10 juillet 2006
Conseil économique et social
ECOSOC/6218

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Conseil économique et social

Session de fond de 2006 – après-midi


LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DÉBAT DU SUIVI DU SOMMET SUR LA SOCIÉTÉ DE L'INFORMATION


Il se penche en particulier sur la réforme

de la Commission de la science et de la technique au service du développement


(Publié tel que reçu)


GENÈVE, 10 juillet (Service d’information des Nations Unies) -- Le Conseil économique et social a débattu, cet après-midi, de l'application et du suivi des textes issus du Sommet mondial sur la société de l'information et du rôle, à cet égard, de la Commission de la science et de la technique au service du développement.  Lors de la deuxième phase du Sommet, qui s'est déroulée à Tunis en novembre 2005 après une première phase organisée à Genève en décembre 2003, il avait été demandé que le Conseil réexamine le mandat, la mission et la composition de la Commission.


Le Président du Conseil économique et social, M. Ali Hachani, a indiqué que, pour faire avancer les négociations visant à répondre à la demande exprimée par le Sommet mondial concernant cette Commission, il avait l'intention de mener des consultations informelles qui commenceront immédiatement après la fin de cette séance.


M. Patrizio Civili, Secrétaire général adjoint aux affaires interorganisations et à la coordination des politiques, a présenté le rapport du Secrétaire général sur les modalités de la coordination interinstitutions de la mise en œuvre des textes issus du Sommet mondial sur la société de l'information, qui contient un certain nombre de recommandations quant au processus de suivi.


Dans une déclaration liminaire, M. Jamaludin Jarjis, Ministre de la science, de la technologie et de l'innovation de la Malaisie, a souligné que l'accès à l'information doit maintenant être considéré comme un droit de l'homme.  Il a proposé la création d'un programme de cyberdéveloppement destiné à réduire la fracture numérique.


Le Secrétaire général adjoint de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, M. Dirk Bruinsma, a pour sa part souligné que la mise en œuvre et le suivi des deux phases du Sommet mondial sur la société de l'information sont des tâches difficiles, compte tenu de la complexité de l'impact des nouvelles technologies de l'information et des communications.  Une coopération dans ce domaine est indispensable autour des objectifs fixés à Tunis, a-t-il ajouté.


Lors de la discussion générale qui a suivi ces déclarations, de nombreux intervenants se sont exprimés sur le rôle, ainsi que sur le mandat et la composition de la Commission de la science et de la technique au service du développement.  Certains ont préconisé le renforcement des attributions de cet organe, qui devrait désormais aussi être appelé à guider l'action du Conseil dans le domaine du suivi des décisions prises lors des Sommets de Genève et de Tunis.  Nombre d'intervenants ont plaidé en faveur d'une augmentation du nombre des membres de la Commission ainsi qu'en faveur d'une contribution de la société civile et du secteur privé à ses travaux.


Des représentants des États suivants se sont exprimés dans le cadre du débat: Afrique du Sud (au nom du Groupe des 77 et de la Chine), Finlande (au nom de l'Union européenne), Fédération de Russie, Suisse, Bélarus, États-Unis, Slovaquie, Chili, Guinée, Égypte, Cuba, El Salvador, Argentine, Guinée-Bissau.  Sont également intervenus des représentants de l'Union internationale des télécommunications et de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, ainsi qu'un représentant de la Conférence des organisations non gouvernementales (CONGO).


Demain matin, à 10 heures, le Conseil entamera l'examen des questions portant sur les activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement, en tenant une table ronde consacrée à l'examen complet des tendances et perspectives en matière de financement dans ce domaine.



COORDINATION DE LA MISE EN ŒUVRE DES TEXTES ISSUS DU SOMMET MONDIAL SUR LA SOCIÉTÉ DE L'INFORMATION


Déclaration


M. ALI HACHANI, Président du Conseil économique et social, a rappelé que le Sommet mondial sur la société de l'information a adressé au Conseil un certain nombre de demandes spécifiques, et notamment celle de réexaminer le mandat, la mission et la composition de la Commission de la science et de la technique au service du développement.  Il a laissé au Conseil le soin de définir les modalités de ce réexamen.  À cet égard, le rapport du Secrétaire général contient un nombre de recommandations sur la manière dont l'ECOSOC devrait s'acquitter de ces responsabilités, a souligné M. Hachani.  Pour faire avancer le processus de négociation, le Président a annoncé son intention de mener des consultations informelles, soulignant qu'elles ont déjà prouvé leur efficacité.  Ces consultations commenceront immédiatement après la fin de la présente séance, a-t-il indiqué.


