26/07/2005
Communiqué de presse
ECOSOC/6175



Conseil économique et social

Session de fond de 2005

39e séance – après-midi


L’ECOSOC ADOPTE, ENTRE AUTRES, DES PROJETS DE RÉSOLUTION SUR LES GROUPES CONSULTATIFS SPÉCIAUX POUR LES PAYS AFRICAINS QUI SORTENT D’UN CONFLIT ET SUR LA SITUATION DES PALESTINIENNES


Le Conseil économique et social (ECOSOC) a adopté sans vote cet après-midi une série de projets de résolution et de décision relatifs à l’intégration d’une perspective sexospécifique dans toutes les politiques et tous les programmes du système des Nations Unies, aux Groupes consultatifs spéciaux pour les pays africains qui sortent d’un conflit, à la coopération régionale, aux questions relatives à l’économie et à l’environnement.  Il a adopté, par un vote enregistré, un projet de résolution sur les Palestiniennes et l’aide à leur apporter, de 45 voix pour, 2 voix contre (Australie et États-Unis) et 4 abstentions (Canada, Islande, Nicaragua et République démocratique du Congo).


Par le projet de résolution relatif au Groupe consultatif spécial sur la Guinée-Bissau, le Conseil a accueilli avec satisfaction la recommandation du Conseil de sécurité en faveur de la création d’un fonds d’urgence alimenté par des contributions volontaires afin de soutenir la planification et l’exécution de la réforme de l’armée.  Il a demandé à tous les participants à la réunion des partenaires de la Guinée-Bissau tenue à Lisbonne en février 2005, de mettre en application les conclusions de cette réunion et d’honorer leurs engagements, tout en manifestant leur appui à la table ronde des donateurs.  Le Conseil a également prorogé le mandat du Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau jusqu’à la session de fond de 2006. 


S’agissant du Groupe consultatif spécial sur le Burundi, le Conseil a encouragé les autorités burundaises à présenter sous sa forme définitive le document de stratégie pour la réduction de la pauvreté et il a pris note du désir des autorités burundaises d’organiser une nouvelle table ronde des donateurs.


Par ailleurs, dans le cadre de l’examen du rapport de la Commission de la condition de la femme, le Conseil s’est déclaré inquiet de la grave situation des Palestiniennes dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.  Tout en condamnant toutes les violences, il a réaffirmé que l’occupation israélienne demeure un obstacle majeur à l’amélioration de la condition des Palestiniennes.  Il demande aux parties en cause, ainsi qu’à la communauté internationale de déployer tous les efforts voulus pour assurer la pleine reprise du processus de paix, et préconise des mesures visant à améliorer de façon tangible la difficile situation sur le terrain et les conditions de vie des Palestiniennes et de leur famille.  Il a exigé qu’Israël, puissance occupante, respecte pleinement les dispositions et principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et lui a demandé de prendre des mesures pour que les  femmes et les enfants palestiniens réfugiés et déplacés puissent tous regagner leur foyer et recouvrer leurs biens.  Il a demandé également à la communauté internationale de continuer à fournir d’urgence l’assistance et les services nécessaires pour soulager la crise humanitaire aiguë à laquelle sont confrontées les Palestiniennes et leur famille et contribuer à la réorganisation des institutions palestiniennes pertinentes.


Ce texte a fait l’objet d’une explication de position de la part des États-Unis, qui ont déclaré avoir voté contre en raison du caractère partial de la résolution qui, selon eux, fait reculer la paix, seule voie pour améliorer le sort des femmes palestiniennes.  Évoquant les femmes israéliennes tuées par des attaques à la bombe, le représentant des États-Unis a jugé que le projet de résolution ne contribuait pas à progresser vers la réalisation de la vision du Président Bush de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  Pour sa part, l’Observateur permanent de la Palestine a qualifié de très important ce projet de résolution qui, selon lui, permet de protéger les droits des femmes palestiniennes qui subissent une grande partie du conflit.


Le Conseil économique et social poursuivra ses travaux, demain mercredi 27 juillet, à 15 heures.



