30/11/2005
Assemblée générale
AG/10427

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

58e & 59e séances plénières

matin & après-midi


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DEMANDE À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DE CONTINUER À FOURNIR À L’AFGHANISTAN UN APPUI SOUTENU


Elle adopte quatre projets de résolutions et poursuit son débat sur la question de Palestine et la situation au Moyen-Orient


Prenant acte de l’achèvement imminent de la transition politique prévue dans le processus de Bonn, l’Assemblée générale a demandé aujourd’hui à la communauté internationale de continuer de fournir à l’Afghanistan un appui durable.  L’Assemblée a également poursuivi son débat sur la Palestine et la situation au Moyen-Orient, deux questions à propos desquelles ont été déposés six projets de résolution sur lesquels les États Membres se prononceront demain.


Dans une résolution, révisée oralement, sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales1, et adoptée sans vote, l’Assemblée générale en appelle au Gouvernement afghan pour qu’il continue, avec l’aide de la communauté internationale, à s’efforcer de parer la menace que font peser sur la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan les agents d’Al-Qaida, les Taliban et d’autres groupes terroristes ou extrémistes, ainsi que la violence liée à la criminalité, en particulier celle qui concerne le trafic de drogue.


Dans ce texte l’Assemblée demande en outre à la communauté internationale d’aider le Gouvernement afghan à mener à bien son plan global de mise en œuvre de la lutte contre les stupéfiants, qui a pour but d’éliminer la culture illicite du pavot à opium, et de continuer à venir en aide aux très nombreux réfugiés et déplacés afghans, afin de faciliter leur retour.  Elle exhorte enfin le Gouvernement afghan à continuer de réformer effectivement l’administration publique, afin d’instaurer l’état de droit, d’assurer la bonne gouvernance et de mener la lutte contre la corruption.


Dans une autre résolution, qu’elle a adopté sans vote, et qui a trait à l’intensification du renforcement des capacités dans le secteur de la santé publique à travers le monde2, l’Assemblée générale exhorte les États Membres à accorder une plus large place à la santé publique dans leurs stratégies nationales de développement économique et social.  Elle exhorte également les États Membres et la communauté internationale à augmenter leurs investissements visant à améliorer les systèmes de santé des pays en développement et des pays en transition, afin d’assurer qu’ils disposent d’effectifs, d’infrastructures, de systèmes de gestion et d’approvisionnements suffisants pour réaliser, d’ici à 2015, les Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la santé.


Par une troisième résolution révisée oralement, et relative à l’administration publique et au développement3, adoptée également sans vote, l’Assemblée générale demande à tous les États Membres de respecter les principes de la bonne gestion des affaires publiques et des biens publics, de l’équité, de la responsabilité et de l’égalité devant la loi.  Elle leur demande ainsi de se plier à la nécessité de préserver l’intégrité et de promouvoir une culture de la transparence, de la responsabilité et du refus de la corruption à tous les niveaux et sous toutes ses formes, conformément à la Convention des Nations Unies contre la corruption.  À cet égard, l’Assemblée encourage instamment tous les États Membres qui ne l’ont pas encore fait à envisager d’adopter des lois à cette fin.


Enfin, dans un texte de résolution4 qu’elle a adopté sans vote, l’Assemblée a décidé de reporter, pendant une période de trois ans allant jusqu’au 1er  janvier 2008, le début de la période de transition sans heurt devant mener à la radiation des Maldives de la liste des pays les moins avancés.


Les représentants des pays suivants ont pris la parole au cours du débat de l’Assemblée: Turquie, Ouzbékistan, Arabie saoudite, Venezuela, Jamaïque, République de Corée, Maldives, Chine, Cuba, Sri Lanka, République islamique d’Iran, Viet Nam, République arabe syrienne, Canada, Liban, Indonésie, Afrique du Sud, Japon, Zambie, Saint-Marin, Koweït, Jamahiriya arabe libyenne, Pakistan, Nigéria, République démocratique populaire lao, Royaume-Uni (au nom de l’Union européenne), Égypte, Malaisie, Israël, Jordanie, Suisse, Bahreïn, Émirats arabes unis, Burkina Faso, Norvège, Liban, Australie, Fédération de Russie et Brésil (dont la délégation s’est également exprimée au nom de l’Argentine).  L’Observateur permanent de la Palestine s’est également exprimé.


La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale aura lieu demain, jeudi, le 1er décembre, à 10 heures.


1. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.27

2. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.26

3. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.24

4. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.21


LA SITUATION EN AFGHANISTAN ET SES CONSÉQUENCES POUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES; ASSISTANCE INTERNATIONALE D’URGENCE POUR LE RÉTABLISSEMENT DE LA PAIX ET DE LA NORMALITÉ EN AFGHANISTAN ET POUR LA RECONSTRUCTION DE CE PAYS DÉVASTÉ PAR LA GUERRE


Déclarations


M. BAKI ILKIN (Turquie) a annoncé que sa délégation était coauteur du projet de résolution sur l’Afghanistan qui, selon lui, reflétait à la fois les succès remportés par le Gouvernement afghan et les défis à relever pour l’application de l’Accord de Bonn.  « L’Afghanistan aux Afghans », tel a toujours été le credo de la Turquie qui est convaincue que l’identité afghane est la clef de la stabilité et de la prospérité de ce pays ami, a observé le représentant, ajoutant que son pays attachait beaucoup d’importance à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale afghanes.  M. Ilkin a également indiqué que la Turquie, qui a dirigé durant 14 mois la Force internationale de sécurité et d’assistance en Afghanistan (ISAF) et participé, à travers des programmes de formation, à la création d’une police et d’une armée nationales afghanes, continuerait à apporter son aide en faveur de la paix et de la sécurité.  Il a également affirmé que son pays était impliqué à différents niveaux: social, médical, humanitaire, agricole, construction et autres.  Enfin, le délégué a mis l’accent sur la nécessité de créer de nouveaux moyens de subsistance pour les cultivateurs de pavot, affirmant que le succès de la reconstruction de l’Afghanistan en dépendait en grande partie.


M. ALISHER VOHIDOV (Ouzbékistan) a salué les avancées importantes accomplies en Afghanistan au point de vue économique et politique, notamment la tenue des élections législatives et provinciales, soulignant l'apport de la communauté internationale dans ces réalisations.  Il a également rappelé que la proximité de l'Afghanistan avec son pays augmentait encore l'intérêt de sa délégation pour l’instauration durable de conditions de développement et de sécurité sur tout le territoire afghan.  Il a insisté sur l'aide apportée par son pays, notamment dans l'installation d'infrastructures et de sources d’énergie dans plusieurs régions du pays, la mise en place d'un réseau d'abduction d'eau, l'exploration géologique et le développement des télécommunications.


Le représentant a en revanche fait part de sa préoccupation devant la recrudescence d'actes terroristes à l'intérieur de l'Afghanistan, invitant son voisin à s’impliquer plus activement dans les efforts des pays de la région pour créer un marché commun en Asie centrale.  Il a en outre insisté sur la menace que représente la production croissante de stupéfiants par le pays, estimant nécessaire un changement de fond de la structure économique du pays.  Pour garantir la prospérité du pays, la communauté internationale doit respecter les promesses qu'elle a faites en terme de contributions financières, a-t-il souligné, pour faire face à ses obligations humanitaires.


M. HASHAM SHATA (Arabie saoudite) a affirmé que l’Afghanistan avait réalisé de grands progrès dans le processus d’établissement de la paix et de reconstruction, mais avait besoin du soutien de la communauté internationale, et ce, dans tous les domaines, en particulier dans celui de la lutte contre les drogues et le terrorisme.  L’Arabie saoudite, a ajouté le représentant, n’a pas hésité à offrir son assistance à ce pays frère, notamment par le biais du Fonds d’affectation spécial de reconstruction de l’Afghanistan géré par la Banque mondiale.  Elle a également proposé des aides humanitaires, au niveau officiel ou non officiel, a-t-il précisé.  Il a en outre souligné que l’Arabie saoudite était prête à coopérer avec le Gouvernement afghan pour servir les intérêts des deux pays frères.  Le représentant a appelé la communauté internationale à continuer à fournir son appui à l’Afghanistan pour qu’il parvienne à atteindre la paix et la sécurité.   


