29/10/2007
Assemblée générale
AG/10648

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-deuxième session

36e séance plénière - matin et après-midi


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE ÉNUMÈRE AVANCÉES ET LACUNES DE LA COOPÉRATION AVEC L’IRAN


Le Directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est venu spécialement de Vienne pour présenter son rapport annuel à l’Assemblée générale et rendre compte des avancées et des lacunes de sa coopération avec l’Iran.  Une trentaine de délégations ont commenté ce rapport dont celles de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et de la République islamique d’Iran.


Le représentant iranien a réaffirmé la nature pacifique du programme nucléaire de son pays, que son gouvernement a mis en chantier pour les besoins de son développement social et économique.  En dépit des rapports successifs publiés depuis 2003 par l’AIEA, le Conseil de sécurité a, sous l’influence de quelques-uns de ses membres permanents, pris des mesures « illégales, inutiles et injustifiables » à l’encontre de l’Iran, a accusé le représentant, qui a également fustigé les sanctions économiques imposées le 25 octobre dernier par les États-Unis à des responsables militaires iraniens.


À l’instar d’une majorité écrasante d’intervenants, M. Kahzaee a réitéré le droit inaliénable des États parties au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de développer l’énergie nucléaire à des fins civiles.  Il a en revanche dénoncé, aux côtés de l’Égypte et de la Syrie, le fait qu’Israël, qui n’est pas partie au TNP ait pu se doter d’un arsenal, « au mépris de la volonté de la communauté internationale de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires. »


Dans ces conclusions sur l’Iran, M. ElBaradei s’est montré plus modéré.  Il a estimé qu’en dépit d’une coopération active sur certains dossiers, comme par exemple, la vérification du non-détournement de matériaux nucléaires déclarés dans le pays, ou encore l’étendue et la nature des expériences faites à partir du plutonium, les progrès de l’Iran étaient insuffisants pour rassurer la communauté internationale sur ses intentions.


Le Directeur général a tout particulièrement regretté le refus du régime iranien de suspendre ses activités d’enrichissement d’uranium, ainsi que la construction de son réacteur à eau lourde d’Arak, contrairement aux demandes répétées du Conseil de sécurité, qui avait pourtant appelé l’Iran à prendre certaines mesures de rétablissement de la confiance.


M. ElBaradei s’est néanmoins félicité, à l’instar du représentant iranien, du plan de travail agréé en août dernier par l’AIEA et les autorités iraniennes afin de résoudre toutes les questions de vérification en suspens.  Cet Accord sur le plan de travail, assorti d’un calendrier précis, comme l’ont demandé le Conseil de sécurité et le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, est un pas important dans la bonne direction, a-t-il reconnu.


Dès lors, si l’Agence était en mesure de fournir une assurance crédible quant à la nature pacifique des programmes nucléaires actuels et passés de l’Iran, les conditions d’une solution globale et durable seraient réunies, a expliqué M. ElBaradei.  Nombreuses ont été les délégations à souligner, à l’instar de la Chine et de la Fédération de Russie, que seule la voie des négociations diplomatiques et multilatérales était de nature à produire des résultats tangibles.


À la suite de Mohamed ElBaradei, les délégations unanimes se sont félicitées des avancées en République populaire démocratique de Corée, dont les installations nucléaires de Yongbyon ont été mises sous scellés le 17 juillet, comme ont pu le vérifier sur place les inspecteurs de l’AIEA.  Cette mesure de confiance, qui s’inscrit dans le cadre du nouvel élan pris par les « Pourparlers à Six », ne peut que contribuer à la dénucléarisation de la péninsule coréenne, s’est félicité le représentant de la République de Corée.


À l’issue des débats, l’Assemblée générale a adopté par consensus une résolution, présentée par le représentant du Chili* et dont près d’une centaine de délégations se sont portés coauteurs.  Prenant note du rapport annuel et des résolutions de l’AIEA, le texte réaffirme son appui résolu à l’Agence, qui joue un rôle indispensable en encourageant et en appuyant la mise au point de l’application pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques, la sûreté, la vérification et la sécurité nucléaires et le transfert de technologies aux pays en développement.


Plusieurs délégations ont pris la parole sur ce dernier point.  Le représentant de l’Égypte a ainsi regretté les restrictions injustifiées et les conditions préalables qui sont imposées aux pays en développement dans l’accès aux équipements et matériels nucléaires dont ils ont besoin pour assurer leur sécurité énergétique future.  La croissance économique et les défis des changements climatiques incitent de plus en plus d’États, en particulier ceux d’Asie, à vouloir se lancer dans l’électronucléaire, a reconnu le Directeur général de l’AIEA.


En début de séance, une minute de silence a été observée à la mémoire de Rudiger von Wechmar, Président de la trente-cinquième session de l’Assemblée générale, décédé ce week-end.  Les délégations du Bénin, de la République de Corée, de la Pologne, du Pérou et de la Turquie, qui s’exprimaient au nom de leur Groupe régional, lui ont rendu hommage, ainsi que les délégations des États-Unis et de l’Allemagne.


La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale aura lieu demain mardi 30 octobre, à partir de 10 heures.  Elle sera consacrée à plusieurs questions, dont la « nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les États-Unis d’Amérique » et à l’examen du rapport du Conseil économique et social (ECOSOC).


*A/62/L. 5



RAPPORT ANNUEL 2006 DE L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE (AIEA)


Le présent rapport fait le point sur les trois champs d’activité ou « piliers » de l’Agence que sont la technologie, la sûreté et la vérification. 


S’agissant de la technologie, l’objectif de l’AIEA est de favoriser le recours aux sciences nucléaires et aux technologies associées pour répondre, de manière durable, aux besoins socioéconomiques des États, et d’y contribuer, par l’utilisation sûre de l’électronucléaire.  Selon les dernières projections de l’Agence, si le niveau actuel de consommation se maintient, la consommation mondiale d’énergie augmentera de 53% d’ici à 2030.  Environ 70% de cette croissance sera le fait des pays en développement, où se trouvent 17 des 29 réacteurs en construction.


L’investissement dans la recherche et le développement est important pour la croissance future de l’électronucléaire.  La recherche scientifique et technique doit être axée sur les nouveaux modèles de réacteurs de différentes puissances, avec une efficience et une disponibilité plus grandes, des délais de construction plus courts et des dépenses d’investissement plus faibles. 


La gestion du combustible est l’un des facteurs les plus importants qui influencent l’avenir du nucléaire.  La quantité de combustibles nucléaires usés produites annuellement est d’environ 10 500 tonnes de métaux lourds.  Un tiers environ est retraité, l’uranium et le plutonium contenus dans le combustible étant recyclés.  Les deux tiers restants sont mis en entreposage provisoire sûr en attendant qu’une décision soit prise sur leur gestion future.


Quelle que soit l’option choisie pour la gestion du combustible usé, il restera nécessaire de procéder au stockage définitif des déchets de haute activité, des déchets à longue période ou du combustible usé lui-même à des centaines de mètres sous terre, « en formations géologiques profondes ».


Par ailleurs, les efforts des États Membres pour maintenir un niveau élevé de sûreté ont continué de porter leurs fruits en 2006.  Dans l’ensemble, la performance des centrales nucléaires en matière de sûreté est restée forte.  Les indicateurs relatifs à la radioprotection professionnelle se sont améliorés par rapport à 2005, aucun travailleur ou membre du public ne recevant une dose importante de rayonnements du fait de l’exploitation d’une centrale nucléaire. 


En outre, il n’y a eu aucun événement dans une centrale nucléaire qui ait entraîné un rejet de radioactivité préjudiciable à l’environnement.  En septembre, le Conseil des gouverneurs a approuvé la publication des Principes fondamentaux de sûreté, ensemble de 10 nouveaux principes qui constituent la base sur laquelle définir les prescriptions concernant la sûreté des installations et des activités afin de protéger la population et l’environnement contre l’exposition aux rayonnements ionisants.


