27/03/2006
Conseil de sécurité
CS/8673

Department of Public Information • News and Media Division • New York

Conseil de sécurité

5396e séance – matin & après-midi


AU COURS D’UNE RÉUNION AVEC LE PRÉSIDENT ÉLU RENÉ PRÉVAL, LE CONSEIL DE SÉCURITÉ RÉITÈRE SON APPUI À LA RECONSTRUCTION D’HAÏTI


Sous la présidence du Ministre des affaires étrangères de l’Argentine dont le pays assure ce mois sa présidence, le Conseil de sécurité a tenu aujourd’hui un débat de haut niveau sur la situation en Haïti, auquel participait M. René Garcia Préval, le Président récemment élu de la République d’Haïti.


Ouvrant le débat, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, a dit que l’élection présidentielle et le premier tour du scrutin des législatives qui viennent d’avoir lieu en Haïti sont une manifestation de la volonté des Haïtiens de sortir du cycle des violences et de repartir d’un bon pied. Reconnaissant cependant que « Haïti ne fait que commencer le long voyage qui mène à un avenir stable et démocratique », le Secrétaire général a indiqué que le pays avait besoin plus que jamais de l’aide de la communauté internationale pour y parvenir.  Un partenariat dynamique doit se créer entre les dirigeants et le peuple haïtiens, d’une part, et la communauté internationale, de l’autre, a-t-il recommandé. 


Répondant à ce souhait, M. Préval a reconnu que Haïti est aujourd’hui un pays à construire, où les problèmes sont énormes et les urgences nombreuses.  Citant la pauvreté, le chômage, l’absence d’infrastructures de base et l’insécurité qui affectent son pays, le Président élu a demandé à la communauté internationale une aide financière accrue.  Le renforcement de l’assistance internationale aux réformes des institutions judiciaires et de la police est indispensable à celui de la démocratie, a estimé M. Préval, en demandant au Conseil d’appliquer les dispositions de sa résolution 1212, adoptée en 1998, relatives à un programme à long terme en faveur d’Haïti, et à la communauté des donateurs et bailleurs de fonds de mettre en œuvre les mécanismes économiques et financiers du « Cadre de coopération intérimaire » (CCI), qui vient d’être prolongé jusqu’en 2007.  Concernant la sécurité dans son pays, le nouveau Président haïtien a sollicité un appui technique et financier plus important pour accélérer la mise en œuvre du programme de démobilisation, désarmement et réintégration des membres des milices et des bandes armées qui terrorisent les populations de certains quartiers et localités d’Haïti.


Dans leurs interventions, les Ministres des affaires étrangères de l’Argentine, de la Grèce, des Bahamas, de la République dominicaine, et du Guatemala, et les Vice-Ministres du Pérou et du Chili se sont félicités du processus de dialogue avec les partis d’opposition et les organisations de la société, engagé par  M. Préval.  Tous les intervenants à la réunion du Conseil de sécurité ont encouragé le Président élu d’Haïti à former un gouvernement inclusif, au sein duquel toutes les forces politiques et sociales d’Haïti peuvent agir et s’exprimer.  La tenue, à la date prévue du 21 avril 2006, dans la transparence et la paix, du deuxième tour des élections législatives est indispensable au renforcement de la démocratie, ont estimé pour leur part les représentants des États-Unis, de la France et de l’Organisation des États américains (OAS).  Indiquant l’engagement de son pays dans la démocratisation et la reconstruction d’Haïti, le représentant des États-Unis, M. John Bolton, a annoncé que son gouvernement allait verser 500 millions de dollars en faveur du redressement du pays.


S’exprimant au nom des États membres du Groupe de Rio, le représentant du Guyana, M. Samuel Insanally, a souhaité non seulement le maintien de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), mais aussi l’élargissement de son mandat afin de lui ajouter une dimension humanitaire et sociale.  Le mandat de M. Juan Gabriel Valdes, actuel Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, tirant à sa fin, toutes les délégations des pays d’Amérique latine et des Caraïbes participant au débat ont demandé que son successeur soit originaire de leur région qui, selon le Ministre argentin des affaires étrangères, est la première contributrice en troupes et en personnel civil à la MINUSTAH.  À cet égard, le représentant du Ministère des affaires étrangères du Brésil a déclaré au Conseil que le Président Lula da Silva maintiendrait en Haïti les troupes brésiliennes, qui représentent l’essentiel des effectifs militaires de la MINUSTAH, aussi longtemps que nécessaire. 


Clôturant cet après-midi le débat, le Ministre des affaires étrangères argentin a lu, au nom des membres du Conseil de sécurité, une déclaration présidentielle soulignant que le développement durable d’Haïti demeure une condition fondamentale de la stabilité du pays.  À cet égard, le Conseil réaffirme la nécessité de mettre en œuvre rapidement des projets à forte intensité de main-d’œuvre et ayant un grand retentissement, afin de créer des emplois et d’assurer les services de base en Haïti.   


Outre les délégations et personnalités déjà citées, les représentants des pays suivants ont pris la parole: Chine, Congo, Royaume-Uni, Fédération de Russie, Qatar, Slovaquie, Ghana, République-Unie de Tanzanie, Danemark,  Autriche (au nom de l’Union européenne), El Salvador, Espagne, Canada, Afrique du Sud, Cuba, Mexique, et Venezuela.  Le Président du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC) et la Directrice régionale pour l’Amérique latine et les Caraïbes du  Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) se sont également exprimés.


LA SITUATION CONCERNANT HA Ї TI


Déclarations


M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, s’est réjoui que plusieurs ministres participent à cette importante réunion et a souhaité la bienvenue à M. René Préval, le nouveau Président d’Haïti, et lui a présenté ses sincères félicitations.  Le premier tour des élections législatives, qui s’est tenu le mois dernier, a clairement montré que les Haïtiens ont foi dans le processus démocratique et sont déterminés à repartir d’un bon pied.  Le taux de participation, le nombre de personnes qui ont attendu patiemment pour voter et le caractère pacifique et pluraliste du processus électoral ne laissent aucun doute.


Le Secrétaire général a rendu hommage au travail réalisé par la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) pour que l’espace politique et les conditions de sécurité nécessaires à des élections dignes de ce nom puissent exister.  L’évolution de la situation doit nous convaincre de redoubler d’efforts, a–t-il cependant ajouté.  En effet, Haïti ne fait que commencer le long voyage qui mène à un avenir stable et démocratique; il a besoin de notre aide pour atteindre sa destination, et mérite que nous la lui apportions.  Un partenariat dynamique doit se créer entre les dirigeants et le peuple haïtiens, d’une part, et la communauté internationale, de l’autre.


Kofi Annan a demandé à ce que le nouveau Président soit épaulé dans ses efforts pour promouvoir une réconciliation politique générale.  Les structures de Gouvernement d’Haïti ont besoin d’être généreusement soutenues;  Les citoyens aussi, eux qui subissent des épreuves quotidiennes et vivent dans des conditions de sécurité non seulement inacceptables, mais également incompatibles avec la stabilité du pays.


