30/10/2007
Assemblée générale
AG/10649

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-deuxième session

38e et 39e séances plénières - matin et après-midi


L’ASSEMBLÉE ADOPTE SA SEIZIÈME RÉSOLUTION SUR LA LEVÉE DE L’EMBARGO IMPOSÉ PAR LES ÉTATS-UNIS À CUBA AVANT DE DISCUTER DE L’ECOSOC ET DE LA PROMOTION DE LA CULTURE DE PAIX


Le Ministre des relations extérieures de Cuba a réclamé en personne la levée du blocus économique, commercial et financier imposé à son pays depuis 1962 par les États-Unis, avant que l’Assemblée ne le suive et adopte pour la seizième fois consécutive et avec 184 voix pour, l’opposition des États-Unis, des Îles Marshall, d’Israël et des Palaos, et l’abstention de la Micronésie, un projet de résolution en ce sens.* 


Dans son plaidoyer, Felipe Perez Roque, appuyé par 18 délégations dont la moins virulente n’a pas été celle du Zimbabwe, a condamné dans les termes les plus fermes un blocus qui a causé des pertes de 222 milliards de dollars.  Quel niveau de développement économique et social Cuba aurait atteint si elle n’avait pas été soumise à « cette guerre économique implacable et tenace », qui n’a cessé d’être renforcée, a-t-il estimé, avant de fustiger le durcissement continu des sanctions depuis l’entrée en vigueur, le 13 mars 1996, de la loi Helms-Burton.  Le blocus n’a jamais été appliqué « avec autant d’acharnement » que l’année dernière, a accusé le Ministre, en ajoutant que compte tenu du caractère extraterritorial des sanctions américaines, plus de 30 pays en ont été affectés entre 2006 et 2007.


Conformément à la résolution adoptée aujourd’hui, les délégations ont dénoncé des sanctions qui vont à l’encontre des principes d’égalité souveraine des États, de la non-intervention et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures et de la liberté du commerce et de la navigation internationaux, tous prévus par la Charte des Nations Unies et le droit international.  Le représentant des États-Unis s’est défendu en arguant du droit de son pays de définir les modalités de ses relations bilatérales.


La politique commerciale des États-Unis à l’égard de Cuba est fondamentalement une question bilatérale, a reconnu le représentant du Portugal, au nom de l’Union européenne.  Il a toutefois rejeté des mesures unilatérales qui limitent les relations commerciales et économiques de l’Union avec un pays tiers.  « Pour cette raison et malgré les critiques adressées à Cuba en matière des droits de l’homme », l’Union a voté en faveur du texte, a souligné le représentant.


L’Assemblée générale a par ailleurs discuté du rapport du Conseil économique et social (ECOSOC), que son Président, Dalius Čekolius, est venu présenter cet après-midi.  À sa suite, près d’une dizaine de délégations se sont félicitées de l’évolution positive des travaux de l’ECOSOC cette année, soulignant tout particulièrement la réussite qu’avait constituée le premier Examen ministériel annuel (EMA), qui a permis de réfléchir aux moyens de hâter la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


Abordant la question de l’application et du suivi des textes issus des grandes conférences organisées par les Nations Unies dans les domaines économique et social, la délégation de l’Inde a regretté que les structures internationales actuelles de financement du développement n’aient pas été repensées pour maximiser l’efficacité des politiques mises en œuvre au service des pays les moins avancés (PMA).


Un projet de résolution** a été présenté en fin de journée par la délégation du Bangladesh dans le cadre d’un débat sur la culture de paix qui a réuni une dizaine d’orateurs.  Ce texte, qui sera adopté ultérieurement, réaffirme que l’objectif de la Décennie internationale de 2001-2010 est de donner un nouvel élan au mouvement mondial, après la célébration, en 2000, de l’Année internationale de la culture de la paix.


La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale aura lieu demain mardi 30 octobre, à partir de 10 heures.  Elle portera sur le thème du « sport au service de la paix et du développement ».


* A/62/L.1

 ** A/62/L.6


NÉCESSITÉ DE LEVER LE BLOCUS ÉCONOMIQUE, COMMERCIAL ET FINANCIER IMPOSÉ À CUBA PAR LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE


Note du Secrétaire général (A/62/92-A/62/92/Add.1)


Dans sa résolution 61/11, intitulée « nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique », l’Assemblée générale a prié le Secrétaire général d’établir, en consultation avec les institutions et organes compétents des Nations Unies, un rapport sur l’application de la résolution, compte tenu des buts et principes de la Charte des Nations Unies et du droit international. 


Dans cette résolution, l’Assemblée Générale a rappelé la nécessité de mettre fin à l’application unilatérale par un État à un autre État de mesures de caractère économique et commercial qui portent atteinte à la liberté des échanges internationaux.  Elle s’est en outre dit préoccupée par le fait que, depuis l’adoption de ses résolutions 47/19, 48/16, 49/9, 50/10, 51/17, 52/10, 53/4, 54/21, 55/20, 56/9, 57/11, 58/7, 59/11 et 60/12, de nouvelles mesures du même type visant à renforcer et élargir le blocus économique, commercial et financier appliqué à Cuba continuent d’être promulguées et appliquées, et s’est inquiétée des conséquences qui en résultent pour la population cubaine et pour les ressortissants cubains résidant dans d’autres pays.  À cet effet, elle a décidé d’exhorter de nouveau tous les États à s’abstenir de promulguer ou d’appliquer ce type de lois et de mesures conformément aux obligations que leur imposent la Charte des Nations Unies et le droit international, qui, notamment, consacrent la liberté du commerce et de la navigation.  Elle a également  demandé aux États qui continuent d’appliquer de telles lois ou mesures de faire le nécessaire, conformément à leur système juridique, pour les abroger ou pour en annuler l’effet le plus tôt possible.


Le rapport présente les réponses reçues des gouvernements et organismes des Nations Unies au 1er août 2007.  Ces derniers ont, dans leur grande majorité, plaidé en la faveur de l’application de la résolution et du strict respect des buts et principes consacrés par la Charte des Nations Unies, en réaffirmant notamment les principes de l’égalité souveraine des États, de la non-intervention et de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures, mais aussi ceux relatifs à la liberté du commerce et de la navigation internationaux, également consacrés par de nombreux instruments juridiques internationaux.   


Débat


S’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. FARUKH AMIL (Pakistan) a rappelé que, le 27 septembre 2007, lors de sa trente et unième Réunion ministérielle annuelle, le Groupe des 77 et la Chine a une nouvelle fois, fermement rejeté l’imposition de lois et mesures à impact extraterritorial et toutes les autres formes de mesures coercitives économiques, y compris les sanctions unilatérales contre les pays en développement.   Le Groupe des 77 et la Chine rejettera toujours le recours aux mesures unilatérales comme moyen de pression sur les pays en développement, a insisté le représentant.  La coexistence pacifique exige, a-t-il souligné, que toutes les nations adhèrent à la règle de droit, y compris le droit international.  Le représentant a donc appelé à l’élimination de ce type de mesures et a argué que le remplacement de l’embargo par un dialogue et une coopération plus intenses contribuera grandement non seulement à l’atténuation des tensions mais aussi à la promotion d’un échange et d’un partenariat significatifs entre pays dont les destinées sont liées par l’histoire et la géographie.


M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte), parlant au nom du Mouvement des pays non alignés, a affirmé que le Mouvement renouvelle son engagement à défendre, préserver et promouvoir la Charte des Nations Unies et le droit international.  Le Mouvement, a dit le représentant, est donc opposé aux mesures imposées par certains États.  Il rejette, en effet, les mesures coercitives extraterritoriales unilatérales ou législatives, y compris les sanctions économiques unilatérales, les autres mesures d’intimidation, les restrictions arbitraires sur les voyages, qui cherchent à exercer des pressions sur les pays non alignés, menaçant leur souveraineté et indépendance, leur liberté de commerce et d’investissement en les empêchant d’exercer leur droit de décider, par leur propre volonté, de leurs propres systèmes politique, économique et social.  Le représentant a précisé que dans ce contexte, le Mouvement est décidé à persévérer dans ses efforts de lutter contre ces mesures et presse les autres États à faire de même.


