14/07/2005
Communiqué de presse
AG/10369



Assemblée générale

113ème séance plénière – après-midi


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ADOPTE QUATRE RÉSOLUTIONS TOUCHANT À DIFFÉRENTS CHAMPS D’INTERVENTION DE L’ONU, DONT LES DROITS DE l’HOMME


Réunie cet après-midi sous la présidence de M. Jean Ping, du Gabon, l’Assemblée générale a adopté par consensus quatre résolutions* ayant trait respectivement à la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC); au développement durable des petits États insulaires en développement; aux droits de l’homme; et au barème des quotes-parts pour la répartition des dépenses de l’ONU.


Dans le premier projet de résolution, relatif à la coopération entre l’ONU et la CEEAC, présenté par le représentant de la République du Congo, au nom des États de la CEEAC, l’Assemblée générale invite les États Membres et les organes, organismes et institutions des Nations Unies qui n’ont pas encore établi de contacts avec la CEEAC à envisager de le faire, en vue d’aider la Communauté à renforcer ses capacités en matière de maintien de la paix, de la sécurité et de la reconstruction.  L’Assemblée demande instamment à tous les États Membres et à la communauté internationale de contribuer aux efforts déployés par la CEEAC pour réaliser l’intégration et le développement économique, promouvoir la démocratie et les droits de l’homme et consolider la paix et la sécurité en Afrique centrale ainsi que pour atteindre les buts et objectifs et concrétiser les engagements définis lors des conférences tenues sous l’égide de l’ONU et dans la Déclaration du Millénaire.  Aux termes de cette résolution, l’Assemblée demande instamment à l’ONU et à la communauté internationale dans son ensemble d’aider à renforcer les moyens existant dans la région pour que la CEEAC puisse disposer de la capacité nécessaire en matière de prévention, de surveillance, et d’alerte rapide et de maintien de la paix.


Examinant ensuite la question de la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement, l’Assemblée générale a adopté une résolution relative à la Réunion internationale chargée d’examiner la mise en œuvre de ce programme qui lui était soumise, au nom du Groupe des 77 et de la Chine et des autres États qui se sont portés coauteurs du texte, par le représentant de la Jamaïque. 


Par ce texte, l’Assemblée  prie instamment les gouvernements, les organisations internationales et régionales concernées, les fonds, programmes, institutions spécialisées et commissions économiques régionales des Nations Unies, les institutions financières internationales, le Fonds pour l’environnement mondial et autres organisations et grands groupes, d’agir sans tarder pour assurer l’application effective de la Déclaration et de la Stratégie de Maurice et leur suivi. 


S’exprimant au nom de l’Alliance des petits États insulaires en développement, le représentant de Maurice a pris la parole pour inviter les États Membres à adopter ce texte sans vote et à appuyer la mise en œuvre de la Déclaration et de la Stratégie adoptées à l’issue de la Réunion de Maurice, qui a fait le bilan de la mise en œuvre, dix ans après son adoption, du Programme d’action de la Barbade.  L’examen auquel s’est livrée la rencontre de Maurice a permis d’identifier les insuffisances et les points de blocage qui ont empêché une mise en œuvre satisfaisante des objectifs définis à la Barbade, a dit le représentant.  La Stratégie de Maurice est un plan de mise en œuvre basé sur l’obtention de résultats, a-t-il indiqué en précisant qu’elle visait la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, et qu’elle constitue un apport important dans la promotion d’un développement durable.  La Stratégie met l’accent sur la création d’un cadre d’échanges commerciaux favorable aux petits États insulaires et de conditions qui faciliteraient l’accès de ces pays aux nouvelles technologies, a dit le représentant mauricien.  L’un des aspects cruciaux du développement durable des petites îles est celui de la préservation de l’environnement et de la prise, par la communauté internationale, de mesures qui permettraient de faire face aux conséquences du réchauffement climatique qui met en danger ces petits pays, a dit le représentant.


La représentante de la Nouvelle-Zélande a dit que son pays appuyait les doléances des petits États insulaires.  La Nouvelle-Zélande invite le Secrétaire général à renforcer en moyens et en capacités humaines les structures du Secrétariat qui s’occupent des petits États insulaires, des pays les moins avancés (PMA), et des pays enclavés, a dit la représentante en appelant l’Assemblée à adopter la résolution par consensus. La représentante du Royaume-Uni a déclaré, au nom des États membres de l’Union européenne, que ceux-ci sont en faveur de la prise en considération des textes qui concernent les petits États insulaires lors du Sommet de septembre.  La représentante du Venezuela a pour sa part indiqué que sa délégation appuyait le projet de résolution tout en se dissociant de certaines dispositions contenues dans le texte de la Stratégie de Maurice elle-même, et qui ont trait à certaines modalités de sa mise en oeuvre.


