28/11/2007
Conseil de sécurité
CS/9180

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Conseil de sécurité

5786e séance – matin


LES MEMBRES DU CONSEIL DE SÉCURITÉ EXHORTENT LE PALIPEHUTU-FNL À REJOINDRE LE PROCESSUS DE PAIX AU BURUNDI


Le Facilitateur sud-africain demande l’aide de la communauté internationale pour lancer le processus de désarmement


Le Ministre sud-africain de la sûreté et de la sécurité et Facilitateur du processus de paix au Burundi, M. Charles Nqakula, a réclamé ce matin le soutien de la communauté internationale pour relancer le processus, lors d’un exposé devant le Conseil de sécurité, suivi d’un débat.  Il a demandé au Conseil d’accroître la pression sur le Parti pour la libération du peuple hutu-Forces nationales de libération (Palipehutu-FNL), dernier mouvement rebelle encore en activité, pour qu’il reprenne sa place au sein du Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance de l’Accord global de cessez-le-feu.  Cet Accord, signé en septembre 2006, est resté lettre morte.


Les 15 membres du Conseil ont unanimement fait part de leur préoccupation face à ce que le représentant du Panama a qualifié d’« impasse ».  Son homologue de la Belgique a pour sa part parlé de « blocage persistant » qui risque d’enclencher « un nouveau cycle de tensions et de violences ».  Le délégué du Congo a mis en garde contre les « conséquences incalculables » qu’aurait une nouvelle flambée de violence au Burundi, compte tenu de l’imbrication des problèmes dans la région des Grands Lacs.  « Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas relever ce défi », a ajouté le représentant de l’Italie, en rappelant que le Burundi était, avec la Sierra Leone, le premier pays dont s’était saisie la nouvelle Commission de consolidation de la paix.


Le Facilitateur a justifié ses efforts en faisant référence à l’inaction de la communauté internationale lors du génocide rwandais.  Il a rendu compte de la récente scission au sein du Palipehutu-FNL, en indiquant que la majorité de ses membres avaient quitté les rangs du mouvement pour adhérer au programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).  Il a estimé à 800 le nombre de rebelles encore actifs, alors que 2 700 autres ont rejoint les zones de rassemblement mises en place par la Facilitation.  Il a demandé une aide d’urgence pour l’enregistrement et le désarmement de ces ex-combattants, parmi lesquels se trouvent de nombreux enfants soldats, afin de pouvoir respecter la date butoir du 31 décembre 2007 pour la mise en place du programme de DDR.  Tous les orateurs ont exhorté les FNL à rejoindre sans délai et sans condition le processus de paix, le représentant du Ghana les appelant à renoncer à leurs « guerres intestines ».  Le dialogue ne doit pas être perçu comme un encouragement aux saboteurs pour faire dérailler le processus de paix, a estimé le délégué du Qatar.  Son homologue du  Pérou a, quant à lui, invité le Facilitateur à exercer la même pression sur les deux parties, à savoir les rebelles et le Gouvernement.


Plusieurs intervenants ont par ailleurs salué la formation, à la mi-novembre, d’un Gouvernement d’union nationale qui, selon le représentant du Royaume-Uni, offre une « nouvelle dynamique.  Son homologue des États-Unis s’est félicité de la « main tendue » par le Président Pierre Nkurunziza aux partis d’opposition FRODEBU et UPRONA, celui du Ghana a loué la « souplesse » dont il fait preuve.  M. Nqakula s’est dit lui aussi encouragé par l’apaisement du climat politique, tout en rappelant qu’une crise couvait toujours au sein du parti au pouvoir CNDD-FDD.  Il a d’ailleurs indiqué avoir plaidé auprès du chef de l’État pour la remise en liberté de l’ancien Président du CNDD-FDD, Radjabu Hussein, actuellement emprisonné.  Le Ministre sud-africain de la sûreté et de la sécurité a fait part de sa disponibilité pour poursuivre son travail de facilitation, aux côtés du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BUNIB) et de la Commission de consolidation de la paix, afin que la population puisse bénéficier des fruits de la démocratisation.


