18/01/2005
Communiqué de presse
CS/8294


Conseil de sécurité

5112e séance – matin


LE CONSEIL RÉAFFIRME LE RÔLE CENTRAL DU COMITÉ CONTRE LE TERRORISME DANS LA COORDINATION DE LA LUTTE ANTITERRORISTE


Il invite tous les États Membres à remettre leur rapport au Comité


Le Conseil de sécurité a réaffirmé ce matin, dans une Déclaration lue par son Président, M. César Mayoral (Argentine), à l’issue d’un débat sur les travaux du Comité contre le terrorisme (CCT), que le terrorisme, sous toutes ses formes, constituait l’une des menaces les plus graves pesant sur la paix et la sécurité.


Créé au lendemain du 11 septembre 2001, le Comité contre le terrorisme a pour objectif d’améliorer la capacité des États Membres à lutter contre le terrorisme et de faciliter, dans ce cadre, la fourniture d’une assistance et d’une coopération techniques aux pays qui en ont besoin.  Il vise également à encourager le plus grand nombre d’États à devenir partie aux conventions et protocoles relatifs à la lutte contre le terrorisme.


Le Conseil a invité le Comité à poursuivre sa revitalisation, en rendant sa Direction exécutive pleinement opérationnelle et en renforçant sa coopération avec les deux autres Comités créés par le Conseil, à savoir le Comité des sanctions contre Al-Qaida et les Taliban, créé en 1999, et le Comité sur la non-prolifération des armes de destruction massive, créé en 2004.  Il a accueilli avec satisfaction la tenue, du 26 au 28 janvier prochain à Almaty (Kazakhstan), de la quatrième réunion spéciale du Comité avec des organisations régionales et a invité le Comité à effectuer d’ici mars 2005 sa première visite dans un État Membre.  Il a enfin noté qu’au 16 décembre 2004, 75 États n’avaient toujours pas remis leur rapport au Comité et il leur a demandé de le faire sans retard, afin de préserver l’universalité de l’action menée qu’exige la menace terroriste.


Le Conseil avait auparavant entendu un exposé de M. Andrey Denisov (Fédération de Russie), Président du Comité contre le terrorisme (CCT), qui l’a informé des activités du Comité pour les trois derniers mois et a communiqué le programme de travail pour les trois mois à venir.  Il a insisté sur la nécessité pour le Comité d’être doté de davantage d’experts, afin de mener à bien les nouvelles tâches qui lui ont été assignées dans le cadre de sa revitalisation.


Au cours du débat qui a suivi, le représentant du Brésil a estimé que la lutte contre le terrorisme ne pouvait se limiter à des actions punitives et il a invité le CCT à ne pas se transformer en comité de sanctions.  Son homologue du Bénin a souligné la nécessité de s’attaquer aux causes du terrorisme, et a rappelé que la lutte antiterroriste devait être menée dans le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  De nombreux orateurs ont soutenu les recommandations du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement, en faveur d’une définition commune du terrorisme.  Certains intervenants ont cependant relevé, à l’instar du représentant de l’Algérie, que cela relevait de la compétence de l’Assemblée générale et non du Conseil de sécurité.


Outre les orateurs cités, les représentants du Danemark, de la Chine, du Royaume-Uni, de la République-Unie de Tanzanie, des Philippines, de la France, des États-Unis, de la Roumanie, de la Grèce, du Japon, de l’Argentine, du Luxembourg, du Kazakhstan, du Paraguay et du Liechtenstein, ont également pris la parole.



MENACES À LA PAIX ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALE CAUSÉES PAR DES ACTES TERRORISTES


Déclaration présidentielle


« Le Conseil de sécurité a entendu avec intérêt l’exposé du Président du Comité contre le terrorisme sur les travaux du Comité.


Le Conseil de sécurité réaffirme que le terrorisme, sous toutes ses formes et manifestations, constitue l’une des menaces les plus graves pesant sur la paix et la sécurité et que tous les actes de terrorisme sont criminels et injustifiables, quels que soient leur motivation, leur auteur et la date où ils sont commis.


