24/01/2006
Conseil de sécurité
CS/8618

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Conseil de sécurité

5353e séance – matin


LE HAUT COMMISSAIRE DE L’ONU POUR LES RÉFUGIÉS, ANTONIO GUTERRES, S’INQUIÈTE DEVANT LE CONSEIL DE L’INSTABILITÉ AU DARFOUR ET DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS


Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Antonio Guterres, s’est inquiété ce matin, devant le Conseil de sécurité, de la détérioration de la situation au Darfour, où l’insécurité compromet les interventions des institutions humanitaires, ainsi que dans la région des Grands Lacs, plus précisément dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) où les attaques récentes contre les Casques bleus de l’ONU et l’instabilité subséquente ont causé de nouveaux déplacements de populations.  « La situation à la frontière entre le Soudan et le Tchad est probablement la crise humanitaire la plus complexe à laquelle la communauté internationale doit faire face », a dit M. Guterres, avant de lancer un appel au Conseil afin qu’une force de sécurité plus robuste soit déployée au Darfour afin d’y éviter une catastrophe humanitaire. 


Tout en jugeant que le retour des réfugiés au Burundi était étroitement lié au soutien international au redressement économique et à la consolidation de la paix dans ce pays, le Haut Commissaire pour les réfugiés a prôné l’adoption d’une approche régionale pour trouver une solution à l’instabilité en RDC car, a-t-il dit, les interventions humanitaires dans l’est du pays sont rendues presque impossibles par l’insécurité créée notamment par les attaques de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).  Le Haut Commissaire a également alerté le Conseil de sécurité sur les situations humanitaires en République centrafricaine et en Côte d’Ivoire en proie à une aggravation de l’instabilité et de l’insécurité.  Plaidant enfin pour l’intégration de la dimension « réinsertion des réfugiés et des déplacés » dans les programmes de redressement et de développement au niveau national, il s’est dit favorable à une collaboration étroite entre le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) et la nouvelle Commission de consolidation de la paix.


Au terme de sa présentation, le Haut Commissaire a eu un échange de vues avec les représentants des membres suivants du Conseil de sécurité: France, Royaume-Uni, Grèce, Argentine, Slovaquie, Japon, Danemark, Congo, Fédération de Russie, Ghana et République-Unie de Tanzanie. 


EXPOSÉ DU HAUT COMMISSAIRE DES NATIONS UNIES POUR LES RÉFUGIÉS


M. ANTONIO GUTERRES, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, a salué d’emblée la générosité et l’hospitalité de la République-Unie de Tanzanie, qui préside actuellement le Conseil, pour avoir accueilli sur son sol des centaines de milliers de réfugiés au cours de ces dernières décennies.  Il y a sept ans, a-t-il rappelé, alors qu’il était Premier Ministre du Portugal, il avait collaboré étroitement avec le Conseil sur la question du Timor oriental afin d’obtenir une action de la communauté internationale, saluant à cet égard la prompte réaction du Conseil.  Après avoir réaffirmé le soutien du HCR à la mise en œuvre de la résolution 1625, il a insisté sur les deux situations humanitaires d’urgence auxquelles doit faire face le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR), à savoir le Soudan et la région des Grands Lacs.  La situation à la frontière entre le Soudan et le Tchad est probablement la crise humanitaire la plus complexe à laquelle la communauté internationale est confrontée, a dit M. Guterres, soulignant la détérioration de la situation au Darfour et le regain de violence dans la région, y compris au Tchad où des agents humanitaires ont été récemment pris en otages.  Il a lancé un appel au Conseil de sécurité afin qu’une force de sécurité plus robuste soit déployée au Darfour afin d’éviter une catastrophe, faisant observer qu’auparavant, il fallait parvenir à un accord.  Il a invité l’Union africaine et les Nations Unies à travailler ensemble, précisant que le HCR entendait rapatrier sur une base volontaire près de 50 000 réfugiés actuellement en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda dans les prochains mois.  Il a salué le retour volontaire de 75 000 personnes qui ont déjà regagné le Soudan.  Il faudra trois ou quatre ans pour procéder au rapatriement volontaire de tous les réfugiés installés dans les pays voisins, a fait remarquer M. Guterres, jugeant toutefois que les besoins financiers étaient considérables dans la mesure où les administrations et les infrastructures sont quasi-inexistantes. 


