![]() | Communiqué de presse AG/10366 |
Assemblée générale
108e séance plénière – matin
ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (EN COURS)
MISE EN ŒUVRE ET SUIVI DES TEXTES ISSUS DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT
Dialogue de haut niveau
Mme LEIRE PAJIN IRAOLA, Secrétaire d’État pour la coopération internationale de l’Espagne, a souligné que les gouvernements devaient renforcer leurs efforts, en augmentant l’aide publique au développement (APD), en améliorant la qualité des investissements pour le développement et en assurant la cohérence des politiques gouvernementales qui affectent le développement. Elle a réaffirmé l’engagement de son pays de doubler l’APD au cours des quatre prochaines années afin d’atteindre l’objectif de 0,5% du PNB d’ici à 2008 puis de 0,7% d’ici à 2012. Par ailleurs, elle a expliqué que l’Espagne entend s’engager davantage en faveur des pays les moins avancés (PMA) et des pays d’Afrique sub-saharienne, qui recevront au moins 20% de cette APD. Dans le cadre de la coopération internationale, l’Espagne est fermement engagée à améliorer les conditions de vie des pauvres des pays en développement. Le Plan de la coopération espagnole pour 2005 et 2008, a-t-elle précisé, envisage de consacrer au moins 20% de son APD aux secteurs sociaux de base. En ce qui concerne la dette, l’Espagne souhaite aller au-delà des conditions établies par les accords internationaux, notamment dans le cadre du Club de Paris ou de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Enfin, Mme Pajin a noté qu’il ne fallait pas oublier les pays à revenus moyens qui sont également confrontés à de graves problèmes de développement, soulignant le rôle important de la gouvernance, du fonctionnement adéquat des institutions, de la redistribution des richesses et de la réforme fiscale. La lutte contre la pauvreté est une obligation morale pour les gouvernements, a-t-elle conclu.
M. LYUBOMIR DATZOV, Ministre des finances de la Bulgarie, a déclaré que, outre l’aide publique au développement, de nouvelles sources de financement étaient à présent considérées par la communauté internationale, telles que la Facilité de financement internationale. Pour le Ministre, le nombre d’initiatives ne doit pas faire oublier que l’important demeure la mise en œuvre des décisions et leur efficacité. Dans ce cadre, les engagements en matière d’ouverture de marché, de démocratisation et de bonne gouvernance sont d’une utilité cruciale.
Dans le cas de la Bulgarie, les mesures prises dans les domaines de la stabilisation des politiques macroéconomiques, de la dette extérieure et de la transparence politique ont prouvé leur efficacité. À l’échelle régionale, la Bulgarie croit fermement que ses efforts associés à ceux de ses voisins européens doit aller dans le sens de l’intégration en vue de servir plus efficacement la cause du développement. M. Datzov a finalement exprimé le souhait que le Sommet mondial de septembre qui se tiendra au Siège de l’ONU soit l’occasion de proposer de nouvelles mesures innovantes visant à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement auxquels les États Membres ont tous souscrits.
M. MAURICIO GOMEZ LACAYO, Vice-Ministre, chargé des relations économiques et de la coopération au Ministère des affaires étrangères du Nicaragua, a déclaré que son pays était prêt à modifier les modalités de coopération pour le développement en précisant qu’il accordait une attention particulière à la qualité de la coopération et à une meilleure utilisation des ressources pour qu’elles aient un impact direct sur le quotidien de ceux qui en ont vraiment besoin. Au cours des 25 dernières années, notre pays a reçu plus de 24 milliards de dollars ce qui est plus que ce que l’Europe a reçu dans le cadre du Plan Marshall, a-t-il dit.
Malheureusement, nous n’avons pas su mener la coopération pour le développement sur la bonne voie. Il faut désormais que la communauté internationale assume une responsabilité partagée en la matière. Revenant sur la situation de son pays, il a expliqué que le plan de développement repose sur les investissements dans le secteur social, ceci en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire mais aussi dans le secteur productif.