LA SITUATION AU BURUNDI


Déclarations


M. CHARLES NQAKULA, Ministre de la sûreté et de la sécurité de l’Afrique du Sud et Facilitateur du processus de paix au Burundi, a regretté que l’Accord global de cessez-le-feu signé le 7 septembre 2006 entre le Président du Burundi, M. Pierre Nkurunziza, et le Parti pour la libération du peuple hutu-Forces nationales de libération (Palipehutu-FNL), dernier groupe rebelle qui n’a pas rejoint le processus de réconciliation, n’ait pas encore été mis en œuvre.  L’Accord n’a pas réussi à dissiper les suspicions et la méfiance entre les parties, a-t-il constaté, malgré les efforts déployés par la Facilitation, notamment la mise en place dès octobre 2006 d’un Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance, malheureusement boycotté par le Palipehutu-FNL. 


Le Ministre a estimé que les difficultés de mise en œuvre de cet Accord avaient été accrues par le climat politique tendu, entretenu d’une part par le blocage entre le pouvoir et l’opposition et d’autre part, par la crise au sein du parti au pouvoir CNDD/FDD, avec la détention de son ancien Président Radjabu Hussein.  Il s’est félicité du dialogue récemment établi entre le Président Pierre Nkurunziza et les partis d’opposition FRODEBU et UPRONA et a indiqué avoir plaidé auprès de lui pour la remise en liberté de Radjabu Hussein, afin d’apaiser le climat politique et de permettre la mise en œuvre des accords signés avec le Palipehutu/FNL. 


M. Nqakula a rendu compte de la rencontre qui a eu lieu le 17 juin dernier, entre le Président Nkurunziza et Agathon Rwasa, Président du Palipehutu-FNL, sous les auspices de la République-Unie de Tanzanie, au cours de laquelle ils sont convenus de réactiver le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance du cessez-le-feu, de procéder à la libération des prisonniers des FNL, de maintenir une communication directe et de faciliter le retour sur le territoire du Burundi de la direction des FNL, pour encourager le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR).  Ces engagements n’ont jamais été mis en œuvre, a poursuivi le Facilitateur, en raison d’une scission au sein du Palipehutu-FNL, certains de ses membres ayant abandonné leurs positions en août 2007 pour adhérer au programme de DDR, tandis que d’autres poursuivaient la lutte armée.  Il a indiqué que des affrontements entre ces deux factions avaient causé plusieurs dizaines de morts ces derniers mois, notamment en novembre, la décapitation de neuf personnes et la mort de trois autres à Bujumbura.


La grande majorité des membres des Forces nationales de libération (FNL) ont abandonné leurs positions et ont entamé un processus devant déboucher sur leur réintégration dans la vie politique du Burundi, a-t-il déclaré.  Le Ministre a estimé à 2 700 le nombre d’ex-combattants du Palipehutu-FNL ayant accepté de participer au DDR, contre 800 qui poursuivent la lutte armée.  Face à cette situation, il a indiqué que la Facilitation avait pris l’initiative, avec l’Union africaine et avec le soutien du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi, d’assurer la protection des zones de rassemblement des ex-combattants.  Il a déploré les réticences de la communauté internationale à soutenir ce processus, parce qu’il n’est pas cautionné par la direction du Palipehutu-FNL, qui conteste l’appartenance au mouvement des personnes présentes dans les zones de rassemblement.


