14/11/2007
Assemblée générale
AG/EF/3200

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Deuxième Commission

27e séance - matin


LA DEUXIÈME COMMISSION DÉBAT DES PRÉPARATIFS DE LA CONFÉRENCE DE SUIVI SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT, PRÉVUE EN 2008 À DOHA


Trois semaines après la tenue, à l’Assemblée générale, du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, la Deuxième Commission a débattu, ce matin, des modalités qui devraient régir l’organisation de la Conférence de suivi de la mise en œuvre des engagements pris à l’issue de la Conférence de Monterrey sur le financement du développement.  Cette Conférence de suivi, la première organisée pour l’évaluation de la mise en œuvre des engagements du Consensus de Monterrey, se tiendra à Doha en 2008.


M. Oscar de Rojas, Directeur du Bureau du financement du développement du Département des affaires économiques et sociales (DESA), qui présentait les rapports pertinents du Secrétaire général, s’est dit très encouragé par le travail effectué par les deux Facilitateurs, les représentants de l’Égypte et de la Norvège, qui ont été désignés pour assister les États Membres dans les préparatifs de la Conférence de Doha.  Il a constaté que les consultations se poursuivaient, notamment sur certains aspects concernant les procédures de la Conférence.  M. De Rojas a, en outre, indiqué que le Président de l'Assemblée générale présentera bientôt un résumé des travaux qui ont lieu dans le cadre du Dialogue de haut niveau, afin d’en tirer des leçons avant Doha. 


Cette Conférence de suivi doit permettre l’évaluation objective de la mise en œuvre des engagements de Monterrey et identifier les moyens de l’accélérer, ont souligné les délégations.  Celle du Pakistan, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a notamment souhaité que la Conférence se tienne au niveau d’un Sommet de chefs d’États, arguant que tout autre niveau de participation pourrait réduire l’importance du Consensus de Monterrey.  Plusieurs délégations, à l’instar de celle du Bangladesh, ont également relevé l’importance d’assurer une pleine participation des pays en développement, et particulièrement des PMA, des pays sans littoral et des petits États insulaires en développement, en leur offrant notamment le soutien financier dont ils ont besoin.  Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, la délégation du Pakistan a indiqué qu’une résolution serait soumise à la Commission sur la rencontre de Doha.  « Nous pensons cependant qu’il revient au Qatar de décider des dates exactes de tenue de la Conférence », a déclaré le représentant pakistanais.  La délégation du Qatar a indiqué qu’elle souhaitait qu’un consensus se dégage sur les modalités d’organisation de la Conférence et a souligné que l’Émir du Qatar avait tenu à accueillir cette rencontre dans l’espoir de voir ses travaux favoriser une meilleure répartition des bénéfices de la mondialisation et un recul de la pauvreté.


D’une manière générale, des délégations, à l’instar de celle de la République de Corée, ont relevé l’importance de consolider les mécanismes de dialogue entre les pays développés et les pays en développement, à l’instar de celui offert par la prochaine Conférence de Doha, et ce, dans le but de donner un nouvel élan aux partenariats pour le développement. 


Ce matin, en début de séance, les délégations de la Deuxième Commission ont été saisies de deux projets de résolution respectivement relatifs aux partenariats mondiaux1 et à l’Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche2.


Outre celles déjà citées, les délégations suivantes ont pris part au débat sur la mise en œuvre et le suivi des textes issus de la Conférence internationale sur le financement du développement: Qatar; Inde; Pérou; Népal; et Jamahiriya arabe libyenne.


La prochaine séance plénière de la Deuxième Commission sera annoncée dans le Journal.


