07/03/2005
Communiqué de presse
FEM/1497



Commission de la condition de la femme

Quarante-neuvième session

11e & 12e séances – matin & après-midi


LES INSTITUTIONS ET ORGANISATIONS INTERNATIONALES ET RÉGIONALES TÉMOIGNENT DE LA VULNÉRABILITÉ DES FEMMES FACE À LA PAUVRETÉ ET À LA VIOLENCE


Institutions des Nations Unies et organisations intergouvernementales internationales et régionales se sont jointes aux délégations, aujourd’hui, pour enrichir le débat général de haut niveau sur l’examen du suivi de la Conférence mondiale sur les femmes de Beijing et de la 23e session extraordinaire de l’Assemblée générale de leurs propres expériences et données de terrain.


L’expérience prouve que dans les situations de pauvreté et de violence, les personnes, et notamment les femmes, sont très vulnérables et, de ce fait, soumises à l’exploitation sexuelle et à d’autres formes d’abus, a ainsi affirmé la Représentante spéciale de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.  Des milliers de jeunes filles sont violées dans certaines zones de conflit en Afrique, a-t-elle assuré, exhortant les gouvernements et toutes autres personnes ou entités en situation d’autorité à appliquer les normes les plus strictes.


La traite des femmes, qui n’a jamais été aussi importante dans le monde, est une autre source d’inquiétude.  Elle représente la négation même du droit à la liberté et à la sécurité, du droit à la liberté face à la torture, à la violence, à la cruauté, au traitement dégradant, du droit à la liberté de mouvement, du droit à la famille, du droit à la santé et à l’éducation, de tout ce qui permet à un être humain de vivre dans la dignité, a souligné la Rapporteuse spéciale sur le trafic des personnes.  Là aussi, la proportion des victimes potentielles dans la plupart des régions du monde augmente en fonction des inégalités, de l’insécurité alimentaire, de la violence, des conflits, de la discrimination et des phénomènes de migration, a-t-elle estimé, soulignant que certains pays continuent de traiter des victimes des trafics comme des criminels plutôt que comme des victimes qui méritent d’être aidées. 


La Directrice générale adjointe de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a fait état, de son côté, d’une féminisation de la migration.  De plus en plus, les femmes migrent pour trouver un emploi pour elles-mêmes, a-t-elle constaté, notant qu’elles pouvaient trouver dans la migration un gain d’autonomie qui leur permet d’être en mesure d’exercer leurs droits plus efficacement.  Elle a ainsi espéré que le potentiel de cette importante ressource que constituent les femmes migrantes soit mieux exploité. 


Pour sa part, la représentante de la Commission des affaires sociales de l’Union africaine a critiqué la vision économique conservatrice de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui, selon elle, n’intègrent pas la dimension sexospécifique dans leurs activités et programmes.  Elle a également regretté que la voix des femmes et leurs besoins soient rarement entendus dans les négociations de paix.  Le Ministre des affaires sociales et intérieures de Kiribati, M. Amberoti Nikoba, qui s’exprimait au nom du Groupe des îles du Pacifique, a en revanche mis en avant le rôle remarquable des femmes dans les efforts régionaux pour l’établissement de la paix dans les conflits armés, comme Bougainville et les îles Salomon.  Il s’est ainsi félicité de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, notant sa pertinence en matière d’alerte des gouvernements sur l’impact que font peser les conflits sur les femmes et les enfants, et leur rôle pour assurer la paix, la sécurité et la stabilité.


La voie est longue pour parvenir à une parfaite égalité entre hommes et femmes, a estimé quant à elle la représentante de l’Union interparlementaire (UIP) qui a constaté que la représentation des femmes dans la vie politique demeurait faible: 15,7% des parlementaires dans le monde sont des femmes et seulement 16% des postes ministériels sont occupés par des femmes.  Les femmes ministres sont souvent reléguées aux affaires sociales, a-t-elle regretté, insistant sur le rôle des parlements, en tant qu’outils de contrôle des politiques et des engagements des gouvernements, pour obtenir la parité entre les sexes.


Ont également pris la parole les Ministres et représentants de la Fédération de Russie, de la Slovénie, de Cuba, du Malawi, du Népal, du Burundi, du Niger, de Fidji, du Gabon, de l’Angola, du Timor-Leste, de la Mongolie, des Philippines, de Samoa, de la République dominicaine, du Nicaragua, d’el Salvador, de la Colombie, du Yémen, du Rwanda, du Togo, de Maurice, de la République de Corée, du Liechtenstein, du Myanmar, de la Thaïlande, du Belize, de la République tchèque, de la Hongrie, de la République populaire démocratique Lao, de l’Équateur, du Saint-Siège, de la Jamaïque, de Malte, de l’Éthiopie, de la Jamahiriya arabe libyenne, du Guyana, de la Communauté européenne, du Commonwealth, de l’Organisation internationale de la Francophonie, de l’Association internationale des conseil économiques et sociaux et institutions similaires, de l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles (IUCN), de la CESAO et du FIDA.


La Commission de la condition de la femme reprendra ses travaux demain, mardi 8 mars à 10 heures.  Après la tenue d’une table ronde consacrée à la célébration de la Journée internationale de la femme sur le thème « égalité entre les sexes au-delà de 2005: construire un avenir plus sûr », elle poursuivra son débat général. 


SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »


Déclarations


M. SERGEY BEREZNIY (Fédération de Russie) a rappelé qu’au cours des 10 dernières années, son pays avait connu des changements politiques, économiques et culturels qui avaient eu des conséquences sur la condition des femmes.  La croissance a permis d’augmenter l’emploi des femmes et d’accroître leurs revenus et leurs pensions, a-t-il précisé.  Les sphères d’activités des femmes ont été élargies, a-t-il ajouté, notant que leur niveau d’éducation restait élevé et stable.  Le représentant a indiqué qu’en Fédération de Russie, 90% des professeurs étaient des femmes.  Il a souligné qu’un document conceptuel visant à l’égalité entre les sexes a été mis en place pour parvenir à une politique unifiée.  Le représentant a également indiqué que le Code pénal comportait un nouvel article sur la traite des femmes, lequel prévoit des peines sévères.  Un système de sécurité sociale en faveur des femmes et des enfants, dans la ligne de Beijing, est prévu, a-t-il affirmé.  Le pays compte 2 000 organisations qui assurent la promotion des femmes et constituent un mouvement très fort, a-t-il dit.  La Fédération de Russie est décidée à appliquer les engagements pris à Beijing, a-t-il conclu.


Mme TANJA SALECL, Directrice du Bureau pour l’égalité des chances de la Slovénie, a expliqué comment son pays avait œuvré à la parité entre les sexes dans le cadre de l’application de ses obligations internationales en matière d’égalité mais également de développement.  Elle a évoqué l’adoption de lois pour accroître la représentation des femmes dans la vie politique et pour protéger les femmes de la violence.  Des textes de loi visent également à garantir l’égalité de traitement dans tous les domaines de la vie.  Ces lois forment la base juridique de notre action.  Elles introduisent une base légale pour l’introduction de mesures d’action positive et pour l’intégration de la dimension sexospécifique et forme les fondations du futur Bureau pour l’égalité des chances qui a pour mandat d’examiner les plaintes déposées par les femmes pour discriminations.  Pour surmonter les barrières sociale, le Gouvernement slovène a également axé ses efforts sur des stratégies de communication permettant de mieux comprendre les normes juridiques internationales et les lois nationales par lesquelles le pays est tenu.


