27/01/2006
Conseil de sécurité
CS/8621

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5359e séance – matin & après-midi


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ CONDAMNE FERMEMENT LES ACTIVITÉS DES GROUPES ET MILICES ARMÉS OPÉRANT DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS ET EXIGE LEUR DÉSARMEMENT


Il souligne l’importance de la Commission de consolidation de la paix


Au terme d’une réunion marathon consacrée à la situation dans la région des Grands Lacs, présidée par la Ministre tanzanienne des affaires étrangères, Asha-Rose Mtengeti Migiro, le Conseil de sécurité a fermement condamné ce soir les activités des milices et groupes armés opérant dans cette région, en particulier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le Palipehutu-Forces nationales de libération (FNL) et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui continuent d’attaquer les civils et le personnel humanitaire des Nations Unies et de commettre des violations des droits de l’homme à l’encontre des populations locales.  Dans la résolution 1653 (2006), adoptée à l’unanimité, le Conseil exige de nouveau de ces groupes armés qu’ils déposent les armes et procèdent volontairement, et sans délai ni condition, à leurs désarmement, rapatriement et réinstallation.


Le Conseil souligne également que, sur leurs territoires respectifs, les États de la région des Grands Lacs doivent désarmer, démobiliser et coopérer au rapatriement ou à la réinstallation, selon le cas, des groupes armés et des milices locales et engage à ce titre tous les États de la région à renforcer leur coopération en vue de mettre un terme aux activités des groupes armés illégaux.  La résolution exige en outre des Gouvernements de l’Ouganda, du Rwanda, de la République démocratique du Congo et du Burundi, qu’ils prennent des dispositions pour que leurs territoires respectifs ne servent pas à faciliter les activités des groupes armés présents dans la région.  Elle prie par ailleurs ces mêmes États de continuer à œuvrer collectivement, dans le cadre d’une approche sous-régionale, pour promouvoir les bonnes relations, la coexistence pacifique et le règlement pacifique des différends comme prévu par la Déclaration de Dar es-Salaam et les encourage à achever les préparatifs du deuxième Sommet de la Conférence internationale qui se tiendra à Nairobi, notamment en privilégiant les questions de paix et de sécurité en vue de l’adoption d’un pacte de sécurité, de stabilité et de développement pour les pays de la région des Grands Lacs.


Le report de ce deuxième Sommet de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, initialement prévue en 2005, a été déploré par de nombreuses délégations qui, à l’instar de l’Envoyé spécial des Pays-Bas pour les Grands Lacs, Fred Racké, ont craint ouvertement que ce report n’affecte la crédibilité de la Conférence.  Ce report ne saurait signifier un quelconque relâchement ou un manque d’intérêt, a assuré quant à lui le Ministre des affaires étrangères du Congo, Rodolphe Adada, qui a décrit le futur Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement, comme un moyen de donner un contenu réel à une vision commune, de promouvoir, consolider et matérialiser la coopération, et de créer la dynamique nécessaire au développement harmonieux de la région des Grands Lacs.  Son homologue de la République démocratique du Congo, Raymond Baya Ramazani, a demandé un report, jusqu’en septembre 2006, de la signature de ce Pacte, arguant du fait que le processus électoral rendrait impossible, en juin prochain, toute mobilisation des autorités congolaises à cette fin.


D’ici à l’adoption du Pacte, les États de la région ont été vivement exhortés par les partenaires internationaux, au premier rang desquels le Ministre belge des affaires étrangères, Karel De Gucht, le Commissaire européen pour le développement et l’aide humanitaire, Louis Michel, ou encore par les représentants des États-Unis et de la France, à maintenir l’élan de normalisation de leurs relations, voire à le renforcer.  L’évolution positive du processus électoral en République démocratique du Congo a été largement saluée, de même que l’achèvement du processus de transition politique au Burundi, pays cité en exemple, mais dont la Ministre des relations extérieures, Antoinette Batumubwira, a souligné les faiblesses alors qu’il s’engage dans la longue épreuve du redressement économique.  Tout comme l’Envoyé présidentiel rwandais, Richard Sezibera, la Ministre a mis l’accent sur les menaces à la sécurité pesant sur la région des Grands Lacs en raison des activités de forces telles que les Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FNL-Palipehutu et l’Armée de résistance du Seigneur.  À cet égard, le Ministre rwandais s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles le Conseil de sécurité et le Comité des sanctions créé par la résolution 1596 (2005) n’avaient toujours pas pris de mesures énergiques pour résoudre la question des flux d’armes qui alimentent ces forces.  À l’instar des membres du Conseil, de nombreux intervenants se sont félicités de la Commission de consolidation de la paix et ont souligné l’importance que cette Commission peut avoir pour le travail du Conseil de sécurité dans la région.


Les Ministres des affaires étrangères, Envoyés spéciaux et Représentants des pays suivants se sont également exprimés au cours du débat: Namibie, Botswana, Autriche (au nom de l’Union européenne), Qatar, Slovaquie, Fédération de Russie, Danemark, Soudan, Argentine, Japon, Royaume-Uni, Canada, Angola, Zimbabwe, Ghana, Chine, Kenya, Ouganda, Zambie, Pérou, États-Unis, Grèce, Australie, Tunisie, Égypte, République de Corée, Algérie, Sénégal, République centrafricaine, Nigéria, Pakistan, Brésil, Cameroun, Guatemala et Norvège.  Le Commissaire de l’Union africaine pour la paix et la sécurité, Said Djinnit, et le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Ibrahima Fall, sont également intervenus. 


LA SITUATION DANS LES GRANDS LACS


La paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs


Rapport du Secrétaire général sur les préparatifs de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (S/2006/46)


Ce rapport est soumis par le Secrétaire général au Conseil de sécurité conformément à la lettre datée du 15 septembre 2005 (S/2005/794), que lui a adressée le Président du Conseil de sécurité.  Le Secrétaire général rappelle que dans son dernier rapport concernant la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, daté du 17 novembre 2003, et publié sous la cote S/2003/1099, il retraçait le processus préparatoire de la Conférence et informait notamment le Conseil des objectifs et des structures de la Conférence et des participants à cette rencontre.  Depuis cette date, déclare M. Kofi Annan, il s’est produit un certain nombre d’évènements majeurs, dont l’organisation, dans de bonnes conditions, à Dar es-Salaam en Tanzanie, les 19 et 20 décembre, du premier Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs; l’intensification du dialogue politique entre les pays de la région grâce principalement à la tribune qui leur était offerte et à la dynamique engendrée par la Conférence, et les travaux préalables à l’adoption du Pacte de sécurité, stabilité et développement envisagé.  Le deuxième Sommet préparatoire des chefs d’État et de gouvernement de la Conférence, qui devait se tenir en décembre 2005 à Nairobi, a été reporté, indique d’autre part le Secrétaire général.


Le rapport soumis ce jour au Conseil de sécurité se compose de six sections, qui traitent des résultats du Sommet de Dar es-Salaam et des directives des chefs d’État et de gouvernement de la région des Grands Lacs en vue de la mise au point du Pacte de sécurité, stabilité et développement qui devait être signé au deuxième Sommet; du cadre politique et technique ainsi que de la date limite fixée à la mise au point du Pacte; des grands axes du projet de Pacte; des effets positifs du processus de mise en route de la Conférence; des incidences du report du Sommet de Nairobi, et des observations et des recommandations sur la suite du processus.  Parlant des incidences du report du Sommet de Nairobi, le Secrétaire général estime qu’il a indéniablement eu des répercussions négatives sur le processus.  Ce report a aggravé le risque d’essoufflement de la dynamique qui prévalait jusqu’alors, note Kofi Annan.  S’il se produisait de nouveaux évènements fâcheux dans la région, le processus de la Conférence pourrait s’en trouver fragilisé, tandis que certains verront peut-être dans le report du Sommet le signe d’un manque d’engagement envers le processus, relève le Secrétaire général en notant aussi que le retard ainsi accumulé exigera des ajustements budgétaires non prévus.


Dans ses observations et recommandations, le Secrétaire général appelle les pays de la région à mettre tout en œuvre pour garantir que le Sommet de Nairobi se tienne le plus tôt possible, l’objectif étant d’entretenir la dynamique ainsi créée et d’exploiter les progrès et les réalisations accomplis jusqu’ici.  Il encourage les membres du Conseil de sécurité à exprimer sans réserve leur soutien à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, à en exhorter les pays membres, à réaffirmer leur attachement à l’esprit et aux dispositions de la Déclaration de Dar es-Salaam, et à redoubler d’efforts pour permettre la tenue du Sommet de Nairobi et signer le Pacte de stabilité, sécurité et développement.  Il est par ailleurs urgent de convenir d’une date pour le deuxième Sommet et de la faire connaître sans délai, recommande Kofi Annan.


Tout en soulignant que les pays de la région des Grands Lacs ont fait des efforts pour établir les priorités de la Conférence, après les réunions qui ont lieu à New York en septembre 2005 entre les Ministres des affaires étrangères des pays membres de la Conférence et leurs homologues du Groupe des amis, M. Annan note qu’il est encore possible et nécessaire d’affiner les priorités établies.  Ceci doit être fait avant l’organisation des réunions régionales qui précèderont la tenue du Sommet de Nairobi, recommande le Secrétaire général.  « Il faudrait aussi programmer plus rigoureusement la mise en œuvre des protocoles et des projets », déclare-t-il.  Si les protocoles sont censés imposer des obligations à leurs signataires, au titre d’instruments juridiques régionaux reconnus, en ce qui concerne des questions de principe comme la non-agression, la lutte contre l’impunité, la prévention de l’exploitation illégale des ressources naturelles et la protection des personnes déplacées, les projets sont assortis d’un calendrier et d’un budget bien précis et peuvent donc être plus facilement hiérarchisés en fonction de leur degré d’urgence, de leur importance et de la faisabilité, relève le Secrétaire général.


Kofi Annan estime ensuite qu’il convient de mieux faire connaître la Conférence au grand public.  Pour ce faire, il recommande la conception et la mise en place d’une stratégie d’information, de communication et de sensibilisation plus efficace aux niveaux national, régional et international.  Cette stratégie devrait mobiliser les énergies en faveur de la mise en œuvre du Pacte de stabilité, de sécurité et de développement.  La Conférence doit être perçue comme un mécanisme régional essentiel pour la consolidation de la paix, recommande le Secrétaire général.  Compte tenu de la création de la Commission de consolidation de la paix, la Conférence offre une excellente occasion, qui ne doit pas être négligée, de consolider la paix au niveau régional.  L’adoption et la mise en œuvre du Pacte de stabilité, sécurité et développement envisagé, pourraient bien apporter durablement aux peuples de la région la paix et le développement économique et social dont ils ont tant besoin, conclut le Secrétaire général.  Kofi Annan recommande ensuite qu’à l’issue du Sommet de Nairobi, les fonctions actuellement assurées par le secrétariat conjoint ONU/Union africaine soient transférées en douceur à un mécanisme régional.


Déclarations


Mme ASHA ROSE MTENGENTI MIGIRO, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la République-Unie de Tanzanie, a qualifié cette réunion d’historique qui recentre l’attention de la communauté internationale sur les moyens de prévenir les conflits récurrents dans cette région pour que la paix et la sécurité puissent être durablement établies.  La Déclaration de Dar es-Salaam de 2004 en faveur de la région des Grands Lacs, a-t-elle ajouté, constitue les fondements du développement durable dans la région.  Le génocide rwandais nous rappelle péniblement nos échecs et a révélé les faiblesses du tissu sociétal.  Ceci ne doit plus se reproduire.  Les conflits violents et les déplacements de populations qui ont sévi dans cette région, a souligné la Ministre, ont eu un impact sur notre situation à tous et doivent servir à édifier un avenir meilleur pour nos peuples.  La paix est une condition préalable au développement tandis que ce dernier renforce la stabilité politique.  Le Conseil de sécurité est un partenaire clef dans la promotion de la paix et de la sécurité dans notre région, a-t-elle estimé.  La Commission de consolidation de la paix devrait d’ailleurs se concentrer sur cette région alors que nous œuvrons à créer un environnement politique propice pour une paix irréversible.  Le prochain Sommet de Nairobi doit nous aider à concrétiser cet engagement.


