26/04/2005
Communiqué de presse
CS/8367


Conseil de sécurité

5169e séance - matin


L’AFRIQUE DU SUD, MÉDIATEUR DE L’UNION AFRICAINE POUR LA CÔTE D’IVOIRE, PROPOSE AU CONSEIL D’ADAPTER LE MANDAT DE L’ONUCI POUR FACILITER L’APPLICATION DE L’ACCORD DE PRETORIA


Le Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Afrique du Sud, M. Aziz Pahad, a proposé ce matin aux membres du Conseil de sécurité de modifier le mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) pour l’adapter aux mesures prévues par l’Accord de Pretoria du 6 avril et contribuer à l’accélération du processus de paix dans le pays.  M. Pahad représentait ce matin son Président, M. Thabo Mbeki, Médiateur de l’Union africaine sur la situation en Côte d’Ivoire. 


La signature par les parties ivoiriennes de l’Accord de Pretoria est perçue par l’ensemble de la communauté internationale comme un signe d’espoir pour la Côte d’Ivoire.  Ce nouvel Accord, qui complète les Accords de Linas-Marcoussis et les Accords d’Accra, contient des dispositions clefs comme la déclaration commune de cessation des hostilités; le désarmement et démantèlement des milices sur l’ensemble du territoire; la mise en œuvre du Plan national de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR); sécurité dans la zone sous la responsabilité des Forces nouvelles; sécurité des membres du Gouvernement issus des Forces Nouvelles; commission électorale indépendante et organisation des élections.


De l’avis de M. Pahad, la Côte d’Ivoire aura besoin de l’expertise des Nations Unies pour établir des mesures de confiance et organiser les élections du 31 octobre 2005.  En vue de préparer des élections libres, justes et transparentes, les parties signataires ont donné mandat au Médiateur d’adresser une requête à l’ONU, au nom du peuple ivoirien, pour qu’elle participe à leur organisation, a-t-il rappelé.  À cette fin, elle devrait mettre en place une structure impartiale qui assisterait la Commission électorale indépendante ainsi que le Conseil constitutionnel.  L’Accord de Pretoria prévoit aussi que l’ONUCI forme 600 membres de la police civile issus des Forces armées des Forces Nouvelles et aide au démantèlement des milices.  Pour cela, a-t-il déclaré, il est nécessaire que le Conseil de sécurité adapte le mandat de l’ONUCI.


Le Représentant permanent de la Côte d’Ivoire, M. Philippe Djangone-Bi, a garanti que le récent Accord de Pretoria n’autorisait aucune interprétation partisane.  En ce qui concerne la question très sensible de l’article 35 de la Constitution sur les conditions d’éligibilité à la présidence de la République, il a indiqué que le Président Gbagbo se prononcera sur cette question lors d’une déclaration radiotélévisée à la Nation le 27 avril.  Cette intervention télévisée, a estimé le Représentant permanent de la France, M. Jean-Marc de La Sablière, devrait permettre de lever les obstacles majeurs à la crise.  Le Conseil doit désormais tout faire pour soutenir ce processus en veillant à ce que les engagements pris à Pretoria soient tenus, a-t-il ajouté.  La France, a-t-il indiqué, déposera dans les prochains jours un projet de résolution en prévision du renouvellement du mandat de l’ONUCI.  Ce texte envisage le renforcement du rôle de l’ONUCI en vue d’assurer le bon déroulement du processus électoral et des opérations de désarmement, démobilisation et réinsertion.


