6/12/2007
Conseil de sécurité
CS/9188

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Conseil de sécurité

5791e séance – matin


LA MISSION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ AU TIMOR-LESTE SOULIGNE LA NÉCESSITÉ D’AMÉLIORER LES CONDITIONS HUMANITAIRES DES PERSONNES DÉPLACÉES ET D’AVANCER SUR LA VOIE DE LA STABILITÉ ET DE LA PROSPÉRITÉ


Le Représentant permanent de l’Afrique du Sud auprès de l’ONU, M. Dumisani S. Kumalo, qui avait conduit la mission du Conseil de sécurité au Timor-Leste du 25 novembre au 1er décembre, a indiqué, ce matin, devant les membres Conseil que le but de sa récente visite dans ce pays était d’encourager le Gouvernement, le Parlement, les partis politiques et le peuple timorais à continuer d’œuvrer « ensemble » à la consolidation de la paix, de la démocratie, de l’État de droit, de la réforme du secteur public, du développement socioéconomique et à la réconciliation nationale. 


La mission du Conseil a essayé d’échanger des vues avec les autorités timoraises sur les mesures visant à renforcer les capacités nationales dans les domaines de la sécurité et en ce qui concerne les progrès réalisés sur le terrain par la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT), a expliqué le représentant. 


Précisant que la mission avait également rencontré des membres d’organisations non gouvernementales (ONG), d’institutions de l’ONU et de la Force internationale de stabilisation assurée par l’Australie et la Nouvelle-Zélande, M. Kumalo a mis l’accent sur la situation des 100 000 personnes déplacées dans quelque 53 camps où, notamment, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) sont présents.  Notant que la situation politique au Timor-Leste reste calme mais « fragile », M. Kumalo a souligné que la question des déplacés, mais aussi des anciens soldats déserteurs ainsi que le cas du commandant Alfredo Reinado, lui-même déserteur, continuent de diviser le peuple timorais et ses dirigeants, toujours « hantés » selon lui par la violente crise d’avril 2006 et ses conséquences.  


À court terme, il est crucial que le Gouvernement du Timor-Leste, avec l’appui des Nations Unies et de la communauté internationale, s’emploie à améliorer les conditions de vie des personnes déplacées, a poursuivi M. Kumalo, les représentants de la MINUT ayant répété qu’il revient d’abord au peuple et aux dirigeants timorais de trouver les solutions à cette question par le biais du dialogue politique.


Le Chef de la mission du Conseil de sécurité au Timor-Leste a ensuite attiré l’attention sur la réforme du secteur de la sécurité.  Il a ainsi indiqué que pour les interlocuteurs de la mission, la crise de 2006 était le résultat des faiblesses toujours actuelles de la police nationale et de la défense nationale.  « La mission souligne l’urgence de réformer ce secteur en s’appuyant sur une stratégie gouvernementale ».  À ce sujet, M. Kumalo a expliqué que les Timorais, qui reconnaissent l’importance du rôle de l’ONU et de la Force internationale de sécurité pour stabiliser leur pays, souhaitent que soient respectées leurs institutions et leur culture et que davantage de marge de manœuvre leur soient laissée pour mener à bien certaines activités opérationnelles. 


M. Dumisani S. Kumalo a également estimé qu’il fallait envoyer sur place des experts du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) pour évaluer les besoins en matière de sécurité et renforcer le rôle de la Police des Nations Unies.  En outre, a-t-il ajouté, tous nos interlocuteurs ont souligné que la présence de l’ONU au Timor-Leste doit être maintenue pour lui permettre de parvenir plus rapidement à son développement.


En conclusion, M. Kumalo a affirmé que la mission du Conseil de sécurité avait quitté un pays qui, en dépit des défis auxquels il est confronté, est bien engagé sur la voie de la paix, de la stabilité, de l’unité et de la prospérité. 


Le représentant du Timor-Leste, M. Nelson Santos, est intervenu brièvement pour exprimer sa gratitude envers la mission du Conseil de sécurité au nom du Président, du Gouvernement et du peuple timorais.  Son pays qui a progressé depuis la crise d’avril 2006 » continue d’être confronté à des défis « considérables », a-t-il indiqué.  Toutes les forces du pays sont engagées à consolider la paix et à sortir le peuple du Timor-Leste de la pauvreté.  Le Timor-Leste doit encore parvenir à mettre en place les moyens et capacités nécessaires qui lui permettront de prendre au plus tôt la relève des Nations Unies, a-t-il dit.  La communauté internationale fait face à des crises plus graves, et c’est pourquoi, le Timor-Leste ne peut pas créer une culture de la dépendance, a déclaré son représentant.  L’État timorais doit être viable et indépendant, a affirmé M. Santos, avant de conclure que la volonté de son pays est d’utiliser les mécanismes multilatéraux pour servir ses objectifs, renforcer ses institutions nationales et la paix.  


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