Les travaux menés avec les États-Unis et la Fédération de Russie sur l’initiative tripartite visant à sécuriser et gérer les sources radioactives dans les pays issus de l’ex-Union soviétique ont été achevés.  Une quantité importante de matières radioactives a été sécurisée, et la sensibilisation régionale à ce problème a été nettement accrue.  Pendant l’année, l’Agence a aussi organisé la récupération de plus d’une centaine de sources de haute activité et de sources de neutrons en Afrique et en Amérique latine.


S’agissant de la vérification de l’utilisation pacifique des installations nucléaires, des garanties ont été appliquées en 2006 dans 162 États ayant des accords de garanties en vigueur.  Soixante-quinze États avaient à la fois un accord de garantie et un protocole additionnel en vigueur.  Pour 32 de ces États, l’Agence a conclu que toutes les matières nucléaires étaient restées affectées à des activités pacifiques.  Pour 43 de ces États, elle n’avait pas encore fini toutes les évaluations nécessaires et ne pouvait donc que conclure que les matières nucléaires déclarées étaient restées affectées à des activités pacifiques.


Le rôle de l’Agence continue de s’accroître, et avec lui le besoin de ressources adéquates pour traiter efficacement les nombreux problèmes relevant de son mandat.  En établissant des partenariats avec les parties prenantes –États Membres, organisations internationales, organisations non gouvernementales, homologues nationaux et public– l’Agence cherche a contribué davantage aux stratégies durables visant à traiter et à atténuer les problèmes tels que la faim, la maladie et la pauvreté et à faire avancer la cause de la paix et du développement en s’attaquant aux questions de la sûreté, de la sécurité et du désarmement nucléaire.


Débat


M. MOHAMED ELBARADEI, Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a déclaré que le rôle de l’AIEA n’était pas tant de prédire l’avenir que de tout mettre en œuvre pour s’y préparer.  Ce qui est clair aujourd’hui, c’est qu’il existe trois facteurs qui expliquent l’intérêt renouvelé de la communauté internationale vis-à-vis de l’énergie nucléaire: la croissance de la demande énergétique, les préoccupations de plus en plus nombreuses en ce qui concerne la sécurité énergétique et les défis des changements climatiques.  Il y a actuellement 439 réacteurs opérationnels dans 30 pays, a indiqué M. ElBaradei, qui fournissent un peu plus de 15% de l’énergie mondiale.  La moitié d’entre eux se trouvent dans des pays en développement.  Parallèlement à l’accroissement de l’intérêt pour l’énergie nucléaire, l’AIEA a expérimenté une forte hausse dans la demande d’assistance.  Elle apporte désormais son expertise à 77 États Membres, dont 29 envisagent l’énergie nucléaire comme une option potentielle.


Le Directeur a ensuite expliqué que les innovations technologique et institutionnelle constituaient un facteur clef dans la durabilité de l’énergie nucléaire.  Par innovation institutionnelle, il s’est référé aux approches créatives sur les plans politique et des infrastructures, qui peuvent se développer dans le cadre d’une coopération régionale, comme c’est actuellement le cas dans la région de la mer baltique.  S’agissant de l’innovation technologique, M. ElBaradei a fait valoir que le Projet international sur les réacteurs nucléaires et les cycles du combustible nucléaire innovants était en train d’envisager des collaborations sur des questions spécifiques qui méritent d’être prises en compte pour des raisons économiques, de sûreté et de prolifération.


Évoquant plus loin la question de la vérification, le Directeur de l’AIEA a rappelé que le Protocole additionnel au Traité de non-prolifération élargit la capacité de l’Agence à obtenir l’accès aux installations nucléaires et à tirer des conclusions crédibles concernant non seulement la nature pacifique du programme national déclaré, mais aussi l’absence d’installations nucléaires non déclarées.  Mais jusqu’à présent, à peine plus de la moitié des 162 États avec des Accords de garanties ont mis en œuvre le Protocole additionnel.  Le Directeur général a estimé que c’était loin d’être satisfaisant, puisque plus de 100 États n’avaient pas conclu leurs Protocoles additionnels et que 31 États parties au TNP n’avaient même pas mis en œuvre leurs Accords de garanties généralisées avec l’Agence.  Or, sans ces Accords, l’AIEA n’est pas en mesure de vérifier les activités nucléaires des pays concernés, a-t-il insisté.


En ce qui concerne la République populaire démocratique de Corée (RPDC), M. ElBaradei a indiqué qu’une équipe s’était rendue en juin dans ce pays pour discuter avec les autorités de la mise sous scellés des installations nucléaires de Yongbyon, qui ont été effectivement fermées le 17 juillet, comme ont pu le vérifier les inspecteurs.  En Iran, l’AIEA a pu vérifier le non-détournement de matériaux nucléaires déclarés dans le pays, le Gouvernement ayant continué à offrir l’accès et à donner les informations nécessaires pour permettre à l’Agence de mener à bien sa vérification.  Par ailleurs, l’Iran a remis à l’Agence des informations additionnelles et l’accès nécessaire au règlement d’un certain nombre de questions en suspens, comme l’étendue et la nature de ses expériences à partir du plutonium.  Cependant, contrairement à la décision du Conseil de sécurité, qui avait appelé l’Iran à adopter certaines mesures de confiance, Téhéran n’a pas suspendu ses activités d’enrichissement d’uranium et a poursuivi la construction de son réacteur à eau lourde d’Arak, a regretté le Directeur général. 


Bien que l’AIEA n’ait pas été en mesure de vérifier certains aspects importants de l’étendue et de la nature du programme nucléaire iranien, l’Iran et le secrétariat de l’Agence ont toutefois conclu en août dernier un plan de travail afin de résoudre toutes les questions de vérification en suspens.  Ces questions, a poursuivi M. ElBaradei, ont été au cœur des doutes quant à la nature du programme iranien.  L’accord sur le plan de travail, assorti d’un calendrier précis, comme l’ont demandé le Conseil de sécurité et le Conseil des gouverneurs de l’AIEA, constitue, par conséquence, un pas important dans la bonne direction.  Naturellement, la transparence et l’active coopération de l’Iran seront déterminantes à cet égard, a prévenu le Directeur général.  Si l’Agence était en mesure de fournir une assurance crédible quant à la nature pacifique des programmes nucléaires actuels et passés de l’Iran, cela constituerait une mesure significative de rétablissement de la confiance et permettrait de réunir les conditions d’une solution globale et durable, a-t-il ajouté.  Une telle solution permettrait de rassurer la communauté internationale sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien, tout en permettant à l’Iran d’utiliser pleinement l’énergie nucléaire pour son développement social et économique.


M. ElBaradei a ensuite déclaré que l’Agence était sous-financée, ce qui pourrait porter atteinte à sa capacité à mener à bien ses activités.  Pour remédier à cette situation qu’il a qualifiée d’« intenable », il a chargé le secrétariat de rédiger une évaluation prévisionnelle du budget pour la prochaine décennie et a dit son intention d’établir un groupe d’experts de haut niveau pour examiner ce rapport et fournir des directives concernant les niveaux de financements requis et les mécanismes adaptés.  Enfin, 50 ans après l’Initiative « Des atomes pour la paix », le Directeur général a estimé que l’heure était venue d’élaborer un nouveau cadre de travail pour l’utilisation de l’énergie nucléaire, qui devrait inclure les volets suivants: un développement technologique robuste et des innovations dans les applications et l’énergie nucléaires, un nouveau cadre multinational pour le cycle de combustibles, l’application universelle des Accords de garantie et du Protocole additionnel comme norme de la vérification nucléaire, la reconnaissance du lien entre non-prolifération et désarmement et par conséquent le besoin de faire des progrès vers le désarmement nucléaire, un régime de sûreté nucléaire international robuste et un financement adéquat de l’AIEA.