SITUATION EN CÔTE D’IVOIRE


M. AZIZ PAHAD, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Afrique du Sud, s’exprimant au nom de la mission de médiation de l’Union africaine en Côte d’Ivoire, a souligné que l’Accord de Pretoria, conclu le 6 avril 2005, offre incontestablement un nouvel espoir de paix pour la Côte d’Ivoire.  La réunion qui a permis de conclure l’Accord de Pretoria était présidée par le Président de l’Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki, et s’était déroulée dans une atmosphère détendue.  Le Ministre a ensuite détaillé le contenu de l’Accord en précisant qu’il contenait des dispositions clefs comme la déclaration conjointe de cessation des hostilités; et celles prévoyant le démantèlement des milices à travers le pays.  L’Accord prévoit aussi le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des forces armées en vue de créer une armée unifiée dans le pays ainsi qu’un plan permettant d’assurer la sécurité du Conseil des ministres du Gouvernement de réconciliation nationale.  Les parties s’engagent à apporter des amendements à la composition et au fonctionnement de la Commission électorale afin de garantir la tenue d’élections libres et transparentes.  Il a été question lors de cette réunion de finaliser la proposition d’amendement à l’article 35 de la Constitution ivoirienne sur les critères d’éligibilité des candidats à l’élection présidentielle.  À cet égard, il a été demandé au Médiateur de prendre une décision après consultation avec l’Union africaine et le Secrétaire général.


Évoquant les progrès réalisés depuis la signature de l’Accord de Pretoria, le Vice-Ministre est revenu dans le détail sur le processus d’éligibilité des candidats.  En vertu de l’article 35 de la Constitution, le Président Gbagbo aurait recours, après consultation avec le Président de l’Assemblée nationale et le Conseil constitutionnel, à l’article 48 de la Constitution qui autoriserait le Conseil constitutionnel ivoirien  à accepter l’éligibilité des candidatures présentées par les parties à l’Accord de Linas-Marcoussis.  À cette fin, le Président Gbagbo a organisé une série de consultations avec les syndicats, les groupes de femmes, les jeunes, et les chefs traditionnels, les membres du Parlement et les membres de l’armée afin de discuter de l’Accord de Pretoria.  Il en est ressorti que le Président Gbagbo devrait, afin de promouvoir la paix, recourir à l’article 48 de la Constitution pour donner effet à un amendement comme le recommande le Médiateur.  Le Président Gbagbo devrait faire une déclaration prochainement sur l’application de l’article 35 de la Constitution ivoirienne.  Le Vice-Ministre est également revenu sur le processus de DDR en précisant que les armes lourdes avaient été retirées des lignes de front.  Par ailleurs, un nombre important de ministres ivoiriens sont revenus à Abidjan afin de reprendre leurs fonctions.


Il existe deux domaines qui exigent l’assistance des Nations Unies, à savoir la promotion de mesures de confiance et l’assistance électorale pour les élections du 31 octobre 2005.  En vertu de l’Accord de Pretoria, le Président Gbagbo a demandé aux Nations Unies de mettre en place une structure impartiale qui fournirait une aide à la Commission électorale indépendante ainsi qu’au Conseil constitutionnel.  Les Nations Unies devraient aussi faciliter la délivrance de documents d’identité.  Dans le domaine de la sécurité, les dirigeants ivoiriens ont demandé une aide dans plusieurs domaines.  Il s’agirait de protéger les sites de cantonnement des Forces Nouvelles et, dans ce cadre, le Conseil de sécurité sera amené à envisager le déploiement d’une force spéciale dans le cadre de l’ONUCI.  L’Accord de Pretoria prévoit aussi que l’Opération des Nations Unies forme 600 membres de la police civile tandis que l’on attend qu’elles aident au démantèlement des milices.  Pour cela, il est nécessaire d’adapter le mandat de l’ONUCI pour qu’elle soit en mesure de réaliser les tâches supplémentaires prévues par l’Accord de Pretoria.


