24 avril 2006
Conseil economique et social
ECOSOC/6193

Department of Public Information • News and Media Division • New York

Conseil économique et social

Réunion spéciale de haut niveau

6e & 7e séances – matin & après-midi


RÉUNION DE HAUT NIVEAU DE L’ECOSOC: LES PARTICIPANTS EXPRIMENT LEUR CRAINTE QUANT À L’ISSUE DES NÉGOCIATIONS COMMERCIALES MENÉES DANS LE CADRE DU CYCLE DE DOHA


C’est sur le thème de la coordination et de la coopération dans le contexte de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et des résultats du Sommet mondial de 2005 que le Conseil économique et social (ECOSOC) a tenu, ce matin, sa Réunion annuelle de haut niveau avec le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED). 


Le Consensus de Monterrey* ayant consacré le commerce comme une des principales sources de financement du développement, la Réunion a été dominée par un sentiment de crainte quant à l’issue des négociations « difficiles » menées dans le cadre du Cycle de Doha, dit « Cycle du développement »**.  Entamé en 2001 par l’OMC, le Cycle devrait expirer avant la fin de cette année, conformément à l’échéancier fixé en décembre 2005, par la Déclaration ministérielle de Hong Kong.  Un échec qui par ailleurs augurerait mal du multilatéralisme dans les relations commerciales serait catastrophique tant pour les pays en développement que pour leurs partenaires des pays développés, a prévenu la Directrice générale adjointe de l’OMC, Valentine Sendanyoye Rugwabiza.


Inaugurée ce matin en présence du Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, la réunion a débuté par une intervention du Président de l’ECOSOC.  Ali Hachani de la Tunisie a souligné que les pays du Sud, qui sont appelés à prendre des décisions difficiles, à les appliquer et à engager les réformes nécessaires, ont besoin d’une augmentation substantielle des ressources économiques et financières, dont la moindre source n’est pas le commerce.


Les pays du Sud se sont, en effet, engagés à adopter, d'ici à la fin de l'année, des stratégies nationales globales de développement pour la réalisation des objectifs agréés au niveau international, y compris ceux du Millénaire pour le développement (OMD), a rappelé le Secrétaire général de l’ONU qui a stigmatisé la lenteur des avancées dans le domaine commercial.  Kofi Annan a demandé aux pays du Nord d’adopter des mesures de libéralisation ambitieuses pour garantir le succès du Cycle de Doha.  Il a cité comme mesure un plus grand accès aux marchés pour les pays en développement, un accès sans taxe et sans quota pour les pays les moins avancés (PMA), l'élimination des subventions agricoles, la recherche d’une solution à la question des coûts liés à l'ajustement et à l'érosion des régimes préférentiels, et l'assistance aux pays qui devront s'ajuster aux opportunités actuelles et nouvelles. 


Après les interventions de ces trois personnalités et de celles du Président du Comité du développement de la Banque mondiale et du FMI, et Ministre des finances du Mexique, Alberto Carrasquillo Barrera, du Président du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED, Ransford Smith, et du Directeur général adjoint du FMI, Agustín Carstens, les participants à la Réunion se sont répartis en quatre tables rondes portant respectivement sur la mise en œuvre et le soutien aux stratégies nationales de développement en vue de la réalisation des objectifs de développement agréés au niveau international (table ronde A); la réalisation de la dimension de développement du Programme de travail du Cycle des négociations commerciales de Doha, notamment dans le cadre du concept de l’« Aide pour le commerce » (table ronde B); le règlement de la question de la dette (table ronde C); et le soutien à apporter aux efforts de développement que déploient les pays à revenu intermédiaire (table ronde D).


Les conclusions de ces tables rondes ont été présentées par leurs Coprésidents respectifs à savoir, la Directrice générale du Département des affaires humanitaires et sociales du Ministère des relations extérieures du Brésil, Maria Luiza Viotti; le Directeur exécutif de la Banque mondiale, Eckhard Deutscher; le Directeur exécutif principal du FMI, Willy Kiekens; et la Secrétaire d’État à la coopération internationale de l’Espagne, Leire Pajín. 


L’ECOSOC a aussi entendu une intervention de Ruth Jacoby, la Directrice générale du Département de la coopération de la Suède et membre du Groupe de haut niveau sur la cohérence dans les domaines du développement, de l’aide humanitaire et de l’environnement, au sein du système des Nations Unies.  Ont également pris la parole, la représentante de la société civile, Wahu Kaara et celui du secteur privé, Parag Saxena ainsi que le Secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), Kim Hak-Su qui s’est exprimé, au nom des cinq commissions régionales de l’ONU.


À la fin des travaux, le Président de l’ECOSOC a dit son intention de consulter les États Membres sur la création d’un mécanisme de suivi des conclusions et recommandations des Réunions de haut niveau.


* Le Consensus de Monterrey a été adopté en 2002 à l’issue de la Conférence internationale sur le financement du développement.


** Les négociations menées dans le cadre du Cycle de Doha portent sur l’agriculture, l’accès aux marchés pour les produits non agricoles, les services, la facilitation des échanges, le Mémorandum d’accord sur le règlement des différends, l’environnement, les aspects du droit de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC), et les mesures anti-dumping, les mesures compensatoires et les subventions. 


