27/08/2007
Conseil de sécurité
CS/9103

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Conseil de sécurité

5734e séance – après-midi


LE CONSEIL SE DÉCLARE DISPOSÉ À AUTORISER UNE PRÉSENCE MULTIDIMENSIONNELLE DANS L’EST DU TCHAD ET LE NORD-EST DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


À l’issue de consultations officieuses sur la situation au Tchad, en République centrafricaine et dans la sous-région, le Représentant permanent adjoint de la République du Congo, M. Pascal Gayama, dont le pays assume la présidence du Conseil de sécurité pour le mois d’août, a fait aujourd’hui, au nom des membres du Conseil, la déclaration suivante: 


Le Conseil de sécurité se déclare une fois de plus préoccupé par l’insécurité qui règne dans la zone frontalière entre le Soudan, le Tchad et la République centrafricaine, et de la menace qu’elle fait peser sur la population civile et la conduite des opérations humanitaires.


Le Conseil, à la suite de l’adoption de sa résolution 1769 (2007), accueille avec satisfaction le rapport du Secrétaire général en date du 10 août 2007 (S/2007/488), qui propose un nouveau concept d’opérations pour une présence multidimensionnelle destinée à contribuer à la protection des réfugiés, des personnes déplacées et des populations civiles en danger dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine et à faciliter la fourniture de l’assistance humanitaire.


Le Conseil prend note des observations et propositions du Secrétaire général relatives aux éléments militaires de cette présence multidimensionnelle.  Il se félicite que l’Union européenne soit disposée, comme elle l’a indiqué lors de la réunion du Conseil de l’Union des 23 et 24 juillet 2007, à envisager la mise en place d’une opération qui viendrait appuyer la présence des Nations Unies dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine.


Le Conseil encourage le Secrétaire général et l’Union européenne à poursuivre, selon qu’il convient et en consultation avec les Gouvernements tchadien et centrafricain, la préparation de cette présence multidimensionnelle.  Il prie le Secrétaire général d’étudier, en consultation avec les deux Gouvernements, les dispositions de suivi de cette présence multidimensionnelle à l’issue d’une période de 12 mois, notamment en fonction d’une évaluation conjointe des besoins qui sera conduite par l’Organisation des Nations Unies et l’Union européenne six mois après le déploiement de la présence multidimensionnelle.


Le Conseil se déclare disposé à autoriser la mise en place d’une présence multidimensionnelle dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine, en tenant compte des recommandations du rapport du Secrétaire général et de la position desGouvernements tchadien et centrafricain.


Le Conseil encourage le Secrétaire général et l’Union européenne à continuer de collaborer avec l’Union africaine et les acteurs régionaux en vue de soutenir le processus actuel visant à améliorer la sécurité au Soudan, au Tchad et en République centrafricaine.


Le Conseil prie le Secrétaire général de continuer à le tenir étroitement informé des préparatifs de chaque élément de cette présence multidimensionnelle, y compris des nouveaux détails sur la structure, les modalités et les niveaux de force.


Le Conseil salue la signature le 13 août 2007 à N’Djamena de l’Accord politique en vue du renforcement du processus démocratique au Tchad.  Il encourage les autorités et les acteurs politiques du Tchad et de la République centrafricaine à poursuivre leurs efforts en matière de dialogue national, dans le respect du cadre constitutionnel.


LA SITUATION AU TCHAD, EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE ET DANS LA SOUS-RÉGION


Rapport du Secrétaire général sur le Tchad et la République centrafricaine (S/2007/488)


Dans ce rapport, le Secrétaire général recommande au Conseil de sécurité d’annoncer son intention d’autoriser la mise en place de la présence multidisciplinaire proposée dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine.  Entre-temps, écrit-il, l’ONU et l’Union européenne avanceraient dans leur planification afin de présenter au Conseil, dans les semaines à venir, des détails précis sur la présence multidisciplinaire internationale proposée. 


Une telle présence multidisciplinaire, qui serait composée d’un personnel militaire et policier international ainsi que de spécialistes des affaires civiles, des droits de l’homme et d’autres composantes civiles, avait été envisagée dans le précédent rapport du Secrétaire général, daté du 23 février 2007, dans le cadre de recommandations visant à mettre fin à l’instabilité régnant le long des frontières entre le Soudan, le Tchad et la République centrafricaine et de lever la menace qu’elle fait planer sur la sécurité des populations civiles, notamment les réfugiés et les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et sur la conduite des opérations humanitaires dans la région.


Le Secrétaire général souligne dans le présent rapport que la situation humanitaire dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine ne laisse apparaître aucun signe d’amélioration.  En plus des 236 000 réfugiés et des 170 000 personnes déplacées dans l’est du Tchad, il y a environ 700 000 personnes dans les communautés d’accueil qui sont directement touchées par l’instabilité et la violence sporadique dans la région. 


Le concept révisé d’une présence multidisciplinaire internationale offre, selon lui, une possibilité unique d’améliorer la sécurité de ces populations civiles et de contribuer à la création d’un environnement où les organisations humanitaires puissent s’acquitter de leurs tâches cruciales.


Le déploiement d’une présence multidisciplinaire internationale autorisée par les Nations Unies dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine pourrait avoir une forte incidence positive sur la sécurité dans la région, estime-t-il.  De l’avis du Secrétaire général, une solution durable à la crise dans la région passe obligatoirement, comme au Soudan, par des accords politiques.  Ces accords ne sont possibles que si les dirigeants et les gouvernements de ces trois pays mobilisent la volonté politique d’engager un dialogue sérieux et de créer la possibilité de répondre à des griefs légitimes.  La communauté internationale a un rôle important à jouer et doit souligner qu’une paix durable ne peut être instaurée que par le dialogue et la réconciliation, réaffirme-t-il.


Le Secrétaire général observe que les Nations Unies, l’Union européenne et les autorités tchadiennes devront coordonner leurs activités très étroitement, dès le stade de la planification.  Sous réserve de la décision du Conseil de sécurité, il faudrait, a-t-il recommandé, intensifier cette coopération afin de garantir la compatibilité de l’approche, puisque la composante militaire de l’Union européenne serait conçue de manière à tenir compte de la police, de l’appui à la mission et des aspects civils de la présence multidisciplinaire des Nations Unies.


Le Secrétaire général juge en outre extrêmement important de prendre des dispositions pour établir des mécanismes de liaison et de coordination efficaces et solides à N’Djamena et à Abéché, mais également à New York et à Bruxelles, le cas échéant.  Au Tchad, ces mécanismes de coordination bénéficieraient de l’appui logistique des Nations Unies, afin que la présence multidisciplinaire des Nations Unies, la force de l’Union européenne et l’unité spéciale de la gendarmerie tchadienne chargée du maintien de l’ordre collaborent de façon harmonieuse.


Pour le Secrétaire général, ces propositions doivent également être considérées dans le contexte d’une situation qui évolue rapidement au Darfour et, en particulier, l’acceptation par le Gouvernement soudanais de la phase d’assistance renforcée et d’une opération hybride de l’Union africaine et des Nations Unies.  Les deux déploiements –l’un au Darfour et l’autre dans l’est du Tchad et le nord-est de la République centrafricaine– auraient une incidence sur la sécurité dans la région, qu’il faudrait prendre en compte et suivre de très près, écrit-il.  Les progrès qui seront accomplis sur le plan politique au Darfour auront également une incidence, puisqu’ils entraîneront probablement plus de stabilité au Darfour et la possibilité d’un retour à terme des réfugiés soudanais actuellement au Tchad et en République centrafricaine, estime le Secrétaire général.


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