Intervenant au nom du Président en exercice de l’Union africaine, M. SIMEON ADEKANYE (Nigéria) a réaffirmé de l’engagement de l’Union africaine pour la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire.  Il a estimé qu’après les Accords de Linas-Marcoussis et d’Accra, l’Accord de Pretoria du 6 avril dernier marquait une étape importante dans les efforts de l’Union africaine pour le règlement de la crise.  Il s’est dit heureux de constater que les parties se soient accordées sur la tenue d’élection en octobre 2005, dans un accord qui comble les lacunes des textes précédents.  Il a invité les dirigeants des parties au conflit à aller au-delà des engagements et se montrer prêts à faire des sacrifices dans l’intérêt commun.  Il a ajouté que l’Accord de Pretoria conclu le 6 avril dernier donnait l’occasion aux dirigeants ivoiriens de défendre les intérêts des citoyens ivoiriens.  Il a souhaité que la présence des Nations Unies soit renforcée et devienne plus visible en Côte d’Ivoire.  Il a tout particulièrement insisté sur le renforcement des opérations de DDR.  Il a demandé que le Conseil de sécurité soutienne les initiatives de l’Union européenne en entérinant l’Accord de Pretoria ainsi que la décision prise au sujet de l’article 35 de la Constitution ivoirienne, relatif aux conditions de participation aux élections, qui reste une pomme de discorde


M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a rappelé que le 28 mars dernier, la France avait indiqué ses raisons de considérer la situation préoccupante en Côte d’Ivoire.  Aujourd’hui, notre message contient une note d’espoir à la suite de la conclusion de l’Accord de Pretoria qui donne une nouvelle chance à la paix en Côte d’Ivoire.  Le représentant a salué les efforts du Président d’Afrique du Sud et s’est félicité du rôle moteur que celui-ci a joué et continuera de faire.  Cet Accord complète les précédents accords, à savoir les Accords de Linas-Marcoussis et d’Accra, et souligne dans les détails des points clefs.  La feuille de route des parties ivoiriennes est claire et ne souffre aucune ambiguïté.  Tout repose donc maintenant sur la mise en œuvre effective de cet Accord par toutes les parties.  Nous avons déjà noté des signaux positifs comme l’amorce de discussions sur les processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).  Le dialogue est de retour et doit se poursuivre jusqu’au lancement effectif des opérations de cantonnement et de désarmement.  Les armes lourdes ont déjà été retirées du front, ce qui est un progrès tangible.  Le Président Gbagbo devra bientôt se prononcer sur la modification de l’article 35 de la Constitution qui devrait permettre de lever les obstacles majeurs à la crise.  Ce sera le signe clair que la Côte d’Ivoire relève enfin la tête.  Le Conseil doit désormais tout faire pour soutenir ce processus en veillant à ce que les engagements pris à Pretoria soient tenus.  Le Conseil doit renouveler dans les prochains jours le mandat de l’ONUCI et nous déposerons dans les prochains jours un projet de résolution dans ce sens qui doit renforcer l’Opération en vue du bon déroulement du processus électoral et des opérations de DDR.


Sir EMYR PARRY JONES (Royaume-Uni) s’est félicité du rôle personnel du Président Mbeki dans la finalisation de l’Accord de Pretoria le 6 avril dernier.  Pour ce qui est du renforcement de l’ONUCI, il a estimé que celui-ci concernait la sécurité des Forces Nouvelles, le recrutement de la police et le désarmement des milices.  Il a particulièrement insisté sur l’importance des élections prévues en octobre 2005 et de la nécessité de bien diviser le travail entre les trois forces présentes sur le territoire.  Il a rappelé que le processus de DDR était une étape décisive de la réalisation de la paix en Côte d’Ivoire.  Il a appuyé la tenue d’élections libres et justes, dès que cela sera possible, en souhaitant que tous les candidats soient effectivement autorisés à se présenter aux élections présidentielles, même si des arrangements juridiques doivent être obtenus à cet effet.  Le représentant britannique a jugé nécessaire de progresser au niveau des sanctions qui ont jusqu’ici joué un rôle important pour amener les parties à la négociation.  La mise en œuvre des Accords de Linas-Marcousssis et de Pretoria, a-t-il insisté, est essentielle à la paix.  Il a fait sienne la nécessité pour le Conseil d’entériner les conclusions de l’Accord de Pretoria et de la décision prise au sujet de l’article 35 de la Constitution ivoirienne relatif aux conditions de participation aux élections.  Il faut tenir compte, a-t-il conclu, de tous les aspects de la politique avec une stratégie évolutive, c'est-à-dire une prise en charge progressive par les Ivoiriens eux-mêmes accompagnée d’une stratégie de sortie pour l’ONUCI. 


