23/11/2005
Conseil de sécurité
CS/8561

Department of Public Information • News and Media Division • New York

Conseil de sécurité

5308e séance – après-midi


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXIGE QUE L’ÉRYTHRÉE ANNULE SA DÉCISION D’INTERDIRE LES VOLS D’HÉLICOPTÈRE DE LA MINUEE


Le Conseil de sécurité a déploré profondément ce matin que l’Érythrée continue d’imposer des restrictions à la liberté de mouvement de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE), et a exigé du Gouvernement érythréen qu’il annule sans plus tarder et sans préalable sa décision d’interdire les vols d’hélicoptère de la MINUEE, de même que les restrictions supplémentaires imposées aux opérations de la Mission.


Par la résolution 1640, adoptée à l’unanimité, le Conseil exige également des deux parties qu’elles ramènent leur niveau de déploiement à ce qu’il était le 16 décembre 2004, le redéploiement devant commencer avec effet immédiat et s’achever dans les 30 jours.  Il se déclare résolu à envisager de nouvelles mesures appropriées, notamment au titre de l’Article 41 de la Charte de l’ONU, si l’une ou l’autre des parties ne se conforme pas à ses exigences.


Le Conseil de sécurité exige enfin que l’Éthiopie accepte pleinement et sans plus tarder la décision définitive et contraignante de la Commission du tracé de la frontière et prenne immédiatement des mesures concrètes pour permettre, sans préalable, à la Commission de procéder à l’abornement intégral et rapide de la frontière.


Pour l’examen de cette question, le Conseil de sécurité était saisi du rapport sur la mission effectuée par le Représentant permanent du Japon, M. Kenzo Oshima, en Éthiopie et en Érythrée.


LA SITUATION ENTRE L’ É RYTHR É E ET L’ É THIOPIE


Projet de résolution S/2005/732


Le Conseil de sécurité,


Réaffirmant toutes ses résolutions et déclarations antérieures touchant la situation entre l’Éthiopie et l’Érythrée ainsi que les exigences qu’il y a formulées, notamment la résolution 1622 (2005) du 13 septembre 2005 et la déclaration de son président en date du 4 octobre 2005,


Exprimant une fois de plus la vive préoccupation que lui inspire la décision prise par le Gouvernement érythréen le 4 octobre 2005 de restreindre, à compter du 5 octobre 2005, tous les vols d’hélicoptère de la MINUEE dans l’espace aérien érythréen ou à destination de l’Érythrée et d’imposer depuis cette date de nouvelles restrictions à la liberté de mouvement de la Mission, décision qui remet sérieusement en cause l’aptitude de la Mission à s’acquitter de son mandat et la sécurité de son personnel et celle des forces des pays qui fournissent des contingents,


Alarmé par les incidences et l’impact que pourraient avoir la décision et les restrictions susmentionnées imposées par le Gouvernement érythréen sur le maintien de la paix et de la sécurité entre l’Éthiopie et l’Érythrée et les principes régissant les opérations de maintien de la paix des Nations Unies,


Réaffirmant l’intégrité de la zone de sécurité temporaire prévue dans l’Accord de cessation des hostilités en date du 18 juin 2000 (S/2000/601), et rappelant les objectifs auxquels répond sa création,


Soulignant que l’instauration d’une paix durable entre l’Éthiopie et l’Érythrée et dans la région passe par la démarcation complète de la frontière entre les parties,


Se déclarant gravement préoccupé par le fait que le Gouvernement éthiopien n’a pas à ce jour accepté sans préalable la mise en œuvre de la décision définitive et contraignante de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie (S/2002/423),


Remerciant l’Ambassadeur Kenzo Oshima de la visite qu’il a effectuée en Éthiopie et en Érythrée du 6 au 9 novembre 2005 en sa qualité de Président du Groupe de travail sur les opérations de maintien de la paix, prenant acte de son rapport (S/2005/723) et saluant les observations qui y sont formulées,


Notant avec une profonde préoccupation la forte concentration de troupes de part et d’autre de la zone de sécurité temporaire et soulignant que la persistance de cet état de choses constituerait une menace contre la paix et la sécurité internationales,


