24/09/2007
Assemblée générale
AG/10618

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Matin


RÉUNION DE HAUT NIVEAU CONVOQUÉE PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, INTITULÉE « L’AVENIR ENTRE NOS MAINS : LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES, UN DÉFI À RELEVER POUR NOS DIRIGEANTS » (EN COURS)



SÉANCE PLÉNIÈRE D’OUVERTURE, PRÉSIDÉE PAR LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL


Déclarations


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé qu’il y a deux décennies, dans cette même salle de l’Assemblée générale, les changements climatiques étaient apparus pour la première fois à l’agenda mondial, grâce à un sujet proposé par l’île de Malte.  Le sujet est aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était alors: « La protection du climat mondial pour les générations présentes et futures de l’humanité », a ajouté M. Ban.  Beaucoup a été fait depuis, selon lui, mais le défi fondamental demeure inchangé et n’a fait que gagner en urgence.  Il s’est ainsi dit convaincu que les changements climatiques et ce que nous faisons à cet égard, définiront notre ère, au bout du compte, l’héritage mondial que nous laissons aux générations futures.  Aujourd’hui, le temps des doutes est révolu, a estimé le Secrétaire général, précisant que le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) avait, sans ambiguïté, fait état du réchauffement de notre système climatique, le liant directement aux activités humaines.


Il faut agir dans l’immédiat, a insisté le Secrétaire général, pour qui le défi sans précédent des changements climatiques exige une réponse sans précédent, de même qu’un sens des responsabilités sans précédent, un leadership prêt à établir de nouvelles directions.  En participant à cette Réunion de haut niveau, les responsables des États Membres ont montré qu’ils partageaient son inquiétude, a-t-il poursuivi.  Nous devons régler notre action sur la réalité, a déclaré M. Ban.  L’action nationale doit être, selon lui, au centre de notre action face aux changements climatiques, les pays industrialisés devant prendre la direction des opérations.  Il faut le concours de tous les pays, de tous les secteurs de la société, a-t-il ainsi souligné.  Il faudra, a-t-il dit, la participation de tous les secteurs pour que les émissions cessent d’augmenter dans les 10 à 15  années à venir.  La nature et l’ampleur du problème sont telles que l’action nationale ne suffit pas, a-t-il cependant assuré.  Il faut donc s’attaquer à ce problème à l’échelle mondiale de manière à garantir le plus haut niveau de coopération internationale indispensable.  Le Secrétaire général a jugé encourageant de constater que les Nations Unies constituent l’enceinte appropriée pour négocier une action mondiale.  Toutefois, il s’est dit déconcerté par la lenteur des progrès de ces négociations.  M. Ban, affirmant que cette réunion visait à relancer le processus, a rappelé que des négociations cruciales auraient prochainement lieu à Bali, en décembre prochain, dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.  Il est temps, a-t-il dit, d’obtenir un accord qui s’attaque aux changements climatiques sur tous les fronts.  Il faut faire tout ce que nous pouvons pour que cet accord aboutisse le plus vite possible, a-t-il poursuivi.  Le Secrétaire général a, enfin, invité les responsables de la planète à envoyer un signal clair et collectif aux peuples: faire savoir qu’ils sont prêts à assumer cette responsabilité et à régler ce défi courageusement. 


M. SRGJAN KERIM (ex-République yougoslave de Macédoine), Président de la soixante-deuxième session de l’Assemblée générale, a rappelé qu’il y a 20 ans, l’Assemblée générale s’était déjà alarmée des conséquences des changements climatiques et il a estimé que depuis, les dirigeants mondiaux n’avaient pas fait suffisamment pour s’y attaquer.  Le constat scientifique est incontestable, a-t-il ajouté, en citant les récents événements en Afrique.  Il a souligné la dimension éthique et l’obligation morale que représente la lutte contre les changements climatiques, laquelle nécessite, a-t-il dit, une ferme volonté politique.  De l’avis du Président de l’Assemblée générale, les Nations unies sont l’instance appropriée pour s’attaquer aux changements climatiques et il a souhaité que les débats de l’Assemblée générale servent d’orientation pour les négociations de Bali. 