Mme YOLANDA FERRER GOMEZ, Membre du Parlement de Cuba, a estimé que non seulement la pauvreté s’était féminisée, mais aussi l’exclusion sociale.  On observe aujourd’hui les contrastes sociaux les plus gigantesques et les actes génocidaires les plus irrationnels, dont sont victimes les femmes, les enfants, les personnes âgées, a-t-elle souligné.  À cela s’ajoute, selon elle, le danger dominant de voir le théâtre des conflits s’élargir aux coins les plus obscurs de la planète.  Elle a affirmé que 34% des dirigeants d’entreprises et 35% des députés étaient des femmes, la parité à Cuba étant acquise à tous les niveaux.  La représentante a dénoncé le « blocus économique et financier » que les États-Unis appliquent depuis plus de 45 ans contre son pays.  Il s’agit, a-t-elle ajouté, d’essayer d’exterminer un pays libre souverain et démocratique parce qu’il a choisi une voie indépendante de développement économique, politique et social.  Elle a conclu en indiquant que Cuba avait progressé dans l’amélioration de la condition de la femme cubaine, grâce à une conception juste de l’égalité entre les sexes.


Mme JOYCE BANDA, Ministre de l’égalité des sexes, du bien-être des enfants et des services communautaires du Malawi, s’est déclarée convaincue que l’éducation est un élément essentiel à la réalisation de l’égalité des sexes.  C’est la raison pour laquelle l’éducation primaire est gratuite depuis 1994 au Malawi.  Au titre d’autres éléments essentiels, elle a cité les droits à la santé reproductive dont les programmes nationaux ont contribué à l’augmentation du recours aux contraceptifs, à la réduction du taux de fertilité et à la baisse de la mortalité infantile.  Malgré cela, le taux de mortalité maternelle demeure élevé avec 1 120 décès pour 100 000 naissances.  La Ministre a ensuite fait part des mesures prises par son Gouvernement pour lutter contre la violence fondée sur le sexe avant de s’attarder sur la question de la participation des femmes aux processus de prise de décisions.  Elle a ainsi indiqué que le pays a, pour la premières fois, placé une femme à la tête de la police nationale tandis que le Parlement compte désormais 13% de femmes, soit une augmentation de 8,5% par rapport à 1999.  Tous ces gains sont compromis par la pandémie du VIH/sida, a-t-elle mis en garde en indiquant qu’il s’agit d’un fardeau particulièrement lourd pour les femmes qui doivent s’occuper des malades et des orphelins et renoncer ainsi à leur place dans l’appareil productif.  La majorité des femmes n’ont pas accès aux soins et il revient à la communauté internationale d’intensifier ses efforts pour combattre ce fléau, a conclu la Ministre. 


Mme DURGA CHRESTHA, Ministre pour les femmes, les enfants et le bien-être social du Népal, a plaidé pour que les efforts nationaux soient épaulés par les efforts de la communauté internationale.  La représentante a fait part de la détermination de son Gouvernement à promouvoir la parité en relevant que dans les pays en développement, la pauvreté et la violence envers les femmes constituent de réels obstacles à la réalisation de la parité.  Le Gouvernement a adopté un plan d’action national en 1997, qui a été mis à jour en 2002.  Il existe un réseau de points de contact eux-mêmes reliés aux divers ministères.  Un manuel sur la parité a également été mis au point.  Des progrès ont été réalisés au niveau de la santé et de l’éducation des femmes même si des clivages existent.  Nous avons également noué des liens avec les représentants de la société civile dans nos efforts de parité entre les sexes.


Mme MARIE GORETTL NDUWIMANA, Ministre de l’action sociale et de la promotion de la femme du Burundi, a souligné que son pays vivait une situation de guerre fratricide depuis 1993, soit deux ans avant l’adoption du Programme d’action de Beijing.  Cette guerre a frappé particulièrement les femmes et les enfants.  La paix n’est pas encore totale sur le territoire national, a-t-elle ajouté.  Dans le domaine de la santé, les femmes sont également les plus fragilisées et exposées, en particulier face à l’épidémie de VIH/sida, a-t-elle affirmé, précisant qu’un programme national de la santé reproductive avait été mis en place.  Toutefois, l’insuffisance de l’aide extérieure, des infrastructures, les coûts directs et indirects des soins constituent, selon elle, autant d’obstacles à la mise en œuvre des actions.  Beaucoup de barrières existent à travers le poids de la coutume, notamment dans l’accès à la terre, à l’épargne et au crédit, a-t-elle dit.  Les organismes internationaux ont beaucoup appuyé l’éducation, de sorte que si la parité n’est pas encore réalisée, des efforts ont pu être fournis, a-t-elle également indiqué.  Elle a en outre déclaré que la Constitution de son pays consacrait un quota minimum de 30% de femmes dans les instances de décision.  La Ministre a conclu son intervention en lançant un appel à la solidarité internationale pour aider son pays qui est en train de sortir d’une crise grave.


Mme OUSMANE ZEINABOUMOULAY, Ministre de la promotion des femmes et de la protection de l’enfance du Niger, a expliqué que son Gouvernement avait créé en 2000 un Observatoire national pour la promotion de la femme et qu’une conseillère en genre avait aussi été nommée.  Il existe aussi des points focaux sur les questions de parité.  La Constitution du 9 août 1999 consacre le principe de l’égalité entre les sexes tandis que la réforme du Code pénal de 2003 rend punissable l’esclavage, les mutilations génitales et le harcèlement sexuel.  Une loi a été également adoptée qui institue un système de quota de 10% dans les fonctions électives et de 25% au moins au Gouvernement et dans l’administration de l’État.  Cette loi a permis aux femmes d’occuper 17% des sièges aux élections locales et 13% de femmes au Parlement.  Une femme est Présidente du Conseil supérieur de la communication.  Le taux de scolarisation des filles est passé à 36,8%.  Nous avons aussi mis en place un Plan pour l’amélioration du pouvoir économique des femmes.


Mme ADI ASENACA CAUCAU, Ministre des femmes, de la sécurité sociale et de la lutte de la pauvreté de Fidji, a affirmé que son pays s’était engagé à créer un environnement propice pour les femmes afin qu’elles bénéficient du développement économique et social et participent davantage à la vie politique.  Le Gouvernement, a-t-elle dit, a l’intention de continuer des audits dans tous les mécanismes pour assurer l’égalité entre les hommes et les femmes.  Aujourd’hui, a-t-elle noté, sur 71 députés, on compte six femmes et cinq autres au Gouvernement, deux en tant que ministres et trois en tant que vice-ministres.  Mme Caucau a également mis l’accent sur le problème que constitue dans son pays la violence domestique, laquelle, a-t-elle précisé, doit être résolue par la famille.  La Ministre a souligné les efforts, notamment dans ce domaine, des organisations non gouvernementales.  Selon elle, la plupart des avancées obtenues depuis 1995 l’ont été grâce aux activités des ONG et des organisations gouvernementales.  Le Gouvernement continuera d’œuvrer dans le domaine de la lutte contre les femmes et les enfants, a-t-elle poursuivit, exhortant les Nations Unies à renforcer ses efforts en faveur d’autres pays de la région du Pacifique.


M. DENIS DANGUE RÉWAKA (Gabon) a détaillé rapidement le plan d’action national en faveur de la femme en expliquant qu’il associe les représentants de la société civile et les institutions du système des Nations Unies.  Dans le cadre de ce plan, le Gouvernement a mis en place en 1999 un Observatoire des droits de la femme et de la parité dont le but est de favoriser, avec la participation de la société civile, l’élaboration de textes législatifs, administratifs et réglementaires.  Le Gouvernement a lancé plusieurs campagnes de sensibilisation  contre toutes les formes de violence.  Pour inciter la création d’activités génératrices de revenus, le Gouvernement a institutionnalisé le Prix du Président de la République qui récompense chaque année plusieurs projets.  Le Gouvernement a également mis en place un programme d’octroi de microcrédits aux femmes.  Il existe un Fonds thérapeutique qui vient en aide aux femmes atteintes du sida.  Par ailleurs, cinq femmes ont été nommées récemment au sein du Gouvernement.  Appelant l’attention sur le lourd fardeau de la dette que connaît son pays, le représentant a estimé que c’est en renforçant la coopération internationale qu’il sera possible de parvenir à une meilleure application de la Déclaration de Beijing.


