20/09/2007
Conseil de sécurité
CS/9123

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5745e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ APPROUVE LE RETRAIT PROGRESSIF DES EFFECTIFS MILITAIRES ET DE POLICE DE LA MISSION DE L’ONU AU LIBÉRIA


Il proroge le mandat de la MINUL jusqu’au 30 septembre 2008


Le Conseil de sécurité a décidé, ce matin, de proroger le mandat de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) jusqu’au 30 septembre 2008, tout en approuvant les recommandations du Secrétaire général visant à un retrait progressif de ses effectifs militaires et de police.


Par la résolution 1777 (2007), adoptée à l’unanimité, le Conseil de sécurité approuve également la recommandation du Secrétaire général, contenue dans son dernier rapport, tendant à la réduction de 2 450 soldats des effectifs déployés de la composante militaire de la MINUL au cours de la période allant d’octobre 2007 à septembre 2008.


De même, le Conseil approuve la réduction de 498 conseillers de la composante de police de la MINUL au cours de la période allant d’avril 2008 à décembre 2010.


Le Conseil de sécurité, qui considère que la situation au Libéria continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région, souligne qu’il examinera avant le 30 septembre 2008 les recommandations du Secrétaire général visant à de nouvelles réductions des effectifs de la MINUL, compte tenu de l’état de sécurité au Libéria et dans la sous-région.


Le Conseil réaffirme enfin son intention d’autoriser le Secrétaire général à redéployer en tant que de besoin, à titre temporaire, des contingents entre la MINUL et l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).


Actuellement, les effectifs militaires de la MINUL se composent de 14 141 soldats, tandis que sa force de police comprend 1 180 hommes.


Dans son rapport, où il relate les principaux faits survenus au Libéria depuis mars 2007, et présente un plan détaillé pour le retrait de la MINUL, le Secrétaire général observe que le gouvernement de la Présidente Johnson-Sirleaf a fait de grands progrès en matière de consolidation de la paix et de promotion de la relance économique.  Néanmoins, ajoute-t-il, il reste beaucoup à faire, la consolidation de la paix et la refonte des institutions de l’État n’en étant qu’à leur tout début.


LA SITUATION AU LIBÉRIA


Texte du projet de résolution (S/2007/549)


Le Conseil de sécurité,


Rappelant ses résolutions et les déclarations de son président concernant la situation au Libéria et dans la sous-région, en particulier ses résolutions 1750 (2007) du 30 mars 2007, 1712 (2006) du 29 septembre 2006, 1626 (2005) du 19 septembre 2005, et 1509 (2003) du 19 septembre 2003,


Se félicitant du rapport du Secrétaire général en date du 8 août 2007 (S/2007/479),


Se félicitant également des efforts que le Gouvernement libérien ne cesse de déployer pour améliorer la gouvernance et lutter contre la corruption, ainsi que des mesures importantes qu’il a prises pour reprendre et affermir le contrôle des ressources naturelles du Libéria,


Notant les progrès obtenus pour ce qui est de reconstituer, d’équiper et de déployer la Police nationale libérienne et pour entamer la restructuration des Forces armées du Libéria ainsi que pour bâtir un appareil de sécurité dans le pays, et encourageant le Gouvernement libérien, en coopération avec la communauté internationale, à accélérer son action dans ces domaines,


Remerciant la communauté internationale, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine de continuer d’apporter leur soutien,


Rendant hommage à la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), sous la direction du Représentant spécial du Secrétaire général, pour le concours non négligeable qu’elle continue d’apporter au maintien de la paix et de la stabilité au Libéria, et se félicitant de l’étroite coopération entre la MINUL et l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), ainsi qu’avec les gouvernements voisins, aux fins de la coordination des activités relatives à la sécurité dans les zones frontalières de la sous-région,


Notant en s’en félicitant les progrès notables qui ont été faits dans la réinsertion des ex-combattants et considérant qu’il reste nécessaire de créer des emplois dans le secteur formel,


Se félicitant des progrès accomplis dans le sens de la réalisation des objectifs définis dans le rapport du Secrétaire général en date du 12 septembre 2006, et des efforts que la MINUL continue de déployer afin de promouvoir et défendre les droits de la femme, et demandant aux autorités libériennes de poursuivre leur coopération avec l’équipe de pays des Nations Unies et la société civile en vue de suivre de nouveaux progrès dans ces domaines, et en particulier de lutter contre la violence sexiste, l’exploitation et les abus sexuels,


Reconnaissant qu’il reste, pour consolider la transition du Libéria après le conflit, à surmonter d’énormes difficultés qui ont trait à la consolidation de l’autorité de l’État, aux énormes besoins de développement et de reconstruction, à la réforme de la justice, à l’instauration de l’état de droit dans l’ensemble du pays, à la poursuite du développement des forces de sécurité et de l’appareil de sécurité du pays,


Réitérant que le Tribunal spécial pour la Sierra Leone continue d’avoir besoin de l’appui de la MINUL pour assurer sa sécurité,


Considérant que la situation au Libéria continue de menacer la paix et la sécurité internationales dans la région,


Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,


1.    Décide de proroger le mandat de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) jusqu’au 30 septembre 2008;


2.    Réaffirme son intention d’autoriser le Secrétaire général à redéployer en tant que de besoin, à titre temporaire, des contingents entre la MINUL et l’ONUCI, conformément aux dispositions de la résolution 1609 (2005);