M. RODOLPHE ADADA, Ministre des affaires étrangères et de la francophonie de la République du Congo, a rappelé l’intérêt porté par le Président Sassou-Nguesso à la Déclaration de Dar es-Salaam en faveur de la région des Grands Lacs qui doit être reconnue comme une zone spéciale de développement et de reconstruction.  Jugeant qu’il s’agit là d’un vaste chantier, le Ministre a toutefois estimé que des avancées significatives étaient en train de prendre corps dans la région des Grands Lacs en matière de paix et de sécurité.  Soulignant à cet égard la transition achevée au Burundi et l’évolution favorable de la situation en République démocratique du Congo (RDC) après l’organisation du référendum constitutionnel, M. Adada a encouragé la RDC, le Rwanda et l’Ouganda à utiliser tous les mécanismes de coopération tripartite et de vérification existants pour poursuivre leurs efforts tendant à la décrispation du climat et à l’établissement de relations de confiance dans la région.  Rappelant ensuite qu’en coopération avec les autorités de la RDC et le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR), le Gouvernement congolais avait procédé au rapatriement volontaire des réfugiés rwandais et des éléments des ex-forces armées zaïroises (ex-FAZ) vers leurs pays d’origine, le Ministre Adada a également mis l’accent sur l’évolution positive constatée en République centrafricaine après la tenue des élections. 


Le Ministre a souligné toutefois qu’il restait à faire face à l’insécurité et à consolider le processus sur le plan social, œuvre à laquelle la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) s’emploie sans relâche.  Le report de la deuxième Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs ne saurait signifier un quelconque relâchement ou un manque d’intérêt, a-t-il dit ensuite, estimant à ce titre que l’adoption, dans le cadre de cette Conférence, d’un Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement, permettrait de donner un contenu réel à une vision commune; de promouvoir, consolider et matérialiser la coopération; de donner un cadre formel aux consultations politiques qui deviendront régulières; et de créer la dynamique nécessaire au développement harmonieux des pays de la région des Grands Lacs.  Le Ministre Adada a ensuite estimé qu’il fallait consolider les acquis, jugeant que la Commission de la consolidation de la paix récemment créée pourrait trouver dans la région des Grands Lacs un vaste terrain d’expérimentation, notamment au Burundi et, demain, en République démocratique du Congo. 


M. RAYMOND BAYA RAMAZANI, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la République démocratique du Congo (RDC), a rappelé qu’avec la Déclaration de 2004 de Dar es-Salaam, un nouvel esprit et un partenariat s’étaient développés dans la région des Grands Lacs afin de faire naître une nouvelle manière de vivre dans la région.  Cette dynamique est fondée sur un nouvel espace sécuritaire et social que doit consacrer la signature en 2006 du Pacte de stabilité et de développement.  Nous devons cependant procéder à un réajustement au niveau national.  En RDC, des progrès ont été accomplis afin de mettre en place un nouvel ordre politique interne et de normaliser les relations avec les pays voisins.  Une loi électorale sera prochainement adoptée par les deux chambres du Parlement, ce qui ouvrira la voie à des élections libres et justes.  Le pays a renforcé sa sécurité interne en procédant au brassage de ses troupes.  Des opérations similaires en faveur de la police sont aussi en cours.  Le Gouvernement congolais est conscient que sans une amélioration des conditions de vie des forces de l’ordre, nos efforts seront vains et dans cette perspective, le mécanisme de paiement des soldes a été modifié et amélioré.  En Ituri, a indiqué le Ministre, les forces armées avec la MONUC ont mené des opérations contre les poches de résistance.  Le Ministre a par ailleurs adressé ses condoléances au Guatemala et aux familles des Casques bleus qui ont trouvé la mort lors d’affrontements avec des groupes rebelles.  Nous n’épargnerons aucun effort pour identifier les coupables et les traduire en justice.


Au sujet de l’exploitation illégale des ressources naturelles, le Ministre a demandé une stricte application des résolutions du Conseil de sécurité sur cette question en déplorant le niveau de coopération insuffisant entre États, dont certains continuent d’abriter des criminels.  Il a demandé au Conseil d’exercer davantage de pressions pour que le soutien aux groupes criminels en provenance de ces États cesse.  Le Ministre a souhaité que la Commission de la consolidation de la paix se concentre sur la situation dans son pays.  Il a ajouté que la Cour pénale internationale a pris une décision contre l’Ouganda que son pays a accepté avec satisfaction et qui désormais permet de placer les rapports futurs des deux pays sous l’éclairage du droit et non pas sous l’empire de la peur et des armes.  Il faut que nos populations soient les principaux bénéficiaires de nos efforts et c’est la raison pour laquelle nous réaffirmons nos préoccupations humanitaires, a en outre ajouté le Ministre.  Au sujet du Pacte de stabilisation, il a toutefois annoncé qu’il n’était pas possible pour son pays de se mobiliser pour un sommet en juin prochain en vue de la signature du Pacte.  Nous souhaiterions reporter à septembre 2006 la signature de ce Pacte devant mener à la création d’une zone de paix et de coopération dans la région.  D’ici là, il nous faudra maintenir des relations de coopération et de bon voisinage.


M. MARCO HAUSIKU, Ministre des affaires étrangères de la Namibie, estimant que la situation en matière de sécurité dans la région des Grands Lacs continue de constituer une menace à la paix et à la sécurité internationales, a jugé que la concertation entre pays membres de la région contribuerait au retour d’une paix durable et au développement économique.  Si les élections au Burundi et la tenue du référendum constitutionnel en République démocratique du Congo sont des avancées significatives, la situation dans l’est de la RDC demeure une source d’inquiétude, a dit valoir le Ministre, soulignant que face à la présence de milices et de groupes armés étrangers dans cette région il fallait une coopération accrue entre les pays des Grands Lacs.  Il a invité les États de la région à s’engager à mettre en œuvre le Pacte de non-agression et de défense commune de l’Union africaine adopté à Abuja le 31 janvier 2005.  Ce mécanisme régional de sécurité, de prévention des conflits est essentiel, a-t-il dit, jugeant que le processus de rapatriement des groupes armés et des réfugiés dans la région des Grands Lacs ne pouvait fonctionner que si tous les pays y coopéraient.  Nous reconnaissons pleinement la responsabilité première du Conseil de sécurité pour le maintien de la paix et de la sécurité, a dit le Ministre Hausiku, soulignant toutefois que les organisations régionales devaient assumer leur rôle à cette fin, invitant les Nations Unies à appuyer le renforcement des capacités africaines de maintien de la paix.  Il a ensuite insisté sur le rôle des femmes dans la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs.  Il a  regretté le report de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs. 


GÉNÉRAL MOMPATI S. MERAFHE, Ministre des affaires étrangère du Botswana, a d’abord félicité la Tanzanie pour les succès politiques emportés ces dernières années en matière de démocratie: l’introduction d’élections multipartites, la limitation constitutionnelle du mandat présidentiel et le transfert pacifique du pouvoir.  Saluant la création de la Commission de consolidation de la paix, le Ministre a souhaité que ce nouvel organe de l’ONU adopte une méthode de travail efficace, inclusive et transparente.  Rappelant par ailleurs le rôle primordial du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, ainsi que la responsabilité des États eux-mêmes, M. Merafhe a souhaité que 2006 soit l’année du passage des pourparlers de paix à l’action pour la mise en œuvre de la Déclaration de Dar es-Salaam de novembre 2004.  Selon le Ministre, outre les populations des Grands Lacs qui en seraient les premières bénéficiaires, le retour de la paix dans cette région devrait avoir aussi un impact positif pour les perspectives de croissance de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), y compris pour le développement de son pays, et créerait ainsi des conditions favorables à la réalisation du NEPAD.


Appelant par ailleurs le Conseil de sécurité à envoyer un message clair aux milices qui continuent à défier la communauté internationale, il a souhaité que celle-ci apporte un soutien financier, matériel et technique pour faciliter le retour des réfugiés et déplacés internes, la réintégration des anciens combattants, l’éducation, la santé et la consolidation des institutions de l’État.  M. Merafhe a également invité le Conseil de sécurité à encourager les États qui prendront part à la prochaine Conférence internationale sur la paix dans les Grands Lacs à aborder les négociations dans un état d’esprit constructif et de compromis.  Enfin, il a souhaité que la communauté internationale apporte aussi son soutien aux futures élections nationales en République démocratique du Congo pour qu’elles soient un succès et qu’elles marquent une étape décisive dans l’histoire du pays. 


N. GERHARD PFANZELTER (Autriche) a déclaré au nom de l’Union européenne et des pays associés, que des progrès substantiels avaient été réalisés dans la région des Grands Lacs, qu’il s’agisse du Burundi ou de la République démocratique du Congo (RDC).  La coopération tripartite plus un entre le Rwanda, le Burundi, la RDC et l’Ouganda constitue un exemple de la détermination de ces pays à bâtir la confiance entre eux.  Le représentant a expliqué dans quelle mesure l’Union européenne avait contribué à ces efforts en précisant qu’en 2003, l’Union avait déployé l’opération Artemis dans l’Ituri.  Au Burundi, l’Union a été active dans le cadre du processus d’Arusha et fait partie de la Commission de suivi de l’Accord d’Arusha.  L’Union européenne a également soutenu le déploiement de la Mission au Burundi.  Le représentant a également précisé que l’Union était active dans le cadre de programmes humanitaires et dans le domaine politique et a contribué plus à 80% des dépenses encourues pour la mise en place du processus électoral en RDC. 


Il reste cependant beaucoup à faire et les évènements récents suggèrent que les progrès réalisés en faveur de la paix restent fragiles.  Le Burundi aura besoin d’une aide internationale après le retrait graduel de la MONUB.  En RDC, les délais dans l’adoption de la loi électorale ne font que menacer le calendrier électoral et la conclusion  de la période transitoire prévue au plus tard d’ici au mois de juin 2006.  Il est aussi indispensable de trouver une solution au problème des groupes criminels se trouvant en RDC, qu’ils soient congolais ou pas, y compris les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).  De même, l’Armée de résistance du Seigneur a intensifié ses activités dans le Sud-Soudan qui se propagent à la RDC.  Le représentant a dressé une liste de conditions préalables à une paix durable: bonne gouvernance et état de droit, respect des droits de l’homme, lutte contre le climat d’impunité.  Dans ce contexte, la Cour pénale internationale ainsi que le Tribunal pénal international pour le Rwanda ont un rôle décisif à jouer pour traduire en justice les auteurs de graves violations des droits de l’homme, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.  En vue d’une complémentarité avec le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, il est aussi important de renforcer les systèmes juridiques nationaux.  Le représentant a aussi insisté sur l’aspect de la sécurité en appelant au strict respect de l’embargo sur les armes, et là a mise en œuvre des programmes de démobilisation, désarmement et réintégration.


M. LOUIS MICHEL, Commissaire européen au développement et à l’aide humanitaire, rappelant qu’il ne pouvait y avoir de développement sans paix et sans stabilité et qu’à l’inverse, il n’y a aucune chance de paix et de stabilité sans développement, a souligné le rôle clef de la contribution de la Commission européenne pour la stabilisation de la région des Grands Lacs.  Nous croyons que nous ne pouvons parvenir à la paix, à la sécurité et au bien-être des populations de la région des Grands Lacs que par la reconstruction d’États protecteurs et arbitres, légitimés par des systèmes démocratiques, d’États dotés d’institutions capables de remplir les grandes fonctions régaliennes, a dit le Commissaire européen, plaidant pour l’avènement dans la région d’une puissance publique qui encourage des sociétés civiles vigilantes.  Depuis 2002, l’Union européenne a consacré plus d’un milliard d’euros à cette région, a poursuivi Louis Michel, citant les domaines clefs d’intervention, notamment la gouvernance et le processus électoral, en République démocratique du Congo (RDC), ou encore la reconstruction des infrastructures de base.  Conscient de la nécessité de dégager des moyens supplémentaires pour consolider les acquis, il a plaidé pour le maintien de l’alliance sacrée entre acteurs internationaux jusqu’au bout des processus de paix en cours et même au-delà car, a-t-il fait valoir, jusqu’au bout, le processus restera fragile. 