Mme MARIA FILOMENA DELGADO, Vice-Ministre de la famille et de la promotion de la femme du Gouvernement d’Angola, a déploré l’augmentation de la violence dirigée contre les femmes dans son pays.  Différentes formes de violences, dont les enlèvements pour des mariages forcés, des viols, des violences domestiques, l’adultère, les mariages précoces existent aujourd’hui en Angola et infligent un niveau élevé de traumatisme affectif et psychologique aux femmes.  Ces violences coûtent aussi énormément au pays parce qu’elles causent une baisse de la productivité économique des femmes en portant atteinte à leur santé physique et émotionnelle, a indiqué la Vice-Ministre.  Du fait des atteintes portées à la leur amour-propre, les femmes et les filles deviennent plus vulnérables au VIH/sida et aux autres maladies sexuellement transmissibles, a-t-elle estimé.  Il faudrait contrer ces tendances négatives en soutenant au plus haut niveau de l’État la création de mesures d’éducation contre ces maladies, la création de centres de conseil aux femmes, et la distribution gratuite des thérapies anti-rétrovirales qui peuvent empêcher la transmission du VIH de la mère à l’enfant, a dit Mme Delgado.  Concernant la participation des femmes aux affaires publiques et à la prise de décisions, elle a indiqué que deux ministres sur 30 sont actuellement de sexe féminin en Angola, tandis que 10 d’entre elles occupent des postes de Vice-Ministre.  Sur 220 députés, 22 sont des femmes, et sur 66 ambassadeurs, six sont des femmes.  La signature en 2002 de l’Accord de Luena a amené la paix dans le pays, et semble favorable à la promotion des femmes en augmentant leur sécurité et en leur ouvrant les portes de certains lieux de pouvoir, a estimé Mme Delgado.


M. LUIS FREITAS LOBATO, Vice-Ministre de la santé du Timor-Leste, a indiqué que la Constitution de son jeune État consacre le principe de l’égalité des sexes et qu’en conséquence, le Premier Ministre est doté d’un Conseiller dont la tâche s’articule autour de quatre axe relatifs à l’intégration de la dimension sexospécifique, à la promotion d’une culture d’égalité des sexes, à la lutte contre la violence fondée sur le sexe, et à l’émancipation de la femme.  S’attardant sur la question de l’intégration de la dimension sexospécifique, le Vice-Ministre a annoncé la présence de points focaux dans les départements chargés de la planification de chaque ministère.  Le Timor-Leste, a-t-il poursuivi, est partie à sept instruments internationaux des droits de l’homme dont la Convention sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.  Le Vice-Ministre s’est aussi attardé sur la question de la violence contre les femmes fortement ancrée, au Timor-Leste, dans les pratiques et croyances traditionnelles.  Partant, il a fait état de l’élaboration d’une loi qui s’attaque directement aux besoins des victimes et énumère les responsabilités de l’État.  Par ailleurs, pour contrer le phénomène de la mortalité maternelle et des taux de fertilité, il a attiré l’attention sur les politiques de planification familiale et de santé reproductive.  Il a conclu en annonçant que le Parlement national, qui compte 27% de femmes, a pris des mesures pour garantir qu’au moins deux femmes siègent aux conseils locaux qui devraient être élus bientôt.  


Mme CHOISUREN BAATAR (Mongolie) a déclaré que l’une des évolutions les plus récentes qu’a connue la Mongolie est la création d’un mécanisme efficace de surveillance et de coordination des efforts visant à disséminer des mesures sexospécifiques au niveau national.  En janvier 2005, le Gouvernement a décidé de créer le Comité national pour l’égalité des sexes, qui est présidé par le Premier Ministre, a indiqué Mme Baatar.  Ce Comité est composé de représentants de chaque ministère et de représentants du monde universitaire et des ONG.  Il comprend trois sous-comités qui sont chargés de faciliter l’expansion des politiques sexospécifiques dans différents domaines.  Une unité spécialisée a d’autre part été créée au sein du Ministère du travail et du bien-être social.  Elle jouera un rôle permanent de coordination et de conduite des tâches à accomplir au sein du Comité, a précisé la représentante.  La Mongolie compte sur la coopération internationale pour mener à bien la réalisation des OMD, a ajouté Mme Baatar.  En particulier, nous serions très encouragés par un renforcement et une expansion des programmes et des projets mis en œuvre par l’UNIFEM et le PNUD en Mongolie, a-t-elle dit.


Mme IMELDA M. NICOLAS, Secrétaire générale de la Commission nationale contre la pauvreté des Philippines, a indiqué que le 10e anniversaire du Programme d’action de Beijing coïncide avec le 30e anniversaire de la création de la Commission nationale sur le rôle de la femme philippine et le centenaire du mouvement féministe du pays.  Rejetant toute tentative d’affaiblir le Programme d’action de Beijing ou de trahir l’esprit qui a prévalu dans la capitale chinoise, la représentante a décrit les acquis nationaux en matière des droits de la femme, de la violence fondée sur le sexe, du trafic illicite des êtres humains ou encore de la représentativité des femmes dans l’appareil productif.  Tout en célébrant ces acquis, a-t-elle poursuivi, les Philippines demeurent confrontées à des défis persistants et émergents.  Elle a cité, en l’occurrence, le trafic des femmes et des filles.  À l’échelle internationale, a-t-elle annoncé, les Philippines, dont la moitié des migrants sont des femmes, continueront à contribuer à des approches collaboratives et à des stratégies visant à protéger et à promouvoir les droits des migrantes.  Rappelant que son pays a été confronté aux conséquences désastreuses des catastrophes naturelles, la représentante a demandé à tous les acteurs des secours, de la réhabilitation et de la reconstruction à long terme, à intégrer une perspective sexospécifique dans leurs efforts. 


Mme PAAGA NERI SAFUNEITUUGA, Membre du Parlement de Samoa, a expliqué que la mise en œuvre des obligations internationales est étroitement liée à l’application des engagements pris au niveau national.  Une nouvelle loi sur la citoyenneté permet aux femmes de Samoa de transmettre leur nationalité à leur époux étranger sur la même base que les hommes.  L’accès au crédit et aux activités génératrices de revenus est une priorité du gouvernement tant il est apparu que quand le statut économique des femmes s’améliore, c’est toute sa famille qui en bénéficie.  En 2003, le Ministre des questions féminines a développé un plan d’action de mise en œuvre des recommandations du Comité sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).  En 2004, le Gouvernement a approuvé la nomination de représentants de femmes dont le rôle est de suivre l’application des politiques gouvernementales.


Mme FLAVIA GARCIA (République dominicaine) a affirmé que son pays avait défini un Programme d’action national pour améliorer les conditions de vie de la femme et sa place dans la société dominicaine, notamment en matière d’élimination de la pauvreté, d’éducation et de culture, de santé et de violence.  Un programme national de politique sociale inclusive a été mis en œuvre, touchant 200 000 personnes, a-t-elle en outre expliqué.  La Ministre a également souligné que le mécanisme le plus important mis en place par son pays pour assurer l’égalité entre les sexes était le secrétariat d’État à la femme.  C’est grâce au travail de ce secrétariat, ainsi qu’à la collaboration des partis politiques et des organisations non gouvernementales, que les principaux résultats ont été obtenus, a-t-elle assuré, réaffirmant l’engagement de son pays en faveur du Programme d’action de Beijing.