Dans les jours qui ont suivi les élections, a rappelé Kofi Annan, le Conseil de sécurité a décidé de proroger le mandat de l’opération des Nations Unies en Haïti pour une nouvelle période de six mois.  Par la même occasion, il a exprimé son intention d’autoriser de nouvelles prorogations.  Il est juste et nécessaire qu’une opération de maintien de la paix multidimensionnelle se poursuive, a estimé le Secrétaire général.  Mais la MINUSTAH ne peut répondre qu’aux besoins les plus urgents.  Ses efforts doivent être complétés et poussés plus loin moyennant une aide bilatérale généreuse et coordonnée.  Les Haïtiens et les Haïtiennes ont montré qu’ils croient en un avenir meilleur.  Nous devons travailler avec le nouveau Président et son équipe, ainsi qu’avec eux, pour qu’ils connaissent cet avenir, a-t-il souligné.


M. RENÉ GARCIA PRÉVAL, Président élu de la République d’Haïti, a déclaré au Conseil de sécurité que Haïti était aujourd’hui un pays à construire.  Les problèmes y sont énormes et l’urgence est partout, a dit M. Préval, en citant le chômage, la pauvreté, l’état de délabrement des infrastructures de base indispensables au développement et l’insécurité, qui représentent des défis majeurs auxquels doit faire face le Gouvernement.  Une aide financière accrue de la communauté internationale à Haïti est indispensable, a souligné M. Préval.  Ceci est nécessaire au renforcement de la démocratie, a-t-il précisé, en mentionnant que l’assistance internationale devait aussi se concentrer sur la réforme des institutions démocratiques telles que le Parlement, les municipalités et les collectivités territoriales, ainsi que le système judiciaire et la professionnalisation de la police.


« Je viens solliciter l’appui de la communauté internationale pour un renouvellement à long terme de son engagement en faveur d’un programme d’aide à long terme à Haïti en me référant aux termes de la résolution 1212 (1998) du Conseil de sécurité », a indiqué M. Préval.  Le redressement économique et la reconstruction sont les principales tâches auxquelles sont confrontés le Gouvernement et le peuple d’Haïti, a fait remarquer le Président élu.  Il convient également de considérer le « cadre de coopération intérimaire » (CCI), prolongé jusqu’en 2007, a-t-il poursuivi.  « Je demande donc aux bailleurs de fonds de continuer d’honorer leurs promesses en décaissant sans tarder les fonds annoncés afin d’appuyer le prochain gouvernement dans ses efforts de stabilisation et de redressement socioéconomique », a dit M. Préval, en appelant à la tenue d’une conférence d’urgence des bailleurs de fonds.


Parlant ensuite de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), le Président élu d’Haïti a salué le travail qu’elle accomplit et a dit qu’il fallait orienter sa mission selon les priorités de l’heure et instaurer une atmosphère propice où le droit prime la violence et la force.  La réforme de la police et du système judiciaire est un impératif, a dit M. Préval, en demandant que soit renforcée la capacité opérationnelle de ces deux institutions.  M. Préval a ensuite sollicité l’appui financier et technique de la communauté internationale pour la mise en œuvre du Programme de démobilisation, de désarmement et de réinsertion (DDR).  Sur le plan politique, il a indiqué qu’il poursuivait en ce moment des pourparlers avec la classe politique et les autres composantes d’Haïti pour parvenir à la réconciliation politique et sociale.  L’objectif est de jeter les bases d’un système social et politique qui soit pacifique et démocratique pour instaurer la stabilité, la sécurité, la relance économique et la construction d’une société nationale dénuée d’ostracisme, a-t-il souligné.


M. JUAN GABRIEL VALDES, Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, a adressé tous ses vœux de succès au nouveau Président haïtien et lui a renouvelé son engagement personnel tout comme celui de la MINUSTAH de continuer à œuvrer ensemble à la réussite du processus de transition.  D’importants défis restent à relever afin de pérenniser la consolidation de la démocratie et l’état de droit dans le pays.


Le Représentant spécial a souligné le caractère inclusif du processus électoral qui a vu une participation massive de toutes les tendances politiques au premier tour de l’élection présidentielle.  Ces éléments sont la garantie que les résultats des élections, notamment la victoire de M. Préval, reflète clairement la volonté souveraine de la majorité de la population.  S’ouvre maintenant un nouveau cycle de coopération avec le Gouvernement au cours duquel il faudrait insister sur le renforcement des institutions de l’État et sur le lancement d’un processus de développement socioéconomique durable.


Il est tout d’abord essentiel de poursuivre la réforme et la professionnalisation de la police nationale d’Haïti.  Il est essentiel que ce processus aille de pair avec la stratégie de réforme et de renforcement des institutions judiciaires et de l’administration pénitentiaire.  Les membres de la police nationale et les fonctionnaires du système judicaire doivent recevoir des salaires décents et pour voir compter sur les conditions de travail acceptables.  Ils doivent aussi bénéficier d’une formation professionnelle continue, a ajouté le Représentant spécial, qui s’est dit frappé par la pénurie de moyens avec lesquels les agents de la police travaillent.  Aussi longtemps que cette situation perdurera, aucun projet de réforme ne pourra réussir.  Les institutions de l’État ont besoin d’un soutien accru des bailleurs de fonds.


Au cours de cette étape, il sera également nécessaire de promouvoir le dialogue national et la diaspora haïtienne sera appelée à jouer un rôle.  Ces activités seront décisives pour le programme de désarmement, démobilisation et réintégration des groupes armés illégaux du pays.  Le Représentant spécial a dit partager la vision du Président Préval sur la nécessité d’accompagner les progrès réalisés sur le front de la sécurité et de l’état de droit avec un développement social et économique qui se traduise par une amélioration des conditions de vie de la population.  Il a souhaité que des mécanismes de coopération et de coordination soient établis afin d’optimiser la coopération entre Haïti, les bailleurs de fond et l’ensemble de la communauté internationale.


Il ne faut pas accepter le fait qu’Haïti soit le pays le plus pauvre de l’hémisphère Sud.  Il doit s’intégrer dans l’espace régional comme membre de plein droit aux côtés des autres États de la région.  Il sera important d’accroître les processus de coopération entre Haïti et la République dominicaine tant ces deux pays sont liés historiquement.  La visite du Président de la République dominicaine à Haïti est porteuse d’espoir.  Il est impossible aussi de sous-estimer l’importante contribution des pays de la région au processus démocratique en Haïti, a-t-il fait remarquer, rappelant que ces pays fournissent la majeure partie des troupes de la MINUSTAH. 