1A/C.2/62/L.33

2A/C.2/62/L.34



MISE EN ŒUVRE ET SUIVI DES TEXTES ISSUS DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT


Dialogue de haut niveau sur l’application des textes issus de la Conférence internationale sur le financement du développement


Présentation de rapport


M. OSCAR DE ROJAS, Directeur du Bureau du financement pour le développement au Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DESA), a brièvement présenté le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre et le suivi des textes issus de la Conférence internationale sur le financement du développement (A/62/217), ainsi que celui relatif à la dimension régionale de cette mise en œuvre et de ce suivi (A/62/190).  Il a souligné que le premier document avait été préparé avec les principaux acteurs institutionnels qui participent au processus du financement du développement, et que le deuxième rapport avait été élaboré par les commissions régionales.  M. De Rojas a par ailleurs rappelé qu’un Dialogue de haut niveau avait lieu à l'Assemblée générale il y a deux semaines sur la question du financement du développement.  Il a estimé que le Dialogue avait été très productif et avait permis d’ouvrir « la route qui nous mène vers Doha », où aura lieu, en 2008, la Conférence de suivi de la mise en œuvre des engagements pris à l’issue de la Conférence de Monterrey sur le financement du développement, tenue en 2002 au Mexique.  Dans cette perspective, M. de Rojas s’est dit très encouragé par le travail effectué par les deux facilitateurs désignés pour les préparatifs de la Conférence de Doha, qui sont les Représentants permanents de l’Égypte et de la Norvège auprès des Nations Unies.  Il a constaté que les consultations se poursuivaient et qu’il fallait encore régler certains aspects des procédures.  Enfin, il a noté que le Président de l'Assemblée générale devait bientôt présenter un résumé des travaux qui ont lieu dans le cadre du Dialogue de haut niveau, afin d’en tirer des leçons avant Doha.


Débat général


M. ASAD M. KHAN (Pakistan) qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé que les États membres de ce grand Groupe accordent une grande priorité au suivi du Consensus de Monterrey, plus particulièrement à l’heure où les délégations préparent la tenue de la Conférence de suivi sur le financement du développement qui se tiendra à Doha en 2008.  Il a, à cet égard, estimé que le Dialogue de haut-niveau, qui s’est déroulé à New York les 23 et 24 octobre derniers, a grandement contribué à la préparation de cette Conférence.  Rappelant que la Deuxième Commission adoptera prochainement une résolution relative à celle-ci, il a indiqué que le Groupe des 77 et la Chine souhaitent que la date de la tenue de la rencontre soit fixée par l’État du Qatar, qui accueillera la Conférence.  Le Groupe des 77 et de la Chine préfère d’autre part que l’examen de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey soit conduit à un haut niveau de « sommet multilatéral », tout autre niveau de participation pouvant réduire l’importance du Consensus de Monterrey.  En ce qui concerne le format de la Conférence, le Groupe des 77 et la Chine pense qu’elle devrait se dérouler autour d’un débat général et de tables rondes.  Ces dernières pourraient être au nombre de six, en accord avec les six grands chapitres du Consensus de Monterrey,a précisé M. Khan.  Une attention spéciale devra en outre être consacrée à assurer la pleine participation des pays en développement, et plus particulièrement des pays les moins avancés, des pays sans littoral en développement et des petits États insulaires en développement.  S’agissant des modalités des processus préparatoires à la tenue de la Conférence, il est important d’adopter une approche inclusive et transparente qui assure la pleine participation de tous les État Membres, a insisté le représentant du Pakistan.  M. Khan a réitéré, à cet égard, la pertinence des apports régionaux aux processus préparatoires et a souhaité que les commissions économiques régionales puissent y participer pleinement.  Enfin, s’agissant du résultat de la future Conférence, il a souhaité qu’il prenne la forme d’un document négocié qui donne une nouvelle vigueur au processus de Monterrey.


Le représentant a tenu à rappeler aux délégations de la Deuxième Commission la teneur de la déclaration faite, le 23 octobre dernier, par sa délégation lors du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement.  Conduite par Mme Hina Rabbani Khar, Ministre de l’économie, la délégation pakistanaise avait alors rappelé que le Groupe des 77 et de la Chine attachait une grande importance au suivi du Consensus de Monterrey et regretté que les engagements contenus dans ce Consensus souffrent d’un profond déficit de mise en œuvre.  Elle avait fait remarquer que malgré des initiatives en faveur de l’allégement et de la gestion de la dette, le total de la dette extérieure des pays en développement avait augmenté.  La délégation avait aussi souligné que les niveaux actuels de l’aide publique au développement (APD) étaient encore loin des objectifs internationalement agréés tout en mettant l’accent sur l’impasse dans laquelle sont les négociations commerciales du Cycle de Doha et sur les lacunes du système financier international.  La situation exige que nous redoublions nos efforts pour mettre un terme à ces insuffisances et renverser ces tendances par le biais d’un véritable partenariat mondial en faveur du développement, avait-t-elle affirmé. 