M. JOEL W. ADECHI (Bénin) a estimé que l’Accord de Pretoria a ouvert de nouvelles perspectives à la crise qui secoue la Côte d’Ivoire depuis 2002.  Cet Accord couvre l’ensemble des aspects de la crise et a permis de forger un consensus sur des questions délicates que sont le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), le désarmement des milices, l’organisation des élections et la mise en place d’une commission électorale indépendante.  Les parties ont fait la preuve de leur détermination à travailler ensemble notamment pour ce qui est des critères d’éligibilité à la présidence de la République.  Il faudra désarmer non seulement les hommes mais aussi les cœurs et les micros, a souligné le représentant.  Cet Accord doit donner une nouvelle impulsion à la paix.  Le Conseil se doit de renouveler son engagement à continuer de soutenir le pays dans le processus de paix.  La nouvelle dynamique créée par l’Accord de Pretoria devra être soutenue par les Nations Unies notamment dans les domaines de la formation des forces de police, de l’appui à l’organisation des élections, de l’aide à la démobilisation des milices et de la supervision du processus de DDR.  Dans cette optique, il est important de revoir le mandat de l’ONUCI, compte tenu des fonctions qu’elle est appelée à remplir.  Le représentant a souhaité le maintien de la présence du Médiateur qui a fourni un suivi de proximité de la situation.  La solution à la crise est à portée de main.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a félicité le Président Mbeki et le Gouvernement sud-africain pour leur extraordinaire contribution en faveur de la paix en Côte d’Ivoire.  Il a aussi apprécié que les acteurs politiques ivoiriens aient fait preuve d’un sens élevé des responsabilités et su saisir cette dernière chance pour conclure un compromis politique et sortir de la crise de façon pacifique.  Pour le représentant de l’Algérie, l’Accord de Pretoria ouvre des perspectives raisonnablement prometteuses pour la réactivation du processus de paix et il convient que tous les acteurs concernés assument correctement leurs rôles.  Il a souligné l’importance de la confiance dans ce processus, dont le succès est en outre subordonné au lancement des autres volets de l’Accord.  M. Baali a aussi rappelé la nécessité de mettre en conformité le dispositif législatif pour que les élections d’octobre prochain se tiennent dans de bonnes conditions.


La communauté internationale, a souligné le représentant, ne peut laisser passer cette occasion historique pour aider les Ivoiriens à retrouver la paix et la stabilité.  Si les parties savent que la médiation engagée bénéficie du soutien de la communauté internationale, les obstacles qui vont surgir seront d’autant plus faciles à surmonter.  Il a aussi mis l’accent sur l’appui politique, ainsi que sur une assistance financière et technique cruciale pour l’aboutissement du processus.  Le représentant a apprécié l’idée de recrutement, à titre transitoire, de 600 membres des Forces Nouvelles chargées, en coopération avec les éléments de l’Opération de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI), de la sécurité dans le nord du pays.  Enfin, rappelant que les institutions financières internationales ont suspendu leur coopération avec le pays, M. Baali a invité à trouver rapidement une solution à ce problème.  Aucun effort ne doit être épargné pour réussir le pari de la paix dans ce pays, a-t-il rappelé.


M. SHINICHI KITAOKA (Japon) s’est félicité de la convocation de la réunion d’aujourd’hui, qui tombe à point nommé.  Il s’est dit satisfait de l’Accord de Pretoria qui constitue la preuve de l’engagement des parties ivoiriennes dans le processus de paix.  À cet égard, il a salué les efforts du Président Mbeki et de l’Union africaine dans la promotion de l’Accord, qui donnent un bel exemple de la façon dont les Africains peuvent résoudre un problème africain.  Il a invité toutes les parties ivoiriennes à respecter scrupuleusement les dispositions des accords déjà conclus, se disant encouragé par les premières étapes qu’elles ont prises, comme la réunion entre les Forces armées de Côte d’Ivoire et les forces armées des Forces Nouvelles qui s’est tenue le 14 avril.