Mme THEODORA BAKOYANNIS, Ministre des affaires étrangères de la Grèce, a déclaré que les relations entre son pays et Haïti datent de très longtemps, Haïti étant le premier pays à avoir reconnu l’État grec indépendant.  Il est essentiel que le deuxième tour des élections législatives et municipales se déroule dans la paix, a dit la Ministre.  Il faut aussi que la prise de fonctions du Président élu et de son nouveau Gouvernement se fasse dans la paix et l’harmonie, a-t-elle souhaité.  À partir de maintenant, la police nationale d’Haïti devra se comporter conformément aux normes internationales de fonctionnement des forces de police, a-t-elle poursuivi.  Parlant du désarmement, elle a dit qu’il fallait que les nombreuses bandes armées qui existent encore en Haïti déposent les armes et participent aux programmes de réinsertion prévus par la communauté internationale.  Haïti a besoin d’une aide soutenue de la communauté internationale pour relancer son développement, a poursuivi la Ministre grecque.  À cet égard, la Grèce apportera une contribution supplémentaire de 100 000 euros aux 100 000 euros qu’elle a versés l’année dernière par le biais des institutions de l’Union européenne pour la reconstruction d’Haïti, a annoncé Mme Bakoyannis.  Parlant ensuite de l’examen par le Conseil de sécurité du mandat de la MINUSTAH, elle a souhaité que le résultat de ces consultations réitère au peuple d’Haïti l’appui sans faille de la communauté internationale.


M. HAROLD FORSYTH MEJIA, Vice-Ministre des affaires étrangères du Pérou, a déclaré que le second tour des élections parlementaires, ainsi que la tenue d’élections locales et municipales, nécessitait l’appui de la communauté internationale et un ferme engagement des autorités et des citoyens haïtiens.  À cet égard, le Pérou, en tant que pays américain solidaire, partage le désir de paix, de démocratie et de développement de la population haïtienne et met à disposition son expérience, notamment en ce qui concerne l’application de l’Accord national.  Le représentant a ensuite encouragé la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à continuer de soutenir les autorités haïtiennes dans la consolidation de ses institutions démocratiques.  Il a souligné la nécessité de mettre l’accent sur la réforme de la police nationale, le secteur judiciaire et le système de protection des droits de l’homme.  M. Mejia a par ailleurs exprimé sa préoccupation devant la destruction de l’habitat et de l’environnement haïtiens, imputable à l’urbanisation effrénée de l’île et à sa croissance démographique annuelle de 3%.  C’est pourquoi, a-t-il insisté, un engagement de long terme est indispensable, dans lequel l’Organisation des États américains (OEA) et la Banque interaméricaine de développement peuvent jouer un rôle aux côtés des Nations Unies.


Intervenant au nom du Groupe de Rio,  M. SAMUEL INSANALLY (Guyana) a déclaré que son Groupe se félicitait de la conclusion du processus de l’élection présidentielle qui offre désormais une opportunité unique pour l’établissement de la paix et du développement en Haïti.  Même s’il ne faut pas sous-estimer les défis qui se poseront, a-t-il déclaré, la future stabilité et viabilité d’Haïti dépendra de la capacité des institutions de délivrer à toute la population les bénéfices de la démocratie.  Il a mis l’accent sur l’importance de la coopération, notamment dans le domaine de l’éducation en souhaitant la mise en œuvre d’un système d’éducation en phase avec les besoins particuliers d’une population très largement créolophone.  Il a mis l’accent sur l’importance d’un solide système judiciaire et de police afin de préserver l’ordre ainsi que celle de services de base dans le domaine de la santé et du logement qui sont essentiels pour garantir une vie décente.  Il est important, a-t-il ajouté, de tout mettre en œuvre afin de faire cesser la violence qui prédomine en Haïti.  La communauté internationale doit condamner la violence.  À cet égard, il s’est dit heureux d’apprendre que le nouveau Président haïtien avait appelé au maintien de la MINUSTAH, afin de consolider le processus démocratique.


M. Insanally a déclaré que le Groupe de Rio souhaitait non seulement le maintien de la MINUSTAH, mais aussi l’élargissement de son mandat afin qu’il puisse comprendre une composante humanitaire et de développement, dans le souci de crédibilité de la communauté internationale au yeux de la population haïtienne.  Notant les conditions de vie abjectes des habitants de la Cité Soleil et autres quartiers démunis, alors que les indicateurs de développement humain d’Haïti sont en dessous de la moyenne des pays de la région, il a dit l’urgence d’inverser cette situation dans de brefs délais.  Il s’est dit heureux d’apprendre qu’une Stratégie de réduction de la pauvreté (DRSP) était mise en place afin de permettre à Haïti d’atteindre dans un délai imparti les Objectifs du Millénaire pour le développement. Il a mentionné l’importance de la coopération bilatérale entre Haïti et les pays de la région dans des domaines comme l’agriculture, l’assainissement, l’alimentation ou encore le VIH/sida.  Si le CARICOM a déjà décidé de réintégrer Haïti au sein de son Conseil, a-t-il précisé, il a également exhorté les États-Unis, le Canada, l’Union européenne et autres donateurs potentiels à apporter le soutien nécessaire aux programmes de développement en cours ou à venir.


Par ailleurs, le représentant guyanais a insisté sur la responsabilité commune d’Haïti et de la communauté internationale  en matière de réconciliation et de reconstruction, en souhaitant que cette dernière fasse preuve de générosité en matière d’aide.  Tout en insistant sur les efforts à fournir par le peuple haïtien, il a tenu à saluer tout particulièrement la contribution de la MINUSTAH, de l’Organisation des États américains, du Groupe de Rio, de la CARICOM et les autres partenaires du renforcement du processus démocratique, avant de faire sien un proverbe haïtien mentionnant « Men anpil chay pa lou » (l’union fait la force). 


M. WANG GUANGYA (Chine) a estimé que la réconciliation nationale est une condition préalable à la restauration de la stabilité et la paix en Haïti.  Il a appelé les parties à tirer les enseignements du premier tour des élections parlementaires pour la tenue du deuxième tour de scrutin.  Une fois les élections achevées, il sera important pour les parties d’en respecter les résultats.  Le représentant chinois a ensuite insisté sur la nécessité de maintenir et d’améliorer les conditions de sécurité.  Les autorités haïtiennes devraient travailler main dans la main avec les  membres de la MINUSTAH pour mettre un terme aux activités des groupes armés illégaux mais également pour réformer et restructurer les forces de police et les institutions judiciaires avec l’aide de la communauté internationale.


M. FREDERICK A. MITCHELL, Ministre des affaires étrangères et du service public des Bahamas, et Président du Conseil pour les relations étrangères et de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a déclaré que la CARICOM se tenait prête à accompagner le Gouvernement et le peuple d’Haïti au moment où ils sont confrontés à de nombreux défis dans leur quête d’un développement politique, social et économique soutenu de leur pays.  À cet égard, la CARICOM propose de rencontrer rapidement le Président élu afin de mieux déterminer les moyens de sa contribution envers le peuple haïtien.  Selon lui, le peuple d’Haïti, la communauté régionale et la communauté internationale doivent coordonner leurs rôles respectifs et leurs ressources.


Le Ministre a également assuré que la stabilité et la sécurité étaient impératives.  Sans cela, a-t-il ajouté, il ne peut y avoir de progrès économique et social, de revitalisation des institutions fondamentales de gouvernance, en particulier la justice et la police.  La réconciliation, le compromis et le respect de chacun doivent devenir les éléments clés d’un nouvel esprit et d’un nouveau régime politique si le peuple haïtien veut notamment surmonter les profondes divisions sociales et politiques.  Il a assuré qu’aider Haïti à surmonter ses difficultés constituerait une priorité pour la CARICOM.  La contribution de la CARICOM ne sera limitée que par le manque de ressources, mais pas par la volonté politique, a-t-il affirmé.


