13/09/2005
Assemblée générale
AG/10375

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Assemblée générale

118e séance plénière – après-midi


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CLÔTURE SA CINQUANTE-NEUVIÈME SESSION ET SOUMET UN PROJET DE DOCUMENT FINAL AU SOMMET MONDIAL


Aux termes d’intenses négociations l’Assemblée générale a achevé sa cinquante-neuvième session, décidant de soumettre, sans qu’il faille procéder à un vote, le projet de document final[1] au Sommet mondial dont les travaux commencent demain.


Ce texte, qui doit être adopté par plus de 150 chefs d’État et de gouvernement réunis à New York les 14, 15 et 16 septembre, met l’accent sur l’importance de trouver collectivement des solutions dans les domaines du développement, de la paix et de la sécurité collective, des droits de l’homme et de la primauté du droit ainsi que pour renforcer l’Organisation et en améliorer la gestion.  Le Sommet coïncide avec le soixantième anniversaire de l'ONU.


Pour le représentant du Royaume-Uni, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, le document soumis constitue une réalisation extrêmement importante et la Réunion de haut niveau démarrera ainsi sur des bases solides. 


De son côté, le représentant de Cuba, comme celui du Venezuela, s’est plaint du manque de transparence et des irrégularités qui, à ses yeux, ont caractérisé le processus de négociations du projet de document final du Sommet.  Rien dans ce texte, a ajouté le représentant cubain, n’est prévu pour faire cesser la politique des deux poids deux mesures qui caractérise l’application des normes en matière des droits de l’homme.  Aucun chapitre n’est consacré au désarmement.  Il est aussi regrettable de constater que les résultats des grandes conférences ne sont pas réaffirmés.


Le Sommet se veut l’occasion d’examiner la mise en œuvre des huit Objectifs du Millénaire pour le développement parmi lesquels éliminer de moitié la pauvreté extrême d’ici à 2015, de garantir l’accès universel à l’éducation primaire d’ici à 2015 et de ralentir la progression du VIH/sida.  Il donne aussi l’occasion aux dirigeants du monde de réaffirmer les engagements pris lors des grandes conférences mondiales organisées au cours de la dernière décennie à Monterrey ou encore à Johannesburg. 


Dans ses remarques de clôture, le Président de la cinquante-neuvième session de l’Assemblée générale, M. Jean Ping (Gabon), a rappelé que cette session avait accordé la priorité à l’environnement, à la lutte contre le VIH/sida, au renforcement de la coopération entre l’ONU et la société civile, notamment grâce aux auditions organisées les 23 et 24 juin 2005, avec les représentants des organisations non gouvernementales, de la société civile et du secteur privé.  De même une convention sur la lutte contre le terrorisme nucléaire a été adoptée au cours de cette session.


M. Ping a notamment souligné que l’accord entre les États Membres pour mieux faire face à des situations comme le génocide, le crime de guerre, le nettoyage ethnique, ou le crime contre l’humanité constituait une avancée significative.  S’agissant de la réforme des Nations Unies, il a insisté sur le renforcement du rôle de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social et sur la réforme du Conseil de sécurité pour qu’il soit plus représentatif du monde d’aujourd’hui.  Il a aussi plaidé pour que les capacités du Président de l’Assemblée générale soient renforcées.



Explications de position


Le représentant de Cuba a déclaré que le processus de négociation s’était caractérisé par beaucoup d’irrégularités et un manque de transparence, en estimant que les intérêts de certains pays puissants avaient été privilégiés aux dépens de ceux des petits pays et pays en développement.  Il a notamment regretté le retrait, à la demande de la délégation des États-Unis, d’un paragraphe faisant référence à des mesures coercitives.  Il a aussi notamment mentionné le contenu du paragraphe 124, qui suggère de doubler les ressources du Haut Commissariat aux droits de l’homme figurant au budget ordinaire, une formulation qui selon lui, contredit tout ce qui a pu être dit en matière d’insuffisance de ressources.  En ce qui concerne la création de l’organe responsable des droits de l’homme proposé à l’article 159, il a estimé que le mandat de cet organe avait été considérablement élargi puisque l’on parle tout simplement des violations des droits de l’homme.  Il s’est dit préoccupé par l’alinéa b) du paragraphe 163, dans le cadre de la partie concernant la réforme de la gestion du Secrétariat, qui se prête selon lui à toutes sortes de manipulations.  En ce qui concerne le paragraphe 164, il ne s’est pas dit favorable à un audit externe des instances de contrôle des Nations Unies.  Par ailleurs, il a regretté qu’aucun chapitre de ce document n’ait été consacré au désarmement ce qui créé, selon lui, un précédent regrettable alors que ceux consacrés au commerce et au développement sont tellement faibles qu’ils ne servent pas les intérêts les pays en développement. 


Intervenant au nom de l’Union européenne et des pays associés, le représentant du Royaume-Uni s’est félicité de l’adoption d’un document final qui représente une réalisation extrêmement importante, ce qui permettra au Sommet de commencer sur des bases solides.  Il a salué le Président de l'Assemblée générale et son équipe pour le travail réalisé. 


