13 juillet 2006
Conseil de sécurité
CS/8774

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5487e séance – après-midi


ALORS QU’IL RÉDUIT DE 125 HOMMES LES EFFECTIFS DE LA COMPOSANTE MILITAIRE DE LA MINUL, LE CONSEIL ACCROÎT DE 125 HOMMES CEUX DE LA COMPOSANTE POLICE CIVILE


Le Conseil de sécurité a adopté aujourd’hui à l’unanimité de ses 15 membres la résolution 1694 (2006), aux termes de laquelle il a décidé d’accroître de 125 hommes les effectifs autorisés de la composante police civile de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), et de réduire de 125 hommes les effectifs actuels autorisés de sa composante militaire, et ce alors que la situation dans le pays continue de menacer la paix et la sécurité internationales. 


Texte du projet de résolution (S/2006/509)


Le Conseil de sécurité,


Rappelant ses résolutions précédentes et les déclarations de son président, notamment sa résolution 1667 (2006) du 31 mars 2006,


Notant que le Secrétaire général, dans son rapport en date du 14 mars 2006 (S/2006/159), a notamment recommandé de modifier la configuration de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), celle-ci s’étant acquittée de plusieurs de ses tâches, et ce dans le cadre de l’examen des mandats à lui assigner et de sa composition, et qu’il a réitéré dans son rapport en date du 9 juin 2006 (S/2006/376) sa recommandation concernant le déploiement d’une unité de police constituée supplémentaire,


Considérant que la situation au Libéria continue de menacer la paix et la sécurité internationales,


Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,


1.    Décide d’accroître de 125 hommes les effectifs autorisés de la composante police civile de la MINUL, et de réduire de 125 hommes les effectifs actuels autorisés de sa composante militaire;


2.    Décide de rester activement saisi de la question.



Onzième rapport périodique du Secrétaire général sur la mission des Nations Unies au Libéria (S/2006/376)


L’événement politique le plus marquant survenu au cours de la période considérée a été le transfèrement de l’ancien Président du Libéria, Charles Taylor, au Tribunal spécial pour la Sierra Leone.  En fuite, M. Taylor a été appréhendé le 29 mars par les autorités nigérianes et immédiatement mis sur un vol à destination de Monrovia, avant d’être remis au Tribunal spécial pour la Sierra Leone en vue d’être jugé pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations graves du droit international humanitaire en Sierra Leone, rappelle le rapport. 


Le transfèrement de M. Taylor au Tribunal spécial a suscité des réactions mitigées de la part du peuple libérien, certains estimant qu'il devrait être jugé immédiatement afin de faire comprendre clairement que l'impunité ne serait pas tolérée tandis que d'autres avançaient qu'il aurait dû rester au Nigéria car son procès perturberait le processus de réconciliation et pourrait déstabiliser le Libéria et la sous-région.  Suite à la requête de la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf, le Tribunal spécial a été autorisé le 20 juin dernier à conduire le procès de M. Taylor à La Haye, aux Pays-Bas.  Depuis, la situation politique au Libéria est restée généralement calme, précise le rapport. 


Par ailleurs, dans le cadre des ajustements et de la réduction des effectifs de la MINUL, le Secrétaire général souligne que le plus important sera d’éviter de créer un vide au niveau de la sécurité qui remettrait en cause les progrès accomplis dans la stabilisation du pays.  C’est pourquoi les progrès réalisés dans la réforme et la restructuration de la Police nationale et des forces armées du Libéria ainsi que des autres services de sécurité seront le principal critère pris en considération pour déterminer la rapidité avec laquelle les effectifs seront réduits. 


Parmi les autres grands objectifs à atteindre pourraient figurer la réintégration des anciens combattants, la promotion de la réconciliation politique et ethnique, la consolidation de l’autorité de l’État dans tout le pays et le rétablissement du contrôle exercé par le Gouvernement sur les ressources naturelles et minières du pays, poursuit le rapport.  Les responsabilités de la Mission concernant la protection du Tribunal spécial pour la Sierra Leone ainsi que les conditions générales de sécurité dans la région, les indicateurs socioéconomiques de progrès et notamment la prestation rapide et efficace de services essentiels, ainsi que la mise en route d’un programme de redressement à long terme devront également entrer en ligne de compte lorsque l’on fixera les conditions dans lesquelles se fera la réduction des effectifs de la Mission.  


Le rapport conclut que les progrès déjà accomplis alors que le Gouvernement de la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf vient à peine de prendre ses fonctions sont très encourageants.  La réinstallation des déplacés a pris fin, de plus en plus de réfugiés libériens rentrent chez eux, la mise en œuvre du Programme d’aide à la gouvernance et à la gestion économique avance, la lutte contre la corruption se traduit déjà par une augmentation, certes encore légère, des recettes de l’État, des efforts sont faits pour atteindre les objectifs du plan d’action sur 150 jours du Gouvernement et la Commission Vérité et réconciliation a commencé ses travaux. Par ailleurs, la décision audacieuse de remettre Charles Taylor au Tribunal spécial pour la Sierra Leone est un avertissement des plus clairs lancé aux autres chefs de guerre de la région.


Il faut continuer de gérer avec soin les menaces qui pèsent sur l’équilibre intérieur du pays, prévient néanmoins le Secrétaire général. Les graves troubles fomentés par d’anciens membres des forces armées libériennes, le 25 avril, et par les habitants du comté de Nimba, le 17 mai, soulignent la fragilité de la paix que connaît le pays.  Cette stabilité relative demeure étroitement liée à la présence de la MINUL, car le Libéria n’a pas encore sa propre armée et la nouvelle force de police est encore en train d’être formée.  Le maintien de cette présence reste donc indispensable à la consolidation de la paix dans le pays. À ce propos, le Secrétaire général recommande fermement une fois encore le déploiement d’une unité de police constituée supplémentaire.


La réintégration des anciens combattants est un élément crucial du processus de paix qui doit être mené à bien le plus rapidement possible. Pour assurer la paix et la stabilité au Libéria et dans la sous-région, ces anciens combattants doivent être pleinement réinsérés et se voir offrir des emplois stables. Parallèlement, il faut également trouver d’urgence des possibilités d’emploi à court et à long terme pour les jeunes et la main d’œuvre non qualifiée.  M. Annan encourage par ailleurs vivement les donateurs à appuyer généreusement la mise en route de projets d’équipement, à soutenir l’action humanitaire dans les zones de retour, à répondre avec générosité à l’appel global pour le Libéria de 2006, et à apporter une aide financière à la Commission Vérité et réconciliation, qui vient de débuter ses travaux.


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