M. Kerim s’est félicité des initiatives passées depuis l’entrée en vigueur de la Convention-cadre sur les changements climatiques, mais a estimé qu’elles seraient insuffisantes en l’absence d’accord contraignant.  C’est pourquoi il a proposé l’élaboration d’une feuille de route pour l’ONU et ses États Membres qui devrait, a-t-il précisé, inclure l’expertise de la société civile, du secteur privé et de la recherche universitaire, afin d’établir un consensus mondial pour l’action.  Il a annoncé son intention d’organiser un débat thématique au début de l’année prochaine pour commencer à établir ce consensus.  Les changements climatiques sont indubitablement le défi le plus important auquel doit faire face l’humanité au XXIème siècle et il n’y a pas de temps à perdre, a-t-il conclu, en appelant les États Membres à ne pas laisser retomber la dynamique actuelle.


M. RAJENDRA PACHAURI, Président du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), présentant le travail de celui-ci, a rappelé que les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre étaient le résultat des activités humaines.  Il a souligné, notamment, que la planète pourrait, d’ici à la fin du siècle, se réchauffer en moyenne de 1,8 degré Celsius, les scénarios les plus noirs faisant état d’une augmentation de 4 degrés Celsius.  La pénurie de l’eau sera une des conséquences les plus importantes des changements climatiques, a-t-il prévenu, précisant que ce phénomène s’aggravera dans certaines zones, plus vulnérables que d’autres, de la planète.  L’Afrique sera particulièrement concernée, avec 75 à 250 millions de personnes touchées par la pénurie d’eau d’ici à 2020, a-t-il souligné.  L’adaptation est inévitable, a-t-il ajouté, notant toutefois qu’elle ne suffirait pas à elle seule.  Nous devons prendre des mesures d’atténuation dès le court terme, a-t-il déclaré.  De même, le Président du GIEC a invité à un changement des modes de vie et de comportement.  L’inaction n’est plus une solution ni une possibilité, a-t-il souligné avant de conclure.


M. ARNOLD SCHWARZENEGGER, Gouverneur de l’État de Californie (États-Unis), invité par le Secrétaire général de l’ONU à intervenir en tant que représentant d’une collectivité locale, a commencé son intervention par un rappel du poids de la Californie, dont il a notamment rappelé qu’elle était la septième économie mondiale et avait sur son territoire trois des six principales universités du monde.  Il s’est défendu de vouloir se vanter, mais a expliqué que, compte tenu de la puissance de son État, les mesures qui y étaient prises pouvaient avoir des conséquences importantes au niveau mondial.  Il a souligné le rôle pionnier de la Californie dans la lutte contre les changements climatiques qui s’appuie, a-t-il précisé, sur l’exemple de l’Union européenne.  Par sa position unique, la Californie, a-t-il dit, est au premier plan de l’action à venir.  Rappelant que les normes d’émission à faible teneur en carbone adoptées l’année dernière par la Californie dépassaient les rêves les plus fous, il a cependant estimé que cette législation n’allait pas changer le climat de la planète mais avait pour objectif de montrer la voie.  Après l’informatique et la Silicon Valley, a-t-il déclaré, les technologies vertes vont permettre à la Californie de passer à la vitesse supérieure.


M. Schwarzenegger a estimé que l’heure n’était plus aux soupçons et aux accusations sur les responsabilités du passé et sur le Protocole de Kyoto, mais qu’il était temps de s’intéresser aux responsabilités à venir.  Notre seule responsabilité, a-t-il ajouté, c’est l’action.  Il a estimé que la Californie faisait avancer les États-Unis vers l’action et il a invité l’Assemblée générale à faire avancer ses États Membres vers l’action.  Il ne faut pas perdre espoir, a-t-il conclu en se déclarant convaincu qu’il était possible de renouveler la planète.


Mme ARTI MEHRA, maire de New Delhi, a souligné que sa municipalité avait pris des mesures pour promouvoir l’efficacité énergétique, une politique de transports durables et les énergies renouvelables.  Elle a ainsi expliqué que New Delhi possédait le parc le plus important au monde d’autobus propres.  Intervenant au nom des collectivités locales du monde entier, elle a assuré que le rôle de celles-ci était essentiel pour réduire les émissions actuelles et les émissions futures de gaz à effet de serre.  Les collectivités locales sont une source d’espoir importante pour la communauté mondiale, a-t-elle souligné.  L’action des collectivités locales peut être, selon elle, positive et autonomisante.  Des enseignements intéressants peuvent être tirés de l’expérience des collectivités locales, a-t-elle ajouté.  La maire de New Delhi a demandé instamment aux dirigeants des États Membres d’investir immédiatement dans les collectivités locales pour aboutir notamment à une meilleure gestion de l’environnement local.


