01/12/2005
Assemblée générale
AG/10428

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

60e séance plénière

matin


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ADOPTE DES RÉSOLUTIONS SUR LE RÈGLEMENT DE LA QUESTION DE PALESTINE, JÉRUSALEM ET LE GOLAN SYRIEN


Elle soutient les travaux du Comité spécial, de la Division et du Programme d’information sur la question de Palestine


L’Assemblée générale a adopté ce matin six résolutions sur la question de Palestine et la situation au Moyen-Orient, dont une dans laquelle elle demande à Israël de reprendre les pourparlers sur la voie des négociations avec la République arabe syrienne et le Liban.


Dans sa résolution sur le Golan syrien1, adoptée par 106 voix pour, 6 voix contre (Canada, États-Unis, Îles Marshall, Israël, Micronésie, Palaos) et 62 abstentions, l’Assemblée générale exige une fois de plus, qu’en application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, Israël se retire de tout le Golan syrien occupé jusqu’à la ligne du 4 juin 1967.


En outre, dans une résolution sur le règlement pacifique de la question de Palestine2, adoptée par 156 voix pour, 6 voix contre (Australie, États-Unis, Îles Marshall, Israël, Micronésie, Palaos) et 9 abstentions (Cameroun, Canada, Costa Rica, Nauru, Ouganda, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Samoa, Tuvalu, Vanuatu), l’Assemblée générale exige qu’Israël, puissance occupante, s’acquitte des obligations qui lui incombent en vertu du droit international, et notamment qu’il cesse immédiatement de construire le mur dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.  Elle exige de nouveau l’arrêt complet de toutes les activités israéliennes d’implantation dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, ainsi que dans le Golan syrien occupé.


L’Assemblée générale, dans deux autres résolutions, l’une sur le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien3, adoptée par 106 voix pour, 8 contre (Australie, Canada, États-Unis, Îles Marshall, Israël, Micronésie, Nauru, Palaos) et 59 abstentions, l’autre sur la Division des droits des Palestiniens4, adoptée par 105 voix pour, 8 contre (Australie, Canada, États-Unis, Israël, Îles Marshall, Micronésie, Nauru, Palaos) et 59 abstentions, invite tous les gouvernements et toutes les organisations à apporter leur concours à ces deux organes.


Dans une résolution sur Jérusalem5, adoptée par 153 voix pour, 7 contre (Costa Rica, États-Unis, Îles Marshall, Israël, Micronésie, Nauru, Palaos) et 12 abstentions, l’Assemblée déplore que certains États aient transféré leur mission diplomatique à Jérusalem au mépris de la résolution 478 (1980) du Conseil de sécurité.  Elle demande ainsi de nouveau à ces États de se conformer aux dispositions des résolutions applicables de l’Organisation, conformément à la Charte des Nations Unies.


Enfin, l’Assemblée générale, dans une résolution sur le Programme d’information spécial du Département de l’information du Secrétariat sur la question de la Palestine6, adoptée par 160 voix pour, 7 contre (Australie, États-Unis, Îles Marshall, Israël, Micronésie, Nauru, Palaos) et 6 abstentions (Cameroun, Ouganda, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Samoa, Tuvalu, Vanuatu), prie le Département de continuer à exécuter le programme d’information spécial jusqu’à la fin de l’exercice biennal 2006-2007.  Elle le prie en particulier de diffuser des informations sur toutes les activités du système des Nations Unies touchant la question de Palestine, d’organiser à l’intention des journalistes des rencontres ou colloques internationaux, régionaux et nationaux visant notamment à sensibiliser l’opinion publique à la question de Palestine et de continuer à apporter une aide au peuple palestinien pour le développement des médias, notamment de renforcer le programme de formation de journalistes palestiniens de la presse écrite, de la radio et de la télévision lancé en 1995.


Les représentants des pays suivants ont expliqué leur position: Royaume-Uni (au nom de l’Union européenne), Canada, Uruguay, Australie, République islamique d’Iran et République arabe syrienne.  L’Observateur de la Palestine s’est également exprimé.


La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.


1. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.32

2. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.30

3. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.28

4. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.29

5. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.33

6. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.31


QUESTION DE PALESTINE


Explications de position


Le représentant du Royaume-Uni, s’exprimant au nom de l’Union européenne (UE), a salué les récents développements positifs en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien: le retrait israélien de la bande de Gaza et de certaines parties de la Cisjordanie, l’accord sur la circulation et l’accès à Gaza et l’ouverture de la frontière qui a suivi à Rafah, et les prochaines élections législatives palestiniennes.  L’UE est consciente de ce qu’il reste encore beaucoup à faire et estime que ces faits positifs doivent être pris en considération dans l’examen du rôle des structures existantes de l’ONU.  De même, l’Union européenne a soutenu régulièrement la rationalisation des travaux de l’Assemblée générale dans le cadre de la revitalisation de cet organe.  À cet égard, elle se félicite de ce que la Mission d’observation palestinienne ait été disposée à retirer, en Troisième Commission, son projet de résolution sur les enfants palestiniens, acceptant d’intégrer les éléments pertinents dans une autre résolution.  Enfin, l’intervenant a rappelé que dans le passé, l’UE avait exprimé des doutes sur le mandat du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien parce qu’il ne reflétait pas suffisamment l’esprit du processus de paix.  Toutefois, a-t-il dit, les votes de l’Union européenne reflèteront le fait que deux de ses États membres ont historiquement pris des positions différentes sur la question.


Le représentant du Canada a affirmé que son pays s’était opposé à la résolution L.28, car, a-t-il estimé, l’Assemblée générale devrait envisager d’affecter ses ressources, déjà rares, à des activités plus utiles pour le processus de paix que celles du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.  Le Canada s’est également opposé à la résolution L.29, car, a-t-il souligné, il ne perçoit pas la valeur de la Division des droits des Palestiniens.  Il est temps que l’Assemblée générale envisage à nouveau le mandat de cette division, a-t-il déclaré.  S’agissant de la résolution L.31, pour laquelle le Canada s’est abstenu, le représentant a regretté que le texte ne comprenne pas une condamnation explicite et sans équivoque des attentats terroristes.  Le Canada continue de croire à la Feuille de route, a-t-il ajouté.


La représentante de l’Uruguay a affirmé qu’il était indispensable et urgent de revenir à la Feuille de route.  L’Uruguay, a-t-elle dit, est en faveur d’une solution juste et durable, réalisée par des voix pacifiques permettant la coexistence de deux États, Israël et la Palestine, libres et indépendants.


Le représentant de l’Australie a déclaré que son pays était préoccupé par le fait que plusieurs résolutions devant cette soixantième session de l’Assemblée générale étaient déséquilibrées dans leur critique contre Israël.  Le fait de ne blâmer qu’une partie pour l’état de la situation actuelle n’est pas judicieux, a-t-il estimé.  L’Australie demeure préoccupée par l’ampleur des ressources que le Secrétariat consacre aux activités anti-Israéliennes, y compris pour la Division pour les droits des Palestiniens et pour le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.  Les résolutions annuelles avalisant ces unités ne font rien pour dégraisser ou rationaliser les structures du Secrétariat, ou pour rendre son travail plus équilibré.  De la même manière, le Programme d’information spéciale sur la question de Palestine du Département d’information ne constitue pas une façon constructive d’utiliser les ressources de l’ONU, et n’aide pas à équilibrer le travail du Secrétariat.  Ces résolutions servent seulement à détourner l’attention des parties de questions plus pressantes et en aucune manière n’aident à faire avancer le processus de paix.


LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT


Explications de positions


La représentante du Royaume-Uni, s’exprimant au nom de l’Union européenne sur la résolution relative au Golan syrien (A/60/L.32), a rappelé à toutes les parties concernées de maintenir l’élan actuel pour appliquer dans son intégralité la Feuille de route.  Un règlement juste, durable et global de la situation au Moyen-Orient, y compris pour les questions syriennes et libanaises, devrait être fondé sur la résolution 242 du Conseil de sécurité et les autres résolutions suivantes 338, 1397 et 1515, a estimé la représentante qui a souligné par ailleurs que la solution au conflit devait également reposer sur les termes de la Conférence de Madrid, en particulier le principe de la terre contre la paix, ainsi que sur l’application de la Feuille de route et les autres accords conclus entre les parties.  Pour sa part, l’Union européenne continuera à œuvrer de manière inlassable avec les parties de la région en tant que membre du Quatuor pour la réalisation de cet objectif.  Le représentant a ensuite insisté sur le fait qu’un règlement pacifique final ne sera jamais complet sans tenir compte des éléments Israël-Syrie, Israël-Liban et que les négociations devaient reprendre le plus tôt possible.  Elle a rappelé enfin qu’au début du mois de novembre, l’Union européenne avait, en Quatrième Commission, voté en faveur de la résolution sur le Golan syrien.  Considérant que la résolution présentée cette fois à l’Assemblée générale contenait des éléments pouvant saper le processus de négociations bilatérales, l’Union européenne s’est abstenue, comme les années précédentes, a conclu la représentante qui a rappelé que l’Union aurait préféré, dans le cadre de la revitalisation des travaux de l’Assemblée, qu’il n’y ait qu’une résolution sur cette question.