QUESTIONS DE COORDINATION, QUESTIONS RELATIVES AU PROGRAMME ET AUTRES QUESTIONS


Intégration d’une perspective sexospécifique dans toutes les politiques et tous les programmes du système des Nations Unies (E/2005/L.38)


Le représentant de l’Indonésie a présenté le projet de résolution, par lequel le Conseil économique et social se déclare préoccupé par les écarts qui subsistent entre les principes et la pratique concernant une intégration sexospécifique, les difficultés étant liées en partie à l’insuffisance des mécanismes institutionnels.  Il a appelé toutes les entités des Nations Unies à intensifier leurs efforts pour remédier aux difficultés rencontrées dans l’intégration de perspectives sexospécifiques.  Il recommande que toutes les entités du système continuent à promouvoir la coopération, la coordination, l’échange de méthodes et de bonnes pratiques, et il demande au système de renforcer la collaboration entre les institutions et les équipes de pays concernant l’intégration de la dimension sexospécifique.


Ce projet de résolution a été adopté sans vote par le Conseil économique et social, tel qu’amendé oralement.


Explication de position


Le représentant des États-Unis a déclaré que sa délégation était heureuse d’avoir pu s’associer au projet de résolution.  Cependant, il a relevé que dans son alinéa 4, le Conseil accueillait avec satisfaction la déclaration adoptée par la Commission de la condition de la femme à sa quarante-neuvième session.  Lors de l’adoption de cette déclaration en mars 2005, les États-Unis étaient intervenus pour faire part de leur préoccupation.  Le représentant a demandé que cette intervention figure dans les actes de la présente réunion.


Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau (E/2005/L.36)


Par ce projet de résolution, le Conseil accueille avec satisfaction la recommandation formulée par le Conseil de sécurité, dans sa résolution 1580 (2004), en faveur de la création d’un fonds d’urgence alimenté par des contributions volontaires, dont la gestion serait confiée au PNUD, afin de soutenir la planification et l’exécution de la réforme de l’armée.  Il demande à tous les  participants à la réunion des partenaires de la Guinée-Bissau, tenue à Lisbonne le 11 février 2005, de mettre en application les conclusions de cette réunion, en honorant notamment leurs propres engagements, et de manifester résolument leur appui la table ronde des donateurs.  Il juge important d’éviter les chevauchements d’activité et le double emploi avec les mécanismes existants.  Enfin, il décide de proroger le mandat du Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau jusqu’à la session de fond de 2006 du Conseil, étant entendu que cette décision de renouveler ou non le mandat du groupe sera prise à l’issue de l’examen par le Conseil du rapport du groupe, qui devra être soumis au plus tard six semaines avant le début de la session de fond de 2005, et au vu de la situation qui règnera dans le pays.


Ce projet de résolution a été adopté sans vote par le Conseil économique et social.



Groupe consultatif spécial pour le Burundi (E/2005/L.37)


Aux termes de ce projet de résolution, le Conseil exprime sa satisfaction au Gouvernement et au peuple burundais pour le bon déroulement des élections communales et législatives, et souligne qu’il importe de mettre fin à la période de transition et de poursuivre la consolidation de la paix.  Il encourage les autorités burundaises à présenter sous sa forme définitive son document de stratégie pour la réduction de la pauvreté et il prend note du désir des autorités burundaises d’organiser une nouvelle table ronde des donateurs.  Le Conseil décide que le bilan des travaux du Groupe consultatif spécial pour le Burundi sera dressé lors de la session de fond de 2006 en vue d’envisager la prorogation du mandat du groupe consultatif.


Ce projet de résolution a été adopté sans vote par le Conseil économique et social.


COOPÉRATION RÉGIONALE


Liaison fixe Europe-Afrique à travers le détroit de Gibraltar (E/2005/L.21)


Aux termes de ce projet de résolution, le Conseil se félicite de la coopération établie autour du projet de liaison à travers le détroit de Gibraltar entre la Commission économique pour l’Afrique, la Commission économique pour l’Europe, les Gouvernements espagnol et marocain, et les organisations internationales spécialisées.  Il réitère aux organisations compétentes des Nations Unies ainsi qu’aux organisations gouvernementales et non gouvernementales spécialisées son invitation à participer au déroulement des études et travaux, et il demande aux Secrétaires exécutifs des Commissions économiques pour l’Afrique et pour l’Europe de continuer à participer activement au suivi du projet.


Ce projet de résolution a été adopté sans vote par le Conseil économique et social.