Mme CATHERINE GAUTHIER, de l’association Environnement Jeunesse et de la Coalition de la jeunesse canadienne pour le climat, a commencé par délivrer un message au nom Carl Tomacruz, de Greenpeace Génération solaire-Philippines.  Il a déclaré que les Philippines, avaient été victimes l’année dernière de deux des plus meurtrières catastrophes liées aux changements climatiques, faisant 2 500 victimes et affectant 800 000 familles.  Estimant que l’avenir était dans les énergies renouvelables, il a invité les États Membres à ne pas céder aux pressions de groupes industriels, qui cherchent à promouvoir un charbon non polluant ou l’énergie nucléaire.  Notre droit au développement dépend d’un climat stable, a-t-il déclaré, en demandant aux pays industrialisés de prendre la tête du mouvement et en exhortant les États Membres à prendre des engagements fermes à Bali.


      Mme Gauthier, reprenant la parole en son nom propre, a estimé que le temps des excuses était révolu.  Citant les récents rapports scientifiques, elle a expliqué que la jeunesse ne tolérerait plus des élus qu’ils ne prennent pas conscience de l’ampleur du problème des changements climatiques.  Il ne peut pas y avoir de petite avancée à Bali, a-t-elle poursuivi, car cette conférence doit marquer un tournant.  Mme Gauthier a dénoncé ceux qui, dans certaines capitales, tentent de faire croire autre chose.  Il n’y a qu’une seule voie vers un climat sûr et elle passe par Bali, a-t-elle conclu, en déclarant aux délégations que son avenir était entre leurs mains.


SÉANCE PLÉNIÈRE THÉMATIQUE I : ADAPTATION


« Le défi de l’adaptation : de la vulnérabilité à la résilience


Mme ASHA-ROSE MIGIRO, Vice-Secrétairegénérale des Nations Unies et Facilitatrice de cette séance plénière thématique, a affirmé que la présence, ici, des responsables des États Membres témoignait de l’intérêt pour cette alliance qui permettra de parer aux effets des changements climatiques.  Un grand travail d’adaptation est actuellement en cours, a-t-elle souligné, ajoutant cependant que celui-ci est loin de nous amener à la situation qui nous permettrait de faire face aux effets des changements climatiques.  Il s’agit ici, de l’avis de la Vice-Secrétaire générale, de prendre un nouvel élan, et de lancer une nouvelle stratégie d’adaptation.  Il faut accroître les capacités de riposte des pays en développement, accroître leur aide au financement, car il s’agit d’aider les pays à formuler des mesures d’adaptation, de favoriser les échanges d’informations entre pays développés et pays en développement, de favoriser les partenariats.  Les Nations Unies sont bien placées dans ce processus, a-t-elle rappelé.


M. ACHIM STEINER, Secrétaire exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a estimé que, partout, les changements climatiques nous imposent de garder à l’esprit les objectifs que nous nous sommes fixés.  Les mesures d’adaptation doivent être appliquées, sinon, a-t-il précisé, le niveau des mers va continuer d’augmenter.  Il s’agit, selon lui, de préparer nos réactions et de prendre des mesures pour atténuer les effets des changements climatiques.  Cette adaptation n’en est qu’à ses débuts, surtout dans les pays en développement, a-t-il regretté.  Cette Réunion de haut niveau offre, à cet égard, une occasion unique dans le processus visant à mettre en place un mécanisme international qui nous permettrait de parer aux effets des changements climatiques.


M. NESTOR KIRCHNER, Président de l’Argentine, a évoqué la dette morale que représente la lutte contre les changements climatiques.  Il a constaté que les efforts déployés jusqu’à présent avaient été timides.  Il a présenté l’adoption, en décembre 2004, par l’Argentine d’un plan de réduction des gaz à effet de serre, comme un premier pas pour écarter la menace qui pèse sur le développement durable de son pays et qui pourrait remettre en cause la sécurité alimentaire.  C’est une priorité nationale, a-t-il déclaré.


M. Kirchner a souligné que de nombreux obstacles, comme le poids du service de la dette, obligeaient bien souvent à reporter à plus tard la mise en œuvre des mesures décidées.  L’aide financière apportée par les pays en développement est insuffisante, a-t-il dit en demandant le versement d’argent frais et une aide technologique accrue.  Les changements climatiques sont un problème planétaire, qui doit être abordé de façon planétaire, a-t-il estimé, en expliquant que c’était la première fois que tous les pays étaient sur un même pied d’égalité face à un défi mondial.  Nous devons tenir nos engagements, a-t-il conclu, parce que l’humanité est menacée.


