19/08/2005
Conseil de sécurité
CS/8476

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Conseil de sécurité

5248e séance – matin


LE CONSEIL PREND NOTE AVEC SATISFACTION DU BON DÉROULEMENT DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN GUINÉE-BISSAU ET DE L’ANNONCE DES RÉSULTATS DU SCRUTIN


Il invite le Secrétaire général à faire des recommandations sur

le rôle du Bureau d’appui des Nations Unies dans la consolidation de la paix


À la suite de consultations sur la situation en Guinée-Bissau, le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’août, M. Kenzo Oshima (Japon), a fait au nom des quinze membres, la déclaration dont le texte suit:


Le Conseil de sécurité prend note avec satisfaction du bon déroulement des élections présidentielles en Guinée-Bissau et de l’annonce par la Commission électorale nationale des résultats finals du scrutin. Cela marque une étape importante vers le rétablissement de l’ordre constitutionnel. Le Conseil donne acte du recours formé devant la Cour suprême de justice par l’un des candidats et encourage vivement toutes les parties à honorer leurs engagements et à accepter l’arrêt définitif de la Cour. Le Conseil leur demande instamment de s’abstenir de tous actes qui pourraient mettre en danger les efforts visant à rétablir la paix et la stabilité en Guinée-Bissau.


Le Conseil loue la population de Guinée-Bissau pour sa participation encourageante au processus électoral.


Le Conseil rend hommage aux partenaires et voisins de la Guinée-Bissau, qui ont fourni un soutien indispensable à la tenue des élections. Le Conseil félicite aussi les observateurs internationaux pour le rôle essentiel qu’ils ont joué dans l’ensemble du pays et accueille avec satisfaction leur déclaration reconnaissant que les élections présidentielles ont été libres, régulières et transparentes.


Le Conseil exprime sa gratitude à la Communauté des États de langue portugaise, à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, à l’Union européenne, à l’Envoyé spécial du Secrétaire général, à l’Envoyé spécial du Président de l’Union africaine, au Représentant du Secrétaire général en Guinée-Bissau et au Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BANUGBIS), aux partenaires bilatéraux et aux institutions financières internationales pour la contribution qu’ils lui ont apportée. Le Conseil souligne l’importance de leurs efforts diplomatiques opportuns visant à promouvoir un dialogue national et le respect de l’état de droit.


Considérant les problèmes auxquels la Guinée-Bissau doit encore faire face, le Conseil prie instamment toutes les parties nationales et internationales concernées à réaffirmer leur attachement à la paix et à la démocratie en Guinée-Bissau et engage les partenaires bilatéraux du développement de la Guinée-Bissau, les institutions financières internationales et les organismes des Nations Unies à accroître leur appui au développement économique et social, à la consolidation des institutions nationales ainsi qu’à la promotion de la bonne gouvernance et des droits de l’homme, en particulier en fournissant une assistance financière et un appui technique d’urgence, à court terme, et en participant activement à la table ronde des donateurs qui doit se tenir en novembre 2005.


Le Conseil, en conséquence, accueille avec satisfaction la décision prise par le Conseil économique et social, le 26 juillet 2005, de proroger le mandat du Groupe consultatif ad hoc sur la Guinée-Bissau et félicite le Groupe de son travail.


Le Conseil invite le Secrétaire général à présenter des recommandations, dans son prochain rapport, concernant la mise à jour du mandat et du rôle du BANUGBIS dans la consolidation de la paix et de la stabilité en Guinée-Bissau après la fin de la période de transition.


LA SITUATION EN GUINÉE-BISSAU


Rapport du Secrétaire général (S/2005/380)


Faisant le point de la situation politique qui prévalait dans le pays au cours de la période des trois mois précédant la publication de ce rapport le 10 juin dernier, le Secrétaire général fait état de la place dominante des préparatifs de l’élection.  Une atmosphère polarisée régnait dans le pays, en raison des controverses juridiques relatives à l’éligibilité de deux anciens Présidents, Joao Bernardo Vieira et Koumba Yala, candidats à l’élection du 19 juin.  Après sa désignation le 26 mars par sa formation politique, le Parti du renouveau social (PRS), M. Yala a soumis sa candidature à l’approbation de la Cour suprême en dépit de la disposition de la Charte de transition politique de septembre 2003, qui interdisait sa participation à toute activité politique pendant cinq ans.


Au cours de la période concernée, indique M. Kofi Annan, le Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BANUGBIS) a continué d’encourager le dialogue entre les partenaires.  Le Bureau a organisé une série de réunions et d’ateliers avec les partis politiques, les signataires de la Charte de transition politique, la société civile, et les médias, avec l’appui de conciliateurs expérimentés d’ONG nationales et internationales.  Il est expliqué qu’après les élections, le BANUGBIS organisera une série d’ateliers de formation aux compétences en matière de négociation et de gestion des conflits à destination d’acteurs de premier plan. 


Les tensions restant vives en Guinée Bissau, le Secrétaire général rappelle qu’il a décidé de nommer, le 29 avril 2005, l’ancien Président du Mozambique, Joaquim Chissano, comme son Envoyé spécial pour la Guinée-Bissau.  M. Chissano a eu pour mandat de faciliter la tenue d’élections crédibles et paisibles et de contribuer à mener à bien la transition en cours, ce qui devrait aboutir à la restauration de l’ordre constitutionnel.  Le Secrétaire général rappelle également que le 18 mai, dans une décision, la Cour suprême a validé les candidatures de 17 des 21 candidats, notamment les deux anciens Présidents.


Le Secrétaire général remarque que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine (UA) se sont investies dans le bon déroulement de la transition politique en Guinée-Bissau.  La communauté des pays lusophones (CPLP) a également nommé un représentant permanent pour la Guinée-Bissau.  La mission dépêchée par le Secrétaire général du 18 au 25 mai, qui était chargée d’évaluer les besoins électoraux, a conclu pour sa part que les conditions techniques requises étaient en place pour une bonne tenue du premier tour.  Le financement des opérations électorales du 19 juin a reçu, à hauteur de 2,6 millions d’euros, l’appui de donateurs par l’intermédiaire du projet d’assistance technique du PNUD.  En plus de la somme qu’elle a versée à travers le PNUD, l’Union européenne a aussi versé 1,5 million d’euros couvrant les frais de sa mission d’observation électorale. 


Dans les conclusions, le Secrétaire général indique que la Guinée-Bissau continue de se heurter à d’énormes difficultés politiques, sociales et économiques que seule une action commune s’articulant autour d’orientations claires en faveur de la paix et de la stabilité sera en mesure de régler.  Pour y contribuer, le BANUGBIS et l’équipe de pays de l’ONU ont examiné la stratégie globale de consolidation de la paix de l’ONU pour la Guinée-Bissau, qui combine des objectifs en matière de paix, de sécurité et de développement et définit les activités à exécuter à l’appui des efforts menés dans le pays pour améliorer le dialogue politique, renforcer la sécurité, rendre la gouvernance plus démocratique et mobiliser davantage de ressources.   Le Secrétaire général encourage le Conseil de sécurité à répondre aux recommandations qu’il a faites dans son rapport du 16 mars 2005 et qui visent à renforcer le BANUGBIS, et à permettre au Bureau de s’acquitter de son mandat révisé tel que contenu dans la résolution 1580 (2004).


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