3.    Approuve la recommandation du Secrétaire général tendant à la réduction de 2 450 soldats des effectifs déployés de la composante militaire de la MINUL au cours de la période allant d’octobre 2007 à septembre 2008;


4.    Approuve également la recommandation du Secrétaire général tendant à la réduction de 498 conseillers de la composante de police de la MINUL au cours de la période allant d’avril 2008 à décembre 2010;


5.    Prie le Secrétaire général de suivre les progrès dans le sens de la réalisation des objectifs clefs détaillés au paragraphe 66 de son rapport du 8 août 2007 (S/2007/479), et de tous objectifs plus précis qui pourraient être recommandés par la suite, par lui-même ou son Représentant spécial, de lui rendre compte de ces progrès dans les six mois suivant la date d’adoption de la présente résolution, et de lui recommander, suivant l’ampleur de ces progrès, le 15 août 2008 au plus tard, d’éventuelles nouvelles réductions de la composante militaire de la MINUL, ainsi que de confirmer, le cas échéant, sa recommandation tendant à la réduction de la composante de police de la MINUL à condition que des progrès suffisants aient été accomplis en matière de formation de la police;


6.    Entend examiner avant le 30 septembre 2008 les recommandations du Secrétaire général tendant à de nouvelles réductions des effectifs de la MINUL, compte tenu de l’état de sécurité au Libéria et dans la sous-région;


7.    Décide de rester activement saisi de la question.



Quinzième rapport périodique du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies au Libéria (S/2007/479)


Le Secrétaire général présente, dans ce rapport, qui rend compte des principaux faits nouveaux survenus au Libéria depuis mars 2007, un plan détaillé pour le retrait de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), dont le mandat actuel expire le 30 septembre 2007, ainsi que des recommandations précises sur le niveau de ses effectifs.  Il recommande également que le mandat de la Mission soit reconduit pour une période d’un an, jusqu’en septembre 2008.


Une mission d’évaluation technique interdépartementale, dirigée par le Département des opérations de maintien de la paix, s’est rendue au Libéria du 11 au 22 juin pour recueillir les informations nécessaires pour préparer ledit plan.


Le Secrétaire général recommande, au vu des nombreuses difficultés avec lesquelles le Libéria est encore aux prises, surtout la complexité et la fragilité de la situation sur le plan de la sécurité, que le Conseil de sécurité approuve le plan de retrait décrit dans ce rapport, ainsi que le niveau des effectifs et le plan d’aménagement de la composante police de la MINUL qui y sont exposés.  Ce plan, précise le Secrétaire général, est le fruit de consultations étroites menées avec le Gouvernement libérien, les acteurs nationaux et les partenaires du Libéria.


La MINUL et la mission d’évaluation technique ont établi un cadre qui prévoit le retrait de la composante militaire de la Mission en trois phases.  Au cours de la première phase, 2  450 soldats (trois bataillons et trois compagnies d’infanterie) seraient rapatriés, ce qui ramènerait les effectifs de la Mission à 11 691 personnes.


La deuxième phase consisterait surtout à réorganiser les quatre secteurs militaires existants pour qu’il n’y en ait plus que deux.  Cela supposerait de rapatrier quelque 500 militaires appartenant à deux états-majors de secteur, notamment des officiers d’état-major, des observateurs militaires et deux unités médicales, ainsi que des officiers du quartier général de la Mission.  À la fin de cette phase, les effectifs de la Mission s’établiraient à 11 191 personnes.


Au cours de la troisième phase, deux autres bataillons ainsi que plusieurs unités régionales (2 191 personnes) seraient rapatriés, ce qui ramènerait l’ensemble des effectifs de la MINUL à 9 000 personnes.


La première phase commencerait en octobre 2007 et se terminerait en septembre 2008.  Elle serait suivie d’une période d’examen de trois mois (jusqu’en décembre 2008) visant à évaluer la stabilité de la nouvelle structure dans son ensemble, ainsi que les progrès réalisés concernant le renforcement de l’administration et de l’autorité de l’État dans les 15 comtés, de même que l’évolution de la situation dans la sous-région, compte tenu notamment des élections qui doivent avoir lieu en Côte d’Ivoire et en Guinée.  La deuxième phase débuterait en janvier 2009 pour se terminer en août de la même année.  Un objectif clef, dont la réalisation serait mesurée pendant cette période, est la formation d’une unité d’intervention rapide de la police qui devrait s’achever en juillet 2009 au plus tard.  La troisième phase se déroulerait alors de septembre 2009 à décembre 2010.


S’agissant de la composante police, la mission d’évaluation technique, en consultation avec la MINUL, a recommandé le rapatriement progressif de 498 conseillers pour les questions de police en sept phases se déroulant entre avril 2008 et décembre 2010.  En revanche, les 18 agents des services pénitentiaires qui font partie des effectifs policiers de la Mission resteront en poste.


D’une manière générale, le Secrétaire général observe que le gouvernement de la Présidente Johnson-Sirleaf a fait de grands progrès en matière de consolidation de la paix et de promotion de la relance économique au Libéria.  Néanmoins, ajoute-t-il, il reste beaucoup à faire, la consolidation de la paix et la refonte des institutions de l’État n’en étant qu’à leur tout début.


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