Explication de position


La représentante du Venezuela a indiqué que sa délégation ne s’était pas opposée au consensus au projet de résolution sur l’Afghanistan (A/60/L.27), tout en exprimant des réserves.  La déléguée, qui a fait part de la préoccupation de son pays au sujet de la fragilité de la situation interne afghane, a déploré que le projet de résolution continue de parler, en son paragraphe 11, de « la coalition de l’opération Enduring Freedom », car, à son avis, toute référence à cette coalition encourage l’utilisation de la force en Afghanistan et détourne de l’objectif principal qui est la lutte pour la paix et la stabilité.  La représentante a par ailleurs estimé que lorsqu’il y avait faillite de l’État, il incombait à l’ONU de veiller au respect des droits du peuple afghan, notamment son droit à l’autodétermination.  Or, a-t-elle indiqué, la façon dont a été organisée la présence de la communauté internationale en Afghanistan constitue une pure intervention qui n’aide pas le peuple de ce pays.  En effet, l’Afghanistan doit pouvoir prendre en main son propre destin et disposer de ses propres ressources sans intervention extérieure, a-t-elle conclu.


RAPPORT DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL


Déclarations


M. STAFFORD NEIL (Jamaïque), au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé que le tsunami qui a frappé l'océan Indien le 26 décembre 2004 avait fondamentalement changé les conditions environnementales, économiques et sociales dans les îles Maldives.  Aucun expert ne peut aujourd'hui prévoir quand elles reviendront à leur situation d'avant le tsunami, ni même si elles y parviendront un jour, a-t-il déclaré, estimant que ces circonstances exigeaient des ajustements à la résolution 59/210 de l'Assemblée générale et une contribution généreuse pour soutenir les efforts de reconstruction sur place.  Compte tenu des nouvelles conditions, le projet de résolution A/60/L.21 propose un report de trois ans du début de la période de transition sans heurt pour la radiation des Maldives de la liste des pays les moins avancés, à titre exceptionnel.


M. CHOI YOUNG-JIN (République de Corée), qui présentait le projet de résolution A/60/L.24 sur l’administration publique et le développement, a rappelé qu’en septembre dernier,les chefs d’État et de gouvernement réunis pour le Sommet mondial, avaient affirmé que la bonne gouvernance était essentielle pour le développement durable.  Ce projet de résolution, a-t-il dit, met en lumière l’importance de la bonne gouvernance et de la transparence dans l’administration publique pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.


Explication de position


Le représentant des Maldives a estimé que l’adoption unanime de la résolution sur le « Report de la période de transition sans heurts pour la radiation des Maldives de la liste des pays les moins avancés » (A/60/L.21) était un signe d’espoir et d’encouragement et la preuve de l’engagement sans faille de la communauté internationale pour soutenir les efforts de développement de son pays.  Remerciant à cet effet l’Assemblée générale et l’ancien président américain Bill Clinton, Envoyé spécial du Secrétaire général pour l’assistance aux pays victimes du tsunami, le représentant a assuré que son Gouvernement ne ménagera aucun effort pour relever les défis qui se posent.  Il a rappelé qu’aucune île des Maldives n’avait été épargnée par cette catastrophe naturelle, et qu’en quelques minutes, tous les efforts de développement avaient été littéralement détruits.  L’impact du tsunami sur notre économie est beaucoup trop grave pour que nous puissions nous relever facilement, a-t-il affirmé.  Rappelant que les besoins pour financer le programme de reconstruction avaient été estimés à 470 millions de dollars, l’intervenant a indiqué que le tiers de cette somme n’était toujours pas couvert par les promesses de dons.  Les Maldives sont le seul pays dans cette situation, a conclu l’intervenant qui a appelé la communauté internationale à combler ce découvert.


SUITE DONNÉE AUX TEXTES ISSUS DU SOMMET DU MILLÉNAIRE


Déclaration


M. ZHANG YISHAN (Chine), qui présentait le projet de résolution A/60/L.26 sur le renforcement des capacités dans le secteur de la santé publique à travers le monde, a affirmé que la communauté internationale restait confrontée à de graves défis en matière de santé publique, citant, notamment, la menace d’épidémie de la grippe aviaire.  Le représentant a rappelé que son pays soumettait pour la troisième fois à l’Assemblée générale un projet de résolution sous le même titre.  Un consensus s’est forgé entre les parties intéressées à travers de longues négociations, a-t-il dit, précisant que le texte consacrait les engagements souscrits en matière de santé lors du Sommet mondial de septembre 2005. 


Explications de position


La représentante du Venezuela a affirmé que la santé et la qualité de vie constituaient les principaux axes d’une nouvelle politique intégrée orientée sur le développement social et humain.  La représentante a ajouté qu’une mission pour les soins de santé primaires avait été développée dans son pays pour tous les habitants, respectant notamment les principes de gratuité et d’équité.  Le Venezuela apporte son appui au texte et remercie la délégation de la Chine de l’avoir présenté, a-t-elle dit, soulignant néanmoins que son pays émettait une réserve sur le paragraphe 2 du préambule car il ne reconnaît pas le Document final du Sommet mondial 2005 comme document légitime.


Le représentant de Cuba a rappelé que la coopération internationale avait été l'un des piliers de la politique extérieure de son pays depuis la révolution cubaine.  Cuba, tout en étant un pays en développement victime d'un blocus depuis plus de 45 ans de la part des États-Unis, a développé un programme de collaboration en matière de santé publique à destination de nombreux pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine.  C’est pourquoi il a estimé que la résolution qui vient d’être adoptée permettra de consolider le rôle des Nations Unies dans l'amélioration de la santé dans le monde, une question essentielle dans l'accomplissement des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il s'est particulièrement félicité que la résolution reconnaisse la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération en matière de santé publique, notamment face aux conséquences des catastrophes naturelles.


QUESTION DE PALESTINE


Déclarations


M. ABDUL AZEEZ (Sri Lanka) a observé que la célébration, le 10 novembre dernier par l’Assemblée générale, du 30e anniversaire de la création du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, avait été l’occasion pour la communauté internationale de réfléchir sur des décennies d’efforts déployés en vain pour résoudre la question de Palestine et à la nécessité de renforcer les tentatives pour lui trouver une solution juste.  Il a salué les activités entreprises par le Comité pour que le peuple palestinien puisse jouir pleinement de tous ses droits inaliénables.  Rappelant ensuite le soutien de son pays au peuple palestinien, le représentant a par ailleurs souhaité que les récents développements de la situation sur le terrain –le retrait israélien de la bande de Gaza, la reprise du dialogue entre dirigeants palestiniens et israéliens et la conclusion de l’accord sur le point de passage à la frontière entre Gaza et l’Égypte– aideront à redynamiser le processus de paix, conformément aux dispositions de la Feuille de route.  L’intervenant, qui a dénoncé la poursuite de la construction du mur de séparation par Israël, en violation du droit international, a conclu son propos en saluant les efforts récents du Quatuor tout en rappelant que la Feuille de route restait la meilleure voie vers une solution juste et durable de la question de Palestine.


M. JAVAD ZARIF (République islamique d’Iran) a affirmé que le rapport du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien signalait une fois encore les violations ininterrompues et sans cesse grandissantes par le régime israélien des droits et des aspirations du peuple palestinien, qui ont causé une détérioration de la situation à des niveaux sans précédent et de manière intolérable.  Les souffrances indicibles du peuple palestinien sont le résultat direct des politiques inhumaines et illégales et des pratiques du régime israélien dans les territoires occupés, a-t-il ajouté.  L’annexion des territoires, l’établissement de nouvelles colonies dans les territoires occupés depuis 1967, l’application d’une politique d’apartheid, la construction d’un mur de séparation, l’expulsion de Palestiniens et d’autres violations qui menacent au quotidien la vie des Palestiniens sont quelques-uns des exemples des politiques inhumaines et des mesures cruelles menées pendant toutes ces années d’occupation, a-t-il estimé.  Selon lui, le fait que la communauté internationale n’ait pas réussi à traiter efficacement et équitablement cette question n’a fait qu’exacerber la situation. 