En ce qui concerne les sanctions, le représentant a considéré qu’il était trop tôt pour appliquer de telles mesures contre des individus, alors que les Ivoiriens font actuellement preuve de volonté dans la revitalisation du processus de paix.  Cependant, a-t-il averti, il ne faut prendre aucun retard dans la préparation des élections qui doivent se tenir en octobre prochain.  Tout retard dans la mise en œuvre de l’Accord soumettra les parties ivoiriennes à des sanctions.  Enfin, s’agissant du rôle des Nations Unies dans le processus de paix, il a déclaré attendre avec impatience les recommandations du Secrétaire général relatives à la façon dont l’Opération de l’ONU peut jouer un rôle efficace dans la tenue des élections avec les ressources disponibles.  Par ailleurs, au vu de la situation précaire en termes de sécurité dans le pays, le représentant a évoqué la question du renforcement des Casques bleus.  M. Kitaoka a conclu en rappelant que 30 millions de dollars supplémentaires ont été attribués aux opérations de maintien de la paix, dont 6 millions versés par le Japon, pour la reconstruction et le développement du pays, estimant qu’ils pourraient être mieux utilisés si les parties ivoiriennes ne créaient pas l’insécurité.


Pour M. GHEORGHE DUMITRU (Roumanie), l’Accord de Pretoria a clarifié la marche à suivre pour la restauration de la paix en Cote d’Ivoire.  Après des mois de blocage, l’espoir existe enfin.  Pour M. Dumitru, les priorités sont claires.  Le processus de désarmement, y compris des milices, doit commencer tout de suite et se dérouler avec succès.  Il faut également préparer ardemment les élections d’octobre prochain.


La Roumanie salue les signes encourageants, à savoir la décision commune de retirer les armements lourds du front et l’entrée au Gouvernement des deux ministres des « Forces Nouvelles ».  Mais M. Dumitru a admis que l’abîme de méfiance qui existe entre les deux parties ne pourra pas disparaître subitement, affirmant que « le processus de réconciliation sera difficile et de longue haleine ».  La communauté internationale devra rester vigilante, a-t-il déclaré, afin d’assurer l’abandon complet de l’option militaire.  Le respect de l’embargo sur les armes continuera de faire l’objet de l’observation stricte du Conseil de sécurité.  Les responsabilités de l’ONUCI dans l’organisation d’élections libres, ouvertes et transparentes et dans le processus de désarmement vont s’accroître.  La Roumanie estime donc qu’une augmentation des ressources de l’ONUCI est nécessaire, de même qu’une révision de son mandat.


M. CÉSAR MAYORAL (Argentine) s’est dit heureux de constater le succès de la médiation menée par le Président de l’Afrique du Sud, au nom de l’Union africaine.  Un succès qui, selon lui, démontre l’utilité de la coopération entre le Conseil de sécurité, l’Union africaine et des organisations sous-régionales comme la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDAO).  S’agissant de l’Accord de Pretoria du 6  avril dernier, il s’est réjoui qu’il a été accompagné non seulement de la fin des hostilités mais également du lancement par les parties des opérations de DDR, et d’un processus d’amendement de l’article 35 de la Constitution ivoirienne.  Il a estimé indispensable de garantir la sécurité des membres du Gouvernement de réconciliation nationale, des membres des Forces Nouvelles, en souhaitant l’application intégrale d’un accord qui mettra fin au cercle vicieux de l’escalade de la violence.  Il a demandé aux donateurs de soutenir la mise en œuvre du processus de DDR visant au désarmement et à la réinsertion des membres des milices.  Le moment est venu, a-t-il insisté, pour que les citoyens de Côte d’Ivoire agissent de manière responsable, dans l’intérêt de la paix. 