Au nom du Groupe des 77 et de la Chine, la délégation pakistanaise avait ainsi souhaité une augmentation des flux d’APD afin de parvenir aux objectifs de consacrer 0,7% du PNB des pays industrialisés à cette assistance.  De plus, elle avait estimé qu’il fallait explorer des sources novatrices de financement du développement, et avait mis en avant, à cet égard, le rôle du nouveau Forum de coopération pour le développement du Conseil économique et social, qui rassemble donateurs, pays bénéficiaires et société civile.  S’agissant des investissements étrangers directs (IED), elle avait souhaité que la Conférence d’évaluation de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey, prévue à Doha, soit l’occasion d’élaborer un plan d’action afin de renforcer la capacité des économies vulnérables à attirer ces flux de capitaux.  La Ministre de l’économie du Pakistan avait insisté sur l’importance de la viabilité de la dette, estimant que ce concept devait être lié à la capacité d’un pays à parvenir à atteindre ses objectifs nationaux de développement.  Par ailleurs, la Ministre avait plaidé en faveur d’une réforme de l’architecture financière internationale, y compris par le renforcement des droits de vote des pays en développement.  Elle avait aussi demandé la prise de mesures urgentes pour pouvoir atténuer les conséquences de la volatilité des flux de capitaux de capitaux à court terme.  La délégation du Pakistan avait enfin appelé les pays développés à faire preuve de flexibilité et de volonté politique en cequi concerne l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement les négociations commerciales du Cycle de Doha.


M. MUHAMMAD ALI SORCAR (Bangladesh) a déclaré que le Consensus de Monterrey avait marqué un tournant dans l’approche de la mobilisation de ressources pour le financement du développement.  Il a cependant estimé que des faiblesses et des déficits persistaient dans ce domaine.  M. Ali Sorcar a souligné que les pays les moins avancés (PMA) ne pouvaient pas jouir des bénéfices du commerce, en raison de nombreux obstacles posés à leurs activités d’exportation, dont principalement, des subventions néfastes; des barrières non tarifaires, et des normes artificielles imposées par les pays développés importateurs.  Il a estimé que les négociations du Cycle de Doha devaient être conclues rapidement et que les besoins et intérêts spécifiques des PMA devaient être placés au centre des résultats finaux de ce Cycle de négociations commerciales.  Le représentant a déclaré que les pays développés et ceux en développement pouvant le faire devaient donner un accès sans contingentement et en franchise de droits à tous les produits en provenance des PMA.  Il a d’autre part souhaité que les capacités commerciales des PMA soient renforcées, notamment en opérationnalisant au plus vite l’Initiative « Aide pour le commerce ».  M. Ali Sorcar a par ailleurs demandé l’annulation des dettes de tous les PMA et a demandé que les pays donateurs respectent leurs engagements en matière d’aide publique au développement (APD).  S’agissant de la Conférence de suivi du Consensus de Monterrey, M. Ali Sorcar a argué qu’il fallait faire une évaluation objective de la mise en œuvre des engagements de Monterrey afin d’identifier les moyens d’accélérer celle-ci.  Il a déclaré que le processus de préparation de cette Conférence devait se faire de manière transparente et inclusive et a aussi appuyé l’idée que la Conférence se tienne au niveau d’un Sommet de chefs d’États.  Le représentant du Bangladesh a en outre souhaité que la participation des pays en développement, et particulièrement celle des PMA, soit assurée, notamment en leur accordant le soutien financier dont ils ont besoin.


