24 mai 2006
Conseil de sécurité
CS/8726

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Conseil de sécurité

5443e séance – après-midi


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE MOYEN-ORIENT SE TROUVE À UN TOURNANT IMPORTANT QUI PRÉSENTE À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À LA FOIS DES DÉFIS ET DES OPPORTUNITÉS, SELON IBRAHIM GAMBARI


L’investiture du Hamas à la tête de l’Autorité palestinienne, les tensions entre les différentes factions palestiniennes à Gaza et l’arrivée d’un nouveau Gouvernement israélien présentent à la communauté internationale de nouveaux défis et de nouvelles opportunités, a estimé aujourd’hui, devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques. 


Ibrahim Gambari, qui rendait compte de la suite donnée à la Déclaration du Quatuor* sur la situation au Moyen-Orient, a déclaré que le dialogue national libanais est un bon exemple d’un engagement constructif des parties prenantes à résoudre les questions essentielles.  Il a dit attendre que le dialogue que doivent lancer, demain, les Palestiniens, pourrait être un autre exemple d’un tel engagement.


Le Secrétaire général adjoint a souligné l’importance « vitale » des négociations, en particulier, dans le futur processus politique entre Israël et les Palestiniens.  La solution de deux États vivant côte à côte ne peut se réaliser qu’à travers des négociations, a-t-il insisté.


*  Déclaration publiée à l’issue d’une réunion ministérielle, tenue le 9 mai dernier au Siège de l’ONU, par les membres du Quatuor (États-Unis, Fédération de Russie, ONU et Union européenne): voir communiqué de presse SG/SM/10453.


LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT Y COMPRIS LA QUESTION PALESTINIENNE


Exposé


Dans son intervention, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. Ibrahim Gambari, a d’abord évoqué la situation humanitaire et budgétaire dans les territoires palestiniens occupés, en soulignant que quelque 155 000 fonctionnaires ne perçoivent plus leur salaire depuis la fin du mois de février.  Ces salaires, a-t-il précisé, constituent 25% de l’économie palestinienne et subviennent aux besoins de près d’un million de personnes.  Le Secrétaire général adjoint a rappelé que, lors de sa réunion du 9 mai, le Quatuor a approuvé la mise au point d’un mécanisme international temporaire et limité dans son ampleur et sa durée, pour fournir une assistance directe au peuple palestinien.  Le Secrétaire général, a confié son adjoint, espère que le mécanisme dont discute aujourd’hui l’Union européenne, sera aussi large et aussi non discriminatoire que possible.


La plus grande part du déficit du budget mensuel de l’Autorité palestinienne est attribuable au fait qu’Israël refuse, depuis trois mois maintenant, de payer à l’Autorité les revenus de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des droits de douanes.  Le Secrétaire général adjoint s’est donc félicité de la décision du Gouvernement israélien d’affecter environ 11 millions de dollars de ces revenus au secteur de la santé.  Ces revenus, a souligné Ibrahim Gambari, représente près d’un tiers du budget de l’Autorité palestinienne.  Pour leur part, les institutions des Nations Unies lanceront, à la fin de ce mois, un nouvel appel de fonds pour répondre aux besoins humanitaires du peuple palestinien.


Venant au domaine de la sécurité, le Secrétaire général adjoint a exprimé sa préoccupation face aux combats entre les factions palestiniennes, avant de se féliciter des efforts de l’Égypte pour calmer la situation.  Le Gouvernement d’Israël a, en outre, fait part de 81 attaques contre son territoire.  Un commandant militaire du Hamas, accusé d’être responsable de plusieurs attaques contre des civils israéliens, a été arrêté hier par les forces de sécurité d’Israël en Cisjordanie.  Aujourd’hui, deux Palestiniens ont été tués et une douzaine, blessés dans un échange de tirs entre les forces israéliennes et les Palestiniens en plein centre de Ramallah.  