« Si nous n’étions pas intervenus, la situation aurait pu dégénérer », a plaidé le Facilitateur, en expliquant qu’il était indispensable de protéger ces personnes contre les attaques de leurs anciens compagnons d’armes et de s’assurer qu’elles ne commettent pas d’atrocités.  Il a notamment souligné le risque que ces 2 700 ex-combattants s’en prennent aux villages alentours pour assurer leur subsistance, précisant qu’à l’heure actuelle, l’Afrique du Sud assumait seule la fourniture d’aide alimentaire.  « En tant qu’Africains, nous avons toujours une tâche sur notre conscience, pour n’être pas intervenus au Rwanda en 1994 », a-t-il ajouté, en assurant qu’il ne voulait pas d’une nouvelle explosion de violence au Burundi.  Il a assuré par ailleurs que le dialogue n’était pas rompu avec la direction du Palipehutu-FNL.  Il a annoncé qu’une réunion était prévue vendredi en République-Unie de Tanzanie, au cours de laquelle le chef de la diplomatie tanzanienne et lui-même devaient s’entretenir avec Agathon Rwasa.


M. Nqakula a lancé un appel à l’aide pressant à la communauté internationale pour effectuer l’enregistrement des ex-combattants et leur désarmement dans les zones de rassemblement, en rappelant la date butoir du 31 décembre pour la mise en place du DDR.  Il a également souhaité que le Conseil de sécurité fasse pression sur le Palipehutu-FNL pour qu’il rejoigne le processus de paix.  Il s’est dit particulièrement préoccupé par la présence de nombreux enfants soldats dans les zones de rassemblement et a invité les membres du Conseil à se rendre dans les camps pour le vérifier.


M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a affirmé que depuis l’achèvement avec succès du processus de paix au Burundi, la persistance de la rébellion des FNL avait constitué le facteur de risque le plus aigu pour la sécurité de la population et la stabilité du pays.  C’est pourquoi, a-t-il ajouté, nous avons accueilli avec espoir l’engagement de négociations qui a débouché l’an dernier sur la signature de l’Accord global de cessez-le-feu de Dar es-Salaam du 7 septembre 2006.  Le représentant a rendu hommage à l’engagement continu de l’Afrique du Sud, souhaitant que le Conseil maintienne son soutien à cet engagement.  Il a également jugé très préoccupant le blocage persistant des négociations.  Il est important que le Palipehutu-FNL réintègre au plus vite le processus de paix, et, en particulier, reprend leur place au sein du Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance sans délai ni précondition, a-t-il souligné.  Il a aussi encouragé les autorités burundaises et les partenaires internationaux du processus à poursuivre leurs efforts en vue d’entretenir le dialogue avec ce mouvement car, a-t-il ajouté, nous avons la conviction que c’est de cette façon que l’on donnera le plus de chances à la paix.  Le représentant a confirmé le plein soutien de son pays au renouvellement du mandat du BINUB et a encouragé le BINUB à poursuivre et à accroître son soutien au processus de paix entre le Gouvernement et les FNL.


M. JOHAN VERBEKE (Belgique), jugeant que le processus de paix était bloqué depuis un certain temps, a affirmé qu’il était crucial pour la consolidation de la paix au Burundi que l’Accord global de cessez-le-feu soit effectivement mis en œuvre.  Il a dit craindre que, si le processus n’est pas proprement mené à terme, ne s’enclenche un nouveau cycle de tensions voire de violences au Burundi.  Pour cela, a-t-il ajouté, il est indispensable que le Palipehutu-FNL reprenne sans délai et sans condition leur place au sein du Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance.  Le représentant a encouragé le Facilitateur à poursuivre ses efforts avec vigueur.  Il a appelé la direction des FNL à renouer le contact direct avec le Gouvernement du Burundi.  La feuille de route proposée par le Secrétaire général pourrait, selon lui, contribuer à la revitalisation du processus de paix.  Il a également précisé que la Belgique était prête, sur la proposition du Facilitateur, à participer à la visite des camps.