M. ALASMAKH (Qatar) a regretté que les efforts déployés par les pays en développement dans le but d’améliorer leur situation économique, financière et sociale, n’aient pas été entièrement couronnés de succès.  Il a, à cet égard, fait observer que la mondialisation, pourtant moteur de création d’une richesse sans précédent pour les pays développés, n’a pas profité aux pays en développement.  Les disparités entre pays développés et pays en développement obligent à remettre en cause la durabilité du système économique actuel, a-t-il fait valoir à cet égard.  Il a déclaré que la communauté internationale devrait adopter des politiques et des approches qui fassent de la croissance et de la prospérité une réalité commune à tous les pays.  Le représentant a fait observer que les pays développés ne peuvent pas prétendre aider les pays en développement en leur fournissant un appui, alors qu’ils les excluent dans le même temps des bénéfices du commerce en leur bloquant l’accès à leurs marchés.  Les pays développés doivent adopter des mesures pour permettre aux pays en développement de participer efficacement et pleinement à l’économie et au commerce mondiaux, a-t-il insisté, avant de relever l’importance d’une meilleure répartition des bénéfices de la croissance et de la mondialisation pour la lutte contre la pauvreté.  « C’est dans cet esprit que l’Émir du Qatar a accepté d’accueillir la première Conférence internationale de suivi de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey », a-t-il précisé, avant d’émettre l’espoir de voir la Deuxième Commission parvenir à un consensus sur les préparatifs de la Conférence de Doha.


M. SACHIN PILOT (Inde) a affirmé que le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, qui a eu lieu récemment à l'Assemblée générale  avait permis de faire le point sur la mise en œuvre des engagements pris lors de la Conférence de Monterrey.  Il a estimé que si les pays en développement avaient fait des efforts pour mobiliser leurs ressources internes et améliorer leurgouvernance, la communauté internationale restait à la traîne dans la réalisation de ses promesses.  M. Pilot a ainsi constaté que les flux d’aide publique au développement (APD) étaient en dessous des objectifs promis; que l’allégement de la dette n’avait pas libéré des sommes supplémentaires pur le développement; et que les subventions versés par les pays développés à leurs producteurs et exportateurs agricoles étaient toujours en place.  De même, l’accès aux marchés des pays riches reste limité, ce qui pénalise les pays en développement, a noté Sachin Pilot.  Il a insisté sur le fait que l’architecture financière internationale n’avait toujours pas été restructurée et que les pays en développement ne disposaient pas encore d’une voix et d’une représentation adéquates dans les processus de prise de décisions et l’élaboration des normes économico-financières internationales.  Il a déclaré que l’examen qui aurait lieu lors de la Conférence de Doha devait se centrer sur les questions systémiques ainsi que sur les mécanismes à mettre en place pour assurer un meilleur suivi du Consensus de Monterrey.  M. Pilot a par ailleurs souligné le rôle important du secteur public en ce qui concerne les investissements pour le développement, et a rappelé, à cet égard, que l’APD était cruciale pour les pays en développement.  Il a argué que l’APD devait être stable et prévisible et devait venir compléter les efforts nationaux.  Soulignant l’importance de la création d’emplois, il a noté que les flux de capitaux internationaux devaient servir cet objectif.  Enfin, le représentant a mis en avant l’importance pour les pays en développement de disposer d’un espace et d’une marge de manœuvre politiques raisonnables, afin notamment de pouvoir élaborer des politique orientées vers l’emploi.


M. BAEJIN LIM (République de Corée) a fait observer que le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, tenu en octobre dernier, et auquel plus de 90 délégations d’États Membres ont participé, a constitué une occasion utile de procéder à un échange de vues.  En dépit de quelques désaccords sur les progrès et sur les processus de développement, tous les participants se sont accordés sur la nécessité d’institutionnaliser et consolider les mécanismes de dialogue entre les pays développés et les pays en développement, a-t-il précisé.  Il a souligné que, suivant cette idée, les pays développés devraient accorder une attention particulière aux besoins des pays en développement.  Malgré les efforts importants consentis par la communauté internationale, les progrès pour un accroissement de l’aide publique au développement ont été trop lents pour permettre une réduction substantielle de la pauvreté, a-t-il regretté.  Le représentant a fait remarquer que la question de la viabilité de la dette demeure également cruciale, plus particulièrement pour les pays les moins avancés.  Il a, de ce fait, rappelé l’importance de renforcer le dialogue entre les pays développés et les pays en développement, avant de souligner que la Conférence de suivi qui se tiendra à Doha en 2008 offre, à cet égard, une excellente opportunité.


