15/10/2007
Conseil de sécurité
CS/9141

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5758e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE D’UN AN LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES POUR LA STABILISATION D’HAÏTI


Le Conseil de sécurité a décidé ce matin de proroger jusqu’au 15 octobre 2008 le mandat de la mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH).  Par la résolution 1780 (2007), adoptée à l’unanimité, il a décidé, conformément aux recommandations du Secrétaire général dans son rapport* du 31 août 2007, de revoir la composition de la MINUSTAH et de réaménager ses activités pour ternir compte de l’évolution de la situation et des priorités sur le terrain.  La composante militaire de la Mission pourra atteindre 7 060 soldats, et sa composante policière 2 091 membres.


Le Conseil a demandé à la MINUSTAH de continuer à appuyer la Police nationale d’Haïti, en prenant des mesures de dissuasion pour faire reculer la violence.  Il a également reconnu la nécessité pour la Mission de déployer des patrouilles le long des frontières maritimes et terrestres.  Il a par ailleurs invité les États Membres et, notamment les pays voisins, à contribuer à la lutte contre les trafics transfrontaliers de stupéfiants et d’armes.


Se félicitant des acquis du processus politique, notamment le déroulement pacifique, le 29 avril 2007, du dernier tour des élections locales et constatant que la sécurité s’est sensiblement améliorée, bien qu’elle demeure précaire, le Conseil a rappelé que la stabilisation d’Haïti incombait au premier chef au Gouvernement et au peuple haïtiens.  Il a cependant estimé indispensable que la communauté internationale continue à appuyer ce processus.  Il a encouragé les donateurs à verser au plus vite les contributions annoncées.  Il a également exhorté les organismes des Nations Unies et la communauté internationale à mieux coordonner leur aide d’urgence et de reconstruction à long terme, en coopération avec les autorités haïtiennes.


* Rapport publié sous la cote S/2007/601


LA SITUATION CONCERNANT HAÏTI


Texte du projet de résolution S/2007/601


Le Conseil de sécurité,


Réaffirmant ses précédentes résolutions sur Haïti, en particulier ses résolutions 1743 (2007), 1702 (2006), 1658 (2006), 1608 (2005), 1576 (2004) et 1542 (2004),


Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité d’Haïti,


Se félicitant des mesures prises récemment en vue d’instaurer durablement la stabilité et la démocratie en Haïti,


Se félicitant des acquis qui continuent d’être enregistrés dans le processus politique en Haïti, notamment du déroulement dans la paix, le 29 avril 2007, du dernier tour des élections municipales et locales et notant avec satisfaction le nombre de femmes et de jeunes participant à ce processus,


Reconnaissant le caractère interdépendant des défis à relever en Haïti, réaffirmant que les progrès durables enregistrés dans les domaines de la sécurité, de l’état de droit et de la réforme institutionnelle, de la réconciliation nationale et du développement se renforcent mutuellement, et se félicitant des efforts que le Gouvernement haïtien et la communauté internationale ne cessent de déployer pour relever ces défis,


Conscient que le respect des droits de l’homme et de la légalité, la lutte contre la criminalité et les efforts faits pour mettre fin à l’impunité sont des conditions essentielles de l’instauration de l’état de droit et de la sécurité en Haïti,


Constatant que la sécurité s’est sensiblement améliorée ces derniers mois, mais notant qu’elle demeure précaire,


Soulignant l’importance que revêt la coopération entre Haïti et les États voisins et ceux de la région pour ce qui est de gérer et de sécuriser effectivement les frontières d’Haïti, dans l’intérêt commun,


Soulignant que le trafic international de stupéfiants et d’armes continue à nuire à la stabilité d’Haïti,


Exprimant sa gratitude à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) pour les efforts qu’elle continue de déployer afin d’aider le Gouvernement haïtien à instaurer un climat de sécurité et de stabilité,


Soulignant le rôle que jouent les organisations régionales dans l’entreprise en cours de stabilisation et de reconstruction d’Haïti et demandant à la MINUSTAH de continuer à collaborer étroitement avec l’Organisation des États américains et la Communauté des Caraïbes,