Au Rwanda, les blessures si douloureuses du génocide commencent petit à petit à s’apaiser et, un peu plus de dix ans après cette abominable tragédie, on peut enfin croire que le peuple rwandais va se réconcilier avec lui-même, a poursuivi le Commissaire.  Il y a quelques semaines, les Burundais relevaient avec succès le défi des élections démocratiques, a dit ensuite Louis Michel, avant d’observer qu’en République démocratique du Congo, un processus de transition long et délicat s’achevait peu à peu.  Évoquant à ce titre l’enregistrement en quelques mois de 25 millions d’électeurs, le Commissaire européen pour le développement et l’aide humanitaire s’est demandé « comment ne pas y croire enfin en voyant le miracle s’opérer dans les têtes et dans les cœurs de ces hommes et femmes, jusque-là citoyens fantômes d’un non-État.  Comment ne pas comprendre que ces pays ont des destins croisés, s’est-il interrogé, après avoir mentionné les étapes du processus électoral à venir en RDC, jugeant fondamentale l’approche régionale et se félicitant à ce titre de la volonté du Burundi, du Rwanda et de la République démocratique du Congo de redynamiser la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL).  Soulignant le rôle majeur de la nouvelle Commission de consolidation de la paix, il a assuré que la Commission européenne s’inscrirait plus que jamais dans une stratégie de développement comme facteur essentiel de prévention des conflits et de reconstruction. 


M. AHMAD BIN ADULLAH AL-MAHMOUD, Ministre des affaires étrangères du Qatar, a estimé que la mise en place par l’Union africaine (UA) d’un Conseil de la paix et de la sécurité chargé de la prévention, de la résolution des conflits et du maintien de la paix en Afrique avait permis à cette Organisation de développer un partenariat véritable avec le Conseil de sécurité de l’ONU afin de comprendre les causes profondes des conflits du continent et de mieux s’y attaquer.  Convaincu qu’il revient à la communauté internationale de trouver des solutions novatrices aux conflits des Grands Lacs, notamment grâce à une approche régionale, l’intervenant s’est demandé dans quelle mesure et comment l’ONU pouvait aider cette région à mettre en œuvre la Déclaration de Dar es-Salaam de novembre 2004.  Compte tenu des nombreux défis qui restent à relever, et malgré les succès accomplis par l’ONU pour la stabilité de la région, le Ministre a souhaité que cette question soit traitée avec plus de réalisme, ce qui pourrait impliquer une présence renforcée de l’Organisation sur le terrain, y compris des opérations de maintien de la paix. 


Selon lui, d’autres aspects importants de la Déclaration de Dar es-Salaam doivent être également pris en compte, en particulier le développement économique et l’intégration régionale, nécessitant ainsi, au-delà du Conseil de sécurité, la collaboration des institutions financières internationales et des donateurs.  À cet effet, les pays du sud doivent prendre également leurs responsabilités, a insisté le Ministre qui a signalé que lorsque le Fonds de développement du Sud, créé à l’initiative de l’Émir du Qatar, sera opérationnel, il contribuera au développement économique de la région des Grands Lacs.  Souhaitant par ailleurs que la Commission de consolidation de la paix remplisse avec succès le mandat qui lui a été confié, M. Audllah Al-Mahmoud a félicité les États qui ont décidé d’annuler la dette du Burundi à leur égard.  Enfin, il a souhaité que la République démocratique du Congo mène à bon terme le processus de transition démocratique qui doit s’achever le 30 juin 2006. 


M. PETER BURIAN (Slovaquie) a déclaré que les incidents qui se sont récemment produits en RDC, notamment les attaques contre la MONUC, ont démontré que la situation sur le terrain demeure volatile.  Tout en félicitant les forces armées de la RDC et les troupes de la MONUC pour leurs efforts, la délégation slovaque pense que davantage de moyens doivent être déployés, notamment contre l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).  Tout en notant les opérations lancées par l’Ouganda contre la KLRA, on ne peut s’empêcher de constater que trop de civils innocents sont victimes de violences et que trop d’enfants sont enlevés par l’Armée de résistance du Seigneur, a dit M. Burian, en notant que la LRA s’en prenait aussi de plus en plus aux travailleurs humanitaires.


Bien que la « responsabilité de protéger » incombe d’abord aux gouvernements, la délégation slovaque pense que, dans le cas présent, la communauté internationale doit remplir sa part de responsabilité, qui est de celle de porter secours.  La situation qui règne en RDC et dans la région des Grands Lacs nécessite une diplomatie plus robuste et une meilleure coordination de la réponse internationale à la crise.  Il faut identifier les sources de soutien et de financement à la LRA, a indiqué le représentant slovaque, en ajoutant que son pays soutiendrait toutes les initiatives de la communauté internationale visant à coopérer avec les Gouvernements de RDC, d’Ouganda et du Soudan, et à identifier les mesures que le Conseil de sécurité devrait prendre pour mettre fin aux activités de la LRA.  Ce groupe ne peut être neutralisé que par des actions lancées au niveau régional, a estimé M. Burian.  « Notre délégation se félicite du projet de résolution qui est soumis au Conseil sur la paix, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs », a-t-il indiqué.


M. ANDREY DENISOV (Fédération de Russie) a déclaré que les récentes évolutions dans la région des Grands Lacs montrent que pour régler les conflits de manière durable, il faudra renforcer l’état de droit, la démocratie et la bonne gouvernance.  C’est dans les situations post-conflit que nous rencontrons les plus grandes difficultés, a-t-il ajouté.  Dans la région des Grands Lacs, la présence illégale de groupes armés étrangers a une influence déstabilisante pour le processus de paix dans la région.  Il existe cependant une dynamique positive en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi.  Pour une stabilisation irréversible de ces processus de paix, les gouvernements devront encore régler un nombre important de problèmes avec l’aide de la communauté internationale.  En RDC, la priorité est de renforcer le processus électoral pour garantir la tenue d’élections libres et démocratiques en 2006.  La question du rapatriement des groupes armés étrangers qui sévissent en RDC reste cruciale.  Il est décisif de mettre en œuvre des mesures de confiance et de coopération entre États voisins, à l’instar de la Commission tripartite plus un.  Le représentant a aussi estimé que l’avenir de la région dépendra des résultats de la prochaine Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs.


Mme ELLEN MARGRETHE LØJ (Danemark) s’est félicitée des progrès en République démocratique du Congo (RDC), notant que la paix et la stabilité dans cet État étaient considérées comme un facteur clef de la paix et stabilité de la région.  Indiquant que les activités des milices et groupes armés dans la région continuaient de menacer sa stabilité, elle a souhaité que le deuxième Sommet des Grands Lacs se tienne au plus vite.  Elle a par ailleurs souhaité des mesures pour lutter contre le trafic transfrontalier d’armes et de ressources, demandant l’application stricte l’embargo sur les armes en RDC.  De plus, la représentante danoise a souligné le lien entre l’exploitation et le commerce illégaux de ressources naturelles, la prolifération des armes et les conflits dans la région.  Elle a ainsi appelé les pays à renforcer leur coopération pour une exploitation transparente des ressources naturelles afin de favoriser la paix et le développement économique.  Les gouvernements de la région sont les premiers responsables de la protection de leurs populations, a insisté l’intervenante soulignant la nécessité de poursuivre en justice ceux qui sont coupables de graves violations des droits de l’homme.  En outre, Mme LØJ a encouragé les États africains à s’approprier la gestion des conflits sur le continent et à y participer activement.  Elle a déclaré que le Conseil de sécurité devait examiner les meilleurs moyens de soutenir ces efforts et travailler étroitement avec l’Union africaine pour faire progresser les voies de la coopération, notamment par des mécanismes flexibles et réactifs.  Le Conseil doit non seulement se concentrer sur le maintien et la consolidation de la paix mais aussi sur la prévention des conflits, en prenant en compte les éléments sociaux, économiques et de bonne gouvernance de la paix, a-t-elle affirmé.  Enfin, elle a fait part du soutien de son pays quant au projet de résolution initié par la République-Unie de Tanzanie.


M. RICHARD SEZIBERA, Envoyé spécial du Président de la République rwandaise pour la région des Grands Lacs, soulignant le lien étroit entre les concepts de paix, de sécurité et de développement dans la région des Grands Lacs, a indiqué que le processus de développement engagé au Rwanda après le génocide, les élections au Burundi et le processus électoral qui se poursuit en République démocratique du Congo (RDC) témoignait de cette volonté commune des peuples de la région de s’engager en faveur d’un avenir meilleur en dépit des traumatismes du passé.  Les pays de la région ont déployé des efforts sans relâche pour rétablir la paix et la stabilité et ont joué un rôle clef dans l’aboutissement du processus politique au Burundi et continuent de s’investir dans les processus de paix au Soudan et en Somalie.  La notion d’appropriation des processus de paix par notre région, en collaboration avec la communauté internationale, n’est pas un slogan sans fondement, a fait valoir M. Sezibera, avant de juger encourageante l’évolution du processus politique en RDC.  Plusieurs objectifs définis dans l’Accord de Lusaka en 1999 ont été lentement mais sûrement atteints, a-t-il observé, se félicitant du fait que les pays de la région aient tourné le dos à la logique de guerre pour explorer désormais des voies de collaboration étroite.  


Le Rwanda est convaincu que les perspectives d’une paix durable dans la région des Grands Lacs n’ont jamais été aussi manifestes depuis le génocide de 1994, a poursuivi l’Envoyé présidentiel, jugeant toutefois que certains obstacles demeurent pour la pleine application des dispositions contenues dans le processus de Lusaka, notamment la présence persistante de forces génocidaires et de groupes armés qui continuent de déstabiliser les pays de notre région.  Tant que les populations de la région ne seront pas à l’abri des attaques meurtrières des forces telles que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les FNL-Palipehutu et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) et d’autres groupes armés, la paix continuera de demeurer fragile dans la région des Grands Lacs.  Le Rwanda s’interroge sur les raisons pour lesquelles le Conseil de sécurité n’a toujours pas pris de mesures significatives pour répondre à la menace que font peser les forces génocidaires sur la stabilité de notre pays, a poursuivi M. Sezibera.  Il importe également de s’interroger sur les raisons pour lesquelles le Comité des sanctions créé par la résolution 1596 (2005) n’a toujours pas pris de mesures sérieuses pour résoudre la question des flux d’armes qui alimentent ces forces, a ajouté l’Envoyé présidentiel. 


Le Rwanda souhaite que la deuxième Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs se tienne le plus rapidement possible, a indiqué ensuite M. Sezibera, plaidant pour un appui substantiel de la communauté internationale à la feuille de route et au Pacte de paix, de stabilité et de développement qui seront issus de cette Conférence tout en insistant sur l’importance des États de la région qui doivent s’approprier la conduite du processus.  Enfin, saluant l’établissement de la Commission de consolidation de la paix, il a fait part de la disponibilité du Rwanda qui, fort de son expérience en matière de relèvement après le génocide de 1994, est prêt à contribuer au succès de la Commission en lui fournissant des suggestion, des ressources matérielles et du personnel selon que de besoin. 


M. LAM AKOL AJAWIN, Ministre des affaires étrangères du Soudan, a fait part de la détermination de son pays à mettre en œuvre l’Accord global de paix, non seulement dans le Sud du pays mais dans toutes les régions du Soudan ce qui aurait une incidence favorable dans la région des Grands Lacs.  Avec la conjugaison des efforts régionaux et internationaux, la confiance mutuelle dans la région des Grands Lacs sera possible, ce que stipule la Déclaration de Dar es-Salaam que nous appuyons.  D’autres préoccupations doivent guider l’action de la communauté internationale dans cette région: le renforcement des principes de démocratie et de bonne gouvernance qui sous-tendent un développement équilibré soucieux de la justice et des droits de l’homme et la coexistence pacifique entre États.  Parallèlement à la réalisation des activités de démobilisation, désarmement et réintégration, il faut que la communauté internationale s’attaque au trafic illégal d’armes ce qui permettrait de tourner la page des conflits.  De plus, l’exploitation des ressources naturelle doit se faire en vue d’un développement durable.  Le Sommet de Dar es-Salaam a défini quatre grands axes d’action et pavé la voie au deuxième Sommet qui doit définir les modalités d’application de ces axes.  Nous souhaitons que le projet de résolution qui sera présenté aujourd’hui annonce les présages d’une plus grande implication des Nations Unies dans la région des Grands Lacs.


M. KAREL DE GUCHT, Ministre des affaires étrangères de la Belgique, rappelant que l’Afrique constituait une priorité pour la diplomatie belge, engagée dans les efforts en faveur du retour à la paix, la sécurité et le développement dans la région des Grands Lacs, a encouragé les partenaires internationaux, européens et africains, à soutenir le processus de normalisation dans la région.  La chute du Mur de Berlin n’a pas apporté la stabilité et la paix attendues sur le continent africain mais, au contraire, elle a laissé un continent africain dans le sentiment d’abandon, depuis le Libéria, la Sierra Leone, le Soudan et, au-delà, dans la région des Grands Lacs où une guerre régionale qui a ravagé la République démocratique du Congo a laissé près de 4 millions de victimes, sans compter celles du génocide au Rwanda et de la longue guerre civile au Burundi.  Ces conflits, s’ajoutant aux capacités limitées de la plupart des pays du continent, ont freiné les perspectives de développement de l’Afrique, à un moment où l’Asie connaissait une croissance remarquable, a observé M. De Gucht, jugeant que le décollage économique de l’Afrique passait, entre autres, par le retour de la stabilité et de la paix durables dans la région des Grands Lacs.