Le représentant a également déclaré qu’en dépit de l’avis de la Cour internationale de Justice (CIJ) et des appels lancés par la communauté internationale, le régime avait continué la construction du mur dans les territoires occupés et annoncé la décision d’accélérer son achèvement.  Les nouveaux événements intervenus sur le terrain, comme le désengagement de Gaza, se sont accompagnés de faits inquiétants, telles que l’augmentation des colonies, la poursuite de la construction du mur et l’isolation complète de Jérusalem-Est, a-t-il assuré.  De l’avis du représentant, les mesures délibérées prises par Israël pour détruire l’économie de la Palestine ont mis cette économie au bord du gouffre.  Il est grand temps que la communauté internationale prenne des mesures significatives pour rétablir les droits des Palestiniens, a-t-il ajouté.  Une paix durable en Palestine passe par le plein rétablissement des droits palestiniens, y compris le retour de tous les Palestiniens dans la mère patrie, a-t-il précisé.  Il a souligné que la situation dans le Golan syrien occupé constituait aussi un grave sujet de préoccupation pour la communauté internationale, ainsi qu’un important sujet de tension.  Toutes aussi inquiétantes, sont les menaces et agressions répétées d’Israël contre le Liban, a-t-il ajouté.  La stabilité et la souveraineté du Liban sont essentielles pour le maintien de la paix et de la sécurité régionales, a-t-il considéré.  La communauté internationale, a-t-il estimé, doit faire face à la politique de menace et d’utilisation de la force du régime israélien en assumant sa responsabilité de façon appropriée et équitable.


M. NGUYEN DUY CHIEN (Viet Nam) a rappelé qu'un règlement pacifique de la question de la Palestine était impératif pour parvenir à la paix et à la stabilité au Proche-Orient, et qu'une solution juste et durable devait être basée sur les résolutions des Nations Unies en la matière.  La période couverte par les deux rapports a été marquée par la promesse et l'espoir, ainsi que par des événements sur le terrain qui compliquent la mise en place du processus de paix dans le cadre de la Feuille de route, a-t-il estimé, saluant la transition politique, démocratique et responsable en territoire palestinien et les efforts faits par les nouvelles autorités palestiniennes pour lutter contre la violence.  Le représentant s'est également félicité de la reprise du dialogue au plus haut niveau entre les dirigeants palestiniens et israéliens, ainsi que du retrait israélien de la bande de Gaza et de certaines parties de la Cisjordanie.  Nous espérons que ce retrait amènera Israël à se retirer des autres territoires palestiniens occupés, a-t-il ajouté, soulignant que malgré ces développements positifs, la violence régnait toujours dans les territoires.  Il a en outre déploré la poursuite de l'implantation de colonies par Israël, tout comme la construction du mur, en dépit de l'avis consultatif contraire de la Cour internationale de Justice sur la question.  Il a appelé Israël à respecter le droit international et réaffirmé le soutien du peuple vietnamien aux populations palestiniennes.  Avec le soutien de la communauté internationale, la juste cause du peuple palestinien se soldera par une victoire totale, a-t-il conclu.


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a jugé regrettable qu’au troisième millénaire la Palestine continue de languir sous le joug de l’occupation.  La question de Palestine a connu des évolutions remarquables ces derniers temps, a-t-il dit, citant le plan unilatéral de retrait ainsi que le démantèlement de colonies dans la bande de Gaza et l’évacuation de colons.  La Syrie se félicite de ces mesures, a-t-il dit, dénonçant néanmoins la mise en place dans le même temps d’une zone tampon dans le nord de la bande de Gaza ainsi que les raids israéliens.  L’agression israélienne contre le peuple palestinien est une des formes de pression les plus ignominieuses, a-t-il ajouté, précisant qu’Israël continuait notamment de tuer, d’assassiner, et de détenir des Palestiniens.  Le représentant a affirmé qu’Israël avait induit en erreur l’opinion publique du monde.  Israël, a-t-il dit, continue d’élargir ses implantations en Cisjordanie et poursuit son blocus de la ville de Jérusalem occupée.  Israël a achevé pratiquement 70% de son mur de séparation qui entoure la ville sainte et qui isole plus de 200 000 Palestiniens de leur environnement naturel, a-t-il souligné, précisant que le mur avait également transformé de nombreux villages en bantoustans isolés.  Le représentant a demandé aux États Membres d’appuyer réellement l’application des résolutions pertinentes des Nations Unies, laquelle devrait déboucher sur l’évacuation de tous les territoires occupés.  La paix ne sera possible que par la création d’un État palestinien indépendant sur le territoire palestinien, avec Jérusalem pour capitale et l’évacuation de tous les territoires occupés.  


M. GILBERT LAURIN (Canada) a estimé que l’adoption par Israël de mesures historiques pour se retirer de la bande de Gaza et de certaines parties de la Cisjordanie, l’élection d’un chef à la tête de l’Autorité palestinienne engagée dans un processus de réforme politique ainsi que l’accord du 15 novembre dernier qui permet au peuple palestinien de contrôler une frontière internationale, sont encourageant et laisse entrevoir un nouvel espoir afin que les parties puisse travailler à un règlement durable, clair et distinct de toutes les questions, a affirmé le représentant.  Déterminé à obtenir une paix durable, juste et globale dans la région, le Canada appuie le droit d’Israël de vivre à l’intérieur de frontières sécuritaires, sans menaces de violence, ainsi qu’un État palestinien adjacent sur le plan territorial, démocratique, viable et indépendant, cohabitant avec ses voisins en paix.  Le représentant, qui a souligné que son pays s’est toujours opposé à toute forme de violence et de terreur et a demandé à Israël de s’abstenir d’adopter des mesures unilatérales, a indiqué que le Gouvernement canadien avait fourni une aide financière et spécialisée à l’Autorité palestinienne et avait l’intention d’établir un centre pour la paix et la démocratie au Moyen-Orient.


Par ailleurs, le représentant canadien a fait remarquer que le processus annuel de vote des nombreuses résolutions sur le Moyen-Orient présentées à l’Assemblée générale entraînait la division et était contraire à l’objectif global du renforcement du dialogue et de l’établissement de la confiance entre les parties.  Il a indiqué que le Canada avait, depuis l’année dernière, encouragé de présenter des résolutions moins nombreuses, plus constructives, mieux concentrées et plus équilibrées: les résolutions, pour être crédibles et efficaces, doivent refléter les obligations de la Feuille de route et les renforcer.  Il a noté que sa délégation n’appuiera pas de résolutions qui ont recours à un langage émotif et provocateur au lieu des simples faits.  Nous entreprendrons un processus d’établissement du consensus nécessaire à la préparation d’une résolution exhaustive sur le processus de paix qui n’exclura aucune partie, a-t-il conclu.


M. IBRAHIM ASSAF (Liban) a déclaré que les Nations Unies restaient responsables de la question de la Palestine tant que celle-ci n’aura pas été réglée sous tous ses aspects.  Il a estimé que le retrait israélien de Gaza était une initiative dans la bonne direction, mais réaffirmé qu'il y avait encore de nombreux problèmes à régler avant que le peuple palestinien ne soit en mesure d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination.  Le retrait de Gaza doit être complet et la première étape vers le retrait de tous les autres territoires palestiniens occupés, a-t-il ajouté, demandant aussi le démantèlement des colonies en Cisjordanie et l'arrêt de toute nouvelle implantation.  Il a rappelé que ces nouvelles implantations s’effectuaient en violation des résolutions prises par les Nations Unies.


Le représentant a également affirmé que la construction du mur de séparation sur le territoire palestinien devait cesser, car il constituait aussi une violation flagrante du droit international.  La tragédie des réfugiés palestiniens, en Jordanie, en Syrie, mais aussi au Liban dure depuis de trop nombreuses années, a-t-il poursuivi, affirmant qu'Israël rejetait toujours leur retour, contrairement à ce qui lui était demandé dans plusieurs résolutions.  Enfin, il a condamné tout acte de violence contre des civils et réaffirmé son attachement à la paix, ainsi qu'à la cohabitation de deux États, vivant côte à côte dans des frontières sûres et reconnues.


