15/07/2005
Communiqué de presse
ECOSOC/6168



Conseil économique et social

Session de fond de 2005

28e séance – matin


L’ECOSOC DEMANDE AUX ORGANISMES DE L’ONU DE RENFORCER LES SERVICES HUMANITAIRES COMMUNS POUR QU’ILS SOIENT FOURNIS DE MANIÈRE PRÉVISIBLE ET EFFICACE


Il insiste aussi sur la nécessité d’établir un mode de financement stable et disponible en temps utile pour répondre aux besoins humanitaires


Dans le cadre de son débat consacré aux affaires humanitaires à sa session de fond de 2005, le Conseil économique et social (ECOSOC) a demandé ce matin aux organismes compétents des Nations Unies de renforcer, en vertu de leurs mandats respectifs, les services humanitaires communs essentiels qui sont coordonnés par l’intermédiaire du Comité permanent interorganisations pour que ces services puissent être fournis de manière prévisible, rationnelle et efficace.  Il leur a également demandé de collaborer avec les autorités et organismes compétents aux niveaux national et régional pour appuyer les efforts visant à renforcer les moyens d’action humanitaire à tous les niveaux, l’objectif étant d’assurer une meilleure adéquation dans le déploiement des ressources.  Il a insisté sur la nécessité d’établir un mode de financement stable, prévisible et disponible en temps utile pour répondre aux besoins humanitaires.  Par ailleurs, le Conseil a recommandé à l’Assemblée générale d’améliorer le Fonds central autorenouvelable d’urgence, notamment par le biais de contributions volontaires.  Cette série de recommandations est contenue dans un projet de résolution adopté sans vote et qui sera soumis à l’Assemblée générale pour approbation finale lors de sa soixantième session.


Déclarant 2005 comme une année de réflexion et de réforme, Jan Egeland, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, s’est dit convaincu qu’il existe actuellement une occasion unique pour renforcer le système humanitaire.  Il faut que nous commencions 2006 avec une réponse plus prévisible, a-t-il insisté.  Malgré une situation humanitaire grave, M. Egeland a affirmé que celle-ci était réversible mais exigeait le soutien immédiat des institutions humanitaires et des donateurs, en particulier pour les situations d’urgence négligées comme en Afrique.  Notant que le débat de l’ECOSOC consacré aux affaires humanitaires avait donné une orientation concrète au programme de travail de l’année à venir, il a émis l’espoir que le texte qui vient d’être adopté contribuera à traduire en actions concrètes les propositions formulées au cours de la semaine.


En réponse aux demandes du Conseil économique et social, le Secrétaire général de l’ONU devrait renforcer les moyens dont disposent les coordonnateurs résidents, les coordonnateurs humanitaires et les équipes de pays des Nations Unies pour assurer des interventions rapides et adaptées. 


Avant d’adopter ce projet de résolution, les délégations se sont exprimées sur la question de l’assistance économique spéciale, de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophes.  La plupart d’entre elles ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités et les institutions nationales.  Il s’agit d’un investissement essentiel pour réduire les pertes matérielles et sauver des vies, a estimé le représentant de l’Indonésie, en rappelant que ces efforts seraient aussi au centre des objectifs de développement internationaux, dont les Objectifs du Millénaire pour le développement.


Par ailleurs, les délégations ont souligné l’importance d’intégrer la prévention et la préparation aux plans de développement des pays et de mettre en place des systèmes d’alerte précoce pour faire face aux catastrophes naturelles.  S’agissant du financement de l’assistance humanitaire lors de ces catastrophes, de nombreux représentants ont fait valoir l’importance d’un système prévisible et stable.  À cet égard, les représentants de la Malaisie et de Cuba ont souligné le rôle que pourrait jouer l’élargissement du Fonds central autorenouvelable d’urgence, notamment par la création de nouveaux mécanismes financiers afin de répondre aux besoins croissants lors des phases initiales de réponses aux catastrophes.


Enfin, de nombreuses délégations, dont celle de la Colombie, ont tenu à réaffirmer les principes fondamentaux de l’assistance humanitaire -la neutralité, l’impartialité et l’indépendance- afin que toutes les populations qui luttent pour leur dignité puissent bénéficier de cette aide.


Outre celles déjà citées, les représentants des pays suivants ont pris la parole: Kenya, Azerbaïdjan, République islamique d’Iran, Namibie, Japon, Brésil, République-Unie de Tanzanie, Pakistan, Guinée, et Canada.  Les représentants de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sont également intervenus. 


Le Conseil économique et social reprendra ses travaux, lundi 18 juillet à 10 heures.


ASSSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE, AIDE HUMANITAIRE ET SECOURS EN CAS DE CASTATROPHE


Fin du débat général


Mme JUDITH MBULA BAHEMUKA (Kenya) a rappelé que son pays souffrait notamment de la sécheresse qui provoque des souffrances indicibles chez les hommes et les animaux en Afrique.  La mise en place de mesures décidées et focalisées permettrait de réduire les séquelles de telles catastrophes.  Les causes qui constituent un terreau fertile aux crises humanitaires provoquées par l’homme sont bien connues, a-t-elle poursuivi, mais nous n’avons pas trouvé de solutions permanentes à ces problèmes.  Les conflits de la corne de l’Afrique ont grevé les capacités de la région car les pays concernés concentrent leurs efforts sur l’intervention postconflit.  Nous devons changer de modèle et investir nos efforts dans le renforcement et l’édification de la paix avant les conflits et si conflit il y a, toutes les parties concernées doivent agir avec diligence pour contribuer à une sortie rapide de ce conflit, a-t-elle insisté.  Il est désormais possible de mettre en place des mécanismes de coordination institutionnelle du système pour réagir aux situations graves.  Premièrement, il faut développer et renforcer les systèmes d’alerte rapide.  Il faut également intégrer l’information et la prévention des catastrophes aux cadres institutionnels de réaction à toutes les situations d’urgence.  Il faut aussi renforcer les mécanismes de réaction en cas de catastrophe en créant des systèmes répondant de façon efficace aux besoins.  En outre, nous devons instaurer une coopération et une coordination plus étroite et renforcer les capacités des gouvernements, des Nations Unies, des ONG, des collectivités locales et des autres partenaires avant, pendant et après les catastrophes.  Enfin, a-t-elle préconisé, il faut élargir la base des donateurs et le Fonds central renouvelable d’urgence.


Convaincue que les tables rondes permettent d’avancer vers une plus grande coopération, la représentante a proposé de créer un cadre pour assurer la transition entre les situations de catastrophes et la phase de secours, ainsi qu’entre les efforts de secours et la phase de développement.  Ce dernier passage nécessite une grande attention ainsi qu’un financement systématique et prévisible pour que les communautés ne dépendent pas éternellement des secours.  La représentante a conclu en soulignant le rôle central des Nations Unies et de l’OCHA dans les situations d’urgence.


Saluant le travail du Coordonnateur des secours d’urgence et de son équipe à OCHA, M. YASHAR ALIYEV (Azerbaïdjan) a affirmé qu’une coopération étroite entre toutes les parties prenantes était cruciale pour assurer l’efficacité du système des Nations Unies.  Il a rappelé que l’Azerbaïdjan était un pays à risque.  Les séismes, glissements de terrain et inondations qui ont frappé notre territoire ont renforcer le besoin de développer nos capacités concernant la préparation, la gestion et la réponse aux catastrophes, a-t-il expliqué, en citant l’élaboration d’une stratégie nationale sur ces sujets ainsi que le travail effectué avec le PNUD.  S’agissant de la transition de la phase du secours à celle du développement, il a souligné la nécessité de trouver des solutions souples, adaptées au contexte spécifique de chaque pays.  Il a aussi insisté sur l’importance de l’appropriation nationale lors de l’élaboration, la mise en œuvre et la coordination des programmes de transition.  Toutefois, il est nécessaire de partager de manière efficace le fardeau entre les autorités nationales et les acteurs humanitaires et de développement, particulièrement dans les situations de longues durées, a-t-il ajouté. 


Le représentant a fait remarquer qu’une meilleure coordination des efforts internationaux par les Nations Unies supposait une attention particulière pour éviter les doubles emplois et augmenter l’efficacité de toutes les activités.  L’ONU, dans son ensemble, doit clairement définir son rôle dans les situations humanitaires, surtout dans le cas de conflits prolongés.  Par ailleurs, il a souligné la question des personnes déplacées, estimant que « l’approche collaborative » adoptée dans ce domaine avait été marquée par des lacunes de coordination et de protection.  Enfin, il a appuyé le projet de résolution et s’est dit convaincu que les résultats de cette session contribueraient au renforcement de la coordination de l’assistance humanitaire.


M. SUJANA ROYAT (Indonésie) a affirmé que son pays soutenait le processus d’examen de réponse humanitaire pour renforcer la capacité de coordination, combler les fossés dans la capacité sectorielle, améliorer la capacité à réagir rapidement, renforcer les mécanismes financiers et établir un financement prévisible pour toutes les phases de réponse humanitaire.  L’Indonésie appuie également la recommandation du Secrétaire général d’étendre l’utilisation du Fonds central autorenouvelable d’urgence visant à combler certaines lacunes financières lorsqu’il s’agit de lever rapidement des fonds dans les phases initiales d’urgence.  Il est important, selon lui, de reconnaître que les catastrophes naturelles deviennent de plus en plus un obstacle sérieux à la réalisation de l’agenda pour le développement international, y compris les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le représentant a ainsi souligné la nécessité d’envoyer un message clair aux dirigeants qui participeront au Sommet de septembre 2005, selon lequel une coordination de l’assistance humanitaire plus efficace en réponse aux catastrophes naturelles est nécessaire, et, plus important encore, un effort sérieux doit être fourni pour mieux coordonner la transition du secours vers le développement.