M. EDUARDO J. SEVILLA SOMOZA (Nicaragua) a réaffirmé l’engagement de son Gouvernement en faveur de la parité entre les sexes.  Il est nécessaire de travailler à l’élaboration des politiques de lutte contre la pauvreté et la violence envers les femmes car il existe un lien indéniable entre pauvreté et violence.  Il est également prévu de mettre en œuvre un programme de santé sexuelle et génésique dans le but de réduire les taux de mortalité maternelle et l’incidence du sida et de prévenir les grossesses d’adolescentes.  Le Gouvernement reconnaît que l’application des mesures et principes du Programme d’action de

Beijing est conforme à notre Constitution et respecte les postulats des divers instruments internationaux des droits de l’homme.  La Déclaration du Millénaire constitue un ensemble d’objectifs pour un monde plus égalitaire qui jouisse pleinement des droits de l’homme.  Nous nous engageons à travailler aux inégalités fondées sur le sexe et l’appartenance ethnique.  À cette fin, nous devons renforcer les divers partenariats entre différents acteurs, a-t-elle souligné.


Mme EVELYN JACIR DE LOVO (El Salvador) a affirmé que son pays redoublait d’efforts pour l’application du Programme d’action de Beijing.  Ces efforts passent, notamment, par un renforcement de la coordination interinstitutionnelle pour l’application des 12 domaines critiques de Beijing et la constitution de réseaux locaux pour lutter contre la violence à l’intérieur de la famille, la révision de normes juridiques visant à assurer l’égalité entre les sexes.  Tous les services et ministères sociaux concernés sont mobilisés, a-t-elle indiqué.  S’agissant de la violence domestique, de nouvelles méthodes de sensibilisation ont été présentées à toutes les municipalités du pays, a-t-elle précisé.  La représentante a souligné la nécessité d’élargir l’accès des femmes aux processus de prises de décisions, notant que 2004 avait vu l’élection de la première femme Vice-Présidente, le nombre des élues atteignant 28% de l’effectif.  Le Gouvernement s’est engagé en faveur du développement économique et social du pays en lui donnant un visage humain, a-t-elle expliqué, politique qui vise à permettre aux femmes de participer de manière productive et à assurer leur protection juridique et la promotion de leur citoyenneté.


Mme MARTHA LUCIA VOSQUEZ ZAWODZKY, Conseillère auprès du Président pour les questions de parité entre les sexes de la Colombie, a déclaré que les femmes participaient massivement au marché du travail.  Le Gouvernement compte cinq femmes ministres.  L’espérance de vie des femmes est désormais de 75 ans.  La parité entre les sexes constitue une véritable politique d’État, a assuré Mme Vosquez Zawodzky.  Nous avons adopté de nombreuses lois en faveur de la femme comme la loi sur les quotas, les femmes rurales, la loi sur le plan national de développement.  Il existe un projet de loi pour ratifier le Protocole  facultatif à la Convention sur l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes.  L’emploi des femmes et le développement d’entreprise, la participation politique, la lutte contre la violence et le renforcement institutionnel constituent les quatre priorités du Gouvernement.  Nous sommes engagés à protéger les droits de l’homme malgré le climat de violence que connaissent les hommes et les femmes de Colombie.  Pour rétablir la sécurité, le Gouvernement colombien privilégie une politique de sécurité démocratique qui a permis de faire baisser de 35% le nombre d’enlèvements.  Le Gouvernement a pour but de consolider les politiques et stratégies, de poursuivre la lutte contre les discriminations et les violences et réintégrer les femmes.  Nous ne voulons pas que la violence se transforme en projet politique d’une femme quelconque.


Mme RASHIDA AL-HAMDANI, Membre du Bureau du Premier Ministre du Yémen, a déclaré que le concept de la promotion de la femme était très bien accepté par la société yéménite.  Mais comme l’indique le rapport du PNUD sur le développement humain, l’absence de participation des femmes à la vie publique dans le monde arabe continue de poser des problèmes à l’épanouissement de la société, a relevé Mme Al-Hamdani.  Cependant, a-t-elle précisé, le Gouvernement du Yémen a compris que sans une véritable implication des femmes, qui représentent à la fois la moitié de la population du pays et les mères de l’autre moitié de cette population, il n’y aura pas de développement durable.  Les récentes élections qui ont eu lieu au Yémen ont montré ces réalités.  Aujourd’hui, des femmes yéménites occupent des postes de ministre, d’ambassadeur et de Direction au sein du Gouvernement et des entreprises, tout en étant aussi représentées au Parlement national et dans les conseils locaux, a relevé la représentante.  Les femmes du Yémen sont devenues de véritables agents et partenaires de lutte contre la pauvreté, a-t-elle poursuivi.  La réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) étant l’objectif à atteindre,  Mme Al-Hamdani a indiqué que le Yémen s’était fixé pour buts de réduire la croissance démographique excessive qui mine ses efforts de développement; de combattre l’analphabétisme; d’améliorer la prestation des services de santé destinés aux femmes et de leur fournir de l’eau potable tout en amélioration leur statut social; et de coordonner et soutenir la mise en œuvre des efforts nationaux, régionaux et internationaux visant la promotion du statut de la femme dans le respect de la Plate-forme de Beijing.


Mme JUDITH KANAKUZE, Membre du Parlement du Rwanda, a affirmé que son pays avait entrepris beaucoup d’efforts depuis 1995 et recueilli des résultats significatifs.  Beaucoup a été fait, a-t-elle dit, en matière de santé maternelle et infantile, de lutte contre l’épidémie de VIH/sida, en particulier de prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant.  Elle a ajouté que le Rwanda avait promulgué une série de lois réprimant sévèrement les violences et les viols contre les femmes et les enfants.  Elle a également indiqué que la nouvelle Constitution de 2003 garantissait aux femmes un accès au pouvoir et aux processus de prise de décisions.  Un quota de représentation minimale de 30% a été ainsi fixé, a-t-elle dit, précisant que le préambule de la Constitution intégrait la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Aujourd’hui, a-t-elle ajouté, il y a au sein du Gouvernement rwandais 35% de femmes ministres ou secrétaires d’État.


M. AKAKPO AKUAVI LEONTINE, Directeur général pour la promotion de la femme du Togo, a rappelé que son pays a adopté en 1998 une loi interdisant les mutilations génitales et qu’un réseau de communicateurs en genre et développement avait été mis en place.  Le pays a également procédé à l’élaboration d’indicateurs de genre dans des secteurs clefs du développement.  Nous avons également adopté des textes de discrimination positive en matière de scolarisation et renforcé les capacités des acteurs gouvernementaux de la société civile sur la promotion du statut juridique de la femme.  En notre qualité d’État partie à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, nous avons honoré notre obligation de produire des rapports nationaux.  De sérieux défis nous attendent et portent sur la pandémie du VIH/sida et la cherté des produits anti-rétroviraux, la pauvreté croissante des femmes, la persistance des écarts en matière d’éducation entre garçons et filles, la persistance des pesanteurs socioculturelles, l’accès difficile des femmes aux services juridiques et judiciaires et la nécessité de réviser le Code de la famille.


M. RAJESHWAR DUVA-PENTIAH, Secrétaire permanent au Ministère des droits des femmes, du développement de l’enfance et du bien être de la famille de Maurice, a affirmé que son pays n’avait pas ménagé ses efforts pour soutenir l’égalité entre les hommes et les femmes.  Il a rappelé que l’éducation était gratuite à Maurice depuis le primaire jusqu’à l’université, avec une scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans.  Le Gouvernement a engagé une politique visant à encourager les filles à étudier des matières non traditionnelles, comme les sciences et la technologie, et à s’orienter vers des carrières réservées jusque-là aux hommes.  Les femmes sont mieux informées sur la santé, a-t-il assuré, notamment en termes de droits génésiques.  En outre, des programmes ont été lancés pour faciliter l’accès des femmes aux ressources économiques afin de tenter de les extirper du marécage de la pauvreté, a-t-il dit.  Enfin, avant les élections générales de cette année, tous les partis politiques se sont engagés à améliorer la participation des femmes au Parlement.


