7 mars 2007
Conseil de sécurité
CS/8967

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Conseil de sécurité

5636e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DEMANDE INSTAMMENT AU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE CONTINUER DE NOMMER PLUS DE FEMMES COMME REPRÉSENTANTES ET ENVOYÉES SPÉCIALES


Il demande aussi aux États Membres de faire en sorte que les femmes participent à tous les niveaux de prise de décisions pour la prévention et le règlement des différends


À l’issue de consultations officieuses, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de mars, M. Dumisani Kumalo de l’Afrique du Sud, a fait au nom des membres du Conseil la déclaration suivante:


Le Conseil de sécurité réaffirme sa volonté de voir appliquer intégralement et efficacement sa résolution 1325 (2000) sur les femmes et la paix et la sécurité et rappelle les déclarations faites par son Président, réitérant cette volonté.


Le Conseil rappelle le Document final du Sommet mondial de 2005 (A/RES/60/1), la Déclaration et le Programme d’action de Beijing (A/CONF.177/20/Rev.1), le Document final de la Conférence et de la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale, intitulé « Les femmes en 2000: égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIe siècle » (A/S-23/10/Rev.1), ainsi que la Déclaration faite par la Commission de la condition de la femme à sa quarante-neuvième session, à l’occasion du dixième anniversaire de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes (E/CN.6/2005/11).


Le Conseil réaffirme le rôle important que les femmes jouent dans la prévention et le règlement des conflits et dans la consolidation de la paix et souligne qu’il importe qu’elles participent sur un pied d’égalité à tous les efforts visant à maintenir et à promouvoir la paix et la sécurité et qu’elles y soient pleinement associées, et qu’il convient de les faire participer davantage aux décisions prises en vue de la prévention et du règlement des différends.


Le Conseil demande instamment aux États Membres de faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions dans les institutions et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends.


Le Conseil demande instamment au Secrétaire général de continuer de nommer plus de femmes parmi les Représentants et Envoyés spéciaux chargés de missions de bons offices en son nom, et, à cet égard, demande aux États Membres de communiquer au Secrétaire général le nom de candidates pouvant être inscrites dans une liste centralisée régulièrement mise à jour.


Le Conseil reconnaît que la protection et l’autonomisation des femmes, ainsi que l’appui à leurs réseaux et à leurs initiatives, sont essentiels pour consolider la paix et pour promouvoir leur participation pleine et égale et améliorer leur sécurité et encourage les États Membres, les donateurs et la société civile à leur fournir un appui à cet égard.


Le Conseil reconnaît qu’il est urgent de redoubler d’efforts pour incorporer dans les opérations de maintien de la paix une démarche soucieuse d’égalité entre les sexes et, à cet égard, prend note de la Déclaration de Windhoek et du Plan d’action de Namibie sur l’intégration d’une démarche soucieuse d’égalité entre les sexes dans les opérations de paix multidimensionnelles (S/2000/693).


Le Conseil demande instamment au Secrétaire général d’accroître le rôle et la contribution des femmes dans les opérations des Nations Unies sur le terrain, y compris au niveau de la prise de décisions, et en particulier en qualité d’observateurs militaires, de membres de la police civile, de spécialistes des droits de l’homme et de membres d’opérations humanitaires.


Le Conseil souligne la nécessité de faire une place à une composante femmes dans les opérations de maintien de la paix, selon qu’il y a lieu, et se félicite de la politique des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, qui vise à promouvoir et à protéger les droits des femmes et à prendre en compte une démarche soucieuse d’égalité entre les sexes, conformément à la résolution 1325 (2000).


Le Conseil réaffirme aussi la nécessité de respecter scrupuleusement les dispositions des instruments relatifs aux droits de l’homme et du droit international humanitaire, dont les quatre Conventions de Genève, qui protègent les droits des femmes et des filles pendant et après les conflits.


Le Conseil demeure profondément préoccupé par l’omniprésence de toutes les formes de violence contre les femmes et les filles dans les conflits armés, dont les meurtres, les mutilations, les violences sexuelles graves, les enlèvements et la traite.  Il condamne à nouveau ces pratiques avec la plus grande fermeté et demande à toutes les parties à un conflit armé de prendre des mesures spécifiques pour protéger les femmes et les filles contre les actes de violence sexiste, en particulier le viol et les autres formes de violences sexuelles ainsi que contre toutes les autres formes de violence survenant dans les situations de conflit armé.


Le Conseil souligne qu’il faut mettre fin à l’impunité des actes de violence sexiste dans les situations de conflit armé et que tous les États ont l’obligation de mettre fin à l’impunité et de poursuivre en justice ceux qui sont accusés de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, y compris toutes les formes de violence sexiste et autre contre les femmes et les filles, et à cet égard fait valoir qu’il est nécessaire d’exclure si possible ces crimes du bénéfice des mesures d’amnistie.


Le Conseil prie le Secrétaire général de veiller à ce que les programmes de désarmement, de démobilisation et de réinsertion tiennent spécifiquement compte de la situation des femmes et des filles associées aux forces armées et à des groupes armés, ainsi que de celle de leurs enfants, et à ce qu’ils aient pleinement accès à ces programmes.


Le Conseil demande à nouveau aux États Membres de continuer à mettre en œuvre la résolution 1325 (2000), notamment en élaborant et en appliquant des plans d’action nationaux ou autres stratégies nationales.


Le Conseil reconnaît l’importante contribution qu’apporte la société civile à l’application de la résolution 1325 (2000) et encourage les États Membres à continuer de collaborer avec elle, en particulier avec les organisations et les réseaux locaux de femmes, afin de renforcer la mise en œuvre de ce texte.


Le Conseil décide de rester activement saisi de la question et exprime sa volonté de voir appliquer intégralement sa résolution 1325 (2000).


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