Le Conseil de sécurité rappelle la déclaration de son président en date du 19 octobre 2004 (S/PRST/2004/37), qui indiquait l’intention du Conseil d’examiner la structure et les activités du Comité contre le terrorisme, la résolution 1535 (2004) sur la revitalisation du Comité et la résolution 1566 (2004) qui soulignait la nécessité urgente de renforcer la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme.


Le Conseil de sécurité invite le Comité contre le terrorisme à poursuivre l’examen de son ordre du jour, tel qu’il est défini dans le programme de travail pour la quatorzième période de 90 jours du Comité contre le terrorisme (S/2005/22).  Il invite le Comité, en particulier, à s’assurer que la Direction du Comité contre le terrorisme devienne pleinement opérationnelle dès que possible et à prendre les mesures supplémentaires nécessaires pour accroître la coopération avec le Comité des sanctions contre Al-Qaida et les Taliban créé par la résolution 1267 (1999) et le Comité créé par la résolution 1540 (2004), et à prendre des contacts avec le groupe de travail établi en application de la résolution 1566 (2004).


Le Conseil de sécurité note combien il importe que le Comité contre le terrorisme poursuive ses efforts dans les grands domaines suivants: améliorer la capacité des États Membres de lutter contre le terrorisme; recenser et tenter de résoudre les problèmes auxquels se heurtent les États dans l’application de la résolution 1373 (2001); faciliter la fourniture d’une assistance et d’une coopération techniques adaptées aux besoins des pays bénéficiaires; encourager le plus grand nombre possible d’États à devenir parties aux conventions et protocoles internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme, et renforcer son dialogue et sa coopération avec les organisations internationales, régionales et sous-régionales actives dans les domaines évoqués dans la résolution 1373 (2001).


Le Conseil de sécurité accueille avec satisfaction l’intention du Comité contre le terrorisme de tenir sa quatrième réunion spéciale avec des organisations internationales, régionales et sous-régionales du 26 au 28 janvier 2005 à Almaty (Kazakhstan).


Le Conseil de sécurité invite le Comité contre le terrorisme à accélérer la préparation des évaluations des besoins des États Membres en matière d’assistance, de façon à ce que ces évaluations puissent être communiquées aux États concernés et, en temps utile, aux États et organisations donateurs intéressés.  Le Conseil invite le Comité contre le terrorisme à effectuer la première de ses visites dans les États Membres en mars 2005 pour être mieux à même de suivre l’application de la résolution 1373 (2001) et de faciliter la fourniture d’une aide technique et autre en vue de cette application.


Le Conseil de sécurité note qu’au 16 décembre 2004, 75 États n’avaient pas remis leur rapport au Comité contre le terrorisme dans le délai fixé par la résolution 1373 (2001).  Il leur demande donc de le faire sans retard, afin de préserver l’universalité de l’action menée, qu’exigent la menace du terrorisme et l’application de la résolution 1373 (2001).


Le Conseil de sécurité invite le Comité contre le terrorisme à continuer à lui rendre compte de ses activités à intervalles réguliers. »


Déclarations


M. ANDREY DENISOV (Fédération de Russie), Président du Comité contre le terrorisme (CCT), a informé le Conseil des activités du Comité pour les trois derniers mois et a communiqué le programme de travail pour les trois mois à venir.  Il a expliqué que de nouvelles tâches avaient été assignées au CCT, dans le cadre de son processus de revitalisation.  Il a indiqué que le CCT avait reçu 551 rapports au 31 décembre 2004, émanant d’États Membres et autres entités.  Il a attiré l’attention du Conseil sur deux problèmes: l’insuffisance du nombre d’experts, qui ralentit l’examen des rapports, ainsi que le nombre croissant d’États Membres qui sont en retard dans la présentation de leurs rapports (ils étaient 75 au 16 décembre 2004).  Il a indiqué que le Comité chercherait à renforcer son rôle de coordination de la fourniture d’assistance technique dans le cadre de la lutte anti-terroriste aux pays qui le souhaitent.  Le CCT, a-t-il ajouté, continuera par ailleurs à encourager les États Membres à devenir partie aux 12 conventions et traités pertinents.