M. KIM SAM-HOON (République de Corée) a annoncé que son pays venait tout juste d’abolir le système relatif au chef de famille qui était un des exemples les plus probants de la discrimination à l’égard des femmes.  Depuis la promulgation, en 1995, de la loi sur l’émancipation des femmes, la République de Corée, a-t-il poursuivi, a procédé à la mise en œuvre d’un plan global qui s’est caractérisé par des mesures concrètes.  Après les avoir citées, le représentant a souligné que le Ministère de l’égalité des sexes dont le budget, le personnel et le mandat ont été renforcés, est chargé de garantir l’intégration de la sexospécificité dans toutes les politiques gouvernementales.  Décrivant les progrès que de tels mécanismes ont assuré dans les domaines de l’emploi, de la lutte contre la violence ou la prostitution et de la participation des femmes dans les processus de prise de décisions, il a souligné l’importance qu’il y a à faire participer les hommes à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques et à s’assurer ainsi un vrai partenariat hommes-femmes. 


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a déclaré que la communauté internationale devait traiter de manière urgente la diminution des inégalités entre les hommes et les hommes, notamment dans le domaine de la politique.  Au niveau national, le Liechtenstein vise à régler cette question au cours des élections parlementaires qui sont prévues le week-end prochain, a dit le représentant.  Le Bureau de l’égalité entre les sexes a organisé des conférences et des exposés sur cette question à la fois dans notre pays et en Autriche, a dit M. Wenaweser, afin  d’encourager les femmes à se lancer dans la politique.  Le Gouvernement du Liechtenstein a aussi établi un programme de parrainage qui permet aux femmes intéressées par la politique, mais sans expérience, de rencontrer des parlementaires ou des personnalités politiques de sexe féminin afin de profiter de leurs vues et expériences.  Concernant la question de la violence contre les femmes, le représentant a indiqué que son pays attachait beaucoup d’importance à la lutte contre les violences domestiques.  Une loi pour la protection des victimes est entrée en vigueur le 1er janvier 2005, a-t-il annoncé en indiquant qu’une autre loi, sur l’aide aux victimes de violences domestiques, était en ce moment à l’étude au Parlement.


U KYAW TINT SWE (Myanmar) a commencé par décrire tous les mécanismes de promotion des droits de la femme mis en place dans son pays depuis 1996 avant de s’attarder sur le rôle traditionnel de la femme dans l’appareil productif, en particulier dans les petites et moyennes entreprises.  En conséquence, a-t-il indiqué, un projet relatif au microfinancement a été lancé en 1997 avec l’aide du PNUD.  Dans le secteur formel, a-t-il encore indiqué, l’enseignement est la carrière la plus choisie par les femmes.  Le représentant a aussi passé en revue les mesures prises pour lutter contre le trafic des femmes et des filles et s’est s’attardé sur les questions relatives à la santé des femmes, en particulier le Programme scolaire de santé et de prévention du VIH/sida mis en place depuis 1997 avec l’aide du Ministère de l’éducation et de l’UNICEF.


Mme LAXANACHANTORN LAOHAHAN (Thaïlande) a expliqué que la principale percée juridique depuis le Programme d’action de Beijing a été l’adoption de la Constitution de 1997 qui instaure l’égalité entre les sexes ainsi que la promulgation de la loi qui permet aux femmes de conserver leur nom de jeune fille.  Il existe aussi un projet de loi sur la violence domestique et sur la traite des êtres humains.  Les mécanismes de promotion de la femme ont été renforcés depuis 2002 avec l’établissement du Ministère des affaires sociales et de la sécurité humaine.  Ce mécanisme national de promotion de la femme a travaillé en étroite synergie avec le monde universitaire et les représentants de la société civile. 

La représentante a estimé qu’il existait un lien intrinsèque entre le Programme d’action de Beijing et les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Évoquant l’Objectif du Millénaire visant à réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici à 2015, elle a expliqué que dans son pays ce taux était passé de 27,9% en 1990 à 9,8% en 2002, le but étant d’atteindre un taux ne dépassant pas les 4% d’ici à 2009.  En matière d’éducation, nous avons réalisé la parité, a-t-elle indiqué.  Cependant, les femmes sont encore sous-représentées dans les instances de prise de décisions.  La représentante a fait part de la préoccupation de son Gouvernement en raison de l’incidence importante de la pandémie du VIH/sida chez les femmes et les jeunes filles.


M. STUART W. LESLIE (Belize) a affirmé que son pays s’était concentré sur cinq des 12 domaines fondamentaux du Programme d’action de Beijing: la violence contre les femmes, la santé, l’éducation, l’élimination de la pauvreté et l’accès au pouvoir de décision.  La violence contre les femmes constitue, en dépit des avancées obtenues, une priorité de son Gouvernement, a-t-il souligné, précisant qu’il intensifierait ses efforts pour combattre la violence domestique, la violence sexuelle et d’autres formes d’abus contre les femmes et les filles.  Des progrès ont également été réalisés dans le domaine de la santé, a-t-il ajouté, permettant un meilleur accès des femmes aux services de santé, une réduction des taux de mortalité et de fécondité, ainsi qu’une augmentation du taux de vaccination des enfants.  Le représentant s’est dit toutefois préoccupé par le fait qu’un nombre croissant de femmes soient victimes du VIH/sida.  Il a ainsi jugé impératif que son pays s’attaque à l’autonomisation économique des femmes.  Des efforts doivent être également fournis pour permettre aux femmes d’accéder à au moins 30% des postes de décision, a-t-il observé.


M. CESTMIR SAJDA, Vice-Ministre du travail et des affaires sociales de la République tchèque, a déclaré que son Gouvernement avait créé en février 1998 une Unité chargée de la parité entre les sexes, qui coordonne toutes les mesures publiques prises dans ce domaine.  Cette Unité est responsable de la préparation du Plan d’action national sur la promotion de l’équité entre hommes et femmes, a indiqué M. Sajda en ajoutant que toutes les politiques proposées s’appuyaient sur le Programme d’action de Beijing.  La République tchèque est signataire du Protocole facultatif à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination, et le Conseil que le pays a créé en vue de favoriser toutes les formes de discrimination contre les femmes veille au respect des dispositions de la Convention CEDAW et de son Protocole facultatif, a indiqué le Ministre.  Sur le plan politique, les élections qui se sont tenues en juin 2002 ont permis de faire émerger la représentation féminine au sein de la Chambre des députés qui a fait passer en février 2005 une loi contre la discrimination, a-t-il ajouté.


Mme KINGA ENDRESZ, Ministère de la jeunesse, de la famille, des affaires sociales et de l’égalité des chances de la Hongrie, a évoqué les progrès dans le domaine législatif et les mécanismes nationaux chargés de la mise en œuvre des mesures prises par le Gouvernement.  En 1995, un Ministère sans portefeuille pour l’égalité des chances a été créé et en 2003, et plusieurs ministères ont fusionné pour devenir le Ministère de la famille, des enfants et de l’égalité entre les sexes.  La loi sur « l’égalité de traitement et l’égalité des chances » est entrée en vigueur en 2003.  Le Parlement a également adopté une stratégie de réduction de la violence domestique en 2003 précisant que cette question n’était pas du domaine privé.  La représentation des femmes au Parlement hongrois dépasse les 30%.  La faible représentation des femmes sur le marché de l’emploi reste marquée par une ségrégation verticale et horizontale.  Malgré leur niveau de qualifications élevé, elles gagnent en moyenne 19% de moins que les hommes à travail égal.  Promouvoir les femmes sur le marché de l’emploi est une des priorités de notre Gouvernement tout comme l’est l’élimination des stéréotypes.