Passant à la situation dans la région des Grands Lacs, le Haut Commissaire pour les réfugiés s’est penché sur la situation en RDC et au Burundi où 66 000 réfugiés ont été rapatriés sur une base volontaire.  Néanmoins, là encore, la communauté internationale doit comprendre que la stabilité et le soutien financier sont des éléments clefs pour le succès des efforts humanitaires du HCR.  En RDC, a-t-il dit ensuite, les interventions humanitaires dans l’est du pays sont rendues difficiles, voire impossibles par l’instabilité causée par les attaques de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).  Les situations humanitaires au Soudan, en RDC et au Burundi nous montrent qu’il importe de promouvoir des approches régionales et de mettre en œuvre le concept de la responsabilité de protéger.  Le nombre de réfugiés a atteint le taux le plus faible de l’histoire, grâce notamment au retour de 4 millions d’Afghans ou au retour de déplacés et réfugiés du fait de la guerre en Angola ou en Sierra Leone.  Cependant, une approche durable de la paix et de la reconstruction est essentielle au retour des réfugiés mais l’inverse est vrai aussi dans la mesure où le retour des réfugiés et leur réhabilitation peuvent contribuer à apaiser les tensions.  C’est pourquoi, le HCR est impliqué en Iraq où le retour de 3,3 millions de réfugiés et de déplacés est en cours d’examen dans ce pays, il faudra aussi s’assurer qu’ils retrouvent leurs biens.


Le HCR n’est pas un organisme de développement et n’a pas la prétention de le devenir, a rappelé M. Guterres.  Toutefois, le HCR veut insister pour que dans les programmes de développement nationaux, une attention soit portée sur la question de la réintégration des réfugiés et des déplacés.  C’est pourquoi, le HCR continuera de travailler efficacement au sein du Groupe de coordination pour le développement de l’ONU et exprime dès à présent son intérêt d’œuvrer étroitement avec la Commission de la consolidation de la paix.  Nous espérons que cette Commission pourra faire en sorte que les processus de reconstruction soient visibles au même titre que les crises, car sans développement et sans réintégration, il est peu probable que les crises ne se répètent pas.  M. Guterres a indiqué que le HCR restait vigilant face aux situations en République centrafricaine et en Côte d’Ivoire où les attaques contre les institutions des Nations Unies et les exactions qui se poursuivent contre les civils doivent cesser, au risque de déclencher une crise aux conséquences humanitaires majeures.  Enfin, le Haut Commissaire a exprimé sa détermination à travailler étroitement avec les États Membres afin d’adapter leurs procédures d’asile et de leur permettre de lutter contre l’intolérance. 


Déclarations


M. MICHEL DUCLOS (France) a souligné l’importance des exposés du Haut Commissaire pour les réfugiés qui viennent compléter ceux présentés par le Coordinateur des secours d’urgence, Jan Egeland.  Cet exposé permet de disposer d’une carte de protection des populations et d’une grille d’analyse sérieuse.  Au sujet de la situation au Soudan et au Tchad, a-t-il fait remarquer, les camps de réfugiés du Tchad dont nous assurons la sécurité, connaissent une montée des tensions.  Envisagez-vous d’autres accords avec les pays voisins du Soudan, comme celui conclu entre le Soudan, le Kenya et le Haut Commissariat pour les réfugiés?  Dans le contexte de la consolidation de la paix, il est important de développer des liens entre le HCR et autres institutions spécialisées comme le PNUD ou l’UNICEF.  Estimez-vous que cette coopération se développe suffisamment et existe-t-il des perspectives à cet égard, notamment dans le cadre d’une coopération avec la Commission de consolidation de la paix.  Le représentant a également demandé des précisions sur les liens entre les opérations de maintien de la paix et le HCR.


M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni) a insisté sur le principe de la protection des populations en soulignant l’importance que son pays accorde au mandat du HCR ainsi qu’à la Convention de 1951 et son Protocole de 1956 sur la protection des réfugiés.  Les liens entre personnes déplacées, réfugiés, paix et sécurité sont évidents, a-t-il relevé en insistant pour que les personnes réfugiées soient les acteurs de leur propre destin.  Il a demandé d’indiquer les leçons qui pourraient être tirées de l’expérience du HCR pour garantir la sécurité et un retour durable des flux de réfugiés.  Concernant la gestion post-conflit, il a demandé l’avis du Haut Commissaire sur la nécessité de maintenir le caractère civil des camps de réfugiés.  Est-ce que le HCR estime disposer de suffisamment de capacités et est-ce que ses efforts sont suffisamment coordonnés avec ceux des autres acteurs des Nations Unies?


