance.


Quatre domaines principaux sont importants pour faire en sorte que la croissance économique durable soit favorable aux pauvres et conduise à la réalisation des objectifs de développement internationalement convenus, conclut le rapport.  Premièrement, les politiques macroéconomiques devraient reposer sur une approche très large, ayant pour point de départ l'adoption d'une politique ou d'une stratégie nationale de développement générale et à long terme.  Deuxièmement, ces stratégies à long terme devraient intégrer des politiques anticycliques à court terme, conçues pour atténuer les cycles économiques et ménager une marge de manœuvre budgétaire.  Troisièmement, ces stratégies à long terme et ces politiques macroéconomiques doivent être sous-tendues par des flux financiers prévisibles.  Enfin, la coordination des politiques macroéconomiques aux niveaux international et régional est essentielle pour appuyer les efforts engagés par les pays en développement afin de parvenir à une croissance économique durable en faveur des pauvres au niveau national.


Il faut non seulement améliorer les mécanismes en place, mais encore en concevoir de nouveaux.  Pour prévenir des déséquilibres majeurs de la balance des paiements à l'échelle mondiale, il faudrait envisager l'instauration, à long terme, d'une devise supranationale fondée sur les droits de tirage spéciaux, propose le rapport.  Une solution plus immédiate consisterait à promouvoir un système de réserve dans plusieurs devises qui soit officiellement cautionné, ajoute-t-il.  Le rapport préconise que le Conseil économique et social promeuve l'affinement du concept de «croissance en faveur des pauvres» et la définition et la mise en œuvre de mesures permettant de promouvoir cette croissance de manière durable.  Le Conseil devrait également faciliter l'échange de données d'expérience en matière de promotion d'une croissance économique durable en faveur des pauvres au niveau national et au sein du système des Nations Unies.  Cet échange pourrait se faire dans le cadre de l'examen ministériel annuel.


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