Mme ONECHANH THAMMAYONG (République populaire démocratique lao) a souligné que son pays avait remporté de grands succès depuis 10 ans.  L’Assemblée nationale a ainsi adopté un amendement à la Constitution qui contient une clause mentionnant clairement la responsabilité de tous les secteurs publics, de la société et de la famille en matière de promotion des femmes, a-t-elle ajouté, précisant qu’après cet amendement, l’Assemblée avait voté une loi visant à garantir le statut et le rôle des femmes.  Celle-ci définit également des dispositions de base et des mesures destinées à protéger les droits légitimes et les intérêts des femmes, la responsabilité de l’État, de la société et de la famille vis-à-vis des femmes, dans le but de réaliser l’égalité entre les hommes et les femmes, d’éliminer toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, d’empêcher et de combattre les trafics contre les femmes et les enfants, de combattre la violence contre les femmes et les enfants au sein de la famille et de la société, et de créer des conditions favorables à la participation et à l’autonomisation des femmes.  La représentante a également indiqué que le Gouvernement avait établi une Commission nationale pour la promotion des femmes, dont le mandat est d’assister le Gouvernement dans la formulation de politiques et de stratégies en faveur des femmes.


Mme ROCIO ROSERO, Directrice exécutive du Conseil national pour les femmes de l’Équateur, a expliqué qu’en 1998, la Constitution politique a consacré la protection des droits humains des femmes.  La Constitution politique repose sur le Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et sur les Programmes d’action du Caire et de Beijing.  La Constitution est un instrument précieux de justice et d’autonomisation des femmes qui établit des principes comme la non-discrimination fondée sur le sexe, le droit à la santé sexuelle et génésique ou encore le droit à l’égalité de rémunération.  L’Équateur a promulgué une loi sur les quotas et sur la violence domestique.  Toutefois, la vie quotidienne des femmes en Équateur continue d’être marquée par d’importantes discriminations.  Dix ans après Beijing, les efforts ont porté sur le renforcement des institutions, la formulation de politiques publiques macrosociales qui tiennent compte de la dimension sexospécifique.  Mme Rosero a réaffirmé l’engagement de son pays d’appliquer le Programme d’action de Beijing dont il faut préserver l’esprit.


Mme MARY ANN GLENDON, Observatrice du Saint-Siège, a estimé que si le monde a le droit de célébrer les acquis dans la promotion des droits de la femme, il doit reconnaître les énormes défis qui restent à relever.  Ces 10 dernières années, a-t-elle poursuivi, de nombreuses femmes ont été confrontées à de nouvelles formes de pauvreté et à de nouvelles menaces à la vie et à la dignité humaines.  L’Observatrice a, par exemple, rappelé que le coût de la multiplication des divorces et des familles monoparentales a surtout été payé par les femmes et, en particulier, celles qui ont consenti à des sacrifices considérables pour prendre soin des enfants et des autres membres de la famille.  Évoquant la situation pour le moins précaire des filles dans l’éducation ou des femmes âgées, la représentante a jugé urgent que les donateurs honorent leurs engagements financiers d’autant plus que, pour la première fois dans l’histoire du monde, l’humanité a enfin les moyens de triompher de la faim et de la pauvreté.  Elle a donc appelé, à l’instar du Pape Jean-Paul II, à une « large mobilisation morale de l’opinion publique, en particulier dans les pays qui bénéficient de conditions de vie suffisantes, voire prospères ».  Évoquant, pour finir, la faculté des femmes à

concilier vie professionnelle et vie familiale, la représentante a prévenu que le problème ne sera pas résolu tant que des changements radicaux n’auront pas été opérés dans la société.  Elle a appelé les décideurs à écouter toutes les femmes plutôt que de privilégier des groupes d’intérêt particuliers qui n’ont pas toujours à cœur le sort des femmes; à reconnaître la valeur du travail à la maison qu’il soit rémunéré ou pas; et à procéder à une restructuration du travail rémunéré pour que le prix à payer pour la sécurité financière et l’émancipation ne soit pas un renoncement à ce qui, pour beaucoup de femmes, est source de plein épanouissement profond.  Le problème ne sera jamais résolu tant que les valeurs humaines ne prendront pas le pas sur les valeurs économiques, a-t-elle averti.


Mme PRUDENCE KIDD-DEANS (Jamaïque) a affirmé que l’examen de 42 lois par le mécanisme national avait engendré un programme de réformes législatives visant à éliminer la discrimination à l’égard des femmes et des filles.  La législation sur la violence domestique a ainsi été renforcée, a-t-il souligné.  La qualité de vie des Jamaïcaines, a-t-elle assuré, s’est améliorée, grâce notamment à une augmentation du taux d’espérance de vie, d’éducation et de niveau de vie.  Des disparités considérables entre les hommes et les femmes subsistent néanmoins pour ce qui est du partage des responsabilités au plus haut niveau, a-t-elle dit.  La représentante a en outre indiqué que le Gouvernement avait renforcé les mécanismes institutionnels pour la promotion de la femme.  La priorité donnée à l’éducation, a-t-elle poursuivi, a permis une plus grande participation des femmes à l’enseignement supérieur.


Mme DEBORAH ATTARD-MONTALTO (Malte) a réitéré les réserves émises par son Gouvernement sur le Programme d’action et la Déclaration de Beijing, en particulier les parties ayant trait directement ou indirectement à l’avortement.  Toute recommandation faite au sujet de l’aide au développement ne doit pas créer une obligation de quelque partie que ce soit de considérer l’avortement comme un droit de santé génésique.


M. TERUNEH ZENNA (Éthiopie) a affirmé que les dégâts causés par le VIH/sida et la traite des femmes devraient nous alarmer.  Les progrès réalisés en faveur de l’égalité des sexes sont inégaux en Afrique sub-saharienne, a-t-il dit.  Il a souligné que le Code de la famille avait été révisé en octobre 2003, fixant à 18 ans l’âge minimum pour le mariage.  De plus, les droits du travail et de la fonction publique ont été modifiés afin que les femmes bénéficient de 30 jours de congé parental et de 60 jours de congés de maternité, a-t-il ajouté.  Modifier la législation seule n’est pas suffisant, a-t-il poursuivi, mettant l’accent sur la nécessité de permettre aux femmes d’accéder à l’éducation.  Des démarches soucieuses d’équité ont été incluses dans la stratégie nationale de réduction de la pauvreté et d’autres politiques sectorielles comme la santé et l’environnement, a-t-il noté, jugeant impératif une révision à la hausse de l’aide publique au développement et une annulation de la dette de plus grande envergure.


M. AHMED A. OWN (Jamahiriya arabe libyenne) a fait état d’indicateurs sociaux positifs dans son pays tout en convenant qu’il reste de nombreux défis à relever pour réaliser l’égalité entre les sexes, éliminer la pauvreté, les guerres ainsi que les maladies.  La femme a fait l’objet d’une attention particulière dans le cadre de nos programmes de justice sociale.  Ainsi, la législation libyenne n’impose aucun devoir aux femmes et il n’existe aucune distinction dans la légalisation entre les hommes et les femmes.  Nous avons criminalisé la traite des femmes, la prostitution et l’exploitation de la prostitution des femmes.  Le contrat de mariage est basé sur l’égalité des conjoints et un époux ne peut contracter mariage avec une deuxième épouse sans le consentement de la première.