M. GONZALO GUILLEN (Pérou) a estimé qu’il fallait raviver le partenariat mondial en faveur du développement.  Tout en rappelant que chaque pays était le premier responsable de son propre développement, il a toutefois insisté sur la nécessité d’établir un équilibre entre la promotion des systèmes de marché et la préservation de  l’intérêt public.  Dans ce cadre, il a affirmé qu’il fallait trouver les moyens et mécanismes permettant de combiner l’innovation du marché, la responsabilité sociale, et des règlementations adéquates.  Pour mieux mettre en œuvre les engagements de Monterrey, M. Guillen a estimé qu’il fallait mettre au point des mécanismes d’échange de dette, notamment en faveur de l’éducation, de la technologie et de l’innovation.  Il a aussi fait valoir qu’il fallait appuyer les communautés et les gouvernements nationaux et locaux afin de leur donner accès à des mécanismes novateurs de financement.  Le représentant a souhaité que soient identifiées les politiques qui permettraient aux investissements étrangers directs de mieux contribuer au développement durable et aux transferts de technologie.  Il a estimé qu’il fallait trouver le point de convergence entre les efforts de l’ONUet ceux des institutions de Bretton Woods, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du secteur privé et de la société civile.  Le représentant du Pérou a insisté sur l’importance de finaliser rapidement les négociations du Cycle de Doha en gardant à l’esprit la promotion du développement.  S’agissant de l’APD, il a indiqué que le Pérou était en faveur d’une diminution des conditionnalités accompagnant cette aide et de ses coûts de transaction.  Enfin, M. Guillen a estimé qu’il fallait examiner les moyens d’intégrer les pays à revenu intermédiaire à la coopération internationale.  Dans ce contexte, il a rappelé que sa délégation considérait que les envois de fonds des travailleurs migrants étaient des flux d’argent strictement privés et destinés à un usage purement familial. 


M. TIRTHA RAJ WAGLE (Népal) s’est réjoui que le Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, tenu en octobre au Siège, ait contribué efficacement à la préparation de la Conférence de suivi de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey, qui aura lieu à Doha, notamment en mettant en évidence la nécessité de forger des partenariats et de promouvoir des actions de collaboration.  Il a insisté sur l’importance d’assurer des processus préparatoires inclusifs et efficaces qui assurent la pleine participation de toutes les parties prenantes.  Les partenariats, a-t-il poursuivi, devraient viser à soutenir les efforts nationaux de développement en créant un climat favorable aux investissements; en assurant un accès spécial aux marchés pour les pays les moins avancés et les pays sans littoral en développement; en améliorant l’efficacité de l’aide publique au développement; en mettant en œuvre des mesures d’allègement de la dette; et en assurant la pleine participation de tous les pays au système financier international.  M. Raj Wagle a également insisté sur la nécessité d’améliorer la qualité et la prévisibilité de l’aide, et sur l’importance de l’amélioration de la coordination entre les différents donateurs.  Il s’est, à cet égard, dit d’avis que l’efficacité de l’aide et le succès des stratégies de développement peuvent être assurés par la promotion et le renforcement de l’appropriation nationale.  D’autre part, faisant référence aux défis posés par les changements climatiques, il a souligné qu’il importe de réfléchir à de nouveaux financements en faveur des moyens de lutte et d’adaptation aux effets de ces phénomènes, et de mener des recherches sur les impacts qu’ils ont sur les différents pays.  Cette réalité nous rappelle la nécessité d’améliorer le soutien financier et technique aux pays en développement, a dit le représentant.  L’investissement dans le développement des segments les plus pauvres du monde doit être considéré comme un investissement à long terme dans la paix, la sécurité et l’avancée du monde entier, a-t-il conclu.


