27/03/2006
Assemblée générale
AG/10451

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Assemblée générale

74e séance plénière – après-midi


L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE FAIT DU 17 MAI LA JOURNÉE MONDIALE DE LA SOCIÉTÉ DE L'INFORMATION

 


L'Assemblée générale, cherchant à sensibiliser l'opinion aux moyens de réduire la fracture numérique, a décidé cet après-midi de faire du 17 mai la Journée mondiale de la société de l'information.


Par cette résolution (1), adoptée par consensus, l'Assemblée générale décide en outre de contribuer ainsi à la sensibilisation de cette opinion aux perspectives qu'ouvre l'utilisation de l'Internet et des technologies de l'information et des communications dans les domaines économique et social.


L’Assemblée générale a décidé de procéder en 2015 à un examen d'ensemble de la mise en œuvre des textes issus du Sommet mondial sur la société de l’information, lequel s’est déroulé en deux phases, l’une à Genève, l’autre à Tunis (2).  Elle a prié instamment les États Membres, les organes concernés de l'ONU, ainsi que d'autres organisations intergouvernementales, des organisations non gouvernementales, la société civile et le secteur privé, de participer activement à l'application et au suivi des résultats du Sommet.


Toutes les parties prenantes, quels que soient leurs priorités et leurs centres d'intérêt, sont désormais appelées à concrétiser la sensibilisation internationale en faveur d'une société de l'information plus équilibrée, harmonieuse et fondée sur la solidarité, s’est félicité le Ministre tunisien des technologies de l’information, Montasser Ouaili, qui présentait le projet de résolution.  Internet peut aider les plus pauvres et les plus marginalisés à se faire entendre, a expliqué de son côté la Vice-Présidente de l’Assemblée générale, Judith Mbula Bahemuka (Kenya), soulignant dans le même temps la nécessité de trouver des moyens de protéger les populations contre ses effets néfastes de l'Internet.


Par ailleurs, l'Assemblée générale a approuvé sans vote (3) en vue de la participation à la réunion de haut niveau et à l'examen d'ensemble des progrès accomplis dans la réalisation des objectifs fixés dans la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida, qui auront lieu du 31 mai au 2 juin 2006, la liste des représentants de la société civile (4) établie par le Président de l'Assemblée.


Enfin, l'Assemblée générale a élu Israël membre du Comité du programme et de la coordination, pour un mandat commençant le 27 mars 2006 et s'achevant le 31 décembre 2008 (5).  La candidature d’Israël à l’un des deux postes incombant aux États d’Europe occidentale et autres États avait été présentée par le Conseil économique et social (ECOSOC) le 7 février dernier.


Le Ministre des technologies de la communication de la Tunisie a pris la parole.  Les représentants des Émirats arabes unis, au nom des pays arabes, de l'Autriche, au nom de l'Union européenne, d’Afrique du Sud, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, du Brésil, au nom du Groupe des États d'Amérique latine et des Caraïbes, de la Malaisie, du Pakistan, du Népal, du Nigéria et de la République arabe syrienne se sont également exprimés.


1) Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.50

2) Rapport de l’Union internationale des télécommunications A/60/687

3) Projet de décision publié sous la cote A/60/L.51

4) Liste figurant dans le document A/60/CRP.2

5) Note du Secrétaire général publiée sous la cote A/60/216/Add.1


TECHNOLOGIESDE L’INFORMATION ET DES COMMUNICATIONS AU SERVICE DU DÉVELOPPEMENT


Mme JUDITH MBULA BAHEMUKA (Kenya), Vice-Présidente de l'Assemblée générale, a affirmé que les technologies de l'information et des communications constituaient une question essentielle dans le domaine du développement.  La réunion d'aujourd'hui représente une nouvelle étape pour la mise en œuvre des résultats du Sommet de 2005, a-t-elle estimé.  Selon la Vice-Présidente, Internet est devenu partie intégrante du monde des affaires et de la vie des personnes. 