S’exprimant au nom du Marché commun du Sud (Mercosur), M. ELBIO ROSSELLI (Uruguay) a rappelé le droit inaliénable des États de développer l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.  Il a mis en garde contre toute tentative de redéfinir l’équilibre délicat entre droits et obligations qui caractérisent le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  La remise en cause du caractère légitime des aspirations des États à œuvrer à leur développement technologique, à des fins exclusivement pacifiques, contribuent à saper le système mis en place par le Traité et qui bénéficie d’une adhésion presque universelle, a-t-il estimé.  Le représentant a réaffirmé l’attachement du Mercosur à la coopération internationale et à l’assistance technique.  Il a donc salué les efforts de l’AIEA pour le renforcement de la coopération internationale dans la sécurité nucléaire, les rayonnements, le transport et la gestion des déchets.  Il a en particulier salué les diverses activités liées aux réseaux d’information et de communication sur les rayonnements et la sécurité nucléaire visant à renforcer les infrastructures nationales de régulation qui couvrent aussi le contrôle des sources radioactives.  Le représentant a ensuite jugé important de rendre plus efficace la mise en œuvre des garanties.  Il a jugé positif le rôle de l’AIEA dans l’élargissement de l’accès à la science nucléaire.  Face aux prévisions à moyen terme du recours à l’énergie nucléaire, il s’est félicité de l’appui offert par l’Agence. 


S’exprimant au nom du Groupe africain, M. JEAN MARIE EHOUZOU (Bénin) a estimé que l’intérêt croissant pour l’utilisation de l’énergie nucléaire comme source d’électricité rehausse l’importance des efforts entrepris pour le développement des technologies innovantes nécessaires à la production de l’énergie nucléaire.  Il a, à cet égard, accueilli favorablement le passage à la phase 2 du Projet international de l’Agence sur les réacteurs innovants et sur les cycles des combustibles nucléaires.  L’intervenant a exhorté l’Agence à renforcer ses activités dans le domaine de la recherche et du développement pour trouver des solutions fiables aux problèmes de la gestion des combustibles usés et des déchets radioactifs de niveau élevé.  Dans la même veine, il a salué les différentes propositions visant à établir des sources fiables d’approvisionnement.  Il a encouragé l’Agence à prendre les devants pour développer des options crédibles d’approvisionnement international pour amener les États Membres à forger la confiance mutuelle dans ce domaine. 


Le représentant a par ailleurs noté avec un grand intérêt les activités de l’Agence concernant le développement et le partage des autres applications pacifiques de l’énergie nucléaire, en particulier dans le domaine de la médecine, de l’alimentation et de l’agriculture, de contrôle des parasites et de la gestion des réserves d’eau.  Il l’a encouragée à renforcer ses efforts pour la mobilisation de ressources pouvant permettre de vulgariser les applications existantes.  Le Groupe africain, a-t-il ajouté, attache une grande importance aux initiatives prises par l’Agence pour assister les États Membres à perfectionner leur capacité de détection des matières radioactives.  Le représentant s’est déclaré confiant dans la poursuite par l’Agence de la mise en œuvre de la Déclaration et du Plan d’action que les ministres africains de l’énergie ont adopté à la Conférence tenue à Alger les 9 et 10 janvier 2007.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a déclaré qu’une attention toute particulière devait être accordée au respect des Protocoles additionnels comme norme de vérification par l’AIEA des activités nucléaires des États Membres.  La Fédération de Russie a fait entrer en vigueur son propre Protocole, ce qui constitue une mesure de confiance importante vis-à-vis de la communauté internationale, a-t-il indiqué.  Le représentant a en outre estimé que l’application universelle des Accords de garanties constituait un élément important pour permettre à l’AIEA de s’acquitter de son mandat d’inspection.  La multiplication des attentats terroristes, y compris en Fédération de Russie, souligne, selon la délégation, la nécessité de prévenir tout détournement de matériaux nucléaires sur le territoire des États.  Par ailleurs, l’initiative prise par Vladimir Poutine de développer une infrastructure d’énergie nucléaire globale dans le pays prévoit notamment l’établissement de centres nationaux qui donnent aux États la possibilité d’avoir accès à l’enrichissement de l’uranium. 


Les centres sont ouverts à des États tiers de la région, qui peuvent développer cette activité à des fins pacifiques sans avoir à construire leurs propres infrastructures.  La délégation s’est ensuite félicitée de la signature, le 3 juillet dernier, de la déclaration de mesures conjointes entre la Fédération de Russie et les États-Unis.  Elle a salué les succès estimables obtenus par l’AIEA dans le domaine de la coopération technique avec les pays en développement.  Évoquant la question du programme nucléaire iranien, le représentant a affirmé que « des problèmes complexes nécessitent des réponse complexes ».  À cet égard, il a estimé que le plan de travail convenu entre l’AIEA et l’Iran était un pas dans la bonne direction et qu’il était important de continuer sur la voie diplomatique et de s’efforcer de résoudre par des moyens pacifiques la question des activités nucléaires de l’Iran, ce qui est selon lui la seule voie envisageable.


M. CHENG JINGYE (Chine) a noté avec satisfaction les progrès réalisés par l’AIEA dans la coopération technique.  La Chine, a-t-il dit, maintient sa pleine coopération avec l’AIEA et d’autres États Membres dans le domaine de l’usage de l’énergie nucléaire.  En 2006, la Chine a entrepris 20 projets nationaux et 50 projets régionaux et transrégionaux dans ce domaine.  La Chine, a ajouté le représentant, a toujours appuyé et pris part aux activités de l’AIEA concernant le renforcement de la sécurité nucléaire.  La Chine a créé à Beijing un centre de formation qui non seulement formera des experts mais fournira aussi des services aux États Membres dans la région.  Pendant les prochains Jeux olympiques, la Chine et l’AIEA comptent d’ailleurs organiser à l’intention du grand public des manifestations sur la sécurité nucléaire.  En ce qui concerne la non-prolifération nucléaire, la Chine appuie les efforts de l’Agence visant à renforcer l’efficacité du système de garanties.


Le représentant a ainsi a exprimé l’espoir que l’Agence continuera à promouvoir l’universalité et l’efficacité du Protocole additionnel.  Il a ensuite salué le rôle de l’AIEA dans le règlement des questions nucléaires régionales.  L’Agence, a estimé le représentant, a non seulement procédé au contrôle et à la vérification de la fermeture et de la mise sous scellé de la centrale nucléaire de Yongbyon en République populaire démocratique de Corée mais a également fait des progrès dans la clarification des questions en suspens concernant le programme nucléaire iranien.  La Chine, a insisté le représentant, apprécie les positions objectives et justes de l’AIEA en la matière.  Les questions nucléaires, a-t-il ajouté, doivent être réglées, de manière pacifique, par le biais de négociations diplomatiques et sur la base d’un dialogue et de consultations entre interlocuteurs égaux.  Avec d’autres parties intéressées, la Chine continuera à jouer un rôle de construction dans la résolution de telles questions.


M. RODOLFO BENITEZ VERSON (Cuba) a déclaré que la communauté internationale était plongée dans une crise énergétique sans précédent, qui exige la recherche de sources énergétiques alternatives viables et durables.  Il a rejeté toute tentative de consacrer le monopole de quelques pays sur le combustible nucléaire.  Affirmant ensuite l’importance de la coopération régionale pour les pays en développement, le représentant a réitéré son soutien à l’Accord régional de coopération pour la promotion des sciences et techniques nucléaires en Amérique latine (ARCAL).  Il s’est félicité à cet égard des résultats obtenus dans le plan d’action de l’ARCAL, qui a permis l’élaboration d’un cadre stratégique avec l’AIEA.  Affirmant que le blocus économique et financier « criminel » imposé par les États-Unis affectait la coopération technique de Cuba avec l’AIEA, le représentant a condamné la politisation des activités de l’Agence.  Il est inacceptable de voir que certains pays essaient de préjuger du programme pacifique d’autres nations, a-t-il déclaré, en rappelant que l’Agence était la seule à avoir autorité pour vérifier les activités des États Membres.  La délégation cubaine s’est félicitée à cet égard du plan de travail arrêté par les autorités iraniennes et l’AIEA, qui démontre à l’évidence la volonté d’avancer vers une solution rationnelle.  Certains États se sont pourtant employés à disqualifier le texte en question, avant même qu’il ne soit rendu public, a-t-elle soutenu.  Par ailleurs, Cuba a réitéré son plein appui aux Pourparlers à Six, qui visent à trouver une solution diplomatique définitive à la question de la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  M. Verson s’est enfin opposé à toute application sélective du TNP.