Le représentant du Venezuela a déclaré que sa délégation avait assisté avec beaucoup d’étonnement à l’approbation d’un document de 34 pages sans aucune traduction dans les autres langues officielles.  Il a contesté une pratique qui selon lui allait à l’encontre des principes démocratiques.  Il a réservé sa position en raison de la façon dont ce document à été adopté sans que sa délégation ait pu en prendre connaissance.


Déclaration de clôture du Président de l’Assemblée générale


M. JEAN PING, Président de la cinquante-neuvième session de l’Assemblée générale, a dressé le tableau d’une l'Assemblée générale bien remplie qui a connu 212 réunions, dont 116 plénières, 51 réunions informelles de la plénière, 19 consultations thématiques informelles et 16 tables rondes.  Il a ajouté que cette cinquante-neuvième session a eu la particularité de coïncider avec l’année de célébration du soixantième anniversaire de l’Organisation des Nations Unies et avec la préparation de la Réunion plénière de haut niveau qui commence demain, mercredi 14 septembre 2005.  Une réunion, a-t-il précisé, chargée de faire le bilan des grandes conférences et sommets organisés par les Nations Unies dans les domaines socioéconomiques au cours des années 1990, y compris celui de la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire, particulièrement des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


M. Ping a précisé que l’Assemblée générale avait consacré de nombreuses séances à rechercher les solutions appropriées aux attentes des peuples de notre planète en examinant successivement le rapport du Groupe de personnalités de haut niveau sur « Les défis, les menaces et le changement »; ce rapport, « Le Projet du Millénaire » élaboré sous la direction du Professeur Jeffrey Sachs; et enfin en menant d’intenses consultations sur la base du rapport d’ensemble du Secrétaire général, intitulé « Dans une liberté plus grande: développement, sécurité, respect des droits de l’homme pour tous », consultations nourries par les nombreuses contributions des États et des différents groupes.


Outre la priorité accordée à l’environnement, dans le souci d’assurer le bien-être des générations futures, cette session a aussi accordé à la lutte contre le VIH/sida toute l’attention qu’elle mérite, a-t-il précisé, en mentionnant la tenue de la Réunion de haut niveau sur le VIH/sida, le 2 juin 2005.  Parmi les autres innovations, il a cité le renforcement de la coopération entre l’ONU et la société civile, notamment grâce aux auditions organisées par l’Assemblée générale les 23 et 24 juin 2005, avec les représentants des organisations non gouvernementales (ONG), de la société civile et du secteur privé.  Il a également rappelé la tenue les 27 et 28 juin 2005, du second Dialogue de haut niveau sur le financement du développement en ajoutant qu’un accent particulier avait été mis sur la question du terrorisme.  À cet égard, il s’est réjoui de l’adoption d’une convention sur la lutte contre le terrorisme nucléaire et d’un accord sur une condamnation ferme du terrorisme, malgré des négociations émaillées de divergences.


Il s’est félicité qu’un large consensus ait émergé pour reconnaître l’interdépendance des menaces et défis et la nécessité de mener une action collective, conforme aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, pour y faire face. Il a ajouté que l’accord entre les États Membres pour mieux faire face à des situations comme le génocide, le crime de guerre, le nettoyage ethnique, ou le crime contre l’humanité constituait une avancée significative.


S’agissant de la réforme des Nations Unies, il a déclaré qu’il incombait à tous de tout faire pour adapter les institutions de l’Organisation aux réalités du XXIe siècle.  Il nous faut pour cela, a-t-il insisté, continuer à veiller à la revitalisation des travaux de l’Assemblée générale en renforçant son rôle et son autorité en particulier; donner à l’ECOSOC les moyens de remplir sa mission de coordination de l’action de l’ONU en matière économique et sociale, et bien entendu réformer le Conseil de sécurité pour qu’il soit plus représentatif du monde d’aujourd’hui, de manière à accroître la légitimité de ses décisions.


Notant que les charges du Président s’étaient considérablement accrues -en raison du grand nombre et de la complexité des questions à l’ordre de l’Assemblée générale; de la durée prolongée de la session exigeant une présence quasi-permanente à New York; des sollicitations des États Membres, des ONG et des organisations de la société civile; et des exigences d’une interface plus grande, de la part du Président, entre le Secrétariat et le processus intergouvernemental- il a estimé qu’il fallait envisager un renforcement des capacités du Président de l’Assemblée générale, notamment par un accroissement des ressources matérielles, humaines et financières mises à sa disposition.


Parmi les autres enseignements tirés, il a déclaré utile de rechercher un cadre de négociations plus représentatif et plus propice à un processus de négociations intergouvernementales et enfin la mise en place d’un espace de dialogue stable avec les organisations de la société civile, les ONG et le secteur privé.  En effet, il a estimé que la contribution de la société civile à la promotion de la paix et la sécurité, au développement et aux droits de l’homme, dans le cadre du renforcement de l’Organisation des Nations Unies pour l’adapter aux réalités du XXIe siècle, était indispensable pour l’avènement d’un monde meilleur.


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[1] Document portant la cote A/59/L.70 (à paraître en français).


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