M. Denisov a indiqué que le Comité avait presque achevé les préparatifs des visites qu’il s’apprête à effectuer dans les États Membres, la première devant avoir lieu en mars 2005.  Il a insisté sur le renforcement de la coopération avec les organisations régionales et sous-régionales et a fait part des préparatifs de la quatrième réunion spéciale du Comité, qui se tiendra, à l’invitation de la Communauté des États indépendants (CEI), à Almaty, au Kazhakstan, du 26 au 28 janvier.  Il a fait part des efforts réalisés par le CCT pour améliorer la transparence de ses travaux, notamment par la mise à jour plus régulière de sa page internet.  Concernant le renforcement de la coopération avec les deux autres comités du Conseil chargés de la lutte contre le terrorisme, il a expliqué qu’il avait eu des réunions régulières avec leurs présidents.


M. Denisov a fixé deux priorités pour les trois mois à venir: le début des visites dans les États membres et la réunion d’Almaty.  Il a cependant insisté sur la nécessité, pour que le CCT revitalisé puisse mener à bien les tâches qui lui ont été assignées, d’avoir une Direction opérationnelle et la mise à disposition des experts et du personnel supplémentaire requis.


Mme ELLEN MARGRETHE LØJ (Danemark) a exprimé l’appui de son pays au programme de travail de 90 jours du CCT qui définit clairement les priorités dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.  Le Danemark, a–t-elle poursuivi, soutient également les recommandations faites par le Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement.  Il est primordial, a-t-elle poursuivi, que l’Organisation des Nations Unies, qui doit continuer à jouer un rôle de premier plan en matière de lutte contre le terrorisme, élabore une stratégie globale pour coordonner les efforts déployés dans ce domaine.  La représentante a ensuite fait part des graves préoccupations de son pays face au retard recrudescent enregistré par certains pays en matière de soumission des rapports.  Bien que ces rapports ne suffisent pas à eux seuls à enrayer les activités de terrorisme, ils n’en demeurent pas moins le pilier sur lequel repose les efforts du Comité contre le terrorisme (CCT).  Les 31 pays qui n’ont pas soumis leurs rapports risquent de perdre ainsi le contact avec le CCT, a-t-elle prévenu en préconisant l’assistance technique à ceux qui en ont besoin.  En conclusion, la représentante a souligné l’importance de faire participer  des organisations régionales et internationales aux efforts déployés par l’ONU dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.  


M. ZHANG YISHAN (Chine) a estimé que le Comité contre le terrorisme (CCT) était l’organe le plus approprié pour promouvoir une stratégie globale de lutte contre le terrorisme.  Il a souhaité que le Comité améliore son travail d’assistance et d’évaluation des besoins d’assistance et serve à cet égard de pont entre les pays donateurs et les pays bénéficiaires.  Il a espéré que le CCT organiserait avec soin ses premières visites, afin de renforcer son dialogue avec les États Membres et s’est félicité de la coopération avec les organisations régionales, qui sera au cœur de la réunion d’Almaty.


Faisant part des frustrations de son pays face au retard accumulé dans la mise en place de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (CCT), M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni) a insisté sur l’importance du mandat de ce dernier et espéré que la Direction exécutive sera pleinement opérationnelle à l’expiration de cette nouvelle période de trois mois.  Pour assurer un meilleur déroulement des travaux du Comité, le Royaume-Uni, a-t-il poursuivi, encourage tous les États Membres à coopérer avec le CCT et en particulier avec les missions de visite qui devront être effectuées sous peu.  Il a souhaité que ces visites deviennent une pratique courante dans la mesure où elles constituent le meilleur moyen de comprendre les défis auxquels se heurtent les États dans leur lutte contre le terrorisme.  Se félicitant de la tenue de la prochaine réunion à Almaty au Kazakhstan, le représentant a souligné l’engagement du Groupe du G-8, dont la présidence actuelle est assumée par son pays, à coopérer avec le CCT.  Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’une démarche plus ciblée en matière d’assistance technique.  Le représentant a regretté qu’à ce jour, le Comité n’ait pas encore reçu de rapports d’États Membres et souhaité que les pays concernés remédient sans délai à la situation.  En conclusion, M. THOMSON a préconisé une stratégie qui permettra de tirer parti des différents instruments existants en matière de lutte contre le terrorisme.