M. ABDULLAH AHMED AL-MURAD (Koweït) a rappelé que depuis son adhésion au TNP le 15 mars 1986, son pays s’est concentré sur la coopération technique avec l’AIEA, la mise en œuvre d’une série de projets sur le renforcement de ses propres capacités et la création de laboratoires spéciaux pour mesurer le niveau radioactif des isotopes des eaux et du sol.  Reconnaissant l’importance de préparer des cadres nationaux à la prévention de la radioactivité nucléaire et à la manipulation des produits radioactifs, le Koweït, a indiqué son représentant, a pris l’initiative, durant les trois dernières années, d’organiser trois séminaires régionaux en coopération avec l’AIEA.  Le pays envoie aussi ses cadres aux cours de formation dispensés par l’Agence.  S’attardant sur le programme de l’Agence relatif à la technologie nucléaire, le représentant a souligné l’importance du sous-programme relatif à l’application de cette technologie dans le traitement des cancers.  À ce propos, il a rappelé la contribution du Fonds de l’OPEP pour le développement, auquel le Koweït a contribué à hauteur de 500 000 dollars, à la mise en œuvre du programme de lutte contre le cancer.


Poursuivant, le représentant a estimé que la région du Moyen-Orient ne réalisera pas ses objectifs de paix et de stabilité aussi longtemps qu’Israël demeurera le seul pays de la région qui refuse de soumettre ses infrastructures au régime de garanties de l’AIEA.  La persistance de cette situation irrégulière peut encourager d’autres États de la région à entrer en possession des armes nucléaires et à les fabriquer sous prétexte que l’Agence s’est montrée aveugle ou laxiste avec des pays qui refusent d’ouvrir leurs installations à sa vérification.  L’intransigeance d’Israël peut causer plus d’anxiété et de tensions au Moyen-Orient et rendre sourd aux appels constants d’autres pour que l’on débarrasse le Moyen-Orient de toutes les armes de destruction massive, tout en reconnaissant le droit des États concernés à acquérir l’expérience requise dans les domaines de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Cette énergie doit être mise à la disposition de tous dans le cadre des conventions internationales pertinentes, a insisté le représentant.  Il a salué le Conseil suprême du Conseil de coopération du Golfe pour avoir encouragé la création d’un programme commun dans le domaine de la technologie nucléaire à des fins pacifiques et conforme aux normes et régimes internationaux.  Concernant le dossier nucléaire iranien, il appelé à une solution pacifique à la crise et salué l’accord passé entre l’Iran et l’AIEA.


M. LUIS ENRIQUE CHAVEZ BASAGOITIA (Pérou) a déclaré que son pays est fermement attaché aux efforts de désarmement complet et à la non-prolifération des armes nucléaires, chimiques et biologiques.  Il a rappelé l’adhésion de son pays au Traité de Tlatelolco.  Le Pérou, a-t-il poursuivi, est conscient du risque de prolifération nucléaire auquel est confrontée la communauté internationale.  Le Pérou, a dit son représentant, est convaincu de l’importance qu’il y a à renforcer tous les aspects du système de garanties face à l’impasse, dont il s’est dit préoccupé, dans les négociations sur le désarmement.  Il a salué le rôle de l’AIEA comme instrument fondamental pour prévenir la prolifération des armes nucléaires.


En tant que membre fondateur de l’Agence, le Pérou a activement contribué à ses objectifs d’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et n’a cessé de contribuer au transfert de technologie.  Saluant la coopération technique de l’Agence dont son pays bénéficie, le représentant a appelé l’Agence à renforcer cette coopération face aux nouveaux défis.  Il a d’ailleurs appuyé les mesures prises par les Nations Unies pour éviter la prolifération et contrôler le trafic par des acteurs étatiques et non étatiques de matériaux nucléaires.  Le représentant a conclu en saluant les progrès réalisés par la République populaire démocratique de Corée et s’est réjoui du prochain rapport du Secrétaire général sur la coopération de l’Iran.  Il a finalement déclaré qu’il est nécessaire d’étendre le régime international du désarmement et de renforcer son rôle face aux menaces terroristes internationales pour barrer l’accès des États ou groupes terroristes à la technologie nucléaire.


M. MAGED ABDULAZIZ (Égypte) a regretté que le système de garanties mis en place par l’AIEA dans les États non nucléaires soit loin d’être universel, et en particulier au Moyen-Orient, où, a-t-il ajouté, tous les États à l’exception d’Israël, ont adhéré à ce système.  Cet état de fait nécessite selon lui davantage d’efforts internationaux pour assurer l’application des garanties généralisées dans tous les États de la région, sans exception.  L’Égypte est fermement convaincue, a-t-il indiqué, que la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient contribuera au rétablissement de la confiance et à une paix globale dans la région.  Il ne fait aucun doute que le manque de stabilité résultant de la présence d’installations nucléaires qui échappent au système de garanties nécessite une réaction plus efficace de la part de la communauté internationale, étant donné qu’une telle situation risque de mener à la course à l’armement nucléaire dans la région, qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de toute la région, en particulier après les déclarations faites dans les médias concernant l’acquisition d’armes nucléaires par Israël.


Le représentant a souligné le caractère inaliénable du droit des États non nucléaires de posséder et d’utiliser les technologies nucléaires à des fins pacifiques.  L’Égypte, a-t-il dit, est convaincue que l’Agence a un rôle croissant à jouer dans l’appui aux efforts de développement durable et dans l’élargissement de l’accès des États non nucléaires à l’énergie nucléaire.  Le rôle de l’Agence est d’autant plus important compte tenu des lacunes dans le transfert des technologies nucléaires.  Le représentant a regretté qu’au lieu de renforcer la coopération internationale pour corriger de tels dysfonctionnements, on observe au contraire, des tentatives d’imposer des restrictions injustifiées et des conditions préalables à l’accès aux équipements et matériels nucléaires nécessaires au développement de programmes nucléaires à des fins pacifiques.  Ces tentatives ont mené, a-t-il insisté, à des réinterprétations injustifiées de l’article 4 du TNP qui n’ont rien à voir avec la lettre et l’esprit du Traité et qui ne font qu’alimenter les suspicions entre ses membres et ajouter de nouveaux défis à la crédibilité et l’efficacité du système de garanties de l’Agence.  


Alors que les États non nucléaires ont renoncé à l’option des armes nucléaires et provisoirement accepté un statut discriminatoire vis-à-vis des États nucléaires, ils continuent à subir des pressions visant à leur imposer plus d’obligations sous formes de garanties supplémentaires, a dit le représentant, avant de saluer la coopération technique de l’AIEA et d’appeler au renforcement du rôle de l’Agence dans le transfert des technologies.