Présentation de la documentation relative à la coordination de la mise en œuvre des textes issus du Sommet mondial sur la société de l'information


M. PATRIZIO CIVILI, Secrétaire général adjoint aux affaires interorganisations et à la coordination des politiques, présentant le rapport du Secrétaire général sur la coordination de la mise en œuvre des textes issus du Sommet mondial sur la société de l'information, a souligné que le Sommet de Tunis a été l'occasion de prendre la mesure des problèmes qui restent à surmonter pour que les nouvelles technologies de l'information profitent véritablement à toutes les populations.  Les documents produits dans le sillage de ce Sommet constituent une base sur laquelle appuyer les mesures d'application nécessaires à la concrétisation de cette vision.  Les institutions et entités des Nations Unies sont toutes impliquées, à des degrés divers, dans ce processus de mise en application, leur coordination étant cruciale dans ce contexte.  Les Nations Unies doivent ainsi assumer un rôle de pivot dans ce processus, en partenariat avec les représentants de la société civile.  Le Sommet de Tunis a aussi conféré des devoirs particuliers aux organes subsidiaires de l'ECOSOC, notamment en matière de supervision et de suivi de la conférence de Tunis.  Ce rôle de supervision pourrait être dévolu au segment de coordination de l'ECOSOC.  Pour ce faire, il faudra renforcer le mandat de la Commission de la science et de la technique au service du développement, a dit M. Civili, afin qu'elle puisse seconder efficacement le travail de la Commission. 


Le rapport renvoie également à une résolution adoptée en 2006 par l'Assemblée générale visant au renforcement des procédures de travail de l'ECOSOC, a indiqué M. Civili.  Les mécanismes de coordination interinstitutions seront aussi renforcés, comme cela a été demandé lors du Sommet de Tunis.  La première réunion du Groupe des Nations Unies sur la société de l'information aura lieu à Genève dans quelques jours.  Son objectif est la promotion d'une approche coordonnée de l'action des institutions onusiennes.  Le Groupe servira d'interface entre ces institutions.  Par ailleurs le Secrétaire général a lancé une Alliance mondiale pour les technologies de communications et de l'information au service du développement qui est une plate-forme ouverte et inclusive pour le dialogue entre toutes les parties concernées.  L'Alliance, qui a tenu sa première réunion en juin à Kuala Lumpur, pourra aider le Conseil économique et social à alimenter les débats intergouvernementaux sur la contribution des nouvelles technologies à la réalisation des objectifs de développement internationaux.


Dans son rapport sur les modalités de la coordination interinstitutions de la mise en œuvre des textes issus du Sommet mondial sur la société de l'information, notamment des recommandations sur le processus de suivi (E/2006/85), le Secrétaire général, tout en donnant une vue d'ensemble de l'évolution de la situation depuis la phase de Tunis, expose plus particulièrement les modalités de la coordination interinstitutions de la mise en œuvre des textes issus des deux phases du Sommet et formule quelques recommandations sur le processus de suivi.  Ainsi, en tant que responsable de la coordination interinstitutions en matière de mise en œuvre, le nouveau Groupe des Nations Unies sur la société de l'information assurera l'interface avec les mécanismes de coordination à l'échelon des pays, sous l'impulsion du système des coordonnateurs résidents, et avec le Groupe des Nations Unies pour le développement.  La principale tâche du système des coordonnateurs résidents consistera à intégrer les textes issus du Sommet dans le Plan-cadre des Nations Unies pour le développement/bilans communs de pays et dans les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté.  Pour atteindre ses objectifs, le Groupe des Nations Unies sur la société de l'information devra notamment contribuer à la mise en œuvre du Plan d'action et de l'Agenda de Tunis, principalement à l'échelon international, en intégrant l'agenda de la société de l'information dans les activités et les programmes des organisations membres.  Les organismes du système des Nations Unies qui participent à la mise en œuvre des textes issus des phases de Genève et de Tunis du Sommet sont encouragés à aider le Conseil économique et social et la Commission de la science et de la technique au service du développement à s'acquitter de leurs fonctions respectives dans le suivi du Sommet à l'échelle du système.