M. AUGUSTINE P. MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a indiqué que son pays, en tant que nouveau membre du Conseil et du CCT, ferait tout son possible pour faciliter la mise en œuvre du mandat du Comité.  Il a rappelé que son pays avait été la cible d’une attaque terroriste et il s’est dit convaincu du rôle central des Nations Unies dans la coordination de la lutte internationale contre le terrorisme.  Il a souhaité que l’on remédie rapidement au manque d’experts mis à la disposition du CCT et que la Direction exécutive du Comité devienne pleinement opérationnelle.  La Tanzanie, a-t-il poursuivi, accorde une importance particulière à la fourniture d’une assistance technique aux pays les moins avancés, de manière à leur permettre de soumettre leurs rapports dans les temps voulus.  Il a par ailleurs indiqué que son pays allait recevoir à la fin du mois la visite d’experts du Comité des sanctions contre Al-Qaida et les Taliban.  Le représentant s’est dit impressionné par le programme de travail du Comité pour les trois mois à venir.  Il a enfin apporté son soutien à la définition du terrorisme formulée par le Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement.


M. LAURO L. BAJA  (Philippines) a rappelé que le terrorisme demeure l’une des plus graves menaces à l’heure actuelle.  Pour faire face à cette menace, le représentant a insisté sur l’importance de la coopération du CCT avec les organisations internationales et régionales, de l’interaction des États Membres avec la Direction exécutive.  Se félicitant des progrès réalisés dans la restructuration du CCT, il a souligné qu’il reste beaucoup à faire pour réaliser la pleine capacité de sa Direction exécutive.  À cette fin, a-t-il fait observer,  les Philippines encouragent un processus rapide dans le recrutement des experts et du personnel de la Direction exécutive en prenant en compte l’élément sexospécifique et géographique.  Se réjouissant des visites que le CCT devra bientôt effectuer dans certains pays, le représentant a insisté sur l’importance cruciale de renforcer ce type de coopération  afin de mieux comprendre les problèmes auxquels ils se heurtent dans la lutte qu’ils mènent de font contre le terrorisme.  Le CCT doit également examiner les mesures à prendre pour faire face au retard accumulé dans la soumission des rapports.  Cette tendance, a-t-il regretté, risque de compromettre l’efficacité du CCT, voire du Conseil.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a rappelé que le terrorisme était l’une des plus sérieuses menaces à la paix et à la sécurité mondiales.  Il a salué la mise en place prochaine d’une Direction exécutive du Comité pleinement opérationnelle.  Il s’est félicité de la priorité nouvelle accordée aux visites de terrain qui, a-t-il dit, déboucheront sur des recommandations et une éventuelle assistance à l’État concerné.  Il a par ailleurs apporté son soutien au renforcement de la coopération avec les deux autres comités du Conseil.  Il s’est dit préoccupé du nombre croissant d’États qui tardent à remettre leur rapport au CCT.  Le Conseil ne peut accepter que les obligations qu’il a fixées ne soient pas pleinement respectées, a-t-il affirmé, en demandant que l’on remédie à cette situation en identifiant les obstacles à l’élaboration de ces rapports.


Le représentant a souhaité que le CCT se penche sur les évaluations des besoins des états en matière d’assistance technique.  Il s’est prononcé pour une collaboration plus étroite avec le Groupe contre le terrorisme mis en place par le G-8.  Le représentant a enfin rappelé les recommandations du Groupe de personnalités de haut niveau et a souhaité un accord sur une définition commune du terrorisme.  Sans attendre le Sommet de septembre prochain, il faut réfléchir, a-t-il préconisé, aux moyens de donner une nouvelle impulsion à l’action des Nations Unies dans la lutte contre le terrorisme.