Cette région en général, et la République démocratique du Congo en particulier, ont le potentiel pour devenir les moteurs du développement de l’Afrique, a estimé le Ministre belge, jugeant à ce titre, l’importance de la bonne poursuite du processus de transition en RDC ainsi que des efforts de reconstruction économique et politique au Burundi, au Rwanda et en Ouganda vers la consolidation de systèmes démocratiques basés sur des principes modernes et sur l’état de droit.  Il faut saisir cette occasion pour aider les pays de la région des Grands Lacs à consolider les acquis dès maintenant, a-t-il dit, jugeant qu’au terme de cycles de conférences, il était désormais temps d’agir en réévaluant collectivement les mécanismes d’appui à l’Afrique, en dehors de toute considération de lien historique ou d’intérêts stratégiques ou économiques.  Plaidant pour l’établissement progressif de mécanismes de bonne gouvernance, comme notamment le NEPAD ou encore le Processus de Kimberley, il a jugé important de soutenir les sociétés civiles nationales à intervenir dans le processus de prises de décisions.  La paix ne sera atteinte que lorsque les armées seront intégrées, les processus de désarmement, démobilisation et réinsertion achevés durablement, et des services de police bien formés.  Estimant que la prochaine Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs devrait forger une approche régionale, il s’est dit convaincu que la redynamisation de la Communauté économique des pays des Grands lacs (CEPGL) s’inscrivait dans cette dynamique. 


M. FREDERIK RACKÉ, Envoyé spécial des Pays-Bas dans la région des Grands Lacs, s’est joint aux autres délégations pour condamner fermement l’attaque perpétrée contre la MONUC, le 23 janvier dernier, qui a causé la mort de huit casques bleus du Guatemala.  Soulignant l’évolution positive de la situation dans la région l’année dernière, il a félicité le Burundi d’avoir mené à bonne fin la transition et pour les élections, espérant que cela serve d’exemple pour le processus électoral en République démocratique du Congo (RDC).  Il a de plus mis l’accent sur le rôle de la Commission tripartite, facilitée par les États-Unis, dans la recherche de solution diplomatiques et pacifiques.  Toutefois, M. Racké a affirmé que le report du Sommet qui devait se tenir en décembre 2005 à Nairobi avait affecté la crédibilité de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie, la gouvernance, les droits de l’homme et le développement dans la région des Grands Lacs.  Ainsi, il a appelé les pays de la région à honorer les promesses de la Déclaration de Dar es-Salaam adoptée en 2004, à préparer sérieusement le deuxième Sommet qui devrait avoir lieu le plus rapidement possible et à adopter un Pacte de sécurité, de stabilité et de développement.  Dans ce contexte, le représentant s’est dit en faveur d’un mécanisme régional permanent pour renforcer la démocratie, la bonne gouvernance, l’état de droit, les droits de l’homme et la réconciliation, tel que proposé par le Gouvernement tanzanien.  Enfin, il a estimé que l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) menaçait la paix dans la région et a souhaité que les mandats d’arrêts contre cinq leaders de la LRA soient appliqués dès que possible.  En outre, il a déclaré qu’il fallait mobiliser un soutien international, en coopération avec le Gouvernement de l’Ouganda, pour mettre fin à ce conflit et s’est dit convaincu que cette question méritait l’attention du Conseil de sécurité.


M. ALBERTO D’ALOTTO (Argentine) s’est félicité de l’élection démocratique du Gouvernement burundais et des progrès accomplis en République démocratique du Congo dans le processus de transition démocratique.  Ces avancées ont été rendues possibles grâce à une collaboration forte et décisive des gouvernements de la sous-région, aux efforts de l’Union africaine, et grâce à l’organisation de conférences internationales telle que celle tenue à Dar es-Salaam en novembre 2004, portant sur le thème de « la paix, la sécurité, la démocratie et le développement de la région des Grands Lacs ».  Outre le rôle du Conseil de sécurité et sa collaboration avec les organisations régionales, le représentant a également salué les efforts déployés par les opérations et missions de maintien de la paix dans la région, l’assistance des pays donateurs ainsi que le travail d’organisation de la société civile.  Le représentant a ensuite plaidé pour la mise en place de changements structurels pour éviter que des violations des droits de l’homme ne se reproduisent, notamment grâce à l’action de la Commission de consolidation de la paix en faveur de la reconstruction et du développement, et l’imposition systématique de sanctions, au niveau national ou international, à l’encontre des auteurs de ces violations.  C’est seulement en poursuivant en justice ceux qui se rendent coupables de tels actes qu’il sera mis fin à la culture de l’impunité, a conclu le représentant argentin qui a invité les États de la région à accélérer les préparatifs de la seconde Conférence internationale sur la paix avec pour objectif l’adoption d’un Pacte de stabilité et de développement.


M. KENZO OSHIMA (Japon) a articulé sa déclaration autour de trois points: les groupes armés qui sévissent dans la région, le cadre de coopération régional et les efforts que déploie le Japon dans la région.  Malgré les développements positifs récents, les groupes armés continuent de constituer une menace sérieuse à la sécurité et aux processus démocratiques naissants, qu’il s’agisse du FNL au Burundi ou des groupes armés et des milices locales en RDC.  Le représentant a précisé que cette menace n’est pas simplement circonscrite au plan national, mais présente un danger pour l’ensemble de la région, ce qui exige une action décisive.  Il y a d’autres problèmes que les États de la région doivent régler dans le cadre de la coopération.  Nous attendons d’eux qu’ils déploient des efforts importants de renforcement de la confiance mutuelle, ce qui leur permettra de régler des questions communes comme celles touchant aux réfugiés et à la gestion des ressources naturelles.  Le représentant a estimé que la question de la coopération devrait également être abordée dans le cadre de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs.  Le cadre de coopération entre le Japon et l’Afrique a été établi lors de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique.  Ensemble, nous avons identifié les trois piliers de notre coopération pour le développement, à savoir le capital humain au cœur du développement, la réduction de la pauvreté par le biais de la croissance économique et la consolidation des efforts de paix.


Sir EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a exigé que les auteurs de l’attaque perpétrée contre les Casques bleus du Guatemala dans l’est de la République démocratique du Congo soient pourchassés, le représentant souhaitant que la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) poursuivre ses efforts visant à désamorcer les groupes armés dans cette région, ce en collaboration avec les autres pays de la région.  Le Royaume-Uni est d’avis que ces efforts doivent s’inscrire dans une stratégie globale et intégrée, sur laquelle travaille le Secrétaire général, et ceci passe entre autres par un meilleur suivi de l’embargo sur les fournitures d’armes.  M. Jones Parry a assuré que le Royaume-Uni continuerait s’appuyer de façon bilatérale et par le biais de l’Union européenne le renforcement de la sécurité dans la région des Grands Lacs, insistant en particulier pour la neutralisation de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui sévit dans plusieurs pays de la région.  Saluant les efforts de la République démocratique du Congo dans la poursuite du processus de paix, en particulier le processus électoral, il a estimé qu’un accent devait être mis par le Gouvernement congolais sur les questions de sécurité et de lutte contre la corruption.  Il a par ailleurs jugé que le processus au Burundi était encourageant. 


Mme ANNE LEAHY, Ambassadeure du Canada pour la région des Grands Lacs, a d’abord transmis les condoléances de son pays au Gouvernement du Guatemala à la suite de la mort de huit Casques bleus guatémaltèques de la MONUC, le 23 janvier dernier.  Elle a affirmé qu’un scrutin électoral réussi en République démocratique du Congo (RDC) était primordial pour ces citoyens et ses institutions politiques et contribuerait à la stabilité de la région.  Insistant sur le rôle de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs, elle a encouragé les pays impliqués dans ce processus à finaliser le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement et à tenir leur Sommet le plus tôt possible.  En outre, elle a appelé l’ONU à continuer son appui, en partenariat avec l’Union africaine, pour permettre à la Conférence de mener à terme ses travaux avec succès. 


Affirmant que les États de la région des Grands Lacs avaient la responsabilité d’assurer une paix durable dans leur région, la représentante canadienne a insisté sur leur responsabilités envers les victimes des deux crises humanitaires les plus graves du monde qui sont en cours depuis une décennie dans l’est de la RDC et dans le nord de l’Ouganda.  Nous trouvons essentiel que le projet de résolution reconnaisse cette responsabilité, a-t-elle poursuivi, en appuyant pleinement le rappel, fait dans cette proposition de texte, des dispositions contenues dans la résolution 1649 (2005) visant à faire cesser les activités des milices et groupes armés en RDC.  En outre, Mme Leahy a mis l’accent sur les exactions commises par l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) en Ouganda, appelant le Conseil à porter cette situation à son ordre du jour.  S’agissant du Soudan, elle a pressé le Conseil de s’assurer de la mise en œuvre des mesures qu’il a prises à l’encontre des crimes de guerre et contre l’humanité.  De plus, elle a appuyé les efforts pour mettre en place des instances judiciaires nationales fiables et a appelé tous les États de la région à coopérer avec la Cour pénale internationale dans ses enquêtes.  Enfin, elle s’est dite convaincue que le Conseil devait être prompt à agir dans des situations où les civils sont pris pour cible et montrer qu’il a la volonté politique d’utiliser tout l’éventail des mesures à sa disposition pour les protéger.


M. ANTOINETTE BATUMUBWIRA, Ministre des relations extérieures et de la coopération internationale du Burundi, a déclaré qu’avec la Déclaration de Dar es-Salaam, les pays de la région ont adopté une approche cohérente sur un ensemble de principes, de protocoles et de programmes d’action prioritaire.  Ces pays demandent maintenant à la communauté internationale de déclarer la Région « Zone spécifique de reconstruction et de développement » dotée d’un fonds spécial pour la reconstruction.  Il convient, a ajouté la Ministre, de considérer comme prioritaire au sein de cette zone la Zone 1, à savoir la zone incluant le Burundi, la RDC et le Rwanda, zone d’où sont partis les conflits des Grands Lacs.  Aussi longtemps que cette zone ne sera pas sécurisée et stabilisée, en particulier dans l’est de la RDC, tout ce qui aura été construit sera menacé.


La Ministre a assuré les membres du Conseil de la détermination de son pays à garder le cap et de s’affirmer de plus en plus comme un acteur résolu en faveur de la consolidation de la paix et de l’exercice de la démocratie.  Elle a rappelé que 12 ans d’un conflit meurtrier et d’instabilité ont causé de lourdes pertes en vies humaines, le déplacement de milliers de personnes, une pauvreté généralisée dont le taux est de 68% et la destruction ou la dégradation d’infrastructures sociales et économiques, le Burundi étant le quatrième pays le plus pauvre au monde.  La Ministre a souhaité que la Conférence des donateurs du 28 février prochain et la Table ronde des bailleurs de fonds de septembre prochain susciteront un appui conséquent de la communauté internationale.  Elle a conclu en insistant sur la nécessité pour la communauté internationale de prendre des mesures énergiques pour contrer les activités du Palipehutu-FLN qui s’est allié avec les FDLR dans l’est de la RDC.  


M. GEORGES REBELO CHICOTI, Vice-Ministre des relations extérieures de l’Angola, a rappelé le rôle joué par son pays lorsqu’il siégeait au Conseil de sécurité pour souligner le caractère complexe des processus de paix dans la République démocratique du Congo et la nécessité d’un appui significatif de la communauté internationale.  Saluant le contenu de la Déclaration de Dar es-Salaam, il a jugé qu’elle rendait espoir à des millions de personnes qui vivent dans la région des Grands Lacs ravagée au cours de la dernière décennie par des conflits internes et régionaux.  Tout en soulignant les évolutions positives dans la région, marquées notamment par le processus en cours en République démocratique du Congo, la transition achevée au Burundi, le succès des élections en République-Unie de Tanzanie et les prochaines élections en Angola, le Ministre s’est toutefois inquiété de la menace que font peser les groupes armés dans l’est de la RDC.  Saluant la détermination de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) à collaborer avec les Forces armées congolaises pour éliminer ces menaces, il a assuré que l’Angola poursuivrait ses programmes de formation de l’armée congolaise notamment dans le cadre de son partenariat avec la Belgique.