Soulignant combien il importe d’instaurer un système de gouvernance crédible, compétent et transparent et encourageant le Gouvernement haïtien à renforcer davantage les institutions de l’État,


Se félicitant des premières mesures prises pour établir le cadre législatif nécessaire à la réforme du système judiciaire grâce à la collaboration entre les pouvoirs législatif et exécutif,


Notant avec satisfaction la création de la Commission consultative sur la détention provisoire prolongée et exprimant son ferme appui à toute action supplémentaire visant à remédier à ce problème, ainsi qu’à celui de la surpopulation carcérale,


Exhortant le Gouvernement haïtien, en coordination avec la communauté internationale, à poursuivre la réforme du secteur de la sécurité en continuant, notamment, à appliquer le Plan de réforme de la Police nationale d’Haïti (PNH), ainsi que la réforme indispensable de l’appareil judiciaire et pénitentiaire,


Se félicitant du soutien de l’Organisation des États américains à la mise à jour du fichier électoral et exhortant les autorités haïtiennes, avec le soutien constant des donateurs et des organisations régionales ainsi que de la MINUSTAH et du système des Nations Unies, à mettre en place des institutions électorales permanentes efficaces et à tenir des élections selon les prescriptions de la Constitution haïtienne,


Soulignant la nécessité de mettre rapidement en œuvre des projets à forte intensité de main-d’œuvre, d’une grande efficacité et ayant un grand retentissement, qui aident à créer des emplois et à assurer les services sociaux de base,


Prenant note des efforts méritoires déployés par les autorités haïtiennes et la MINUSTAH pour répondre aux besoins des populations sinistrées et saluant les actions concertées qu’il est prévu de prendre dans l’avenir dans cette optique,


Exprimant sa gratitude aux militaires et policiers de la MINUSTAH ainsi qu’à leurs pays d’origine et rendant hommage à ceux qui ont été blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions,


Se félicitant du rapport du Secrétaire général S/2007/503 du 22 août 2007,


Considérant que la situation en Haïti continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région malgré les progrès accomplis à ce jour,


Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, selon les modalités décrites à la section 1 du paragraphe 7 de la résolution 1542 (2004),


1.    Décide de proroger jusqu’au 15 octobre 2008 le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti, établi dans ses résolutions 1542 (2004), 1608 (2005), 1702 (2006) et 1743 (2007), dans l’intention de le proroger de nouveau;


2.    Souscrit à la recommandation du Secrétaire général de reconfigurer la Mission selon les orientations dégagées aux paragraphes 28 et 29 de son rapport S/2007/503, compte tenu de la nécessité de revoir la composition de la MINUSTAH et de réaménager ses activités pour tenir compte de l’évolution de la situation et des priorités sur le terrain, et décide que la MINUSTAH comportera une composante militaire, dont les effectifs pourront atteindre 7 060 soldats de tous rangs, et une composante policière de 2 091 membres;


3.    Exprime son plein appui au Représentant spécial du Secrétaire général, notamment en ce qu’il œuvre à améliorer l’état de sécurité dans le pays, en coopération étroite avec le Gouvernement haïtien, et réaffirme qu’il a qualité pour coordonner et diriger toutes les activités des organismes, fonds et programmes des Nations Unies en Haïti;


4.    Reconnaît que le Gouvernement et le peuple haïtiens ont en leur possession tous les aspects touchant à la stabilisation du pays qui leur incombe au premier chef, salue la MINUSTAH pour le rôle qu’elle joue en appui aux efforts du Gouvernement dans ce sens et encourage celui-ci à continuer de tirer pleinement parti de l’appui international pour renforcer ses capacités, ce qui est indispensable pour assurer un succès durable à la MINUSTAH;


5.    Demande à nouveau à la MINUSTAH d’appuyer le processus constitutionnel et politique en cours en Haïti, y compris en usant de ses bons offices, et, en coopération avec le Gouvernement haïtien, de favoriser le dialogue politique sans exclusive et la réconciliation nationale et de fournir un soutien sur les plans logistique et de la sécurité dans la perspective des prochaines élections;