1.    Déplore profondément que l’Érythrée continue d’imposer des restrictions à la liberté de mouvement de la MINUEE et exige du Gouvernement érythréen qu’il annule sans plus tarder et sans préalable sa décision d’interdire les vols d’hélicoptère de la MINUEE, de même que les restrictions supplémentaires imposées aux opérations de la Mission, et qu’il fournisse à celle-ci l’accès, l’assistance, le soutien et la protection dont elle a besoin pour s’acquitter de sa tâche;


2.    Demande aux deux parties de faire preuve de la plus grande retenue et de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force l’une contre l’autre et exige qu’elles ramènent leur niveau de déploiement à ce qu’il était le 16 décembre 2004, le redéploiement devant commencer avec effet immédiat et s’achever dans les 30 jours, afin d’empêcher la situation de s’aggraver;


3.    Prie le Secrétaire général de s’assurer que les parties donnent suite aux demandes formulées aux paragraphes 1 et 2 ci-dessus et de lui faire rapport 40 jours après l’adoption de la présente résolution;


4.    Se déclare résolu à envisager de nouvelles mesures appropriées, notamment sous l’empire de l’Article 41 de la Charte des Nations Unies, si l’une ou l’autre des parties ne se conformait pas aux exigences des paragraphes 1 et 2 ci-dessus;


5.    Exige de l’Éthiopie qu’elle accepte pleinement et sans plus tarder la décision définitive et contraignante de la Commission du tracé de la frontière et prenne immédiatement des mesures concrètes pour permettre, sans préalable, à la Commission de procéder à l’abornement intégral et rapide de la frontière et se déclare résolu à suivre de près les actions des deux parties en ce qui concerne la démarcation de la frontière et à garder la question à l’examen;


6.    Exprime sa profonde gratitude aux pays qui fournissent des contingents pour leur contribution et leur dévouement à la tâche de la MINUEE et, tenant compte du risque que la situation se détériore davantage, leur lance un appel pour qu’ils maintiennent leur présence et leur participation aux activités de la MINUEE, malgré les immenses difficultés auxquelles ils sont confrontés;


7.    Demande aux deux parties de s’employer, sans préalable, à sortir de l’impasse actuelle par des efforts diplomatiques;


8.    Décide de demeurer activement saisi de la question.


Rapport sur la mission effectuée par le Représentant permanent du Japon auprès des Nations Unies, M. Kenzo Oshima, en É thiopie et en É rythrée (S/2005/723)


Dans ce rapport, le Représentant permanent du Japon auprès de l’Organisation des Nations Unies, M. Kenzo Oshima, rend compte de la visite qu’il a effectuée en Éthiopie et en Érythrée du 6 au 9 novembre 2005 en sa qualité de Président du Groupe de travail du Conseil de sécurité sur les opérations de maintien de la paix.


M. Oshima juge que les restrictions imposées à la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE), et tout particulièrement l’interdiction des vols d’hélicoptères, constituent une violation flagrante des Accords d’Alger, entravent sérieusement le fonctionnement de la Mission et mettent son personnel en danger.  Ces restrictions doivent être supprimées le plus tôt possible, indique-t-il, estimant que le Conseil de sécurité doit accélérer l’examen d’un nouveau projet de résolution dans lequel il engagerait dans les termes les plus vigoureux

l’Érythrée à lever les restrictions.  Le représentant du Japon explique également qu’il faut obtenir d’urgence de l’Éthiopie qu’elle accepte et applique pleinement la décision de la Commission du tracé de la frontière.  Un refus de sa part constituerait une violation des Accords d’Alger, remarque-t-il, jugeant que la nouvelle résolution devrait engager instamment l’Éthiopie à accepter et à appliquer pleinement la décision en question.


M. Oshima estime par ailleurs que le Conseil devrait demander au Secrétaire général et aux pays qui ont une influence sur les deux parties de lancer une nouvelle série d’initiatives diplomatiques énergiques pour sortir de l’impasse.  Si l’idée de dépêcher un envoyé spécial du Secrétaire général semble inacceptable pour l’une d’entre elles, il faut continuer à s’efforcer de les mobiliser pour dénouer la crise, signale-t-il.  Le nouveau projet de résolution devrait encourager les initiatives diplomatiques, estime le représentant du Japon, précisant que le Conseil doit étudier soigneusement le libellé d’un tel projet de résolution et son calendrier d’application en gardant à l’esprit que la situation actuelle est tendue et délicate.


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