M. ARUNA KUMAR VUNDAVALLI (Inde) a estimé que l’énergie nucléaire peut jouer un rôle clef en contribuant à répondre aux demandes toujours croissantes d’énergie, tout en évitant les conséquences écologiques liées à l’utilisation des combustibles fossiles.  L’AIEA a donc, a souligné le représentant, un rôle à jouer pour lever les malentendus dans l’opinion publique.  L’Inde, a-t-il dit, a poursuivi son programme nucléaire à trois phases pour optimiser le potentiel énergétique de ses ressources en uranium domestique et en thorium, qui représenteront environ 25% de la production d’électricité d’ici à 2050.  L’Inde, a affirmé le représentant, attend avec intérêt le lancement d’une coopération internationale sur le nucléaire à des fins civiles.  Une telle coopération ouvrirait aussi la voie à l’exportation des réacteurs et des services.  Compte tenu de l’importante base manufacturière de l’Inde et des faibles coûts de production, l’Inde pourra devenir un centre de production pour l’industrie nucléaire mondiale.  Après avoir salué tous les aspects du travail de l’AIEA, le représentant a estimé que la renaissance de l’énergie nucléaire n’est pas seulement inévitable mais elle devient une nécessité.  En revanche, les fondations de cette renaissance resteront faibles si des partenariats inclusifs ne sont pas mis en place sur la base de la confiance et de la compréhension mutuelle.


Le représentant a cependant jugé justifiées les préoccupations face aux risques liés à la protection de l’environnement et à la prolifération qui pourraient découler des comportements irresponsables de certains acteurs étatiques et non étatiques.  Nous devons être encore plus préoccupés par les menaces que pourraient faire peser sur les futures générations le fait de garder enfouis pendant des centaines de milliers d’années, les combustibles.  Mais les technologies existantes et le contrôle institutionnel peuvent très bien relever ces défis, a-t-il dit, en ajoutant qu’on peut très facilement trouver les réponses si chaque partenaire responsable est considéré comme partie de la solution et non comme un problème.


M. LESLIE GATAN (Philippines) a insisté sur la grande importance qu’attachent les Philippines à l’utilisation du nucléaire à des fins pacifiques ainsi qu’à son impact positif sur le développement.  Il a rappelé que son pays et l’Agence ont développé des liens étroits en termes de coopération technique.  C’est d’ailleurs dans ce domaine que les bénéfices ont été les plus nombreux, a-t-il dit.  Ces bénéfices, a-t-il ajouté, ont permis l’augmentation de la productivité agricole et industrielle mais aussi l’irradiation des exportations de produits alimentaires, l’accès à l’eau potable et la résolution des défis écologiques.  À cet effet, M. Gatan a salué le Département de la coopération technique et celui de la science nucléaire appliquée de l’Agence, dont le soutien précieux a permis aux Philippines d’achever 84% de ses projets techniques en 2006.  Le représentant a par ailleurs indiqué que la participation de son pays aux projets environnementaux de la région lui a permis de mener des études sur l’environnement en utilisant les techniques nucléaires.  Il a en outre ajouté que le programme d’action sur le traitement du cancer, auquel les Philippines collaborent, va permettre d’accroitre les capacités de formation dans la région. Il a conclu en reconnaissant les bénéfices immenses de l’utilisation du nucléaire dans la promotion d’un développement durable, avant d’affirmer l’intention de son pays de faire de l’énergie nucléaire la réponse à la demande grandissante du secteur énergétique et d’une économie robuste et en pleine expansion.    


M. MARTY NATALEGWA (Indonésie) a déclaré être encouragé par le fait que la région du Pacifique soit l’une des plus dynamiques au monde en termes de développement de l’énergie nucléaire, en ajoutant que les projets nationaux et régionaux ont été conduits dans le cadre du programme de coopération technique de l’AIEA.  Il a souligné que la promotion de l’usage sécurisé et pacifique de l’énergie nucléaire est particulièrement importante pour l’Indonésie et la région. Avec 200 millions d’habitants, l’Indonésie a opté pour l’énergie nucléaire comme l’une de ses premières sources d’énergie.  Elle en est maintenant à l’étape cruciale de la dissémination de l’information et de l’éducation du public sur la nécessité et l’importance du rôle de l’énergie nucléaire dans le développement durable.  Le pays a aussi pris soin de promulguer les lois nécessaires.


Le représentant a relevé que l’AIEA est de plus consciente du rôle de l’énergie nucléaire dans la lutte contre les changements climatiques.  Il a rappelé que son pays accueillera la Conférence des Nations Unies à Bali, en décembre 2007.  Le représentant a ensuite souligné l’attachement de son pays à la coopération technique dans les domaines de la science et des technologies nucléaires.  À cet égard, l’Indonésie mettra en œuvre huit projets en 2007-2008.  Il est donc essentiel que l’Agence ait les ressources nécessaires pour ses activités, a insisté le représentant, en invitant ses homologues à réfléchir à la création d’un fonds pour l’assistance technique.  Parlant de la sécurité nucléaire, le représentant a rappelé qu’en tant qu’archipel, l’Indonésie est préoccupée par le transport maritime de déchets nucléaires et de produits radioactifs.  Il a donc appuyé les efforts de l’AIEA visant à renforcer la coopération et la coordination dans ce domaine.  Le représentant a conclu en se félicitant de l’évolution positive des relations de travail entre la RPDC et l’AIEA.


M. YUKIO TAKASU (Japon) a indiqué que le développement de la génération de l’électronucléaire permettra d’assurer une fourniture stable d’énergie et de combattre le réchauffement climatique.  À cet effet, il a annoncé que son pays a présenté en mai dernier sa nouvelle initiative « une terre fraîche 50 » pour traiter le problème des changements climatiques.  Il a poursuivi en affirmant que le Japon, dans le but de proposer un cadre d’action international après 2012, va s’efforcer de développer, à des fins pacifiques et de manière sécurisée, l’utilisation de l’énergie nucléaire, et d’apporter son aide aux pays en développement en termes de développement des infrastructures.  En assurant le développement de l’utilisation de l’énergie nucléaire, a-t-il toutefois précisé, il est essentiel d’assurer sa fiabilité et sa sureté.  L’intervenant a, à cet effet, déclaré que son pays, qui va encore développer de l’énergie nucléaire, s’est strictement tenu à son utilisation à des fins pacifiques.


L’intervenant a par ailleurs souligné que le renforcement des normes de sécurité est vital pour solidifier le régime de non-prolifération nucléaire.  Le Japon, a-t-il poursuivi, croit que l’universalisation du Protocole additionnel est la voix la plus réaliste et la plus efficace pour atteindre cet objectif.  Le Japon, en tant que promoteur des Amis du Protocole additionnel, a à cet effet mis en œuvre des activités variées en Asie.  Le représentant s’est félicité de ce que le nombre de pays qui ont adopté ce Protocole soit passé de 39 à 83 ces trois dernières années.  Il a exhorté les autres nations à le signer le plus rapidement possible.  M. Takasu s’est ensuite inquiété des tests nucléaires pratiqués par la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ainsi que du développement des capacités de missiles balistiques, qui sont une menace à la paix et à la sécurité « non pas seulement de celles du Japon, mais aussi de l’Asie de l’Est, et de la communauté internationale tout entière ».


Il s’est toutefois félicité des résultats des Pourparlers à Six qui ont débouché sur l’engagement de la RPDC à déclarer tous les programmes nucléaires et à démanteler trois facilités à Yongbyon.  Il a conclu en indiquant que son pays continue de travailler activement pour une résolution pacifique des questions nucléaires dans le cadre des Pourparlers à Six, en vue de résoudre de manière globale les questions en suspens telles que les enlèvements, le nucléaire et les missiles, le « passé malheureux » et la normalisation des relations avec la République populaire démocratique de Corée, sur la base de la Déclaration de Pyongyang.  Il a enfin exhorté l’Iran à coopérer avec l’AIEA et à répondre aux exigences contenues dans les résolutions du Conseil des gouverneurs de l’Agence et du Conseil de sécurité.


M. HJALMAR HANNESSON (Islande) s’est dit favorable à la coopération internationale pour préserver et améliorer la sécurité de toutes installations et applications radiologiques et nucléaires.  Il a réitéré l’importance du rôle indispensable que l’AIEA joue en la matière et exprimé l’attachement particulier de son pays à la coopération technique mise en place par l’AIEA.  Il a rappelé que l’Islande contribue annuellement et volontairement au Fonds pour les technologies de l’AIEA.  Le représentant s’est ensuite félicité de la fermeture des installations nucléaires à Yongbyon en RPDC et de la mise en application des mesures de vérification et de contrôle par l’AIEA.  Il a exhorté la RPDC à appliquer l’Accord de garanties prévu par le TNT.  Il a conclu en regrettant que l’Iran n’ait pas honoré les obligations qui découlent des résolutions du Conseil de sécurité et des exigences de l’AIEA. 