En matière de suivi intergouvernemental, le rapport recommande que le Conseil propose à l'Assemblée générale de situer cet examen dans le contexte plus ample de l'examen des objectifs de développement internationalement convenus, et notamment les objectifs du Millénaire pour le développement.  Afin d'aider le Conseil à s'acquitter de ses fonctions, la Commission de la science et de la technique au service du développement pourrait procéder à un examen thématique du suivi du Sommet mondial sur la société de l'information.  À cette fin, le Conseil souhaitera peut-être renforcer la Commission en revoyant son mandat, sa composition et son ordre du jour ainsi que les modalités des nouvelles fonctions de la Commission liées à ce suivi.  Pour aider le Conseil économique et social à superviser à l'échelle du système le suivi des textes issus du Sommet, la Commission pourrait mettre à profit les travaux du Groupe des Nations Unies sur la société de l'information.  Des renseignements sur les activités à l'échelon des pays pourraient être obtenus auprès du système des coordonnateurs résidents, par le biais du Groupe des Nations Unies pour le développement, et également en puisant dans des études de pays réalisées à titre bénévole et des évaluations réciproques.


Le Conseil est également saisi du rapport de la Commission de la science et de la technique au service du développement (E/2006/31), qui indique que sa session de mai 2006, la Commission a examiné le thème de fond «Réduire la fracture technologique dans les pays et entre pays».  La session a permis de confronter les expériences nationales et de préciser les mesures à prendre aux échelons national et international pour réduire la fracture technologique et notamment numérique.  Une réunion-débat multipartite a été organisée sur le rôle du Centre pour la science et la technique au service du développement dans la suite donnée au Sommet mondial sur la société de l'information au sein du système des Nations Unies.  La Commission a décidé que la question de fond inscrite à l'ordre du jour pour le cycle d'application 2006-2008 comprenant une session d'examen et une session directive porterait sur le thème «Promouvoir la création d'une société de l'information axée sur l'individu, propice au développement et intégrée, en vue de permettre à tous de mieux tirer parti des possibilités offertes par les technologies numériques», en accordant une attention particulière à l'impact des technologies de l'information et des communications sur le développement, notamment par le biais d'une analyse des risques et des avantages pour combler le fossé numérique.  Lors d'une réunion commune avec le bureau du Conseil économique et social, il a été observé que le Conseil devrait examiner le nouveau rôle de la Commission.  Comme point de départ, le Conseil à sa session de fond de 2006 devrait se demander non pas si la Commission devrait l'aider à donner suite au Sommet mondial sur la société de l'information à l'échelon du système, mais comment.  Le Bureau de la Commission a réaffirmé qu'elle était prête et disposée à assumer ce nouveau rôle.


Déclarations liminaires


M. JAMALUDIN JARJIS, Ministre de la science, de la technique et de l'innovation de la Malaisie, a souligné que l'accès à l'information doit maintenant être considéré comme un droit de l'homme.  Il a à cet égard félicité les Nations Unies et tous ses organes d'avoir pris la tête des efforts pour la mise en place d'une société de l'information qui soit équitable pour tous.  Les moyens actuels ne sont plus adéquats, a-t-il souligné, et les Nations Unies doivent être les principaux protagonistes de la mise en place de cette société de l'information.  Il a insisté sur le fait que toutes les parties prenantes doivent apporter leur soutien à l'Alliance mondiale pour les technologies de l'information et de la communication au service du développement, tout comme à d'autres organisations comme la Banque mondiale par exemple.  Nous avons maintenant une plate-forme entre toutes les parties prenantes et il faut utiliser les technologies de l'information et de la communication au mieux, a-t-il souligné.  M. Jarjis a également souhaité mettre en évidence le fait que, dans un monde qui devient de plus en plus unifié, il faut continuer à préserver la richesse des communautés.  Il faut travailler ensemble à la création d'un cadre acceptable et d'un modèle qui satisfait tout le monde.  La véritable valeur de la société de l'information mise en réseau est qu'on pourra accélérer et favoriser l'innovation.  Mais il faut aussi veiller à ce que tout le monde puisse accéder à l'innovation et ce, quel que soit le niveau de développement, a insisté M. Jarjis.  Il a également attiré l'attention sur le fait que les Nations Unies disposent déjà de programmes et d'institutions qui pourraient être rationalisés.  À cet égard, l'Alliance mondiale pourrait être une plate-forme de mise en réseau qui pourrait harmoniser et consolider ce que font les autres plateformes. 