M. OSCAR BERGER PERDOMO, Président du Guatemala, a souligné que son intervention constituait une réflexion émanant de toute sa région.  Les changements climatiques ne représentent pas une question pour demain, car ils ont des effets immédiats.  Un effort concerté est nécessaire de la part de tous les pays présents, pour atteindre une sécurité climatique pour nos pays, a-t-il déclaré.  Ce qui est en jeu, a-t-il dit, c’est notre capacité de survie.  Les impacts des changements climatiques sont liés à notre propre vulnérabilité économique et sociale.  C’est pourquoi, il est nécessaire de prendre en compte nos propres besoins de développement.


Le Président du Guatemala a également mis l’accent sur la nécessité, par exemple, d’enseigner la notion du respect de l’environnement par le biais de cours sur l’environnement dispensés aux enfants.  Il est important d’enseigner le respect des ressources naturelles, a-t-il affirmé.  Compte tenu de la vulnérabilité particulière de l’Amérique centrale face aux phénomènes climatiques, les dirigeants de celle-ci ont choisi d’organiser en avril 2010, au Honduras, un sommet présidentiel de cette partie du continent sur les questions de l’environnement.  Ce sommet aura pour objectif, a-t-il précisé, d’adopter un plan d’adaptation visant à promouvoir un nouveau secteur économique de biens et services qui soit favorable à la protection de l’environnement. 


M. EMMANUEL MORI, Président des États fédérés de Micronésie, a expliqué que les effets des changements climatiques commençaient à se faire sentir dans son pays, en citant l’élévation du niveau de la mer, les attaques contre la barrière de corail et les glissements de terrain.  Les petits États insulaires en développement sont limités dans leurs moyens pour lutter contre les changements climatiques, a-t-il plaidé. Face à l’élévation du niveau de la mer, a-t-il expliqué, les habitants du littoral commencent à se déplacer vers les zones montagneuses des îles de son pays.  La réinstallation de ces personnes a un coût économique, politique et social très élevé, a-t-il déclaré, en s’inquiétant de voir apparaître des réfugiés en raison des changements climatiques.  Il a estimé que la destruction d’atolls peuplés depuis des centaines de milliers d’années serait une grande perte pour l’humanité, en invitant les négociateurs de Bali à garder cela à l’esprit.  Nous sommes tous responsables de la survie de cette planète, a-t-il conclu, en estimant que les États Membres ne s’étaient pas encore acquittés correctement de cette responsabilité.


M. VÁCLAV KLAUS, Président de la République tchèque, a estimé que le fait de reconnaître la réalité et l’importance des changements climatiques est si énorme que nous serons obligés de réfléchir à deux fois avant de prendre des décisions.  Le Président a souligné que l’augmentation des températures mondiales avait été très limitée au cours des dernières années, dernières décennies et dernier siècle si on la compare au reste de l’histoire.  La menace hypothétique qui est brandie dépend exclusivement de prévisions issues, de l’avis du Président tchèque, de spéculations et ne repose pas sur l’expérience passée.  Ce sont des prévisions qui se fondent sur des données de très courte durée et n’ont pas prouvé leur efficacité sur les événements passés, a-t-il assuré. 


Le Président tchèque a estimé qu’il n’existe aucun consensus quant aux causes des changements climatiques récents.  Il conviendrait, a-t-il déclaré, de mesurer l’ampleur et la probabilité du risque et le coût nécessaire pour l’éviter.  Cette problématique est non seulement dotée d’une dimension temporelle, mais aussi spatiale et régionale qui, à ses yeux, est plus importante.  Les solutions globales et universelles sont plus coûteuses et injustes et, de ce fait, sont discriminatoires, a-t-il assuré.  C’est pourquoi, le fait de dicter des normes environnementales ambitieuses qui ne sont pas adaptées aux pays en développement devrait être exclu de toutes recommandations.  Il a recommandé, pour sa part, la mise en place de deux groupes intergouvernementaux d’experts, afin de publier deux rapports concurrentiels et ne plus considérer le problème d’une seule façon. 


M. TASSOS PAPADOPOULOS, Président de la République de Chypre, a estimé que l’adaptation ne signifiait pas se résigner aux effets négatifs des changements climatiques, mais en limiter les dégâts.  Il a indiqué que l’écosystème méditerranéen était l’un des plus touchés par les changements climatiques.  Il s’est par ailleurs dit conscient de la nécessité d’aider les plus vulnérables, et notamment les petits pays insulaires en développement.  Les changements climatiques ne doivent pas remettre en cause la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il dit.  Le Président Papadopoulos a appelé les États Membres à s’assurer qu’il n’y ait aucun vide juridique après le Protocole de Kyoto.