M. PASCAL GAYAMA (République du Congo) a rappelé le rôle historique joué par Haïti dans le mouvement de libération et d’indépendance des jeunes nations de l’hémisphère des Amériques.  Les pays d’Afrique restent sensibles à la place historique d’Haïti dans l’émancipation des peuples, a poursuivi le représentant.  Il a émis l’espoir que le nouveau Gouvernement d’Haïti pérennise les acquis du processus démocratique en cours dans ce pays.  Le Congo reconnaît le rôle majeur joué par le peuple haïtien dans les changements qui sont en train de s’opérer.  Il n’y aura cependant pas de paix en Haïti sans perspectives de croissance et sans sécurité, a poursuivi le représentant congolais.  Haïti a besoin d’un soutien accru de la communauté internationale, et le Congo estime qu’il est impératif que la communauté internationale accompagne Haïti dans ses efforts de reconstruction.  « Haïti aura besoin de moins de militaires mais de beaucoup plus d’ingénieurs », a ensuite estimé le représentant du Congo, en citant l’ancien Premier Ministre haïtien, Gérard Latortue, lors de son passage devant le Conseil de sécurité.  Le Congo encourage M. Préval à promouvoir le dialogue et la concertation, afin de favoriser la réconciliation.


M. CARLOS MORALES TRONCOSO, Ministre des affaires étrangères de la République dominicaine, a jugé prometteur que le Président élu d’Haïti, René Préval, choisisse la République dominicaine pour sa première visite officielle à l’étranger.  Il a réitéré le soutien sans faille de son pays au développement d’Haïti.  Nous devons reconnaître que l’attention que la communauté internationale a apportée à cette nation a porté ses fruits. Un groupe de pays donateurs s’est en effet engagé à long terme à fournir des ressources permettant de reconstruire les infrastructures et services de base aux populations pour jeter les fondements du développement économique durable d’Haïti.  Selon nous, a ajouté le Ministre, quatre questions revêtent un caractère central: l’intégration de toutes les forces du pays doit s’inscrire dans le cadre d’un processus démocratique et d’élimination de la pauvreté; la société haïtienne doit s’approprier le processus de reconstruction; la MINUSTAH doit rester sur le terrain aussi longtemps que nécessaire; en outre, les pays créanciers doivent éliminer le fardeau de la dette. Le Ministre dominicain des affaires étrangères a suggéré la création d’une commission nationale composée de pays amis et qui collaborerait avec les autorités du pays en veillant au décaissement des ressources obtenues lors de la conférence des donateurs.  Nous sommes prêts à reprendre les travaux au sujet d’une commission mixte aux deux pays et sommes prêts à travailler à des questions communes comme la sécurité aux frontières ou encore les migrations


M. JOHN BOLTON (États-Unis) a déclaré que Haïti avait fait d’énormes progrès ces dernières semaines.  Le Président élu, René Préval, a maintenant la latitude de donner une direction à son pays, a estimé M. Bolton, en indiquant qu’il aurait une entrevue demain avec le Président élu d’Haïti afin de discuter de la situation dans ce pays.  Les États-Unis ont décidé de verser 500 millions de dollars à la reconstruction d’Haïti et au renforcement de la démocratie dans ce pays, a annoncé le représentant.  M. Préval a dit que son Gouvernement serait inclusif et favoriserait la paix en Haïti, a relevé M. Bolton.  Les États-Unis soutiennent cette perspective qui devrait favoriser le retour à l’entente et à la paix.  Notre pays contribuera au bon déroulement des élections législatives et municipales.  La MINUSTAH devra redoubler d’efforts afin de ramener la paix et la sécurité dans certains quartiers et agglomérations qui sont encore des lieux de troubles.  Les États-Unis soutiennent les efforts que devra déployer la MINUSTAH pour une meilleure formation de la police haïtienne.  De nouveaux recrutements sont indispensables, les effectifs actuels étant nettement insuffisants, a dit M. Bolton.


M. ANDREY DENISOV (Fédération de Russie) s’est félicité de l’élection de M. René Préval ainsi que de la tenue sans heurt des élections présidentielles.  Il a insisté pour que l’ensemble des forces et de la classe politique ainsi que la population haïtienne reconnaissent les résultats du deuxième tour des élections parlementaires.  Par ailleurs, le bon déroulement du processus de consolidation de la paix exige la réforme des infrastructures publiques, notamment les forces de police nationale qui doivent devenir une force capable.  Pour que le processus de règlement du conflit jouisse de l’appui de la grande majorité des Haïtiens, il est important qu’ils ressentent au plus vite une amélioration rapide des conditions de vie grâce à la mise en œuvre de projets à impact rapide.


M. ALBERTO VAN KLAVEREN, Vice-Ministre des affaires étrangères du Chili, a affirmé que le triomphe des élections, avec le soutien de l’Organisation des États américains (OEA), témoignait de l’engagement du peuple haïtien envers le processus démocratique politique, l’établissement de l’état de droit et la promotion de la réconciliation nationale, les seuls moyens, a-t-il précisé, d’atteindre une stabilité à long terme.  Pour que le processus politique puisse être conclu avec succès, il est nécessaire de s’assurer que les élections parlementaires soient conduites à temps et de façon équitable, a-t-il souligné. 


Selon le Vice-Ministre, le peuple haïtien a la capacité aujourd’hui de contrôler son propre destin.  Pour cela, a-t-il ajouté, la société haïtienne doit s’abstenir de toute forme de violence, tandis que des forums doivent être créés quotidiennement pour un dialogue inclusif destiné à promouvoir la compréhension entre les différents secteurs politiques et sociaux.  La communauté internationale doit ensuite apporter sa contribution sous la forme de programmes de développement principalement axés sur la lutte contre l’extrême pauvreté, les maladies chroniques, le manque d’infrastructures et la dégradation de l’environnement.  Le Vice-Ministre a également exhorté les nouvelles autorités haïtiennes à mettre en place une politique efficace de désarmement, de démobilisation et de réinsertion de tous les groupes armés.


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a affirmé que le processus électoral constituait sans aucun doute une première étape vers la promotion des institutions démocratiques, l’état de droit et la bonne gouvernance, lesquels doivent être suivis de mesures tout aussi importantes vers la voie de la réconciliation et de l’unité nationale.  Ces objectifs ne pourront être réalisées, a-t-il précisé, sans la participation de tous les Haïtiens.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité de régler les questions aussi importantes que le désarmement des combattants, leur démobilisation ainsi que leur réintégration, la restauration du secteur de la sécurité et la reconstitution de la police nationale, le fonctionnement de la justice, la création d’emplois et la reconstruction d’une administration civile nationale active, apte à fournir les services publics de base tels que l’eau, l’énergie, la santé, l’éducation et les infrastructures.


