02/03/05
Communiqué de presse
CS/8327



Conseil de sécurité

5133e séance – matin


LE CONSEIL CONDAMNE FERMEMENT L’ASSASSINAT DE NEUF CASQUES BLEUS DU BANGLADESH EN RDC ET SALUE LES ACTIONS ROBUSTES DE LA MONUC CONTRE LEURS AUTEURS


Il salue également les premières arrestations auxquelles a procédé le Gouvernement congolais


À l’issue de consultations officieuses sur la situation concernant la République démocratique du Congo, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de mars, M. Ronaldo Mota Sardenberg (Brésil), a fait au nom des membres du Conseil, la déclaration suivante:


Le Conseil de sécurité condamne avec la plus grande fermeté l’attaque d’une patrouille de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) par le Front des Nationalistes et Intégrationnistes de l’Ituri (FNI), survenue le 25 février 2005 près de la localité de Kafé, et lors de laquelle neuf militaires bangladais ont été assassinés.  Il présente ses condo­léances aux familles des victimes et aux autorités du Bangladesh.  Il rend hommage au dévouement des personnels de la MONUC, qui opèrent dans des conditions particulièrement dangereuses.  Il salue la réaction de la MONUC à l’encontre des milices responsables de ces crimes et la poursuite par la MONUC d’actions robustes dans l’accomplissement de son mandat.


Le Conseil de sécurité regarde cette agression, par son caractère délibéré et bien planifié, comme un outrage inacceptable.  Il demande au Gouvernement d’unité nationale et de transition de prendre, im­médiatement, toutes les mesures nécessaires pour en traduire en justice les respon­sables, les commanditaires et les exécutants et salue les premières arrestations auxquelles celui-ci vient de procéder.  Il fait sienne à cet égard la grave préoccupation exprimée le 28 février 2005 à Kinshasa par le Comité international d’accompagnement de la transition, en­vers les activités illégales et criminelles des milices en Ituri et de leurs chefs militaires et poli­tiques, en particulier MM Floribert Ndjabu, Goda Sukpa, Étienne Lona, Thomas Lubanga, Bosco Tanganda et Germain Katanga.  Il exprime sa préoccupation devant le fait que la politique consistant à intégrer les chefs de ces milices dans les Forces armées congolaises n’a pas conduit au désarmement de leurs troupes, qui doit intervenir sans plus tarder.


Le Conseil de sécurité appelle le Gouvernement d’unité nationale et de transition à renforcer son appui à la mise en œuvre du programme de désarmement et de réinsertion communautaire des miliciens de l’Ituri.  Il considère que ceux qui cherchent à y faire obstacle constituent une menace pour le processus politique en République démocratique du Congo.  Il appelle égale­ment le Gouvernement d’unité nationale et de transition à déployer d’urgence des forces et des unités de police intégrées dans l’Ituri, et demande aux donateurs d’apporter leur soutien à cette entreprise vitale.


Le Conseil de sécurité rappelle à tous les États de la région la responsabilité qui leur incombe de faire respecter l’embargo sur les armes imposé par la résolution 1493 (2003) et étudie les mesures additionnelles qu’il pourrait prendre pour renforcer la mise en œuvre et le contrôle de l’embargo.  Il appelle en outre ces États à veiller à ce que leurs territoires ne puissent être utilisés par aucun groupe armé congolais, notamment les milices d’Ituri, dont les agissements perpétuent un climat d’insécurité qui af­fecte l’ensemble de la région.


Le Conseil de sécurité réaffirme son plein soutien à la MONUC, et l’engage à continuer de s’acquitter de son mandat avec détermination.  Il note l’importance pour la MONUC de continuer à renforcer son action dans l’Ituri et dans le Nord et le Sud Kivu.


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