Malheureusement, a-t-elle ajouté, des millions n'y ont encore pas accès.  Or, Internet peut aider les plus pauvres et aider les plus marginalisés à se faire entendre, a-t-elle expliqué, soulignant également la nécessité de trouver des moyens de protéger les populations contre les effets néfastes de l'Internet.  Un système de gouvernance est nécessaire grâce auquel on pourra assurer et couvrir la coopération multilatérale et impliquer les gouvernements, les organisations non gouvernementales, le secteur privé, la société civile et les médias.


M. MONTASSER OUAILI, Ministre des technologies de la communication de la Tunisie, qui présentait le projet de résolution A/60/L.50, a affirmé que la tenue du Sommet mondial de la société de l'information en deux phases, la première dans un pays du Nord, la Suisse, à Genève, la deuxième dans un pays du Sud, la Tunisie, à Tunis, demeurait un symbole en vue de véhiculer un message de solidarité et établir un pont entre différents degrés de développement et de réunir des réalités numériques différentes.  La phase de Tunis a permis d'aboutir à un ensemble de conclusions dont la mise en œuvre et le suivi seront menés par toutes les parties prenantes, y compris les gouvernements, les organisations internationales et intergouvernementales, la société civile et le secteur privé, a-t-il déclaré. 


Selon le Ministre, l'Engagement de Tunis exprime la volonté politique de la communauté internationale de mettre en œuvre les décisions prises lors des deux phases du Sommet en faveur de la réduction de la fracture numérique et l'établissement d'une société équitable orientée vers le développement.  Le Ministre a déclaré que toutes les parties prenantes, parmi lesquelles les gouvernements, les organisations internationales et intergouvernementales, la société civile et le secteur privé, quelles que soient leurs priorités et leurs centres d'intérêt, étaient appelées à honorer leurs engagements et devaient contribuer efficacement à mettre en œuvre les décisions émanant des deux phases du Sommet, ainsi qu'à sensibiliser l’opinion internationale en faveur d'une société de l'information plus équilibrée, harmonieuse et fondée sur la solidarité.


M. ABDULAZIZ NASSER AL-SHAMSI (Émirats arabes unis), intervenant au nom du Groupe arabe et saluant les résultats du Sommet mondial sur la société de l’information, dont la seconde phase s’est tenue en novembre 2005 à Tunis, a plaidé pour la levée des obstacles qui empêchent les pays en développement d’atteindre les objectifs définis dans le domaine des nouvelles technologies. 


Il a réaffirmé ensuite l’importance des technologies de l’information et des communications dans l’accomplissement de progrès notables dans les domaines politique, éducatif et socioéconomique, jugeant que l’absence de ces outils justifiait les retards et le fossé numérique entre régions du monde.  Il a exhorté les pays donateurs et les institutions financières internationales à accélérer les processus de financement et de transferts de technologies, conformément aux engagements pris dans le cadre du Consensus de Monterrey. 


Le représentant a également lancé en appel un faveur d’une réglementation de l’Internet afin de s’assurer d’une meilleure transparence et d’un respect des valeurs et de la diversité culturelle et religieuse.  Il a demandé en outre que les services de l’ONU en langue arabe –qui concernent 10% des États Membres de l’Organisation- soient modernisés, qu’il s’agisse des services de traduction et d’interprétation, de la mise en ligne de documents, ou encore des programmes de radio et de télévision.  Enfin, M. Al-Shamsi a insisté sur la nécessaire mise en place d’un fonds de solidarité numérique en faveur des pays en développement.


Intervenant au nom de l’Union européenne, M. ALEXANDER MARSCHIK (Autriche) a salué l’adoption de la résolution sur le Sommet mondial sur la société de l’information (WSIS) et la soumission du rapport de l’IUT sur la question.  Il a précisé que l’inclusion dans cette résolution de dispositions contenues dans les documents de Tunis ne devait pas être comprise comme la volonté de privilégier ces dispositions par rapport à d’autres.  Il a estimé que l’esprit de Tunis devait nous aider à passer des principes à l’action notamment dans les domaines soulevés à Genève comme la gouvernance de l’Internet, les mécanismes financiers ou encore la promotion de partenariats entre les différents acteurs de la société de l’information.  Il a dit que les documents de Tunis confirmaient le consensus de la Déclaration de principe et le Plan d’action de Genève de décembre 2003.  En réaffirmant les principes de Genève, a-t-il ajouté, le Sommet de Tunis réitère que la liberté d’expression et la circulation d’informations, des idées et des savoirs étaient essentielles à la société de l’information.  