M. PAULO ROBERTO CAMPOS TARISSE DA FONTOURA (Brésil) s’est félicité du rôle de leadership joué par l’Union africaine qui renforce ainsi son rôle légitime de promotion de la paix en Afrique.  Les nouvelles sont encourageantes en Côte d’Ivoire.  Les parties ivoiriennes doivent maintenant prendre rapidement une décision permettant à tous les candidats de se présenter aux élections présidentielles.  Sur le front militaire, le représentant s’est félicité du retrait des armes lourdes de la ligne de front et a demandé aux parties de respecter le calendrier tel que défini à Bouaké pour l’achèvement du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).


M. ALEXANDER V. KONUZIN (Fédération de Russie) s’est dit satisfait du résultat des négociations entre les parties ivoiriennes réunies à Pretoria.  Il a espéré une mise en œuvre réelle par les parties de leurs obligations.  Il a jugé important le lancement du processus de désarmement et de l’amendement de l’article 35 de la Constitution relatif aux conditions de participation aux élections présidentielles.  Il a défini comme très importante l’action du Président Mbeki dans le cadre de l’Union africaine.  Tout en soulignant le rôle déterminant de l’ONUCI, appuyée par les forces françaises, il a insisté que la responsabilité première pour régler la crise incombait aux Ivoiriens eux-mêmes.  C’est pourquoi, il a exhorté les parties à nourrir, jusqu’à ce qu’une paix durable soit réalisée, les espoirs nés de l’Accord conclu à Pretoria le 6 avril dernier.     


Mme ELLEN MARGRETHE LØJ (Danemark) a, elle aussi, salué les progrès réalisés récemment qui ont permis de donner une chance à la paix en Côte d’Ivoire.  Nous appuyons l’Accord de Pretoria ainsi que les dispositions relatives à la relance des négociations dans la zone de confiance et le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion.  Il faut encore mettre au point les détails et les fondements juridiques pour la tenue d’élections justes et équitables.  Les parties devront encore déterminer les critères d’éligibilité des candidats à la présidence de la République.  L’Accord de Pretoria demande aussi une participation accrue des Nations Unies sur le terrain, ce que la délégation danoise soutient, a indiqué la représentante.  Nous sommes en faveur de l’extension du rôle et de la présence de l’ONUCI même si les partenaires régionaux ont également un rôle important à jouer.  Cependant, la situation dans l’ouest de la Côte d’Ivoire est préoccupante en raison d’actes de violence sur une base ethnique.  Dans ce contexte, les mesures d’embargo sur les armes doivent être strictement appliquées.


M. ADAMANTIOS VASSILAKIS (Grèce) a tout d’abord salué la signature de l’Accord de Pretoria sur le processus de paix en Côte d’Ivoire, qui représente à ses yeux l’espoir d’une paix durable.  « Nous avons hâte maintenant de voir ce qui ressortira de la future conférence en mai, destinée à fixer les détails pour appliquer les accords de désarmement », a déclaré M. Vassilakis.  De plus, les parties se sont mises d’accord, à Pretoria, pour prendre des mesures destinées à organiser des élections présidentielles libres et transparentes en octobre 2005, a-t-il poursuivi.  Dans cette optique, nous saluons la présence des Nations Unies dans l’organisation de ces élections.


Concernant l’article 35 de la Constitution qui fixe les conditions d’éligibilité à la présidence, nous partageons avec le Médiateur, le Président sud-africain Thabo Mbeki, l’espoir que le résultat soit vite connu, selon les engagements pris par les signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis.  Pour cela, nous soutenons la détermination du Médiateur concernant l’article 35, dans sa lettre adressée à Laurent Gbagbo le 11 avril 2005.  Nous espérons maintenant que les dirigeants politiques rempliront leurs obligations contenues dans les résolutions 1572 (2004) portant sur l’embargo sur les armes et 1584 (2005) autorisant l’ONUCI et les forces françaises à surveiller le respect des mesures imposées par le paragraphe 7 de la résolution 1572.  En tant que Président du Comité établi en vertu de la résolution 1572, M. Vassilakis a informé le Conseil de sécurité que les experts qui doivent diriger l’application de l’embargo sur les armes avaient été désignés et qu’ils étaient prêts à se rendre dans la région.  Il faut que les différentes parties en Côte d’Ivoire mais aussi les autres pays de la région coopèrent avec les experts pour leur permettre de s’acquitter de leur mandat.  C’est pourquoi, nous insistons sur le rôle que l’Union africaine devra jouer pour rétablir la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire mais aussi dans toute l’Afrique de l’Ouest.  M. Vassilakis a conclu en espérant que l’Accord de Pretoria marque le début d’une nouvelle ère pour la Côte d’Ivoire.  