M. LESLIE M. GUMBI (Afrique du Sud) a estimé que l’augmentation de la demande en énergie nucléaire s’accompagne de défis et de responsabilités parce que la production de matière nucléaire est devenue plus difficile à contrôler.  La capacité d’enrichir de l’uranium ou de séparer le plutonium rapproche un nombre croissant de pays de la possession de l’arme nucléaire.  Cet état de choses, a dit le représentant, rend encore plus important le rôle de l’AIEA.  Il s’est donc dit préoccupé par le fait que l’Agence n’ait pas assez de fonds pour investir dans l’innovation technologique.  La dépendance de l’Agence vis-à-vis d’un seul pays pourrait jeter le discrédit sur ses activités de vérification, a prévenu le représentant.  Cette situation de précrise est en outre aggravée par le nombre limité d’accords de garanties passés entre l’Agence et ses États membres.  Le système de garanties, a poursuivi le représentant, doit être adapté aux circonstances en perpétuelle mutation.  Après avoir fustigé ceux qui refusent d’améliorer le système, le représentant a néanmoins reconnu le rôle indispensable que peut jouer le Protocole additionnel.


Le représentant a poursuivi en estimant que le Fonds de coopération technique de l’Agence mérite une action urgente et décisive.  Il a jugé que le temps est venu de corriger les erreurs du passé et d’incorporer dans le budget ordinaire le financement des projets de coopération technique.  Il a aussi fermement appuyé la proposition du Directeur général de réunir des experts de haut niveau pour examiner les options de financement des activités de l’AIEA.  En matière de cycle du combustible nucléaire, le représentant s’est par ailleurs dit préoccupé par le fait qu’un certain nombre de propositions visent à limiter le droit des pays à développer leurs propres capacités.  L’Afrique envisage de coopérer avec d’autres pays en la matière.  Il a poursuivi en estimant que le renforcement de la sécurité collective ne passe pas seulement par la diminution de la dépendance à l’uranium fortement enrichi à des fins pacifiques.  Ce renforcement passe aussi par des progrès dans l’élimination de l’uranium fortement enrichi et d’autres matériaux fissiles utilisés principalement à des fins militaires.  D’ailleurs, l’Afrique du Sud réclame une meilleure harmonisation des normes relatives à la sûreté et de celles relatives à la sécurité parce qu’elles sont, a-t-il insisté, interdépendantes.  Le représentant a conclu en soulignant que la question de protection contre la menace terroriste préoccupe profondément l’Afrique du Sud.  En prévision de la Coupe du monde de football en 2010, le pays compte d’ailleurs solliciter l’expertise et les équipements de l’AIEA.


M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran) a rappelé qu’il était désormais reconnu que la technologie nucléaire avait des applications pacifiques dans de nombreux domaines.  Face à la croissance des besoins énergétiques, de nombreux pays en développement se sont lancés dans la construction de réacteurs nucléaires, ainsi que dans l’expansion des programmes existants.  Les efforts déployés par l’AIEA dans le cadre de la coopération technique doivent se poursuivre, a-t-il affirmé.  Le droit inaliénable de tous les États parties au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de développer l’énergie nucléaire à des fins pacifiques est l’un des piliers du TNP, a poursuivi le représentant.  Malheureusement, la coopération technique des pays développés avec les pays en développement est restée insuffisante, a-t-il estimé, soulignant qu’un « club » de puissances nucléaires aurait tout mis en œuvre pour empêcher les pays en développement d’avoir accès à l’énergie nucléaire.  Pour remédier à cette situation, l’AIEA devrait jouer le rôle essentiel qui est le sien dans l’application non discriminatoire des dispositions du TNP et des garanties de l’AIEA.  Il est regrettable qu’après 50 ans d’existence, le budget de la coopération internationale de l’Agence reste insuffisant parce qu’il dépend des contributions volontaires et des conditions imposées par certains États Membres.


L’Application des garanties est l’une des principales fonctions de l’Agence, a insisté la délégation iranienne, qui s’est alarmée que certains membres de l’AIEA n’aient toujours pas conclu leurs Accords de garanties généralisées.  Le représentant s’est à cet égard élevé contre le fait qu’Israël ait pu se procurer des armes nucléaires en quantité dans une région aussi volatile que le Moyen-Orient, au mépris de la volonté de la communauté internationale de faire de celle-ci une zone exempte d’armes nucléaires.


Comme nous l’avons déjà dit, le programme nucléaire iranien est pacifique, a déclaré le représentant.  Tous les rapports publiés par l’AIEA depuis 2003 ont réaffirmé la nature pacifique de ce programme et l’absence de détournement de matériaux nucléaires, a-t-il soutenu.  Bien que ces conclusions aient été reprises par de nombreuses déclarations publiques de M. ElBaradei, le Conseil de sécurité a, sous l’influence de quelques-uns de ses membres permanents, pris des mesures « illégales, inutiles et injustifiables » contre le programme nucléaire pacifique de l’Iran. 


En dépit de l’impasse des négociations provoquée par ces « actions politiquement motivées », l’Iran a pris une nouvelle initiative qui a été particulièrement bien accueillie par le reste du monde en acceptant de négocier avec l’AIEA les modalités pour résoudre les questions en suspens.  Le texte d’un accord mutuel a été finalisé le 21 août dernier à Téhéran, ainsi qu’un calendrier qui établit clairement les priorités à atteindre.  En très peu de temps, deux des questions en suspens les plus importantes -à savoir les expériences faites à partir du plutonium et la contamination du site de Karaj- ont été résolues.  Comme l’a reconnu le Directeur général de l’AIEA, ce plan de travail est un pas dans la bonne direction.  L’initiative de l’Iran a permis d’établir un environnement positif et nouveau qui nécessite le retour intégral de la question du programme iranien dans le giron de l’AIEA.


Le représentant a enfin repris les appels de nombreuses délégations à résoudre cette question par des moyens multilatéraux.  Dans ce contexte, les mesures unilatérales comme celles qu’ont prises récemment les États-Unis ne feraient qu’exacerber la situation et compromettre les négociations actuelles et la coopération entre l’Iran et l’Agence.  Aucune des politiques irrationnelles des États-Unis ne pourra nous dissuader d’exercer nos droits légitimes, a prévenu le représentant, qui a déclaré que son gouvernement ne souhaitait rien d’autre que développer l’énergie nucléaire à des fins civiles dans le cadre de ses obligations en vertu du TNP.


M. PARK HEE-KWON (République de Corée) s’est dit convaincu de la nécessité d’universaliser le Protocole additionnel afin d’améliorer le régime actuel de garanties généralisées et de vérification et a, à ce titre, appelé tous les États qui ne l’ont pas encore fait à le signer, le ratifier et le mettre en œuvre sans délai.  Il a en outre rappelé que son gouvernement attache une importance particulière au développement d’un nouveau cadre multilatéral pour le cycle du combustible nucléaire et l’accès équitable aux technologies et au combustible nucléaires, tout en limitant les risques de prolifération.  Il a ensuite assuré que son pays continuera à appuyer les efforts de l’AIEA pour mettre en place et renforcer le régime international de sûreté et de sécurité nucléaire.


Le représentant a souligné les progrès significatifs qu’ont été la Déclaration conjointe du 19 septembre, suivie le 13 février, de l’accord des Six sur les « Actions pour la mise en œuvre de la Déclaration conjointe ».  L’Accord du 13 février, s’est-il félicité, a préparé la voie au rétablissement des relations entre l’AIEA et la République populaire démocratique de Corée (RDPC), ce qui a donné lieu aux visites des équipes de l’AIEA en RPDC et à un arrangement ad hoc entre les deux parties concernant la surveillance et la vérification des installations nucléaires de Yongbyon.  Depuis juillet, s’est encore félicité le représentant, l’Agence a été en mesure de vérifier la fermeture de ces installations et de poursuivre la mise en œuvre de l’arrangement ad hoc avec la coopération de la RPDC. 