M. ZHANG YISHAN (Chine) a affirmé que 2005 avait été une année opportune pour le processus de paix au Moyen-Orient.  Le représentant a ainsi cité les efforts réalisés par les parties palestinienne et israélienne et la médiation de la communauté internationale.  Il a estimé que la solution à la question palestinienne passait par des pourparlers politiques, s’appuyant sur les résolutions pertinentes des Nations Unies, le principe de « la paix contre la terre » et par la construction d’un État palestinien indépendant selon les termes de la Feuille de route.  Cette solution est non seulement conforme aux intérêts fondamentaux d’Israël et de la Palestine, ainsi que de tous les autres pays du Moyen-Orient, mais peut aussi contribuer à la réalisation de la paix et de la stabilité dans la région à bref délai, a-t-il considéré, précisant que la paix israélo-palestinienne ne pouvait être obtenue sans un soutien international efficace.  Selon lui, les Nations Unies doivent, à cet égard, remplir efficacement leur rôle et assumer leurs responsabilités.  Le représentant a également observé que la paix globale au Moyen-Orient ne pouvait être possible sans une solution appropriée aux conflits entre Israël et la Syrie et entre Israël et le Liban.  Une reprise rapide des pourparlers et des progrès sur ces deux questions contribuera à ramener une paix complète dans la région, a-t-il ajouté, espérant que les parties concernées reprendraient prochainement les négociations et rechercheraient des solutions mutuellement acceptables, selon les principes établis par la Conférence de Madrid.


Mme ADIYATWIDI ADIWOSO ASMADY (Indonésie) a relevé que malgré une évolution positive cette année de la situation au Moyen-Orient, la situation dans les territoires occupés s’était quant à elle dégradée, avec notamment l’expansion des colonies de peuplement et l’accélération de la construction du mur de séparation, ce qui est contraire au droit international et aux dispositions de la Feuille de route.  Tout ceci affaiblit l’élan positif né du retrait israélien de la bande de Gaza et des Accords de Charm el-Cheikh.  Le retrait est une mesure positive mais ne concerne qu’une petite partie des terres occupées par Israël depuis 1967, a souligné la représentante indonésienne qui a demandé que les forces israéliennes se retirent de l’ensemble du territoire palestinien occupé.  Elle a dénoncé les conditions de vie des Palestiniens qui sont gravement affectés par le bouclage et la politique de violence menée contre les civils palestiniens.  Alors que nous approchons de la fin de 2005 qui est la date butoir pour l’avènement d’un État palestinien, la communauté internationale doit exercer des pressions sur Israël pour qu’il cesse la construction du mur de séparation.  La représentante a conclu en rappelant que la question de Palestine devait être réglée conformément au droit international, en particulier les  résolutions du Conseil de sécurité.


M. XOLISA MFUNDISO MABHONGO (Afrique du Sud) a salué les progrès enregistrés dans le Moyen-Orient, progrès qui ont donné une nouvelle impulsion au processus de paix.  Israël a posé des actes courageux en retirant ses forces militaires de Gaza et de certaines zones du nord de la Cisjordanie, a-t-il dit ensuite, tandis que de son côté, l’Autorité palestinienne a pris des mesures pour réformer ses institutions et ses services de sécurité afin de rétablir l’état de droit, notamment dans les zones évacuées par les forces israéliennes.  Par ailleurs, les négociations entre Palestiniens et Israéliens ont conduit à la réouverture du point de passage de Rafah, ouvrant ainsi la voie à une coopération accrue entre les Palestiniens et l’Égypte voisine, a constaté M. Mabhongo.  Toutefois, de tels progrès ne sauraient être durables sans des mesures décisives visant à stopper la construction de colonies de peuplement par Israël ainsi que celle du mur de séparation.  Rappelant à cet égard l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice déclarant illégale la construction de ce mur, le représentant sud-africain a déploré le fait que cet avis consultatif n’ait pas été mis en œuvre.  En outre, il a invité Israël à se conformer à la Feuille de route du Quatuor, s’inquiétant du fait que la « dépalestinisation » de Jérusalem ne menace à terme l’établissement d’un État palestinien viable. 


M. SHINICHI KITAOKA (Japon) a souligné l'impact positif de chacun des pas qui a été fait dans le processus de règlement du conflit au Proche-Orient, après une période de stagnation.  L'engagement pris à Charm el-Cheikh est significatif, parce qu'il a été le produit de la confiance retrouvée entre les dirigeants israéliens et palestiniens, a-t-il déclaré, saluant aussi la décision israélienne de retrait de la bande de Gaza et la retenue manifestée du côté palestinien.  À cet égard, il a estimé que l'accord concernant la circulation et l'accès à Gaza, ainsi que la réouverture de la frontière à Rafah, représentaient autant de progrès qui récompensaient les efforts inlassables du Gouvernement israélien, de l'Autorité palestinienne et de la communauté internationale, en particulier de l'Union européenne.  Il y a encore une chose importante que les deux parties doivent réaliser: retourner à la Feuille de route, a poursuivi le représentant.  Il a estimé que les Palestiniens devaient mener à bien les réformes de leurs services de sécurité, et les Israéliens cesser toute action qui pourrait préjuger du résultat des négociations sur le statut final.  Tant que la volonté de paix des deux parties est évidente, la communauté internationale n'arrêtera jamais de contribuer aux progrès vers la paix, a-t-il ajouté, rappelant les multiples contributions du Japon en la matière.


M. TENS KAPOMA (Zambie) s’est félicité de constater que le peuple palestinien était désormais en mesure de traverser librement la frontière qui sépare la bande de Gaza de l’Égypte, rappelant néanmoins que l’Assemblée générale avait depuis longtemps demandé qu’Israël se retire de l’ensemble des territoires arabes acquis à la suite des guerres de 1967 et de 1973.  Expliquant que la question d’un État palestinien indépendant vivant côte à côte et en paix avec Israël constituait encore et toujours l’objectif final du processus de paix au Moyen-Orient, le représentant de la Zambie a exhorté tant les Palestiniens que les Israéliens à mettre en œuvre la Feuille de route.  Les récents événements ont montré que les deux parties sont disposées à rechercher une solution acceptable au conflit, a remarqué M. Kapoma.  Il a néanmoins indiqué que la construction d’une barrière de séparation par Israël constituait non seulement un obstacle à la paix, mais s’inscrivait également en violation du droit international, dont le droit humanitaire et celui relatif aux droits de l’homme, et a exhorté Israël à faire preuve de souplesse sur cette question.  Le représentant de la Zambie a enfin signalé que son pays appuyait la Feuille de route et espérait que dans un futur proche, un État palestinien pourrait participer aux travaux de l’Assemblée générale en tant que Membre à part entière.


M. DANIELE D. BODINI (Saint-Marin) a exprimé sa solidarité aux peuples israélien et palestinien et a appuyé tout processus visant à réaliser les objectifs de la Feuille de route et un accord pacifique entre les deux parties.  Le représentant a ensuite condamné toutes les formes de terrorisme et a rejeté toute justification des actes terroristes.  Il a félicité le Premier Ministre israélien pour son courage politique et son engagement constant en faveur du désengagement.  Il a aussi félicité le Président de l’Autorité palestinienne pour son attitude responsable qui a permis un retrait pacifique d’Israël de Gaza.  En cette période délicate, a-t-il estimé, il est important que les États et les organisations internationales rejettent les menaces et les chantages et fassent en sorte que chacun reconnaisse sa responsabilité face au reste du monde. 


Mme NABEELA ABDULLA AL-MULLA (Koweït) a déclaré que le problème le plus important au Proche-Orient était que le Gouvernement israélien refusait de coopérer avec toute initiative pacifique qui pourrait permettre d'arriver à un règlement de la question de Palestine et ainsi d'améliorer les conditions de vie du peuple palestinien.  Elle a dénoncé la poursuite par Israël du siège de villes palestiniennes, de destruction d'habitations et d'exécutions arbitraires.  Elle a ensuite réaffirmé le soutien total de son pays au peuple palestinien et demandé à Israël de respecter les résolutions des Nations Unies qui la concernent, ainsi que les obligations qui lui sont imparties par la Feuille de route.  La représentante a également appelé à respecter l'identité arabe de la ville de Jérusalem, dénonçant toute tentative visant à la judaïser.  La construction du mur est illégale, a-t-elle rappelé à cet égard, estimant qu'il s'agissait d'une violation du droit international et d'un manque de respect pour la communauté internationale.  Tout en saluant le retrait israélien de la bande de Gaza et les accords récents conclus concernant le point de passage de Rafah, elle a néanmoins souligné la nécessité d'aller plus loin, notamment en réouvrant l'aéroport et le port autonome de Gaza et en améliorant encore les conditions de circulation entre la bande de Gaza et la Cisjordanie.  Elle a enfin appelé Israël à respecter l'intégrité territoriale du Liban, en affirmant qu'aucun règlement juste de la question de la Palestine ne serait irréalisable tant que l'occupation de territoires palestiniens et arabes se poursuivrait.