M. LESLIE KOJO CHRISTIAN (Ghana) a affirmé que la participation de l’Afrique du Sud dans le processus de paix était très importante.  Il a salué la nomination d’un Gouvernement d’union nationale le 14 novembre dernier.  Il s’agit d’un développement encourageant, a-t-il souligné, notant que le Président burundais avait fait preuve en cette circonstance de la souplesse nécessaire.  Le représentant a espéré que le Gouvernement continuera à déployer tous les efforts nécessaires en vue d’assurer la paix et la reconstruction du pays.  Il s’est déclaré néanmoins préoccupé par la reprise d’hostilités sporadiques.  L’atmosphère de paix est nécessaire pour permettre le renouvellement et le développement durable du Burundi, a-t-il assuré.  Le représentant a exhorté les FNL à mettre fin à ses luttes intestines et à réintégrer le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance.  La présence des Nations Unies au Burundi par le biais du BINUB est essentielle, a-t-il également estimé.


M. IGOR SHCHERBAK (Fédération de Russie) a estimé que les efforts de médiation entrepris par l’Afrique du Sud étaient d’une importance primordiale pour aboutir à la mise en œuvre de l’Accord global de cessez-le-feu.  Les mesures prises par le Président burundais suscitent l’optimisme, a-t-il déclaré.  La société burundaise, a-t-il estimé, se trouve confrontée à une série de problèmes complexes.  Le plus important, a-t-il ajouté, est de renforcer la paix, la démocratisation, de mettre en œuvre le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), la réforme de la justice, de lutter contre le commerce des petites armes et l’impunité.  Il a en outre appelé les FNL à respecter leurs obligations découlant de l’Accord global de cessez-le-feu.  Le représentant, a, enfin, appuyé la poursuite des activités de la Commission de la consolidation de la paix au Burundi, en coopération étroite avec le Gouvernement du pays.


M. BASO SANGOU (Afrique du Sud) a en particulier noté le rôle important que jouent les pays de la région grâce à l’Initiative régionale, sous la direction de l’Ouganda, et de l’Union africaine.  Il s’est félicité des efforts concertés qu’ils ont entrepris afin d’aider le peuple du Burundi à réaliser ses objectifs de paix, de sécurité et de développement social et économique.  Il a indiqué que, pour l’Afrique du Sud, seuls le dialogue politique et la réconciliation pouvaient garantir une solution politique durable au Burundi.  La signature de l’Accord global entre le Gouvernement du Burundi et le Palipehutu-FNL a marqué, selon lui, un jalon important dans le processus de paix et a contribué de manière significative à améliorer la situation sécuritaire et politique dans le pays.  Il s’est dit encouragé par les progrès majeurs réalisés en amenant le Gouvernement du Burundi et les FNL à signer cet Accord.  Le représentant s’est joint à l’appel lancé aux FNL pour qu’elles rejoignent sans délai et sans condition préalable le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance.  Il a également lancé un appel au Conseil de sécurité et à la communauté internationale à agir de concert dans le soutien à l’Initiative régionale et à ses programmes, en appuyant notamment le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR) des ex-combattants.  Il a, enfin, lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle exerce des pressions sur les FNL afin qu’elles rejoignent le processus de paix. 


M. LUC JOSEPH OKIO (Congo) a estimé que l’Accord de cessez-le-feu constituait la base pour une solution durable à la crise au Burundi.  Il a à son tour appelé le Palipehutu -FNL à reprendre sa place dans le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance sans délai et sans condition.  Il a soutenu la Facilitation et a souhaité une coordination des efforts de l’Union africaine et des Nations Unies.  Il a également appelé à la mobilisation des ressources nécessaires à la démobilisation et la réintégration des ex-combattants, en gardant à l’esprit la date butoir du 31 décembre, citée par le Facilitateur.  L’imbrication des problèmes est telle dans la région qu’un échec du processus de paix au Burundi risquerait d’avoir des répercussions sur les pays voisins, et notamment sur la République démocratique du Congo, a-t-il déclaré, en mettant en garde contre les « conséquences incalculables » d’une nouvelle déstabilisation du Burundi.