M. JOSÉ MANUEL ZELAYA ROSALES, Président du Honduras, a indiqué que 5 000 soldats des forces armées avaient été affectés à la protection des zones boisées de son pays, 70% des incendies de forêt étant d’origine criminelle.  L’écosystème du Honduras n’est plus en danger, a-t-il assuré, grâce aux mesures prises.  Il a ainsi rappelé que le Honduras était doté de la deuxième réserve de forêts tropicales après le Nicaragua, comprenant une diversité biologique importante, à l’instar de l’Amazonie.


Le Président du Honduras a réaffirmé en outre l’engagement de son pays, au côté du Costa Rica et de pays européens, en faveur d’une politique de carbone zéro.  Il a précisé que le Honduras avait signé la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, de même que les Protocoles de Rio et de Kyoto.  Le Honduras s’est aussi engagé à adopter un engagement régional qui permettra de mettre en œuvre une synergie face au défi des changements climatiques.  La protection de l’environnement ne va pas à l’encontre du développement, si tout le monde fait un effort, a-t-il conclu.


M. LEVY PATRICK MWANAWASA, Président de la Zambie, a expliqué que les effets des changements climatiques faisaient peser un fardeau supplémentaire sur l’économie de son pays, déjà très vulnérable, notamment à cause des effets du VIH/sida.  Quatre secteurs particulièrement vulnérables aux changements climatiques ont été identifiés dans son pays, a-t-il dit : l’agriculture, la santé, l’énergie et l’eau.  Il a souhaité davantage de transferts de technologies en faveur des pays africains.  Le Président zambien a constaté que les systèmes d’alerte, comme les prévisions météorologiques et l’anticipation de catastrophes, n’étaient pas adaptés, ce qui rendait difficile la planification dans le domaine agricole.  Les stratégies d’adaptation nécessitent des ressources financières considérables, qui dépassent les capacités de la Zambie, a-t-il déploré, en appelant la communauté internationale à porter assistance à son pays.  Il a cependant fait part de sa détermination à prendre les choses en main car, a-t-il dit, l’adaptation n’est pas une possibilité, c’est un impératif, qui nécessite, a-t-il souligné, une réponse rapide.


M. JOHN AGYEKUM KUFUOR, Président du Ghana, a souligné que les conséquences des changements climatiques étaient impossibles à ignorer et nécessitaient une réponse immédiate de la communauté internationale.  Il a indiqué que son pays ressentait les effets des changements climatiques, à travers d’inondations et de sécheresses mettant en danger les vies humaines.  Ces phénomènes exacerbent des conditions d’existence déjà difficiles de certains pays, a-t-il estimé.  Il a ainsi fait état, depuis le mois de juillet, d’un déluge sans précédent qui frappe une partie de l’Afrique, phénomène lié de toute évidence, selon lui, aux changements climatiques. 


De l’avis du Président du Ghana, les pays africains ne peuvent imaginer relever le défi, que ce soit à titre individuel ou collectif.  Les Nations Unies doivent rassembler et mobiliser, tout en appelant aux pays industrialisés et aux pays en développement pour évaluer la menace et rechercher des solutions d’urgence pour sauver l’humanité, a-t-il estimé.  L’ONU devrait, de même, exhorter l’ensemble de ses États Membres pour adopter une bonne gouvernance afin, notamment, de mettre en œuvre des stratégies efficaces se fondant sur les connaissances scientifiques, et en utilisant un cadre législatif et réglementaire approprié.  Nous devons utiliser cette réunion pour envoyer un message politique clair à tous les États Membres de cette Organisation selon lequel leurs délibérations futures doivent être influencées par l’urgence de ce problème universel, a-t-il souligné avant de conclure.


M. JOSE EDUARDO DOS SANTOS, Président de l’Angola, a souligné le risque que les changements climatiques remettent en cause les efforts de développement.  Certains peuples sont plus menacés que d’autres, a-t-il estimé, en ajoutant qu’aucun pays n’était épargné par ce qu’il a qualifié de fléau mondial.  Il a invité les pays développés à s’engager financièrement et à tenir les engagements, ainsi qu’à faciliter les transferts de technologies.  Il a énuméré la législation promulguée par son pays pour mettre en œuvre les engagements pris dans le cadre du Protocole de Kyoto.  Il s’est dit convaincu que le débat de haut niveau permettrait de mettre en place des mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques.


(à suivre)


À l’intention des organes d’information • Document non officiel