Le représentant a également mis l’accent sur la nécessité d’optimiser les capacités existantes et d’améliorer la coordination parmi les parties prenantes.  Par ailleurs, suite à la catastrophe du tsunami, le représentant s’est déclaré confiant qu’une meilleure coordination entre le gouvernement et les donateurs faciliterait la tâche des autorités nationales et locales.  Selon lui, l’une des mesures clefs visant à faciliter la coordination serait de démontrer que l’Indonésie est en mesure d’assurer un contrôle, une évaluation et un suivi des flux de fonds afin qu’un meilleur partage des fonds internationaux officiels puisse être canalisé à travers le budget gouvernemental.  Le Gouvernement a lancé à cette fin un Conseil de contrôle indépendant.  Il a également plaidé en faveur de la mise en place d’un mécanisme permettant d’inclure les sommes énormes d’aide non officielle versées dans la planification et la coordination nationales.  Il a ainsi appelé les Nations Unies à travailler avec les organisations non gouvernementales les plus importantes pour les encourager à inclure leurs fonds dans un système de suivi plus large.


M. JAWAD AMIN-MANSOUR (République islamique d’Iran) a souligné qu’en se mettant d’accord sur les efforts de coopération technique et opérationnelle, les États favoriseraient la coordination.  La réaction immédiate et enthousiaste de la communauté internationale pour aider les pays touchés par des catastrophes ou émergeant de conflits est cruciale, a-t-il estimé, citant en exemple le raz-de-marée de l’océan Indien ainsi que le tremblement de terre de Bam en Iran.  Cependant, les résultats ne seront pas positifs en l’absence d’une coordination adéquate entre les mécanismes.  Une action harmonieuse de tous les acteurs doit constituer un principe pour toutes les organisations et communautés impliquées dans des situations d’urgence, et ce principe doit s’appliquer au cours des opérations de relèvement, même si cela est complexe à mettre en pratique.  M. Amin-Mansour a alors énoncé une série de propositions.  Premièrement, les plans nationaux de développement doivent s’attacher en priorité à la prévention et à un système alerte rapide.  Lorsqu’une catastrophe survient, il est indispensable d’évaluer les besoins et de planifier.  Des mandats clairs et une division appropriée du travail avec l’emploi d’expertises sont indispensables.  Plus les capacités sont fortes aux niveaux local et régional, meilleure sera la réponse humanitaire, notamment lors de la phase initiale, a-t-il souligné, appelant notamment au transfert du savoir-faire. 


Par ailleurs, la création d’entités parallèles à tous niveaux peut susciter des conflits.  La coordination interinstitutions sur le terrain doit se faire sous l’égide de l’ONU et notamment sous celle du coordonnateur humanitaire ou du coordonnateur résident, qui doit promouvoir la coopération entre les différents acteurs.  Il revient aux États touchés par une catastrophe de diriger et de coordonner toutes les activités du personnel humanitaire local et des institutions humanitaires.  La coordination des activités lancées par les ONG et des volontaires relève également de leur responsabilité.  Il faut mettre au point des mécanismes organisant les interactions entre les Nations Unies et les autorités locales.  Il faut en outre créer une cohérence entre les secours et le développement, et assurer une transition en douceur entre ces deux phases afin de maintenir la coordination à long terme.  De plus, il est nécessaire de distinguer entre aide d’urgence et contribution au développement.  M. Amin-Mansour a ensuite appuyé l’emploi du Fonds central autorenouvelable d’urgence, tout en rappelant la nécessité pour les donateurs d’honorer leurs promesses.  Le manque de fonds pour le relèvement a créé des situations d’urgence « négligées », auxquelles il faut remédier, a-t-il insisté.  Enfin il a évoqué la Conférence mondiale sur la réduction des catastrophes, soulignant que la mise en œuvre de ses priorités pour l’action serait très positive et que l’Iran s’y était déjà attelé.


Mme MARÍA ÁNGELA HOLGUÍN CUÉLLAR (Colombie) a estimé que le travail et l’assistance humanitaire ne sont efficaces qu’à travers l’application stricte du droit humanitaire et de la résolution définissant le mandat d’OCHA.  Les principes de neutralité, d’humanité et d’impartialité doivent régir toutes les activités humanitaires, a-t-elle ajouté, tout en affirmant que celles-ci devaient être fournies à la demande des pays et dans le respect du droit interne et du droit international.  Elle a aussi souligné le rôle central des pays affectés dans l’organisation, la coordination et la fourniture de l’assistance humanitaire.  Elle a insisté sur la nécessité de prendre des initiatives pour développer les capacités nationales et renforcer les institutions nationales auxquelles les organisations humanitaires ne doivent pas se substituer.  L’ONU doit travailler en étroite collaboration avec les pays et ses activités doivent viser le renforcement de leurs capacités.  Elle a proposé de réfléchir à la mise en place d’une capacité de réaction humanitaire prévisible pour faire face aux catastrophes naturelles.  Par ailleurs, elle a estimé qu’une capacité nationale forte constituait la seule garantie de la durabilité des étapes de redressement et de développement.  Enfin, soulignant la fidélité du CICR à ses principes, elle a salué sa contribution fondamentale à l’assistance humanitaire.