M. ADAMANTIOS VASSILAKIS (Grèce) a demandé dans quelle mesure l’intensification de la coopération entre le HCR et les organisations régionales pouvait redonner un élan aux activités du Haut Commissariat.  Il a indiqué que l’Europe disposerait d’ici à 2010 d’un système européen commun d’asile.  Il s’est dit encouragé par les retours importants et volontaires de réfugiés en Afghanistan en soulignant que ces retours doivent être accompagnés des structures de reconstruction des sociétés post-conflit, les besoins des réfugiés couvrant un domaine très large.


M. CESAR MAYORAL (Argentine) a indiqué que des rapports récents donnent des raisons d’espérer, le nombre de réfugiés étant au niveau le plus bas depuis 25 ans.  Mais en même temps, certains conflits se prolongent, les atteintes aux droits de l’homme se poursuivent provoquant des déplacements internes massifs.  C’est pourquoi, les conflits internes doivent bénéficier de toute l’attention du Conseil.  Les mandats découlant de résolutions thématiques ou propres à des situations de pays ont une incidence importante sur le mandat de protection du HCR.  Il faut tenir compte de cette interaction lorsque que nous décidons d’une opération de maintien de la paix.  Les missions de maintien de la paix doivent être dotées d’un mandat de protection des camps de réfugiés, dans la mesure où les violations des droits de l’homme des réfugiés dans ces camps sont particulièrement graves.


M. PETER BURIAN (Slovaquie) a salué les efforts du HCR en vue d’offrir une assistance aux 19 millions de réfugiés à travers le monde.  Le renforcement des capacités du personnel chargé de la protection des populations déplacées ou réfugiées en raison de conflits armés demeure une priorité.  Le représentant slovaque a souligné ensuite que la question des personnes déplacées à l’intérieur des États en conflit était une des nouvelles situations auxquelles le HCR avait dû faire face ces dernières années.  À cet égard, il a salué les efforts inlassables déployés par le HCR pour assurer le retour des réfugiés en Afghanistan.  S’agissant de la question du retour des réfugiés vers la République démocratique du Congo (RDC) depuis l’Ouganda, il a demandé à M. Guterres de donner quelques détails sur la situation des réfugiés bloqués à la frontière entre la RDC et l’Ouganda et d’indiquer les moyens permettant de leur venir en aide.


M. KENZO OSHIMA (Japon) a jugé que la tendance à la baisse du nombre de réfugiés à travers le monde était encourageante, avant de considérer toutefois que certaines situations en Afrique étaient préoccupantes.  Il a félicité le HCR pour son dévouement, plaidant ensuite pour une plus grande coopération entre le HCR, les autres organismes humanitaires et de développement et, dans les situations où c’est possible, les opérations de maintien de la paix.  À cet égard, M. Oshima a demandé au Haut Commissaire comment il évaluait le rôle des Casques bleus en appui aux opérations de maintien de la paix.  Le représentant japonais a estimé ensuite qu’il importait de soutenir financièrement les collectivités qui accueillent les réfugiés, notamment en Tanzanie et au Tchad.  Enfin, pour que le retour des réfugiés soit durable, il faut également investir dans les domaines social et économique dans les pays d’origine, de même qu’en matière de sécurité.  S’agissant de la situation des déplacés, dont le nord de l’Ouganda est une manifestation, M. Oshima a demandé au HCR d’en faire une priorité, dans la mesure où ils représentent deux fois plus d’individus que les réfugiés.


Mme ELLEN MARGRETHE LØJ (Danemark) a à son tour salué l’engagement du Haut Commissaire pour les réfugiés et appuyé la réforme du secteur humanitaire pour mieux l’adapter aux urgences.  Le Danemark est préoccupé par la situation des réfugiés et des déplacés au Darfour, en RDC et dans le nord de l’Ouganda, assurant que son pays apporterait de nouvelles contributions financières au HCR pour venir en aide à ces populations.  Cependant, a-t-elle demandé à M. Guterres, sachant que certains fonds ne seront pas disponibles avant mars prochain, comment comptez-vous fonctionner d’ici là?  Elle a demandé que la question des déplacés et des réfugiés soit prise en compte dans les mandats des missions intégrées, approuvant la perspective d’une étroite collaboration entre le HCR et la Commission de consolidation de la paix.  Elle a demandé au Haut Commissaire d’évaluer la collaboration interinstitutions et souhaité savoir quelles étaient les chances de voir les organismes de développement reprendre le mandat du HCR dans la réinsertion des déplacés et des réfugiés dans la phase de développement.