M. NICHOLAS ROSTOW (États-Unis) a souligné que le Conseil de sécurité et ses organes subsidiaires qui entament une étape décisive en matière de lutte contre le terrorisme doivent œuvrer pour une bonne coordination de leurs efforts.  Il a par ailleurs annoncé l’arrivée prochaine à New York des experts du Comité créé par la résolution 1540 pour entamer l’examen et l’analyse des rapports dont il est saisi.  Nous nous attendons à ce que la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme ait d’ici peu fini le processus de recrutement du personnel et entamer rapidement les visites des pays afin d’évaluer l’application par ces derniers de la résolution 1373 et identifier les États qui ne s’acquittent pas de leurs obligations.  Rappelant que la résolution 1566 engage clairement le CCT, le Comité des sanctions imposées à Al-Qaida et aux Taliban, ainsi que le Comité créé en vertu de la résolution 1540, à renforcer leur coopération, il a souligné la nécessité de procéder à davantage d’échange d’informations et de consultation.


Identifiant les mesures concrètes qui peuvent et doivent être prises en matière de lutte contre le terrorisme, le représentant a préconisé la tenue d’une réunion régulière entre les organes subsidiaires du Conseil de sécurité, l’organisation par le Président de chaque Comité d’une réunion publique suivie d’un débat avec les États Membres, l’élaboration conjointe du programme de travail de la Direction exécutive du CCT et du Groupe de surveillance, et enfin le partage des mêmes informations par la Direction exécutive, le Groupe de surveillance et les experts du Comité créé en vertu de la résolution 1540.  En conclusion, le représentant a souhaité que tous ces efforts aboutissent à des résultats concrets et soient assortis de suivis.


M. RONALDAO MOTA SARDENBERG (Brésil) a jugé peu probable de parvenir à l’élimination totale du terrorisme.  L’effort pour endiguer le terrorisme ne peut se limiter à des actions punitives, a-t-il ajouté, estimant qu’il fallait parallèlement s’attaquer aux causes mêmes du terrorisme, qui s’inscrit souvent dans un contexte social et économique particulièrement difficile.  Il a souhaité que le CCT apporte son soutien aux États qui ont besoin d’une assistance technique et ne soit pas perçu comme un comité de sanctions.  Il a par ailleurs estimé qu’une définition commune du terrorisme relevait de l’Assemblée générale et non du Conseil de sécurité, soulignant le risque de politisation des débats sur ce sujet au sein du Conseil.


M. MINHEA IOAN MOTOC (Roumanie) a d’emblée rappelé la participation active de son pays à l’élaboration de la résolution 1526 visant à renforcer la lutte contre le terrorisme.  Soulignant la nécessité de renforcer la coopération internationale dans ce domaine, le représentant a fait observer que les visites dans certains États Membres qui seront prochainement effectuées par le Comité contre le terrorisme (CCT) visent à connaître les différents problèmes auxquels ils se heurtent dans ce domaine.  Le nombre élevé des États qui ont accumulé des retards dans leur soumission des rapports est particulièrement préoccupant, a-t-il regretté en affirmant qu’il faut remédier à cette situation de façon prioritaire.  Il est également important que le CCT devienne pleinement opérationnel très rapidement et qu’il dispose de tous les moyens nécessaires à son fonctionnement et du plein soutien de l’ensemble du système des Nations Unies pour qu’il puisse s’acquitter effectivement de son mandat.


M. JOEL W. ADECHI (Bénin) a estimé qu’aucun pays ne pouvait se croire à l’abri de la menace terroriste.  Il a jugé fondamentales les visites sur le terrain, qui permettront d’identifier les mesures à prendre pour permettre aux États de mieux protéger leurs populations de la menace terroriste.  Il a invité tous les États à devenir partie aux conventions et traités pertinents.  Il a cependant rappelé que la lutte contre le terrorisme devait être menée dans le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  Le représentant a souhaité que l’on s’attaque parallèlement aux disparités sociales.  Il a enfin souligné la nécessité de prévenir la faillite des États, qui facilite la dissémination des activités terroristes.