M. GEORGES TALBOT (Guyana) a affirmé que la politique nationale sur les femmes était basée sur le fait que les droits des femmes sont des droits de l’homme.  L’Institut des femmes du Guyana joue un rôle actif dans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing, a-t-il également souligné, notant que des progrès dans l’éducation et l’égalité des chances et l’éducation avaient permis de réviser à la hausse les taux d’éducation.  De même, a-t-il dit, 31% des parlementaires sont des femmes, lesquelles sont en outre bien représentées au sein de l’appareil judiciaire, mais sous-représentées dans les postes de décision.  Le représentant a en outre mis l’accent sur l’exposition des femmes face à la violence domestique et au VIH/sida.  Les obstacles économiques et le manque de ressources ont eu un impact sur le fait que des mesures politiques n’aient pas été transformées en actions, a-t-il considéré, demandant à ce que la communauté internationale s’attaque à la lutte contre la pauvreté et la pénurie d’emplois, deux causes, selon lui, du phénomène de la traite des femmes, et honorer les engagements en matière d’aide publique au développement.


M. JOHN RICHARDSON, Commission européenne, a averti que la pauvreté ne sera pas éliminée et le développement durable réalisé sans une parfaite égalité entre les hommes et les femmes.  En matière d’égalité des sexes, l’approche intégrée de la Commission européenne se fonde, a-t-il expliqué, sur une conjugaison de propositions de lois, de mécanismes d’intégration de la dimension sexospécifique et d’actions positives appuyées par des instruments financiers spécifiques.  S’attardant sur les défis liés à une plus forte présence des femmes sur le marché de l’emploi, le représentant a indiqué que l’Union européenne y répond par des « politiques de conciliation », à savoir la multiplication des crèches, une souplesse dans les temps de travail, l’offre d’emplois à temps partiel ou encore le congé parental.  Le représentant s’est dit conscient du risque que ces politiques perpétuent les stéréotypes liés au sexe parce qu’elles sont perçues comme s’adressant uniquement aux femmes.  Le plus grand défi, a-t-il reconnu, est donc d’encourager les hommes à partager équitablement les tâches familiales et ménagères.  Réservant son dernier mot à la coopération internationale, il a appelé les pays donateurs à améliorer la manière dont ils acheminent l’aide et les pays en développement à lancer des réformes sociales et politiques qui peuvent se révéler aussi délicates qu’exigeantes. 


Mme BIENCE GAWANASA, Commission des affaires sociales de l’Union africaine, a réaffirmé son engagement en faveur de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing qui constituent des outils essentiels pour parvenir aux Objectifs du Millénaire pour le développement.  La pauvreté a augmenté et parmi les pauvres, il y a plus de femmes que d’hommes comme il y a plus de femmes que d’homme infectées par le virus du sida.  La baisse des niveaux d’aide publique au développement (APD) et le fardeau de la dette ponctionnent toutes les ressources du continent.  La violence contre les femmes continue de faire rage, certaines lois étant inadéquates ou ignorées.  La voix des femmes et leurs besoins sont rarement entendus dans les négociations de paix.  La Déclaration et les Objectifs du Millénaire sont d’une telle importance que le Programme d’action de Beijing devrait être associé à ce processus.  Il n’y aura pas de développement tant qu’il n’y aura pas de parité entre les sexes.  Malheureusement, nous restons prisonniers d’une vision économique conservatrice de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international qui n’intègrent pas la dimension sexospécifique.  Les institutions financières internationales ont un rôle important à jouer et nous les mettons au défi d’intégrer la problématique homme/femme dans toutes leurs activités et programmes.  Passant au fonctionnement de l’Union africaine, elle a précisé que sur les 10 commissaires, cinq sont des femmes et sur les 16 directeurs, sept sont des femmes.  Le Protocole sur les droits de la femme annexé à la Déclaration africaine des droits de l’homme vient désormais compléter la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.


Mme SIGMA HUDA, Rapporteuse spéciale sur la traite des personnes, a affirmé que le trafic des personnes représente la négation du droit à la liberté et à la sécurité, du droit à la liberté face à la torture, à la violence, à la cruauté, au traitement dégradant, le droit à la liberté de mouvement, le droit à la famille, le droit à la santé et à l’éducation, tout ce qui permet à un être humain de vivre dans la dignité.  Par définition, le trafic des êtres humains constitue donc une violation importante des droits de l’homme.  La Rapporteuse a souligné que certains pays continuaient de traiter des victimes des trafics comme des criminels plutôt que comme des victimes.  Les victimes des trafics transfrontaliers sont criminalisées et poursuivies comme des étrangers illégaux ou des migrants irréguliers plutôt que d’êtres traitées comme des victimes d’un crime.  De même, les femmes et les jeunes filles entraînées dans l’industrie du sexe sont pénalisées du fait de leur activité ou de leur séjour illégaux au lieu de recevoir une assistance comme victimes.  Le trafic comme crime doit être interdit, ses auteurs poursuivis et la loi renforcée, a-t-elle assuré.  Selon elle, il est également impératif de lier le trafic et la prostitution et de reconnaître la prostitution comme étant elle-même une forme de trafic tel que défini dans le Protocole de Palerme.  Même si il n’y a aucune force extérieure apparente, le consentement de la victime, tel que défini dans l’article 3 du Protocole, est inadéquat, a-t-elle considéré.  Il ne peut être dit, en effet, que la prostitution est un acte volontaire sans facteurs contraignants telle que la question de la survie.  Selon elle, les rapports montrent qu’un nombre plus important que jamais de personnes sont victimes de trafics.  La proportion des victimes potentielles dans la plupart des régions du monde augmente en fonction des inégalités, de l’insécurité alimentaire, de la violence, des conflits, de la discrimination et des phénomènes de migration, a-t-elle souligné.


Mme KELLING, Secrétariat du Commonwealth, a indiqué que le Programme d’action du Commonwealth pour l’égalité entre les sexes qui couvre la période 2005-2015 reconnaît que le développement socioéconomique, la démocratie et la paix sont liés à la parité entre les sexes.  L’égalité entre les sexes n’est donc pas perçue comme un but en soi mais comme un facteur clef permettant d’améliorer la bonne gouvernance, d’éliminer la pauvreté et la violence à l’égard des femmes, de garantir l’éducation de tous, d’améliorer la santé maternelle et de réduire les taux de mortalité infantile.  La stratégie du Secrétariat du Commonwealth est de travailler en étroite collaboration avec les mécanismes de défense des droits de la femme.  Il travaille dans quatre domaines d’action critiques comme la promotion de la parité, l’élimination de la pauvreté, l’autonomisation économique et le VIH/sida.


Prenant la parole au nom du Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, M. Abdou Diouf, Mme VIVIANNE COMPAORÉ, Présidente du Réseau des femmes parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, a indiqué que les ministres et chefs des délégations francophones participant au Sommet « Beijing + 10 » ont adopté une Déclaration selon laquelle les représentants des États et gouvernements des pays ayant le français en partage sont soucieux de faire admettre que par tous les segments de la société, l’égalité entre les hommes et les femmes ne doit plus être le souci des seules femmes.  Les représentants réaffirment dans cette Déclaration leur engagement en faveur de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, ainsi qu’envers la déclaration politique et le document final adoptés en 2000 par la 23e session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, a dit Mme Compaoré.  La déclaration exprime aussi la détermination des pays francophones à intensifier leurs efforts de mise en œuvre des engagements pris à cet égard tant au niveau de la Francophonie qu’au plan international jusqu’à aboutir à l’égalité de droit et, de fait, entre femmes et hommes.


Mme FRANCESCA SANTORO, Associations internationales des conseils économiques et sociaux et institutions similaires, a expliqué que ces institutions travaillent pour la justice socioéconomique.  Dans plusieurs régions du monde la cohésion sociale est mise à l’épreuve par les conflits armés et le recours à la violence, l’aggravation des disparités territoriales et la pauvreté.  Les femmes en sont doublement affectées.  Nous faisons face au risque de voir réaffirmé un modèle compétitif qui vise uniquement à faire baisser les coûts et à ignorer la qualité des produits et des ressources humaines.  Pour promouvoir les objectifs mondiaux d’égalité entre les hommes et les femmes, nous estimons qu’il est indispensable pour les pays développés de consentir davantage d’efforts pour allouer au moins 0,7% de leur produit intérieur brut à l’aide publique au développement.  Il est également indispensable de respecter les normes du travail de base et que les pourparlers de l’Organisation internationale du Travail intègrent la perspective sexospécifique dans ses mécanismes.  Il est également important de parvenir à l’universalité de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et son Protocole facultatif.  Les pouvoirs publics doivent maintenir leurs engagements en matière d’accès à l’éducation et à la santé maternelle.