La Commission de la science et de la technique au service du développement doit être vue comme un objectif où chaque nation, chaque société et chaque individu participe à un développement destiné à l'homme et mû par l'homme, a poursuivi le ministre malaisien.  À cet égard, il a préconisé de mettre au point des programmes ciblés de technologies de l'information et de la communication, d'augmenter la valeur pour la société grâce à des solutions globales et d'aborder les questions des contenus, des applications, de communauté et de culture.  Il a également proposé la création d'un programme de cyberdéveloppement destiné à réduire la fracture numérique.  Ce programme pourrait réduire les potentiels risques et conséquences de ce nouveau monde de l'information.  Pour conclure, il a préconisé d'agir de façon urgente, d'offrir des solutions globales, assurant l'égalité des chances, afin que tous puissent apprendre et en tirer parti, et ce, conformément à leur environnement économique, social et culturel.


M. DIRK BRUINSMA, Secrétaire général adjoint de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, a déclaré que la mise en œuvre et le suivi du Sommet sur la société de l'information sont des tâches difficiles, compte tenu de la complexité de l'impact des nouvelles technologies de l'information et des communications.  Une coopération dans ce domaine est indispensable autour des objectifs fixés à Tunis: efficience, collaboration et suppression des chevauchements.  La CNUCED et l'Organisation internationale du travail ont déjà organisé une réunion sur les conséquences sociales du cyberemploi.  Au bout du compte, il faut valoriser, même dans les pays les plus pauvres, ces nouvelles technologies et favoriser des gains de productivité.  La Commission de la science et de la technologie au service du développement doit disposer d'un mandat renforcé et être soutenue dans son action auprès de la Commission.  Lors de sa dernière session, elle a entendu plusieurs ministres est responsables de la société civile.  Elle a choisi comme thème de fond de son action prochaine la promotion des possibilités numériques pour tous au profit du développement.  Toutes les nouvelles technologies doivent être prises en compte dans ce contexte, comme les nanotechnologies et la biotechnologie, a ajouté le Secrétaire général adjoint de la CNUCED.


Débat


M. D. KUMALDO (Afrique du Sud, au nom du Groupe des 77 et de la Chine) a souligné l'importance de renforcer la Commission de la science et de la technique au service du développement, notamment en termes de mandats et de méthodes de travail.  Le suivi des résultats doit être effectué en prenant en compte les progrès effectués au niveau international, régional et national.  La Commission devrait formuler des recommandations à l'ECOSOC et ce, au moyen d'un calendrier qui permettrait d'assurer un suivi du Sommet mondial sur la société de l'information.  Il s'agit également de promouvoir le dialogue et de mettre en place des partenariats entre toutes les parties prenantes, a ajouté le représentant.  À cet égard, le nombre croissant d'États membres pourrait renforcer le rôle de la Commission, a-t-il indiqué.  Cette dernière pourrait également accueillir la participation des États non-membres, des institutions spécialisées des Nations Unies ou des organisations non-gouvernementales.  À cet égard, il a précisé que le secteur privé pourrait être ajouté à cette liste, du fait du rôle important qu'il joue.  Enfin, le représentant sud-africain a insisté sur l'importance d'avoir un mécanisme solide pour assurer le suivi; celui-ci serait composé de deux sessions, la première visant à évaluer les progrès de la mise en œuvre du plan d'action de Genève et la seconde visant à débattre et discuter des obstacles à cette mise en œuvre, la seconde session étant basée sur les résultats de la première session.