Se tournant vers les réalités de son propre pays, qui est engagé dans un processus de relèvement, le Vice-Ministre a invité la communauté internationale à soutenir les efforts de son pays.  M. Chicoti, rappelant que les Nations Unies ont des opérations de maintien de la paix déployées dans quatre des États participant à la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, notamment la Centrafrique, le Burundi, la RDC et le Soudan, a estimé que cette réalité permettait d’envisager des approches transversales afin de lutter efficacement contre les flux d’armes qui déstabilisent la région.  Il a invité les Nations Unies à collaborer étroitement avec l’Union africaine et les organisations régionales afin, entre autres, de renforcer les perspectives de paix dans la région des Grands Lacs, au Soudan et dans la région du Darfour. 


M. SIMBARASHE S MUMBENGEGWI, Ministre des affaires étrangères du Zimbabwe, a estimé que la pacification de la région des Grands Lacs était la condition première pour une paix et une stabilité durables en Afrique.  Les conflits dans cette région peuvent avoir des impacts négatifs sur leurs voisins et, de ce fait, saper l’effort commun de développement et d’intégration des pays des Grands Lacs, a-t-il dit.  Le Ministre des affaires étrangères du Zimbabwe a poursuivi en rappelant que son pays était un membre actif d’organisations régionales telles que la Communauté de développement de l'Afrique australe et le Marché commun de l'Afrique orientale et australe.  C’est à cette aune que nous souhaitons vivement la pacification de la région.  C’est en ce sens aussi, a-t-il ajouté, que le succès de quelque processus de paix que ce soit repose d’abord sur la volonté politique manifestée par les dirigeants des pays concernés.  Il convient également de s’attaquer aux racines des conflits, qui ont depuis longtemps été identifiés comme relevant d’un manque de développement à tous les niveaux de la région.  Pour le Ministre, la Déclaration de Dar es-Salaam a clairement montré la voie à suivre pour parvenir à la paix et comment la communauté internationale pouvait renforcer ce processus.  M. Mumbengegwi a salué le rôle indispensable joué par l’Union africaine dans ce cadre.  Il a en outre tenu à féliciter les Nations Unies et la communauté internationale pour leur important soutien au processus de paix et à la reconstruction post-conflit en République démocratique du Congo (RDC), au Burundi et au Rwanda.


S’agissant plus particulièrement de la RDC, le Ministre a indiqué qu’il était vital que le Gouvernement congolais reçoive tout l’appui nécessaire à la tenue d’élections libres, justes et transparentes.  Dans le contexte de transition politique de la RDC, des ressources supplémentaires sont requises afin de poursuivre l’amélioration des capacités institutionnelles de ce pays, a-t-il jugé.  De même, la Mission des Nations Unies en RDC doit continuer de bénéficier de l’aide du Conseil de sécurité en vue de permettre le démantèlement des milices et des groupes de rebelles basés en RDC.  En ce qui concerne la situation au Burundi, M. Mumbengegwi a déclaré que le nouveau gouvernement élu devait être soutenu par un effort international visant à la reconstruction du pays et à l’établissement de conditions nécessaires au développement durable de sa société. 


M. NANA EFFAH-APENTENG (Ghana) a souligné les progrès accomplis vers la gouvernance démocratique en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi ainsi que l’importance de la Déclaration de Dar es-Salaam.  Toutefois, il a insisté sur la menace posée par les activités de groupes armés dans la région des Grands Lacs et a déclaré que l’attaque de la LRA contre des Casques bleus de la MONUC, le 23 janvier dernier, appelait à prendre des mesures pour mettre fin à la conduite violente de ce groupe.  Saluant les Gouvernements du Rwanda et de RDC pour leur engagement constructif concernant les milices, il a aussi appuyé les pressions exercées sur ces groupes par la MONUC et le Gouvernement de la RDC.  Seule une stratégie globale et intégrée, avec la participation de toutes les parties, peut nourrir une solution durable, a-t-il poursuivi. 


Le représentant du Ghana a ainsi soutenu l’appel du Secrétaire général afin que le Conseil de sécurité envoie un message fort en faveur de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs et demande aux parties de renouveler leurs engagements en vertu de la Déclaration de Dar es-Salaam et d’adopter le Pacte pour la sécurité, la stabilité et le développement.  Il serait souhaitable que les parties s’accordent pour tenir cette Conférence peu après la fin du processus de transition en RDC en juin.  Soulignant par ailleurs l’importance d’une approche régionale africaine en collaboration avec les partenaires internationaux, le représentant a souhaité que la coopération et la communication entre l’Union africaine et l’ONU soient renforcées, en particulier entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA.  Enfin, il a souhaité que la Commission de consolidation de la paix accorde une attention particulière au Burundi et à la RDC.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a déclaré que ce qui se produisait dans la région des Grands Lacs était l’affaire de tous car c’est là, dans cette région, que se jouent la paix, la sécurité et la démocratie du continent africain ainsi que le développement de la région.  Il n’est donc pas étonnant que les Nations Unies déploient aujourd’hui leur plus grande opération de maintien de la paix en RDC.  L’action des Nations Unies dans la région des Grands Lacs a permis de mener sur la bonne voie les différents processus en cours.  Mais ces progrès demeurent fragiles et des obstacles majeurs doivent être levés.  Le représentant a mis l’accent sur la tenue d’élections en RDC avant le 30 juin.  Ces élections sont importantes mais ne sont pas une fin en soi et répondent à une aspiration à la paix du peuple congolais.  Il faut assurer le succès de ce processus électoral car il est essentiel de sortir le pays de l’incertitude et de construire des institutions stables et solides.  Un pays solide et stable sera le meilleur garant du développement de toute la région.  Il est également essentiel que le processus politique s’accompagne de la mise sur pied d’une armée nationale intégrée, que les efforts de réconciliation inclusifs se poursuivent et que soit instauré un État de droit qui soit en mesure d’exercer son autorité sur l’ensemble du territoire tout en gérant les ressources naturelles dans la transparence.


Le Burundi est un modèle de réconciliation dans la région et nous devons soutenir ce pays, a insisté le représentant.  Beaucoup reste à faire pour améliorer le dialogue entre les pays de la région, tant la méfiance est vive.  La Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs ne devra pas être une occasion manquée et devra se concentrer au contraire sur la paix dans la région.  Le représentant a par ailleurs fait part de la préoccupation que lui inspirent les agissements des groupes armés dans la région qui sont la principale source de souffrance des peuples.  Il faut que ces groupes cessent de recevoir une aide de l’extérieur.  Les populations et leurs souffrances sont au cœur de nos travaux et nous devons toujours garder en mémoire la tragédie du génocide rwandais.  La communauté internationale n’avait alors pas été à la hauteur de ses responsabilités.  Nous avons la responsabilité de protéger, comme le stipule le projet de résolution qui sera adopté prochainement, et le drame qui se joue dans le nord de l’Ouganda nous rappelle cette responsabilité.


M. WANG GUANGYA (Chine) a estimé que les efforts conjugués des pays de la région des Grands Lacs et de la communauté internationale, par le biais des Nations Unies, avaient permis de parvenir à des progrès sensibles dans les domaines de la paix et de la sécurité.  La région des Grands Lacs est dotée d’importantes richesses naturelles et une fois la paix de retour, cette région pourra s’engager sur la voie du développement durable, a fait valoir M. Wang.  Toutefois, a-t-il estimé, la volonté politique et la participation des pays concernés demeurent essentielles.  Il faut par conséquent encourager le dialogue et exhorter les pays à respecter les engagements pris et promouvoir des relations de bon voisinage.  Pour cela, a-t-il ajouté, il est urgent de faire avancer l’agenda de la deuxième Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs et, parallèlement, de prendre des mesures, au sein du Conseil de sécurité, afin de mettre un terme à l’insécurité et l’instabilité causées par les groupes armées.  Rappelant les contributions de la Chine aux opérations de maintien de la paix au Burundi et en République démocratique du Congo, M. Wang a assuré que son pays était disposé à intensifier ses efforts en appui à la reconstruction de cette région. 


M. RAPHAEL TUJU, Ministre des affaires étrangères du Kenya, a salué l’initiative de la République-Unie de Tanzanie visant à renforcer la coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine qui s’est dotée de son propre Conseil de paix et de sécurité en raison des cycles de violence que connaît le continent.  La deuxième Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs prévue en 2006 sera importante.  Le Ministre a évoqué les tensions ethniques qui, selon lui, sont bien souvent à l’origine des conflits internes.  La diversité au Kenya est une richesse mais également une malédiction dans la mesure où des troubles ethniques peuvent facilement éclater.  Dans notre région où les cadres institutionnels sont fragiles, nous sommes vulnérables à des drames comme celui qui s’est joué au Rwanda ou en Côte d’Ivoire, pays qui étaient réputés stables.  C’est pourquoi, nous devons faire preuve d’audace et de détermination et adopter une démarche préventive. 


Alors que nous nous apprêtons à organiser la deuxième Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs et que la Commission de consolidation de la paix s’apprête à travailler, n’oublions pas que les conflits reprennent souvent cinq ans après qu’ils aient pris fin, a prévenu le Ministre, précisant que cela résulte souvent de l’absence de programmes post-conflit qui prévoient des solutions durables.  Soyons audacieux à Nairobi la semaine prochaine et attaquons-nous aux causes des conflits.  La consolidation de la paix est une tâche de longue haleine qui doit être gagnée sur les fronts humanitaire et social.  Il faut établir un cadre juridique permettant de protéger les personnes déplacées, œuvrer à la sécurité du personnel humanitaire et leur garantir l’accès aux personnes dans le besoin.  Pour la première fois, a relevé le Ministre, le Conseil de sécurité met à contribution la Commission de la consolidation de la paix dans le cadre du projet de résolution qui sera adoptée en fin de séance.


M. SAM K. KUTESA, Ministre des affaires étrangères de l’Ouganda, a rappelé que l’une des meilleures formules conçues pour régler les différends dans la région a été l’Accord de Lusaka, de 1999, suivi des Accords de Luanda, entre la RDC et l’Ouganda, et de Pretoria, entre la RDC et le Rwanda.  Depuis, nous avons témoigné de la mise en œuvre progressive des dispositions de ces accords, a-t-il dit, avant d’assurer que l’Ouganda avait pris des mesures pour faire en sorte que son territoire ne soit pas utilisé pour déstabiliser des pays voisins.  À ce titre, il a expulsé des milices congolaises et l’Ouganda et la RDC ont établi des mécanismes de suivi avec la participation des services de renseignements, a expliqué M. Kutesa.  Il a ensuite appuyé la tenue de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs.  Nous souhaitons tous que cette région des Grands Lacs se transforme en zone de paix et de développement, a-t-il dit, insistant toutefois sur la neutralisation des groupes armés qui terrorisent les populations, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les Forces nationales de libération (FNL), les Allied Democratic Forces (ADF), le People’s Redemption Army (PRA) ou bien évidemment la LRA qui a conduit au déplacement de plus d’1,5 million de civils dans le nord de l’Ouganda et, similairement, de centaines de milliers de civils au sud du Soudan. 


Il a souhaité que le prochain rapport du Secrétaire général sur les mesures prises par la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) pour lutter contre les groupes armés, notamment l’ADF et le PRA, avant de demander au Conseil de sécurité d’envisager, au cours de l’examen de ce rapport en mars 2006, des mesures énergiques pour mettre un terme aux actions de la LRA, en particulier dans le parc national de Garamba.  Mettant en avant les initiatives de l’armée ougandaise pour neutraliser les sanctuaires de la LRA, il a indiqué qu’aucun élément de la LRA ne pourrait revenir en Ouganda sans y être capturé et remis à la Cour pénale internationale.  Le Ministre Kutesa a également mentionné l’amnistie votée par le Parlement pour encourager les acteurs secondaires de la LRA à se rendre, ajoutant que cette mesure ne serait efficace que lorsque l’accord conclu entre l’armée ougandaise, l’armée soudanaise et l’Armée populaire de libération du sud Soudan (SPLA) à cette fin serait pleinement appliqué.  Il a ensuite invité le Conseil de sécurité à exiger des pays comme le Soudan et la RDC à ne pas accueillir de mouvements terroristes sur leurs territoires et invité ces pays à collaborer avec la Cour pénale internationale pour ce qui est des membres de la LRA.  Il a ensuite suggéré que la MINUS, au Soudan, et la MONUC, en RDC, soient mandatées pour neutraliser les bases de la LRA. 