Comme l’ont réaffirmé les Chefs d’État et de gouvernement du Mouvement des non-alignés à leur Sommet de la Havane en septembre 2006, le Gouvernement des États-Unis doit mettre fin à l’embargo contre Cuba qui en plus d’être unilatéral est contraire à la Charte et au droit international et également contre le principe de bon voisinage.  Cet embargo est en train de causer des pertes matérielles  et des dommages économiques immenses au peuple de Cuba.  Le Mouvement, a encore dit son représentant, rejette naturellement le renforcement des mesures qui visent à consolider l’embargo.  Le Mouvement réclame la stricte application des résolutions de l’Assemblée générale, a conclu le représentant. 


S’exprimant au nom des États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), Mme PAULETTE BETHEL (Bahamas) a déclaré que la situation qui affecte Cuba en tant qu’État des Caraïbes constitue une préoccupation majeure pour ses voisins.  La CARICOM, a-t-elle poursuivi, a toujours reconnu l’importance de relations productives et mutuellement bénéfiques entre les pays des Caraïbes qui, selon Mme Bethel, doivent faire face aux défis de la mondialisation de manière unifiée.  Elle a réaffirmé l’opposition totale de la CARICOM à l’embargo punitif qui s’abat sur Cuba depuis bien trop longtemps, et à l’imposition de lois extraterritoriales sur une tierce partie, ce qui n’a pas sa place dans le contexte actuel des relations internationales.  Elle s’est également dit attristée par les conséquences économiques et humanitaires de l’embargo sur Cuba, particulièrement dans le domaine de la santé et de l’alimentation, et a rappelé que l’incapacité de Cuba d’acquérir des équipements médicaux et les dernières générations de médicaments représente un fardeau pour le système de santé cubain qui demeure gratuit.    


Se félicitant de l’assistance fournie par Cuba dans la région, elle a observé qu’environ 3 000 étudiants de la CARICOM étudient actuellement à Cuba, dont une grande partie bénéficie de bourses.  Il est remarquable que Cuba fournisse de l’assistance dans le domaine de la santé malgré le durcissement de l’embargo, a estimé la représentante, en indiquant notamment que Cuba a construit des hôpitaux et des cliniques, fournit des médicaments, des médecins et des infirmières dans la région des Caraïbes.  Elle s’est réjouie du renforcement de cette coopération dans le futur.  Cuba est une partie intégrante des Caraïbes, n’a menacé aucun État et contribue, au contraire, à la quête de développement durable de ses voisins.  Ainsi, a-t-elle tranché, l’embargo imposé à ce pays représente un anachronisme et n’a aucune pertinence sur une planète qui doit faire face aux défis posés par les changements climatiques.  Elle a finalement exprimé le souhait de voir Cuba et les États-Unis partir sur de nouvelles bases, en ajoutant que les effets d’un tel rapprochement ne pourraient qu’être positifs pour la communauté internationale. 


M. JORGE VALERO, Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela, a indiqué que le blocus imposé par les États-Unis constitue une action violente et « génocidaire » et une violation flagrante de la Charte et du droit humanitaire international.  Il a rappelé que son gouvernement rejetait totalement l’imposition d’un tel embargo, soulignant qu’il s’agissait d’un anachronisme total et d’un héritage désuet de l’époque coloniale.  Il a ensuite affirmé qu’il y a quelques jours, le Président Bush avait menacé de renforcer le blocus imposé à Cuba pour renforcer l’isolement de son peuple, avec pour objectif de saper les institutions cubaines.  Il a donc appelé tous les pays à s’opposer à de telles mesures impérialistes, qui ont déjà causé trop de dégâts.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a déclaré que son gouvernement désapprouve l’embargo contre Cuba et réitère son opposition aux mesures coercitives qui ne sont pas prévues par la Charte.  Le Mexique, a-t-il poursuivi, considère que toute sanction politique, économique ou militaire imposée à un État ne peut venir que du Conseil de sécurité ou de l’Assemblée générale.  Le représentant a déploré les graves conséquences humanitaires de ces mesures unilatérales qui vont à l’encontre de leurs objectifs et prouvent le déclin de la diplomatie et du dialogue comme moyen idéal de régler les problèmes entre États.  Après avoir passé en revue l’impact de l’embargo tel qu’expliqué dans le rapport du Secrétaire général, le représentant a rappelé que cela fait 16 ans, que son pays appelle à la levée de l’embargo et appuie Cuba dans ses efforts d’adhérer à tous les mécanismes d’intégration régionale afin de faciliter les échanges économiques et commerciaux, la coopération et le développement.  Les sociétés évoluent et se transforment en fonction de leurs propres spécificités et jamais pour répondre à des mécanismes imposés de l’extérieur, a argué le représentant.


M. HOANG CHI TRUNG (Viet Nam) a déclaré que l’embargo imposé par les États-Unis depuis 50 ans à Cuba avait infligé à l’île des dégâts dont le montant est désormais estimé à 89 milliards de dollars, dont 1,4 milliard de dollars rien que pour le commerce extérieur l’an dernier.  Le maintien de mesures économiques coercitives ne pourra causer que davantage de difficultés, en particulier pour les populations les plus pauvres, a estimé le représentant.  Il n’est donc pas étonnant que de plus en plus d’États Membres se joignent au consensus pour condamner l’imposition de telles mesures extraterritoriales, qui sont contraires aux dispositions du droit international.  Le Viet Nam est pour sa part convaincu que le problème devrait être réglé par la reprise de négociations bilatérales et le rétablissement de relations diplomatiques entre ces deux pays voisins, dans le respect de leur souveraineté et de leur indépendance respectives.


M. FELIPE PEREZ ROQUE, Ministre des relations extérieures de Cuba, a dénoncé  un blocus « contraire aux droits des peuples »  et qui dure déjà depuis presque un demi-siècle.  Ce blocus, a-t-indiqué, a causé des pertes de plus de 89 milliards de dollars en nominal, ce qui représente, au cours actuel du dollar, pas moins de 222 milliards en termes réels.  Tout le monde, a-t-il dit, peut comprendre le niveau de développement économique et social que Cuba aurait atteint si elle n’avait pas été soumise à « cette guerre économique implacable et tenace ».  Le blocus, a-t-il ajouté, constitue aujourd’hui le principale obstacle au développement et au bien-être des Cubains et « compte rendre par la faim et les maladies le peuple cubain ». 


Le Ministre a dénoncé le fait que les États-Unis ont ignoré « avec arrogance et aveuglement politique » les 15 résolutions adoptées par l’Assemblée générale.  En plus, a-t-il encore dénoncé, ils ont adopté, l’année dernière, de nouvelles décisions « qui frisent la folie et le sadisme », pour durcir les sanctions et la « persécution extraterritoriale » des relations de Cuba avec les autres pays.  Le blocus n’a jamais été appliqué « avec autant d’acharnement » que pendant cette dernière année, a poursuivi le Ministre, avant de souligner que c’est la santé des enfants cubains qui a été tout particulièrement touchée par le blocus.  Il a donc ironisé sur le fait que le Président Bush allèguera sûrement que ces enfants sont des « victimes collatérales » de sa guerre contre Cuba. 


Soulignant que le domaine de la culture a été l’une des principales cibles d’un blocus « qui poursuit les échanges et les rapports entre les peuples de Cuba et des États-Unis et les relations normales entre familles cubaines d’un côté ou de l’autre du détroit de la Floride, le Ministre a dénoncé les «  amendes allant jusqu’à un million de dollars pour les entreprises, de 250 000 dollars pour les individus et des peines de prison allant jusqu'à 10 ans pour les contrevenants.  Voilà le prix que court un touriste américain à Cuba ou un Cubain résident aux États-Unis, s’est exclamé le Ministre.


La guerre économique brutale n’affecte pas que les Cubains, a-t-il ajouté, pour réfuter les propos des États-Unis selon lesquels il s’agit d’une question bilatérale.  Cette guerre est un affront au droit international, aux buts et principes de la Charte et au droit de tout pays de faire librement du commerce avec ses partenaires.  Entre 2006 et 2007, au moins 30 pays ont été affectés par des dispositions extraterritoriales de la politique du blocus, a affirmé le Ministre, en donnant quelques exemples.  L’épisode le plus notoire, a-t-il estimé, a été la guerre menée cette année par le Département américain du trésor contre les relations de Cuba avec les institutions financières et bancaires d’autres pays.