M. JORGE CUMBERBATCH (Cuba) a affirmé que le monde restait caractérisé par les inégalités, par la prolifération des crises humanitaires, la distorsion continuelle des agendas de la paix et du développement.  Dans un système marqué par l’unipolarité et l’hégémonie à travers l’utilisation unilatérale de la force armée, Cuba réaffirme les principes d’humanité, de neutralité et d’impartialité consacrés dans la résolution 46/182 de l’Assemblée générale, a-t-il ajouté.  La responsabilité de protéger, les interventions humanitaires et autres définitions similaires, la promotion de la paix et de la sécurité internationales, si nécessaires pour les pays en développement, ne font qu’aggraver les contradictions et compliquent les relations entre les États, a-t-il estimé.


Le représentant s’est ainsi demandé en vertu de quel mandat donné par les États Membres avait été créé, dans le cadre de l’OCHA, le Groupe de sécurité humaine, d’autant que ce concept douteux, a-t-il ajouté, est loin de jouir d’un appui gouvernemental.  Si l’assistance humanitaire se veut indépendante, et impartiale, il faut que la coordination de l’assistance ne soit liée en aucune circonstance aux forces étrangères ou aux forces d’occupation.  L’assistance humanitaire devrait s’accompagner d’un engagement sérieux et sans conditions d’agir pour la croissance et le développement durable des pays en développement sans que les contributions pour l’assistance humanitaire ne soient versées au détriment des ressources consacrées à la coopération internationale en faveur du développement. 


La proposition d’élargir le Fonds central autorenouvelable d’urgence, a-t-il estimé, pourrait contribuer de façon substantielle à la création de nouveaux mécanismes financiers et ne devrait pas se limiter au processus de demande simplifiée car cela ne fera que régler une partie du problème.  Il a espéré que, par le texte qui sera adopté aujourd’hui, ce problème pourra être réglé. 


M. FRANCIS KOOPER (Namibie) a rappelé que les crises humanitaires exigeaient une réponse commune et coordonnée, et qu’il était donc nécessaire de renforcer la capacité de l’ONU à y répondre.  Des structures préventives disponibles permettent de fournir une assistance humanitaire d’urgence efficace, a-t-il déclaré, pourtant la plupart de nos pays ne disposent pas de telles structures.  Des capacités de réponse rapide et de coordination sont donc nécessaires.  L’Afrique australe a été ravagée par des crises humanitaires et la « triple menace » de l’insécurité alimentaire, du VIH/sida et de la pauvreté pèse sur elle.  Cette menace appelle à une action humanitaire et de développement rapide.  Le concept de relèvement a un certain sens, a-t-il poursuivi.  La nature multisectorielle des crises dans notre région constitue un défi particulier en matière de financement et j’invite donc les Nations Unies à demander à leurs partenaires d’apporter un appui financier plus large, a-t-il dit. 


Le représentant a ensuite évoqué la gamme des fléaux accablant la Namibie, évoquant notamment le VIH/sida qui a causé tant d’orphelins.  Le pays compte une unité de la gestion des urgences, qui est passée d’une approche fondée sur la réponse à une action de préparation.  Un comité national d’évaluation de la vulnérabilité va être créé et un cadre législatif va bientôt entrer en vigueur.  M. Kooper a ensuite rappelé que si la communauté internationale était capable d’apporter une réponse aux situations de crise, elle devait aussi atteindre les millions de personnes dont la vulnérabilité est chronique, notamment en Afrique.  Nous sommes préoccupés par le manque de financement volontaire en faveur de ces questions trop souvent oubliées, a-t-il expliqué.  Seule une approche souple permettra de tenir compte de la complexité des besoins et de la vulnérabilité, et de mettre fin au déclin des indicateurs humains sur le continent.


M. SHINICHI KITAOKA (Japon) a déclaré que ce débat consacré aux affaires humanitaires pouvait contribuer aux efforts visant à renforcer la coordination dans les situations humanitaires d’urgence.  Il a indiqué que les capacités de réponse devaient d’abord être développées aux niveaux local et national.  Toutefois, si ces autorités sont dépassées par l’ampleur de la crise, la communauté internationale doit fournir une assistance dans un esprit de solidarité et dans laquelle l’ONU jouerait un rôle central, a-t-il ajouté.  Il a estimé qu’en ce qui concerne les personnes déplacées, le mandat d’assistance et de protection était mal défini et a espéré que l’Assemblée générale aborderait cette question afin de mieux structurer les efforts dans ce secteur.  Il a affirmé que, pour mieux utiliser les ressources existantes, il fallait renforcer les efforts pour identifier et mobiliser rapidement les expertises techniques que possèdent plusieurs pays.  À cet égard, il a considéré que les arrangements de stand-by entre l’ONU et les États Membres ainsi qu’avec les organisations régionales pouvaient être très utiles pour fournir cette expertise.  Il a fait valoir la détermination du Japon s’agissant de faciliter le dialogue entre toutes les parties prenantes sur ces questions, y compris la façon de surmonter les difficultés économiques.  De plus, il a souhaité que le rôle du coordonnateur humanitaire ne se limite pas à éviter les doubles emplois mais comprenne également la planification stratégique. 