M. RONNIE SHIKAPWASHA, Ministre des affaires étrangères de la Zambie, a estimé que la paix et la sécurité sont liées au développement durable, l’un ne pouvant se réaliser sans les deux autres et inversement.  De même, a-t-il expliqué, l’absence de guerre ne garantit pas toujours la sécurité et la dignité humaines.  Selon lui, depuis leur indépendance, les pays de la région des Grands Lacs, comme les autres pays africains anciennement colonisés, ont dû s’attaquer aux maux et difficultés légués par la colonisation tout en essayant de répondre entre autres à la demande des populations en matière d’emploi, de santé, d’éducation.  Ainsi, compte tenu du fait que les conflits et l’instabilité politique en Afrique ont des causes profondes et complexes, le Ministre a souhaité que l’approche thématique actuelle, développée dans le cadre du processus de paix dans la région des Grands Lacs, soit maintenue et renforcée.  Saluant la création de la Commission de consolidation de la paix, M. Shikapwasha a ensuite présenté les efforts de son pays en faveur de la paix aux niveaux national et régional.  Au titre de l’engagement zambien, figurent notamment l’adhésion au principe de partage des responsabilités dans la recherche de solutions aux causes profondes du sous-développement, la tenue de séminaires de sensibilisation de la jeunesse, des femmes, des médias, de la société civile, du secteur privé et du Parlement dans la mise en œuvre de la Déclaration de Dar es-Salaam.  Enfin, le Ministre a appelé l’ONU à renforcer le rôle administratif de ses effectifs à Nairobi.  


M.MAMBOLO, Envoyé spécial de l’Afrique du Sud pour la région des Grands Lacs, s’est dit encouragé par les progrès visibles réalisés en termes de partenariat entre l’Afrique et les Nations Unies dans le domaine de la paix et de la sécurité et a demandé instamment le renforcement de cette coopération conformément au Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies.  L’expérience nous a montré que la coopération avec les structures régionales peut renforcer la paix et la sécurité dans le monde.  Le représentant s’est félicité des progrès réalisés dans la région des Grands Lacs par le biais de discussions régionales.  Il s’est félicité en particulier de l’accord récent intervenu entre la RDC et l’Ouganda afin de faire face aux interventions d’éléments de l’Armée de résistance du Seigneur.  Cet accord a également permis l’établissement d’une Commission d’amnistie ougandaise dans le nord du Kivu qui contribuera aussi à désarmer et rapatrier les combattants ougandais.  Le représentant a également salué les succès remportés par le Gouvernement de la RDC et la MONUC qui ont neutralisé des éléments actifs du MRC à Kilo et Mongwalu.


Toutefois, il reste encore des domaines de préoccupation importants.  La présence dans le Kivu des FDLR et des forces Mayi-Mayi constitue une menace importante à la stabilité de la région et à l’intégrité des processus de transition  en RDC et des processus régionaux de DDR.  Les efforts déployés par la MONUC et l’armée nationale pour identifier les repères où se cachent ces groupes et les pressions qui sont exercées sur eux sont louables.  L’Afrique du Sud participe à ces opérations sous le commandement de la MONUC et elle a l’intention de continuer à le faire.  La mort de huit Casques bleus du Guatemala montre la nécessité de poursuivre nos efforts dans la région des Grands Lacs, a ajouté le représentant.  Dans ce contexte, il a demandé instamment aux États de la région de renforcer leur coopération pour mettre un terme aux activités illégales des groupes armés.


M. SAID DJINNIT, Commissaire pour la paix et la sécurité de l’Union africaine, a souligné les progrès réalisés depuis le premier Sommet de Dar es-Salaam de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, en novembre 2004, au terme de laquelle la Déclaration de Dar es-Salaam a été adoptée.  Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine a endossé cette Déclaration, a-t-il ajouté, soulignant que l’environnement politique régional s’est amélioré et que la région s’oriente vers l’adoption, lors du deuxième Sommet de la Conférence internationale, d’un Pacte de paix, de sécurité et de stabilité.  Saluant les efforts du Burundi pour consolider les acquis du processus démocratique au lendemain des élections, M. Djinnit a également exprimé sa satisfaction de voir la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) s’engager activement dans le désarmement des groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda  et les ex-FAR Interahamwe.  Le Commissaire de l’Union africaine a salué la contribution du Groupe des Amis de la région qui joue un rôle clef dans le processus préparatoire du deuxième Sommet de la Conférence.  Il a ensuite souligné le lien entre la sécurité et le développement économique, dans une région qui compte au moins trois pays dotés de richesses importantes, à savoir l’Angola, la RDC et le Soudan, insistant sur le rôle que peuvent jouer des mécanismes tels que le NEPAD et la nouvelles Commission de consolidation de la paix dans le processus de normalisation et de développement de la région des Grands Lacs. 


M. IBRAHIMA FALL, Représentant spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, présentant le rapport du Secrétaire général, a déclaré que la Déclaration de Dar es-Salaam constituait une étape fondamentale dans la région des Grands Lacs.  Elle est en effet le premier document politique régional et global préparé avec la contribution conjointe des gouvernements et des acteurs non gouvernementaux et dans lequel les dirigeants font un diagnostic sans complaisance des maux de la région.  Dans cette déclaration, ils s’accordent sur une vision prospective régionale de paix, de sécurité, de démocratie et de développement, dégagent des principes d’orientation et des politiques prioritaires dans quatre domaines clefs.  Enfin, ils tracent une feuille de route pour l’élaboration d’un Pacte de sécurité, de stabilité et de développement pour la région des Grands Lacs devant être conclu lors de la deuxième Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs.


Passant en revue les quatre thèmes prioritaires, le Représentant spécial a indiqué qu’en matière de paix et de sécurité, l’accent à été placé sur le Protocole de non-agression, de défense mutuelle et de règlement pacifique des conflits.  En matière de démocratie et de bonne gouvernance, les initiatives prioritaires sont axées autour du Projet du Centre régional pour la promotion de la démocratie, de la bonne gouvernance, des droits humains et de l’éducation civique.  En matière de développement économique et d’intégration régionale, les projets prioritaires sont un mécanisme de certification des ressources naturelles qui est l’interface opérationnelle du protocole sur la lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles; un projet de microcrédit à l’échelle régionale; un projet-cadre d’établissement de bassins transfrontaliers de développement.  Enfin les questions humanitaires et sociales portent sur la mise en place de protocoles pionniers sur la protection et l’aide aux personnes déplacées, sur les droits de priorité des personnes rapatriées et sur la violence sexuelle dont sont victimes les femmes et les enfants.


Le Représentant spécial a estimé que le report de la deuxième Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs à la demande d’un État Membre, aussi légitime qu’elle soit, porte néanmoins préjudice à l’élan qui portait les préparatifs de cette conférence.  Cela fragilise aussi le processus car ce report peut être compris comme une absence de volonté politique, il fait peser un risque au processus en cours et impose un surcoût à la fois imprévu et important.


M. OSWALDO DE RIVERO (Pérou) a rappelé que 80% de la population de la région des Grands Lacs vivait avec moins de deux dollars par jour en ajoutant que la démocratie n’était pas viable en l’absence de toute opportunité de développement et dans un contexte marqué par des luttes entre groupes armés illégaux pour le contrôle de ressources naturelles.  Pour faire face à la fragilité des États de la région en situation de désintégration sociale, a-t-il encore dit, il est indispensable de garantir un soutien économique international qui se traduise par la réduction de la dette, l’augmentation de l’aide publique (APD) et de l’investissement privé.  Il a souhaité des efforts particuliers en direction de la République démocratique du Congo (RDC) en disant qu’il n’y aurait pas de paix et de démocratie dans la région sans une stabilité de la RDC. 


L’intervenant a proposé de confier un mandat régional à la MONUC pour faire face au problème de la sécurité aux frontières et du trafic des armes et des ressources naturelles.  Il a estimé que la question de la reconstruction nationale des pays des Grands Lacs devait être perçue de manière intégrée en combinant le soutien économique à celui de l’organisation des élections et de la démocratie.  C’est la raison pour laquelle, a-t-il insisté, le Pérou soutient le Pacte de sécurité de stabilité et de développement des Grands Lacs et considère que la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs doit être tenue le plus rapidement possible.  Dans le même ordre d’idées, il a espéré que la Commission de consolidation de la paix fera de la sécurité et du développement des Grands Lacs une priorité de son ordre du jour. 


M. DON YAMAMOTO (États-Unis) s’est félicité du travail réalisé par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine pour le retour de la paix dans la région des Grands Lacs.  Il a rendu hommage ensuite à l’Ambassadeur Swing, le Chef de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), au personnel de la MONUC, ainsi qu’aux populations de cette région pour les violences et les massacres qu’elles ont subis.  Depuis une décennie, les Forces démocratiques de libération du Rwanda déstabilisent la région, a-t-il dit, s’interrogeant sur la raison pour laquelle la communauté internationale n’est pas parvenue à neutraliser les forces négatives.  Félicitant ensuite le Burundi, le Rwanda, l’Ouganda et la République démocratique du Congo pour leur implication dans les mécanismes de vérification des accords de paix, il a exhorté le Conseil de sécurité à œuvrer de concert pour soutenir les efforts de relèvement du Burundi, le redressement de la République démocratique du Congo et, enfin, la neutralisation des forces négatives qui endeuillent chaque jour le Rwanda. 


M. ADAMANTIOS VASSILAKIS (Grèce) a déclaré que la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs n’était pas un simple évènement, mais un processus d’approche régionale basée sur la mise en place de mesures de confiance et le déploiement, en parallèle, d’efforts dans les domaines de la sécurité et du développement.  La Grèce soutient ce processus qui est d’une importance critique pour toute la région, a dit M. Vassilakis.  La Grèce pense que le prochain Sommet de Nairobi devrait poursuivre cette approche régionale, car l’établissement d’une paix durable dans la région ne peut se faire qu’à travers un engagement de chaque pays à respecter l’intégrité territoriale et la souveraineté nationale de ses voisins et à accepter une résolution pacifique des questions en suspens.


La délégation de la Grèce soutient la Déclaration de Dar es-Salaam, qui fournit un cadre solide d’élaboration des conditions de sécurité, de stabilité et de développement à travers le Pacte qui devra être adopté au Sommet de Nairobi, a dit le représentant.  Pour que le Sommet de Nairobi porte des fruits, il faut soigneusement arrêter un ordre de priorités des différents protocoles, projets et programmes d’action.  La communauté internationale doit, sur cette question, aider les pays africains.  À cet égard, le Conseil de sécurité a récemment adopté trois importantes résolutions, a rappelé M. Vassilakis.  Il s’agit des résolutions 1625 sur la prévention des conflits; 1631, sur la coopération entre l’ONU et les organisations régionales, et, surtout, de la résolution 1649, qui traite de la question des forces paramilitaires étrangères opérant dans l’est de la République démocratique du Congo.  Le système des Nations Unies en général et la Commission de consolidation de la paix, que nous espérons bientôt voir mettre en place, devront faciliter la recherche de solutions sur des questions clefs comme l’exploitation illicite des ressources naturelles, a conclu le représentant, en exhortant le Conseil à aider la Cour pénale internationale et les tribunaux spéciaux de l’ONU à mettre fin à l’impunité et à faciliter la réconciliation nationale.   


Mme FRANCES LISSON (Australie) a félicité le Burundi qui dispose désormais d’un gouvernement et de représentants élus démocratiquement.  Elle a également salué les progrès accomplis par la République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre du processus de transition démocratique actuel.  La représentante a cependant fait part de son inquiétude au sujet de la menace que font peser sur la région les activités de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) au Sud Soudan, au nord de l’Ouganda et en RDC.  Il sera impossible d’obtenir la paix dans la région des Grands Lacs tant que des groupes militaires comme la LRA y seront présents, a prévenu Mme Lisson.  Rappelant l’engament de son pays, qui a notamment offert 2 millions de dollars par le biais du Programme alimentaire mondial (PAM) pour les déplacés du nord de l’Ouganda, la représentante australienne a salué la création récente de la Commission de consolidation de la paix.  Elle a conclu en appelant à une meilleure coordination des activités des divers organes de l’ONU dans l’aide à la reconstruction des pays en situation de post-conflits.