M. ABDALLA SHABBAN (Jamahiriya arabe libyenne) a rappelé que la Conférence de Monterrey avait mis en avant le fait que le financement du développement était une responsabilité partagée.  Il a estimé que, lors de la Conférence de suivi de Doha, il faudra examiner avec objectivité ce qui empêche des progrès véritables dans l’application et le respect des engagements pris dans le cadre du Consensus de Monterrey.  Il a souligné que malgré les efforts des pays en développement, les flux d’investissements étrangers étaient toujours distribués de manière inégale, la plupart des pays en développement n’en bénéficiant pratiquement pas.  S’agissant du commerce, qu’il a qualifié d’«importante source de promotion du développement», il a espéré que le Cycle des négociations commerciales de Doha aboutirait à des résultats positifs qui prennent en compte les besoins des pays en développement.  Le représentant s’est également dit préoccupé par le fait que les pays en développement n’aient pas une part plus importante dans le commerce international.  La plupart d’entre eux dépendent d’un seul produit de base et nombreux sont ceux dont les exportations souffrent des difficultés d’accès aux marchés et des fluctuations des cours des produits de base, a-t-il rappelé.  Dans ce contexte, il a affirmé qu’il fallait renforcer les capacités productives de ces pays, notamment par la diversification de leurs productions, afin de leur permettre d’entrer en compétition sur les marchés internationaux.  Le représentant libyen a déclaré que les pays donateurs devaient respecter les engagements qu’ils avaient pris en matière d’APD; réduire les coûts de transaction, et renoncer à toute sélectivité dans l’octroi de cette aide.  Enfin, il a souligné la nécessité de prendre en considération les intérêts particuliers de l’Afrique qui fait face à de nombreux obstacles dans la réalisation des OMD.



Rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre et le suivi des textes issus de la Conférence internationale sur le financement du développement (A/62/217)


Ce rapport du Secrétaire général porte sur la mise en œuvre des accords conclus à la Conférence internationale sur le financement du développement tenue en 2002, à Monterrey au Mexique.  Il aborde les six grands domaines d’action du Consensus de Monterrey: mobilisation des ressources financières nationales pour le développement; mobilisation des ressources financières internationales pour le développement; commerce international; coopération financière et technique internationale; dette extérieure; et questions de cohérence des systèmes monétaires, financiers et commerciaux internationaux. 


S’agissant de la mobilisation des ressources financières nationales pour le développement, le Secrétaire général note que les pays en développement devraient accélérer leur croissance et diversifier leur secteur financier.  Ils devraient accorder une attention toute particulière à la création de marchés pour la dette à long terme libellée en monnaie nationale, et devraient notamment porter une très grande attention à la question des obligations libellées en monnaie nationale et renforcer le rôle des banques nationales de développement.  Ils devraient aussi faciliter le financement des investissements productifs, en particulier par l’intermédiaire des petites et moyennes entreprises; faciliter l’accès de toutes les couches de la population aux services financiers en favorisant le microcrédit et le microfinancement; mettre en place des services de contrôle adéquats, notamment, si besoin est, en adaptant les normes et les codes internationaux à leurs conditions et capacités nationales.


Sur la question de la mobilisation des ressources internationales pour le développement, le rapport indique que les investissements étrangers directs (IED) sont restés la principale composante des entrées de capitaux privés dans les pays en développement, se montant à quasiment 400 milliards de dollars en 2006.  Le Secrétaire général estime toutefois que pour attirer et absorber des flux de capitaux nationaux et internationaux, stables et à long terme, il est essentiel d’établir un climat propice aux affaires.  À cet égard, le Secrétaire général met en avant le rôle des organismes d’aide bilatéraux et multilatéraux qui peuvent apporter un appui technique pour, entres autres, améliorer la capacité des pays à mettre en œuvre des réformes législatives et réglementaires, à faciliter les investissements infrastructurels, ou à intégrer de nouvelles technologies.


Afin que le commerce serve de moteur au développement, le rapport appelle par ailleurs lespays en développement à inscrire leurs programmes de renforcement des capacités de production dans leurs politiques commerciales comme partie intégrante de leur stratégie de développement.  Le Secrétaire général y note que, dans leur ensemble, les pays en développement ont obtenu des résultats remarquables, mais que beaucoup restent à la traîne, leurs exportations étant toujours très concentrées dans une gamme restreinte de produits à base de ressources naturelles et de produits manufacturés à faible valeur ajoutée et donc peu rentables.  Le Secrétaire général fait valoir qu’en dépit des revers et suspensions qu’il a connus, le Cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha, dit « Cycle commercial pour le développement », continue à offrir une occasion unique d’appuyer le développement par la libéralisation du commerce.  Il estime que le résultat du Cycle de Doha devra présenter une dimension développement substantielle comportant de réelles possibilités commerciales, sous la forme, notamment, d’une très sensible amélioration et d’une augmentation de l’accès aux marchés des exportations de produits manufacturés, de produits de base et de services, et de leur admission sur les principaux marchés extérieurs des pays en développement.  Cette admission devrait comprendre l’octroi sans réserve, à tous les PMA, de l’accès en franchise de droits et sans contingentements à tous leurs produits à titre permanent.  Ban Ki-moon souligne aussi que les pays en développement devraient bénéficier d’une certaine flexibilité pour réduire les coûts de l’ajustement à la libéralisation du commerce et se doter des capacités de production requises pour soutenir la concurrence à l’échelle internationale.


