18 mai 2006
Conseil economique et social
ECOSOC/6204
ONG/598

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Comité chargé des ONG

25e et 26e séances – matin et après-midi


LE COMITÉ CHARGÉ DES ONG RECOMMANDE LE STATUT CONSULTATIF SPÉCIAL AUPRÈS DE L’ECOSOC POUR TROIS ONG ET SUSPEND L’EXAMEN DE SEPT DEMANDES


Le Comité chargé des ONG a examiné aujourd’hui 10 dossiers de candidatures présentées par des organisations non gouvernementales qui postulaient pour le statut consultatif auprès de l’ECOSOC.  Il est revenu sur les dossiers laissés en suspens lors de ses précédentes sessions par manque d’information.  Après avoir étudié les réponses et compléments d’informations apportés par les ONG concernées, le Comité a recommandé aujourd’hui le statut consultatif spécial* auprès de l’ECOSOC pour trois ONG et décidé de suspendre l’examen de sept demandes.


Le Comité chargé des ONG a pris acte de la cessation des activités du Comité international pour la sécurité et la coordination européenne.  Il a également pris acte du changement de nom de l’Institut d’enquête pour la réhabilitation et l’amélioration des conditions de vie des femmes qui devient désormais l’Institut d’enquête pour l’amélioration des conditions de vie des femmes.  Le Comité a ensuite examiné des candidatures d’ONG après que celles-ci aient fourni des réponses aux questions posées par le Comité au cours de la présente session.


Le dossier de Religious Freedom Coalition a de nouveau été laissé en suspens.  Basée aux États-Unis, cette ONG a pour mission de dénoncer la répression de la liberté religieuse tant au niveau gouvernemental que privé.  Le délégué de la Chine a estimé que les réponses fournies par cette ONG ne sont pas suffisamment détaillées.  Le Comité n’ayant communiqué ses questions à l’organisation qu’hier après-midi, le délégué des États-Unis a estimé au contraire que les réponses étaient satisfaisantes compte tenu du temps qui lui a été alloué.  Le délégué du Pakistan a demandé un complément d’informations sur les cas d’islamophobie, car l’ONG, dans ses réponses écrites, a « écarté cette question en affirmant que l’islamophobie n’existait pas ».  De son côté, le délégué cubain a demandé comment cette ONG assurait son indépendance alors qu’elle affirme travailler avec le Département d’État américain sur des dossiers de trafic des personnes.  Le Comité a donc décidé de suspendre la candidature de cette ONG au statut consultatif auprès de l’ECOSOC en attendant de nouvelles précisions. 


Le Comité a en revanche recommandé le statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC pour Drug Free America Foundation, une association américaine de lutte contre la drogue.


Concernant Ambedkar Centre for Justice and Peace, qui travaille dans les pays d’Asie du Sud avec les personnes marginalisées, le délégué de l’Inde a déploré que les réponses fournies par l’ONG soient partielles, notamment concernant les activités menées dans son pays en collaboration avec 214 associations indiennes.  Le Comité a donc suspendu l’examen de cette demande.


De même, la demande de Vali-Asr Rehabilitation Institute, association basée en Iran qui aide les enfants et adultes handicapés mentaux, a été suspendue à la suite de nouvelles questions de la part des délégués américain et turc portant sur son budget. 


La candidature de l’ONG argentineCenter for Human Rights and Environment a ensuite été examinée.  Cette organisation œuvre au développement durable en promouvant les liens existant entre l’environnement et les êtres humains.  Le délégué de Cuba s’est déclaré « encore plus perdu » maintenant que l’ONG a livré ses réponses écrites au Comité concernant un groupe de conseillers internationaux avec lequel travaille l’ONG alors que cette ONG est une ONG nationale.  Le délégué américain a au contraire appuyé la candidature de l’association car il a affirmé faire pleinement confiance à la délégation argentine venue défendre à plusieurs reprises devant le Comité cette candidature.  En réponse au délégué cubain, il a rappelé qu’une ONG nationale avait tout à fait le droit de travailler avec des conseillers internationaux.  Le dossier a été laissé en suspens en attendant de nouvelles réponses de l’association.