Le Ministre a jugé que, contrairement aux dires du Président américain, le Rapport du Secrétaire général est la preuve « claire et exhaustive » des actions entreprises par l’Administration américaine pour renforcer le blocus et ses graves conséquences.  Cuba, a-t-il conclu, ne se rendra pas.  Elle se bat et continuera de se battre avec la conviction que défendre aujourd’hui ses droits, est défendre aussi les droits de tous les peuples représentés à cette Assemblée.   


M. DUMISANI KUMALO (Afrique du Sud) a souligné que durant cet embargo, le peuple de Cuba a toujours tendu une main amicale et solidaire aux autres peuples du monde, en particulier dans le domaine de la santé.  Mais la contribution de Cuba, a aussi rappelé le représentant, s’est faite jusque dans les luttes pour la liberté et la justice.  Il a cité en exemple, que sur le « Mur du souvenir des héros de la lutte contre l’apartheid » sont inscrits les noms d’un certain nombre de combattants cubains qui ont lutté aux côtés des combattants de la paix et même donné leur vie pour une Afrique du Sud libre.  Aujourd’hui, a dit le représentant, nous honorons ces héros qui ont réussi malgré l’embargo imposé à leur vie quotidienne.


L’Afrique du Sud, a-t-il poursuivi, s’est constamment opposée à tous les aspects de l’embargo imposé par les États-Unis contre Cuba pour des raisons plus fondamentales qui vont au-delà de la solidarité avec le peuple de Cuba.  L’Afrique du Sud, a insisté le représentant, considère l’embargo comme une violation des principes d’égalité souveraine des États, de la non-intervention et de la non-ingérence dans les affaires intérieures.  L’Afrique du Sud n’a donc cessé de se joindre à la large majorité des pays qui expriment leur désaccord et leur opposition à tous les aspects de l’embargo.  Nous sommes guidés, a dit le représentant, par les normes fondamentales du droit et du code de conduite internationaux ainsi que notre appui « par principe » à la nécessité d’éliminer les mesures coercitives comme moyen de réaliser des objectifs politiques et économiques.  L’Afrique du Sud est convaincue qu’un dialogue constructif peut améliorer la confiance et la compréhension mutuelles et engendrer une coexistence harmonieuse et pacifique entre les nations.  L’Afrique du Sud, a conclu le représentant, se joindra au consensus parce que ces actions multilatérales ont causé des souffrances indicibles au peuple de Cuba.


M. LIU ZHENMIN (Chine) a rappelé que cela faisait désormais 15 ans que l’Assemblée générale adoptait une résolution exhortant tous les pays à éliminer les mesures économiques coercitives unilatérales et extraterritoriales utilisées pour exercer une pression politique et économique.  Malgré cela, le blocus imposé à Cuba par les États-Unis est toujours en place, a-t-il regretté.  Rappelant que le dialogue était le meilleur moyen de surmonter les différences, le représentant a affirmé que la communauté internationale avait le droit d’exprimer des préoccupations devant cette situation.  Cet embargo ne cause pas seulement des torts à Cuba et à de nombreux autres pays, mais va également à l’encontre des principes fondamentaux de démocratie, de liberté, d’état de droit et des droits de l’homme, a-t-il souligné.  En outre, le blocus a lourdement pesé sur les efforts déployés par le peuple cubain pour réaliser les objectifs d’éradication de la pauvreté et les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Le Gouvernement chinois est convaincu que les pays devraient toujours développer des relations bilatérales sur la base de la Charte des Nations Unies et demande qu’il soit mis fin à ces sanctions, a conclu le représentant.


M. ALEXANDER PANKIN (Fédération de Russie) a indiqué que la position de son pays n’a pas changé.  Il condamne l’imposition de l’embargo et appelle à sa levée pour favoriser l’intégration de Cuba dans les processus régionaux et internationaux.  Le représentant a par ailleurs déclaré que le Parlement russe a lancé un appel aux États Membres pour qu’ils condamnent vivement la poursuite d’un blocus qui constitue un acte de pression flagrant des États-Unis contre un gouvernement souverain.  Il a en outre rappelé que deux tiers de la population cubaine est né sous ce blocus qui continue de nuire énormément au développement des services de soins de santé, éducatifs, culturels et scientifiques.  Le blocus, a ajouté le représentant, a des conséquences lourdes sur l’économie et porte atteinte aux États tiers.  Le représentant a conclu en estimant que le blocus s’apparente à certains moments de la guerre froide et empêche la formation d’un nouvel ordre mondial.


M. MOHAMMED SALIM (Inde) a estimé que l’embargo n’a rien fait d’autre qu’ériger des obstacles au développement de Cuba.  La poursuite d’un embargo décrié par une majorité écrasante de la population mondiale n’est rien d’autre qu’un désir de faire survivre une époque d’injustice.  Cela est d’autant plus incroyable que les tenants de la mondialisation réclament avec force la libre circulation des biens et la libéralisation du commerce.  Compte tenu de leur proximité géographique, le représentant de l’Inde a jugé que les États-Unis et Cuba devraient être des partenaires naturels dans le commerce et les investissements.  Une grande majorité du milieu des affaires américain, a-t-il affirmé, aimerait bénéficier d’un accès inconditionnel au marché cubain et de nombreux citoyens américains voudraient renforcer leur contact avec Cuba, par le biais du tourisme.  Les exportations des produits agricoles et médicaux autorisées par la loi de 2000 témoignent, a souligné le représentant, de l’intérêt et du potentiel des contacts commerciaux entre les deux pays.  Les tentatives du Congrès d’alléger l’embargo vont dans le même sens, a-t-il souligné, avant d’appeler à la levée des sanctions et de l’embargo.


M. FRANCIS K. BUTAGIRA (Ouganda) a déclaré que son pays soutient la levée de l’embargo sur Cuba.  Il s’est dit convaincu que le peuple de Cuba a le droit de déterminer la manière dont il veut être gouverné et de choisir qui devrait les gouverner et pendant combien de temps.  L’imposition des sanctions est une tentative d’imposer un changement de régime, a estimé le représentant, en soulignant que l’embargo a affecté le peuple cubain et entravé leur développement économique.  L’isolationnisme ne sert personne.  Ici aux États-Unis, a dit le représentant, des voix se sont élevées pour soutenir la levée de l’embargo.  Même l’un des candidats à l’élection présidentielle a affirmé qu’une fois élu, il lèverait l’embargo et établirait des relations diplomatiques avec Cuba.  Il est grand temps, a conclu le représentant, que les autorités américaines entendent la voix de la majorité et lèvent un embargo qui n’a servi aucune cause utile et qui est contraire au droit international et au libre-échange.


M. SILES-ALVARADO (Bolivie) a déclaré qu’après 47 ans d’un blocus maladif contre le peuple cubain et 15 résolutions successives de l’Assemblée générale, force est de constater l’échec d’un tel blocus.  La montée de la violence ne pourra pas faire plier la volonté de tout un peuple à exercer son droit à l’autodétermination, a prévenu le représentant, qui a pointé les conséquences inhumaines de cet embargo.  La délégation a également regretté le caractère non contraignant des résolutions de l’Assemblée, qui ne permettent pas de résoudre comme il le faut des situations comme celles-ci.


M. ABDELLATIF (Jamahiriya arabe libyenne) a rappelé que pendant plus de 40 ans, le blocus imposé à Cuba avait empêché le plein développement social et humain de son peuple.  Or, cet embargo a été durci par l’imposition de mesures extraterritoriales illégales qui vont à l’encontre des principes mêmes de la Charte, du droit international et des règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Il a ensuite exprimé sa préoccupation devant le recours à de telles mesures contre d’autres États, dans la mesure où elles violent les principes de non-ingérence dans les affaires internes des États.  Le représentant a préconisé la recherche de solutions civilisées aux problèmes, qui ne portent pas atteinte aux droits des peuples d’avoir accès aux soins et à une alimentation équilibrée.


M. MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) s’est opposé à un blocus dont le maintien vise à faire souffrir au maximum le peuple de Cuba et nuire ostensiblement à son gouvernement.  Les victimes de ce blocus, a-t-il souligné, sont les plus vulnérables comme les jeunes, les personnes âgées et les personnes handicapées.  Il a loué la résistance héroïque du peuple cubain qui a montré le caractère non pertinent du blocus, notamment lorsque la loi Helms-Burton pour durcir l’embargo a imposé des restrictions aux pays tiers.  Il a par ailleurs plaidé pour que ces sanctions soient remplacées par des moyens plus humains de régler les différends et a conclu en appelant à la sagesse et à la suppression progressive et totale de ce blocus.