Le représentant a rappelé qu’une étape supplémentaire a été franchie lors de la deuxième session du sixième cycle des pourparlers, qui se sont tenus à Beijing entre le 27 et 30 septembre 2007, au cours de laquelle les parties se sontentendues sur une deuxième phase des Actions pour la mise en œuvre de la Déclaration conjointe.  Conformément à cet accord, a expliqué le représentant de la République de Corée, la RDPC achèvera le démantèlement des installations de Yongbyon à la fin de cette année et fournira une déclaration complète et correcte de tous ses programmes nucléaires.  L’achèvement de cette phase donnera un véritable élan aux négociations sur la dénucléarisation vérifiable et pacifique de la péninsule coréenne.


M. FIDELINO DE FIGUEIREDO (Angola) a encouragé tous les États Membres à payer leurs contributions au budget ordinaire de l’AIEA et au Fonds pour la coopération technique.  Le paiement de contributions extrabudgétaires au financement de projets par le Conseil des gouverneurs ne doit pas non plus être négligé, a voulu le représentant.  À l’heure, le programme de coopération technique que l’AIEA met en œuvre en Angola comporte neuf projets.  L’Angola bénéficie aussi de plusieurs projets régionaux et interrégionaux dont un sur la gestion de la zone côtière, avec la Namibie et l’Afrique du Sud.  De plus, l’AIEA a aidé le pays à créer un cadre juridique et les infrastructures de régulation pour l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. 


Pour le cycle 2009-2010, le Gouvernement a soumis à l’Agence six projets dans les secteurs de la physique nucléaire, de l’agriculture, de la santé humaine, des ressources en eau, des applications industrielles et de la protection contre les rayonnements.  L’Agence organise pour des raisons d’efficacité, a dit le représentant, des cours, séminaires, ateliers, visites scientifiques, bourses de recherche et fournit des conseils d’experts et les équipements nécessaires.  Le représentant a conclu en se félicitant du travail de l’AIEA dans la lutte contre la mouche tsétsé.  Il l’a encouragée à renforcer son partenariat avec les organismes pertinents de l’ONU pour faire avancer la recherche sur les techniques de stérilisation des insectes pour lutter contre les anophèles et le paludisme.  Il a aussi appelé l’AIEA à explorer de nouvelles possibilités de lutte contre le VIH/sida.  Il s’est ainsi félicité du projet régional sur l’épidémiologie et l’immunologie moléculaires.


M. HAMIDON ALI (Malaysia) a estimé qu’il reste encore beaucoup à faire pour permettre aux pays en développement d’exercer leur droit inaliénable à l’énergie nucléaire et à un transfert non discriminatoire des technologies.  La Malaisie, a-t-il reconnu, est un des pays qui a beaucoup bénéficié du programme de coopération et d’assistance technique de l’AIEA (PCAT).  Le pays envoie dorénavant des experts dans les missions de l’AIEA.  M. Ali a néanmoins regretté que, malgré tout, les scientifiques et ingénieurs malaisiens ont du mal à être formés dans les pays où la technologie est plus avancée.  Attribuant ce fait au strict contrôle que ces pays exercent sur le transfert des technologies, le représentant a plaidé que les pays en développement non dotés de l’arme nucléaire se voient octroyer un traitement préférentiel dans l’accès à la technologie nucléaire.  


Le représentant a relevé le regain d’intérêt des pays en développement, et en particulier en Asie, pour l’énergie nucléaire.  La Malaisie a exprimé l’intérêt de son pays pour tout progrès dans le développement d’approches multilatérales au cycle de combustible nucléaire.  Il s’est dit d’avis qu’un abandon volontaire et temporaire des droits devrait être autorisé comme condition préalable à la participation de telles approches.  Un tel abandon devrait être assorti de garanties sur une fourniture continue des services et produits relatifs au cycle de combustible nucléaire.  Toutefois, a dit le représentant, les approches multilatérales ne devraient pas affecter les droits inaliénables des États parties au TNP à développer la technologie nucléaire à des fins pacifiques.  Il faut placer tout ceci, a conclu le représentant, dans le cadre de l’obligation faite aux États nucléaires de négocier, de bonne foi, des mesures de désarmement.


M. DON PRAMUDWINAI (Thaïlande) a souligné la nécessité de réévaluer le rôle de l’énergie nucléaire en matière de développement durable compte tenu de l’interdépendance des questions de l’énergie, de la sécurité et des changements climatiques.  En tant que membre du TNP, la Thaïlande, a indiqué son représentant, soutient le droit inaliénable de tous les États de développer les technologies nucléaires à des fins pacifiques, lesquelles a-t-il ajouté, constituent l’une des sources viables d’énergie alternative permettant de réduire la dépendance aux combustibles fossiles.  Dans son plan national de développement énergétique pour la période 2007-2021, la Thaïlande envisage d’ailleurs la production de l’énergie nucléaire.  Les organes pertinents en Thaïlande, a-t-il précisé, ont déjà commencé à travailler avec l’AIEA sur des questions relatives à l’établissement d’instruments éducationnels, industriels, juridiques et institutionnels.  Le représentant a salué les efforts de l’AIEA visant à trouver des mécanismes multilatéraux susceptibles d’assurer l’accès aux services liés au cycle de combustible nucléaire.  Le représentant a conclu en jugeant important de réfléchir à la manière dont le Fonds pour la coopération technique pourrait être mieux utilisé et géré, tout en prenant compte des avantages de la technologie nucléaire pour les États Membres.


M. MIRJANA MALDINEO (Croatie) a appuyé les activités de l’AIEA dans le renforcement des capacités en vue de prévenir la prolifération et d’accroître la sécurité nucléaire.  L’un des aspects les plus bénéfiques de la coopération entre la Croatie et l’Agence, a dit le représentant, s’est fait par le biais du programme de coopération technique, par lequel l’Agence appuie cinq projets en cours en Croatie ainsi que les dons et la coorganisation d’ateliers et de séminaires sur les questions de non-prolifération nucléaire, la protection contre les rayonnements et la lutte contre le trafic de matières nucléaires et radioactives qui pourraient tomber aux mains de terroristes.  Le représentant s’est donc dit satisfait que son pays ait accru son rôle dans la région, en ayant à l’esprit l’importance de mesures coordonnées et efficaces pour maximiser l’usage pacifique de l’énergie nucléaire et faire face à la multiplication des risques de prolifération et de terrorisme nucléaire.


M. SERGEI A. RACHKOV (Bélarus) s’est félicité de la coopération technique fournie par l’AIEA aux pays en développement, estimant que tous les mécanismes existants à l’Agence devaient être utilisés pour atteindre l’objectif « Atomes pour la paix ».  Ainsi, les succès obtenus par l’Agence en matière de coopération ont permis de réunir les conditions techniques, sociales et médicales indispensables pour permettre au Bélarus et aux pays de la région de se remettre des conséquences désastreuses de la catastrophe de Tchernobyl.  Le représentant a ensuite souligné la nécessité de renforcer le régime international de sûreté nucléaire et le TNP, auquel le Bélarus est partie.  Nous estimons enfin que tous les pays qui le souhaitent doivent pouvoir accéder sans entraves à l’énergie nucléaire, a conclu le représentant.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déclaré que son pays a grandement bénéficié du programme de coopération technique de l’AIEA, et y a contribué en formant et mettant à disposition ses experts et en organisant des séminaires et ateliers.  Il a également souligné que le Pakistan a été l’un des premiers pays à avoir lancé un programme de production nucléaire, en 1972 avec l’établissement de la première centrale nucléaire à Chasma, puis à avoir construit des installations de cycle du combustible nucléaire.  La troisième centrale nucléaire CHASNUPP 2, dont les capacités atteignent 300 MW, est actuellement en construction.  Le représentant a par ailleurs indiqué que l’Institut des sciences et des technologies nucléaires du Pakistan est devenu une institution de recherche majeure dans la région et a notamment contribué à la fabrication du réacteur de l’usine nucléaire de Karachi.