M. YRJO LANSIPURO (Finlande, au nom de l'Union européenne) a déclaré que la mise en œuvre et le suivi du Sommet mondial sur la société de l'information sont deux opérations distinctes qui impliquent des institutions différentes: il convient d'éviter à cet égard les chevauchements de compétences.  Pour l'Union européenne, le Groupe des Nations Unies sur la société de l'information a un rôle important à jouer en tant que point focal de toute l'action des Nations Unies dans le domaine de la mise en œuvre des décisions prises durant les deux Sommets sur la société de l'information.  Ces Sommets doivent inscrire leur action dans le contexte général de la réalisation des objectifs de développement internationaux.  L'Union européenne retient la suggestion du Secrétaire général selon laquelle le Conseil économique et social pourrait tenir compte de l'apport des acteurs non-étatiques.  L'Union européenne lance toutefois une note de prudence, soulignant que la Commission de la science et de la technique au service du développement ne devrait pas être chargée d'une mission dépassant son rôle.  Elle devrait être renforcée, dans le sens d'une composition pluraliste et d'un renforcement de son secrétariat.  L'Union européenne insiste aussi sur la nature unique du Sommet mondial sur la société de l'information et est favorable à toutes les mesures de rationalisation du suivi de ses décisions.  Elle prend note du lancement de l'Alliance mondiale, qui sera une plate-forme inclusive pour le dialogue autour de la réalisation des objectifs internationaux de développement.  Elle ne pourra se substituer ni à une pleine participation de toutes les parties concernées, ni à l'application de mécanismes consensuels d'application et de suivi dans tout le système des Nations Unies.


M. VLADIMIR ZIMYANIN (Fédération de Russie) a insisté sur l'importance de créer un réseau de développement scientifique, et ce particulièrement pour les pays à économie en transition.  Il faut que les travaux de la Commission de la science et de la technique au service du développement aillent dans le sens des réformes engagées par les Nations Unies, a-t-il ajouté.  Par ailleurs, la Fédération de Russie préconise que la participation des organisations non gouvernementales et des représentants du secteur privé se fasse conformément au règlement intérieur du Conseil économique et social.


M. THOMAS GASS (Suisse) a souligné que son pays, fortement impliqué dès le départ dans le processus du Sommet mondial sur la société de l'information, continuera de suivre activement l'application des décisions prises lors de ce Sommet.  À cet égard, la Suisse est d'avis que ce suivi doit être pleinement intégré et d'une importance égale aux processus de suivi des autres décisions des Nations Unies.  Pour utiliser au mieux les ressources disponibles, il conviendra de ne pas créer de nouveaux organes mais plutôt de rationaliser l'action des institutions existantes.  L'ECOSOC devrait agir en se basant sur une thématique transversale qui prenne en compte la réalisation des objectifs de développement fixés au plan international, tels que les Objectifs du Millénaire pour le développement.  La Commission de la science et de la technique au service du développement devra être réorganisée et renforcée et son mandat élargi à la mise en œuvre des plans d'action aux niveaux régional et national.  En outre, les méthodes de travail de cette Commission devraient être conformes à la résolution 57/200 de l'Assemblée générale.  Elle devrait adopter un programme de travail thématique et bisannuel, la première année étant consacrée à une session d'examen et la seconde étant plus «politique».  Dans ce cas, pourrait être envisagé un léger allongement de durée de la session régulière de cette Commission, qui devrait par ailleurs encourager la participation active de la société civile et du secteur privé.  La Suisse propose que ladite Commission réserve deux jours au cours de ces débats à une interaction avec les acteurs non étatiques du processus de mise en œuvre.  La Suisse se félicite aussi du lancement, par le Secrétaire général, de l'Alliance mondiale pour les technologies de l'information et de la communication au service du développement.  Il est essentiel que l'Alliance se concentre sur son rôle d'analyse de la cohérence du système ainsi que sur l'intégration des technologies de l'information et de la communication dans le programme de développement des Nations Unies, sans participer aux activités opérationnelles.


M. ANDREI SAINYKH (Bélarus) a mis en évidence le fossé technologique qui existe entre les États.  Il a souligné que pour son pays, il est prioritaire d'arriver à la réalisation concrète des objectifs de développement formulés dans la Déclaration du Millénaire.  L'activité menée par la Commission de la science et de la technique au service du développement dans le domaine de l'éducation représente un intérêt particulier pour le Bélarus, a-t-il indiqué.  À cet égard, il a salué les activités de développement de l'éducation et d'encouragement des jeunes au travail scientifique, ainsi que la création des centres d'information et de centres de formation et de conférences pour les scientifiques, qui s'avèrent particulièrement utiles aux pays en transition.  Il a en outre indiqué que le Bélarus appuie les propositions d'élargissement du mandat et de la composition de la Commission de la science et de la technique au service du développement.  Enfin, il a insisté sur l'importance de respecter une représentation géographique équitable des membres de la Commission.