M. AUGUSTINE MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a considéré que l’Accord de Pretoria signé par toutes les parties et le Président Mbeki a donné un nouvel élan à la mise en œuvre des Accords de Linas-Marcoussis et d’Accra.  Il a salué les efforts qu’a déployés le Président Mbeki pour contribuer au succès de la réunion de Pretoria et a félicité les parties ivoiriennes pour leur engagement dans le processus de paix de leur pays.  Les derniers développements en Côte d’Ivoire sont la preuve de cet engagement, a ajouté le représentant, citant notamment le retrait des armes lourdes de la zone de confiance pour commencer le programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).  M. Mahiga a ajouté que ce n’est par la mise en œuvre de ce programme que le pays pourra être réunifié.


Pour donner une chance à la paix, le représentant a considéré important que toutes les parties fassent connaître leurs positions au Président Mbeki sur l’amendement de l’article 35 de la Constitution, qui fixe les conditions d’éligibilité à la présidence de la République.  Cette question est en effet cruciale pour la résolution politique du conflit.  Le climat de confiance dans lequel doivent se dérouler les élections est également primordial, a-t-il ajouté, invitant notamment les médias à soutenir les récents développements positifs.  Dans la situation actuelle, M. Mahiga a estimé qu’il faut reconsidérer les recommandations du Secrétaire général concernant l’augmentation des ressources militaires, civiles et de police civile de l’Opération de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI), pour assurer une sécurité suffisante jusqu’aux élections en octobre.  Il a enfin soutenu la proposition d’étendre le mandat de l’ONUCI pour une période de 12 mois.


M. REED JACKSON FENDRICK (États-Unis) a salué l’Accord de Pretoria en se disant encouragé par les efforts des parties ivoiriennes pour surmonter leurs divergences, même s’il a estimé qu’il était trop tôt pour dire que tout allait bien.  Il a déclaré que l’arrêt de la violence était un préalable incontournable pour assurer le succès de l’accord conclu à Pretoria.  Il s’est tout particulièrement réjoui de la déclaration  formelle de cessation des hostilités en souhaitant qu’elle se concrétise effectivement sur le terrain.  Nous sommes

heureux d’apprendre, a-t-il ajouté, que les deux ministres issus des Forces Nouvelles avaient rejoint le Gouvernement de réconciliation nationale.  Enfin, il a demandé au Président Gbagbo d’appuyer la décision du Président Mbeki sur la question de l’article 35 de la Constitution relatif aux conditions d’éligibilité aux élections présidentielles.


M. BAYANI S. MERCADO (Philippines) a estimé qu’il ne pouvait pas y avoir de solutions militaires au conflit en Côte d’Ivoire et s’est félicité du début des processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).  Les gains de Pretoria doivent être préservés et la confiance doit être établie.  Pour cela, des concessions devront être faites de part et d’autre, notamment l’amendement à l’article 35 de la Constitution.  Nous soutenons l’appel lancé par le Médiateur pour que les Nations Unies accompagnent le processus électoral en Côte d’Ivoire et pour cela, nous appuyons la prorogation du mandat de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire.