Dans le cadre desquestions relatives aux droits de l’homme, l’Assemblée générale a adopté, également sans vote, à l’initiative des délégations de l’Australie et du Costa Rica, une résolution relative au Programme mondial pour l’éducation dans le domaine des droits de l’homme. 


Par ce texte, l’Assemblée générale adopte le projet révisé de plan d’action pour la première phase (2005-2007) du Programme mondial pour l’éducation dans le domaine des droits de l’homme, qui met l’accent sur l’enseignement primaire et secondaire.  Elle encourage tous les États à adopter les initiatives dans le cadre du programme mondial et, en particulier, à appliquer, en fonction de leurs moyens, le projet révisé de plan d’action.


Prenant la parole pour expliquer la position de sa délégation sur ce texte après sa présentation par le représentant de l’Australie, la représentante de l’Inde a relevé que des programmes d’éducation en matière de droits de l’homme, bien menés et inclus dans les programmes d’enseignement, faciliteront la promotion et la défense de ces droits.  Au niveau national, l’Inde mène déjà ce genre d’actions, a-t-elle indiqué.  En ce qui concerne le plan d’action auquel il est fait référence dans la résolution, l’Inde ne soutient pas la création d’un comité de surveillance ou d’évaluation des programmes d’éducation concernant les droits de l’homme.  L’Inde pense que les questions de la promotion du développement et de l’éradication de la pauvreté devraient faire partie des stratégies de promotion de la dignité humaine et des droits de l’homme, a dit la représentante en regrettant aussi que pas assez de ressources ne soient prévues dans le plan d’action pour aider les pays en développement à mener les programmes d’éducation qu’on leur demande de mettre en place.


La représentante du Venezuela a pris la parole après l’adoption de la résolution pour indiquer que les activités prévues dans le cadre du plan d’action du Programme mondial pour l’éducation dans le domaine des droits de l’homme seraient appliqués dans le cadre des actions que le Venezuela mène déjà en matière de sensibilisation de ses populations aux droits de l’homme.  D’autre part, toutes les ONG ou organisations de la société civile qui voudront mener des actions de sensibilisation aux droits de l’homme sur le territoire vénézuélien devront respecter le cadre juridique qui a déjà été mis en place, a-t-elle précisé.


Dans le cadre de la question du barème des quotes-parts pour la répartition desdépenses de l’ONU,  l’Assemblée a adopté sans vote une résolution concernant des demandes de dérogation à l’Article 19 de la Charte dont le texte a été présenté par la Géorgie au nom des coauteurs.


Réaffirmant l’obligation qui incombe aux États Membres, en vertu de l’Article 17 de la Charte, de supporter les dépenses de l’Organisation selon la répartition fixée par elle-même, l’Assemblée générale reconnaît par cette résolution que le non-paiement par les Comores, la Géorgie, la Guinée-Bissau, la République centrafricaine, la Somalie, le Tadjikistan, le Libéria, le Niger et Sao-Tomé-et-Principe de la totalité du montant minimum requis pour éviter l’application de l’Article 19 de la Charte est dû à des circonstances indépendantes de leur volonté.  L’Assemblée invite les trois derniers États mentionnés à présenter au Comité des contributions les informations requises si des circonstances similaires se présentent à l’avenir.  Elle décide que tous ces États seront autorisés à participer au vote à l’Assemblée générale jusqu’à ce qu’elle prenne une décision finale durant la partie principale de sa soixantième session.


Intervenant après la présentation du texte, le représentant de l’Iraq, a déclaré que sa délégation avait il y a quelque temps introduit auprès du Comité des contributions une demande de dérogation budgétaire, les circonstances traversées par son pays ne lui permettant pas de remplir certaines de ses obligations internationales.  L’Iraq a pu néanmoins obtenir de régler ses obligations au budget de l’ONU en faisant appel, avec l’assentiment du Conseil de sécurité et le soutien du Secrétaire général, aux ressources qui avaient été versées au compte spécial humanitaire créé dans le cadre du régime de sanctions  imposé du temps de l’ancien régime.  La délégation iraquienne voulait que ce fait soit connu des États Membres, a dit le représentant. 


*     Les résolutions adoptées cet après-midi par l’Assemblée sont respectivement publiées sous les cotes A/59/L.16/Rev.1; A/59/L.63; A/59/L.65; et A/59/L.66  


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