M. KENZO OSHIMA (Japon) a estimé que ces élections ont constitué un gain important tout en faisant remarquer que des défis énormes attendent Haïti et son Président élu, Réné Préval.  Le représentant a identifié au rang des priorités la mise en place d’un processus de réconciliation nationale inclusif et a souhaité que les élections de février dernier tracent la voie pour le succès du deuxième tour de scrutin des élections législatives du 21 avril prochain.  Les conditions doivent être mises en place pour que toutes les formations politiques y participent. Il est également essentiel de mettre en place les institutions nationales, y compris par le biais de la réforme des forces de police, des forces judiciaires et correctionnelles. Haïti constituera un test important en matière d’édification des capacités et nous devons tout faire pour garantir le succès de la transition.  Pour cela, il sera important que les Haïtiens ressentent les bienfaits de la paix par le biais de projets à impact rapide.  Nous appelons la communauté internationale à répondre généreusement pour subvenir aux besoins d’Haïti sur le court, moyen et long terme.


M. PETER BURIAN (Slovaquie) a déclaré que sa délégation se félicitait de la forte participation des Haïtiens aux élections présidentielles et au premier tour de scrutin des élections législatives qui viennent de se tenir.  Haïti a beaucoup à faire, a dit le représentant, en estimant que le pays ne pourrait pas résoudre tous ses problèmes sans un fort appui de la communauté internationale.  Il est indispensable que le peuple haïtien se réapproprie son destin, a ensuite dit le représentant, en déclarant que seule une bonne appropriation du processus de reconstruction par les populations d’Haïti permettrait le retour au calme et l’arrêt des violences.  L’appui des donateurs doit être rapide et immédiat, a ensuite dit le représentant slovaque.  Il est impératif que la communauté internationale aide Haïti à réformer son système judiciaire et ses forces de police.  La police nationale devra être apolitique et bien équipée, afin de faire face aux multiples causes de l’insécurité qui menace la stabilité d’Haïti, a insisté le représentant.  Il s’est ensuite félicité du prochain retour d’Haïti au sein de la Communauté des Caraïbes (CARICOM).


M. NANA EFFAH-APENTENG (Ghana) a félicité René Préval pour son élection à la présidence d’Haïti mais également pour le sens des initiatives qu’il a prises à la suite de son élection, notamment pour mettre un terme au cycle de violence.  Dans le cas contraire, la démocratie et la paix resteront inconnues des Haïtiens.  Il faut mettre en place une nouvelle culture politique et à cet égard, nous espérons que le deuxième tour de scrutin des élections législatives du 21 avril prochain en avril permettra de clore avec succès le processus électoral.  Compte tenu du consensus en faveur de la gouvernance démocratique, il sera aussi essentiel de faire comprendre l’importance de cet élément auprès des populations.  Pour cela, le nouveau Gouvernement élu doit recevoir une aide pour que la démocratie soit visible et permette de créer des emplois et d’améliorer les services de base.  La paix et la stabilité ne peuvent être garanties que par un système qui réponde aux besoins des populations qui souffrent d’une pauvreté endémique.  Il faudra que le peuple haïtien, le Gouvernement et la communauté internationale s’attèlent, dès la fin des élections, à la reconstruction du pays.


M. AUGUSTINE P. MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a affirmé que le cycle d’instabilités politiques et de catastrophes naturelles qui ont ravagé Haïti au cours des dernières décennies est largement responsable de la pauvreté qui règne aujourd’hui dans l’île.  La tenue d’élections démocratiques devrait initier un changement irréversible, a-t-il estimé, au cours duquel les institutions politiques, judiciaires et de bonne gouvernance devront êtres revitalisées pour s’attaquer aux difficultés sociales et économiques du peuple haïtien.  C’est la raison pour laquelle la communauté internationale doit s’engager durablement aux côtés d’Haïti, pour permettre également à Haïti d’attirer les investissements étrangers à l’avenir.  À cette fin, il est indispensable que le mandat postélectoral de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) soit redéfini pour faciliter la consolidation de la paix dans tous ses secteurs, a recommandé le représentant.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a souhaité un plein succès au Président élu d’Haïti, Réné Préval.  La participation massive des Haïtiens lors des élections présidentielles et le déroulement pacifique du premier tour des élections parlementaires constituent un pas dans la bonne direction.  Ces développements constituent également l’occasion pour les Haïtiens de rompre avec la violence et l’instabilité politique du passé.  Les autorités haïtiennes doivent maintenant œuvrer à la réconciliation et favoriser un processus politique inclusif.  Rendant hommage au travail réalisé par la MINUSTAH et par le Représentant spécial, M. de La Sablière a insisté sur l’importance des défis qui attendent le pays.  La MINUSTAH devra par conséquent modifier son mandat.  Parmi les défis les plus urgents des mois à venir, le représentant de la France a cité la transition politique et, notamment le second tour des élections parlementaires, et la sécurité qui appelle une réponse militaire et humanitaire.  Mais la réforme de la police ne permettra pas à elle seule d’instaurer l’état de droit et la sécurité.  La troisième priorité devra donc être la réforme du secteur de la justice.  D’une manière plus générale, il faudra renforcer les capacités de l’État dans de nombreux domaines, a souligné M. de La Sablière, précisant qu’aucune stabilisation ne sera possible sans un processus de développement socioéconomique.


M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a déclaré que le Conseil de sécurité devait exprimer un soutien clair et sans ambiguïté au nouveau Gouvernement d’Haïti.  La tâche la plus urgente à accomplir est celle du renforcement du processus démocratique.  Mais après la tenue des élections, il faudra aider le redressement d’Haïti, dont les populations souffrent beaucoup trop de la pauvreté, a relevé le représentant.  Le Royaume-Uni se félicite de l’extension jusqu’en 2007 du Cadre de coopération intérimaire.  Mais en dehors de ce cadre économique, il est essentiel que les structures de loi et de sécurité d’Haïti soient réformées et renforcées.  Il est indispensable qu’aujourd’hui, les Haïtiens sachent que la communauté internationale les appuiera dans ces efforts, a dit le représentant du Royaume-Uni, en indiquant que son pays soutiendrait la déclaration présidentielle préparée par la délégation de l’Argentine.


M. LARS FAABORG-ANDERSEN (Danemark) a félicité le Président Préval pour son élection qu’il a qualifiée d’historique et a dit attendre avec impatience les résultats du deuxième tour de scrutin législatif en avril prochain.  Tandis que la situation en matière de sécurité s’est améliorée, la criminalité reste généralisée, a-t-il relevé.  Le nouveau Gouvernement haïtien va se heurter à de nombreux défis.  L’un d’entre eux est la réconciliation nationale mais le pays doit également faire face à d’autres défis comme la primauté du droit et les droits de l’homme ainsi que le renforcement des institutions judiciaires.  Les dirigeants haïtiens devront s’unir afin de répondre ensemble à ces priorités.  L’instauration de l’état de droit doit passer par la réforme des forces de police et des autorités judiciaires et correctionnelles.  Nous attendons avec impatience de prendre connaissance des recommandations du Secrétaire général.  Détaillant les priorités déterminées par son Gouvernement, le représentant a cité les programmes de DDR, la bonne gouvernance et les projets à impact rapide pour lutter contre la pauvreté.  Pour relever ces défis, une aide continue de la communauté internationale sera nécessaire.