RÉUNION SPÉCIALE DE HAUT NIVEAU AVEC LES INSTITUTIONS DE BRETTON WOODS, L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE ET LA CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR LE COMMERCE ET LE DÉVELOPPEMENT


Déclarations


M. ALI HACHANI, Représentant permanent de la Tunisie et Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a déclaré que sous le thème général de la « coordination et de la coopération dans le contexte de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et des résultats du Sommet mondial de 2005 », la réunion d’aujourd’hui examinera quatre sujets particulièrement vitaux.  Ces points portent sur la mise en œuvre et le soutien aux stratégies nationales de développement, en vue de la réalisation des objectifs de développement agréés au niveau international; la réalisation de la dimension de développement du Programme de travail du Cycle des négociations commerciales de Doha, notamment dans le cadre du concept de l’« Aide pour le commerce »; le règlement de la question de la dette; et le soutien à apporter aux efforts de développement que déploient les pays à revenu intermédiaire.


Le dernier thème est particulièrement important, a indiqué M. Hachani en soulignant son caractère innovateur dans le dialogue qui a lieu entre l’ECOSOC et les institutions internationales, et notamment dans la mesure où cette question touche de plus en plus de pays en développement.  Une note du Secrétaire général a été préparée à l’intention des délégations sur ces quatre points, a-t-il précisé.  La réunion d’aujourd’hui se tient à un moment important, juste après le déroulement des assises de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), le week-end dernier à Washington.  Elle entre dans le cadre des efforts visant à donner aux pays en développement et à ceux à économie en transition plus de voix dans la définition des normes et dans la prise de décisions qui régissent l’économie mondiale, a indiqué le Président de l’ECOSOC.  Les récentes réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI à Washington, ont confirmé que la croissance appréciable que connaît l’économie mondiale allait perdurer dans le court terme, a-t-il poursuivi. 


« Nous ne devons cependant pas être complaisants », a-t-il néanmoins souligné en notant que les circonstances actuelles donnent aux pays la chance d’avancer à un rythme plus rapide dans la réalisation des objectifs de développement internationalement agréés.  Le Consensus de Monterrey reconnaissait que les efforts nationaux devraient être complétés par des programmes internationaux de soutien et par des actions visant à maximiser les opportunités de développement offertes aux pays en développement.  Prendre des décisions difficiles, les appliquer, et engager les réformes nécessaires peut être facilité par une augmentation des ressources économiques et financières,  a ensuite souligné le Président de l’ECOSOC.  Les délibérations que nous tenons aujourd’hui sont importantes pour l’identification des moyens qui pourraient nous permettre de tirer profit des opportunités actuelles, et dans ces circonstances, les contributions de toutes les délégations sont les bienvenues.


M. KOFI ANNAN, Secrétaire général de l'ONU, a rappelé que lors du Sommet mondial de septembre, les chefs d'État et de gouvernement se sont engagés à adopter, d'ici à la fin de l'année, des stratégies nationales globales de développement pour la réalisation des objectifs agréés au niveau international, y compris ceux du Millénaire pour le développement (OMD).  Ces stratégies, a estimé Kofi Annan, contribueront à placer les engagements internationaux en matière de développement au centre des politiques.  Elles devraient se fonder sur les plans déjà existants, dont les stratégies centrées sur les OMD et les documents stratégiques pour la réduction de la pauvreté (DSRP).  Les nouvelles stratégies nationales doivent viser des résultats quantifiables.  Elles doivent explorer les options les mieux adaptées aux réalités locales, se fonder sur les véritables besoins en matière d'investissements et inclure des détails sur la manière de mobiliser les ressources nationales et extérieures et de les affecter où elles auront le plus d’impact.  Ces stratégies, a encore dit Kofi Annan, devraient se garder de compromettre la stabilité macroéconomique. 


Le système des Nations Unies, a promis le Secrétaire général, aidera les gouvernements à améliorer les capacités requises pour formuler les stratégies.  Il a lancé un appel urgent aux institutions de Bretton Woods pour qu'elles travaillent avec le système des Nations Unies et les autres partenaires.  Kofi Annan s'est, dans ce contexte, félicité que l'Aide publique au développement (APD) ait presque doublé depuis 2001.  De même, le service de la dette des pays pauvres très endettés (PPTE) a chuté et d'autres progrès sont attendus maintenant que l'Initiative d'allègement de la dette multilatérale, proposée par le G-8, est actuellement mise en œuvre par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.


Des progrès ont également été enregistrés dans le domaine des sources novatrices du financement du développement qui, il n'y a pas si longtemps, étaient un sujet tabou.  Saluant les propositions relatives à la taxe sur les billets d'avion ou encore à la création d'un mécanisme pour financer la vaccination des enfants, Kofi Annan a néanmoins estimé qu'il reste encore beaucoup à faire.  En effet, s'est-il expliqué, une large part de l'APD a été affectée à l'allègement de la dette et au secours d'urgence, empêchant la hausse attendue des sources de financement des OMD.  À cela, il faut ajouter la lenteur des progrès dans le domaine du commerce mondial.  Le Secrétaire général a appelé les pays développés à adopter des mesures de libéralisation ambitieuses pour garantir le succès du Cycle de Doha.  Il a cité comme mesures un plus grand accès aux marchés pour les pays en développement, un accès sans taxe et sans quota pour les pays les moins avancés (PMA), l'élimination des subventions agricoles, la baisse des coûts liés à l'ajustement et à l'érosion des régimes préférentiels, et l'assistance aux pays qui devront s'ajuster aux opportunités actuelles et nouvelles.  Kofi Annan a donc accueilli avec satisfaction l'initiative « Aid for Trade ».