M. LAZAROUS KAPAMBWE (Zambie) a souligné que la Loi Helms-Burton viole non seulement la souveraineté de Cuba mais aussi le droit international et les principes d’égalité souveraine et de non-ingérence entre États.  L’embargo affecte surtout, a-t-il poursuivi, les personnes innocentes, dont les plus vulnérables.  Le représentant a dit avoir noté que confronté à cet embargo, le peuple cubain est devenu plus déterminé encore à défendre sa souveraineté, son bien-être et sa dignité pour lesquels il s’est volontiers sacrifié.  La Zambie, a-t-il rappelé, a constamment appelé les États-Unis à lever un embargo économique qui a un impact négatif sur les principes du libre-échange et de la libre navigation.  La Zambie, a-t-il aussi rappelé, s’est engagée à renforcer le respect universel du droit international dans la conduite des relations entre États souverains.  Se fondant sur les informations compilées par le Secrétaire général dans son dernier rapport, la Zambie, a promis son représentant, votera, une nouvelle fois, en faveur du projet de résolution.


Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a rappelé que son gouvernement comprenait d’autant mieux la nécessité de lever le blocus économique imposé à Cuba que le Nicaragua avait lui-même fait l’expérience de telles mesures arbitraires.  Elle a ensuite qualifié d’injustes les lois votées par l’Administration américaine pour renforcer cet embargo.  Pour quelles raisons se poursuit donc cette situation intenable depuis tant d’années alors que l’Assemblée exprime depuis 15 ans sa réprobation générale?  Nous avons salué, a dit la représentante, l’initiative du Gouvernement cubain pour résoudre ce problème par l’intermédiaire du dialogue.  Mais ces efforts ont été vains, a regretté la représentante, avant de se dire encouragée par les voix de plus en plus nombreuses aux États-Unis, qui s’élèvent pour demander la levée des sanctions.


M. BONIFACE G. CHIDYAUSIKU (Zimbabwe) a estimé que, comme si le blocus ne suffisait pas, le peuple de Cuba tout comme celui du Zimbabwe continue à être bombardé par la propagande des chaînes de radio créées et financées par l’Administration du Président Bush.  L’objectif ultime de ces programmes illégaux, a-t-il dénoncé, est d’inciter certains segments de la population à réclamer un changement de régime dans les deux pays.  La doctrine du changement de régime, a estimé le représentant, viole la lettre et l’esprit du principe de souveraineté qui permet aux peuples de choisir librement ses modèles socioéconomiques et politiques.  Il n’y a pas de justification, a-t-il tranché, à la poursuite de ces politiques « cruelles, illégales et immorales » contre le peuple et le Gouvernement cubains.  En tant que victime de lois extraterritoriales, le Zimbabwe comprend pleinement la nécessité de lever l’embargo unilatéral et illégal contre Cuba.  Le Zimbabwe, a ajouté le représentant, se tient fermement aux côtés du peuple « héroïque » de Cuba dans sa lutte contre cet embargo illégal, a insisté le représentant.   


Explications de vote


Le représentant des États-Unis a indiqué que l’exercice du droit souverain d’un État de décider de sa propre politique commerciale avec un État voisin était une question bilatérale, qui n’a pas à faire l’objet d’un débat à l’Assemblée générale.  Il a ensuite affirmé que le Gouvernement américain avait apporté l’an dernier une assistance humanitaire d’un montant de 2 milliards de dollars, ce qui en fait le plus grand fournisseur en ce domaine.  Le représentant a pour sa part appelé Cuba à entamer sa transition démocratique et à libérer tous les prisonniers politiques.


Le représentant du Portugal a, au nom de l’Union européenne, aussi estimé que la politique commerciale des États-Unis à l’égard de Cuba est fondamentalement une question bilatérale.  Mais, a-t-il tempéré, l’Union ne peut accepter que les mesures unilatérales imposées par les États-Unis sur des pays limitent les relations commerciales et économiques de l’Union avec un pays tiers, comme Cuba.  C’est la raison pour laquelle, a rappelé le représentant, le Conseil des ministres de l’Union européenne a adopté, en novembre 2006, une directive pour protéger les intérêts privés ou commerciaux des effets extraterritoriaux de la loi Helms-Burton.  En outre, le 18 mai 1998, l’Union et les États-Unis ont convenu d’une série d’exemptions à certaines dispositions de la loi Helms-Burton.  Le représentant a donc appelé les États-Unis à appliquer leur part de l’Accord.


Dans ses relations avec Cuba, l’objectif de l’Union européenne, a dit le représentant, est d’encourager un processus pacifique de développement, mené par le peuple cubain lui-même, et qui donnerait lieu à une démocratie pluraliste, au respect des droits et des libertés fondamentales ainsi qu’à une relance économique durable et à une amélioration des niveaux de vie du peuple cubain.  L’Union européenne souligne sa volonté de poursuivre un dialogue ouvert et approfondi avec le Gouvernement et la société de Cuba sur toutes les questions d’intérêt mutuel, dans les domaines politique, des droits de l’homme, économique, scientifique et culturel.  L’Union européenne, a insisté le représentant, réitère son invitation au dialogue et se félicite des pourparlers préliminaires qui ont eu lieu pendant le débat annuel de l’Assemblée générale.


L’Union européenne, a poursuivi le représentant, déplore une situation des droits de l’homme qui n’a pas fondamentalement changé, même si le nombre de prisonniers politiques et des actes de harcèlement a diminué.  Une nouvelle fois, a dit le représentant, l’Union demande au Gouvernement cubain la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques, laquelle est une priorité de sa politique envers Cuba.  L’Union, a insisté son représentant, exprime sa plus grande préoccupation face à la détérioration de la santé de plusieurs prisonniers politiques, membres du Groupe de 75 détenus depuis mars 2003.  Elle appelle les autorités cubaines à les libérer immédiatement.  L’Union européenne appelle aussi le Gouvernement cubain à promouvoir la liberté d’expression et le libre accès à l’information. 


Les acquis du Gouvernement cubain en matière de santé et d’éducation sont compromis par les restrictions aux droits civil, politique et économique, a encore dit le représentant, en ajoutant que tant la politique économique de Cuba que l’embargo américain compromettent gravement le développement de Cuba et les conditions de vie de sa population.  Le représentant a conclu en rejetant toutes les mesures unilatérales contre Cuba, qui sont contraires aux règles communément acceptées du commerce international.  Il a demandé la levée de l’embargo et réclamé auprès du Gouvernement cubain de réelles améliorations dans la vie quotidienne de son peuple.  Pour toutes ces raisons et malgré les critiques adressées à Cuba, l’Union européenne a voté pour le projet de résolution, a conclu le représentant.


Le représentant de l’Uruguay a expliqué que son vote est celui d’un multilatéralisme qui s’inscrit en faux contre l’unilatéralisme.  Pour l’Uruguay, le multilatéralisme est un mode pacifique de règlement des différends, a encore précisé le représentant.


Le représentant du Bélarus a affirmé que ce blocus, qui se poursuit depuis un demi-siècle, constitue une violation des principes du droit international.  Il  s’est félicité de l’adoption du projet de résolution à une écrasante majorité.  Il a, en outre, déclaré que ce blocus, qui est une façon non civilisée et non constructive de régler les différends internationaux est un obstacle à la réalisation rapide des projets de développement économiques et sociaux. Il a conclu en saluant le courage de la population cubaine, avant de voter pour le texte.


Le représentant du Soudan a réitéré son rejet du boycott unilatéral imposé par les États-Unis à Cuba et l’a qualifié d’injuste.  Il a estimé que le peuple cubain a beaucoup trop souffert du blocus, en particulier les enfants et les femmes.  Il a vivement critiqué les États-Unis qu’il a accusés de donner des leçons péremptoires sur les droits de l’homme alors qu’en imposant le blocus, ils violent les principes énoncés dans la Charte et le droit international.  Il s’agit, en conséquence, d’un crime contre l’humanité, s’est avancé le représentant.  Il a conclu en indiquant que le Soudan, qui a également beaucoup souffert de l’hégémonie américaine et des politiques unilatéralistes de Washington, a voté pour la suppression du blocus.