M. JORGE BRIZ ABULARACH, Ministre des affaires étrangères du Guatemala, a dit que sa délégation soutenait toutes les demandes exprimées par le Groupe de Rio, à travers la déclaration faite par le représentant du Guyana.  Beaucoup de choses en Haïti dépendront de l’engagement et de la générosité de la communauté internationale, a dit le Ministre guatémaltèque.  Notre Gouvernement participe à la MINUSTAH, où il a dépêché un contingent de police civile, a dit M. Abularach.  L’objectif de la communauté internationale doit être de rester engagée aux cotés des Haïtiens jusqu’à ce qu’ils puissent assurer eux-mêmes sans danger la gestion de leurs affaires publiques, a-t-il dit.  La communauté internationale doit aider le Gouvernement haïtien à faire face aux agissements des nombreux groupes et des bandes issues de l’ancienne armée, qui contrôlent encore certains quartiers des villes haïtiennes, a dit le Ministre.  Il faut mettre fin à l’impunité en formant une police nationale efficace et en renforçant le système judiciaire haïtien, a dit M. Abularach.  Il faut adopter une démarche intégrale englobant la situation politique, la sécurité et les besoins de développement.  Le Guatemala note les retards et les insuffisances des financements destinés au programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), a dit le Ministre du Guatemala.  La communauté internationale doit pour sa part aider les autorités d’Haïti à combattre l’extrême pauvreté et la faim qui créent les conditions de la violence et du non-respect de la loi, a insisté M. Abularach.


M. JORGE TAIANA,Ministre des affaires étrangères de l’Argentine, a souhaité que le prochain Représentant spécial appartienne à un pays de la région qui fournit des troupes en Haïti.  La mise en place d’un gouvernement démocratique sera un nouveau tournant dans l’histoire d’Haïti.  Il faudra élaborer une première évaluation de la présence des Nations Unies en Haïti afin de créer un environnement stable propice à la tenue du deuxième tour des élections législatives et de jeter les bases de la relance économique.  Le représentant a souligné l’engagement des pays d’Amérique latine en faveur de la paix et de la reconstruction dans la région.  Les élections constituent une première étape vers la reconstruction mais la stabilité à long terme exige d’autres éléments comme le développement socioéconomique.  La stratégie de paix devra être bâtie sur le pilier sécurité, l’état de droit, la mise en place d’un plan de développement socioéconomique sur le long terme; et la reconstruction rapide des infrastructures de base pour les Haïtiens.  Il est important de faire comprendre que la démocratie entraîne des bénéfices immédiats et pour cela identifier des projets prioritaires à impact rapide.  Le Ministre a également insisté sur la réconciliation nationale mais également sur la réforme du système pénitentiaire et judiciaire.  Il a assuré René Préval de l’entière coopération de son pays en vue du redressement d’Haïti.


M. ALI HACHANI (Tunisie), Président du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC), a déclaré que la lutte contre la pauvreté ne pourra être engagée en Haïti que dans un climat politique et social pacifique.  Plusieurs instances onusiennes ont relevé le risque de violence qui existe dans les pays pauvres sortant de conflit, a noté le Président de l’ECOSOC.  Le Groupe consultatif spécial chargé d’Haïti a été réactivé et a souligné l’ampleur de la tâche à accomplir dans ce pays.  Au cours des derniers mois, le Groupe s’est entretenu avec les autorités d’Haïti sur les besoins en aide à la reconstruction.  La communauté internationale doit venir en aide à Haïti.  L’ECOSOC tiendra des travaux à cet égard en juillet prochain à Genève lors de sa session de fond.  L’ECOSOC accomplira la tâche qui lui incombe concernant la reconstruction et le redressement d’Haïti, a assuré M. Hachani.


M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques du Ministère des affaires étrangères du Brésil, a estimé que les élections de février dernier permettent de tourner une page dans l’histoire d’Haïti.  Le représentant a plaidé en faveur de la création d’un dialogue inclusif qui associe tous les Haïtiens et a réitéré l’engagement de son pays à promouvoir la reconstruction du pays.  Le rapprochement qui s’est opéré entre Haïti et la CARICOM est un signe positif et signifie qu’Haïti rejoint enfin le concert des nations d’Amérique latine et des Caraïbes.  Nous ne pouvons pas nous limiter aux questions de sécurité, a ajouté le représentant, mais il nous faut aussi maintenir une aide financière permettant au pays de reconstruire ses institutions judiciaires, policières, et de remettre en état les infrastructures de base de l’État.  Il faut qu’Haïti soit à l’ordre du jour de la nouvelle Commission de consolidation de la paix.  La conférence des donateurs prévue à la fin de 2006 permettra de consolider le cadre d’intervention des pays donateurs.  Le Brésil travaille aussi à l’élimination de la dette auprès du FMI.  Compte tenu de l’engagement financier et politique des pays de la région d’Amérique latine et des Caraïbes, le représentant a souhaité que le prochain Représentant spécial soit également originaire de la même région.


M. ALBERT RAMDIN, Secrétaire général adjoint de l’Organisation des États américains (OEA), a déclaré qu’il était indispensable que le deuxième tour des élections législatives se tienne dans des conditions de paix et de transparence en Haïti le 21 avril prochain, afin qu’un pouvoir législatif vienne contrebalancer le nouvel exécutif qui va prendre ses fonctions dans les jours qui viennent.  Il est également critique pour Haïti que les élections municipales haïtiennes, prévues le 18 juin prochain, aient lieu à cette date, a dit M. Ramdin.  L’OEA demande à cet égard au Président Préval de veiller à ce que ce scrutin ait lieu, afin qu’une gouvernance locale vienne renforcer les capacités de développement du pays.  L’OEA apprécie les efforts déployés par le Président Préval pour se rapprocher des autres acteurs politiques d’Haïti ainsi que les efforts de ces derniers pour entrer en dialogue avec la formation dont le candidat a remporté l’élection présidentielle.  Ce sont là de bonnes bases de construction du consensus dont Haïti a besoin, a dit M. Ramdin.  L’OEA est d’avis que le Président Préval devrait former un gouvernement inclusif et devrait ouvrir un dialogue large avec tous les acteurs sociaux d’Haïti afin de favoriser la reconstruction économique et la stabilité politique.  L’OEA attend de travailler avec le Gouvernement d’Haïti, dont le retour au sein des organes régionaux, dont la CARICOM, est attendu, a dit M. Ramdin.  Il a ensuite indiqué que l’Organisation des États américains mettrait son expertise et ses ressources internes au service de la création d’institutions fonctionnelles en Haïti.


