17/12/2007
Assemblée générale
AG/10676

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Assemblée générale

Soixante-deuxième session

74e séance plénière - matin


L’ASSEMBLÉE ADOPTE UNE DIZAINE DE RÉSOLUTIONS, DONT L’UNE CONDAMNE TOUTES LES FORMES DE VIOLENCE VISANT LE PERSONNEL DES NATIONS UNIES


Sur recommandation du Conseil économique et social, elle adopte le texte relatif à l’Instrument juridiquement non contraignant concernant tous les types de forêts


L’Assemblée générale a adopté ce matin par consensus une dizaine de résolutions, dont l’une1 condamne énergiquement toutes les menaces et formes de violence auxquelles sont exposés le personnel humanitaire et le personnel des Nations Unies.  Ce texte a été présenté par le Portugal, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, moins d’une semaine après les attentats perpétrés contre les locaux des Nations Unies à Alger, et au cours desquels 37 personnes, dont 17 fonctionnaires de l’Organisation, ont trouvé la mort.


Profondément préoccupée par les dangers et l’insécurité auxquels ont à faire face les personnels humanitaires et onusiens sur le terrain, l’Assemblée demande instamment par ce texte à tous les États de prendre les mesures nécessaires pour assurer leur sécurité et faire appliquer dans leur intégralité les principes pertinents du droit international.  Les États Membres sont invités à devenir parties aux instruments juridiques pertinents, dont la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, déjà ratifiée par 82 pays.


La résolution engage également tous les gouvernements et les parties se trouvant dans des situations d’urgence humanitaire complexes à coopérer pleinement avec les organismes des Nations Unies et les autres organismes à vocation humanitaire; et à faire en sorte que le personnel humanitaire, les fournitures et le matériel puissent parvenir en toute sécurité et sans restriction aux populations civiles touchées.


Ce matin, l’Assemblée a adopté cinq autres résolutions relatives au renforcement de la coordination de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophe, y compris l’assistance économique spéciale.  L’une2 de ces résolutions portait sur le renforcement des secours d’urgence et des activités de relèvement, de reconstruction et de prévention à la suite du tsunami survenu en décembre 2004 dans l’océan Indien.  Présenté par l’Indonésie, le texte, dont plus de 141 États se sont portés coauteurs, a été adopté, tel qu’oralement amendé.


Si elle se félicite de la création ou du renforcement, dans certains des pays touchés, d’institutions chargées de la gestion des catastrophes, comme des efforts déployés par les gouvernements pour mener à bien le relèvement et la reconstruction, l’Assemblée encourage cependant par ce texte les communautés donatrices et les institutions financières internationales et régionales, ainsi que le secteur privé et la société civile, à renforcer leurs partenariats et à continuer de soutenir les opérations en cours.


Dans une autre résolution3 présentée par le Pakistan, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, l’Assemblée appelle tous les États à mettre intégralement en œuvre la Déclaration de Hyogo et le Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015, en insistant particulièrement sur les engagements portant sur l’assistance aux pays en développement qui sont sujets à des catastrophes naturelles et aux États frappés par une catastrophe qui sont en transition vers un relèvement matériel, social et économique durable.


Présentée par la Suède, la quatrième résolution4 adoptée ce matin, qui est relative au renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes de l’ONU, réaffirme, entre autres, que l’objectif visé pour le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) en 2008 est de 500 millions de dollars.  Pour l’atteindre, l’Assemblée engage donc tous les États Membres et invite le secteur privé et les personnes et institutions intéressées à faire des contributions volontaires à ce Fonds.


Alors que se tient aujourd’hui même à Paris une Conférence des donateurs sur l’assistance au peuple palestinien, l’Assemblée a ce matin instamment prié5 les États Membres, les institutions financières internationales, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales et les organisations régionales et interrégionales, d’apporter une assistance économique et sociale au peuple palestinien.  Ce texte de résolution était présenté par le Portugal, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne.  La délégation portugaise a à cette occasion tenu à rappeler que l’Union européenne est le plus important donateur au peuple palestinien, avec plus de 900 millions d’euros versés cette année à l’assistance aux Palestiniens.


Enfin, l’Assemblée a prié6 le Secrétaire général d’encourager les organismes, fonds et programmes compétents de l’ONU de continuer de fournir une aide aux survivants du génocide de 1994 au Rwanda, en particulier aux orphelins, aux veuves et aux victimes de violences sexuelles.  Le représentant du Rwanda s’est félicité de l’adoption de cette résolution, présentée par le Botswana, qui s’exprimait au nom du Groupe des États africains.


Sur recommandation de sa Commission économique et financière (Deuxième Commission), l’Assemblée a par ailleurs décidé7 d’adopter l’instrument juridiquement non contraignant concernant tous les types de forêts, déjà adopté en mars dernier par le Forum des Nations Unies sur les forêts (FNUF).  L’Assemblée a ensuite entamé un segment de discussions informelles sur cette question.


Il est stipulé dans les Principes du texte de la résolution relative à la création de cet Instrument, qu’il est d’application volontaire, et que chaque État est responsable de la gestion durable de ses forêts et de l’application de son droit forestier.  La coopération internationale joue cependant un rôle essentiel de catalyseur en appuyant les efforts déployés au niveau national, en particulier par les pays en développement et les pays en transition.