Le représentant a exprimé son soutien pour la restructuration du Fonds central autorenouvelable d’urgence et a souligné qu’il fallait aussi aborder la question des urgences qui ne sont pas suffisamment financées.  De plus, il a mis de l’avant le potentiel du financement privé qui doit, selon lui, aussi être pleinement exploré.  M. Kitaoka a par ailleurs insisté sur l’importance de la réduction des catastrophes, affirmant qu’il fallait redoubler d’efforts pour augmenter la résistance et la capacité de redressement des sociétés en intégrant la prévention et l’atténuation des risques à la planification de développement national.  Le Cadre d’action d’Hyogo issu de la Conférence de Kobé doit être mis en œuvre sans délai, a-t-il conclu.


M. FEDERICO S. DUQUE ESTRADA MEYER (Brésil) a affirmé que son pays soutenait l’approche de Jan Egeland visant à rendre plus prévisible le système humanitaire des Nations Unies.  Toutefois, malgré tous les progrès réalisés, il y a encore beaucoup à faire pour améliorer et organiser le système, a-t-il dit, évoquant les propositions pour améliorer la coordination en faisant un meilleur usage des ressources et en évitant les fossés et les gaspillages.  Il est essentiel de faire en sorte que la réponse humanitaire satisfasse à temps les besoins de base des populations affectées, a-t-il ajouté. 


Selon le représentant, les institutions nationales sont tout aussi essentielles pour faire face aux crises humanitaires.  Il faut donc construire et maintenir les capacités et la préparation préalable au niveau des pays, a-t-il poursuivi.  Le renforcement des capacités nationales, a-t-il estimé,  est une manière d’offrir plus d’options aux pays concernés et d’accroître la confiance au sein des communautés locales afin qu’elles puissent mieux faire face à leurs propres problèmes.  Des efforts doivent être également faits pour combler les fossés financiers, a-t-il observé.  Le représentant a par ailleurs estimé que la réponse internationale au raz-de-marée dans l’océan Indien devait servir de modèle pour répondre à d’autres crises et problèmes graves, notamment aux urgences négligées en Afrique subsaharienne.  Le Brésil est de l’avis du Secrétaire général qui souligne la nécessité de mettre à l’avant plan de nos préoccupations le côté humanité, a-t-il conclu.


Mme JOYCE MAPUNJO (République-Unie de Tanzanie) s’est déclarée préoccupée par l’aggravation des crises humanitaires en Afrique, notamment de celles qui résultent de conflits armés.  Des efforts concertés doivent être mis en œuvre pour s’attaquer aux racines de ces conflits, a-t-elle assuré, et le renforcement des capacités des organisations régionales ainsi que les initiatives nationales et régionales sont nécessaires.  Les principes humanitaires doivent toujours régir notre action en cas de crise, et l’assistance humanitaire doit être une obligation morale collective dénuée de motifs politiques et mise en œuvre sur une base non discriminatoire.  L’accès aux civils ne peut être entravé, a-t-elle poursuivi, et il doit être régi par le droit international.  La représentante a ensuite cité les principales carences du système d’aide humanitaire actuel: financement inadéquat, réponses inégales aux différentes crises dans le monde, arrangements qui manquent de souplesse, arrangements de stand-by inadéquats pour réagir en cas d’urgence, coordination inadéquate entre les institutions des Nations Unies et les ONG car elles sont en concurrence.


La représentante a approuvé la création d’un Fonds humanitaire central alimenté par tous les États, telle qu’elle a été proposée dans le rapport du Secrétaire général « Dans une liberté plus grande » (A/59/2005).  Les États Membres doivent mettre en place des programmes nationaux et communautaires pour atténuer l’effet des crises, a-t-elle déclaré, la Tanzanie ayant adopté une politique nationale de gestion des catastrophes, afin d’atteindre notamment un degré plus élevé de préparation aux catastrophes.  Le pays a maintenant besoin d’une assistance financière et technique pour pouvoir rendre cette politique opérationnelle.  La représentante a également appelé la communauté internationale à créer des centres régionaux et sous-régionaux pour aider les États à développer et à renforcer leurs capacités nationales.  L’assistance humanitaire doit être fondée sur les besoins plutôt que sur les ressources, et elle doit se poursuivre bien après le départ des caméras de télévision, a-t-elle conclu.