Mme REBECA GRYNSPAN, Administratrice associée du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et Directrice régionale pour l’Amérique latine, a indiqué que 780 millions de dollars, dont 80 millions à travers le système de l’ONU, ont déjà été déboursés par la communauté internationale pour la mise en œuvre du Cadre de coopération intérimaire pour Haïti (CCI).  Certaines des réalisations du CCI sont connues, notamment celles ayant trait à la lutte contre le VIH/sida, au contrôle des pandémies et à la malnutrition, a dit Mme Grynspan. La dernière réunion du Groupe de contact des donateurs d’Haïti, qui a eu lieu au mois de février, a prolongé le CCI jusqu’en 2007, a annoncé la représentante du PNUD.  Faisant un état de la situation d’Haïti, elle a indiqué que 76% de la population y vivent avec moins de 2 dollars par jour et 56% avec mois d’un dollar par jour.  La communauté internationale doit donc investir dans des projets de création rapide d’emplois dans le cadre d’un programme national de lutte contre la pauvreté destiné à donner à Haïti les moyens d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, a recommandé Mme Grynspan.  Cette stratégie devrait devenir le cadre de coopération pour le développement d’Haïti à partir de 2008 et l’équipe de pays du PNUD pour Haïti sera prête à soutenir ce programme, a précisé la représentante.  L’équipe de pays a aussi décidé d’apporter son soutien à l’idée de M. Préval de proposer l’organisation d’un forum des investissements internationaux à Haïti, a dit Mme Grynspan.


Intervenant au nom de l’Union européenne, M. GERHARD PFANZELTER (Autriche) s’est félicité des progrès significatifs réalisés par Haïti pour asseoir les bases d’une transition démocratique inclusive avec le soutien décisif de la MINUSTAH.  Il a salué le succès de l’élection présidentielle et du premier tour des élections législatives le 7 février dernier qui, selon lui, traduisent le sérieux engagement du peuple haïtien pour choisir leurs dirigeants politiques.  Il a rappelé que l’Union européenne était intervenue à hauteur de 18 millions d’euros pour soutenir ce processus électoral et avait envoyé une mission d’observation électorale.  Notant que le deuxième tour de l’élection législative était prévu le 21 avril, il a souhaité que cette élection se tienne pacifiquement et dans les délais impartis, de manière à renforcer le processus démocratique en cours, la primauté du droit et l’établissement d’institutions stables et solides capables de remplir le rôle assigné par la Constitution haïtienne.  Il s’est félicité du retour en Haïti du Directeur général de Conseil électoral provisoire, M. Jacques Bernard.   


Par ailleurs, le représentant autrichien s’est particulièrement inquiété de la situation en matière de sécurité à Haïti -notamment à Cité Soleil- qui reste la source principale de préoccupation.  Il a invité les dirigeants haïtiens à faire preuve de détermination pour améliorer la sécurité de leurs concitoyens avec la collaboration de la MINUSTAH.  Il a noté que la mise en place d’une police professionnelle et efficace nécessitera du temps et une implication durable de la communauté internationale sur plusieurs années.  Il a souhaité une réforme de la police nationale pour compenser les insuffisances du système judiciaire.  Il a mis l’accent sur l’importance de programme de DDR dans l’intérêt de la stabilité du pays.  Enfin, il a souligné la nécessité de faire face aux besoins en matière économique et sociale en souhaitant la mise en place de projets à impacts rapides.  Alors qu’Haïti écrit un nouveau chapitre de son histoire, a-t-il ajouté, il est vital que les nouveaux dirigeants fassent preuve d’un engagement sans réserve pour promouvoir la réconciliation et une approche inclusive dans le souci de réaliser la stabilité politique, économique et sociale dont le pays a tant besoin pour son développement.  Enfin, il a dit la volonté de l’Union européenne d’assister Haïti tout en insistant que l’avenir du pays reposait avant tout entre les mains du peuple haïtien.


Mme CARMEN MARÍA GALLARDO HERNÁNDEZ (El Salvador) a appuyé les efforts du peuple haïtien pour préserver l’indépendance et l’intégrité territoriale du pays.  Nous nous félicitons dans ce contexte de la réussite du processus électoral de février dernier et dans ce cadre, les activités de la MINUSTAH méritent une mention spéciale.  Le pays est désormais tourné vers le développement durable et la communauté internationale devra l’appuyer dans cet effort.  Revenant à l’expérience de son pays qui est passé d’un processus de transition démocratique à la consolidation de la paix, la représentante salvadorienne s’est félicitée que la femme haïtienne soit considérée comme apportant une contribution importante à la consolidation de la paix.  Nous sommes encouragés par les initiatives récentes, notamment pour intégrer un plus grand nombre de femmes dans les mandats de maintien de la paix comme le recommande la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité et mais également dans les forces de police haïtienne.  Elle s’est également félicitée des initiatives conjointes prises par la MINUSTAH et l’UNICEF en vue de protéger les enfants, un domaine essentiel qui exige l’attention de la communauté internationale.


M. JUAN ANTONIO YAÑEZ-BARNUEVO (Espagne) a déclaré que sa délégation soutenait le processus démocratique en cours en Haïti.  L’Espagne est prête à soutenir à long terme la présence internationale de la MINUSTAH, a poursuivi le représentant, en indiquant que son pays discutait avec le Secrétariat de l’ONU d’une présence de police civile espagnole en Haïti.  La coopération en faveur d’Haïti constitue une priorité de la politique du Gouvernement espagnol, a indiqué le représentant.  Notre pays souhaite collaborer avec le nouveau Gouvernement haïtien dans les domaines des droits de l’homme et du renforcement des capacités.  L’Espagne est prête à accueillir une conférence internationale des bailleurs de fonds en faveur d’Haïti.


M. ALLAN ROCK (Canada), après avoir félicité le Président élu d’Haïti, René Préval, a souligné les étapes cruciales qui restent à franchir dans ce pays, notamment le second tour des élections parlementaires, l’entrée en fonctions du nouveau Président et de son gouvernement et les élections locales et municipales.  Le renouvellement du mandat de la MINUSTAH, en août prochain, représente aussi une étape importante, notamment pour ce qui a trait à la forme que prendra la présence des Nations Unies en Haïti à la suite des élections ainsi qu’à la mise en œuvre d’initiatives de développement coordonnées dans le Cadre de coopération intérimaire.  Ces initiatives permettront d’atténuer les causes premières de l’insécurité et de l’instabilité en Haïti, a dit M. Rock, avant d’assurer que le Canada participerait à la réalisation de ces objectifs.  Il a demandé, au-delà de la tenue des élections aux dates prévues, une réforme de la police nationale haïtienne, conformément à la résolution 1608, le représentant canadien insistant à cet égard sur la nécessaire volonté politique de la part de toutes les parties et sur la vision stratégique devant orienter une telle réforme.  Ces réformes, tout comme le rétablissement de l’état de droit, s’inscrivent dans une perspective de développement durable pour Haïti, a fait valoir Allan Rock, avant de saluer le rôle de la MINUSTAH dans le rétablissement des conditions de sécurité et de stabilité propices au bon déroulement du processus constitutionnel et politique dans le pays. 