Le représentant du Myanmar s’est également prononcé pour le projet de résolution.  En tant que partisan des principes de coexistence pacifique, le Myanmar, a dit son représentant, s’oppose à toute forme de sanctions économiques et financières et condamne vivement les effets négatifs des blocus.  Avant de réitérer ses amitiés au peuple cubain, le représentant du Myanmar a souligné que les sanctions et les mesures coercitives freinent le développement, la paix et la prospérité tant aux niveaux national que régional. 


Le représentant de l’Australie a réitéré son opposition à l’imposition de mesures extraterritoriales, qui sont contraires aux principes du droit international, en particulier la loi Helms-Burton.  Il a donc voté en faveur de la résolution, tout en soulignant que Cuba doit faire des efforts pour promouvoir les droits de l’homme.


Ayant également voté en faveur du projet de résolution, le représentant de l’Indonésie s’est dit convaincu que le blocus constitue une violation du droit humanitaire international et porte atteinte aux échanges commerciaux dont les États ont besoin pour leur développement social et humain.  Il a lancé un appel à la levée définitive de l’embargo.


Le représentant de la République islamique d’Iran a déclaré que l’embargo allait à l’encontre des principes du droit international et de la Charte des Nations Unies, qui demandent à tous de promouvoir la solidarité et les relations amicales entre États.  Il s’est élevé contre ces mesures unilatérales imposées par les États-Unis, qui portent atteinte aux groupes les plus vulnérables, en particulier les enfants.  L’adoption de cette résolution montre le consensus écrasant parmi les États Membres concernant la levée de telles mesures, a-t-il ajouté.


Le représentant de la République démocratique populaire lao a regretté que des pratiques telles que des mesures coercitives unilatérales se poursuivent à l’heure d’une économie mondialisée.  Aucune nation n’a le droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’une autre, indique la Charte des Nations Unies, a rappelé le représentant, avant de demander la levée des sanctions.


Le représentant de la République arabe syrienne a rappelé les principes de la Charte des Nations Unies, qui réaffirment qu’aucun État n’a à intervenir dans les affaires internes d’un autre État.  Il a donc appelé les États-Unis à respecter le droit international en levant les mesures coercitives unilatérales qu’ils imposent à Cuba depuis 47 ans.  Ce blocus n’a eu que des conséquences regrettables sur le développement de la société cubaine, a ajouté le représentant.  Il a exprimé sa satisfaction devant les efforts de Cuba pour résoudre par le dialogue bilatéral la situation qui prévaut depuis si longtemps.  Il a souhaité que le Gouvernement américain lève les sanctions qui pèsent contre Cuba et d’autres pays, y compris le sien.  Le fait qu’Israël fasse partie des quatre délégations qui ont voté contre cette résolution montre l’isolement de cet État sur la scène internationale et son mépris pour le droit international, a estimé le représentant.


Droits de réponse


Le représentant de Cuba a rappelé les mensonges habituels qui sont invoqués pour justifier la politique obscurantiste des États-Unis contre le peuple cubain.  Dans son obsession de renverser la révolution et d’installer son propre pouvoir à Cuba, le Président Bush a annoncé un renforcement sans précédent des mesures coercitives à l’encontre de Cuba.  Les faucons de Washington se trompent cependant s’ils croient pouvoir faire plier le peuple cubain, qui entend bien profiter de sa liberté et de son droit à l’exercice de son autodétermination, a prévenu le représentant.  Le Gouvernement américain est aujourd’hui presque seul, alors qu’une majorité écrasante a voté en faveur de cette résolution, a-t-il constaté, en dénonçant également l’« hypocrisie » de l’Union européenne, qui n’est pas parvenue à évaluer la situation à Cuba de manière objective.


Le représentant des États-Unis a expliqué que cette résolution accusait de façon injustifiée les États-Unis pour la situation qui prévaut à Cuba, situation, a-t-il dit, dont le régime est largement responsable.  En réalité, les limites que nous imposons à notre commerce avec Cuba n’empêchent pas les pays qui le souhaitent de se livrer à des échanges commerciaux, a-t-il ajouté.


À la lumière des résultats du vote, le représentant de Cuba a déclaré avoir constaté, une nouvelle fois aujourd’hui, l’incurie des États-Unis.  Ce blocus est la plus grande violation des droits du peuple cubain et l’empêche d’avancer dans le développement social et humain.  Cuba rejette avec force la déclaration des États-Unis.


RAPPORT DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL


Rapport du Secrétaire général sur l’administration publique et le développement (A/62/283)


Le Secrétaire général fait dans ce rapport le point sur l’application de la résolution 60/34 en date du 30 novembre 2005, qui souligne notamment que la bonne gouvernance et une administration publique responsable et transparente, aux échelons national et international, contribueront à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Dans le monde d’aujourd’hui, indique le rapport, il est en effet difficile pour nombre d’États, en particulier les pays en développement, de tirer profit de la somme des connaissances mondiales dans la mise en œuvre des engagements de la communauté internationale en matière de développement. 


L’ONU a un rôle essentiel à jouer à cet égard et doit continuer d’aider les États Membres à répondre aux défis de l’administration publique et de la gouvernance dans le contexte du développement.  Le Secrétariat continuera donc de fournir une aide conceptuelle et pratique pour bâtir un consensus international sur ces questions.  Il contribuera à renforcer le réseau international dans ce domaine en échangeant des savoirs, en assurant la diffusion électronique des bonnes pratiques par l’intermédiaire du Réseau d’information en ligne de l’ONU sur l’administration et les finances publiques et en organisant périodiquement des réunions.  Le rapport indique aussi que le Secrétariat fournira une assistance technique spécialisée aux États Membres, à leur demande, grâce à des partenariats renforcés aux fins de résoudre des difficultés particulières.


Compte tenu de ce qui précède, le Secrétariat s’attachera, en priorité, au cours des prochaines années, à analyser en temps réel les facteurs de la gouvernance et de l’administration publique qui influencent et favorisent le développement économique et social.  Il veillera aussi à recueillir, analyser et diffuser les pratiques efficaces liées à la réalisation des OMD et à d’autres engagements internationaux en matière de développement, et ce, en élargissant la portée du Réseau d’information en ligne de l’ONU sur l’administration et les finances publiques.  Le rapport indique aussi que le Secrétariat coordonnera les activités des institutions appartenant ou non au système des Nations Unies, grâce aux mécanismes de coordination et aux arrangements de coopération existants, afin de maximiser l’utilité de leurs activités.


Pour l’examen de cette question, l’Assemblée était également saisie du Rapport du Conseil économique et social (A/62/3) et d’une note du Secrétaire général transmettant le Rapport de la Directrice du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) sur le Prix des Nations Unies en matière de populaire 2007 (A/62/277)


M. DALIUS ČEKOLIUS, Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a déclaré que la session de cette année avait jeté les bases d’un nouvel avenir pour l’ECOSOC.  Tout d’abord, la réunion de haut niveau du Conseil avec les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) ont permis de préparer la Conférence internationale sur le financement du développement qui se tiendra à Doha, en 2008, pour examiner la mise en œuvre du Consensus de Monterrey.  Par ailleurs, le premier Examen ministériel annuel, qui a permis de réfléchir aux moyens de hâter la réalisation des OMD, a dépassé toutes les attentes.  Son point fort a été, selon le Président, les présentations nationales volontaires des ministres de six pays en développement, qui ont adressé cinq messages clefs: les stratégies de développement national fonctionnent, mais pas au rythme souhaité; le partenariat mondial devrait être plus efficace dans toutes ses dimensions; l’environnement économique mondial devrait être davantage axé sur le développement et l’éradication de la pauvreté; la surveillance de la mise en œuvre des engagements et de la responsabilité devrait être renforcée; et les menaces émergentes –telles que les changements climatiques et la désertification– devraient être prises en considération au plus vite.


Parmi les autres succès de l’ECOSOC cette année, le Président a fait valoir le dialogue lancé dans le cadre du Forum biennal de coopération pour le développement, qui a débouché sur l’adoption par consensus d’une Déclaration ministérielle réaffirmant l’engagement de la communauté internationale à réaliser les OMD.  D’autre part, dans le cadre de son segment consacré aux affaires humanitaires, le Conseil a donné des directives sur les moyens de renforcer la coordination du système humanitaire des Nations Unies.  L’ECOSOC a aussi souligné, a précisé son Président, la nécessité de renforcer les capacités en ce domaine aux niveaux local, national et régional.  Les travaux de l’ECOSOC en matière d’activités opérationnelles pour le développement ont été d’une importance particulière, a-t-il poursuivi, faisant également état des avancées de l’ECOSOC sur les fronts des droits de l’homme, du développement social et de l’égalité des sexes.