6.    Se félicite de ce que la MINUSTAH continue de concourir aux efforts déployés par le Gouvernement haïtien pour renforcer les capacités institutionnelles à tous les niveaux et demande à la Mission, dans les limites de son mandat, d’élargir son assistance pour renforcer les institutions de l’État, en particulier à l’extérieur de Port-au-Prince, y compris en fournissant des services spécialisés aux principaux ministères et institutions, compte tenu des efforts faits par les autorités haïtiennes pour lutter contre toutes les formes de criminalité;


7.    Demande à la MINUSTAH de continuer d’appuyer la Police nationale d’Haïti, selon qu’elle le jugera nécessaire pour assurer la sécurité en Haïti, et invite la MINUSTAH et le Gouvernement haïtien à continuer à prendre des mesures de dissuasion concertées pour faire reculer la violence;


8.    Se félicite des progrès enregistrés dans la mise en œuvre du Plan de réforme de la Police nationale d’Haïti et prie la MINUSTAH de continuer d’aider le Gouvernement haïtien à réformer et à réorganiser la Police nationale, conformément à son mandat, notamment en appuyant le suivi, l’encadrement, la formation et l’agrément de tous les fonctionnaires de police ainsi que le renforcement des capacités institutionnelles, tout en veillant à recruter en nombres suffisants des officiers de police capables d’assurer la formation et l’encadrement des membres de la Police nationale, conformément à sa stratégie générale consistant à transférer progressivement les responsabilités, par zone géographique et par fonction, aux homologues haïtiens afin que la Police nationale puisse accomplir les fonctions classiques de maintien de l’ordre, conformément au Plan de réforme de la Police nationale d’Haïti;


9.    Demande à la MINUSTAH de mettre à la disposition du Gouvernement haïtien ses compétences techniques pour l’aider à mettre en œuvre une approche globale de la gestion des frontières, l’accent étant mis sur le renforcement des capacités de l’État, et souligne la nécessité d’offrir au Gouvernement haïtien un appui international coordonné dans ce domaine;


10.   Reconnaît la nécessité pour la MINUSTAH de déployer des patrouilles le long des frontières maritimes et terrestres à l’appui des activités menées par la Police nationale d’Haïti pour assurer la sécurité des frontières et encourage la MINUSTAH à poursuivre ses entretiens avec les autorités haïtiennes et les États Membres intéressés afin d’évaluer les risques le long des frontières terrestres et maritimes d’Haïti;


11.   Invite les États Membres, notamment les États voisins et ceux de la région, en coordination avec la MINUSTAH, à collaborer avec le Gouvernement haïtien pour enrayer les trafics transfrontières illicites de stupéfiants et d’armes et d’autres activités illégales et à contribuer au renforcement de la Police nationale d’Haïti dans ces domaines;


12.   Prie l’équipe de pays des Nations Unies, et demande aux organismes d’aide humanitaire et de développement compétents, de compléter les mesures adoptées dans le domaine de la sécurité par le Gouvernement haïtien avec le soutien de la MINUSTAH par des activités visant à améliorer effectivement les conditions de vie des populations intéressées et demande à la MINUSTAH de continuer à exécuter des projets à effet rapide;


13.   Condamne toute attaque contre le personnel de la MINUSTAH et exige qu’aucun acte d’intimidation ou de violence ne soit dirigé contre le personnel des Nations Unies et le personnel associé, ni contre les autres organisations internationales et à vocation humanitaire occupées à des activités humanitaires, de développement ou de maintien de la paix;


14.   Se félicite des mesures prises pour réformer les institutions chargées du maintien de l’ordre, prie la MINUSTAH de continuer à fournir l’appui nécessaire à cet égard et encourage les autorités haïtiennes à tirer pleinement parti de cet appui, notamment dans des domaines comme la restructuration du Ministère de la justice et de la sécurité publique, de l’habilitation des magistrats, de l’aide juridique aux plus vulnérables et de la modernisation de la législation;