M. RADZI ABDUL RAHMAN (Malaisie) a rappelé que la plupart des catastrophes naturelles de cette dernière année s’étaient produites dans des pays en développement et avaient détruit des infrastructures essentielles, avec un impact grave sur les capacités des gouvernements et les gains du développement.  Plusieurs pays ont encore besoin d’assistance à court, moyen et long terme, a-t-il précisé.  Il a affirmé qu’il fallait aborder sérieusement les lacunes existantes des Nations Unies et des États Membres pour faire face aux catastrophes, notant que ceci éviterait des pertes en vies humaines.  Rappelant que la Malaisie avait été touchée par le récent tsunami, il a expliqué que cette catastrophe avait renouvelé la prise de conscience du pays quant à la nécessité de développer les capacités nécessaires pour y faire face.  Les récents évènements ont montré clairement les vulnérabilités des pays en développement face aux catastrophes naturelles et aux changements climatiques, a-t-il noté, en demandant que ces deux problèmes soient abordés de manière urgente par la communauté internationale. 


Le représentant a estimé qu’il était essentiel de renforcer les capacités des pays, pour que les gouvernements puissent agir efficacement lors de toutes les phases, y compris la prévention, la préparation, l’atténuation des risques, le redressement et la reconstruction.  Il s’est dit convaincu que ce renforcement des capacités, ainsi que la mise de systèmes d’alerte précoce, pourrait diminuer les effets des catastrophes.  Il a souhaité que l’ECOSOC contribue à renforcer la stratégie humanitaire des Nations Unies, notamment en identifiant les lacunes existantes et en améliorant la coordination.  De plus, il a fait part de son soutien pour l’élargissement du Fonds central autorenouvelable d’urgence qui, selon lui, permettrait de répondre aux besoins croissants lors de la phase initiale des catastrophes.  Enfin, il a estimé que les efforts internationaux ne devraient pas se limiter à la fourniture des secours d’urgence en cas de catastrophe mais viser également des objectifs à long terme pour les populations affectées.


M. ASAD M. KHAN (Pakistan) a estimé que le défi de mobiliser de façon efficace, en temps voulu et de manière appropriée l’aide humanitaire afin qu’elle soit à la hauteur des crises, était formidable.  Ce défi exige une action concertée de l’action aux niveaux local, national et international afin de traiter les urgences complexes et les catastrophes naturelles, a-t-il dit.  Tous ces efforts visant à renforcer la capacité de réponse humanitaire générale aura un effet important s’ils sont conduits en respectant les principes de base de l’assistance humanitaire, c’est-à-dire l’humanité, la neutralité et l’impartialité, principes tels que consacrés dans la résolution de l’Assemblée générale 46/182, a-t-il expliqué.

Le représentant a en outre souligné que davantage d’attention devrait être accordée au renforcement des mécanismes financiers et à l’accroissement des services humanitaires essentiels communs.  Un financement en temps voulu et prévisible est également nécessaire pour assurer le succès de l’action humanitaire, a-t-il assuré.  Selon lui, l’assistance humanitaire de secours devrait être accompagnée de perspectives de développement visant à aboutir à des solutions viables et durables.  En outre, la capacité logistique et technique des mécanismes existants de coordination humanitaire doit être renforcée, a-t-il poursuivi. 


M. PAUL GOA ZOUMANIGUI (Guinée) a souligné que si le renforcement des capacités nationales constituait un impératif en matière d’aide humanitaire, l’aide de la communauté internationale restait incontournable.  Il faut donc renforcer la coordination des acteurs locaux, nationaux et internationaux, a-t-il ajouté, en développant les capacités d’intervention humanitaire et les critères de résultats.  Tout en soulignant la nécessité d’un financement adéquat à cet égard, il a également regretté que des situations humanitaires restent négligées.  Le représentant s’est ensuite réjoui de l’adoption par l’Assemblée générale de la résolution A/RES/50/279, par laquelle elle a approuvé un grand nombre des principes de la Déclaration de Jakarta, notamment sur l’obligation pour les États Membres de prendre les dispositions indispensables à la prévention des catastrophes, au renforcement des secours d’urgence et au relèvement.  Il s’est également félicité de la finalisation du Cadre d’action de Hyogo 2005-2015, soulignant l’importance de l’implication de la société civile et des ONG.


Le représentant s’est ensuite réjoui de l’attention accordée à la situation en Afrique par le rapport du Secrétaire général sur le « Renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies » (E/2005/78).  Les espoirs de paix laissent augurer de progrès sur le front humanitaire, a-t-il relevé, mais les besoins humanitaires demeurent importants, notamment en raison des catastrophes naturelles, de la désertification et des maladies.  Les gouvernements ont une responsabilité première pour y apporter des solutions mais la communauté internationale doit mieux affûter son intervention dans un système plus coordonné.  Le représentant a donc appuyé le renforcement de l’autorité des coordonnateurs humanitaires et des coordonnateurs résidents, pour contribuer à l’amélioration de la coordination.  Par ailleurs, il a souligné que la Guinée avait souffert des conflits se déroulant dans quatre des six pays d’Afrique de l’Ouest avec lesquelles elle fait frontière, qui ont provoqué un afflux de réfugiés et entraîné de l’insécurité.  Il a rappelé que la Guinée avait été au centre d’une Journée de solidarité en 1990, et a déploré qu’aucun suivi n’en ait été assuré depuis, en dépit des besoins du pays.  Enfin le représentant a souligné que le mode de financement de l’assistance humanitaire constituait la pierre angulaire du système, et qu’il devait donc être suffisant et prévisible. Il a conclu en appuyant le principe de responsabilité partagée des conséquences des charges découlant des catastrophes.