M. ALI HACHANI (Tunisie) a indiqué que son pays accordait une importance de premier plan à la prévention des conflits en Afrique, à travers l’amélioration de la coordination et la coopération entre les organes de l’ONU, les programmes, les institutions spécialisées, les institutions financières et la communauté internationale dans son ensemble en vue de régler les causes profondes, politiques, sociales et économiques de ces conflits.  Le représentant a salué, dans ce cadre, la création de la Commission de consolidation de la paix décidée par le Sommet mondial de septembre 2005.  Il a souligné l’intérêt que son pays accorde à la coopération entre l’ONU et l’Union africaine (UA) pour notamment améliorer les capacités institutionnelles de cette dernière.  Les efforts de l’Afrique de se prendre en charge nécessitent en effet un soutien accru de la part des Nations Unies et de la communauté internationale, a ajouté M. Hachani.  Il a ainsi estimé que la mise en place du Conseil de la paix et de la sécurité de l’Union africaine devait aller de pair avec les efforts de la communauté internationale, conformément aux obligations prévues par la Charte des Nations Unies qui confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité du maintien de la paix et de la sécurité internationales.  La Tunisie réitère son appel à la communauté des donateurs en vue de fournir une aide humanitaire et économique généreuse au profit des pays de la région, aide qui est de nature à permettre aux peuples concernés de percevoir le dividendes de la paix, a encore dit le représentant. 


M. AHMED ABOUL-GHEIT, Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, a rappelé que la Déclaration de Dar es-Salaam de novembre 2004 devait rester le cadre des efforts collectifs pour la stabilité et la paix dans les Grands Lacs.  Aussi, est-il nécessaire d’avoir une plus grande cohérence dans l’action des divers organismes et institutions engagés dans la région, a insisté le Ministre.  Le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine doivent, chacun dans son champ de compétence respectif, renforcer leur action: le premier à travers ses missions de maintien de la paix au Burundi, en République démocratique du Congo (RDC) et au Soudan, le second avec une perspective plus continentale.  M. Aboul-Gheit a estimé à cet effet que la coordination de ces deux organes devait se faire selon les dispositions du Chapitre VIII de la Charte des Nations Unies et la résolution 1631 du Conseil de sécurité. 


Outre la nécessité d’une approche plus globale de la paix grâce à un engagement dans le domaine du développement socioéconomique, le Ministre a par ailleurs souhaité que, par le biais de la coopération régionale et internationale, la Commission de consolidation de la paix accorde une attention particulière au Burundi, à la RDC et plus largement aux pays de la région sortant de conflits.  Insistant à ce sujet sur la responsabilité première des pays eux-mêmes dans les efforts de paix, le Ministre a rappelé au Conseil que l’Égypte était candidate au Comité d’organisation de la Commission.  Enfin, M. Aboul-Gheit a mis l’accent sur l’importance des questions relatives à la prévention et à la résolution des conflits, ainsi que du processus de reconstruction dans toute la région.  Il a conclu par un appel à toutes les parties, les exhortant à mettre fin aux attaques perpétrées par les factions armées le long des frontières, telle que l’Armée de résistance du Seigneur et les Forces démocratiques de libération du Rwanda.


M. CHOI YOUNG-JIN (République de Corée) a mis en lumière trois éléments qu’il estime indispensables à la paix et la sécurité dans la région des Grands Lacs, à savoir une approche régionale, la consolidation de la paix et les causes des conflits.  Ainsi, le conflit dans cette région doit être vu dans une perspective régionale.  Les peuples de cette région sont liés d’un point de vue ethnique, culturelle et linguistique et toute situation d’insécurité dans un pays donné a des répercussions dans les autres pays de la région.  Les problèmes qui se posent doivent être réglés par les organisations régionales qui ont un avantage pour mettre en œuvre les processus de paix au niveau des communautés locales.  Pour ce qui est de la consolidation de la paix, le représentant a expliqué qu’une telle approche était indispensable dans la mesure où même si un nouveau gouvernement est élu aux termes d’un processus démocratique, la paix reste fragile après un conflit.  Il est également indispensable de s’attaquer aux racines des conflits pour prévenir leur récurrence.  La République de Corée, a annoncé son représentant, doublera le montant de son aide publique au développement d’ici à 2009.  Cette année, la République de Corée accordera 3,4 millions de dollars pour la mise en place de projets de développement dans la région des Grands Lacs, a-t-il précisé.


M. YOUCEF YOUSFI (Algérie) a déclaré que la fin réussie de la période de transition au Burundi et les préparatifs des élections en République démocratique du Congo (RDC) confirmaient l’évolution positive de la situation et constituaient un signe encourageant pour le retour de la paix et de la stabilité dans la région.  Toutefois, le Burundi continue de faire face à des obstacles d’ordre sécuritaire avec le refus des FNL d’adhérer au processus de paix et à des contraintes d’ordre économique et social aggravées par la pression du retour des réfugiés et des personnes déplacées.  Selon le représentant, ce pays aura besoin de l’assistance et du soutien de la communauté internationale pour surmonter ces difficultés et éviter de replonger dans l’instabilité.  Son cas pourrait d’ailleurs être soumis en priorité à la Commission de consolidation de la paix, qui vient d’être créée et constitue un excellent moyen de coopération entre l’ONU et l’Union africaine en ce domaine, a proposé M. Yousfi.


En République démocratique du Congo (RDC), la tension qui règne dans la partie est du pays est indicative des risques qui menacent l’achèvement pacifique de la période de transition, a affirmé l’intervenant.  Il s’est dit préoccupé par la présence de groupes armés étrangers, qui sont une menace pour la sécurité des populations civiles et une source de tension entre les pays de la région.  Selon l’Algérie, les mesures instaurées par la résolution 1649 (2005) peuvent accélérer le processus de désarmement et de rapatriement des combattants étrangers et les mécanismes régionaux, tels que la Commission tripartite plus un, doivent contribuer à restaurer la confiance et à faire baisser la tension entre les pays de la région.


M. PAUL BADJI (Sénégal) a estimé nécessaire une action urgente, commune et concertée dans la région des Grands Lacs, avec l’appui de pays donateurs, notamment ceux du G-8 dont le dernier Sommet qui s’est tenu en juillet 2005 constitue une raison d’espérer pour les pays africains.  Il a suggéré la mise en œuvre du concept de « Zones spécifiques de reconstruction (ZSR) » préconisé par le Représentant spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, M. Ibrahima Fall, qui puisse intégrer une « coopération territoriale » de proximité dans tous les secteurs et d’autre part une « coopération partenariale » caractérisée par une forte interaction entre toutes les couches de la population.  Un projet qui restera utopique, a-t-il ajouté, sans soutien financier conséquent du « Fonds spécial de reconstruction » destiné à soutenir les activités des Zones spécifiques de reconstruction.  Il a mis l’accent sur la nécessité de consolider les acquis en matière de bonne gouvernance, de démocratie, de justice, des droits de l’homme et de l’état de droit.  Il a souhaité le développement de capacités d’alerte rapide permettant d’identifier à temps les menaces à la stabilité et à la paix. 


M. FERNAND POUKRE-KONO (République centrafricaine) a déclaré que la paix, la sécurité et le développement sont étroitement liés.  De même il n’y a aucune crise qui se limite à un seul pays, ne serait-ce que par ses effets directs ou indirects sur les pays voisins.  La stabilité politique, la bonne gouvernance, demeurent le gage du développement durable et d’une prospérité saine qui mettra fin aux souffrances de milliers de personnes.  Les pays de la région des Grands Lacs, s’ils sont déterminés, pourront surmonter leurs velléités afin d’apporter l’espoir à leurs populations.  En outre, la question de l’aide humanitaire ne devrait pas constituer un débat puisqu’il s’agit d’apporter une aide rapidement à des être humains.  Pour le représentant, le principe du règlement pacifique des différends entre États et les relations de bon voisinage devront prévaloir au cours des consultations en cours.  Nous encourageons l’adoption de deux protocoles tendant à renforcer la coopération en matière de sécurité entre États de la région, notamment le Pacte de non-agression et le Protocole régional sur le bon voisinage.  Le représentant a en outre précisé que son pays avait pris une part active à tous les travaux préparatoires de la Conférence sur la région des Grands Lacs et compte à son actif 28 projets d’inspiration centrafricaine sur les 63 retenus lors du dernier comité préparatoire régional de Mombassa.


M. SIMEON A ADEKANYE (Nigéria) a déclaré que la deuxième Conférence internationale sur les Grands Lacs prévue cette année au Kenya devrait permettre d’adopter un programme d’action qui favorisera le développement politique, économique et social des pays de la région.  Il s’est félicité de signes positifs observés dans la région avec l’approche de la transition en RDC; la consolidation de la paix au Burundi, et les poursuites lancées contre les dirigeants de l’Armée de résistance du Seigneur.  Il a demandé un soutien de la communauté internationale au processus électoral et aux réformes internes de la RDC sans ambiguïté.  Il a souhaité que la MONUC soit en mesure de déployer ses troupes de manière stratégique dans les zones frontalières afin de lutter contre le trafic d’armes.  Par ailleurs, il a déclaré que la clôture de la Mission des Nations Unies au Burundi (ONUB) ne devait pas signifier pas la fin de la présence de l’ONU dans ce pays en insistant sur l’importance de programmes de reconstruction et de toutes les actions que pourra initier la Commission de consolidation de la paix.  Il a souligné la nécessité d’une position claire de la communauté internationale sur la nécessité de mettre un terme aux activités des acteurs non étatiques eu égard à leur influence néfaste sur le trafic d’armes et l’exploitation illégale de ressources naturelles.  Enfin, il a également mis l’accent sur la nécessité de favoriser le retour et la réinsertion des personnes déplacées après les conflits. 


M. MUNIR AKRAM (Pakistan), saluant la mémoire des Casques bleus du Guatemala morts dans l’Est de la République démocratique du Congo le 23 janvier, a estimé toutefois que ces événement trafiques ne devaient pas porter ombrage aux succès des processus de paix en RDC et au Burundi où le Pakistan est engagé par la mise à disposition de troupes.  Il est important de consolider les acquis, a-t-il dit ensuite, jugeant à ce titre qu’il était indispensable de voir les pays donateurs se mobiliser pour soutenir les processus en cours.  Saluant ensuite les dispositions de la Déclaration de Dar es-Salaam, il a souhaité, dans la perspective du deuxième sommet de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, que la mise en place d’un mécanisme de prévention des conflits soit envisagée dans ce cadre.  Il a mis en garde contre la continuation de la déstabilisation de cette région par les groupes armés et a demandé que la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) soit équipée et dotée de personnel suffisant pour faire face à l’obligation de désarmer ces groupes armés et pour protéger ses positions également.  Une paix durable dans la région des Grands Lacs n’est pas possible sans un appui de la communauté internationale à la reconstruction et au développement, a-t-il dit, souhaitant que la Commission de la consolidation de la paix joue un rôle moteur dans ce domaine.  Enfin, M. Akram a demandé que soit envisagé un suivi au rapport du Groupe d’experts Kassem sur l’exploitation illégale des ressources de la République démocratique du Congo. 


M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) s’est félicité que la région des Grands Lacs connaisse des initiatives importantes non seulement dans les domaines de la paix et de la sécurité mais également dans des domaines qui y sont inextricablement liés comme la démocratie, les droits de l’homme et le développement.  Passant brièvement en revue les initiatives récentes, le représentant brésilien a toutefois relevé que la situation dans la région demeurait extrêmement complexe tandis qu’elle continue d’être le théâtre de violations graves des droits de l’homme, y compris de violences sexuelles contre les femmes et les enfants.  Dans l’arène politique, les seigneurs de la guerre et les groupes étrangers et locaux se disputent les richesses économiques.  Il est important, dans le cadre de notre action en faveur de la région des Grands Lacs, de garder à l’esprit le principe selon lequel les Africains sont responsables en premier lieu de la résolution des crises et des problèmes en Afrique.  Cela signifie que les mécanismes africains de maintien de la paix soient non seulement dotés de la responsabilité des opérations militaires, mais également du soutien financier nécessaire.  La structure même du Conseil de sécurité reflète la nécessité de procéder à de tels ajustements.  Nous nourrissons par ailleurs beaucoup d’espoirs à l’égard de la Commission de consolidation de la paix qui devrait envisager de se pencher sur la région des Grands Lacs en coopération avec la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs.


M. MARTIN BELINGA EBOUTOU (Cameroun) a estimé que la deuxième Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs augurait très certainement d’une nouvelle étape sur le chemin de la paix dans cette région.  Revenant sur la « feuille de route » contenue dans la Déclaration de Dar es-Salaam, M. Belinga Eboutou a jugé que les défis à relever avaient trait à la démocratie et la bonne gouvernance, à la sécurité et enfin au développement économique et à l’intégration régionale.  Le représentant du Cameroun a encouragé ensuite les autorités burundaises à s’engager sur le chemin de la reconstruction en privilégiant le dialogue, invitant la future Commission de la consolidation de la paix à y contribuer.  Les développements récents en République démocratique du Congo commandent un réel optimisme, a dit ensuite M. Belinga Eboutou, indiquant que son pays était en faveur d’un processus consensuel, transparent et inclusif, mais s’inquiétant à son tour de l’instabilité causée par les bandes armées.  Il a rappelé enfin que le Cameroun contribuait en observateurs militaires et en personnels de police civile à la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) et à la Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB), assurant le Conseil de sécurité que son pays poursuivrait cet effort.