M. LUC JOSEPH OKIO (Congo) a souligné l’ampleur de la tâche assignée au Haut Commissaire, jugeant que les premiers résultats sont louables.  Toutefois, la situation des réfugiés ne s’améliore pas dans certaines régions, a souligné le représentant du Congo invitant le HCR à prêter une attention particulière à la situation au Darfour, au Soudan et dans la région des Grands Lacs.  Saluant ensuite le processus de retour des réfugiés engagé par le HCR au Burundi, en RDC et au Libéria, il a jugé qu’il fallait mettre en place les conditions optimales pour favoriser leur retour, y compris sur le plan de la sécurité.  Le représentant du Congo a demandé qu’une attention soit portée aux causes des conflits en Afrique, avant de demander à M. Guterres d’indiquer à quel stade se trouve actuellement l’initiative « Convention Plus », ainsi que les attentes du HCR en ce qui concerne l’installation des réfugiés dans les pays d’accueil. 


M. ANDREY DENISOV (Fédération de Russie) a relevé que les déplacements massifs de populations constituent un facteur dangereux de déstabilisation politique, social et économique.  Dans ces conditions, il est important qu’il y ait coordination entre les opérations de maintien de la paix en Afrique et le HCR sur le terrain afin d’identifier les couches les plus vulnérables de la population.  La Mission de l’Union africaine au Soudan a notamment permis de faire baisser le niveau de violence au Darfour.  En 2005, notre pays a apporté sa contribution volontaire au HCR que nous entendons augmenter à l’avenir.


M. ROBERT TACHIE-MENSON (Ghana) a estimé que les réalisations du HCR sont sans égal dans la mesure où il s’agit de l’institution humanitaire la plus efficace ayant redonné espoir à des millions de personnes.  La question maintenant est de savoir comment aider le Haut Commissariat à relever les multiples défis qui se posent à lui, notamment celui de permettre aux réfugiés de demander asile et de leur accorder protection.  Les migrations illégales viennent aussi compliquer la situation.  La question des réfugiés et celle des migrants illégaux sont généralement examinées sous le même angle alors qu’il s’agit en fait de deux problèmes distincts.  L’abus du statut de réfugié par certains migrants illégaux ne doit pas affaiblir le principe de protection internationale des réfugiés.  Il est aussi important que les États s’acquittent de leurs obligations conformément à la Convention de 1951.


M. WILLIAM BRENCICK (États-Unis) a indiqué que son pays est un ardent défenseur de la mission du HCR et a l’intention de maintenir son appui financier.  Les États-Unis maintiendront leur approche de coopération au sein des Nations Unies, notamment dans le cadre de la réforme, pour suivre cette question.


M. VITALIANO GALLARDO (Pérou) a encouragé le HCR à explorer les voies et moyens de venir en aide à toutes les personnes déplacées et aux réfugiés.  Il s’est félicité de l’accord conclu entre le Soudan, le Kenya, et le Haut Commissariat pour les réfugiés en vue de rapatrier des milliers de réfugiés.  La situation dans un pays, a-t-il fait remarquer, peut avoir des incidences directes sur la situation des pays voisins.  


M. AUGUSTINE P. MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a précisé que son pays accueillait plus de 500 000 réfugiés sur son sol, ce qui est le plus grand nombre de réfugiés ayant trouvé un abri dans un territoire national.  Le représentant a précisé que son pays considère l’accueil de réfugiés comme un devoir.  Il est toutefois nécessaire d’établir une véritable distinction entre les criminels et les vrais demandeurs d’asile.  Il est important d’accepter et de mettre en œuvre des principes de protection des réfugiés et demandeurs d’asile.  Le représentant a plaidé en faveur d’une certaine action préventive avant l’éclatement des conflits.  L’action du HCR, a-t-il précisé, doit s’accompagner d’une action en matière de sécurité et être suivie d’une phase de reconstruction.  La création de la Commission de consolidation de la paix est donc la bienvenue et nous souhaitons qu’elle reçoive les ressources nécessaires à son bon fonctionnement.