M. LUCA DALL’OGLIO (Organisation internationale pour les migrations, OIM) a déclaré que l’esprit des capacités collectives et la reconnaissance de la diversité de la communauté humanitaire devait inspirer le processus de réforme visant l’amélioration de la réponse humanitaire.  Il a noté le rôle du Comité permanent interinstitutions, principal mécanisme de coordination des activités humanitaires qui regroupe les institutions des Nations Unies mais aussi leurs partenaires, les autres organisations intergouvernementales et les ONG.  Il a affirmé que ce Comité pouvait jouer un rôle crucial, notamment en ce qui concerne les moyens d’optimiser l’expertise de tous les partenaires dans la réponse fournie aux besoins des personnes déplacées.  Il a insisté sur la vulnérabilité des migrants forcés ou non à quitter une zone, et particulièrement sur la question de leur santé mentale et leur bien-être psychologique.  Pour remédier au manque de directives concernant l’assistance psychologique, il a proposé de tirer des enseignements des expériences passées et d’établir de bonnes pratiques pour une action.


M. RICHARD CHINA, représentant de l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), a affirmé que la FAO continuait d’assurer un rôle complémentaire en matière d’assistance humanitaire.  Elle a fourni en 2004 et, au cours de la première moitié de 2005, 200 millions de dollars de soutien à l’agriculture basée sur les moyens d’existence, et 330 millions de dollars dans des opérations en cours, l’ensemble constituant plus du quart du budget total de la FAO, a-t-il précisé.  Selon lui, chaque dollar dépensé pour prévenir une situation d’urgence humanitaire permet d’économiser 10 dollars d’aide alimentaire.


S’agissant du tsunami dans l’océan Indien, la coordination est essentielle face à l’ampleur exceptionnelle des dons et du nombre des acteurs impliqués, qui risquent de poser un problème très grave d’aide excessive, a-t-il observé.  Ainsi, les réparations des navires et barques entreprises par certaines organisations non gouvernementales n’ont pas été d’une qualité suffisante, a-t-il dit.  Le nombre de nouveaux bateaux et de barques commandés a été en outre supérieur au nombre de bateaux et barques perdus, ce qui, a-t-il indiqué, pourrait avoir des conséquences sur les niveaux des réserves halieutiques.  Le représentant a affirmé par ailleurs que la FAO continuait de rationaliser ses procédures afin de mieux faire face aux situations d’urgence.  Sur le terrain, elle continue de renforcer sa collaboration avec les autres partenaires des institutions des Nations Unies, a-t-il poursuivi, citant, par exemple, le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).


Le représentant de Cuba a affirmé soutenir le renforcement de l’aide humanitaire et la transition de la phase de secours vers la phase de développement, mais il a réitéré la position traditionnelle de sa délégation selon laquelle les concepts doivent être convenus au niveau intergouvernemental.  Or, le concept « d’intervention humanitaire » ne jouit pas d’un tel consensus, a-t-il souligné, et il ne pourra donc pas être appliqué aux activités menées à Cuba.  Par ailleurs, le représentant a souligné que le paragraphe 16 du projet de la résolution portant sur des aspects destinés à améliorer la gestion des ressources sur le terrain en cas de situations humanitaires d’urgence était limité et laissait de côté une bonne partie d’autres mécanismes des Nations Unies destinés à l’aide humanitaire.  Des mécanismes souples et une meilleure coordination entre les coordonnateurs résidents et les pays affectés sont nécessaires, a-t-il ajouté, nous espérons donc que cette question sera reprise par l’Assemblée générale pour y remédier.


Projet de résolution sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies (E/2005/L.19)


Par ce texte, le Conseil économique et social demande aux organismes compétents des Nations Unies de renforcer, dans le cadre de leurs mandats respectifs, les services humanitaires communs essentiels qui sont coordonnés par l’intermédiaire du Comité permanent interorganisations pour que ces services puissent être fournis de manière prévisible, rationnelle et efficace.


Il demande également aux organismes concernés des Nations Unies de collaborer systématiquement avec les autorités et les organismes compétents aux niveaux régional et national pour appuyer les efforts visant à renforcer les moyens d’action humanitaire à tous les niveaux, en particulier grâce à des programmes de préparation, l’objectif étant d’assurer une meilleure adéquation dans le déploiement des ressources de façon générale.


