11 juillet 2006
Conseil économique et social
ECOSOC/6219

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond de 2006 - matin


LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SE PENCHE SUR LA QUESTION DU FINANCEMENT DE LA COOPÉRATION POUR LE DÉVELOPPEMENT


(Publié tel que reçu)


GENÈVE, 11 juillet (Service d’information des Nations Unies) -- Le Conseil économique et social a entamé, ce matin, l'examen des questions relatives aux activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement, en tenant une réunion-débat consacrée à l'«examen complet des tendances et des perspectives du financement de la coopération pour le développement». 


M. Léo Mérorès, Vice-Président du Conseil, a déclaré que les engagements récemment pris par les donateurs d'augmenter leur aide publique au développement font espérer des progrès notables sur la voie menant à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a fait valoir que l'examen du financement de la coopération pour le développement donnera une idée d'ensemble des avantages et des inconvénients des différentes sources et modalités de financement, afin d'améliorer la prévisibilité, la stabilité, la fiabilité et le caractère adéquat de ce financement.


Le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. José Antonio Ocampo, a rappelé que l'aide publique au développement reste le principal levier de l'action en faveur du développement.  Il a ajouté que la déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide constitue un tournant, en ce sens qu'elle a suscité un nouvel esprit de coopération internationale qui permettra de continuer d'augmenter les niveaux d'aide.


Des présentations ont ensuite été faites, axées principalement sur des expériences nationales, par M. Luiz Enrique Pereira Fonseca, Directeur de l'Agence brésilienne de coopération; M. Bambang Widianto, Vice-Ministre de la lutte contre la pauvreté, du travail et des petites et moyennes entreprises de l'Indonésie; et M. Hyun Cho, du Ministère des affaires étrangères et du commerce de la République de Corée.  M. Jeroen Steeghs, du Ministre des affaires étrangères des Pays-Bas, et M. Hannu Kyröläinen, du Ministère des affaires étrangères de la Finlande, ont pour leur part partagé leurs expériences en tant que pays donateurs et fait des suggestions concernant l'amélioration de l'efficacité du financement du développement.


M. Bruce Jenks, du Programme des Nations Unies pour le développement, a pour sa part relevé un certain nombre de tensions existantes sur le terrain de l'aide au développement, dont celle qui existe entre la multiplicité des sources de financement et la pluralité des modes d'acheminement et dont découle la nécessité d'imposer une certaine cohérence intergouvernementale.  Dans beaucoup de pays donateurs, la pression est à la démonstration de résultats dans le cadre de la poursuite d'objectifs précis: il s'agit d'une pression légitime qui doit être comprise et respectée, a-t-il déclaré.  Il a également évoqué une tension ayant trait à la confrontation entre le respect des priorités nationales des pays récepteurs de l'aide et les choix des donateurs.


Des représentants du Bangladesh, de la Finlande (au nom de l'Union européenne), du Nigéria, de la Guinée, de la Guinée-Bissau, des États-Unis et de l'Afrique du Sud ont commenté les interventions des experts.  A notamment été exprimée l'idée que le système des Nations Unies ne devrait pas être considéré comme un bailleur de fonds en soi, mais bien plutôt comme une institution vouée au renforcement des capacités des pays récipiendaires de l'aide internationale.  De nombreuses interventions ont fait valoir l'importance de la coopération Sud-Sud: encore dispersée, elle gagnerait à être formalisée et harmonisée.  La question des capacités d'absorption de l'aide internationale par les États concernés a été plusieurs fois évoquée, de même que le principe de la promotion de l'efficacité de l'aide.


Le Conseil économique et social continuera de débattre des activités opérationnelles du système des Nations Unies au service du développement demain matin, à 10 heures, en procédant à un «partage de données d'expérience à propos de la réforme des Nations Unies».