Le Secrétaire général a dit craindre pour l’issue des négociations du Cycle de Doha.  Les difficultés rencontrées ont conduit certains participants à envisager quelque chose qui serait moins qu’un véritable cycle du développement.  Refusant une telle éventualité, Kofi Annan a appelé ces participants à faire montre du courage politique nécessaire pour conclure les négociations d’ici à la fin de l’année.  À la fin de son intervention, le Secrétaire général a salué les mesures prises par le FMI pour traiter de la question liée à une plus grande participation des pays en développement dans son processus de prise de décisions.  Il a espéré que d’autres organes intergouvernementaux, dont le Conseil de sécurité, prendront exemple sur le FMI.  Les objectifs de 2015 sont plus proches qu’on ne le pense, a ajouté le Secrétaire général.  L’ordre du jour pour la prochaine décennie est tout à fait clair.  « Ne décevons pas », a prévenu Kofi Annan, « les millions de personnes qui placent leur espoir d’une meilleure vie, en nous et nos organisations ».  (Pour la version intégrale du discours, consulter le communiqué de presse SG/SM/10426.)


M. ALBERTO CARRASQUILLO BARRERA, Président du Comité du développement de la Banque mondiale (FMI), a déclaré que l’année 2005 avait été une importante année du fait des engagements pris en vue de renforcer la mise en place des programmes de soutien au développement.  Des décisions clefs ont été prises lors du Sommet du G-8 de Gleneagles; du Forum de Paris sur l’harmonisation de l’aide au développement; de la Conférence ministérielle de l’OMC, tenue à Hong Kong; et au cours du Sommet mondial des chefs d’État et de gouvernement qui a eu lieu en septembre dernier à New York, a relevé M. Barrera.


Les engagements pris lors de ces rencontres ont donné un nouvel élan à l’agenda du développement et ont permis d’accélérer la mise en œuvre des programmes visant la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Le défi à relever reste cependant de réaliser concrètement toutes les promesses faites au cours des différentes rencontres, a souligné le Président du Comité du développement.  Les questions liées à ces engagements ont fait l’objet de discussions au cours des travaux qui viennent de se tenir à Washington, a indiqué M. Barrera.  Ces travaux ont permis d’enregistrer la croissance soutenue que connaissent les pays en développement qui, sur ce plan, ont fait mieux l’an dernier que les pays industrialisés.  Des progrès permettant d’espérer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), ont été accomplis dans de nombreux pays, a dit M. Barrera en regrettant cependant que sur le continent africain, ces progrès aient été les plus lents.  Cependant, en dehors de la Chine et de l’Inde, l’Afrique est la région du monde dont les taux de croissance ont été les plus élevés, a-t-il noté.  Lors des travaux du FMI et de la Banque mondiale, les ministres présents à Washington ont reconnu qu’afin de faire face à la pauvreté, il fallait mettre l’accent sur un agenda combinant le commerce, l’APD et des principes de gouvernance basés sur la responsabilité partagée et la transparence.


Les questions de gouvernance se sont imposées comme les plus importantes au cours des 12 derniers mois, et les gouvernements sont tombés d’accord sur le fait que l’amélioration de la gouvernance au niveau de chaque pays était indispensable.  Les ministres réunis à Washington sont parvenus à un consensus sur la nécessité de construire des États dotés d’institutions fortes et efficaces, et capables de travailler de manière coordonnée dans l’application des principes et des directives globales de bonne gouvernance au niveau de chaque pays.  Il faut améliorer la transparence et permettre une appropriation des programmes de développement et de gouvernance au niveau de chaque pays.  À cet égard, un appel a été lancé à la Banque mondiale pour qu’elle aide ses États membres à renforcer leur cadre de gouvernance de manière à mieux lutter contre le fléau de la corruption. 


De nouveaux engagements financiers ont également été pris en 2005 pour augmenter le niveau de l’Aide publique au développement (APD).  Le Sommet de Gleneagles a, à cet égard, promis 25 milliards de dollars d’aide annuelle supplémentaire à l’Afrique, d’ici à 2010, ce qui doublerait les montants que reçoit actuellement le continent.  L’APD en direction de tous les pays en développement augmentera de 50 milliards de dollars par an, si les engagements pris par les pays du G-8 sont tenus.  Des formules novatrices pour mobiliser les ressources financières, comme la taxe sur les billets d’avions, ont vu le jour en 2005, a relevé M. Barrera.  Le Comité du développement encourage les pays à faire un meilleur usage de leurs ressources nationales et de celles qui sont mises à leur disposition par les donateurs internationaux, multilatéraux et bilatéraux.  À cet égard, les ministres ont demandé une mise en œuvre plus rapide du cadre agréé lors du Forum de Paris sur l’harmonisation de l’aide au développement, dans les termes contenus dans la Déclaration de Paris.  Les ministres se sont aussi dits satisfaits des progrès accomplis en matière de réduction de la dette multilatérale par le FMI, la Banque mondiale et le Fonds africain de développement.  Ils ont applaudi l’annulation par le FMI de la dette multilatérale de 19 pays, ainsi que l’approbation, par la Banque mondiale de la résolution de l’Association internationale pour le développement devant conduire à la conclusion du processus de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).  