En ce qui concerne la coopération financière et technique internationale, le rapport observe que l’aide publique au développement (APD) continue d’occuper une place essentielle dans le financement des objectifs de développement adoptés au niveau international, notamment les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  En dépit de l’évolution positive constatée depuis 2002 et des engagements pris, notamment lors du Sommet du Groupe des huit (G8) qui s’est tenu à Gleneagles en 2005, les montants actuels et les projections concernant les niveaux d’APD pour 2006-2010 demeurent bien en deçà des objectifs visés.  Le Secrétaire général fait valoir qu’il faut accroître d’urgence le volume global des flux d’aide - hors allégement de la dette, assistance technique et aide d’urgence- si l’on veut atteindre les objectifs internationaux de développement, y compris les Objectifs du Millénaire pour le développement, dont le coût de réalisation est estimé à 150 milliards de dollars.  S’agissant des sources novatrices de financement du développement, le rapport affirme que cette question devrait continuer de figurer au programme des réunions à venir, notamment de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement, qui aura lieu à Doha en 2008.  Il se félicite également des projets déjà lancés dans ce domaine, comme la taxe de solidarité sur le transport aérien, qui servira à améliorer l’accès aux traitements contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme.


Pour ce qui est de la dette extérieure, le rapport indique qu’il est urgent de procéder à un changement de paradigme en matière de restructuration de la dette, en utilisant au besoin des dons ou en envisageant une annulation à 100 % de la dette.  Le Secrétaire général y affirme par ailleurs qu’il faut travailler à l’élaboration d’un mécanisme internationalement accepté de renégociation de la dette qui concerne tous les créanciers.  Enfin, le rapport souligne la nécessité de renforcer la cohérence et la cohésion des systèmes monétaires, financiers et commerciaux internationaux à l’appui du développement.  Il souligne que la communauté internationale doit donner un véritable élan à la réforme de la gouvernance du FMI et de la Banque mondiale au cours des deux prochaines années.  Au minimum, poursuit-il, le résultat final de la redistribution des droits de vote doit déboucher sur une augmentation sensible du pouvoir de vote de l’ensemble des pays en développement.  En outre, il estime que les décisions économiques prises au niveau mondial devraient être le plus souvent possible, confirmées par des institutions internationales à caractère universel, c’est-à-dire appartenant au système des Nations Unies, plutôt que par des groupes ad hoc à composition limitée.


Rapport du Secrétaire général sur la dimension régionale de la mise en œuvre et du suivi des textes issus de la Conférence internationale sur le financement du développement (A/62/190)


Établi par les cinq commissions régionales de l’ONU, ce rapport présente la dimension régionale du suivi des engagements pris à l’issue de la Conférence internationale sur le financement du développement.  Il analyse les progrès accomplis dans plusieurs domaines tels que la mobilisation des ressources intérieures et internationales, l’aide publique au développement, la coopération technique, l’investissement étranger direct et les apports privés de capitaux au développement.  Les auteurs du rapport analysent aussi la dimension régionale des problèmes que soulève l’amélioration de la cohérence des systèmes monétaire, financier et commercial internationaux à l’appui du développement.


Le rapport conclut sur l’importance de renforcer les consultations sur la coopération Sud-Sud et la coopération financière régionale et sous-régionale, en particulier les fonds de réserve régionaux et les banques de développement.  Le Secrétaire général y rappelle combien il importe de continuer à rechercher le concours des principaux acteurs, notamment au niveau régional, en poursuivant l’examen des questions que soulève le suivi de la mise en œuvre des engagements de la Conférence.  Les commissions régionales ont assumé un rôle directeur dans l’organisation des activités de suivi de la Conférence internationale sur le financement du développement en coopération avec d’autres acteurs régionaux, souligne le rapport.  Les activités régionales ont sensibilisé l’opinion aux objectifs du Consensus de Monterrey et à la nécessité d’adopter des politiques et des règles susceptibles de promouvoir le financement du développement et de renforcer la coopération pour atteindre les objectifs de développement convenus sur le plan international, et en particulier les Objectifs du Millénaire pour le développement.