L’Assemblée générale a d’autre part adopté ce matin une résolution8 qui réaffirme que l’objectif de la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence au profit des enfants du monde, 2001‑2010, est de donner un nouvel élan au mouvement mondial en faveur d’une culture de paix après la célébration, en 2000, de l’Année internationale de la culture de la paix.  Elle invite donc les États Membres à continuer de mettre davantage l’accent sur les activités visant à promouvoir une telle culture.


Suite à son Dialogue de haut niveau sur l’entente et la coopération entre les religions et les cultures au service de la paix, qui s’est tenu les 4 et 5 octobre derniers, l’Assemblée a aussi adopté un texte9, présenté par la délégation des Philippines, qui proclame 2010 l’Année internationale du rapprochement des cultures.


Enfin, l’Assemblée générale a pris note10de la décision du Conseil économique et social (ECOSOC) de faire sienne la recommandation du Comité des politiques de développement tendant à ce que le Samoa ne figure plus sur la liste des pays les moins avancés (PMA).  Présentant le projet de décision, la délégation du Pakistan, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a toutefois recommandé que soient prises des mesures visant à faciliter la transition harmonieuse des PMA retirés de cette liste vers un nouveau statut économique international.  Le représentant de Samoa a pris la parole pour souligner que son pays acceptait « le verdict de la communauté internationale ».


Le représentant du Portugal, qui intervenait au nom de l’Union européenne, a considéré que l’adoption de la résolution L.17/Rev.1, relative à la culture de la paix, était l’expression d’un véritable dialogue entre les cultures et les civilisations en faveur de la paix.  Il a cependant signalé qu’avant leur examen par l’Assemblée générale, les propositions de célébration d’années internationales doivent être portées à l’attention du Conseil économique et social (ECOSOC).  Il faut respecter le mandat très clair qui a été donné à l’ECOSOC en la matière, a-t-il souligné, en regrettant que cela ne soit pas toujours le cas.


Le représentant de la Fédération de Russie s’est également félicité de l’adoption de cette résolution.  C’est un pas constructif pour faire avancer le dialogue entre les civilisations, a-t-il indiqué.  Il a ensuite fait remarquer que le dialogue est une source d’initiatives constructives qui ont la capacité de mettre les ressources de l’ONU au service de la réalisation des objectifs fondamentaux assignés à l’Organisation.


Le représentant d’Israël s’est associé au consensus sur le texte de la résolution ( L.36) portant sur l’assistance du peuple palestinien.  L’appui d’Israël ne doit toutefois pas être compris, à tort, comme un appui sans condition à tous les éléments composant ce texte de résolution, a-t-il précisé.  « En effet, certains passages nous préoccupent », a indiqué le représentant israélien, « notamment l’absence totale de référence au Hamas, une organisation terroriste qui maintient son emprise sur Gaza ».  Il n’y a pas de monopole de la souffrance, a ajouté le représentant, soulignant que les deux peuples, les Palestiniens et les Israéliens souffrent tous deux du conflit, comme en témoigne la poursuite des tirs de roquettes de « terroristes palestiniens » en direction de localités israéliennes.  En outre, il n’est pas fait mention dans la résolution de la situation du caporal Gilad Shalit, qui entame son dix-neuvième mois de captivité.  La communauté internationale doit continuer d’aider les Palestiniens à respecter les obligations qui leur incombent, en vertu des dispositions de la Feuille de route du Quatuor pour le Moyen-Orient, a par ailleurs indiqué le représentant.  Il a conclu en disant qu’Israël avait un intérêt à stabiliser l’économie palestinienne et à relancer le processus de paix, comme l’a encore souligné aujourd’hui à la Conférence des donateurs de Paris, la Ministre israélienne des affaires étrangères, Tzipi Livni.


Le représentant du Portugal, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, s’est félicité de l’adoption des résolutions (L.36 et L.38) relatives à l’aide humanitaire et à la nécessité de respecter le droit international humanitaire, des droits de l’homme et des droits des réfugiés.  L’Union européenne, en tant que plus grand donateur humanitaire, a réaffirmé son engagement en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations en détresse, a indiqué le représentant.


Le représentant du Liechtenstein s’est félicité de la résolution (L.38) relative à la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé, soulignant qu’elle était d’une importance capitale, en particulier dans les situations humanitaires complexes.  Il a toutefois regretté que le paragraphe 13 du dispositif du texte ne reflète pas les dispositions fondamentales du Protocole facultatif à la Convention sur la sécurité du personnel des Nations Unies et du personnel associé.  Ceci aurait profité aux pays hôtes, a estimé le représentant liechtensteinois.


