30/10/2006
Conseil de sécurité
CS/8859

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Conseil de sécurité

5559e séance – soir


SALUANT LE DÉPLOIEMENT HISTORIQUE DE L’ARMÉE LIBANAISE DANS LE SUD DU PAYS, LE CONSEIL DEMANDE L’APPLICATION INTÉGRALE DE LA RÉSOLUTION 1559 (2004)


Il souligne qu’il reste à démanteler et désarmer les milices et à organiser les élections présidentielles hors de toute ingérence étrangère


À l’issue de consultations officieuses sur le Moyen-Orient (Liban), le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, Kenzo Oshima du Japon, a fait ce soir, au nom des autres membres du Conseil, la déclaration suivante:


Le Conseil de sécurité rappelle toutes ses précédentes résolutions sur le Liban, en particulier les résolutions 1559 (2004), 425 et 426 (1978), 520 (1982), 1680 (2006) et 1701 (2006), ainsi que les déclarations de son président sur la situation au Liban, notamment celles des 18 juin 2000, 19 octobre 2004, 4 mai 2005 et 23 janvier 2006.


Le Conseil réaffirme qu’il appuie vigoureusement l’intégrité territoriale, la souveraineté, l’unité et l’indépendance politique du Liban à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues.


      Le Conseil se félicite du quatrième rapport semestriel du Secrétaire général, le 19 octobre 2006, sur l’application de la résolution 1559 (2004).


Le Conseil de sécurité constate que d’importants progrès ont été accomplis dans l’application de la résolution 1559 (2004), en particulier par le déploiement, pour la première fois en 30 ans, des Forces armées libanaises dans le sud du pays, mais il note également, avec regret, que certaines dispositions de la résolution n’ont pas encore été appliquées, à savoir la dissolution et le désarmement des milices libanaises et non libanaises, le strict respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’unité et de l’indépendance politique du Liban, et la tenue d’élections présidentielles selon un processus électoral libre et régulier, conformément à des règles constitutionnelles libanaises élaborées en dehors de toute interférence ou influence étrangère.


Le Conseil de sécurité félicite le Gouvernement libanais pour avoir étendu son autorité à l’ensemble de son territoire, en particulier dans le sud, et l’incite à poursuivre son action à cet effet.


Le Conseil de sécurité demande à nouveau que soit intégralement appliquée la résolution 1559 (2004) et prie instamment tous les États et toutes les parties concernés dont il est question dans le rapport de coopérer pleinement, à cette fin, avec le Gouvernement libanais, le Secrétaire général et le Conseil.


Le Conseil de sécurité renouvelle son appui à l’action menée avec ardeur par le Secrétaire général et son Envoyé spécial pour faciliter l’application de toutes les dispositions des résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006) et aider ceux qui s’y emploient.


Le Conseil de sécurité prend bonne note de l’intention du Secrétaire général de le tenir informé de la situation dans son prochain rapport sur l’application de la résolution 1701 (2006) et attend avec intérêt les nouvelles recommandations qu’il lui présentera sur les questions qui n’ont pas encore été réglées.


MOYEN-ORIENT (LIBAN)


Rapport sur l’application de la résolution 1559 (2004) concernant le Liban (S/2006/832)


Le quatrième rapport semestriel sur l’application de la résolution 1559 (2004) concernant le Liban rendu public aujourd’hui note que si, en deux ans, des « progrès considérables » ont été accomplis sur le plan intérieur malgré les très graves événements de l’été dernier, des éléments importants de la résolution demeurent en suspens, en particulier le désarmement des milices, au premier rang desquels le Hezbollah, et la délimitation de la frontière libano-syrienne.


Le pays du Cèdre a néanmoins subi de sérieux revers ces six derniers mois et « sa situation n’a plus été aussi grave depuis la fin de la guerre civile »; depuis la cessation des hostilités de l’été dernier, le climat politique est tendu, souligne le Secrétaire général.


Du côté des acquis, il rappelle que depuis 2004, conformément à la résolution 1559, la Syrie a retiré ses troupes, son matériel militaire et ses services de renseignement, que des élections législatives ont eu lieu, que le dialogue interlibanais a avancé et, enfin, que le Gouvernement du Liban a rétabli son autorité sur certaines parties du territoire national, en particulier le Sud et la zone située le long de la frontière avec la Syrie.  Toutefois, ajoute t-il, il reste du chemin à faire pour que, soit intégralement appliquée la résolution 1559, en particulier les dispositions prévoyant la dissolution et le désarmement des milices (libanaises et palestiniennes), ainsi que le strict respect, sous l’autorité du Gouvernement libanais, de la souveraineté, de l’intégrité territoriale, de l’unité et de l’indépendance politique du Liban.


« Le Gouvernement libanais m’a informé qu’il continuait à rétablir son autorité sur tous les services de sécurité.  D’aucuns, dont le Gouvernement libanais, ont affirmé que les services de renseignement syriens continuaient d’opérer au Liban », note néanmoins M. Annan.  Il relève par ailleurs qu’« Israël a continué à provoquer le Liban en faisant incursion à répétition dans son espace aérien, s’avançant parfois loin et passant le mur du son au dessus d’agglomérations ».


Kofi Annan affirme que dans les mois qui viennent, un dialogue véritablement national, englobant toutes les parties, devra reprendre.  Évoquant le désarmement et la dissolution des milices, « élément central de la transformation politique du Liban et étape par laquelle le pays doit nécessairement passer pour devenir enfin un État souverain et démocratique », M. Annan « espère de tout cœur que les occasions nées du conflit seront saisies ».  Il ajoute: « Je tiens une fois de plus à souligner qu’il faut absolument que le Hezbollah devienne un parti purement politique, comme le prévoient les Accords de Taëf, pour que les hostilités cessent une fois pour toutes et que la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’indépendance politique du Liban soient complètement rétablies ».  Le désarmement du Hezbollah, prévu par les Accords de Taëf de 1989, est « une des conditions indispensables à la cessation permanente des hostilités », note le Secrétaire général.  Celui-ci « redemande à tous ceux qui sont en mesure d’influer sur le Hezbollah de l’aider à se transformer en un parti purement politique ».


Par ailleurs, rappelle encore M. Annan, « il est indispensable que toutes les parties qui ont de l’influence sur le Liban soutiennent un processus politique constructif ».  Quant à la question des trafics d’armes, qui semblent se poursuivre en dépit de l’embargo imposé par la résolution 1701 (2006), il est important que tous les États voisins le respectent.


Enfin, l’établissement de relations diplomatiques en bonne et due forme entre le Liban et la Syrie et la délimitation de la frontière entre les deux voisins, en particulier dans la zone des fermes de Chebaa, feraient beaucoup pour favoriser la paix et la sécurité dans la région.  « Sachant quelle importance le Liban attache à la délimitation de la frontière, je m’efforce de déterminer au plus vite les incidences cartographiques, juridiques et politiques qu’aurait la formule proposée dans le plan en sept points », indique le Secrétaire général.  En outre, en prenant des dispositions pour renouer des relations diplomatiques en bonne et due forme, « la Syrie et le Liban feraient beaucoup pour la stabilité de la région ».


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