Mme NDIORO NDIAYE, Directrice générale adjointe de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a fait état d’une féminisation de la migration, les femmes migrantes n’ayant jamais été plus nombreuses qu’aujourd’hui.  De plus en plus, les femmes migrent pour trouver un emploi pour elles-mêmes, a-t-elle constaté, notant qu’elles pouvaient trouver dans la migration un gain d’autonomie, leur permettant d’être en mesure d’exercer leurs droits plus efficacement.  En dépit de leur mobilité, les femmes migrantes ont toujours maintenu des liens étroits avec leurs pays d’origine, a-t-elle ajouté, précisant qu’elles avaient tendance à rapatrier une grande partie de leur revenu, ce qui comporte des effets bénéfiques sur le développement.  Elle a néanmoins mis l’accent sur la vulnérabilité des femmes migrantes lors de leurs déplacements, face notamment à la traite des personnes.  Les gouvernements doivent prendre des mesures claires pour protéger les femmes migrantes, a-t-elle ainsi souligné.  Elle a conclu en espérant que le potentiel de cette importante ressource que constituent les femmes migrantes soit mieux exploité.


Mme MARGARET MENSAH-WILLIAMS, représentante de l’Union interparlementaire (UIP), a déploré que l’on ne puisse pas aujourd’hui parler de progrès significatif de l’émancipation des femmes.  Beaucoup reste à faire au niveau juridique et politique.  La résolution que l’Union a adoptée en décembre dernier réitère le plein engagement de l’Union envers le Programme d’action de Beijing, comme condition préalable pour atteindre les OMD.  La conclusion est que 10 ans après Beijing, les femmes continuent à être moins bien payées que les hommes et sont toujours victimes de violences et de discriminations alarmantes.  La représentation des femmes dans la vie politique demeure faible: 15,7% des parlementaires dans le monde sont des femmes et seulement 16% de postes ministériels sont occupés par des femmes.  Nous sommes donc encore bien loin de la parité entre les sexes, a fait remarquer la représentante de l’UIP.  Les femmes ministres sont souvent reléguées aux affaires sociales.  Elle a insisté sur le rôle des parlements pour obtenir la parité entre les sexes car ce sont des outils de contrôle des politiques et des engagements des gouvernements. 


Mme KATE WOOD, Représentante spéciale de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et Présidente de la Croix-Rouge canadienne, a déclaré que l’expérience prouvait que dans les situations de pauvreté et de violence, les personnes, et notamment les femmes, sont très vulnérables et sont de ce fait soumises à l’exploitation sexuelle et à d’autres formes d’abus.  Les sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge exhortent donc les gouvernements et toutes autres personnes ou entités en situation d’autorité à appliquer les normes les plus strictes afin de préserver les populations de ce genre d’abus, a dit Mme Wood.  Nous sommes sur ce point extrêmement choqués par les informations faisant état du viol de milliers de jeunes filles dans certaines zones de conflit en Afrique.  Les sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge s’inquiètent des conséquences de ces actes sur la vie des victimes, notamment en ce qui concerne la propagation des maladies sexuellement transmissibles, notamment le VIH/sida, a dit la représentante.


Mme LORENA AGUILAR, de l’Union internationale pour la conservation de la nature et des ressources naturelles, a souligné que les femmes représentaient 70% des populations les plus pauvres et que 50% de ces femmes vivaient dans les zones rurales où leurs conditions de vie dépendent d’une biodiversité vigoureuse.  L’accès universel à l’éducation primaire, qui constitue le deuxième Objectif du Millénaire pour le développement, demeurera une utopie tant que les filles ne pourront aller à l’école en raison des longues heures passées à chercher de l’eau ou du bois, a-t-elle notamment indiqué.  De même, aucune égalité des sexes ne sera permise tant que les femmes n’auront accès qu’à 5% des concessions garanties à travers le monde sur l’utilisation et la gestion des ressources naturelles, a-t-elle poursuivi.  La situation de l’environnement est en outre un facteur déterminant pour améliorer les niveaux de santé maternelle et des enfants, a-t-elle observé.  Les gouvernements, a-t-elle estimé, devraient être notamment encouragés à accroître leurs efforts pour promouvoir les politiques d’environnement afin d’assurer une distribution plus juste, plus équitable et plus efficace des bénéfices découlant de l’utilisation et de la gestion et de la conservation de la biodiversité.


Mme FATIMA SBAITY KASSEM, Commission économique et sociale pour l’Afrique de l’Ouest, a expliqué au nom des cinq Commissions régionales des Nations Unies dans quelle mesure les Commissions régionales sont impliquées dans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing.  Elles ont aidé les États Membres à mettre au point des indicateurs statistiques.  Elles ont produit des rapports d’évaluation nationale qui font partie du processus d’évaluation prévu 10 ans après la Conférence de Beijing.  Les Commissions ont souligné le lien entre le programme d’action et les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Les réunions régionales ont donné lieu à l’adoption de déclarations d’engagements des États.  Les cinq régions partagent des succès communs et des lacunes communes.  La participation politique dans certains pays particulièrement conservateurs s’est accrue, notamment dans les pays du Golfe tandis que la santé des femmes s’est améliorée.  Toutefois, les engagements des pays doivent aller au-delà de la signature d’engagements internationaux.  La violence et la traite des femmes et des filles ont considérablement augmenté tandis que le fossé numérique entre les filles et les garçons se creuse. 


M. AMBEROTI NIKORA, Ministre des affaires sociales et intérieures de Kiribati, qui s’exprimait au nom du Groupe des îles du Pacifique, a souligné que l’égalité entre les sexes avait été obtenue au niveau de l’éducation dans la plupart des pays du Groupe, où la santé maternelle s’était améliorée et où il existait désormais des garanties constitutionnelles contre la discrimination fondée sur le sexe, et où les femmes occupent des fonctions politiques et des postes de décision.  La violence contre les femmes n’est plus un sujet tabou, a-t-il également indiqué, notant des progrès dans la répression des crimes sexuels.  Selon lui, les femmes ont joué par ailleurs un rôle remarquable dans les efforts régionaux pour l’établissement de la paix dans les conflits armés, comme Bougainville et les îles Salomon.  Il s’est ainsi félicité de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, notant sa pertinence en matière d’alerte des gouvernements sur l’impact des conflits sur les femmes et les enfants, et leur rôle pour assurer la paix, la sécurité et la stabilité.


M. PHRANG ROY, représentant du Fond international pour le développement agricole (FIDA), a déclaré que le lien entre l’amélioration de la condition de la femme, la réalisation des OMD et l’élimination de la pauvreté était désormais reconnu.  Le Programme d’action de Beijing est un jalon dans l’histoire de la promotion des femmes et il se trouve renforcé par la Déclaration du Millénaire.  Le FIDA accorde la priorité à l’autonomisation économique des femmes pour qu’elles contribuent à la croissance économique.  Au Bangladesh, le Fonds a mis en place des programmes d’octroi de crédit qui ont permis de lancer des activités piscicoles.  Lorsque les femmes ont un accès sûr à leurs ressources, elles deviennent des acteurs actifs du changement.  Avec l’amélioration des conditions économiques, les femmes sont plus actives au niveau communautaire.  Renforcer la prise de décisions des femmes est indispensable.  Les femmes autochtones sont des partenaires importantes pour créer des stratégies de développement durable sur leur terre.


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