Le Conseil prie le Secrétaire général, agissant en consultation avec les États et les organisations compétentes, de continuer à mettre en place des mécanismes mieux adaptés pour l’utilisation de moyens de réserve en cas d’urgence, y compris, le cas échéant, de moyens d’action humanitaire régionaux, sous l’égide des Nations Unies, notamment en concluant des accords formels avec les organisations régionales compétentes.  Il le prie également de renforcer les moyens dont les coordonnateurs résidents, les coordonnateurs des affaires humanitaires et les équipes de pays des Nations Unies disposent pour les opérations humanitaires ainsi que l’appui fourni à ceux-ci, notamment en dispensant la formation voulue, en analysant les besoins et en améliorant les procédures de recrutement et de désignation des coordonnateurs, pour contribuer à assurer des interventions rapides prévisibles et adaptées, et continuer d’améliorer la coordination entre les organismes des Nations Unies sur le terrain.


Par ailleurs, le Conseil économique et social prie le Secrétaire général de continuer à axer ses efforts, notamment par le biais de consultations avec les États, sur la nécessité d’établir des mécanismes de financement appropriés pour que les ressources humanitaires soient allouées en temps voulu après le lancement d’un appel global de manière à combler les lacunes du système d’intervention humanitaire des Nations Unies.  Il recommande à l’Assemblée générale d’améliorer le Fonds central autorenouvelable d’urgence, par exemple en introduisant éventuellement une composante dons fondée sur des contributions volontaires, et prie le Secrétaire général de présenter un rapport sur cette question, que l’Assemblée examinera à sa soixantième session.


Explications de position


Le Vice-Président du Conseil économique et social, M. Johan Verbeke (Belgique), a indiqué que l’Assemblée générale reviendrait sur le projet de résolution, et notamment sur le paragraphe 16.


Tout en reconnaissant que le projet de résolution ne reflétait pas toutes les positions des différentes délégations, la représentante du Canada a souligné qu’elle correspondait à un consensus.  Par ailleurs, elle a rappelé que la protection des travailleurs humanitaires sur le terrain continuait à représenter un défi.  Les Nations Unies doivent fournir des directions pour que ces préoccupations soient suffisamment prises en compte, a-t-elle souligné.


Dans le cadre de remarques de conclusion, M. JAN EGELAND, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, a expliqué que cette session de l’ECOSOC avait permis de fournir une orientation concrète pour le programme de travail de l’année à venir.  Il a souligné le rôle central des institutions des Nations Unies et des ONG dans la mise en œuvre des objectifs communs et dans la recherche de solutions pour surmonter les défis opérationnels afin d’assister ceux qui luttent quotidiennement pour leur vie et leur dignité.  Revenant sur la richesse des tables rondes de la journée précédente, il a mis de l’avant les grandes questions qui y ont été soulevées, telles que les relations entre civils et militaires, le partenariat entre le secteur privé et le secteur public ou encore la nécessité d’assurer la transparence et de rendre des comptes.  Il a noté que ces discussions avaient mis en lumière l’importance du leadership des Nations Unies en ce qui concerne la coordination des opérations de secours.  Toutefois, a-t-il poursuivi, nous prenons en compte les suggestions faites sur l’élaboration de nos capacités de réponse, notamment par l’étroite coopération nationale et régionale.  Il a aussi indiqué que cette session avait permis de rappeler la responsabilité morale de centrer également les efforts sur la réduction des risques et de la vulnérabilité.  Ceci demandera un ajustement des organisations de l’ONU des ONG avec les gouvernements nationaux, a-t-il ajouté, en rappelant qu’il s’agissait là de l’essence du Cadre d’action d’Hyogo. 


Notant que cette session présentait l’occasion unique de renforcer le système humanitaire international au cours l’année, il s’est félicité que le projet de résolution adopté aujourd’hui reflète les propositions qu’il avait faites pendant la semaine.  Par ailleurs, il a espéré faire rapport, lors de la prochaine session de fond de l’ECOSOC, des réalisations accomplies au sein de l’ONU quant au renforcement des capacités et à l’identification de responsabilités plus claires dans les secteurs où les capacités ne sont pas assez développées.  M. Egeland s’est aussi félicité de l’intérêt accordé au Fonds central autorenouvelable d’urgence, notant que ses mécanismes pratiques seraient étudiés lors de la soixantème session de l’Assemblée générale.  Le renforcement de notre réponse mondiale passe par celui de la coordination humanitaire sur le terrain, a-t-il expliqué, affirmant qu’il faudrait disposer de nombreux candidats pour le poste de coordinateur humanitaire pour optimiser les expertises en cas de nouvelles crises.  Notant que le tsunami avait démontré ce qu’il était possible de faire lorsque les fonds sont suffisants, il a déploré le sous-financement chronique des situations d’urgence en Afrique, faisant remarquer que leurs conséquences graves appellent les donateurs à fournir des ressources pour ces situations négligées.  Il a conclu en insistant sur l’engagement de tous les partenaires pour la coordination ainsi que sur la nécessité d’une coopération efficace pour renforcer les institutions nationales et régionales, tout en réaffirmant qu’il fallait promouvoir et défendre les principes humanitaires.


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