Répondant aux questions posées par les délégations, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a admis, en s’adressant à la délégation française, que la situation des réfugiés au Tchad où les ressources sont limitées était préoccupante.  Il a toutefois souligné que le HCR avait engagé des négociations qui ont permis de parvenir à un compromis pour que la présence des réfugiés n’affecte pas durablement les ressources naturelles.  Le problème du fossé entre aide humanitaire et développement ne se résoudra pas uniquement par la coopération interinstitutions, a fait valoir M. Guterres, après avoir mentionné une initiative conjointe avec le PNUD.  Le Haut Commissaire a jugé que ce dilemme correspond à une vision nationale et relève avant tout des États Membres qui déterminent  l’importance qu’ils accordent à l’aspect humanitaire et à l’aspect développement.  Reconnaissant le caractère civil des interventions humanitaires, il a jugé que sans sécurité, il était impossible de fournir une aide humanitaire et de protéger les populations, estimant à ce titre que la coopération avec les missions de paix était essentielle.  Se tournant vers le Royaume-Uni, il a considéré que ce n’est qu’en confrontant les réalités de l’action sur le terrain aux approches suggérées que l’on parviendrait à de meilleurs résultats.  Il a souligné ensuite que la situation humanitaire au Tchad et au Soudan est la plus grave à laquelle la communauté internationale sera bientôt confrontée, insistant à cet égard sur la pertinence et l’urgence de la conclusion d’un accord de paix sur le Darfour.  De l’avis de M. Guterres, l’Union africaine n’a pas été dotée des ressources indispensables à son action sur le terrain.


Le Haut Commissaire, se penchant sur les questions de sécurité, a jugé qu’elles relevaient de la compétence nationale.  Des mesures ont été prises pour promouvoir une plus grande collaboration avec les mécanismes d’alerte rapide des autres institutions de l’ONU.  Il a pris acte des observations de la Grèce relatives à la réforme des Nations Unies, jugeant ensuite que l’initiative de l’Argentine de prêter attention aux personnes réfugiées et de les accueillir était appréciable.  Il y a des progrès en matière de rapatriement en Afghanistan, a-t-il dit ensuite à l’adresse du représentant de la Slovaquie.  Concernant les 80 000 réfugiés encore localisés à Kisoro, à la frontière entre la RDC et l’Ouganda, il a indiqué que le HCR leur apportait une aide alimentaire et seraient probablement déplacés dans la région de Nyakivale afin de les éloigner de la frontière.  Pour ceux qui souhaitent regagner la RDC, nous étudions les solutions au cas par cas et envisageons de conclure un accord avec l’Ouganda pour leur installation, a-t-il indiqué. 


Après avoir salué la contribution du Japon, et celle de son prédécesseur, Mme Ogata, à la création des conditions viables au retour des réfugiés, M. Guterres a reconnu que le Danemark a toujours été très actif dans le processus de réforme.  Répondant à la question de la représentante du Danemark sur le financement des programmes en direction des personnes déplacées, il a indiqué que l’objectif consistait à diversifier les ressources.  Il a prôné une double obligation de justifier l’utilisation des fonds pour les destinataires et pour les donateurs dans le cadre d’un dialogue transparent, afin que les fonds alloués pour le Pakistan ne servent pas en Afrique et vice-versa.  Cependant, nous avons des perspectives financières très sombres, a-t-il dit, expliquant que le défi du HCR est de promouvoir une rationalisation des fonds.  Il a salué la contribution du Danemark à l’initiative visant à rendre les conditions de vie des réfugiés en Ouganda durables et viables. 


Remerciant ensuite le représentant du Congo pour sa préoccupation pour la sécurité du personnel humanitaire, il a expliqué que la « Convention Plus » était intégrée dans les mécanismes du HCR, entre autres comme garantie du succès des opérations de retour.  Il a ensuite annoncé qu’il se rendrait prochainement en Fédération de Russie, saluant les propos du représentant russe concernant les réformes internes du HCR.  Il a enfin salué le Ghana pour la gestion remarquable des flux récents de réfugiés provenant du Togo et remercié le représentant des États-Unis pour l’appui apporté à la question des populations déplacées ainsi que le Pérou et la Tanzanie pour leur tradition d’accueil et d’hospitalité.  Concernant la Tanzanie, M. Guterres a estimé que s’il était un des membres du Conseil le mieux au fait de la question des réfugiés, c’était bien ce pays, assurant actuellement la présidence du Conseil que le HCR continuerait d’appuyer dans la gestion des réfugiés.  Enfin, le Haut Commissaire a souligné que pour la grande majorité des réfugiés dans le monde, la priorité était de rentrer chez eux et que pour cela, la communauté internationale devait renforcer les mécanismes de retour volontaire et la sécurité. 


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