M. TERRY MILLER (États-Unis) s'est étonné de la quantité de travail déjà déployée autour du mandat de la Commission de la science et de la technologie pour le développement, Commission qui n'a pourtant encore reçu aucun mandat de la part de l'Assemblée générale.  Le représentant a aussi dit qu'il ne se rappelait pas d'une occasion où l'avis du Secrétaire général et du Groupe des 77 ait coïncidé à ce point, ce qui est une bonne chose.  Toute proposition de changement de la Commission doit prendre en compte son activité entière, et non seulement celle relative aux décisions des Sommets mondiaux sur la société de l'information.  Si l'ECOSOC décide de donner un rôle à la Commission, il devra se limiter à des questions de suivi.  Il faudra veiller à l'utilisation rationnelle des ressources disponibles, en mettant l'accent sur les outils basés sur l'Internet.  L'examen de cet aspect pourrait faire l'objet d'une journée des débats de la Commission, débats devant rester au niveau théorique et scientifique, sans empiètement sur la partie opérationnelle.  La nature de la Commission est également en cause: composée d'experts nommés par des États membres, elle doit se limiter à un débat scientifique.  Elle doit continuer à travailler dans les limites existantes.  La société civile et le secteur privé doivent être inclus dans ses travaux, a fait valoir le représentant des États-Unis, qui a aussi mis en garde contre les risques de chevauchement entre les activités de la Commission et celles des autres instances des Nations Unies.  Le risque est que le dépassement des attributions de la Commission entraîne une rupture du consensus fragile qui s'est dégagé des Sommets mondiaux sur la société de l'information.


M. STEFAN MORAVEK, (Slovaquie) s'est montré confiant quant à la capacité de la Commission de la science et de la technique au service du développement de s'acquitter de son mandat.  Il a jugé innovantes les méthodes de travail adoptées par cet organe, notamment du fait que la Commission a recours à des technologies d'information et de communication et fait participer de grands décideurs et des prix Nobel à ses sessions.  Il s'est en outre réjoui de la priorité accordée au rôle des technologies de l'information et de la communication dans le développement économique et social.


Le Représentant du (Chili) a déclaré qu'au moment où des décisions importantes doivent être prises pour assurer le suivi des décisions prises lors du Sommet mondial sur la société de l'information, la Commission de la science et de la technique au service du développement doit agir comme un soutien efficace à la réflexion du Conseil économique et social dans le domaine du développement.  Le Chili estime à cet égard que la Commission doit être renforcée: son mandat d'origine doit être confirmé avec en outre l'adjonction d'une responsabilité quant au suivi des décisions du Sommet mondial.  Cet organe intergouvernemental devra notamment évaluer les progrès accomplis et formuler des recommandations.  Le nombre de ses membres devra probablement être augmenté.  Par ailleurs, le nombre des jours de session étant limité, il faudra en rationaliser l'utilisation.  Il sera aussi important que ses travaux bénéficient des contributions de la société civile et du secteur privé et que son secrétariat dispose de moyens financiers supplémentaires.


M. ALPHA IBRAHIM SOW (Guinée) a insisté sur la nécessité de transformer le fossé numérique en «opportunité numérique» pour tous et particulièrement pour les pays pauvres.  La Guinée se félicite de la création par le Secrétaire général du Groupe des Nations Unies sur la société de l'information, a-t-il poursuivi.  Il a insisté sur la nécessité de coordonner les compétences des différentes institutions; de renforcer le rôle de supervision de l'ECOSOC; de définir le mandat de la Commission de la science et de la technique au service du développement; et, enfin, de veiller à coordonner le suivi et la mise en œuvre sur le terrain.


M. AMR ALJOWAILY (Égypte) a rappelé que son pays avait participé activement à l'élaboration du programme du Sommet mondial sur la société de l'information de Tunis et plus particulièrement au volet consacré au suivi.  Était alors apparue très nettement la nécessité d'un mécanisme de suivi des décisions de ce Sommet, le rôle de la Commission de la science et de la technique au service du développement ayant été confirmé pour ce qui est de la conduite des travaux de suivi.  Reste donc à imaginer les moyens de mettre en œuvre ce suivi, et donc de préciser la mission de la Commission, ce qui passe par son renforcement qualitatif (augmentation du nombre des jours de réunion, pour ne pas compromettre les autres travaux) et quantitatif (augmentation du nombre des membres). 