Décisions sur les recommandations contenues dans le document E/2005/15/Add.1, relatif à la coopération régionale dans les domaines économique et social et domaines connexes


Le Conseil a adopté sans vote six projets de résolution relatifs à la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP): Examen à mi-parcours du fonctionnement de l’appareil de conférence de la commission; Statuts de l’Institut de statistique pour l’Asie et le Pacifique; Statuts du Centre des Nations Unies pour le génie et la machine agricoles en Asie et dans le Pacifique; Statuts du Centre de l’Asie et du Pacifique pour le transfert de technologie; Centre pour la réduction de la pauvreté par le développement des cultures secondaires en Asie et dans le Pacifique; Établissement du Centre Asie-Pacifique de formation aux technologies de l’information et des communications pour le développement.


Le Conseil a également adopté sans vote le projet de décision sur le lieu où se tiendra la soixante-deuxième session de la Commission, par lequel il accepte l’invitation du Gouvernement indonésien.


Concernant la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), le Conseil a adopté sans vote le projet de résolution intitulé « Admission de la République fédérale d’Allemagne à la qualité de membre de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes ».



QUESTIONS RELATIVES À L’ÉCONOMIE ET À L’ENVIRONNEMENT


Alliance des Nations Unies entre les organismes publics et privés pour le développement rural (E/2005/L.35)


Ce projet de résolution a été adopté sans vote, tel qu’amendé oralement.


Explication de position


Le représentant de la République dominicaine a remercié les différentes délégations qui avaient témoigné de leur soutien à cette résolution.  Il a rappelé que la République dominicaine serait le deuxième pays pilote à bénéficier de ce type d’alliance, qu’il a jugée très prometteuse.


Le Conseil a également adopté sans vote le projet de décision sur les établissements humains (E/2005/L.26).


QUESTIONS SOCIALES ET QUESTIONS RELATIVES AUX DROITS DE L’HOMME


Le Conseil économique et social a également examiné le Rapport de la Commission de la condition de la femme (E/2005/27/Corr.1).


La situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter


Aux termes de cette résolution, le Conseil, inquiet de la grave situation des Palestiniennes dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et condamnant toutes les violences, réaffirme que l’occupation israélienne demeure un obstacle majeur à l’amélioration de la condition des Palestiniennes.  Il   demande aux parties en cause, ainsi qu’à la communauté internationale de déployer tous les efforts voulus pour assurer la pleine reprise du processus de paix, et préconise des mesures visant à améliorer de façon tangible la difficile situation sur le terrain et les conditions de vie des Palestiniennes et de leur famille.  Il exige qu’Israël, puissance occupante, respecte pleinement les dispositions et principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et lui demande de prendre des mesures pour que les femmes et les enfants palestiniens réfugiés et déplacés puissent tous regagner leur foyer et recouvrer leurs biens.  Il demande également à la communauté internationale de continuer à fournir d’urgence l’assistance et les services nécessaires pour soulager la crise humanitaire aiguë à laquelle sont confrontées les Palestiniennes et leur famille et contribuer à la réorganisation des institutions palestiniennes pertinentes.


Explication de vote


Le représentant des États-Unis a déclaré que sa délégation voterait contre cette résolution.  Il s’est déclaré gravement préoccupé par l’incidence de la crise actuelle sur les femmes palestiniennes et toute la population palestinienne.  Il a rappelé que les États-Unis étaient le premier bailleur de fonds pour apporter aide et assistance à la population palestinienne.  Cependant, il a déclaré porter le deuil d’Israéliennes innocentes et notamment de femmes israéliennes qui ont perdu la vie au cours d’attentats.  Les États-Unis sont engagés à travailler pour faire avancer les deux parties et progresser jusqu’à la vision du Président Bush de deux États vivant côte à côte dans la paix.  La communauté internationale devrait aider les deux parties à progresser.  Les résolutions partiales telles que celles-ci font reculer la paix qui seule pourra améliorer le sort des femmes palestiniennes mais aussi de tous ceux qui sont pris dans ce conflit.


Le Conseil a adopté le projet de résolution par 45 voix pour, deux voix contre (Australie, États-Unis) et quatre abstentions (Canada, Islande, Nicaragua, République démocratique du Congo).


Explication de position


M. HIJAZI, Observateur permanent de la Palestine, a remercié le Conseil d’avoir adopté cette résolution, qu’il a considérée comme très importante car elle permet de protéger les droits des femmes palestiniennes qui assument une grande partie du conflit.


Le Conseil a également adopté sans vote le projet de décision relatif au Rapport de la Commission de la condition de la femme sur les travaux de sa quarante-neuvième session et ordre du jour provisoire et documentation pour la cinquantième session de la Commission.


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