M. DUMISANI S. KUMALO (Afrique du Sud) a estimé que le succès des élections doit tracer la voie pour le développement économique du pays.  Il ne peut pas y avoir de sécurité sans développement et les droits de l’homme seront difficiles à faire respecter en cas d’instabilité politique.  Il revient aux Nations Unies et à leurs partenaires des institutions de Bretton Woods de travailler ensemble en faveur du développement durable, de la démocratie, du dialogue national et de la réconciliation nationale.  La nouvelle présidence d’Haïti, s’est dit convaincu M. Kumalo, est prête à travailler avec tous les segments de la société haïtienne à bâtir un front national uni, promouvoir le dialogue et la réconciliation nationale.  L’avenir d’Haïti dépend de sa dynamique politique interne, a également précisé le représentant.  Nous pensons que l’heure est venue pour que tous les dirigeants politiques travaillent de concert à la stabilité politique et la communauté internationale doit s’engager sur le long terme à l’obtention d’une solution politique durable.


M. RODRIGO MALMIERCA DIAZ (Cuba) a estimé qu’Haïti est l’exemple même le plus parlant des terribles conséquences du colonialisme et du néocolonialisme, de l’ordre mondial injuste et des politiques interventionnistes qui ont caractérisé son histoire républicaine mouvementée.  Le représentant a en plus regretté que l’examen de la situation en Haïti au sein des Nations Unies se fasse toujours sous un angle politique et non pas en faveur du développement.  Pourtant, a-t-il rappelé, il ne peut pas y avoir de paix sans développement et de développement sans paix.  Cuba, qui soutient le droit des peuples à l’autodétermination, souhaite rendre hommage à la détermination du peuple haïtien à surmonter les tensions actuelles et à mener à bien un processus de dialogue et de réconciliation nationale.  Toutefois, le chemin menant vers la stabilité et le progrès sera long et exigera que les infrastructures, les ressources financières et humaines soient en place.  Il est du devoir de la communauté internationale de contribuer généreusement  à la reconstruction économique et sociale du pays.  Le représentant a ensuite détaillé les activités de soutien que Cuba mène en Haïti, notamment dans le domaine des soins de santé et de formation professionnelle.


Mme AMPARO ANGUIANO RODRIGUEZ (Mexique) a déclaré que son pays soutenait la volonté de paix démontrée par le peuple d’Haïti.  Le Mexique souhaite que le deuxième tour de scrutin des élections législatives se déroule sans heurt.  Nous souhaitons aussi voir les Haïtiens dialoguer et parvenir à une véritable réconciliation nationale, a dit la représentante.  Nous espérons, a-t-elle poursuivi, que la Commission pour la promotion de la paix pourra focaliser l’attention de la communauté internationale sur la situation d’Haïti.  Le Mexique veillera à ce que Haïti reste inscrit sur l’agenda international, a-t-elle assuré.  


Mme IMERIA NÚÑEZ DE ODREMÁN (Venezuela) a indiqué que l’objectif suprême est la réalisation du bien-être suprême du pays et pour cela, Haïti devra compter sur l’aide vigoureuse de la communauté internationale.  La représentante a rappelé que le 19 février dernier, le Président du Venezuela, Hugo Chavez, a réitéré sa proposition d’intégrer Haïti dans le processus de coopération énergétique dans le cadre de PETROCARIBE.  Il s’agit d’un accord sur les ressources énergétiques qui, depuis juin dernier, comptait 13 pays caribéens.  Cet accord permet à ces États de financer 50% de leur facture pétrolière pendant 25 ans, avec une période de grâce de deux ans.  Nous avons aussi présenté à l’Organisation des États américains (OAS) la possibilité de donner un nouveau souffle au Groupe des amis d’Haïti, en soutenant le processus de reconstruction du pays, notamment en canalisant des ressources financières.


Déclaration présidentielle


Le Conseil de sécurité salue le peuple haïtien pour le succès du premier tour du processus électoral, félicite M. René García Préval pour son élection à la magistrature suprême et se réjouit à la perspective de travailler avec le nouveau Gouvernement et de contribuer à construire un avenir meilleur pour Haïti.  Ce processus donnera à Haïti une occasion unique de rompre avec la violence et l’instabilité politique du passé.  Le Conseil exprime son plein appui aux travaux de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et au Représentant spécial du Secrétaire général, M. Juan Gabriel Valdés.


Le Conseil de sécurité se félicite de l’annonce par les autorités haïtiennes de la tenue d’un deuxième tour pour les élections législatives, le 21 avril 2006, qui permettra au Président élu d’entrer en fonctions rapidement.  Le Conseil souligne que la tenue en temps voulu d’élections municipales et locales est tout aussi fondamentale pour le parachèvement du processus électoral en Haïti et le renforcement de ses institutions démocratiques.  Le Conseil engage le Gouvernement de transition et le Conseil électoral provisoire à continuer, avec l’appui de la communauté internationale, à veiller à ce que le processus électoral se déroule de façon transparente et crédible.  Le Conseil appelle une nouvelle fois toutes les parties à respecter les résultats des élections, à demeurer attachées au processus électoral et à promouvoir la réconciliation nationale et la participation de tous afin de parvenir à un consensus sur les politiques fondamentales que Haïti doit suivre pour renforcer sa transition démocratique.


Le Conseil de sécurité souligne qu’il faut créer un environnement sûr et stable à Haïti et exprime son appui à la MINUSTAH dans les efforts qu’elle continue de déployer pour aider les autorités haïtiennes à cet égard.  Dans cette optique, le Conseil encourage tous les pays qui fournissent des contingents et du personnel de police à demeurer attachés à la MINUSTAH.  Le Conseil réaffirme que l’établissement de l’état de droit, notamment la protection des droits de l’homme, le renforcement des capacités institutionnelles et les progrès rapides en matière de désarmement, démobilisation et réintégration seront essentiels pour l’avenir d’Haïti au cours des prochaines années.  À cette fin, il est fondamental que les autorités haïtiennes et la communauté internationale fassent preuve d’une volonté politique soutenue et d’une vision stratégique commune.  Dans ce contexte, le Conseil souligne, conformément à sa résolution 1608 (2005), qu’il faut procéder d’urgence à une réforme profonde et globale de la Police nationale haïtienne, parallèlement à une réforme de la justice.


Le Conseil de sécurité est conscient que le développement durable d’Haïti demeure une condition fondamentale de la stabilité du pays.  À cet égard, le Conseil réaffirme la nécessité de mettre en œuvre rapidement des projets à forte intensité de main-d’œuvre et ayant un grand retentissement afin de créer des emplois et d’assurer les services de base.  Reconnaissant les progrès déjà accomplis dans l’action des donateurs, le Conseil invite également les donateurs et les parties prenantes concernées à travailler avec le nouveau Gouvernement à travers le Cadre de coopération intérimaire afin de réévaluer de façon ciblée les priorités en matière d’assistance et à œuvrer, selon qu’il conviendra en coordination étroite avec la MINUSTAH.  Le Conseil réaffirme qu’il est disposé à coopérer avec les autorités nouvellement élues afin de faire face aux défis à long terme qui se posent à Haïti.


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