Le représentant de l’Argentine, s’exprimant également au nom du Brésil, a indiqué que les deux délégations avaient voté en faveur de la résolution sur le Golan syrien (A/60/L.32) car nous comprenons que l’élément essentiel de ce texte est lié au caractère illicite de l’occupation par la force.  Le paragraphe 4 de l’Article 2 de la Charte des Nations Unies interdit l’usage de la force contre l’intégrité d’un territoire.  Nous voulons préciser, en ce qui concerne le paragraphe 6 du dispositif, que notre vote ne préjuge pas du contenu des dispositions dudit paragraphe, en particulier la référence à la ligne du 4 juin 1967.  Nous demandons instamment aux gouvernements israélien et syrien de reprendre les négociations en vue de parvenir à une solution définitive de la situation du Golan syrien, conformément aux résolutions 242 (1967) et 338 (1973) du Conseil de sécurité et du principe de la terre contre la paix.


Le représentant du Canada a indiqué que son pays s’était prononcé contre la résolution sur le Golan syrien (A/60/L.32) car elle n’imputait qu’à une seule partie, en l’occurrence Israël, la responsabilité de reprendre les négociations.  Le représentant a ajouté que son pays avait approuvé la résolution sur Jérusalem (A/60/L.33), précisant que le statut de Jérusalem ne pourra être résolu que dans le cadre d’un règlement global du conflit israélo-palestinien.


Le représentant de la République islamique d’Iran a affirmé que son pays s’était prononcé en faveur de toutes les résolutions adoptées aujourd’hui.  Il a estimé qu’une paix durable en Palestine ne sera possible que grâce à la justice, en mettant fin à la discrimination, à l’occupation de tous les territoires palestiniens, en permettant le retour de tous les réfugiés et en recourant à des moyens démocratiques pour déterminer les vœux du peuple palestinien et créer un État palestinien démocratique avec Jérusalem comme capitale.


L’Observateur de la Palestine a souligné que les résolutions adoptées aujourd’hui indiquaient très clairement quelle était la volonté de la communauté internationale de défendre le droit international et de soutenir ce qui était juste et correct.  L’Observateur s’est dit réconforté par le fait que de nouveaux pays aient modifié leur vote et se soient cette fois-ci prononcés en faveur de ces textes.  Ces votes, a-t-il ajouté, donnent un message très clair au peuple palestinien qui vit sous l’occupation.  L’Assemblée générale a ainsi donné un message d’encouragement très fort au peuple palestinien.  Il a souhaité que ce soutien sera maintenu jusqu’à la fin de l’occupation israélienne et qu’un État palestinien indépendant soit établi.  Si Israël, ou n’importe quel autre pays, viole le droit, notre responsabilité est de dire, ici, que personne n’est au-dessus du droit international, a-t-il déclaré.


Le représentant de la République arabe syrienne a déclaré que le résultat positif à l’issue des votes concernant les différentes résolutions sur la question de Palestine et le Moyen-Orient exprimait le soutien de la communauté internationale en vue de permettre à la Syrie de récupérer ses terres, occupés depuis 38 ans par Israël.  Le représentant s’est rallié aux délégations qui, avant lui, avaient appelé à une rationalisation des résolutions de l’Assemblée.  À cet égard, a-t-il fait remarquer, l’enthousiasme des délégations ne doit pas seulement se manifester lorsqu’il s’agit de présenter des résolutions sur la Palestine ou le Moyen-Orient en général.  Nous aurions souhaité qu’on respecte une seule règle en matière de rationalisation des résolutions, a poursuivi le représentant syrien qui a par ailleurs affirmé que la majorité des États Membres étaient favorables aux programmes de l’ONU sur le Moyen-Orient.  Le représentant a conclu en remerciant les États qui ont voté en faveur de la résolution sur le Golan syrien et rappelé que son pays avait toujours été sincère dans le processus de paix du conflit au Moyen-Orient.


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