DÉBAT SUR LA QUESTION DU FINANCEMENT DE LA COOPÉRATION POUR LE DÉVELOPPEMENT


Introduction et documentation


M. LÉO MÉRORÈS, Vice-Président du Conseil économique et social, a rappelé qu'il importe de renforcer le rôle et la capacité du système d'aide au développement des Nations Unies pour aider les pays en voie de développement à atteindre les objectifs de développement fixés dans la Déclaration du Millénaire.  Le débat consacré aux activités opérationnelles comprendra trois volets, a-t-il indiqué.  Le premier sera consacré au financement de la coopération au service du développement et se déroulera aujourd'hui.  L'examen du financement de la coopération pour le développement donnera une idée d'ensemble des avantages et des inconvénients des différentes sources et modalités de financement, afin d'améliorer la prévisibilité, la stabilité, la fiabilité et le caractère adéquat de ce financement, a déclaré M. Mérorès.


Le deuxième volet du débat consistera en un partage de données d'expériences et se tiendra demain, mercredi 12 juillet.  Le dialogue avec les dirigeants des fonds et programmes de l'ONU est l'occasion pour le Conseil économique et social de s'occuper de questions qui touchent la cohérence et la coordination du système des Nations Unies, a-t-il précisé.  Enfin, le troisième volet, qui aura lieu le jeudi 13 juillet, sera consacré à l'évaluation de l'application de la résolution 59/250 de l'Assemblée générale sur les activités opérationnelles des organismes des Nations Unies.  Les engagements récemment pris par les donateurs d'augmenter l'apport d'aide publique au développement font espérer des progrès notables sur la voie menant à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a conclu M. Mérorès.


M. JOSÉ ANTONIO OCAMPO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a mis en exergue certains points saillants de la note du Secrétaire général relative au financement de la coopération pour le développement.  Il a souligné que l'aide publique directe au développement (APD) reste le principal levier de l'action en faveur du développement.  À cet égard, il a fait observer que quelques pays européens consacrent déjà 0,7% de leur produit national brut à cette forme d'aide, tandis que d'autres États européens se sont engagés à atteindre cet objectif d'ici 2015.  D'autres pays industrialisés se sont engagés dans ce sens, mais avec des objectifs plus modestes.  M. Ocampo a par ailleurs pris note des efforts déployés et des initiatives lancées en faveur d'une amélioration de la qualité et de l'efficacité de l'aide.  À cet égard, la déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide constitue un tournant; elle a suscité un nouvel esprit de coopération internationale qui permettra de continuer d'augmenter les niveaux d'aide, a-t-il indiqué.  Il importe que l'aide soit intégrée dans les budgets des États, ce qui renforce son efficacité, a souligné M. Ocampo.


Le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales a fait observer que les modalités de financement des activités opérationnelles des Nations Unies ne sont pas propices à l'efficacité.  D'autre part, l'aide multilatérale au développement dispensée par le biais d'institutions en dehors du système onusien a augmenté plus rapidement que le financement des institutions de l'Organisation, a-t-il poursuivi.  On constate en outre l'apparition de nouvelles initiatives mixtes privé-public telles que la récente décision de la France d'instaurer une taxe sur les billets d'avion.  Une autre tendance positive est celle perceptible en matière de coopération Sud-Sud, dont on sait que certains pays comme le Brésil, l'Afrique du Sud, l'Arabie saoudite, l'Inde et Chine sont des acteurs importants.  Il s'agit d'une forme d'aide qui dépasse l'aide technique traditionnelle, englobant par exemple la coopération en matière d'intégration commerciale et en matière d'investissements.  M. Ocampo a enfin relevé trois tendances en matière de financement: retour, depuis 2002, des capitaux privés dans les pays en voie de développement, mais pas au profit des pays pauvres; réduction de l'accès aux capitaux privés; poursuite des transferts de ressources des pays en voie de développement vers les pays industrialisés.


Dans sa note contenant un examen des tendances et des perspectives du financement de la coopération pour le développement (E/2006/60), le Secrétaire général présente les tendances et perspectives de l'aide publique bilatérale au développement (APD), relevant en particulier que les contributions annoncées par les bailleurs de fonds sont venues arrêter la chute de l'APD qui a ainsi été relancée pour atteindre son niveau le plus élevé, 106,5 milliards de dollars en 2005.  L'APD consacrée aux programmes et projets de développement, en excluant l'allégement de la dette et les secours d'urgence, n'avait pas connu un tel accroissement depuis de nombreuses années et la tendance au déclin amorcée en 1985 a commencé à s'inverser.  Le montant total des contributions reçues par les organismes des Nations Unies au titre des activités opérationnelles de développement a été de 12,3 milliards de dollars en 2004, une augmentation de 17,1 % par rapport à 2003 en valeur nominale, et de 7,6 % en valeur réelle.  Pour leur part, les banques multilatérales de développement remplissent toute une gamme de fonctions diverses: elles canalisent des fonds vers les pays à faible revenu, font des prêts aux pays à revenu intermédiaire, atténuent le comportement procyclique des mouvements de capitaux privés et catalysent l'investissement dans le secteur privé.  Leur croissance a donné lieu à une plus grande coopération mais aussi à une concurrence plus intense avec la Banque mondiale.