Soulignant l’importance du nombre de rapports soumis au Comité contre le terrorisme (CCT), M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a regretté que 75 pays n’aient pas présenté leurs rapports.  C’est un motif d’inquiétude, a-t-il fait observer, d’autant plus qu’il s’agit pour la plupart de pays sous-développés qui ont besoin d’une assistance technique pour s’acquitter de cette obligation.  Rappelant que le respect de la résolution 1373 ne se limite pas à la présentation de rapports, le représentant a plaidé en faveur de la mobilisation des ressources nécessaires pour garantir le bon fonctionnement des travaux du Comité.  Il s’est par ailleurs réjoui des visites que le CCT prévoit d’effectuer prochainement dans les pays sélectionnés en encourageant ces derniers à faire preuve de leur entière coopération.  Il a également salué les consultations officieuses entre les Présidents respectifs du CCT, du Comité des sanctions contre Al-Qaida et les Taliban et le Comité créé par la résolution 1540.  L’Algérie, a affirmé le représentant, approuve le programme de travail du Comité pour les 90 jours à venir et se veut confiante que la Direction exécutive ne tardera pas à devenir opérationnelle.  Son pays espère que la communauté internationale parviendra à une définition consensuelle du terrorisme, a dit le représentant, ajoutant cependant que cela relevait de la compétence de l’Assemblée générale et non du Conseil de sécurité.


M. ADAMANTIOS VASSILAKIS (Grèce) s’est félicité des débats ouverts sur les activités du CCT qui assurent, a-t-il estimé, une plus grande transparence.  Il a souligné que la lutte contre le terrorisme devait être menée dans le respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  Il a soutenu les recommandations du Groupe de personnalités de haut niveau sur la nécessité d’élaborer une convention générale sur le terrorisme et de promouvoir une stratégie globale des Nations Unies.  Il a estimé que l’assistance technique aux États était un élément clef pour la pleine mise en œuvre de la résolution 1373 du Conseil.  Il s’est félicité de la collaboration accrue avec les organisations régionales, ainsi que les prochaines visites dans certains États Membres.


M. KENZO OSHIMA (Japon) a indiqué que son pays, en tant que nouveau membre du Comité, souhaitait s’engager plus activement dans ses activités.  Il a espéré que la réunion d’Almaty permettrait de nouer des liens plus étroits entre le CCT et les organisations internationales et régionales engagées dans la lutte contre le terrorisme.  Il a souhaité que le CCT permette de remédier au double emploi et de financer plus efficacement la lutte contre le terrorisme.  Il s’est félicité des visites sur le terrain que s’apprête à engager le CCT et a souhaité que leurs enseignements profitent à tous les États Membres et pas seulement à l’État visité.  Il a souligné les très lourdes responsabilités du CCT, afin que les victimes du terrorisme ne soient pas mortes en vain.  Il a souhaité à cet égard une collaboration accrue du CCT avec les deux autres comités du Conseil engagés dans la lutte contre le terrorisme.


M. CESAR MAYORAL (Argentine) a affirmé que le terrorisme continue de représenter l’une des plus graves menaces à la sécurité internationale.  Aussi, la lutte engagée dans ce domaine, doit-elle être assurée en priorité par l’Organisation des Nations Unies. Pour renforcer les efforts déployés dans ce domaine, a-t-il poursuivi, le Comité contre le terrorisme (CCT) doit approfondir le dialogue avec les États Membres, notamment au sujet de la soumission des rapports, et fournir toute l’aide nécessaire à cet effet.  L’Argentine soutiendra pour sa part l’adoption du document de base concernant la visite du Comité dans les pays sélectionnés.  Un bon exemple de la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme, est la tenue en décembre dernier, au Paraguay, d’un séminaire, organisé par le Gouvernement paraguayen en collaboration avec les Nations Unies.  Les résultats de ce séminaire qui a été consacré à l’élaboration des dispositions juridiques en matière de lutte contre le terrorisme ont été très satisfaisants, a-t-il affirmé.  En conclusion, le représentant a indiqué que la lutte contre le terrorisme doit être efficace et exemplaire, en faisant preuve d’objectivité et de respect des droits de l’homme.