Le dossier de l’ONG basée en Belgique Non violent Peaceforce a ensuite été examiné.  Le délégué chinois a déploré le manque de précisions des réponses de l’ONG aux questions du Comité.  En conséquence, l’examen du dossier a été suspendu.


Le Comité a ensuite examiné le rapport quadriennal de National Association of Negro business and professional Women’s Clubs.


La candidature d’Udisha, organisation indienne qui œuvre dans de multiples domaines tels que l’art, la santé, l’éducation en matière d’environnement, a ensuite été évoquée.  Le délégué du Pakistan a demandé de nouvelles précisions quant au rôle des fonctionnaires de l’ONG présentés par l’ONG comme des membres honoraires.  Par ailleurs, il a voulu de nouveau connaître les résultats des projets de l’ONG.  Le dossier a été laissé en suspens.


Le Comité a par ailleurs recommandé à l’ECOSOC d’octroyer le statut consultatif spécial à West Africa Network for Peacebuilding, ONGbasée au Ghana. 


Concernant la candidature del’Associacion civil Consorcio Desarrollo y Justicia, le délégué du Venezuela, en tant que membre observateur du Comité, s’est opposé au statut consultatif demandé par cette ONG vénézuélienne en arguant que certains de ses fonds viennent du Congrès américain et d’organisations européennes et qu’elle ne reçoit pas de cotisations de ses membres.  Le statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC a tout de même été recommandé par le Comité pour cette association.  Le représentant de cette ONG vénézuelienne était venu répondre longuement devant le Comité hier après-midi.  Le délégué des États-Unis a affirmé que le Comité resterait vigilant quant aux activités de cette ONG tout en estimant que les travaux de cette organisation seraient fructueux.  La déléguée du Chili l’a soutenu et a estimé que cette ONG constituait un acteur important dans le domaine de l’entente en Amérique latine.  Le délégué de Cuba a appuyé son homologue vénézuélien.  À la suite de plusieurs questions posées hier par les délégations de Cuba et du Venezuela, le dossier de cette ONG avait été reporté à aujourd’hui.


S’agissant du dossierd’Africa Action, la plus ancienne ONG œuvrant aux États-Unis sur la question africaine, le Comitéa décidé de suspendre l’examen de ce dossier, à la demande du délégué du Soudan.  Il a estimé que toutes les activités de cette ONG semblaient être basées sur une campagne contre le Gouvernement du Soudan.  « Elle ne se concentre que sur des activités politiques en particulier au Darfour », a-t-il déploré.  Le délégué des États-Unis a réagi en demandant ce que l’on entendait par « activités politiques » car le rôle de cette ONG est de sensibiliser les Américains en général et le Gouvernement américain en particulier aux politiques et aux besoins de ressources financières en Afrique.  Il a même estimé que cette ONG était en désaccord avec la politique américaine en Afrique et qu’au contraire, ses actions n’avaient aucune motivation contre le Gouvernement soudanais.  Reprenant la parole, le délégué soudanais a tenu à rappeler que cette ONG avait organisé hier une manifestation devant la délégation soudanaise des Nations Unies et que cette manifestation visait à réclamer le départ du Gouvernement du Soudan.  « Ils devraient plutôt travailler sur l’aide humanitaire à apporter au Darfour plutôt que de se livrer à des activités politiques », a-t-il estimé.


Par ailleurs, le Comité a reporté à demain l’examen de la candidature de la Coalition gaie et lesbienne du Québec pour une raison de procédure.  Les délégués américain et iranien se sont en effet plaints du fait que les réponses apportées par l’ONG soient uniquement distribuées en français.  Les documents traduits dans les langues officielles des Nations Unies seront disponibles demain.


Le Comité des ONG reprendra ses travaux demain, vendredi 19 mai à 10 heures.


*     Le statut consultatif spécial concerne des ONG reconnues au niveau international pour leurs compétences spécifiques dans certains domaines d’activités du Conseil.  Ces ONG peuvent soumettre des communications écrites et des pétitions auprès de l’ECOSOC.


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