Par ailleurs, il a indiqué que l’Union européenne insistera notamment sur le caractère des droits de l’homme dans la mise en œuvre de cette société de l’information.  A Tunis, a-t-il insisté, nous avons fait le voeu de combler le fossé numérique et de reconnaître le rôle des technologies de l’information et des communications (TIC) dans la promotion et la réalisation des OMD.  L’Union européenne est déterminée, a-t-il ajouté, à mettre en oeuvre les recommandations de Tunis dans sa politique de développement.  Il s’est dit persuadé de la nécessité d’avoir une vision d’ensemble de la « solidarité numérique ».  C’est pourquoi, tout en soulignant la nécessité de mobilisation de ressources grâce à des mécanismes financiers existants, il a salué l’établissement d’un Fonds de solidarité numérique (DSF) l’année dernière à Genève pour la promotion de la société de l’information.           


M. SIVU MAQUNGO (Afrique du Sud), qui s'exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a déclaré que la nécessité d'une participation de toutes les parties prenantes constituait la réalité du système mondial actuel dans lequel il est nécessaire que tous les partenaires soient impliqués pour créer une société de l'information inclusive, centrée sur les populations et le développement.


Le représentant a ajouté qu'en adoptant ce texte, la communauté internationale exprimait sa volonté de mettre en œuvre les conclusions issus de Genève et de Tunis, réaffirmant que la gestion internationale de l’Internet doit être un processus multilatéral, transparent et démocratique, avec la participation pleine et entière des gouvernements, du secteur privé, de la société civile et des organisations internationales. 


M. HENRIQUE VALLE (Brésil), qui s'exprimait au nom du Groupe des États d'Amérique latine et des Caraïbes (GRULAC), a jugé important que toutes les parties prenantes, les gouvernements, la société civile, le secteur privé et les organisations internationales, participent au processus de suivi des résultats des réunions de Genève et de Tunis.  Le représentant a ajouté qu'il était important de réformer et de renforcer la Commission sur la science et la technique au service du développement afin qu’elle puisse jouer son rôle directeur dans le suivi des décisions de Genève et de Tunis. Cette tâche revient à l’ECOSOC, durant sa session de fond qui aura lieu à Genève, en août 2006.


M. HAMIDON ALI (Malaisie) a déclaré que la révolution numérique avait eu un impact sur presque tous les aspects de notre vie quotidienne et continuerait de jouer un rôle prédominant au sein de la communauté mondiale sur la façon d’entrevoir le développement futur de notre monde.  Malheureusement, a t-il regretté, les bénéfices des TIC ont été inégalement répartis et nous devons aujourd’hui tout mettre en œuvre afin de combler le fossé qui divise les riches et les pauvres afin d’éviter la marginalisation de certaines nations.  Il a rappelé que les deux phases de Genève et Tunis du Sommet avaient mis l’accent sur la nécessité d’agir en ce sens.  Reconnaissant le lien entre les TIC et le développement, il a notamment souligné l’importance de ces technologies pour réduire l’ignorance et renforcer les capacités des individus et des gouvernements, de promouvoir la paix et la tolérance et d’accélérer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.


Il a noté les succès obtenus mais a souhaité des progrès dans d’autres domaines, soulignant notamment qu’il faut parvenir à rendre accessible les TIC à tous sans risquer de nuire aux mécanismes financiers existants.  Il a aussi mentionné la nécessité d’assurer la sécurité de l’Internet et de garantir le respect de la vie privée, ou encore de mettre en place un environnement institutionnel qui puisse à la fois préserver le développement de marchés et les objectifs de connectivité. 