M. MARC BICHLER (Luxembourg), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne (UE), s’est félicité des débats publics tenus par le Conseil de sécurité sur la lutte contre le terrorisme, qui permet de renforcer la légitimité du Comité contre le terrorisme (CCT).  Il a indiqué que l’Union européenne soutenait l’élaboration d’une stratégie globale de lutte contre le terrorisme, qui s’attaque aux causes profondes du terrorisme.  Il s’est félicité à cet égard des recommandations du Groupe de personnalités de haut niveau, qui a rappelé le rôle central des Nations Unies dans la nécessité d’un consensus sur une définition juridique du terrorisme.  Il a insisté sur le respect des procédures légales et de l’état de droit, ajoutant que le respect des droits de l’homme devait faire partie intégrante de toute stratégie de lutte contre le terrorisme.  Il a souligné à cet égard la nécessité d’examiner les demandes des organisations ou individus qui s’estiment inscrits à tort sur la liste du Comité des sanctions contre Al-Qaida et les Taliban.  Il s’est enfin félicité de la volonté du CCT d’engager un dialogue accru avec les États Membres, notamment avec les visites sur le terrain, et avec les organisations régionales en organisant la réunion spéciale d’Almaty


M. YERZHAN KAZYKHANOV (Kazakhstan) s’est félicité des prochaines visites du Comité contre le terrorisme dans les États Membres.  Elles permettront, a-t-il ajouté, de fournir un nouvel instrument pratique dans le dialogue avec les États Membres.  Il a exprimé sa gratitude au Conseil et au CCT pour avoir choisi le Kazakhstan comme pays hôte de la quatrième réunion spéciale avec les organisations internationales et régionales.  Il a expliqué que le terrorisme, dans sa région, était étroitement lié au trafic de drogue, d’armes et d’êtres humains.  Il a estimé que l’expérience acquise par la Communauté des États indépendants et par l’Organisation de coopération de Shanghai dans ce domaine pouvait être utilement mise à profit par le CCT.


M. JUAN A. BUFFA (Paraguay) a souligné l’importance cruciale de la coopération internationale dans la lutte contre le terrorisme et regretté qu’un nombre non négligeable de pays n’aient toujours pas soumis leurs rapports sur la mise en œuvre de la résolution 1373.  Le représentant a rappelé que son pays a ratifié et adhéré aux 12 instruments internationaux relatifs au terrorisme qu’il a incorporés dans la législation nationale.  Avec la collaboration des Nations Unies, le Paraguay a organisé en décembre dernier un séminaire sur le terrorisme qui représente une étape importante dans la lutte engagée sur ce front.  Un projet de loi sur la lutte contre le terrorisme sera bientôt soumis au Congrès national.  Le Paraguay qui travaille de concert avec le Haut Commissariat aux droits de l’homme est fermement attaché à ce que les dispositions juridiques soient élaborées dans le cadre du respect des droits de l’homme.  En conclusion, le représentant a insisté sur la nécessité d’aboutir à une définition consensuelle du terrorisme et souhaité que le CCT, à travers ses prochaines visites dans certains États Membres, puisse prêter assistance aux pays qui en ont besoin.


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a jugé impératif de développer une stratégie globale de lutte contre le terrorisme qui s’attaque aux causes et qui respecte l’état de droit et les droits fondamentaux de l’homme.  Il a estimé que s’attaquer aux causes du terrorisme ne devait pas être perçu, comme c’est parfois le cas, comme une tentative de justifier le terrorisme.  Il faut lutter contre le terrorisme dans toutes ses composantes, a-t-il ajouté, y compris les États en faillite et la pauvreté, qui constituent par eux-mêmes des menaces à la sécurité commune.  Il a insisté sur le respect des droits de l’homme, estimant que le travail du Conseil de sécurité pouvait être amélioré dans ce domaine, notamment en ce qui concerne l’établissement de la liste du Comité des sanctions sur Al-Qaida et les Taliban.


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