La Commission de l’énergie atomique du Pakistan (CEAP), a-t-il poursuivi, joue aussi un rôle majeur dans l’application des sciences nucléaires au domaine médical mais également dans l’exploitation de techniques nucléaires.  Pour exemple, s’est félicité l’intervenant, les centres du CEAP ont conçu 63 variétés de blé, coton, riz et lentilles, toutes résistantes aux maladies et avec un rendement élevé.  Il a estimé que son pays, par la taille de son programme nucléaire civil et ses décennies d’expérience, est idéalement placé pour offrir aux pays en développement sa coopération dans l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.  L’économie pakistanaise croit en moyenne à un taux annuel de 7% depuis 2002 avec une augmentation de la demande énergétique d’à peu près 8% par an.  Au taux de croissance actuel, la demande énergétique se verra multipliée par 8 pour atteindre 163 000 mégawatt en 2030.


En conséquence, le Gouvernement a lancé un plan de sécurité énergétique sur 25 ans avec pour stratégie de maximiser l’utilisation des ressources nationales afin de réduire la dépendance aux énergies importées.  M. Akram a ainsi affirmé que la production d’énergie nucléaire et le renforcement des capacités constitueront un élément indispensable de cette stratégie.  Il a conclu en affirmant que le Pakistan a mis sur pied des établissements d’enrichissement et de conversion d’uranium afin de pallier les besoins énergétiques des usines nucléaires.  Le représentant a aussi dit que son pays suit avec intérêt les propositions liées à la fourniture de combustible nucléaire.  


M. NOORITA MOHAMED-NOOR (Singapour) a reconnu le droit inaliénable des États à utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Il a toutefois souligné leur responsabilité par rapport aux questions de sécurité.  En la matière, l’assistance de l’AIEA est essentielle, a argué le représentant, en saluant les initiatives prises par l’Agence.  Il a aussi voulu que l’Agence poursuive sa coopération technique avec les pays pertinents et explore d’autres partenariats avec d’autres pays pour ce qui est du marché de l’énergie nucléaire.  Le représentant a aussi appuyé l’objectif de l’Agence de fournir des conseils et des directives sur les approches, les politiques et les principes de la sécurité nucléaire.  Il a donc soutenu les efforts visant à élargir les normes de sûreté et de sécurité et les meilleures à travers le monde.  L’efficacité de l’AIEA, a-t-il prévenu, dépend dans une large mesure de la coopération des États.  Il a donc indiqué que l’ANASE attend avec impatience de travailler avec l’AIEA dans un cadre régional de collaboration et de coopération, en particulier au moment où l’intérêt des pays d’Asie pour l’énergie nucléaire s’accroît.  Mais il serait tragique que l’énergie nucléaire devienne une source de problème, a conclu le représentant en soulignant, une dernière fois, l’importance de la sûreté et de la sécurité. 


M. VIKTOR V. KRYZHANISVKYI (Ukraine) a particulièrement apprécié les activités de l’AIEA liées au cycle de combustible nucléaires et aux nouveaux réacteurs sécurisés.  Il a donc salué les efforts de l’Agence dans l’élaboration de normes et recommandations jetant les bases des réglementations nationales.  Ayant été victime d’une catastrophe nucléaire à Tchernobyl, l’Ukraine, a dit son représentant, continue ses efforts pour améliorer sa sécurité nucléaire.  Il est bien connu, a-t-il poursuivi, que l’atténuation des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl reste une priorité de l’Ukraine.  Il a rappelé qu’en septembre dernier, les contrats de construction des infrastructures de sécurisation du site ont été signés à Kiev.  Le représentant a d’ailleurs salué le long partenariat qui lie son pays à l’AIEA laquelle offre un appui radiologique précieux à la réhabilitation des zones affectées par la catastrophe.  Il a conclu en faisant part de l’intention de son pays de présenter un projet de résolution sur le renforcement de la coopération internationale pour atténuer les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a déclaré que son pays avait adopté un code pour identifier les sources radiologiques dans le cadre du système de lutte contre le transfert illégal de technologie mis en place par l’AIEA.  En matière de coopération régionale, le Kazakhstan, a indiqué la représentante, a signé un accord pour avoir accès aux centres multinationaux d’enrichissement de l’uranium ouverts par la Fédération de Russie.  Elle a ensuite souligné la nécessité d’améliorer le système de contrôle permettant de garantir que les matériaux nucléaires ne seront pas détournés à des fins criminelles.  Elle a toutefois reconnu le droit de chaque pays à développer l’énergie nucléaire à des fins civiles.


M. OMAR AL-AMIN ABDALLAH (Soudan) a réitéré l’engagement de son pays en faveur du développement de la technologie nucléaire à des fins pacifiques et a tenu à saluer le rôle croissant de l’AIEA dans la coopération technique en matière d’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques et de développement.  Les États, a-t-il voulu, devraient s’abstenir d’exercer des pressions sur l’Agence.  Il a poursuivi en déclarant que le TNP constitue l’une des pierres angulaires du système de non-prolifération, tout en regrettant que la région du Moyen-Orient soit loin de réaliser les objectifs du Traité, compte tenu du fait qu’Israël, seul État à posséder l’arme nucléaire, s’y oppose et refuse de signer le Traité et son Protocole additionnel conformément aux demandes de la communauté internationale.  La dénucléarisation est le seul moyen de mettre fin aux tensions dans la région, a-t-il observé, d’où la nécessité pour maintenir la paix et la sécurité internationales de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires.  Le représentant a finalement exprimé le souhait que des programmes de coopération technique soient bientôt mis en œuvre pour appuyer des projets de lutte contre la malaria et autres maladies, et avancer la cause du développement socioéconomique sur le continent africain.


Explications de vote sur le projet de résolution relatif au Rapport de l’AIEA


Le représentant de la RPDC a condamné l’hostilité des États-Unis envers son pays et a affirmé que la dénucléarisation de la péninsule coréenne constitue une priorité de son gouvernement.  Il a également souligné que la RPDC a toujours prôné le dialogue et la négociation pour le règlement de cette question, et qu’elle se conformera, en conséquence, à ses déclarations.  L’intervenant a en outre exhorté les États-Unis à prendre les mesures nécessaires pour retirer la RPDC de la liste des États parrainant le terrorisme et a affirmé, en réponse au Japon qui a demandé la mise en œuvre de la résolution 1718 du Conseil de sécurité, qu’aucune question ne peut être résolue par des sanctions. En outre, la Corée du Nord, a-t-il dit, a émis de fermes réserves sur certains paragraphes du projet de résolution et s’attend à ce que des progrès supplémentaires soient consentis dans les Pourparlers à Six concernant la dénucléarisation du pays.


Bien qu’il se soit joint au consensus, le représentant de la République arabe syrienne s’est toutefois déclaré déçu par la politique des « deux poids deux mesures » appliquée à plusieurs États lorsqu’il s’agit du point concernant les capacités nucléaires d’Israël et de la menace qu’elles représentent.  Cela conduit au report d’année en année de cette question, alors que certains États Membres ont parallèlement des difficultés à développer l’énergie nucléaire à des fins civiles.  Le représentant a dénoncé les machinations pour faire taire les voix qui vont à l’encontre de ce que fait Israël, qui n’est toujours pas partie au TNP.  Toutes les installations nucléaires de cet État doivent être soumises aux Accords de garanties généralisées de l’AIEA et Israël doit renoncer à son arsenal nucléaire, a-t-il ajouté en conclusion.


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