Il a dit que son pays était fier de participer à l’Alliance mondiale sur les TIC en espérant qu’il pourra partager son expérience acquise notamment du forum consacré au thème « Connaissance et TIC pour le développement (ICT4D) » organisé en collaboration avec la Banque islamique de développement (BID).   Il a précisé que l’objectif de ce forum était de promouvoir la coopération des États de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI). Au niveau politique, a-t-il précisé, le ICT4D était une claire manifestation de la volonté politique des États islamiques de s’entraider afin de mieux s’intégrer à ce processus de développement mondial. Enfin il a souhaité que la communication et l’information soient réellement accessibles à toute l’humanité et non seulement à quelques privilégiés.   


M. ASAD M. KHAN (Pakistan) a rappelé les dispositions arrêtées lors du Sommet mondial de 2005 afin de placer les nouvelles technologies de l’information et des communications (TIC) au cœur des stratégies de développement.  La démarche initiée dans le cadre du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) permet d’associer la plupart des parties prenantes à l’effort numérique, a poursuivi le représentant, saluant la volonté politique qui se dégage dans l’émergence d’une société de l’information au niveau mondial.  Il a lancé un appel pour la mise en œuvre opérationnelle des grandes orientations du SMSI, rappelant le rôle important joué par le Pakistan dans la définition du cadre de gouvernance de l’Internet, avec ses corollaires que sont la liberté d’expression et la « cyber-sécurité ».  Notre Gouvernement met également l’accent sur le développement des TIC en milieu scolaire et universitaire, a poursuivi M. Khan, prenant l’exemple des universités virtuelles, ou de la création d’un ministère dédié aux nouvelles technologies. 


M. RAM BABU DHAKAL (Népal) a déclaré que sa délégation considérait que les objectifs et les activités définis dans le cadre du Plan d’action adoptés à l’occasion du Sommet mondial devraient contribuer à renforcer la capacité des pays en développement à faire face aux défis posés par les technologies de l’information et des communications (TIC).  Le développement d’une société de l’information inclusive devrait permettre d’élargir la capacité de tous d’accéder à ces mêmes technologies, avec la formation indispensable pour les utiliser correctement, a-t-il estimé.  Pour sa part, le Népal a adopté une politique nationale en ce domaine, qui vise notamment à instaurer un environnement favorable dans lequel toutes les parties prenantes pourront bénéficier des TIC.  Le Gouvernement s’est par ailleurs engagé à rendre ces technologies disponibles pour les populations établies dans les zones rurales, a poursuivi le représentant.  Enfin, une Commission de haut niveau a été créée en vue de construire les infrastructures et de prendre les dispositions juridiques nécessaires au développement du secteur des TIC dans le pays.


M. AMINU BASHIR WALI (Nigéria) a souligné l’urgence de combler le fossé numérique afin de mettre le potentiel des TIC au service du développement et de la croissance économique des pays en développement.  Il s’est félicité de l’adoption par l’Assemblée générale d’une résolution de suivi du Sommet mondial de la société de l’information.  Il a déclaré que son pays attachait une grande importance aux documents finals des deux réunions du Sommet en exhortant les États Membres et autres participants à tout mettre en œuvre pour que les engagements pris se concrétisent. 


Il a assuré que le Nigéria était disposé à œuvrer pour réaliser cet objectif.  C’est dans ce contexte que le Nigérai a versé une contribution au Fonds pour la solidarité numérique.  Nous sommes persuadés, a-t-il ajouté, que les TICS permettront à notre stratégie nationale de développement d’atteindre ses objectifs de développement.  Enfin, il s’est félicité de l’attention accordée aux situations particulières des pays en développement notamment des pays africains.  Mais il est essentiel que la communauté internationale accorde à ces pays un accès aux TIC à des coûts raisonnables.


M. MILAD ATIEH (République arabe syrienne) a déclaré que le Sommet mondial sur la société de l'information était parvenu à des décisions essentielles, et a cité en particulier l'accord sur la gouvernance mondiale de l'Internet.  Le représentant a ajouté que son pays appréciait la contribution des agences et des institutions des Nations Unies dans ce processus susceptible de contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. 


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