Quant aux fonds mondiaux, ils représentent une source de financement de plus en plus importante de la coopération pour le développement.  Ainsi, les annonces de contribution à l'Association internationale de développement sont passées de 23 milliards de dollars pour la période 2002-2005, à 33 milliards de dollars pour la période 2005-2008.  Les nouveaux fonds globaux sont un succès à trois points de vue en particulier: ils mobilisent un volume considérable de ressources additionnelles devant permettre de faire face à des défis socioéconomiques importants à l'échelle mondiale; ils favorisent une appropriation solide des activités des programmes par les pays; et ils ont un mode de fonctionnement d'un meilleur rapport coût-efficacité que celui de beaucoup d'institutions déjà bien implantées.  Par ailleurs, les mécanismes novateurs de financement sont une source potentielle de fonds pour la coopération pour le développement, susceptibles d'assurer la continuité du financement après 2015.  La coopération Sud-Sud, en tant que dimension importante de la coopération internationale pour le développement, a un grand potentiel de croissance.  Au cours de la dernière décennie, elle s'est accélérée sous l'effet conjugué de l'accroissement des échanges commerciaux et des flux d'investissements Sud-Sud, et des mouvements d'intégration au sein de communautés régionales et sous-régionales.  En outre, de nouvelles tendances sont apparues dans la coopération Sud-Sud, à savoir que l'organisation de la fourniture de l'aide provenant des grands pays en développement s'est améliorée et il y a une meilleure intégration de l'aide et des échanges commerciaux.  Les nouvelles alliances entre pays en développement offrent de nouvelles possibilités d'exploiter pleinement la grande diversité des capacités et de l'expérience des pays du Sud.



Présentations


M. LUIZ HENRIQUE PEREIRA FONSECA, Directeur de l'Agence brésilienne de coopération, a souligné l'intérêt de tirer parti de l'expérience du Brésil en matière de coopération Sud-Sud.  Il a rappelé que, même si le Brésil n'est pas en tant que tel donateur, il joue un rôle important dans la coopération.  À titre d'exemple, il a signalé que le Brésil a créé un centre de formation des cadres de l'industrie au Timor-Leste, aidant la population à acquérir des compétences pratiques dans ce domaine.  Point n'est besoin d'être riche pour être solidaire, a rappelé M. Pereira Fonseca.


M. BAMBANG WIDIANTO, Vice-Ministre de la lutte contre la pauvreté, du travail et des petites et moyennes entreprises de l'Indonésie, a déclaré que pour améliorer l'efficacité de l'aide, il faut que les Nations Unies tiennent compte des spécificités des pays concernés, car il n'existe pas de solution universelle.  Après la crise financière des années 1990, l'Indonésie a décidé de maximiser l'efficacité de l'aide internationale compte tenu notamment de l'importance de sa dette publique.  L'efficacité des prêts dépend de la capacité du gouvernement à planifier son développement et à gérer son économie.  Les documents à la base de cette planification sont fondés sur les objectifs déterminés lors des campagnes électorales démocratiques qui président désormais aux élections en Indonésie, par opposition à la situation qui prévalait sous l'ancien régime.  Cette transparence est aussi profitable aux donateurs internationaux, qui peuvent désormais mieux contrôler l'utilisation des fonds.