15.   Prie la MINUSTAH de continuer à lutter contre la violence communautaire, notamment en appuyant la Commission nationale de désarmement, démobilisation et réintégration et en centrant ses efforts sur des projets à forte intensité de main-d’œuvre, l’ouverture d’un registre des armes, la révision des lois en vigueur en matière d’importation et de détention d’armes et la réforme du régime des permis de port d’armes;


16.   Réaffirme le mandat de la MINUSTAH dans le domaine des droits de l’homme, exhorte les autorités haïtiennes à continuer d’œuvrer à promouvoir et à défendre ces droits et invite la MINUSTAH à continuer à assurer la formation des membres de la Police nationale d’Haïti et d’autres institutions concernées aux droits de l’homme;


17.   Condamne fermement les violations graves commises contre les enfants victimes de la violence armée, ainsi que les viols et autres sévices sexuels généralisés commis sur la personne des filles et demande à la MINUSTAH de continuer à promouvoir et à défendre les droits des femmes et des enfants comme stipulé dans les résolutions 1325 (2000) et 1612 (2005) du Conseil;


18.   Invite la MINUSTAH à mieux coordonner son action avec celle de l’Équipe de pays des Nations Unies et des divers acteurs du développement en Haïti, afin d’améliorer l’efficacité des actions de développement et d’apporter des solutions aux problèmes pressants dans ce domaine;


19.   Exhorte les organismes des Nations Unies et la communauté internationale, en particulier les pays et institutions donateurs, en coopération avec les autorités haïtiennes, à mettre au point un nouveau système de coordination de l’aide axé sur les besoins immédiats ainsi que sur la reconstruction à long terme et la réduction de la pauvreté, et à en assurer le bon fonctionnement en coopération avec les autorités haïtiennes, et encourage les donateurs à verser au plus vite les contributions annoncées pour faciliter le développement et l’instauration de la stabilité en Haïti;


20.   Se félicite des progrès accomplis par la MINUSTAH en matière de communications et de relations publiques et lui demande de poursuivre ces activités;


21.   Prie le Secrétaire général de continuer de prendre les mesures nécessaires pour que l’ensemble du personnel de la MINUSTAH observe scrupuleusement la politique de tolérance zéro mise en œuvre par l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des violences sexuelles et de tenir le Conseil informé et exhorte les pays qui fournissent des contingents à faire en sorte que les actes mettant en cause leur personnel fassent l’objet d’enquêtes en bonne et due forme et soient sanctionnés;


22.   Prie le Secrétaire général de lui faire rapport deux fois par an sur l’exécution du mandat de la MINUSTAH, en veillant à présenter son second rapport 45 jours au plus tard avant la date d’expiration du mandat de la Mission, compte tenu de l’examen des activités et de la composition de la MINUSTAH, de sa coordination avec l’équipe de pays de l’ONU et d’autres acteurs du développement, d’une évaluation globale des menaces contre la sécurité en Haïti et de l’élaboration, pendant la période couverte par le mandat, d’un plan de consolidation assorti de points de référence appropriés pour suivre et mesurer les progrès, en consultation avec le Gouvernement haïtien;


23.   Décide de demeurer saisi de la question.


Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (S/2007/503)


L’atmosphère d’espoir qui anime aujourd’hui Haïti est sans commune mesure avec les perceptions qui ont pu prévaloir dans ce pays depuis des dizaines d’années, se félicite le Secrétaire général dans ce rapport sur la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).  Il fonde son optimisme sur les avancées considérables qu’il dit avoir constatées lors de sa visite des 1er et 2 août derniers, ainsi que sur la détermination des dirigeants et du peuple haïtiens à s’attaquer aux causes profondes de la crise, avec l’aide de la communauté internationale.  Il note cependant qu’il reste beaucoup à faire et que les progrès accomplis demeurent fragiles.  C’est pourquoi il recommande au Conseil de sécurité de proroger de 12 mois supplémentaires le mandat de la MINUSTAH, sans en modifier le mandat, mais en recentrant progressivement son action pour faire face à l’évolution de la situation sur le terrain.


