20/04/2005
Communiqué de presse
CS/8363



Conseil de sécurité

5164e séance - matin


LE CONSEIL ENTEND L’EXPOSÉ DE L’AMBASSADEUR RONALDO SARDENBERG DU BRÉSIL

SUR LA MISSION QU’IL A CONDUITE EN HAÏTI DU 13 AU 16 AVRIL


Les efforts doivent se concentrer sur la sécurité, le respect

des droits de l’homme, la lutte contre la pauvreté et la tenue d’élections libres


Le Conseil de sécurité a entendu, ce matin, un exposé de l’Ambassadeur Ronaldo Mota Sardenberg du Brésil, qui a conduit la mission du Conseil de sécurité en Haïti du 13 au 16 avril dernier.  La mission était composée de tous les membres du Conseil, dont 10 au rang d’ambassadeur.


Première visite de ce type dans la région Amérique latine et Caraïbes, cette mission s’est déroulée en même temps que celle du Groupe consultatif ad hoc du Conseil économique et social (ECOSOC) sur Haïti.  Son mandat, détaillé dans la lettre du Président du Conseil de sécurité adressée au Secrétaire général en date du 31 mars 2005*, prévoyait que le Conseil exprime à cette occasion un appui total à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH); évalue le degré de coordination obtenu par la MINUSTAH dans tous les aspects de son mandat; et examine les besoins de l'île ainsi que les progrès accomplis jusqu'à présent.


La délégation a rencontré le Premier Ministre par intérim, M. Gérard Latortue, des représentants des principaux partis politiques et de la société civile, ainsi que le Commissaire de la police civile pour obtenir des informations sur la situation en matière de sécurité, les prochaines élections, les droits de l’homme et le développement économique et social, a indiqué M. Sardenberg.  Malgré certains incidents comme la perte de quatre Casques bleus, la situation en matière de sécurité en Haïti s’est progressivement améliorée ces derniers mois.  La MINUSTAH a mené différentes opérations pour assurer la sécurité dans le pays, a-t-il précisé.


En dépit des progrès réalisés, M. Sardenberg s’est toutefois inquiété de la situation en Haïti qui demeure fragile.  Les membres de la mission ont condamné toutes les formes de violence et ont appelé les autorités haïtiennes à s’engager sur la voie du désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion d’ex-combattants.  Le dialogue est un outil important pour l’avenir du pays, a-t-il estimé, afin d’assurer sa stabilité à long terme.  Tous les acteurs qui renoncent à la violence doivent, selon lui, pouvoir participer au processus électoral.  Un des objectifs principaux est en effet de poursuivre les efforts pour tenir des élections libres en février prochain et encourager le Gouvernement transitoire à remettre le pouvoir à celui qui sera élu.


Les membres de la mission et leurs interlocuteurs ont reconnu qu’une fois le processus politique engagé, il faudra régler les questions en suspens.  Tous les acteurs doivent respecter le droit international, et en particulier les normes en matière de droits de l’homme, a insisté M. Sardenberg.  Il faut notamment renforcer le système judiciaire et envisager de créer une force de police solide et fiable.  Il est aussi essentiel de mettre au point une stratégie de lutte contre la pauvreté.  De nombreux projets mentionnés lors de la Conférence ministérielle sur l’aide à la reconstruction en Haïti (Conférence de Cayenne) devraient être mis en œuvre sans délai, a-t-il précisé.  Il a aussi souligné le besoin de lutter contre la dégradation de l’environnement.  Quant à la présence des Nations Unies à long terme dans le pays, le chef de la mission a estimé qu’elle devrait être maintenue tout en laissant aux citoyens la place qui leur revient dans la vie politique en Haïti.  M. Sardenberg a enfin annoncé qu’un projet de rapport très complet est en cours d’élaboration et sera bientôt discuté par les membres du Conseil.


*Document paru sous la cote S/2005/220 en date du 31 mars 2005.


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