M. HYUN CHO (République de Corée), ancien Directeur général des affaires économiques internationales au Ministère des affaires étrangères et du commerce, a souhaité mettre en évidence la tragédie que représente la pauvreté, ainsi que les problèmes inhérents au système de l'aide au développement.  Dans la coopération pour le développement, il y a les pays bailleurs de fonds et les pays bénéficiaires, a-t-il rappelé.  Les premiers n'ont pas envie de se sacrifier et suivent leur intérêt national.  Il a d'autre part insisté sur le fait qu'il serait souhaitable de renforcer les relations avec les pays donateurs.  Le renforcement de la coopération pourrait permettre que l'argent de l'aide soit mieux dépensé.  S'agissant des pays bénéficiaires, il a rappelé l'importance de la coopération Sud-Sud.  Il a également insisté sur l'importance d'une approche globale en matière d'aide au développement.  En conclusion, une amélioration de la coopération pour le développement tiendrait en trois mots-clés: l'idéalisme tactique, comprenant l'élaboration d'un plan détaillé, pratique et compatible avec les exigences du marché; le jeu gagnant pour tout le monde, assurant un bénéfice mutuel de l'aide; et enfin la coopération entre les protagonistes, permettant un échange de pratiques optimales et d'expériences.


M. BRUCE JENKS (Programme des Nations Unies pour le développement) a regretté qu'il soit si difficile d'aborder franchement le problème du financement, sujet trop souvent soumis au «politiquement correct».  Certaines «tensions» doivent être abordées franchement, a-t-il estimé, comme celle entre la multiplicité des sources de financement et la pluralité des modes d'acheminement, dont découle la nécessité d'imposer une certaine cohérence intergouvernementale.  Dans beaucoup de pays donateurs, la pression est à la démonstration de résultats dans le cadre de la poursuite d'objectifs précis.  Il s'agit d'une pression légitime qui doit être comprise et respectée.  En même temps, il faut une simplicité et une cohérence accrues dans la manière dont l'aide est acheminée.  La priorité doit être accordée à l'intégration de l'aide dans les budgets.  Une autre tension concerne plus particulièrement les Nations Unies: chacun défend le financement de telle ou telle institution, alors qu'il faudrait naturellement tenir compte de la nécessité du financement général de l'Organisation.  Une autre tension a trait à la confrontation entre le respect des priorités nationales des pays récepteurs de l'aide et les choix des donateurs.  Une autre tension encore a trait au choix entre le financement par contributions volontaires et par budgets opérationnels.  M. Jenks a par ailleurs évoqué les frictions toujours possibles entre ministères des finances et ministères chargés du développement.


M. JEROEN STEEGHS (Pays-Bas) a rappelé que son pays est le cinquième donateur des Nations Unies et a réaffirmé l'importance que son pays accorde au travail et aux objectifs des Nations Unies.  Il a souligné qu'une augmentation importante de l'aide publique au développement (APD) peut être envisagée si les donateurs honorent leurs engagements.  Il a par ailleurs fait observer que l'APD «hors ONU» a augmenté, estimant que cette dernière ne se montre pas assez efficace et constitue un ensemble de parties fonctionnant plus ou moins indépendamment.  Les chiffres montrent que les Nations Unies ne touchent pas ce que l'on pourrait considérer comme leur juste montant, a-t-il ajouté.  Mais les Nations Unies ont leur responsabilité; elles doivent reconquérir la confiance des donateurs, a-t-il poursuivi.  Le système opérationnel des Nations Unies doit être réformé, les Nations Unies devant assurer une présence plus cohérente et unie, a-t-il affirmé.  Les contributions devraient prendre la forme d'engagements pluriannuels.  M. Steeghs a par ailleurs insisté sur les avantages qu'offre la coopération Sud-Sud, regrettant cependant qu'elle reste fragmentée.  Il faut faire en sorte que les efforts collectifs se renforcent mutuellement, a-t-il déclaré.