Mme IMERIA NÚÑEZ DE ODREMÁN (Venezuela) a d’abord félicité le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien pour la tâche noble qu’il exerce et a dit la fierté de son pays d’accueillir à Caracas une réunion du Comité, du 13 au 15 décembre prochain.  La représentante a souligné ensuite que le maintien de la paix internationale exige que les relations entre les États, indépendamment de leurs idéologies, soient fondées sur une adhésion aux principes de la Charte des Nations et autres normes telles que l’interdiction du recours à la force contre l’intégrité territoriale, la non-intervention et la non-ingérence dans les affaires internes et externes des États, et le droit à l’autodétermination des peuples qui vivent sous domination coloniale, néocoloniale, sous occupation étrangère ou sous le joug de régimes racistes. 


Il ne pourra y avoir de paix tant qu’il y aura une occupation du territoire palestinien, a observé l’intervenante.  Selon Mme Odremán, une solution juste globale et durable à la question de Palestine doit s’appuyer sur les résolutions de l’Assemblée générale, notamment sur celle entérinant l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur l’édification par Israël du mur de séparation, sur le retrait total israélien des territoires occupés depuis 1967, sur le respect du droit des autres États de la région à vivre en paix sans intervention d’aucun type à l’intérieur des frontières internationalement reconnues, et sur la reconnaissance de tous les droits inaliénables du peuple palestinien.


M. OMAR IBRAHIM DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne) a affirmé que l’échec persistant du règlement du conflit israélo-palestinien résidait notamment dans la façon dont le Conseil de sécurité traitait de la position israélienne.  Le Conseil de sécurité traite les autorités occupantes comme si elles étaient au-dessus de la loi et au-dessus de toutes les critiques, a-t-il estimé.  Le représentant a regretté le fait que plusieurs États qui avaient lutté contre le nazisme aient adopté totalement le point de vue israélien pour appuyer l’occupation des territoires palestiniens.  Le Conseil de sécurité, a-t-il dit, doit mettre un terme à cette politique des « deux poids, deux mesures ».  Il a ajouté que l’Assemblée générale devait procéder à une réforme du Conseil de sécurité, notamment en supprimant le droit de veto. 


Le représentant a également souligné qu’aucun projet tangible vers les objectifs fixés n’avait été enregistré car le Quatuor avait tout « inféodé » à la volonté de la puissance occupante.  Tout règlement juste et durable doit émaner du droit international, a-t-il dit.  De l’avis du représentant, le Moyen-Orient ne connaîtra ni la paix ni la sécurité tant que la communauté internationale ne sera en mesure de trouver une solution juste et durable à la question de la Palestine avec le retrait total des forces israéliennes de l’ensemble des territoires palestiniens et arabes. 


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déclaré que son pays avait toujours appuyé tous les efforts bilatéraux et internationaux visant à un règlement pacifique de la question de Palestine sur tous ses aspects.  Il a appelé la communauté internationale à soutenir la vision de deux États, Israël et Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  Le Pakistan attend l’établissement rapide d’un État Palestinien indépendant, démocratique et viable.  Le représentant a ensuite souligné qu’il était encourageant de noter que malgré une violence épisodique, différents éléments positifs ont eu lieu pendant l’année écoulée, notamment le retrait de toutes les forces israéliennes de la bande de Gaza en septembre 2005 et la signature d’un accord entre les dirigeants palestinien et israélien pour l’ouverture d’un point de passage entre Gaza et l’Égypte, ce qui permettra une circulation plus libre des Palestiniens et la remise en liberté d’un certain nombre de prisonniers palestiniens. 


Le représentant a indiqué que la dynamique électorale, à la fois en Israël, à Gaza et en Cisjordanie peut créer un élan positif.  L’intervenant a cependant mis en garde contre la tentation de sous-estimer les défis à relever, à savoir les restrictions et les souffrances du peuple palestinien, la poursuite de la construction du mur de séparation et l’implantation de nouvelles colonies.  M. Akram a demandé aux deux parties de continuer à démontrer leur engagement en faveur de mesures supplémentaires telles que définies par la Feuille de route, y compris le retrait de la Cisjordanie devant conduire à la création d’un État palestinien.  À cet égard, l’appui politique et économique de la communauté internationale demeure crucial, a souligné le représentant qui a rappelé qu’il était urgent de soutenir la reconstruction économique de l’Autorité palestinienne, conformément aux recommandations de l’Envoyé spécial du Quatuor, M. James Wolfenson.  


M. SIMEON A. ADEKANYE (Nigéria) a estimé que le Comité avait une nouvelle fois rempli sa nécessaire mission de mettre en lumière les difficultés rencontrées par le peuple palestinien, dont la réhabilitation à travers la création d'un État viable est au cœur de la crise au Proche-Orient.  Une solution juste et durable exige un engagement sincère de part et d’autre à poursuivre leurs objectifs sans avoir recours à la violence, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il s'agit du seul moyen pour créer une atmosphère de confiance.  Saluant les efforts faits de part et d'autre, il a appelé à une urgente relance des négociations dans le cadre proposé par le Quatuor.  Il a particulièrement distingué le retrait d'Israël de Gaza, la réouverture de la frontière à Rafah et les engagements pris à Charm el-Cheikh en février 2005 comme des avancées notables, preuves d'un élan qu'il ne fallait pas laisser s'essouffler.


Par ailleurs, le représentant a appelé les parties à la flexibilité concernant la question du Golan syrien, soulignant la nécessité de reprendre des négociations suivant le principe de terre contre paix.  À cet égard, le Nigéria considère que les résolutions sur Jérusalem et le Golan adoptées par les 56e et 57e sessions de l’Assemblée générale, de même que les résolutions 242, 338 et 497 du Conseil de sécurité, parmi d’autres, offrent un cadre précieux pour parvenir à la paix.  L’intervenant s’est déclaré convaincu que la communauté internationale restera engagée auprès des deux parties dans la recherche d'une solution.  M. Adekanye a conclu en rendant hommage au personnel des Nations Unies sur le terrain, dans ses efforts pour faire du Proche-Orient une région où tous les peuples peuvent vivre en paix et en harmonie. 


M. ALOUNKEO KITTIKHOUN (République démocratique populaire lao) a constaté qu'en dépit des appels répétés de la communauté internationale pour un règlement pacifique de la question de la Palestine et d'efforts importants, la violence continuait de régner dans la région.  Les deux parties doivent faire preuve d'un maximum de retenue, a-t-il déclaré, en appelant à l'application de la Feuille de route, des résolutions du Conseil de sécurité et du principe de terre contre paix.  Il a souligné certains progrès enregistrés dans la région, notant particulièrement le retrait israélien de la bande de Gaza, mais a estimé qu'aucune avancée supplémentaire ne pourrait être réalisée si l'implantation par Israël de colonies en Cisjordanie et la construction illégale du mur sur le territoire palestinien se poursuivaient.  Il a rappelé que la paix et la stabilité au Proche-Orient dépendaient d'un règlement juste et raisonnable de la question de la Palestine, appelant à un dialogue sérieux entre Israéliens et Palestiniens pour arriver à la solution de deux États vivant côte à côte et dans la paix.  Les peuples de la région, en particulier le peuple palestinien, souffrent depuis longtemps, a-t-il conclu, rappelant la responsabilité de la communauté internationale en la matière.


Mme ROSEMARY DAVIS (Royaume-Uni), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a affirmé que l’Union européenne demeurait engagée en faveur de la solution de deux États, telle qu’elle est définie dans la Feuille de route.  L’Union européenne, a-t-elle dit, se félicite du succès du retrait israélien de Gaza et de certaines parties du nord de la Cisjordanie, qu’elle considère comme une étape importante vers la mise en œuvre de la Feuille de route.  Félicitant les deux parties, la représentante a néanmoins estimé que davantage de progrès pourraient être accomplis sur le chemin de la paix.  Elle a ainsi lancé un appel pour que de nouvelles actions puissent être lancées par les deux parties, afin qu’elles remplissent leurs obligations découlant de la Feuille de route.


La représentante a également souligné que l’Union européenne se félicitait de l’accord sur la circulation et l’accès, signé entre le Gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne, lequel, a-t-elle dit, représente une grande percée.  L’Union européenne, a-t-elle ajouté, est disposée à s’acquitter de son rôle de partie tiers, prévu dans l’accord.  Elle a par ailleurs indiqué que l’Union européenne accueillait avec satisfaction la tenue d’élections multipartites pour la désignation des membres du Conseil législatif palestinien, prévues le 25 janvier 2006.  L’Union européenne souligne que des élections libres et juste sont une étape importante dans le processus de renforcement des institutions démocratiques, a-t-elle assuré.  Elle a affirmé que l’Union européenne était disposée à aider l’Autorité palestinienne financièrement, techniquement, et politiquement, dans le cadre de ces élections, et qu’elle était prête à y envoyer une mission d’observation. 


LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT


Déclarations


M. TAREK ADEL (Égypte) a déclaré que l'occupation israélienne avait créé un déséquilibre au Proche-Orient et au niveau international, et qu'il était temps de s'attaquer à ce déséquilibre de manière plus sérieuse.  Il a rappelé que les questions de Jérusalem et du Golan syrien étaient essentielles pour arriver à une paix juste et durable.  Un retrait israélien des territoires occupés depuis 1967 permettrait en outre de lever des obstacles importants à un règlement global de la question, a-t-il affirmé, estimant que le retrait de la bande de Gaza démontrait qu'avec une volonté politique forte, il était possible d'arriver à des résultats.  Tous les territoires arabes, au Liban et en Syrie, doivent être également libérés, a-t-il conclu, affirmant que sans volonté forte de la communauté internationale, il serait impossible d'insuffler un nouvel élan à une solution pour ce conflit. 


Mme ROSEMARY DAVIS (Royaume-Uni), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a affirmé que l’Union européenne réitérait l’engagement qu’elle a pris de soutenir la solution consistant à avoir deux États, Israël et la Palestine, telle que ce concept est défini dans la Feuille de route.  L’Union européenne, a-t-elle dit, se félicite du succès des opérations de retrait israélien de la bande de Gaza et de certaines zones du nord de la Cisjordanie, qu’elle considère comme une étape importante dans l’application des termes de la Feuille de route.  Tout en félicitant les deux parties, la représentante a cependant estimé que plus de progrès pourraient être accomplis sur le chemin qui mènera à la paix.  Elle a ainsi lancé un appel pour que de nouvelles actions puissent être lancées par les deux parties, afin qu’elles remplissent leurs obligations découlant de la Feuille de route.


La représentante du Royaume-Uni a également souligné que l’Union européenne se félicitait de l’accord sur la circulation et l’accès, signé entre le Gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne, lequel, a-t-elle dit, représente une grande percée.  L’Union européenne, a-t-elle ajouté, est disposée à s’acquitter de son rôle de partie tiers, prévu dans l’accord.  Elle a par ailleurs indiqué que l’Union européenne accueillait avec satisfaction la tenue d’élections multipartites pour la désignation des membres du Conseil législatif palestinien, prévues le 25 janvier 2006.  L’Union européenne souligne que des élections libres et juste sont une étape importante dans le processus de renforcement des institutions démocratiques, a-t-elle assuré.  Elle a ensuite indiqué que l’Union européenne était disposée à aider l’Autorité palestinienne financièrement, techniquement, et politiquement, dans le cadre de ces élections, et qu’elle était prête à y envoyer une mission d’observation. 


M. RADZI RAHMAN (Malaisie) a déploré que la région du Moyen-Orient continue de subir les conséquences dévastatrices de la guerre.  La question de Palestine et le conflit israélo-arabe demeurent au centre des tensions régionales et des préoccupations en matière de paix et de sécurité au Moyen-Orient.  La situation dans la région est aggravée par la guerre en Iraq et les attentats commis récemment en Jordanie.  Israël continue à disposer d’un arsenal militaire et d’armes de destruction massive, ce qui est une menace pour la région, a dénoncé le représentant.  Selon lui, il est nécessaire de poursuivre les efforts pour débarrasser cette région des armes de destruction massive. 


La solution au conflit nécessite le retrait de tous les territoires occupés, a-t-il par ailleurs indiqué, et le Quatuor doit redoubler d’efforts pour faire mettre en œuvre la Feuille de route et créer un environnement garantissant l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain.  Les négociations doivent être menées sans préalable et être fondées sur les résolutions du Conseil de sécurité.  Le représentant a appelé les États Membres à œuvrer de concert pour la stabilité et le développement des peuples du Moyen-Orient.  Ceci pourra se faire en appliquant une vision sur la base des résolutions des Nations Unies et des dispositions de la Feuille de route, a-t-il conclu, invitant ceux qui ont le plus d’influence à œuvrer en faveur d’une solution durable pour la région. 


M. RIYAD MANSOUR (Palestine) a affirmé que parvenir à une solution acceptable de la question de Jérusalem constituait un préalable à toute solution globale de la question de la Palestine et un préalable à la stabilité et à la sécurité de la région en général.  Depuis 1967, Israël, de façon systématique, a cherché à modifier le statut juridique, la composition démographique et le caractère de Jérusalem-Est occupée, visant à y créer artificiellement une majorité juive, par le biais de confiscations des terres et de construction d’unités d’habitation.  De telles mesures dangereuses adoptées par la puissance occupante contribueront à isoler effectivement la ville de la Cisjordanie en encerclant Jérusalem-Est par des colonies illégales et un mur illégal, a-t-il ajouté.  Il convient de réitérer que toutes les mesures prises par Israël l’ont été en violation de la quatrième Convention de Genève de 1949, des Règlements de La Haye de 1907 et en défiant de façon flagrante les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité. 


L’observateur a également mis l’accent sur la nécessité d’établir une zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive au Moyen-Orient, soulignant qu’Israël refusait toujours de signer le Traité de non prolifération nucléaire (TNP) et de placer ses installations nucléaires sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).  L’observateur a conclu son intervention en affirmant que la communauté internationale ne pouvait pas laisser Israël continuer à piétiner les droits du peuple palestinien et devait l’obliger à respecter les principes établis dans la Charte des Nations Unies, le droit international et le droit humanitaire international.


M. DAN GILLERMAN (Israël) a déclaré qu'il était tragique que la discussion sur un passé sombre élimine toute opportunité d'améliorer l'avenir.  Les faits positifs nouveaux qui se produisent sur place; le retrait par Israël de la bande de Gaza, ainsi que la réouverture de la frontière au point de Rafah méritent un regard nouveau et non pas une vue pessimiste tournée vers le passé, a-t-il estimé en soulignant que ce regard nouveau devrait aussi être celui de l'Assemblée.  Le représentant de l’État d’Israël a ensuite demandé à ses voisins, et spécialement aux Palestiniens, de s'associer aux Israéliens pour créer une atmosphère nouvelle dans la région, et il a rappelé l'engagement ferme de son pays à avancer vers un règlement du conflit.


M. HARON HASSAN (Jordanie) a déclaré que malgré quelques développement positifs sur le terrain, il y avait encore des engagements des deux parties dans le cadre de la Feuille de route et des Accords de Charm el-Cheikh qui n’étaient pas encore respectés, tels que la fin des peuplements de colonies israéliennes, la suspension des travaux du mur de séparation, et la préservation de la trêve par la partie palestinienne.  Il a salué les efforts du Président Abbas pour réformer la politique palestinienne, efforts qui, à son avis, doivent être soutenus par la communauté internationale.  Le représentant a également condamné le meurtre de civils, quels qu’ils soient, tout en engageant Israël à arrêter toutes les pratiques qui contreviennent aux droits des Palestiniens. 


Affirmant que le retrait israélien de la bande de Gaza et l’Accord remettant le contrôle de la frontière de Gaza avec l’Égypte à l’Autorité palestinienne constituaient autant d’opportunités pour faire avancer le processus de paix, le représentant a souligné toutefois qu’il n’y aurait de véritables avancées qu’à condition qu’Israël mette fin à sa politique de colonisation des territoires et qu’il se retire de tous les territoires occupés depuis 1967.  Par ailleurs, a-t-il indiqué, l’avis consultatif de la Cour international de Justice sur le mur de séparation, invitant notamment Israël à démanteler la partie construite et dédommager les populations palestiniennes affectées, doit être respecté. 


M. PETER MAURER (Suisse) a affirmé que, dans l’attente d’une reprise d’un dialogue politique, les deux parties devaient respecter et mettre en œuvre leurs obligations et engagements respectifs.  Il s’agit, tout d’abord, a-t-il précisé, de respecter le droit international humanitaire, en particulier la quatrième Convention de Genève, et les droits de l’homme.  Tout aussi important, a-t-il ajouté, est l’obligation de s’abstenir de prendre des mesures susceptibles de préjuger des résultats des négociations sur le statut final.  Le représentant a appelé la communauté internationale, et en particulier le Quatuor, à s’engager pour la mise en œuvre de la Feuille de route et en faveur du suivi de son application par les deux parties. 