M. ZHANG YISHAN (Chine) s’est félicité de la signature de l’Accord de Pretoria qu’il a définie comme une nouvelle occasion de relancer le processus de paix.  Nous espérons, a-t-il ajouté, que l’on reprendra sans attendre le chemin de la paix et de la sécurité.  Il a tout particulièrement salué l’accord conclu entre les forces gouvernementales et les Forces Nouvelles sur le retrait des armes lourdes alors que deux ministres issus des Forces Nouvelles ont réintégré le Gouvernement de réconciliation nationale.  Il a estimé que tant que les parties ivoiriennes agiront de bonne foi, les perspectives du processus de paix continueront de briller en Côte d’Ivoire.  Tout en soulignant la responsabilité première des parties ivoiriennes de régler le conflit, il a jugé indispensable un appui de la communauté internationale, et le renforcement du rôle de coordination de l’ONU en ce qui concerne la coopération internationale, avec la contribution de l’Union africaine et des organisations sous régionales, comme la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).


M. PHILIPPE DJANGONE-BI (Côte d’Ivoire) a déclaré que le récent Accord de Pretoria n’autorisait aucune interprétation partisane.  Il a tout particulièrement félicité le Président de l’Afrique du Sud, M. Thabo Mbeki, qu’il a qualifié de médiateur attentif aux réalités culturelles et sociologiques des parties signataires, pour le travail réalisé dans le cadre de la signature de l’Accord de Pretoria.  Il s’est réjoui que les forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire et la composante armée des Forces Nouvelles aient renoué leurs contacts et entamé à nouveau le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).  Conformément aux engagements pris à Pretoria et au calendrier concernant le processus de DDR conjointement arrêté à Bouaké le 14 avril dernier, leurs armes lourdes ont été retirées de la ligne de front du 21 au 24 avril 2005 et des centres de regroupement ont été déterminés.  Conformément à l’Accord de Pretoria, le retour, quoique timide pour l’instant, des ministres issus des Forces Nouvelles au Gouvernement de réconciliation nationale est une réalité.  Par ailleurs, il s’est félicité de l’expérience du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP), de l’Académie internationale pour la paix et d’autres observateurs de la scène internationale


En ce qui concerne la question très sensible de l’article 35 de la Constitution sur les conditions d’éligibilité à la présidence de la République, a-t-il précisé, le Président Mbeki, Médiateur de l’Union africaine, a pris une décision conformément au point 14 de l’Accord de Pretoria après consultation avec le Président de l’Union africaine et le Secrétaire général des Nations Unies.  Il a indiqué que le Président Gbagbo fera une déclaration radiotélévisée à la nation le 27 avril dans le sens de la paix, après avoir conclu ses rencontres avec les forces vives de la nation.  Il a assuré que les événements des jours et mois prochains témoigneront de cet irréversible engagement de la Côte d’Ivoire, de son peuple et de son gouvernement dans l’action pour la paix et la stabilité dans la sous-région.  Aujourd’hui, a-t-il ajouté, la Côte d’Ivoire et la sous-région ouest africaine ont besoin du soutien de la communauté internationale, dont les donateurs, les institutions financières internationales, le système des Nations Unies et les membres du Conseil de sécurité. 


En application de l’article 10 de l’Accord de Pretoria, a-t-il ajouté, la Côte d’Ivoire souhaite bénéficier de l’assistance des Nations Unies pour les élections qu’elle organisera à partir d’octobre 2005, conformément à la Constitution.  À cet égard, il a notamment salué l’exemplaire coopération entre le Conseil de sécurité, l’Union africaine et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la recherche d’une solution pacifique à la crise ivoirienne.  Il a jugé indispensable d’harmoniser les structures de commandement des forces impartiales commises au maintien de la paix en Afrique de l’Ouest et en Afrique en général.  Une harmonisation définie comme indispensable pour obtenir la confiance des peuples, a-t-il souligné. 


Reprenant la parole, le Vice-Ministre sud-africain des affaires étrangères a insisté sur le fait que la Côte d’Ivoire occupe une situation stratégique en Afrique de l’Ouest et que le processus de paix aura une influence positive sur les pays voisins.  Il a réitéré son espoir que le Conseil donnera mandat à l’ONU pour assister la Côte d’Ivoire à organiser les prochaines élections générales et s’est dit encouragé par la réaction de la communauté internationale à la signature de l’Accord de Pretoria.


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