M. HANNU KYRÖLÄINEN, Directeur général des questions de développement au Ministère des affaires étrangères de la Finlande, a déclaré que l'Union européenne, principal donateur, doit jouer un rôle particulier en matière d'aide au développement.  L'Union européenne entretient une coopération étroite avec plusieurs régions du monde, en Asie, en Afrique et en Amérique latine notamment.  Elle s'est engagée à faire passer son aide publique au développement à 0,7% du produit national brut de ses membres d'ici à 2015, a rappelé M. Kyröläinen.  Les Nations Unies connaissent un décalage entre leurs ressources stagnantes et quelque peu imprévisibles et le nombre croissant de leurs missions.  Aussi, convient-il d'assurer que les modalités de financement évoluent avec les exigences du moment.  Les Nations Unies ne pourront assumer leurs tâches sans financement adéquat.  Les nouveaux mécanismes de financement volontaires mis en place par certains membres sont très appréciables, a poursuivi M. Kyröläinen.  La déclaration de Paris sur l'efficacité de l'aide est historique et la promotion de son application est indispensable, a-t-il ajouté.  Il a également attiré l'attention sur la nécessité pour les pays bénéficiaires de renforcer leur capacité d'absorption des financements.


Discussion informelle


Un intervenant a fait état de l'expérience de son propre pays qui a pris en main son développement en recourant à des mesures comme les microcrédits ou la mise en place de structures destinées à faciliter les exportations.  Cet intervenant a souligné qu'à l'heure actuelle, le problème que rencontre son pays est celui de l'accès aux marchés.


Un orateur a souhaité que les Nations Unies soient sélectives et entreprennent ce qu'elles savent le mieux faire; il faut qu'elles deviennent un intermédiaire plus intéressant pour les investisseurs qui veulent investir dans le développement.  Les ressources nationales et extérieures ne peuvent être mobilisées et utilisées efficacement que dans un contexte national propice, a-t-il en outre été souligné.


Quant à la dimension «aide au commerce», il faut bien constater que les discussions sur ce sujet au sein de l'Organisation mondiale du commerce ont récemment échoué, ce qui repose la question de l'accès aux marchés, a souligné un orateur.


Un intervenant a souhaité en savoir davantage sur un projet pilote du Programme des Nations Unies pour le développement portant sur une évaluation de la coopération Sud-Sud.  Qu'en est-il de la notion, passée de mode, selon laquelle les États bénéficiaires seraient propriétaires de l'aide, a demandé cet intervenant?


Les États n'ayant «pas d'amis, mais des intérêts», il n'est pas étonnant que l'aide au développement soit motivée par des intérêts nationaux, a-t-il été souligné.  Dans de telles conditions, il importe tout particulièrement que les pays demandeurs de l'aide aient des plans précis pour leur développement.


Il faut remonter au problème de la gouvernance pour comprendre la grande tendance à privilégier les ressources extrabudgétaires; en effet, cette tendance peut s'expliquer par un manque de confiance en matière de gouvernance de la part des donateurs, a expliqué un intervenant.


L'aide ne va pas sans tensions lorsqu'elle s'accompagne de conditions, a souligné un autre orateur, avant d'ajouter que la multiplicité des sources de financement crée également des tensions.


La proposition de la Banque mondiale et du Programme des Nations Unies pour le développement d'organiser, dans les pays en voie de développement, des réunions consacrées à la manière de gérer l'efficience de l'aide a été jugée constructive.


M. PEREIRA FONSECA a fait observer que certains pays voient leur intérêt dans la mise en place des relations de solidarité.  La coopération se nourrit d'un processus d'échange, comme le montre l'expérience du Brésil.  Ce dernier n'est pas un pays donateur au sens traditionnel; il s'efforce plutôt d'assurer la transmission de ses expériences à d'autres États.


M. WIDIANTO a souligné que l'efficacité de l'aide dépend des programmes et qu'il convient d'équilibrer les critères respectifs des pays donateurs et récipiendaires.  Il a fait part de l'expérience de son propre pays, l'Indonésie, qui s'efforce notamment de favoriser les populations rurales.


M. CHO a pour sa part affirmé que tout pays en voie de développement peut ouvrir son marché, renforcer son commerce et ainsi favoriser son développement.  Pour ce qui est de l'exploitation des ressources nationales, il faut favoriser la production de valeur ajoutée mettant en jeu ces ressources, a-t-il ajouté.


M. KYRÖLÄINEN a souligné que la question de la fuite des cerveaux devrait être abordée lors du débat de haut niveau de l'Assemblée générale consacré aux migrations et au développement, en septembre prochain. 


M. STEEGHS a souligné qu'avant d'envisager des financements pluriannuels, les donateurs s'attendent à ce que les pays bénéficiaires adoptent des mesures de base en termes de comptabilité et de transparence.


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