Le représentant a en outre indiqué que la Suisse demandait au Gouvernement israélien de cesser toutes les activités de colonisation, et appelé l’Autorité palestinienne pour qu’elle œuvre de manière plus déterminée au démantèlement des infrastructures terroristes.  L’Autorité palestinienne doit en outre assurer la sécurité pour l’ensemble de ses citoyens, a-t-il dit, ajoutant que le respect des droits de l’homme et la mise en œuvre des principes de la bonne gouvernance devraient aussi figurer parmi ses priorités.


M. TAWFEEQ AHMED ALMANSOOR (Bahreïn) a affirmé qu'Israël avait constamment refusé de respecter la volonté de la communauté internationale et de revenir à ses frontières.  La paix n'a pu être atteinte, a-t-il déclaré, en raison de mesures d'obstruction et du non-respect des résolutions des Nations Unies et de divers instruments juridiques par Israël.  Il est nécessaire que la communauté internationale développe des actions collectives pour arriver à un règlement, a-t-il poursuivi, déclarant que la Feuille de route était le meilleur cadre pour arriver à un résultat. 


Le représentant a en outre dénoncé le fait qu'Israël violait le droit international en continuant sa politique d'implantation de colonies en Cisjordanie et dans le Golan syrien occupé.  Cette colonisation, ainsi que la poursuite de la construction du mur, constituent deux principaux obstacles au processus de paix, a-t-il déclaré, appelant Israël à renoncer à ses actions visant à développer le caractère juif de Jérusalem, aux dépens de son caractère arabe.  En la matière, Israël est aussi en violation du droit international, a-t-il assuré.  Rappelant que le Proche-Orient n'avait connu aucune stabilité depuis des décennies, il a affirmé que cette stabilité ne pourrait être une réalité dans la région, tant que le Gouvernement israélien ne renoncerait pas à sa politiques répressive et à son recours excessif à la force, et tant qu'Israël ne retournerait pas à ses frontières d'avant 1967.


M. ABDULAZIZ NASSER AL-SHAMSI (Émirats arabes unis) a déclaré que l'occupation persistante par Israël de territoires palestiniens et arabes, ainsi que la poursuite d'implantations de colonies, constituaient des violations flagrantes de 40 résolutions du Conseil de sécurité et de 600 résolutions de l'Assemblée générale, ceci, depuis 58 ans.  L'échec de la notion de légitimité internationale en est la principale raison, a-t-il poursuivi, dénonçant le non respect de tous les droits de l'homme élémentaires par Israël, dans le but de modifier la géographie et l'histoire de ces territoires.  Affirmant que la spoliation des terres et des ressources, à la fois dans les territoires palestiniens et dans le Golan syrien occupés, se poursuivait malgré son caractère illégal, il a estimé que la situation exigeait une action internationale urgente et efficace afin d'établir la sécurité et la stabilité dans la région.


Le représentant a affirmé que pour arriver à ce résultat, il fallait mettre en place des mécanismes qui permettent de faire en sorte qu'Israël se plie à ses obligations juridiques découlant de la quatrième Convention de Genève et de l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice concernant la construction du mur de séparation.  « La communauté internationale devrait insister sur l'illégalité et l'invalidité des mesures imposées sur Jérusalem », a ajouté M. Al-Shamsi en demandant au Quatuor de s'assurer qu'Israël applique les exigences énoncées dans la Feuille de route, dont la déclaration d'un État palestinien sur la base des frontières de 1967.  Enfin, il a estimé qu'il fallait exiger qu’Israël mette fin aux violations de l'espace aérien, territorial et maritime libanais.


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a affirmé que le Moyen-Orient était notamment marqué par le manque de sécurité, la propagation du terrorisme et l’instabilité, en raison du grand nombre d’ingérences étrangères injustifiées.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité de mettre un terme aux politiques d’agression et d’occupation des terres arabes, précisant qu’environ un demi million de Syriens déplacés, expulsés par la force depuis 1967, vivait en dehors de leurs villes et de leurs villages.  Israël continue d’occuper le Golan en violation des droits de ses populations, des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, de la quatrième Convention de Genève, a-t-il déploré, précisant que ce pays y avait installé 44 colonies de peuplement.  Selon lui, toutes les paroles prononcées par Israël en faveur de la paix ne sont pas sincères.


Le représentant a en outre affirmé que la puissance occupante empêchait les habitants de cette région d’avoir accès aux services médicaux nécessaires et a lancé un appel pour que la communauté internationale agisse immédiatement pour mettre un terme à cette situation.  Il a par ailleurs indiqué que l’une des menaces les plus graves qui pèsent sur la région provient du fait qu’Israël détient un arsenal énorme d’armes nucléaires et bactériologiques.  Le représentant a lancé un appel pour que toutes les résolutions pertinentes des Nations Unies au Moyen-Orient soient appliquées sans exception.


M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a estimé qu’en Iraq, l’occupation étrangère n’avait fait qu’encourager le marasme et l’instabilité dans le pays.  Il convient d’accélérer le processus d’appropriation du pouvoir par les Iraquiens eux-mêmes et replacer les Nations Unies au centre de toutes les initiatives en faveur de la paix et de permettre aux Iraquiens le droit de disposer de leurs propres ressources nationales.  Évoquant tour à tour les diverses situations de crise prévalant dans d’autres pays du Moyen-Orient, notamment celle née de l’assassinat de l’ancien Premier Ministre libanais Rafik Hariri, le représentant s’est ensuite prononcé sur le conflit israélo-palestinien qui, à ses yeux, constitue le générateur de tensions dans toute la région. 


Il a déploré les arrestations arbitraires, les assassinats ciblés de dirigeants palestiniens, la construction du mur de séparation, et par ailleurs, salué les initiatives positives prises par l’Autorité palestinienne et le Gouvernement israélien.  Les développements positifs récents montrent qu’il y a de l’espoir, a-t-il insisté, regrettant cependant que les multiples efforts de la communauté internationale, notamment la Feuille de route, n’aient pas encore abouti aux résultats escomptés.  L’appel lancé par le Quatuor doit être entendu par les deux parties.  Il est grand temps que les protagonistes enterrent définitivement la hache de guerre, afin que les enfants des deux peuples puissent dans le futur coexister dans la paix et la sécurité, a-t-il conclu. 


Mme MONA JUUL (Norvège) a déclaré que le monde était le témoin de développements importants au Proche-Orient, saluant le grand courage du gouvernement israélien dans son retrait de la bande de Gaza et de certaines parties de Cisjordanie.  La Norvège, a-t-elle dit, a apprécié la manière dont les Forces de défense israéliennes ont mené les évacuations.  Elle a aussi été encouragée par le récent accord conclu concernant la réouverture de la frontière à Rafah.  Cet accord montre une amélioration de l'atmosphère de dialogue et de coopération qui peut amener à une application des engagements énoncés dans la Feuille de route, a-t-elle estimé, notant aussi qu'il permettait aux Palestiniens de circuler librement et de développer le commerce.  Le défi pour la paix est maintenant de considérer la situation en Cisjordanie, a-t-elle ajouté, exhortant Israël à y autoriser une liberté de mouvement pour les Palestiniens.


La représentante a rappelé que la Norvège comprenait les préoccupations israéliennes en matière de sécurité mais ne pouvait accepter la construction de la barrière de séparation et la poursuite d'implantation de colonies.  Ces agissements violent le droit international et créent des situations sur le terrain qui nuisent à la création future d'un État palestinien viable, et donc, à une solution pacifique au conflit, a-t-elle déclaré, appelant l'Autorité palestinienne à poursuivre de son côté les réformes nécessaires, tout en intensifiant sa lutte contre le terrorisme.  Enfin, elle a salué la tenue d'élections dans les territoires prévues pour le mois de janvier qui permettront à ses yeux de consolider l'Autorité palestinienne et le processus de réformes que cette dernière a engagé.  Nous exhortons le Gouvernement israélien à prendre les mesures nécessaires pour contribuer au succès de ces élections, a-t-elle conclu.