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a estimé qu’il était temps pour l’Afrique de se débarrasser de la guerre civile qui sévit au Burundi.  Les Nations Unies ont joué un rôle important afin de ramener la stabilité dans le pays, a-t-il affirmé, saluant ainsi le travail du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi.  La stabilité interne au Burundi ne peut être assurée que par les négociations avec le Gouvernement et le Palipehutu-FNL, a-t-il déclaré, estimant que le dialogue national ne devrait pas être perçu comme un encouragement aux saboteurs pour faire dérailler le processus de paix et les négociations.  Le Gouvernement burundais doit également, selon lui, respecter le droit international, en particulier les droits des femmes et des enfants, ainsi que les droits de l’homme.  Il a en outre mis l’accent sur la nécessité de procéder à la réforme du secteur de la sécurité.  Il faudrait tenir compte des besoins du Burundi afin qu’il puisse assurer sa reconstruction.  Pour cela, il devrait recevoir les ressources nécessaires des bailleurs de fonds.  Le représentant a estimé que les institutions de Bretton Woods doivent bien comprendre la situation très difficile du pays.  Sa délégation, a-t-il indiqué, se prononce en faveur de la recommandation faite par le Secrétariat de proroger le mandat du BINUB.


M. JEFFREY DE LAURENTIS (États-Unis) a appelé le Palipehutu-FNL à retourner sans délai à la table des négociations, à s’abstenir de toute action violente et à mettre en œuvre l’Accord de cessez-le-feu.  Il a salué la main tendue par le Président du Burundi, M. Pierre Nkurunziza, à l’opposition politique, qui a abouti à l’entrée de cette dernière dans le Gouvernement.  Le représentant a également soutenu l’action du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi, notamment dans son appui à certains dissidents des FNL.


M. DU XIACONG (Chine) a déclaré que son pays appuyait fermement le processus de consolidation de la paix au Burundi.  Le représentant s’est dit heureux que le travail de reconstruction, sous l’impulsion du Gouvernement du Burundi, ait enregistré des progrès.  En revanche, a-t-il ajouté, les progrès concernant le processus de paix ne sont pas entièrement satisfaisants.  Il s’est ainsi dit préoccupé par cette situation.  La pleine mise en œuvre de l’Accord global de cessez-le-feu appelle toute l’attention des parties, a-t-il souligné.  Le représentant a également salué le travail fait par le Facilitateur et a appuyé les efforts inlassables fournis par les partenaires régionaux.  Il a enfin appelé la communauté internationale à apporter l’assistance nécessaire à l’équipe de facilitation.


M. MARCELLO SPATAFORA (Italie) a affirmé que le Burundi devrait être une réussite pour les Nations Unies.  Il a rappelé que c’était l’un des premiers pays, avec la Sierra Leone, dont s’est saisie la nouvelle Commission de consolidation de la paix.  « Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de ne pas relever ce défi », a-t-il déclaré, en saluant les efforts de la Facilitation, de l’Union africaine et du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi (BINUB).  Il s’est dit persuadé que la communauté internationale saurait répondre à la demande de soutien lancée par la Facilitation.  Il a demandé au Facilitateur d’indiquer l’action concrète que le Conseil de sécurité pourrait entreprendre pour renforcer sa position et éviter une reprise des hostilités.


M. JUSTIN MCKENZIE SMITH (Royaume-Uni) a salué les efforts de facilitation entrepris par l’Afrique du Sud.  Il a estimé que le remaniement du Gouvernement du Burundi offrirait une nouvelle dynamique.  Le Gouvernement du Burundi et le PALIPEHUTU-FNL doivent être encouragés à surmonter leurs divergences politiques, a-t-il déclaré.  Toute solution militaire aurait des coûts considérables et serait inacceptable, a-t-il assuré.  Le représentant s’est félicité de la déclaration qui sera faite ultérieurement à la presse par la France, en coopération avec l’Afrique du Sud.