Le Secrétaire général adjoint a appelé l’Autorité palestinienne à agir, de manière décisive, contre le terrorisme et à mettre fin à la violence.  Il a aussi appelé Israël à faire preuve de retenue et à tenir compte des conséquences possibles de ses opérations contre les civils.  Poursuivant, Ibrahim Gambari s’est attardé sur la mise en œuvre de l’Accord sur la circulation et l’accès, en saluant le fait que le passage de Karni ait été ouvert pour permettre l’importation de nourriture et éviter ainsi une crise alimentaire. 


Toutefois, a-t-il regretté, les exportations agricoles ont été limitées, ce qui a provoqué la perte de près de 9,5 millions de dollars depuis le début de la saison.  Il a aussi regretté que le Ministre de la défense israélien ait suspendu la décision de rouvrir le passage de Karni dans les deux directions.  En outre, un système de permis a restreint considérablement la circulation dans la Vallée du Jourdain, l’accès aux régions fermées entre la Ligne verte et le mur de séparation et les mouvements entre les différents segments de la Cisjordanie.


Le Premier Ministre israélien a, en plus, annoncé le 26 avril dernier, son intention d’accélérer la construction du mur de séparation et de le finir autour de Jérusalem, à la fin de cette année.  Il faut ajouter à cela, a dit le Secrétaire général adjoint, la poursuite de la construction des colonies de peuplement.


Sur le plan politique, il a annoncé le lancement demain, à Ramallah et à Gaza, du dialogue national entre Palestiniens qui doit porter sur les mesures visant à renforcer l’unité nationale, les moyens de répondre à la situation actuelle et le fonctionnement de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).  Ibrahim Gambari s’est félicité de ce que le 10 mai, les prisonniers politiques palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, parmi lesquels des membres de haut rang du Fatah et du Hamas se soient mis d’accord sur les principes communs de l’action nationale et du dialogue.  L’Accord porte sur la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967; la reconnaissance de l’OLP comme seul représentant légitime du peuple palestinien; celle de la légitimité arabe et des résolutions de l’ONU comme base de toute action; et la nécessité de limiter la résistance à l’occupation israélienne aux frontières de 1967.


La réunion entre le Président de l’Autorité palestinienne et le Ministre israélien des affaires étrangères, s’est encore félicité Ibrahim Gambari, a été une étape positive tout comme l’accord sur la nécessité de préparer soigneusement une réunion entre le Président palestinien et le Premier Ministre israélien.  Le Secrétaire général adjoint a rappelé qu’hier à Washington, Ehud Olmert a déclaré que si des progrès n’étaient pas possibles, son Gouvernement sera forcé d’emprunter un autre chemin, à savoir démanteler les colonies de peuplement qui ne font pas partie des principaux centres de peuplement en Cisjordanie, tout en assurant que ces derniers resteront sous le contrôle israélien et feront partie de l’État d’Israël, en tant que statut final.


Abordant la situation au Liban, le Secrétaire général adjoint a indiqué que sur la Ligne bleue, la situation est demeurée calme mais tendue.  Il s’est félicité de ce que le Liban et la Syrie aient pu négocier sur le retrait des barrières de sable et des postes de police installés dans les villes de frontière de Ras Baalbeck et Aarsal.  Cet épisode, a insisté Ibrahim Gambari, montre que les progrès sont possibles lorsque deux pays s’engagent dans des négociations directes.  Il montre aussi la nécessité de délimiter les frontières entre le Liban et la Syrie.  Quant aux combats qui ont eu lieu dans la Vallée de la Bekaa, entre l’armée libanaise et des membres d’une faction armée palestinienne, il a estimé qu’ils montrent l’importance de mettre en œuvre la décision du dialogue national de désarmer, dans les six mois, toutes les factions palestiniennes situées en dehors des camps.


À ce propos, il a indiqué que les sixième et septième cycles du dialogue national ont eu lieu le 28 avril et le 16 mai.  À l’issue de ce dernier cycle, les participants ont, faute d’accord, décidé de mettre de côté la question de la présidence et de commencer, le 8 juin, les discussions sur les armes du Hezbollah et le développement d’une stratégie nationale de défense.  


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