Concernant l’Association internationale de développement (IDA) qui est l’organe de la Banque mondiale accordant des prêts à des conditions préférentielles aux pays les plus pauvres, les ministres ont vivement souhaité que de nouvelles ressources soient versées dans ses caisses pour compenser celles que l’IDA a consacrées au financement du programme PPTE.  Le Comité du développement a d’autre part relevé, concernant les emprunts financiers, la nécessité de mettre fin aux activités des prêteurs peu scrupuleux qui versent aux pays dans le besoin des fonds à des conditions draconiennes qui, a-t-il estimé, s’apparent à de l’usure.  Le Comité a exhorté les organismes de crédit à travailler au sein du cadre de durabilité de la dette et il a demandé aux pays pauvres très endettés d’améliorer leurs méthodes de gestion de la dette et de s’assurer que toutes les ressources qu’ils tirent de la réduction ou de l’annulation de leur dette extérieure aillent à la lutte contre la pauvreté.  


En ce qui concerne la question du commerce, le Comité du développement soutient la poursuite des négociations entamées à Hong Kong sur des questions qui sont vitales pour les pays les plus défavorisés.  Nous sommes heureux que ces questions soient aujourd’hui débattues par les tables rondes organisées par l’ECOSOC.  Il serait souhaitable que les pourparlers de Doha aboutissent favorablement, cette année, pour une meilleure ouverture des marchés et le règlement de la question des subventions agricoles.  Nous sommes heureux que les donateurs se soient engagés à augmenter le montant des ressources versées en faveur des programmes visant à promouvoir le concept de l’« Aide pour le commerce », a dit M. Barrera.  Le Comité du développement est aussi parvenu à des conclusions qui appellent la communauté internationale à inscrire la question de la situation des pays à revenu intermédiaire à l’ordre du jour des questions qui seront débattues au cours des mois qui viennent par les institutions financières internationales.  Ces pays font face à des obstacles qu’ils ne pourront surmonter sans une aide internationale.  La première de ces questions est celle de la montée des coûts de l’énergie, à laquelle font face ces pays.  Concernant les pays en transition, bien que leurs problèmes n’aient pas été inscrits à l’ordre du jour officiel des travaux du week-end dernier, les ministres réunis à Washington ont tenu à rappeler que le Consensus de Monterrey leur a accordé une certaine attention.  À cet égard, la question des quotas et des voix à accorder à ces pays dans les organes de décision des institutions financières internationales a été abordée.


M. RANSFORD SMITH, Président du Conseil du commerce et du développement de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a rappelé que lors de sa dernière réunion, son Conseil a examiné les questions de la mise en œuvre et de l’appui aux stratégies nationales de développement, de l’allègement de la dette, de l’assistance au commerce et de l’appui, en la matière, aux pays en développement, y compris ceux à revenu intermédiaire.  Il ne fait aucun doute, a-t-il dit, que les stratégies de développement doivent être au centre des politiques.  Une bonne stratégie doit trouver l’équilibre entre l’espace politique nationale et la discipline imposée au niveau international.  Il a estimé que la mise en commun des expériences permet d'établir cet équilibre. 


L'économie mondiale, a-t-il poursuivi, s'est améliorée en raison d'une croissance rapide et de l’augmentation de la demande internationale.  Ceci, a-t-il prédit, annonce des perspectives de croissance importantes pour les pays en développement qui auront une stratégie nationale efficace et qui tireront parti d'un climat économique mondial favorable.  Un grand nombre de pays en développement sont toujours à la traîne, a-t-il reconnu en jugeant que ces derniers ont non seulement besoin de concevoir une bonne stratégie nationale mais dépendent également de l’appui international, dans des domaines tels que les infrastructures, en particulier ceux liés aux services sociaux de base.  La condition préalable à une bonne stratégie nationale de développement est l'appropriation nationale.  Il est donc essentiel que l’appui international laisse une marge de manœuvre aux choix nationaux. 


Le Président du Conseil a regretté le manque de progrès dans les négociations de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en particulier dans le domaine des traitements spéciaux et différenciés en faveur des pays les moins avancés (PMA).  Il faut un renouvellement des engagements à tous les niveaux et davantage d'énergie et de bonne volonté pour atteindre les résultats en matière de développement, conformément aux principes sur lesquels se base le Cycle de Doha, a-t-il voulu.  À son tour, il a souligné que de nombreux pays auront besoin d’aide pour faire face aux coûts d'ajustement et mettre en œuvre les nouveaux accords de l'OMC.  Il leur faudra de nouvelles infrastructures commerciales et la capacité de pouvoir bénéficier du climat post-Doha.


Concernant la dette extérieure, M. Smith a salué la décision du G-8 de financer l’allègement de celle des PPTE et les mesures récentes de la Banque mondiale et du FMI pour mettre en œuvre cette initiative.  « Il est essentiel », a-t-il estimé, « que l'allègement de la dette soit accompagné de nouveaux engagements en matière d'APD, pour renforcer les capacités d’offres des pays en développement.  Un accès meilleur aux marchés contribuera considérablement à la viabilité de la dette », a-t-il prévenu.