Note du Secrétaire général sur le projet d’organisation des travaux du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement (A/62/271)


Cette note fait le point sur les modalités de l’organisation du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement.  Elle indique que ce Dialogue, qui a comporté plusieurs séances plénières, séances informelles et tables rondes interactives multipartites, a eu lieu les mardi 23 et mercredi 24 octobre 2007 au Siège de l’ONU, à New York.  Il avait pour thème général « Le Consensus de Monterrey: bilan de mise en œuvre et travaux à prévoir ».  Le Dialogue s’est déroulé en séances plénières et en séances informelles permettant un échange de vues sur la politique à adopter s’agissant du thème général, et il a comporté six tables rondes auxquelles ont participé de manière interactive toutes les parties prenantes, et qui ont porté sur des thèmes qui s’inspiraient des six principaux domaines thématiques du Consensus de Monterrey.  Les six tables rondes ont eu trait aux sujets suivants: « Mobilisation des ressources financières nationales pour le développement »; « Mobilisation des ressources internationales pour le développement – investissements étrangers directs et autres apports de capitaux privés »; « Commerce international comme moteur du développement »; « Augmentation de la coopération financière et technique internationale pour le développement »; « Dette extérieure »; et « Questions systémiques – amélioration de la cohérence et de la cohésion des systèmes monétaires, financiers et commerciaux internationaux au service du développement ».


R ésumé du Président du Conseil économique et social, des travaux de la Réunion spéciale de haut niveau du Conseil avec les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (New York, 16 avril 2007) (A/62/76 – E/2007/55 et Corr.1)


Ce document rappelle que cette réunion avait pour thème: « Cohérence, coordination et collaboration dans la mise en œuvre du Consensus de Monterrey ».  Le Président de l’ECOSOC y indique, en particulier, que la réunion a été précédée de consultations approfondies au Conseil économique et social entre le Président et les membres du Bureau du Conseil et les dirigeants des institutions de Bretton Woods, de l'OMC et de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), par des réunions avec des membres des Conseils d'administration du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale et des membres du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED.  Les débats ont notamment porté sur l'efficacité de l'aide, de nombreux participants estimant que pour l'améliorer, il fallait, dans de nombreux domaines, consentir des efforts qui devaient être accompagnés par des actions parallèles pour accroître le volume de l'aide.  Certains participants ont rappelé combien il importait de faire participer plus largement les pays en développement à l'amélioration de la structure de l'aide, en particulier en suivant de près le volume et la composition des apports d'aide et des politiques visant à améliorer l'efficacité de l'aide.  Des participants ont fait observer qu'une analyse méticuleuse des programmes d'ajustement structurel appliqués par les institutions de Bretton Woods était indispensable pour garantir que les politiques préconisées dans ces programmes n'aient pas d'effet néfaste sur les populations qu'on essayait ainsi de sortir de la pauvreté.  Le lancement récent de nouveaux mécanismes de financement novateurs a été traité par un nombre important de participants.  Ils ont souligné que diverses sources nouvelles de financement complétaient l'aide publique, mais qu'elles ne sauraient la remplacer.  Le but était de mobiliser des ressources supplémentaires et de les affecter de façon prévisible et stable.  De nombreux participants ont fait observer que l’on était déjà à mi-parcours de la date à laquelle les Objectifs de développement du Millénaire devaient être atteints, en 2015, et qu'il ne restait que sept années et demie avant l’échéance internationalement agréée.  Il était donc important de faire avancer plus rapidement l'agenda pour le développement.  La formule unique et le caractère exhaustif du Consensus de Monterrey font de cet instrument un mécanisme efficace aux yeux d'un grand nombre de parties prenantes pour aider à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, stipule ce rapport du Président de l’ECOSOC.


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