26/10/2006
Secrétaire général
SG/SM/10696
OBV/587

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LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL APPELLE À REDOUBLER D’EFFORTS POUR LUTTER CONTRE LES EFFETS DÉVASTATEURS DES GUERRES SUR L’ENVIRONNEMENT


On trouvera ci-après le texte du message du Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, à l’occasion de la célébration, le 6 novembre, de la Journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé :


Quelles que soient leurs justifications, les guerres infligent aux combattants, comme aux civils, des tourments indicibles et peuvent détruire en quelques minutes ce qui a parfois pris des générations à construire. Au-delà des souffrances humaines qu’elles causent, elles ont également des effets dévastateurs sur l’environnement.


L’année passée nous en a donné un nouvel exemple tragique. Parmi les conséquences du conflit entre Israël et le Hezbollah, on mentionnera le rejet de près de 15 000 tonnes de mazout par la centrale de Jiyyeh, au sud de Beyrouth, qui a affecté environ 150 kilomètres de côtes au Liban et en Syrie, pollué les plages et les eaux côtières et porté préjudice aux activités de pêche et au tourisme.


Au cours des dernières années, les gouvernements ont été de plus en plus nombreux à demander au Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) d’effectuer des évaluations environnementales après un conflit. Une équipe procède actuellement à une étude d’impact sur l’environnement à la suite du conflit au Liban et d’autres travaillent en étroite collaboration avec les Gouvernements soudanais et iraquien.


Au Soudan, les résultats préliminaires indiquent une dégradation généralisée et sévère de l’environnement dans la majeure partie du pays, liées notamment à la désertification et à la déforestation. Au Darfour, la dégradation de l’environnement, la lutte pour le contrôle des ressources et le changement climatique au niveau régional sont les causes premières de l’insécurité alimentaire et du conflit.


En Iraq, le drainage des marais du delta de l’Euphrate/Tigre dans les années 80 et 90 constitue un exemple classique du ciblage délibéré d’un écosystème à des fins politiques et militaires. Le PNUE aide le Gouvernement iraquien à restaurer et gérer les marais, et à remettre en état l’environnement du pays, ainsi que son infrastructure de gestion de l’environnement.


La Journée internationale pour la prévention de l’exploitation de l’environnement en temps de guerre et de conflit armé a été proclamée par l’Assemblée générale afin d’appeler l’attention sur les conséquences des guerres sur l’environnement et sur la nécessité de ne pas exploiter ou endommager inconsidérément les écosystèmes dans la poursuite d’objectifs militaires. Ces dommages sont parfois inévitables; mais, ils peuvent souvent être évités avec un peu de prudence et de réflexion.


Les parties engagées dans des hostilités doivent respecter les règles et accords internationaux, comme les Conventions de Genève, qui régissent la conduite de la guerre. Certaines de ces règles, comme l’interdiction de détruire délibérément des terres agricoles, font une place particulière à l’environnement. Mais, dans l’ensemble, il n’est pas fait mention des conséquences environnementales des guerres dans les lois contemporaines. Il est grand temps que nous réexaminions les accords internationaux relatifs à la guerre et aux conflits armés, afin de veiller à ce qu’ils comportent également des dispositions relatives aux atteintes délibérées ou involontaires portées à l’environnement.


En cette Journée internationale, prenons conscience de la menace que représentent les guerres pour la fondation de tous nos objectifs en matière de développement durable – et prenons l’engagement de redoubler d’efforts dans ce domaine.


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