M. AGUSTĺN CARSTENS, Directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), a relevé que l’augmentation des cours du pétrole, la montée des protectionnistes, et l’impact du VIH/sida sur les économies nationales avaient été examinés par le Comité monétaire et financier au cours de la session du printemps du FMI et de la Banque mondiale, le week-end dernier.  Le FMI et le Comité ont préconisé aux pays de faire preuve de souplesse dans la gestion de leurs monnaies, a indiqué le représentant.  Le Comité financier et monétaire pense aussi que l’achèvement des pourparlers du Cycle de Doha d’ici à la fin de l’année serait le bienvenu, étant donné qu’il pourrait accorder aux pays en développement, notamment les plus défavorisés, un accès amélioré aux marchés et plus de possibilités de compétitivité si la question des subventions était résolue.  Si ce Cycle commercial pouvait être conclu en 2006, le Comité pense que ses apports seraient d’un grand secours aux pays en développement les plus faibles qui les exclut actuellement des échanges mondiaux. 


Concernant les politiques du FMI, divers changements sont à envisager, a indiqué M. Carstens.  Dans sa stratégie à moyen terme, le FMI propose la création d’un cadre de surveillance plus efficace, et dans ce cadre, le Comité a apporté son soutien à une évaluation de la Décision de surveillance monétaire et financière adoptée en 1997.  Dans sa stratégie à moyen terme, le FMI propose un nouveau cadre de surveillance qui s’appuierait sur quatre éléments.  Le premier consisterait à accorder plus d’importance et de moyens aux questions multilatérales, y compris les questions financières, notamment les effets de contagions de crises de pays à pays.  Ensuite, le FMI demanderait que les pays réaffirment les engagements qu’ils prennent les uns envers les autres en vertu de l’Article IV, selon lequel la surveillance peut être focalisée sur les aspects monétaires, financiers, fiscaux ou de taux d’échanges des politiques d’un pays.  Troisièmement, le Directeur général du FMI devrait pouvoir appliquer ses propositions visant l’adoption de nouvelles procédures impliquant le Comité monétaire et financier et le Conseil d’administration dans la surveillance multilatérale.  Enfin, a dit M. Carstens, le Comité monétaire et financier devrait adopter un cadre annuel de surveillance multilatérale et bilatérale à travers lequel le Directeur général du FMI, le Conseil d’administration et le personnel du Fonds sont responsables de la qualité de la surveillance et doivent en rendre compte.


Le FMI devrait aussi développer ses liens avec les pays émergents dont les marchés de capitaux deviennent de plus en plus importants au niveau mondial.  Le Fonds pourrait aussi jouer un rôle au niveau des arrangements financiers et monétaires régionaux.  Ses politiques devront, à l’avenir, mieux s’aligner sur les politiques établir dans les États mettant en place des cadres de lutte contre la pauvreté.  Le FMI a participé depuis le début aux programmes de réduction de la dette.  Dix-neuf pays sont éligibles à l’annulation de leur dette et six autres ont été ajoutés sur la liste des États susceptibles de les rejoindre au cours des travaux qui viennent de se tenir à Washington.  Le Comité recommande aux pays de ne plus s’endetter dans l’avenir au-delà de leurs capacités de remboursement.  Chaque État doit veiller à ce que sa dette reste soutenable, a indiqué M. Carstens.  Le Comité a invité tous les créditeurs à travailler avec le FMI et la Banque mondiale pour mettre en place des politiques de prêts responsables et éviter la gabegie constatée ces dernières décennies.  La prochaine réunion du Comité monétaire et financier aura lieu le 17 septembre 2006 à Singapour, a précisé M. Carstens.


Mme VALENTINE SENDANYOYE RUGWABIZA, Directrice générale adjointe de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a jugé que les prochains mois seront le « moment de vérité » pour le Cycle de Doha qui doit expirer dans moins d'un an.  Le coût d'un échec serait catastrophique pour les pays en développement, en particulier les pays les plus pauvres qui seront définitivement marginalisés dans le commerce mondial.  Tout le monde souffrira d'un système commercial affaibli et appauvri, a-t-elle estimé, en prévenant que le manque de progrès dans les négociations de Doha augurera mal du multilatéralisme dans le commerce.  Il faut des progrès dans les domaines de l'agriculture, dont les questions des subventions agricoles et des tarifs sur les produits manufacturés.  Il faut aussi arriver à se mettre d’accord sur des textes relatifs aux mesures anti-dumping et aux services.  De bons progrès nécessitent aussi des efforts de consolidation qui doivent avoir en leur centre les objectifs du développement.


En 2006, des résultats doivent être obtenus dans chacun des chapitres des négociations, a voulu la Directrice générale, car de nombreux pays n'ont pu bénéficier des ouvertures de marché que l’OMC a rendues possibles.  « Il y a diverses manières d'apporter une aide au commerce », a-t-elle poursuivi en citant l’appui aux systèmes d'impôts ou encore aux infrastructures de communication.  Elle a aussi cité l’assistance dans le domaine de l’ajustement, en prévenant que la complexité de toute ces tâches ne devrait pas occulter l'objectif primordial de l'assistance au commerce qui est d'aider les pays en développement à disposer d'outils leur permettant de participer à un marché commercial plus ouvert et plus honnête en tant que moteur de développement.


« C'est dans les capitales que la cohérence doit commencer », a-t-elle ajouté en appelant les ministres concernés à relever le défi de traduire les promesses de coopération et de cohérence en actions concrètes, dont les Principes de Paris pour l'efficacité de l'aide. 