M. IBRAHIM ASSAF (Liban) a affirmé que les agressions israéliennes contre son pays se multipliaient.  Israël continue ses violations de l’espace aérien et maritime du Liban, en contravention de la résolution 425 du Conseil de sécurité, qui lui demande de respecter la souveraineté libanaise, a-t-il dit.  « Les avions israéliens violent presque quotidiennement l’espace aérien libanais, a-t-il précisé.  Le représentant a ajouté qu’Israël n’avait toujours pas libéré les prisonniers libanais.  Il a remercié le Gouvernement allemand de son intervention en faveur de la libération des détenus libanais et a invité la communauté internationale à déployer des efforts pour mettre fin à ce dossier et faire libérer tous les Libanais détenus par Israël. 


Le représentant a également dénoncé le fait qu’Israël n’ait fournit aux autorités libanaises que 20% des cartes des champs de mines que ses troupes avaient posé au Liban.  Le représentant a également mis l’accent sur le nombre de réfugiés se trouvant au Liban et qui s’élève à 400 000.  Les réfugiés palestiniens doivent retourner dans leurs foyers, conformément à la résolution pertinente de l’Assemblée générale, a-t-il déclaré.  Il a remercié les Nations Unies, qui ont répondu à l’appel lancé par le Liban pour une enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier Ministre Rafik Hariri, et a demandé à tous les États concernés de collaborer avec la commission d’enquête.


M. ANDREW SOUTHCOTT (Australie) a observé qu’après une longue période marquée par la stagnation et le cercle vicieux de la violence, des progrès encourageants avaient été réalisés dans le processus de paix israélo-palestinien, y compris le retrait israélien de la bande de Gaza.  Le représentant a observé que l’instauration de la démocratie au Moyen-Orient apporterait non seulement plus de liberté aux peuples de la région mais favoriserait également la création d’un climat propice à la stabilité et la sécurité.  Saluant les récents progrès réalisés par les parties concernées en faveur du processus de paix dans la région, M. Southcott a mentionné quelques aspects de l’engagement de son pays, notamment en matière de sécurité et à travers son programme d’assistance au peuple palestinien. 


En ce qui concerne la situation en Iraq, il a appelé les États voisins à jouer leur rôle pour stopper le flux de terroristes en direction de ce pays, ainsi que le financement et l’armement de ces groupes.  Enfin, le représentant a condamné fermement les propos totalement inacceptables, selon ses termes, du Président Ahmadinejad de l’Iran appelant, en octobre dernier, à « rayer Israël de la carte du monde ».  Il est temps pour la communauté internationale et l’Organisation des Nations Unies de travailler de concert et de prendre les mesures nécessaires pour instaurer la stabilité et la sécurité de la région au Moyen-Orient et garantir un  meilleur avenir pour les peuples de la région, a-t-il conclu. 


M. BAKI ILKIN (Turquie) a d’abord salué le retrait d’Israël de la bande de Gaza et de certaines zones de la Cisjordanie ainsi que l’accord auquel sont parvenues les deux parties sur le passage de la frontière à Rafah.  Le représentant a ensuite observé que le règlement du conflit israélo-palestinien est fondamental pour instaurer cette paix tant attendue, la sécurité, parvenir au développement et aux progrès socioéconomiques au Moyen-Orient.  Nous devons donc aider les deux parties concernées à saisir la fenêtre d’opportunités qui leur est ouverte pour instaurer un dialogue politique véritable au titre de la Feuille de route.  Les Palestiniens doivent poursuivre leur processus de réforme politique de l’Autorité et Israël doit essayer de maintenir cette atmosphère positive avec notamment une cessation des activités de colonisation et de construction du mur de séparation, a noté le représentant qui a conseillé aux deux parties de ne pas s’engager dans des initiatives unilatérales qui pourraient préjuger du statut d’un accord final.  


Selon M. Ilkin, les résolutions du Conseil de sécurité, le principe d’une « terre contre la paix » ainsi que les accords bilatéraux constituent les piliers pour un règlement juste, négocié et global du conflit israélien.  L’intervenant a conclu en indiquant que la Turquie avait fourni une aide dans le domaine de la santé, de l’agriculture à l’Autorité palestinienne et avait lancé, par le biais de sa Chambre de commerce, un processus trilatéral d’affaires, appelé Forum d’Ankara, avec la Palestine et Israël.


M. ALEXANDER KONUZIN (Fédération de Russie) a affirmé que des changements notables étaient intervenus dans la situation au Moyen-Orient.  L’année 2005, a-t-il dit, aura été marquée par l’événement historique du retrait israélien de la bande de Gaza et d’une partie de la Cisjordanie.  Le représentant a souligné la nécessité d’aider le Gouvernement de M. Abbas à consolider la sécurité dans les territoires palestiniens.  Il s’est par ailleurs félicité de la conclusion de l’accord sur le Mouvement et l’Accès signé le 15 novembre entre Israéliens et Palestiniens et a demandé aux parties concernées de respecter cet accord.  Le représentant a également observé que le règlement du seul conflit israélo-palestinien sans règlement global de la situation au Moyen-Orient ne permettrait pas de ramener la paix et la sécurité dans la région.  La communauté internationale devra également prêter attention aux volets syrien et libanais, a-t-il conclu. 


Mme IMERIA NÚÑEZ DE ODREMÁN (Venezuela) a estimé qu’il n’existait aucune excuse qui justifie qu’un État envahisse ou occupe un autre État.  C’est pourquoi nous avons toujours soutenu les résolutions de l’Assemblée générale qui, année après année, condamnent l’occupation israélienne du Golan syrien depuis 1967, et demandent le retrait de ses forces d’occupation, a dit la représentante.  Pour le Venezuela, a-t-elle poursuivi, le maintien de la paix internationale nécessite que les relations entre États se fondent sur le strict respect de la souveraineté de chacun et des principes et des normes du droit international, en particulier le principe de l’intégrité territorial.  Après avoir demandé au Gouvernement israélien de reprendre les négociations et de se retirer du Golan syrien et de l’ensemble des territoires arabes occupés, y compris Jérusalem, la représentante a invité l’ONU à continuer d’œuvrer en vue d’aider les parties et la communauté internationale à parvenir à une paix juste et durable au Moyen-Orient.


M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil), qui s’exprimait aussi au nom de la délégation de l'Argentine, a salué les avancées positives qui ont eu lieu cette année au Moyen-Orient, dont l'élection présidentielle en Palestine, les accords de Charm el-Cheikh, le retrait d’Israël de la bande de Gaza et de quatre colonies de Cisjordanie, ainsi que la récente réouverture de la frontière au point de passage de Rafah.  Ces progrès vers la paix sont suspendus à la fragilité de la situation sur le terrain, a-t-il cependant déclaré, notant que la modération ne l'emportait malheureusement pas toujours face à l'extrémisme et à la violence.  M. Sardenberg a affirmé qu'il était essentiel que les progrès accomplis soient accompagnés de mesures concrètes pour construire une relation plus confiante entre les parties, afin d'arriver à l'application de la Feuille de route, qui est le meilleur instrument pouvant faire avancer les négociations de paix.  À cet égard, il a appelé l'Autorité palestinienne à prendre les mesures nécessaires pour réformer ses services de sécurité et exercer son monopole sur l'usage de la force dans son territoire qu’elle contrôle, conformément à ses obligations et aux aspirations légitimes d'Israël à la sécurité.


Le représentant du Brésil a en outre estimé qu'Israël devait mettre fin à l'implantation de colonies et à la construction de sa barrière de sécurité, afin de ne pas préjuger des frontières futures d'un État palestinien, appelant aussi à visiblement améliorer les conditions de vie des Palestiniens en garantissant la liberté de mouvement à Gaza, en Cisjordanie et entre ces deux territoires.  Sans des mesures concrètes, il sera difficile pour le président de l'Autorité palestinienne de convaincre son peuple de la nécessité des négociations de paix avec Israël, a-t-il affirmé.  Dans ces négociations, la communauté internationale a un rôle important à jouer, a-t-il poursuivi, en rappelant que la paix et la stabilité au Proche-Orient dépendaient aussi du règlement par Israël de ses différends avec le Liban et la Syrie.  À cet égard, il a appelé les pays impliqués à reprendre les négociations et à modifier leur comportement.  Concernant la question de Jérusalem, M. Sardenberg a condamné les mesures prises unilatéralement par Israël et visant à isoler la ville des territoires occupés, et a demandé une solution qui réponde aux attentes des deux parties. 


*   ***   *


À l’intention des organes d’information • Document non officiel