M. Čekolius s’est félicité, en conclusion, de la relation plus substantielle et interactive qui se développe entre l’Assemblée générale et l’ECOSOC, selon lui de nature à fournir des orientations pratiques à la communauté internationale dans le suivi du Sommet mondial de 2005.  De nouvelles formes de coopération internationale émergent et de nouveaux arrangements institutionnels sont mis en place afin d’éradiquer la pauvreté, de protéger les populations des catastrophes naturelles et l’environnement, en particulier des changements climatiques.  Nous traversons une période où les attentes sont particulièrement élevées vis-à-vis des progrès à faire dans l’amélioration des conditions de vie des peuples du monde, notamment ceux d’Afrique, a conclu le Président, avant d’ajouter que chacun avait droit au développement.


S’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. KHALID MAHMOOD (Pakistan) s’est félicité de la tenue de la session de fond de l’ECOSOC en tant qu’étape essentielle dans la revitalisation et le renforcement de cet organe.  Il s’est également réjoui de la tenue du premier Examen annuel ministériel (EAM) et du lancement réussi du Forum sur la coopération au développement.  Il a toutefois regretté que le premier EAM se soit révélé partial, compte tenu du fait que seuls les pays en développement y ont fait des présentations nationales volontaires.  Il a, à ce titre, appelé à une participation égale sur le fonds des partenaires du développement lors des futures sessions de l’EAM.  Il a exprimé l’espoir que l’EAM examinera de manière honnête l’état de la mise en œuvre des engagements pris par les pays développés et en développement dans le cadre des OMD et des autres engagements en matière de développement, et trouvera des conclusions qui revitaliseront le processus de mise en œuvre.


Le Groupe des 77 et la Chine, a ajouté le représentant du Pakistan, est convaincu que l’examen de l’état de la mise en œuvre des divers engagements devrait identifier les lacunes, les défauts et les succès au niveau national et à celui des partenaires du développement pour faire avancer les décisions politiques.  L’examen devrait aussi comprendre une évaluation et des recommandations pour l’action.  Le Groupe, a-t-il poursuivi, attend avec intérêt le lancement du Forum pour la coopération au développement qui sera l’occasion de développer le partenariat comme prévu dans le cadre de la Déclaration du Millénaire, du Consensus de Monterrey, et du plan de mise en œuvre de Johannesburg.  Il a énoncé parmi les buts du Forum notamment, la nécessité de veiller à ce que la coopération au développement corresponde aux besoins des pays en développement, de faire en sorte que la qualité et la quantité du financement du développement soient appropriées à leurs besoins et d’assurer que la coopération au développement réalise les objectifs attendus.


Il ajouté que l’efficacité et la pertinence du Forum dépendront largement de la capacité de surveiller la mise en œuvre des engagements pris.  Il a, à ce titre, déclaré que le Groupe des 77 et la Chine invitent les Nations Unies et en particulier le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA), la CNUCED, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et l’OMC à contribuer à l’élaboration des jalons et indicateurs qui permettront la mise en œuvre et le suivi effectif des OMD et autres engagements internationalement agréés.  Il a finalement appelé le système de l’ONU à renforcer les mécanismes de vérification existants et de mise en œuvre et à en faire une priorité, tout en lui demandant d’évaluer régulièrement les politiques économiques et de développement des institutions de Bretton Woods, en particulier, et leur impact sur le développement.


S’exprimant au nom de l’Union européenne, M. JORGE LOBO DE MESQUITA (Portugal) a déclaré que les nouvelles modalités qui ont permis le renforcement du rôle de coordination de l’ECOSOC dans les domaines économique, social et environnemental, et qui ont été spécifiées lors de la Réunion ministérielle annuelle (RMA) et lors du Forum de coopération pour le développement (FCD), vont permettre d’intensifier le suivi des OMD  et l’efficacité des activités dudit conseil.  Il a également affirmé que l’UE s’est engagée à déployer ses efforts pour que l’évaluation des OMD soit mise en œuvre de façon plus systématique et substantielle.  Il s’est en outre réjoui de l’adoption par le Conseil d’un programme de travail de l’EAM élaboré sur deux ans, comme stipulé dans la recommandation de l’Assemblée générale visant à renforcer le travail de l’ECOSOC.  L’intervenant a par ailleurs espéré que le Forum pour la coopération au développement devienne un pilier des discussions internationales sur la coopération du développement et sur le partenariat global pour le développement, ainsi qu’un mécanisme crucial pour renforcer le rôle de coordination du Conseil.


Le représentant s’est également félicité de ce que la session de fond se soit attaquée à la question de l’emploi décent.  Il a aussi salué le fait que la session ait discuté non seulement de la réforme de l’assistance humanitaire mais aussi des questions telles que l’utilisation des équipements militaires dans les secours d’urgence et le financement de l’assistance humanitaire.  Le représentant a aussi salué l’examen des activités opérationnelles, avant de féliciter l’ECOSOC pour avoir traité de la majorité des questions en suspens pendant sa reprise de session.


M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou) a souligné l’importance que l’engagement pris par les États Membres à promouvoir le développement durable devait être complété par celui de la communauté internationale.  Rappelant que la pauvreté continuait d’être un problème persistant dans les pays à revenus moyens, la délégation péruvienne a estimé qu’il s’agissait là de l’une des questions prioritaires dont le système des Nations Unies, et en particulier l’ECOSOC, devait se saisir.  Le Pérou s’est engagé pour sa part dans un programme d’éradication de la pauvreté, de réduction de l’analphabétisme et de création d’emplois sans précédent.  Son gouvernement envisage ainsi de réduire de 50 à 30% le niveau actuel de pauvreté dans le pays d’ici à 2011, et le taux de malnutrition de 25 à 16%.  Il compte aussi élargir l’accès à l’eau potable et à l’électricité à 90% de la population.  Par ailleurs, le Pérou s’est fixé comme objectif de réduire le taux de chômage de 53 à 35%, de créer un million et demi d’emplois et de réduire la dette extérieure de 24 à 13% du produit intérieur brut.


M. DMITRY MAKSIMYCHEV (Fédération de Russie) s’est félicité de la réforme et des résultats de la session de fond de l’ECOSOC, auquel le Sommet mondial de 2005 a confié de nouvelles fonctions. Il s’est également réjoui de la tenue du premier Examen ministériel annuel consacré à l’évaluation de la réalisation des OMD, ainsi que du renforcement du rôle de coordination de l’ECOSOC.  Il a ainsi accueilli favorablement le fait que l’ECOSOC soit devenu la véritable et la principale plate-forme de coopération pour les questions ayant trait à l’efficacité de l’aide au développement.  Concernant les segments social, humanitaire et économique, le Conseil, a affirmé l’intervenant, a confirmé son importance dans l’élaboration des recommandations et joue désormais le rôle de répartiteur et d’arbitre entre tous les segments et organes subsidiaires.  Il a conclu en affirmant que la Fédération de Russie va continuer de participer activement aux travaux du Conseil, en s’efforçant notamment de contribuer à l’élaboration de pratiques optimales pour maximiser l’efficacité des recommandations.


Mme DIEDRE MILLS (Jamaïque) s’est félicitée des discussions engagées par le Conseil avec les institutions de Bretton Woods, l’OMC et la CNUCED, de même que de l’intérêt porté à la promotion du plein emploi et de l’accès à un emploi décent pour tous.  Elle s’est également réjouie des délibérations relatives à l’assistance humanitaire aux pays affectés et des autres questions couvertes lors des travaux du Conseil.  Ces débats, a-t-elle précisé, font partie intégrante de la mobilisation du consensus sur les moyens les plus efficaces de promouvoir le développement économique et social.  Soulignant l’importance de ces débats, elle a rappelé qu’ils sont essentiels à la correction du déséquilibre que l’on voit dans la participation effective des pays en développement aux processus internationaux de prise de décisions sur des questions économiques.  Elle a insisté sur la nécessité de mettre sérieusement en œuvre l’Agenda du développement et a dit attendre beaucoup du travail du Conseil et du Forum en particulier, lequel peut être le forum d’un réel dialogue entre les pays en développement et développés pour faire avancer le partenariat pour le développement.