Mme RUTH JACOBY, Directrice générale de la coopération du Gouvernement de la Suède, a déclaré que le Groupe de haut niveau chargé d’examiner les questions de cohérence au niveau du système des Nations Unies sur les questions de développement s’était réuni pour le première fois à New York, la semaine dernière.  Cette réunion et celles qui l’ont précédée ailleurs ont été chargées d’examiner la cohérence entre l’ONU et les autres institutions internationales sur le traitement des questions touchant au commerce et à la finance, a dit Mme Jacoby.  Les travaux menés par cette rencontre nous ont permis de conclure que la promotion de la cohérence était plus que jamais indispensable à tous les niveaux, que ce soit au niveau des organisations internationales ou à celui des gouvernements nationaux.  Il est nécessaire que l’appui aux stratégies menées par les pays en développement soit réel et reçoive le soutien dont il a besoin, a dit Mme Jacoby.  Pour la première fois, a-t-elle relevé, l’aide au développement a connu une hausse substantielle en vue de soutenir la mise en œuvre de plans qui pourraient aider la réalisation des OMD. 


Il est impératif que les Nations Unies, en tant que seul cadre multilatéral jouissant de la légitimité requise, soit le lieu où se discutent et s’élaborent les stratégies de développement et les politiques qui les soutiennent.  C’est à cette conclusion que sont aussi parvenus les participants à la première table ronde organisée aujourd’hui, a indiqué Mme Jacoby.  Les participants à cette discussion ont estimé que les politiques internationales devaient s’appuyer sur les stratégies nationales des États Membres, dont les priorités doivent être respectées.  La table ronde A a recommandé à la communauté internationale de rendre les financements au développement beaucoup plus substantiels, prévisibles et durables.  Le Groupe de haut niveau, pour sa part, avait recommandé hier que l’équité entre les sexes, les droits de l’homme et un certain nombre d’autres questions transversales, dont celle de la préservation de l’environnement, soient examinés de manière approfondie, afin que les résultats obtenus au terme de nos travaux soient efficaces.  Au cours des prochains mois, les travaux du Groupe de haut niveau, auxquels participeront des États Membres et des organisations de la société civile, se poursuivront en consultation avec l’ECOSOC lors de sa session de fond annuelle, prévue en juillet prochain à Genève.  Des consultations sur la question de la cohérence se tiendront aussi au niveau des pays, et des discussions à caractère thématique auront également lieu.


Conclusions des tables rondes


Présentant la table ronde A, Mme MARIA LUIZA VIOTTI, Directrice générale du Département des affaires humanitaires et sociales du Ministère des relations extérieures du Brésil, a indiqué qu'un consensus s'est formé sur la nécessité pour le FMI et la Banque mondiale de faire en sorte que les pays travaillent ensemble pour atteindre les OMD.  La table ronde A a aussi mis l'accent sur l'importance de l'éducation et la formation.  Les discussions ont porté sur les stratégies nationales, la promotion de l'emploi et l'appui de la communauté internationale.  Il a été dit que les stratégies nationales doivent constituer une plateforme de coopération avec les partenaires au développement.  Il a été souligné que les pays doivent avoir une véritable marge de manœuvre politique.  Les stratégies doivent se fonder sur celles qui existent déjà et les différents éléments doivent être intégrés dans un document unique.  De bonnes politiques macroéconomiques ont été identifiées comme essentielles pour la mobilisation des ressources nationales et les investissements étrangers.  Des questions sur les moyens d'accroître l'aide ont été posées. 


La table ronde a aussi estimé que l'ECOSOC a un rôle important à jouer et doit avoir des relations plus soutenues avec les institutions financières internationales.  Les participants à la table ronde ont aussi estimé nécessaire d'assurer des financements en tenant compte du budget des différents pays.  Les donateurs doivent octroyer l'aide en tenant compte des priorités nationales.  Un financement pluriannuel a été suggéré pour assurer la prévisibilité de l'aide dont les engagements sont restés lettre morte de même que ceux liés à l'allègement de la dette.  Beaucoup restent à faire pour améliorer l'APD et son efficacité.  En l'occurrence, les directives de Paris ont été évoquées.  Des efforts ont été attendus pour faciliter le flux de l'aide en provenance des fondations, des ONG, du secteur privé et des travailleurs émigrés.  Les sources de financement novatrices doivent appuyer les stratégies de développement nationales et les sources alternatives non assorties de conditions devraient accroître les flux de l'aide, ont aussi estimé les participants à la table ronde. 


M. ECKHARD DEUTSCHER, Directeur exécutif de la Banque mondiale, a fait le compte rendu des travaux de la table ronde B.  La notion de l’aide pour le commerce a été unanimement jugée comme une heureuse initiative.  Il a été recommandé que cette aide complète le commerce au lieu de vouloir s’y substituer.  Les participants ont relevé que l’aide au commerce reçoit de plus en plus d’attention.  Ils s’en sont félicités tout en estimant qu’il ne fallait cependant pas perdre de vue le déroulement des négociations de Doha auquel doit être accordée la priorité.  L’aide pour le commerce doit tenir compte des priorités nationales, a relevé l’intervenant, tout en souhaitant que l’attention de la communauté internationale ne soit cependant pas exclusivement focalisée sur ce nouveau concept.  Le financement de cette initiative doit être substantiel, mais ne doit pas faire oublier la nécessité de mettre fin aux subventions que versent les pays riches à leurs producteurs et exportateurs dans des secteurs névralgiques, a dit le rapporteur de la table ronde B. 