M. OSCAR LEON GONZÁLEZ (Cuba) a rappelé que le Sommet mondial sur la société de l'information avait conclu que le Conseil économique et social serait investi du mandat de réexaminer le mandat et la composition de la Commission de la science et de la technique au service du développement.  Cette décision est tout à fait claire, a-t-il souligné.


M. A. ALCAINE (El Salvador) a estimé que le renforcement de la Commission de la science et de la technique au service du développement permettrait d'obtenir de bons résultats en matière de suivi des décisions prises lors du Sommet mondial de la société de l'information, comme en témoigne la convergence des points de vues qui transparaît, à cet égard, des débats d'aujourd'hui.


M. MARCELO F. VALLE FONROUGE (Argentine) s'est dit favorable au renforcement des attributions de la Commission de la science et de la technique au service du développement, afin qu'elle soit pleinement en mesure d'assumer son rôle en matière de suivi des décisions prises lors des deux phases du Sommet mondial sur la société de l'information.  La composition de la Commission doit respecter le critère de répartition géographique équitable.  Son mandat initial doit être mis à jour en tenant compte des nouvelles tâches qui lui sont dévolues.  En outre, ses méthodes de travail doivent être revues pour en assurer la qualité et la pertinence, en évitant tout chevauchement.


M. ALFREDO CABRAL (Guinée-Bissau), a insisté sur la nécessité de combler le fossé numérique existant entre les différents pays.  À cette fin, il a souligné l'importance de la coopération et de l'apport de tous ceux qui en ont les moyens et les connaissances.  Citant les exemples de la Malaisie et de l'Inde, il a insisté sur la nécessité d'une coopération «sud-sud» dans ce domaine.


M. ARTHUR LEVIN (Union internationale des télécommunications, UIT) a attiré l'attention sur un certain nombre d'objectifs et de questions essentielles identifiés lors des deux phases du Sommet mondial sur la société de l'information: gouvernance de l'Internet, suppression du fossé numérique et définition de mécanismes pour la concrétisation des promesses.  L'UIT est prête à participer aux efforts dans ce domaine, a-t-il indiqué.  Huit mois après le Sommet de Tunis, l'UIT collabore avec le Programme des Nations Unies pour le développement et l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture à l'application des décisions prises lors du Sommet, a-t-il précisé.  Une réunion a été organisée en février dernier qui a permis de définir des points focaux dans chacune des lignes d'actions définies.  Conformément à la demande faite lors du Sommet, le Groupe des Nations Unies sur la société de l'information a été créé. 


MME INGEBORG BREINES (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture, UNESCO) a insisté sur l'importance de la collaboration entre les différentes institutions onusiennes.  Elle a fait valoir que l'UNESCO apporte une assistance aux pays en matière de promotion de l'utilisation des technologies de l'information et des communications.  Elle a affirmé que le rôle de la Commission de la science et de la technique au service du développement est d'assurer un suivi coordonné de l'action dans ce domaine.  La représentante de l'UNESCO a insisté sur l'importance d'un accès universel à l'information. 


M. PHILIPPE DAM (Conférence des organisations non gouvernementales - CONGO) a souligné que l'ECOSOC devait examiner et renforcer le mandat de la Commission de la science et de la technique au service du développement lors de la présente session.  Le mandat de cette Commission doit désormais inclure le suivi de l'application des décisions prises durant les deux phases du Sommet mondial sur la société de l'information et, d'une manière générale, la participation à la promotion d'une meilleure compréhension des défis que soulève la société de l'information.  Le représentant a estimé que les organisations non gouvernementales devraient être pleinement intégrées aux réunions tant formelles qu'informelles de la Commission, ainsi qu'aux consultations aboutissant à l'adoption de son programme de travail.  Les organisations de la société civile accréditées auprès du Sommet mondial sur la société de l'information doivent bénéficier sans plus attendre d'un statut leur permettant de participer aux travaux de la Commission, a-t-il ajouté.  Il a salué le niveau de participation des représentants de la société civile à la réunion inaugurale de l'Alliance mondiale pour les technologies de l'information et des télécommunications au service du développement, ce qui témoigne de l'intérêt qu'ils portent à ces questions.


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