M. JORGE SKINNER-KLÉE (Guatemala) a déclaré que le sang versé par les Casques bleus guatémaltèques ne faisait que renforcer la détermination de son pays à participer aux opérations de maintien de la paix.  Le représentant s’est concentré sur la situation en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi où son pays a déployé des observateurs.  Avec la mise en place prochaine de la Commission de la consolidation de la paix, nous souhaiterions que le Burundi fasse l’objet d’une attention particulière.  Le représentant a jugé positifs les progrès en RDC, notamment la tenue dans le calme, les 18 et 19 décembre derniers, du référendum sur la nouvelle Constitution.  Nous sommes toutefois préoccupés par les agissements des milices et groupes armés dans le pays.  Nous encourageons, dans ce cadre, tous les pays de la région à respecter l’embargo sur les armes qui frappe la RDC.  En outre, a-t-il ajouté, il faudrait lutter contre les mouvements transfrontaliers des combattants, a indiqué le représentant qui a rendu hommage aux Casques bleus de la paix qui ont perdu la vie au service de la paix. 


M. JOHAN L. LØVALD (Norvège) a apporté son soutien à l’évolution encourageante de la situation dans plusieurs pays de la région des Grands Lacs, notamment au Burundi et en République démocratique du Congo.  Il a salué l’engagement de l’Union africaine dans la médiation ainsi que le rôle de la Commission de vérification tripartie plus un, souhaitant que la prochaine conférence aboutisse à la conclusion d’un Pacte de stabilité, de paix et de sécurité.  Le conflit entre le Gouvernement ougandais et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) a un impact sur les populations civiles de la région mais aussi sur la sécurité des missions onusiennes déployées dans la région, à savoir la MINUS et la MONUC.  Il a exhorté le Conseil de sécurité à prendre des mesures énergiques contre la LRA et invité l’Ouganda à protéger les populations civiles dans ce pays. 


Reprenant la parole, la Ministre tanzanienne des affaires étrangères a relevé que l’adoption de la résolution 1653 est la preuve de l’engagement du Conseil de sécurité en faveur de la paix et du développement durables dans la région des Grands Lacs et elle a souhaité qu’elle soit mise en œuvre le plus rapidement possible.


Projet de résolution S/2006/51


Le Conseil de sécurité,


Rappelant ses résolutions et les déclarations de son président concernant la région des Grands Lacs en Afrique et la situation en République démocratique du Congo et au Burundi, notamment les résolutions 1649 (2005) et 1650 (2005) du 21 décembre 2005,


Rappelant également sa résolution 1625 (2005) sur le renforcement de l’efficacité du Conseil de sécurité et du rôle de la société civile dans la prévention et le règlement des conflits armés, en particulier en Afrique,


Rappelant en outre sa résolution 1631 (2005) sur la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et les organisations régionales et la résolution A/RES/59/213 (2004) de l’Assemblée générale sur la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine,


Réaffirmant son attachement à la souveraineté, à l’intégrité territoriale, à l’unité et à l’indépendance politique de tous les États de la région, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération dans les relations entre ces États,


Condamnant à nouveau le génocide commis au Rwanda en 1994 et les conflits armés qui ont dévasté la région des Grands Lacs en Afrique ces 10 dernières années, et se déclarant profondément préoccupé par les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire, qui ont causé d’innombrables pertes en vies humaines, des souffrances humaines et des destructions de biens,


Sachant que le lien entre l’exploitation illégale des ressources naturelles, le commerce illicite de ces ressources et la prolifération et le trafic d’armes est l’un des facteurs qui alimentent et exacerbent les conflits dans la région des Grands Lacs en Afrique, en particulier en République démocratique du Congo,


Se déclarant vivement préoccupé par les effets dévastateurs que le conflit et l’insécurité ont sur la situation humanitaire dans toute la région des Grands Lacs et par leurs conséquences pour la paix et la sécurité régionales, notamment là où des armes et des groupes armés franchissent les frontières, comme dans le cas de l’insurrection sans merci que l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) mène de longue date dans le nord de l’Ouganda, provoquant la mort, l’enlèvement et le déplacement de milliers de civils innocents en Ouganda, au Soudan et en République démocratique du Congo,


Accueillant avec satisfaction les efforts accomplis par la Commission mixte tripartite plus un composée du Burundi, de la République démocratique du Congo, du Rwanda et de l’Ouganda, efforts qui contribuent grandement à renforcer le dialogue entre les pays de la région des Grands Lacs,


Rappelant ses résolutions antérieures dans lesquelles il a réaffirmé qu’il importait de tenir une conférence internationale sur la paix, la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs, et sachant que les pays de la région gardent la maîtrise du processus, l’Organisation des Nations Unies, l’Union africaine, le Groupe des Amis et toutes les autres parties concernées en assurant la facilitation,


Prenant note avec satisfaction de la première Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs, tenue à Dar es-Salaam les 19 et 20 novembre 2004,


Prenant acte de la « Déclaration de bon voisinage » publiée en septembre 2003 par les représentants du Burundi, de la République démocratique du Congo, du Rwanda et de l’Ouganda ainsi que de la Déclaration de Dar es-Salaam adoptée en 2004 lors du premier Sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs,


Constatant les résultats et les progrès non négligeables enregistrés dans le cadre des processus de paix dans la région des Grands Lacs, l’installation récente d’un gouvernement démocratiquement élu au Burundi et l’évolution de la transition vers des institutions démocratiques en République démocratique du Congo,


Exprimant sa gratitude à la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) et à l’Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) pour leur importante contribution à la paix dans la région,


Rendant hommage à la communauté des donateurs pour l’aide qu’elle apporte aux pays de la région et l’encourageant à maintenir cette aide,


Accueillant avec satisfaction la résolution 60/1 de l’Assemblée générale sur le Document final du Sommet mondial de 2005, notamment l’engagement qui y est pris de faire face aux besoins particuliers de l’Afrique,


1.    Salue le rôle positif que le Secrétaire général, l’Union africaine, le Groupe des Amis de la région des Grands Lacs et d’autres parties concernées ont joué en organisant le premier Sommet de la Conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs en Afrique, et en y participant;


2.    Prie instamment les pays de la région des Grands Lacs de continuer à œuvrer collectivement, dans le cadre d’une approche sous-régionale, à promouvoir de bonnes relations, la coexistence pacifique et le règlement pacifique des différends comme prévu par la Déclaration de Dar es-Salaam, et les encourage, en partenariat avec le Représentant spécial du Secrétaire général et d’autres parties concernées, à achever les préparatifs du deuxième Sommet qui se tiendra à Nairobi, notamment en privilégiant les questions de paix et de sécurité en vue de l’adoption d’un pacte de sécurité, de stabilité et de développement pour les pays de la région des Grands Lacs;


3.    Engage les pays de la région à convenir de mesures de confiance fondées sur des actions efficaces et concrètes;


      4.    Encourage et appuie les efforts que les pays de la région des Grands Lacs déploient, individuellement et collectivement, pour renforcer et institutionnaliser le respect des droits de l’homme et du droit humanitaire, notamment le respect des droits des femmes et la protection des enfants touchés par les conflits armés, la bonne gouvernance, l’état de droit, la démocratie et la coopération en matière de développement;


5.    Souhaite voir se développer l’entente et les bonnes relations existant entre les pays de la région, lesquelles ont concouru à la réussite de la transition au Burundi et au bon déroulement de la transition démocratique en cours en République démocratique du Congo;


6.    Exhorte tous les États concernés à faire le nécessaire pour traduire en justice les auteurs de violations graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire et à prendre à cette fin les mesures appropriées de coopération internationale et d’entraide judiciaire;


7.    Soutient les efforts faits par les États de la région pour se doter d’institutions judiciaires nationales indépendantes et fiables afin de mettre un terme à l’impunité;


8.    Condamne fermement les activités des milices et groupes armés opérant dans la région des Grands Lacs, tels queles Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), le Palipehutu-Forces nationales de libération (FNL) et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui continuent d’attaquer les civils et le personnel humanitaire et des Nations Unies et de commettre des violations des droits de l’homme à l’encontre des populations locales, et menacent la stabilité de différents États et de la région tout entière, et exige de nouveau de tous ces groupes armés qu’ils déposent les armes et procèdent volontairement, et sans délai ni conditions, à leur désarmement et à leurs rapatriement et réinstallation;


      9.    Souligne que, sur leurs territoires respectifs, les États de la région doivent désarmer, démobiliser et coopérer au rapatriement ou à la réinstallation, selon le cas, des groupes armés étrangers et des milices locales, et salue à ce propos l’action énergique menée par la MONUC, conformément à son mandat, pour appuyer les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans l’est du pays;


10.   Souligne que les gouvernements de la région ont la responsabilité première de protéger leurs populations, en particulier contre les attaques des milices et des groupes armés, et souligne aussi l’importance de veiller à ce que les travailleurs humanitaires aient accès pleinement, sans entraves et en toute sécurité aux personnes dans le besoin, conformément au droit international;


11.   Engage tous les États de la région à renforcer leur coopération en vue de mettre un terme aux activités des groupes armés illégaux, et souligne que ces États doivent respecter l’obligation que la Charte des Nations Unies leur impose de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de leurs voisins;


12.   Prie instamment la communauté internationale, les organisations non gouvernementales et la société civile d’accroître l’assistance humanitaire aux civils victimes de déplacements et de violences en raison des conflits qui sévissent depuis des années dans la région des Grands Lacs;


13.   Salue les efforts accomplis par les missions de l’Organisation des Nations Unies dans la région, conformément à leurs mandats respectifs, pour protéger les civils, y compris le personnel humanitaire, permettre la fourniture de l’aide humanitaire et créer des conditions favorables au retour volontaire des réfugiés et des personnes déplacées;


14.   Prie le Secrétaire général de faire des recommandations au Conseil, le cas échéant, sur les meilleurs moyens d’aider les États de la région à mettre fin aux activités des groupes armés illégaux, ainsi que sur la manière dont les organismes et les missions des Nations Unies – la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS), la MONUC et l’ONUB – peuvent apporter une aide, notamment sous forme d’un nouvel appui à l’action entreprise par les gouvernements concernés pour assurer protection et aide humanitaire aux civils dans le besoin;


15.   Engage les pays de la région à poursuivre leurs efforts pour que s’instaurent des conditions favorables au retour volontaire des réfugiés et des ex-combattants dans leurs pays d’origine respectifs, ainsi qu’à leur intégration durable et en toute sécurité et, à ce propos, demande à la communauté internationale de fournir aux réfugiés, ainsi qu’à la réintégration et à la réinsertion des rapatriés, des personnes déplacées et des ex-combattants, un soutien à la mesure de l’entreprise;


16.   Engage les pays de la région à renforcer leur coopération avec le Comité du Conseil de sécurité et le Groupe d’experts créés par la résolution 1533 (2004) pour mettre en œuvre l’embargo sur les armes en République démocratique du Congo et à combattre le trafic transfrontalier d’armes de petit calibre et d’armes légères illicites et de ressources  naturelles illicites ainsi que les déplacements transfrontaliers de combattants, et exige de nouveau des Gouvernements de l’Ouganda, du Rwanda, de la République démocratique du Congo et du Burundi qu’ils prennent des dispositions pour que leurs territoires respectifs ne servent pas à faciliter les activités des groupes armés présents dans la région;


17.   Exhorte les gouvernements concernés de la région à intensifier leur coopération pour promouvoir l’exploitation légale et transparente des ressources naturelles entre eux et dans la région;


18.   Accueille avec satisfaction la création de la Commission de consolidation de la paix et souligne l’importance que cette commission peut avoir pour le travail du Conseil de sécurité dans la région;


19.   Invite la communauté internationale, y compris les organisations régionales, les institutions financières internationales et les organes compétents du système des Nations Unies, à appuyer et compléter les initiatives de consolidation de la paix et de développement requises pour parvenir à une paix, une sécurité et une stabilité durables dans les pays de la région des Grands Lacs;


20.   Décide de rester saisi de la question.


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