Les pays participants à cette table ronde ont estimé que la cohérence, la transparence, la responsabilisation et le suivi des programmes et des activités du commerce devaient recevoir le soutien et l’aide dont ils ont besoin.  Les participants à la table ronde ont également exhorté les États et l’OMC à conclure le Cycle de Doha en 2006.  Ils ont estimé que l’agriculture était plus importante pour les pays en développement que l’APD.  Les participants ont aussi évoqué le besoin de développer les échanges et le commerce Sud-Sud.  Si celui-ci est appréciable en Asie, il n’en est pas de même en Amérique latine et en Afrique.  La table ronde B a aussi demandé à la communauté internationale de trouver, de manière urgente, un consensus sur les grandes questions qui se posent à l’heure actuelle en matière économique et financière.


M. WILLY KIEKENS, Directeur exécutif principal du Fonds monétaire international, a annoncé les résultats « très encourageants » de la table ronde C qui s'est concentrée sur la dette, les politiques visant à éviter une accumulation des dettes non viables, l'aspect financier de l'assistance internationale dans ce domaine, les problèmes de restructuration et de l'annulation de la dette ainsi que ceux de l'aide en faveur des pays à revenu intermédiaire.  La stratégie internationale dans le domaine de la dette a également été abordée.  La principale conclusion est que les emprunts irresponsables et les ajustements inappropriés mènent droit à une dette non viable.  L'accumulation de la dette relève de la double responsabilité des créditeurs et des débiteurs.  Les participants à la table ronde ont admis que les politiques de croissance sont nécessaires pour éviter l'endettement, ce qui exige, entre autres, le succès des négociations commerciales.  Le temps de l'argent facile est révolu, a insisté le Coprésident de la table ronde, en revenant sur les emprunts irresponsables.  Il faut s'éloigner de la notion de dette non viable et analyser plus précisément les menaces que les politiques concernées font peser sur les pays.  La table ronde a aussi souligné la nécessité d'analyser les flux des dettes remboursées et annulées. 


Sur un aspect plus financier, la table ronde a convenu de la nécessité d'une aide supplémentaire dans le domaine de la dette.  Les participants ont relevé que l'augmentation récente du chiffre de l'APD s'explique, en partie, par les opérations d'aide à la dette.  Ce qui fait que si la dette diminue, le risque que cette APD diminue bientôt.  Plusieurs pays d'Amérique latine ont demandé davantage d'équité dans l'assistance à la dette et une mise en œuvre plus souple des deux critères utilisés.  La démarche du Club d'Évian doit être précisé pour affiner les notions de liquidités et de solvabilité.  La table ronde a aussi convenu qu'il fallait davantage de techniques pour la restructuration et de la dette.  Les participants ont reconnu que le développement exige beaucoup plus que l'assistance à la dette.  Il faut surtout des politiques macroéconomiques saines pour éviter de nouveaux endettements.  La table ronde a, à l'instar des autres, souhaité une issue heureuse au Cycle de Doha.


Mme LEIRE PAJĺN, Vice-Ministre, Secrétaire d’État de la coopération internationale de l’Espagne, a dit que les participants à la table ronde D ont estimé que le débat devait porter sur la situation des pays à moyen revenu.  Certains pays en développement entrant dans cette catégorie souffrent de problèmes qui s’apparentent à ceux que rencontrent les pays à faible revenu.  Des différences existent entre les pays à revenu moyen, a constaté la représentante.  Leurs problèmes doivent donc être examinés au cas par cas en tenant compte des réalités de chaque État.  Un appui financier spécial leur est nécessaire afin de leur permettre de maintenir leur croissance, a indiqué la représentante.  À cet égard, les participants à la table ronde D ont estimé que l’ONU et les institutions financières internationales devaient accorder une attention particulière aux pays à revenu intermédiaire.  Des lignes directrices ont été suggérées à cet égard, notamment en matière de stabilisation macroéconomique de ces pays.  Ces États devraient aussi disposer de facilités financières et participer à des cadres de coopération technique Sud-Sud.  Cette coopération doit, pour sa part, être soutenue par les pays développée, au lieu d’être combattue. 


La table ronde D a également estimé qu’il fallait renforcer le capital privé dans les pays à revenu moyen.  Le secteur privé pourrait y jouer un rôle dans le cadre des initiatives de réduction de la dette.  La participation du secteur privé à la création d’emplois et à la réduction de la pauvreté devrait être soutenue de manière multilatérale, a indiqué la représentante.  Les pays à revenu intermédiaire doivent enfin avoir plus de voix dans les processus de prise de décisions au sein des organismes internationaux dont ils sont membres.  Une conférence aura lieu bientôt en Espagne sur les problèmes que rencontrent les pays à revenu intermédiaire, a indiqué la représentante en espérant que des solutions pourraient y être énoncées aux problèmes aigus que ces pays rencontrent.


