13/11/2007
Conseil de sécurité
CS/9169

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Conseil de sécurité

5778e séance – soir


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DEMANDE INSTAMMENT À L’ÉTHIOPIE ET À L’ÉRYTHRÉE DE PROCÉDER IMMÉDIATEMENT ET SANS PRÉALABLE À LA DÉLIMITATION DE LEUR FRONTIÈRE


Il appelle les parties à s’abstenir de recourir à la force et à normaliser leurs relations


Le Président du Conseil de sécurité pour le mois de novembre, M. Marty M. Natalegawa (Indonésie), a fait ce soir la déclaration suivante, au nom des membres du Conseil:


Le Conseil de sécurité souligne combien il importe qu’à la fois l’Éthiopie et l’Érythrée soient résolues à jeter les bases d’une paix durable dans la région, et, conscient des responsabilités qui incombent à l’Organisation des Nations Unies en vertu des Accords d’Alger, il reste déterminé à encourager et à aider les deux pays à atteindre cet objectif.


Le Conseil souligne que l’Éthiopie et l’Érythrée ont accepté sans préalable la décision finale et contraignante de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie relative à la délimitation.


Le Conseil demande instamment aux parties de prendre des mesures concrètes pour appliquer immédiatement et sans préalable la décision de la Commission relative à la délimitation de la frontière, en tenant compte des engagements des parties concernant la zone temporaire de sécurité tels qu’ils ont été énoncés à la réunion que la Commission a tenue les 6 et 7 septembre 2007, et de se conformer pleinement aux dispositions des Accords d’Alger et aux résolutions antérieures du Conseil ainsi qu’aux déclarations de son président, notamment sur la question de la démarcation.


Le Conseil appelle les parties à s’abstenir de recourir à la force et à régler leurs différends par des moyens pacifiques, à normaliser leurs relations, à promouvoir la stabilité entre elles et à jeter les bases d’une paix durable dans la région.


Le Conseil confirme que c’est aux parties qu’incombe au premier chef la responsabilité de résoudre la question de la frontière et leurs autres différends, et il est disposé à donner son soutien aux engagements pris par les deux parties en matière de démarcation et de normalisation.


Le Conseil appuie énergiquement toute initiative du Secrétaire général visant à faciliter ces processus.


Le Conseil approuve et soutient sans réserve la poursuite des activités de la MINUEE, souligne qu’il importe que les parties accordent à la Mission la liberté de passage, l’aide, le soutien et la protection nécessaires à l’exécution de son mandat, et se félicite que le Secrétaire général continue de s’employer à ce qu’un représentant spécial soit nommé dans les meilleurs délais.


ÉRYTHRÉE/ÉTHIOPIE


Rapport du Secrétaire général sur l’Éthiopie et l’Érythrée (S/2007/645)


Le blocage dans la démarcation de la frontière entre l’Éthiopie et l’Érythrée et la concentration de troupes le long de la frontière sont très préoccupants, estime le Secrétaire général dans ce rapport, en date du 1er novembre, qui rend compte des événements survenus dans la région depuis le 18 juillet.  Il déplore par ailleurs les restrictions imposées à la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE).


Le Secrétaire général constate que la réunion de la Commission du tracé de la frontière, à laquelle ont participé les deux pays les 6 et 7 septembre derniers à La Haye (Pays-Bas), n’avait permis aucun progrès dans l’application de la décision rendue par la Commission en 2002, dont il rappelle le caractère définitif et contraignant.  « J’invite instamment les parties à prêter sans réserve et sans atermoyer leur concours à la Commission et à faciliter ses travaux avant l’échéance du délai qu’elle a fixée au mois de novembre 2007 », écrit-il, en invitant l’Éthiopie et l’Érythrée à faire preuve « de la volonté politique et de l’esprit d’accommodement nécessaires » pour sortir de l’impasse actuelle.


Il affirme qu’il est indispensable de préserver l’intégrité de la Zone temporaire de sécurité, menacée par la présence de soldats et de matériel des deux parties.  Il déplore le déploiement d’au moins 3 000 troupes érythréennes supplémentaires en septembre et octobre, en plus des 3 500 déjà stationnées depuis octobre 2006, l’établissement de plusieurs nouveaux camps, notamment à proximité de Badme et l’acheminement de matériel d’armement lourd.  Il rappelle que le maintien de personnel des Forces érythréennes de défense dans la Zone constitue une violation directe de l’Accord d’Alger du 18 juin 2000 sur la cessation des hostilités.  Il déplore également que les forces armées éthiopiennes aient organisé des formations, transporté des troupes et du matériel et renforcé leurs ouvrages défensifs, notamment aux alentours de Badme. 


« Les concentrations militaires autour de la frontière sont inquiétantes et sont déjà à l’origine de plusieurs incidents avec coups de feu », écrit le Secrétaire général, en appelant les deux parties à faire preuve de la plus grande réserve et à remettre en fonctions la Commission de coordination militaire, qui ne s’est plus réunie depuis le 31 juillet 2006.  Elle est l’« unique lien de dialogue entre représentants militaires, susceptible de régler pacifiquement les questions touchant à la sécurité de la frontière », estime-t-il.


M. Ban Ki-moon appelle en outre l’Érythrée à lever toutes les restrictions qu’elle impose à la MINUEE, telles que l’interdiction de son espace aérien aux hélicoptères de l’ONU, l’interdiction faite aux fonctionnaires internationaux de certains pays de servir dans le pays et les 45 restrictions permanentes imposées à la liberté de mouvements des membres de la Mission.  Ces restrictions, note-t-il, réduisent considérablement la capacité de la MINUEE de contrôler efficacement la Zone temporaire de sécurité.  Il rend compte également de l’arrestation par les autorités érythréennes de plusieurs observateurs militaires, dont certains ont été contraints de quitter leur pays après leur libération.  Il constate par ailleurs que l’Éthiopie, de son côté, a levé toutes les restrictions qu’elle imposait précédemment à la Mission.


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