Le représentant du Rwanda a salué l’adoption de la résolution (L.26/Rev.1) sur l’assistance à apporter aux survivants du génocide du Rwanda.  Il a souligné que la communauté internationale a la responsabilité de prévenir les génocides; la responsabilité de protéger si la prévention échoue et celle de reconstruire si la protection a failli.  Il a ensuite indiqué que le peuple rwandais a décidé de mettre son histoire douloureuse derrière lui et de reconstruire le pays sur la base de la réconciliation; de la justice; de la bonne gouvernance; du développement; du respect des droits de l’homme et de la démocratie.  Le représentant a également salué la communauté internationale et les Nations Unies pour le soutien qu’elles ont apporté au Rwanda, notamment aux groupes de personnes vulnérables.  À ce sujet, le représentant rwandais a cité la nécessité de fournir des abris et une éducation aux orphelins, de permettre aux victimes de violences sexuelles d’avoir accès à des soins médicaux, et de créer des programmes de formation professionnelle et de microcrédit pour promouvoir l’autonomisation des personnes les plus vulnérables. 


Le représentant du Rwanda a ensuite félicité le Département de l’information publique de l’ONU pour le travail qu’il a entrepris pour rendre hommage aux victimes du génocide rwandais.  Ce programme doit être poursuivi, car les leçons tirées du génocide rwandais doivent être disséminées dans un monde où la xénophobie, le racisme et les tensions ethniques et religieuses ne font qu’augmenter, a-t-il estimé.  Il a engagé les délégations à appuyer la prorogation de ce programme au cours des années 2008 et 2009.  Avant de conclure, le représentant a rappelé que de nombreux jugements doivent toujours être prononcés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda dont le travail doit se conclure au cours de l’année 2008.


La représentante de la Mission d’Observation de la Palestine auprès des Nations Unies a indiqué qu’en cette période de crise humanitaire et de difficultés économiques, l’assistance internationale dont bénéficiait la Palestine avait permis d’atténuer les difficultés auxquelles fait face sa population.  Cette assistance permet également au Gouvernement palestinien de s’acquitter de ses tâches, a signalé la représentante.  « Nous apprécions l’esprit de consensus qui a prévalu pendant la rédaction de la résolution relative à l’assistance au peuple palestinien (L.36), et nous souhaitons que celle-ci permette de débloquer davantage d’assistance pour le peuple palestinien » a dit la représentante. 


Israël, en tant que puissance occupante, doit rendre des comptes au sujet du siège et du bouclage de la bande de Gaza, ainsi qu’en ce qui concerne la création quotidienne de nouvelles situations causant des problèmes auxquels le peuple palestinien ne peut répondre tout seul et a besoin d’assistance internationale, a poursuivi la représentante.  Elle a ensuite espéré que les décisions prises à Paris permettront la naissance d’un État palestinien.  La sécurité n’est pas un droit exclusivement israélien, mais une nécessité pour les peuples palestiniens et israéliens, a-t-elle fait remarquer.  Avant de conclure, la représentante a exprimé sa gratitude la plus profonde aux Nations Unies pour l’assistance « vitale » qu’elles ont fournie au peuple palestinien au fil des décennies.


Le représentant de Samoa a déclaré que la résolution présentée aujourd’hui devant l’Assemblée générale (L.33), et qui concerne la radiation du Samoa de la liste des pays les moins avancés, était courte, mais que sa brièveté était l’aboutissement d’un long processus de négociations.  Tout en acceptant le verdict de la communauté internationale, il a espéré que le cas particulier de Samoa avait permis d’attirer l’attention sur la nécessité pour le Comité des politiques de développement, de réexaminer à l’avenir la question du reclassement des pays les moins avancés à la lumière de l’état de leur indice de vulnérabilité économique.  À cet égard, il a rappelé à l’attention de l’Assemblée générale la situation de Samoa, petit État insulaire en développement exposé aux conséquences des changements climatiques et aux catastrophes naturelles.  Soulignant que la responsabilité du développement de Samoa revenait désormais en premier lieu à son gouvernement, le représentant a cependant déclaré que l’assistance des partenaires internationaux était indispensable pour lui permettre d’aborder sereinement la période de transition que le pays va traverser au cours des trois prochaines années.


Le représentant du Portugal, qui intervenait au nom de l’Union européenne après l’adoption de la première partie du rapport recommandé à l’Assemblée par la Deuxième Commission sur le développement durable (A/62/419, Part I), a estimé que l’adoption d’un instrument juridiquement non contraignant sur tous les types de forêts était une réussite remarquable.  C’est un moment de joie et de confiance en ce qui peut être réalisé par le biais du dialogue international, a-t-il estimé.  Nous sommes tous parfaitement conscients qu’en travaillant séparément les gouvernements ne pourront pas réussir et que nous ne pouvons pas non plus nous permettre les doubles emplois, a estimé le représentant. Il a également demandé aux membres du Forum des Nations Unies pour les forêts d’augmenter leurs contributions au Fonds d’affectation spéciale du Forum.


L’Assemblée se saisira cet après-midi, à partir de 15 heures, des rapports de la Quatrième Commission, chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation, et de trois autres projets de résolutions.


1A/62/L.38

2A/62/L.30

3 A/62/L.34

4 A/62/L.37

5 A/62/L.36

6 A/62/L.26/Rev.1

7 A/62/419 (Part. I)

8 A/62/L.6

9 A/62/L.17/Rev.1

10 A/62/L.33


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