Elle a en outre appelé au renforcement de l’Examen annuel ministériel afin de faciliter le niveau de coopération et de coordination entre les Nations Unies, les institutions de Bretton Woods et l’OMC.  Les travaux de l’ECOSOC sont indispensables pour la promotion du dialogue, le suivi et la coordination des travaux de l’ONU et de leur mise en œuvre, a-t-elle observé, en ajoutant qu’il est nécessaire de disposer des ressources adéquates pour s’acquitter des engagements et responsabilités auxquels ont souscrit les États membres.


M. HANNESON (Islande) a invité l’Assemblée à accorder une attention spéciale à l’importance de la promotion de l’égalité entre les sexes dans les efforts de lutte contre la pauvreté. En autonomisant les femmes et en leur assurant des chances égales, les pays pourront aller de l’avant.  Pourtant, a dit le représentant, les femmes demeurent majoritairement pauvres, malnutries et illettrées. Elles ont moins l’accès à l’emploi que les hommes et elles sont loin d’être politiquement actives. L’autonomisation des femmes doit donc être au cœur de toute stratégie de développement.  L’égalité entre les sexes, a insisté le représentant, est essentielle pour le développement économique durable et l’éradication de la pauvreté.


Le représentant a ensuite évoqué le rôle de l’ECOSOC, en jugeant que les résultats et les recommandations du Forum de 2008 pour la coopération au  développement devraient aussi devenir la référence des discussions qui auront lieu à la Conférence de suivi du Consensus de Monterrey à Doha et de celles du Forum d’Accra sur l’efficacité de l’aide. Il est plus que jamais important, a dit le représentant, d’éviter les chevauchements et les doubles emplois dans les préparatifs de ces deux rendez-vous importants.  Un autre défi pour l’ECOSOC est aussi de suivre les recommandations du Groupe de haut niveau sur la cohérence au niveau du système. La coordination demeure en effet cruciale pour les fonctions de l’ECOSOC, a insisté le représentant.


M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus) a noté avec satisfaction l’évolution positive prise cette année par les travaux de l’ECOSOC.  Il s’est notamment félicité des synergies qui prévalent entre les organismes des Nations Unies et les institutions financières internationales dans le cadre des grandes conférences internationales.  Le représentant a ensuite estimé que la situation économique dans le monde était propice à la réalisation des OMD.  Cependant de nombreux indicateurs n’ont pas été encore mis en place par l’ECOSOC qui doit, en particulier dans les pays en développement, appuyer les efforts entrepris au niveau national pour accélérer la mise en œuvre des OMD


M. MARTY NATALEGWA (Indonésie) a apprécié les efforts entrepris pour améliorer la cohérence à l’échelle du système de l’ONU. Il s’est félicité en la matière du renforcement de l’ECOSOC, en arguant que l´Examen ministériel annuel devrait devenir un outil très efficace pour faire avancer l’agenda du développement.  Il a espéré que le Forum de la coopération au développement contribuera à l’accélération de la mise en œuvre des engagements pris contenus dans la Déclaration du Millénaire, le Consensus de Monterrey et le Plan de mise en œuvre de Johannesburg.  En outre, les rencontres de l’ECOSOC avec les institutions de Bretton Woods, l’OMC et la CNUCED ont permis, a estimé le représentant, un dialogue multilatéral interactif et constructif qui a fait entendre la voix des pays en développement dans les institutions financières internationales. Tout en reconnaissant ces développements positifs au niveau mondial, a dit le représentant,  le suivi intégré et coordonné devrait se traduire par des progrès au niveau des pays. Les stratégies nationales doivent être appuyées par les Nations Unies. Les institutions de Bretton Woods et l’OMC devraient travailler plus étroitement avec l’ONU pour répondre aux priorités nationales et régionales. 


M. SHERVANI (Inde) a reconnu l’importance de la mise en œuvre d’un programme de développement global assurant le suivi et la coordination des activités des différentes entités et agences onusiennes, en vue de veiller à ce qu’une coopération harmonisée soit menée pour permettre aux pays en développement de mettre en place des programmes de développement efficaces.  Toutefois, a déclaré l’intervenant, l’ECOSOC doit également discuter et analyser les questions émergeantes, en organisant notamment des réunions thématiques.  Il a poursuivi en affirmant que les politiques internationales économique, financière et commerciale jouent un rôle crucial dans la promotion du développement des pays du Sud, et a à cet effet regretté que les structures internationales actuelles de financement du développement n’aient pas été repensées pour maximiser l’efficacité des politiques mises en œuvre au service des PMA.  Ainsi a-t-il vivement critiqué le nombre important et croissant de conditionnalités imposées par les Bretton Woods aux pays en développement pour pouvoir bénéficier de programmes, dont le manque de fiabilité a d’ailleurs été démontré, notamment lors de la crise asiatique. La baisse d’efficacité des institutions dans le financement du développement est inquiétante, a-t-il estimé, avant d’exhorter l’ECOSOC à se renforcer davantage pour mener à bien son mandat.  Dans le même élan, M. Shervani s’est prononcé pour la mise en place d’une commission internationale sur la dette et a plaidé pour que les négociations commerciales de Doha débouchent sur des accords sur la situation des PMA et les aspects des droits de propriété intellectuelle liés au commerce.


CULTURE DE PAIX


Pour l’examen de cette question, l’Assemblée était saisie du Rapport du Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) sur la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde (A/62/97)


Présentant le projet de résolution, Mme ISMAT JAHAN (Bangladesh) a souligné que son pays jouit de la liberté religieuse, de l’harmonie et de la tolérance, et qu’il a toujours été en première ligne des initiatives de promotion de la tolérance et de la compréhension entre les peuples, à travers le dialogue et la coopération.  Une paix, a-t-elle dit, est inconcevable sans l’éradication de la pauvreté et le développement durable.  Au Bangladesh, le microcrédit et l’éducation informelle ont apporté des transformations profondes dans la société, en libérant les compétences des femmes.  Notre expérience nationale prouve que l’intégration des sexes et l’autonomisation des femmes sont absolument indispensables pour le développement, la stabilité sociale et la paix, a observé la représentante du Bangladesh, en précisant que l’intégration des femmes tend également à marginaliser l’extrémisme.


Le Bangladesh, a-t-elle rappelé, a toujours joué un rôle important dans le maintien de la paix, en déployant environ 73 000 Casques bleus à 37 missions des Nations Unies.  Saluant les efforts et les progrès réalisés par l’ONU, les États membres, les ONG et la société civile pour promouvoir la culture de paix, elle a rappelé que pour atteindre les objectifs fixés, il faut se concentrer sur la mise en œuvre des engagements.  Elle a rappelé que la culture de paix peut varier d’un pays à l’autre et qu’il convient d’identifier les forces et faiblesses nationales pour établir des critères communs et voir comment un État peut embrasser cette culture. La représentante a ensuite présenté le projet de résolution intitulé « Décennie internationale pour la culture de paix et la non-violence pour les enfants du monde, 2001-2010 », en rappelant qu’il avait reçu un appui record de 114 voix à la dernière session de l’Assemblée générale. 


S’exprimant au nom de l’Union européenne, M. JORGE DE LEMOS GODINHO(Portugal) s’est dit convaincu de l’importance de l’éducation dans la promotion de la culture de paix.  L’éducation, a-t-il poursuivi, autonomise chaque citoyen du monde en lui permettant de participer activement à la vie de la communauté mais aussi de se constituer et d’améliorer son avenir.  L’éducation aux droits de l’homme est particulièrement importante pour consolider la paix.  À cet égard, l’UE se réjouit de la prorogation récente de la première phase de mise en œuvre du Programme mondial pour l’éducation aux droits de l’homme qui a été décidée par le Conseil des droits de l’homme.  L’Union attend avec impatience la réunion européenne sur le même programme, qui se tiendra la semaine prochaine et qui sera organisée par le Conseil de l’Europe. 