Déclarations des représentants de la société civile et du secteur privé


      Mme WAHU KAARA, représentante de la « New Rules for Global Finance », le Comité des ONG pour le financement du développement et le Groupe international de facilitation sur le financement du développement, a imputé la situation actuelle en matière de développement à une absence totale de volonté politique tant de la part des gouvernements nationaux que de ceux des pays développés.  Pour la société civile, l'accent doit être mis sur la mise en œuvre.  La création d'un processus transparent et démocratique pour surveiller la mise en œuvre des stratégies nationales de développement est la seule manière d'assurer des conditions de vie équitables et durables.  Il est temps que l'ECOSOC se montre plus proactif et s'assure que les systèmes commerciaux et financiers cessent de faire de l'ombre à son rôle d'organe choisi par les Nations Unies pour assurer la coopération, la coordination et la cohérence au sein du système des Nations Unies.  Le processus du financement du développement est essentiel pour aborder tous les aspects de l'architecture économique mondiale.  Ce processus et le Bureau pertinent des Nations Unies doivent avoir les ressources adéquates pour remplir leur mandat.  La création d'un Comité exécutif pour le processus est essentielle à la mobilisation d'un leadership politique et de la volonté politique nécessaire aux progrès. 


M. PARAG SAXENA, Directeur général et partenaire de gestion de la société « Invesco Private Capital », a déclaré, au nom des organismes du secteur commercial, qu’un tiers des emplois créés aux États-Unis depuis 10 ans l’ont été à travers des entreprises fondées par des emprunts de capitaux à risques.  Google, Abbott, Starbucks et d’autres grands noms font partie de ces entreprises.  Nous recommandons aux pays de favoriser la création de sociétés de capitaux à risques et ensuite de les laisser opérer.  Chaque pays étant différent, il n’y a pas de modèle standard, bien que les règles de fonctionnement s’appuient sur les mêmes principes.  En Inde, nous avons observé comment le Gouvernement indien a attiré les capitaux à risques avec lesquels le pays réussit en ce moment à s’équiper d’infrastructures cruciales.  Invesco invite donc les autres pays en développement à observer ce modèle et à s’en inspirer.  Les fonds s’investissement vont vers les pays où il y a des précédents.  La prise de risques, a insisté M. Saxena, fait partie de cette équation.  Une bonne expérience permet aux pays de savoir naviguer et d’obtenir les investissements privés dont leurs entrepreneurs ont besoin à travers les sociétés de capitaux à risques.


M. KIM HAK-SU, Secrétaire exécutif de la Commission économique et sociale pour l'Asie et le Pacifique (CESAP), au nom des cinq Commissions régionales de l'ONU, a estimé que, dans le monde entier, les stratégies nationales et des OMD ont connu des progrès.  Il a signalé un élément particulièrement positif qui est l'émergence d'un nouvel élan qu'il faut absolument maintenir.  Il a prôné des évaluations régionales périodiques et le partage des expériences entre régions.  Dans toutes les régions, a-t-il poursuivi, il est de plus en plus important de promouvoir les infrastructures régionales.  La CESAP et les autres Commissions régionales ont réalisé plusieurs études dans ce domaine, a-t-il dit en en décrivant quelques-unes.  Concernant l'assistance au commerce, il a jugé fondamental que le Cycle de Doha crée des opportunités d'échanges commerciaux réels, surtout pour les PMA.  Les commissions régionales ont travaillé avec l'OMC et la CNUCED pour organiser la formation nécessaire à la mise en œuvre des accords commerciaux.  Aujourd'hui, un nombre de plus en plus important de pays ne sont pas membres de l'OMC, a-t-il prévenu, en ajoutant que la moitié des membres de la CESAP et une grande partie de ceux de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) ne sont pas membres de l'OMC.  Les Commissions régionales ont œuvré avec acharnement pour favoriser l'accès de ces pays à l'économie mondiale.


M. GÜNTHER PFANZELTER (Autriche), s’exprimant au nom de l’Union européenne, a déclaré que l’Union européenne souhaitait la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et la réalisation des OMD.  L’Union européenne soutient les mesures prises en faveur de l’Afrique et soutient également le fait que la réalisation des OMD soit perçu comme étant le cadre de développement du continent pour la période convenue.  L’Union européenne, qui est un des premiers fournisseurs d’APD,  soutient les programmes visant à rendre l’aide plus efficace.  Nous pensons que la meilleure utilisation de l’aide doit s’accompagner de son augmentation qualitative et quantitative.  Un flux majeur de ressources vers ces pays doit être encadré par une meilleure gouvernance et une amélioration de la transparence et de la responsabilisation aux niveaux national et international.  Concernant le commerce, l’Union européenne est d’avis que le programme de Doha et ses négociations devraient s’achever en 2006, a poursuivi le représentant autrichien.  Parlant ensuite de la question de la dette, il a indiqué que l’Union européenne avait fourni 60% des ressources nécessaires à la mise en œuvre de l’Initiative PPTE.  La dette doit être soutenable, a-t-il indiqué en souhaitant que le secteur privé joue un plus grand rôle dans le processus de développement. 


À son tour, le représentant de la République de Corée a insisté sur le rôle des échanges dans la croissance économique.  Pour que les pays en développement profitent du régime actuel, il faut mettre en place un système mondial permettant à tous les pays de participer à la libéralisation commerciale, a-t-il préconisé.  Or, aujourd'hui personne ne peut préjuger des négociations du Cycle de Doha, a-t-il regretté, en constatant qu'un grand nombre de pays en développement ne disposent pas des infrastructures nécessaires pour s'adapter à cette nouvelle liberté dans les échanges. 


Concluant les travaux de la Réunion spéciale, le Président de l'ECOSOC a promis de consulter les États Membres sur la création d'un mécanisme de suivi des idées évoquées pendant les Réunions spéciales.  Passant en revue les conclusions et les recommandations avancées aujourd'hui, le Président a annoncé la parution prochaine d'un résumé final. 


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