M. LUIS ENRIQUE CHÁVEZ (Pérou) a souligné l’importance d’une réussite de la Commission de consolidation de la paix au Burundi.  Il a regretté que les accords de cessez-le-feu n’aient pas suscité la confiance indispensable entre les parties.  Il a salué les efforts des pays voisins et du Facilitateur en les invitant à exercer la même pression sur les deux parties.  Estimant qu’un dialogue sans condition était indispensable, le représentant a affirmé que le Gouvernement du Burundi devrait s’abstenir de toute action qui saperait le processus et que le PALIPEHUTU-FNL devrait revenir dans délai à la table des négociations.  Il a par ailleurs fait part de sa préoccupation pour la situation politique, en espérant qu’un système démocratique inclusif respectant les droits de l’opposition et la liberté de la presse, puisse être mis en place.


M. DUŠAN MATULAY (Slovaquie) s’est dit préoccupé par la situation au Burundi.  Le pays se trouve face à une impasse dans le processus de paix, a-t-il déclaré.  Les heurts qui ont été observés, a-t-il dit, contribuent à aggraver la situation.  Une solution durable ne pourra être obtenue que par le dialogue politique, a-t-il estimé.  Le représentant a espéré que le Gouvernement du Burundi et les parties concernées feront preuve de maturité politique et s’engageront dans un véritable dialogue, en toute bonne foi.  Il a encouragé le Ministre Nqakula à poursuivre ses efforts en vue d’obtenir la paix et la stabilité durables au Burundi.  Il a, enfin, appuyé le projet de déclaration à la presse rédigé par la France.


M. ALFREDO SUESCUM (Panama) s’est félicité de la formation récente d’un Gouvernement d’unionnationale.  Il a constaté l’impasse des négociations de paix et a dénoncé l’intransigeance d’une partie du Palipehutu-FNL, qu’il a exhortée à rejoindre sans tarder le Mécanisme conjoint de vérification et de surveillance du cessez-le-feu.  Estimant que la paix et la justice étaient les deux faces d’une même pièce de monnaie, il a souhaité qu’une commission vérité et réconciliation et un tribunal spécial pour juger les auteurs de crimes contre l’humanité puissent être mises en place conjointement.


M. MARTY M. NATALEGAWA (Indonésie) a appuyé le processus de paix au Burundi et le rôle joué par le Facilitateur.  Il s’est également félicité de la mise en place du nouveau Gouvernement d’union nationale, mesure qui permet aux éléments d’opposition d’être intégrés au processus de paix.  Le représentant a également appelé toutes les parties à prendre toutes les dispositions visant à mettre en œuvre l’Accord global de cessez-le-feu et à permettre le dialogue national.  Il s’est félicité du rôle de la Commission de consolidation de la paix à l’appui du Burundi.  Il s’est en outre prononcé en faveur de mesures visant à couper le flux d’armements en direction du Burundi.


Reprenant la parole, le Facilitateur s’est félicité des promesses d’appui faites par les membres du Conseil à ses efforts.  Il a assuré que la priorité de la Facilitation était l’aboutissement de la réconciliation entre le Gouvernement et le Palipehutu-FNL.  Mais il a ajouté que ses fonctions ne prendraient pas fin une fois que le cessez le feu serait respecté.  Il a assuré qu’il était disposé à accompagner le Gouvernement dans la conduite d’un dialogue politique sincère et inclusif, souhaitant pouvoir continuer à travailler, aux côtés de la Commission de consolidation de la paix, pour que la population puisse bénéficier des fruits de la démocratisation.  Il a réitéré son appel à tous les pays du monde pour qu’ils aident la Facilitation à mettre en œuvre le DDR et à stabiliser la situation politique, conformément au rôle qui lui a été confié par les parties concernées au Burundi. 


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