Le représentant a par ailleurs affirmé que la prise en compte des sexospécificités dans les programmes d’action destinés à promouvoir l’égalité entre hommes et femmes, constitue un autre aspect important pour atteindre une culture de paix.  Ces initiatives se rapportent notamment à l’élimination de toutes les formes de discrimination et de violence envers les femmes et les enfants.  La promotion de la compréhension, de la tolérance et de la solidarité par le dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples, constitue également un aspect essentiel de la culture de paix, a affirmé M. GODINHO.  À cet effet, il a rappelé que l’importance de la compréhension intercivilisations est consacrée dans les politiques et actions de l’UE.  Il a réitéré son soutien à l’Alliance des civilisations dont l’objet est de favoriser le rapprochement entre les peuples et d’améliorer la compréhension et la coopération entre les nations et les peuples d’horizons et de cultures différentes.  Il s’est enfin félicité de la nomination de Jorge Sampaio, ancien Président du Portugal, à la tête de l’Alliance.


M. KHALED BADR AL KHALIFA (Koweït) a souligné l’importance des dialogues interculturels dans l’amélioration du respect mutuel et de l’acceptation des différentes cultures.  Il a condamné les campagnes menées, dans certaines universités américaines, contre la foi islamique.  Le respect et l’acceptation des différentes cultures et religions aussi bien que la promotion du dialogue entre elles peuvent conduire à une culture de paix alors que les provocations, les insultes et les accusations d’implication dans le terrorisme ne peuvent que mener à la haine, à la rancœur et au désir de vengeance, à la recrudescence des tensions raciales et aux luttes religieuses.  C’est là une sérieuse menace aux aspirations de diffuser les idées de paix.


Pour le Koweït, a dit son représentant, le développement est le chemin réel vers la paix et à partir de cette base, le pays appuie la notion selon laquelle la meilleure façon de répandre la culture de paix est le travail conjoint visant à appuyer les objectifs du développement durable. À cet égard, le représentant a salué les efforts de la Commission de consolidation de la paix et a promis que son pays continuera à l’appuyer comme il l’a fait avec une contribution de 500 000 dollars au Fonds de consolidation de la paix.  Le représentant a conclu en souhaitant que le respect des droits de l’homme, la réalisation de l’égalité entre les sexes, l’égalité des chances et la liberté d’expression soient les piliers de la culture de paix.


M. HILARIO G.DAVIDE, JR (Philippines) a indiqué que 15 pays d’Asie-Pacifique ont organisé la troisième conférence régionale sur le dialogue interconfessionnel à Waitangi en mai dernier, et ont à cet effet adopté une déclaration consacrée à l’importance du dialogue et de la coopération interreligieuse pour la promotion de la paix et de la sécurité régionales, mais aussi dans le développement économique et social, et la dignité humaine. Quarante-trois pays d’Asie et d’Europe se sont également réunis à Nanjing, en Chine, en juin dernier, pour participer au Forum de la troisième réunion Europe-Asie (ASEM), lequel a débouché sur l’adoption de la Déclaration de Nanjing sur le dialogue interconfessionnel dans laquelle il est notamment spécifié que le dialogue est un vecteur d’harmonie prônant la compréhension au sein de la communauté internationale.  M. Davide a par ailleurs affirmé que dans son pays le Cardinal Sin a mené un mouvement populaire pacifiste en 1986 pour renverser le dictateur en place sans faire couler le sang dans les rues.  En outre, a-t-il avancé, le Comité de la coopération interconfessionnelle supervise la mise en œuvre du plan d’action national sur la coopération interreligieuse alors que la commission interconfessionnelle des Philippines est activement impliquée dans la promotion de la coexistence pacifique, mais aussi dans celui du développement durable des communautés. 


M. ELBAKLY (Égypte) a déploré que l’intérêt ne se concentre pas suffisamment sur les aspects positifs alors que les grandes contributions de la civilisation islamique à l’enrichissement culturel et intellectuel sur lesquelles vit l’Occident en attestent.  Incontestablement, la menace la plus dangereuse à la paix internationale et à la sécurité est la prolifération de la violence et l’usage de la force comme moyen d’expression.  Le représentant a estimé qu’il faudrait redoubler d’efforts, dans le cadre du système des Nations Unies, pour traiter des causes des conflits et assister les pays en développement à réaliser les aspirations légitimes de leurs peuples à un développement durable et à la prospérité, dans un cadre international caractérisé par la démocratie et l’égalité.


Le représentant a évoqué la coopération souhaitée entre systèmes régionaux et sous-régionaux qui représente selon lui un mécanisme effectif pour l’alerte précoce et le renforcement des efforts de diplomatie préventive proposé en 1992. Nous devons, a dit le représentant, travailler en parallèle pour restaurer l’équilibre entre les principaux organes des Nations Unies de manière à consolider le rôle de l’Assemblée générale comme l’organe le plus démocratique et le plus représentatif de l’Organisation.  Il a estimé qu’on devrait aussi renforcer le rôle de la Commission de la consolidation de la paix.  Il a trouvé également impératif d’encourager les activités du Conseil des droits de l’homme, sans politisation, sélectivité et sans la politique des deux poids deux mesures.


Saluant les travaux du système de l’ONU et de ses agences, Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) s’est dit convaincue que l’éducation est une base essentielle pour la promotion de la tolérance et de la culture de paix.  Elle a déclaré que la prévention de l’intolérance et des conflits peut être réalisée par des efforts inlassables au quotidien et des actions concrètes aux niveaux local, national, régional et international.  Elle a salué le rôle de fer de lance de l’UNESCO dans le domaine de l’éducation à la paix et à la non-violence à travers l’utilisation des technologies de l’information et de la communication, et a réaffirmé l’importance des manuels scolaires et des médias en la matière.


La tolérance au Kazakhstan est non seulement une norme de la culture politique mais aussi l’un des principes clefs de l’État, et la politique de préservation et de promotion de la tolérance du Gouvernement constitue une partie intégrante des efforts internationaux de promotion de la culture de paix et de la tolérance, a-t-elle ajouté.   Elle s’est dit convaincue que les efforts de renforcement de la paix et de la sécurité dépendent largement de la poursuite du dialogue et de l’interaction entre peuples de diverses confessions, cultures et traditions.  C’est ainsi que les gens de foi peuvent s’ériger en modèle et contribuer à faire reculer l’ignorance, la peur et l’incompréhension, a-t-elle poursuivi, en attirant l’attention sur l’initiative du Président de son pays d’organiser en 2009 le troisième Congrès des dirigeants religieux sous l’égide des Nations Unies.


M. ADAM MULAWARMAN TUGIO(Indonésie) a déclaré qu’il attachait une grande importance à la question de la promotion de la culture de paix, se félicitant à cet égard des efforts déployés à tous les niveaux pour renforcer le dialogue interculturel et religieux.  En tant que pays multiethnique, l’Indonésie soutient ce dialogue, que s’efforcent aussi de promouvoir les ONG et la société civile.  La délégation a affirmé que le potentiel d’une telle campagne à l’échelle mondiale était inestimable.  Elle a donc soutenu le projet de résolution présenté par le Bangladesh, dont elle a espéré qu’il serait adopté par consensus.


Mgr CELESTINO MIGLIORE (Observateur permanent du Saint-Si ège) a estimé que le respect de la dignité humaine est la fondation éthique la plus profonde dans la recherche de la paix et de l’édification des relations internationales qui correspondent aux exigences de notre humanité commune.  Le respect du droit à la vie à tous les stades, de la conception à la naissance normale, établit fermement le principe que la vie n’est pas à la disposition de n’importe qui.  De même manière, a dit le représentant,  que le droit à la vie ne peut pas dépendre d’une quelconque volonté, le droit à la liberté religieuse ne peut dépendre du caprice humain.  Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, les difficultés que les adeptes de plusieurs religions rencontrent fréquemment dans l’exercice de leur droit à la liberté de religion sont un symptôme perturbateur de l’absence de paix.


Un droit fondamental, a-t-il dit, est violé avec de sérieuses répercussions sur la coexistence pacifique, quand un État impose une seule religion sur chacun et interdit toutes les autres, ou quand un système séculaire dénigre les croyances religieuses et dénie un espace public à la religion. De leur côté, les religions sont invitées à travailler pour la paix et à renforcer la réconciliation nationale entre les peuples. Devant un monde déchiré par les conflits, a-t-il dit, les religions ne doivent pas devenir des véhicules de haine, et jamais elles ne peuvent justifier l’esprit et la violence invoqués au nom de Dieu.


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