Passant en revue les faits nouveaux intervenus depuis le 31 décembre 2006, M. Ban Ki-moon souligne le large soutien dont continue à bénéficier le Gouvernement de coalition formé par le Président René Préval en mai 2006.  C’est aux dirigeants et au peuple haïtiens qu’incombe au premier chef la responsabilité de la poursuite de la stabilisation du pays, écrit-il, en invitant tous les acteurs à mettre de côté les positions discordantes et à s’attacher au dialogue prôné par le Président Préval.  Il constate que les élections municipales partielles du 29 avril se sont déroulées sans incident majeur, même si la participation a été inégale, oscillant entre 10 et 40%.  Il note également que les 16 millions de dollars nécessaires à la tenue des élections sénatoriales qui doivent se ternir avant la fin de l’année n’ont pas encore été recueillis.


Le Secrétaire général salue les progrès réalisés par le Gouvernement dans le domaine de la sécurité (notamment dans les bidonvilles urbains) et de l’économie (stabilisation de la monnaie, réduction de l’inflation).  Il exprime aussi sa satisfaction face aux avancées dans la réforme du système judiciaire, à la lutte contre la corruption, renforcée par l’appel du 18 mai du Président Préval et à la lutte contre le trafic de stupéfiants, qui a conduit, en juin dernier, à la saisie de 420 kilogrammes de cocaïne et à l’arrestation de cinq policiers et de ressortissants étrangers.


Le Secrétaire général se félicite du rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones urbaines contrôlées auparavant par des bandes armées.  Après l’échec du désarmement volontaire, 19 opérations de grande ampleur ont été menées conjointement, entre décembre 2006 et février 2007, par la MINUSTAH et par la Police nationale d’Haïti, notamment à Cité Soleil, à Martissant et aux Gonaïves.  La situation demeure cependant précaire, écrit M. Ban Ki-moon, en recensant trois menaces contre la sécurité en Haïti: un risque de troubles civils accentué par la profonde fracture socioéconomique et le taux de chômage élevé; un risque encore considérable de recrudescence de la violence armée, compte tenu du faible nombre d’armes confisquées; et un risque lié au trafic illicite de stupéfiants, d’armes et d’autres substances qui, si rien n’est fait, va favoriser la corruption des organismes publics et nourrir l’impunité.


Pour consolider les progrès accomplis et faire face aux menaces qui persistent, un appui international important et soutenu sera nécessaire, affirme le Secrétaire général, qui recommande au Conseil de proroger de douze mois le mandat de la MINUSTAH.  « Je ne vois aucun besoin de modifier le mandat de la MINUSTAH, mais je suis convaincu que la Mission doit progressivement recentrer son action », écrit-il, en proposant d’étendre son expertise dans de nouveaux domaines.  L’effectif actuel doit être revu, poursuit-il, pour refléter l’évolution des conditions et des priorités qui imposent un renforcement des capacités militaires de contrôle des frontières, de génie civil et de transport, et une réduction de l’infanterie.


Le Secrétaire général recommande ainsi que l’effectif militaire soit ramené à une compagnie, soit un total de 7 060 militaires, et que la composante police comprenne une unité supplémentaire, portant l’effectif total à 2 091 policiers (dont 1 140 seraient affectés à neuf unités de police constituées).  Il propose d’effectuer de nouvelles patrouilles dans les zones frontalières terrestres et maritimes et estime nécessaire que la MINUSTAH se dote à cet effet de 16 embarcations de petite taille, ainsi que de capacités de génie civil supplémentaires et d’une force de réserve mobile.  Il recommande parallèlement le rapatriement de certains équipements lourds dont disposent actuellement la composante militaire.  Ces arrangements, précise-t-il, s’inscriraient dans le cadre d’un processus de transfert graduel des responsabilités à la Police nationale d’Haïti à mesure que celle-ci développe ses capacités.  Le Secrétaire général annonce qu’il proposera dans son prochain rapport une stratégie de transition détaillée pour la Mission, dont il rappelle que l’Assemblée générale lui a alloué de 44 614 400 dollars par mois jusqu’au 30 juin 2008.


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