16/05/2007
Assemblée générale
AG/10592

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Assemblée générale

96e séance plénière - après-midi


PROCLAMANT 2008 ANNÉE INTERNATIONALE DES LANGUES, L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DEMANDE D’ENCOURAGER LEUR CONSERVATION ET LEUR DÉFENSE


Elle adopte aussi un texte sur une stratégie visant à éliminer les abus sexuels dans les opérations de maintien de la paix


« Le premier instrument du génie d’un peuple, c’est sa langue », a déclaré, cet après midi, l’Ambassadeur de la France auprès des Nations Unies citant l’écrivain Stendhal alors qu’il présentait à l’Assemblée générale un projet de résolution sur le multilinguisme.  « Le droit à l’usage de sa langue, la capacité à communiquer et donc à comprendre et se faire comprendre, la préservation d’un héritage souvent vieux de plusieurs siècles ou millénaire doivent bien être au cœur de la mission des Nations Unies », a insisté Jean-Marc de La Sablière. 


Par ce texte adopté par consensus, l’Assemblée générale demande aux États Membres et au Secrétariat d’encourager la conservation et la défense de toutes les langues parlées par les peuples du monde entier et proclame 2008 Année internationale des langues.  En outre, l’Assemblée générale prie le Secrétaire général de désigner un nouveau Coordonnateur pour le multilinguisme. 


Toujours aux termes de cette résolution, l’Assemblée prie le Secrétaire général de veiller à traiter tous les services linguistiques sur un pied d’égalité et à leur fournir également les moyens et conditions de travail qui leur permettent d’optimiser la qualité de leurs prestations.  Elle souligne en outre qu’il importe d’utiliser comme il convient toutes les langues officielles de l’ONU dans toutes les activités du Département de l’information, réaffirme la nécessité de réaliser la parité absolue des six langues officielles sur les sites Web de l’Organisation et encourage les Centres d’information des Nations Unies à poursuivre leurs actions de proximité et d’animation multilingues. 


Alors que le représentant d’Andorre a insisté sur la protection des langues en tant que fondement de la diversité culturelle, ceux de la Tunisie et de la Fédération de Russie ont fait valoir que les six langues officielles des Nations Unies – l’anglais, le français, l’espagnol, le chinois, l’arabe et le russe - représentent un moyen de renforcer l’efficacité de l’Organisation par le biais du respect des principes fondamentaux qu’elle est censée incarner.  Ces deux délégations ont également demandé que des ressources adéquates soient consacrées à la mise en œuvre d’actions en faveur du multilinguisme, notamment en ce qui concerne les services de conférences et les sites Web de l’ONU. 


De leur côté, les représentants de la Roumanie et du Sénégal ont souhaité que le prochain texte sur le multilinguisme, sujet pour lequel un projet de résolution est présenté tous les deux ans depuis 1999, fasse plus précisément référence aux opérations de maintien de la paix et à l’utilisation des langues des populations auxquelles sont destinées les actions des Nations Unies.   


« L’adoption de la présente résolution n’est naturellement pas une fin en soi.  Elle n’en constitue pas moins une étape importante pour l’action des Nations Unies car le multilinguisme est l’équivalent linguistique, culturel, voire civilisationnel du multilatéralisme », a enfin estimé Jean-Marc de La Sablière. 


L’Assemblée générale a également adopté sans vote le projet de résolution intitulée « Étude d’ensemble d’une stratégie visant à éliminer l’exploitation et les abus sexuels dans les opérations de maintien de la paix » que lui avait recommandé sa Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission)**. 


Par ce texte, l’Assemblée générale accueille favorablement le rapport du Comité spécial des opérations de maintien de la paix sur la deuxième reprise de sa session de 2006 et fait siennes les propositions, recommandations et conclusions formulées par le Comité spécial des opérations de maintien de la paix aux paragraphes 1 à 5 de son rapport***.  Parmi ces recommandations, le Comité spécial prie notamment le Groupe de travail spécial à composition non limitée de continuer à examiner le projet révisé de modèle de mémorandum d’accord à la reprise de sa session, qui devrait avoir lieu en juin 2007 au plus tard.  En outre, il déclare que le projet de stratégie globale présenté par le Secrétaire général devra s’appliquer au système des Nations Unies dans son ensemble.


Soulignant l’importance de cette question, le représentant de l’Ouganda a appuyé le concept de tolérance zéro face à l’exploitation et aux abus sexuels dans les opérations de maintien de la paix.  Les Casques bleus ne doivent pas se rendre coupables de tels actes, a-t-il rappelé en plaidant pour que ce fléau soit éliminé.


Par ailleurs, l’Assemblée générale a également nommé, comme le lui a recommandé sa Cinquième Commission****, M. Thomas Thomma (Allemagne) membre du Comité des contributions pour un mandat prenant effet le 16 mai 2007 et venant à expiration le 31 décembre 2008.


En début de séance, l’Assemblée générale a rendu hommage à Sa Majesté Malietoa Tanumafili II, chef de l’État de Samoa, décédé le 11 mai dernier, en observant une minute de silence.  Les représentants des groupes régionaux, du pays hôte et du Forum des îles du Pacifique ont salué sa mémoire et son rôle pour mener son pays à l’indépendance.  En cette heure sombre, ces marques de sympathie et ces messages de condoléances continueront à être une source de force et d’inspiration pour le peuple de Samoa, a affirmé le représentant de Samoa. 


Enfin, l’Assemblée générale a pris note du document A/61/709/Add.5 dans lequel le Secrétaire général indique que le Kirghizistan a effectué les versements permettant de réduire ses arriérés de contributions en deçà du niveau spécifié dans l’Article 19 de la Charte des Nations Unies et qui peut empêcher un État Membre de participer au vote à l’Assemblée générale. 


La prochaine réunion de l’Assemblée générale aura lieu demain à partir de 10 heures. 


* document publié sous la cote A/61/L.56

** rapport de la Quatrième Commission publié sous la cote A/61/409/Add.1

*** document publié sous la côte A/61/19 (Part. I)

**** rapport de la Cinquième Commission publié sous la cote A/61/562/Add.1


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