La coopération peut stimuler la croissance économique, a ajouté le Vice-Ministre. Nous nous félicitons de l’initiative récente du G-8 au sujet de l’annulation de la dette mais demandons des critères plus précis sur les procédures à suivre. Nous sommes surpris par le fait que la Banque interaméricaine de développement n’ait pas été incluse dans les institutions créditrices. Dans un monde globalisé, il est également essentiel d’améliorer les investissements publics et l’aide publique au développement (APD) et d’instaurer des règles plus équitables pour le commerce. Le renforcement des capacités locales et des institutions nationales est également indispensable. De même, l’accès aux services publics doit être considéré comme une question relevant des droits de l’homme.
M. PEDRAG BOSKOVIC, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Serbie-et-Monténégro, a rappelé que l’année 2005 devait être une année de mobilisation de la communauté internationale afin d’améliorer la qualité de la vie dans les pays en développement et d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Il a appelé à la mise en œuvre du programme de Doha pour le développement d’ici à 2006 et a demandé que le Fonds mondial de solidarité, établi par le Sommet mondial pour le développement durable, soit rendu plus efficace. Il a affirmé que la participation dans le commerce international ainsi que les flux d’investissements étrangers constituaient les clefs du développement. Comme précondition, il a insisté sur le développement des infrastructures, y compris les routes, les télécommunications, les hôpitaux ou encore les nouvelles technologies. Notant qu’il soutenait l’initiative du rapport Sachs pour renforcer la qualité de l’aide et en augmenter l’impact, il a déclaré que cette assistance devait d’abord s’adresser aux pays qui ont démontré leur volonté d’engager des réformes économiques et politiques.
Il a indiqué que son pays faisait partie des 68 États ayant enregistré des progrès dans la réalisation des OMD dès 2005. Il a expliqué que pour la Serbie-et-Monténégro, la réalisation des OMD se faisait sur la base de l’intégration à l’Union européenne ainsi que de l’harmonisation de ses lois avec les pays modernes, le renforcement du processus démocratique et l’intégration et le retour des réfugiés, entre autres. Enfin, il a précisé que son gouvernement avait défini des objectifs de développement et un programme de réformes économiques en accord avec sa stratégie de réduction de la pauvreté alors que le rapport sur l’application des OMD était en préparation.
Mme ANA HRASTOVIC, Vice-Ministre des finances de la Croatie, a indiqué que pour son pays la réalisation des Objectifs du Millénaire se confondait avec celle de certains des objectifs économiques nationaux qui devraient lui permettre d’adhérer à l’Union européenne. Dans ce cadre, a-t-elle poursuivi, nous croyons fermement que la mobilisation des ressources domestiques et une coopération des politiques communes en matière de développement sont la clef du succès pour un financement du développement efficace.
Notre programme économique de développement se concentre en premier lieu sur l’ajustement fiscal nécessaire pour limiter la vulnérabilité de notre économie vis-à-vis de l’extérieur et l’augmentation de notre dette. Dans le même temps, le Gouvernement croate s’efforce de renforcer la transparence et d’encourager les réformes structurelles, notamment en matière juridique, de santé et d’administration publique. Un tel programme devrait avoir des effets positifs sur l’environnement économique et ainsi faciliter l’intégration du secteur privé à l’activité.
La Vice-Ministre a demandé que les enceintes multilatérales permettent davantage aux pays en développement de faire entendre leur voix, en particulier ceux dont l’économie est aujourd’hui en transition et que les récentes discussions ont regrettablement négligés.
M. GEORGE GYAN BAFFOUR, Vice-Ministre des finances et de la planification économique du Ghana, a expliqué que les Objectifs du Millénaire pour le développement combinés au Consensus de Monterrey constituent l’essence même des stratégies de réduction de la pauvreté de son pays. Le Ghana a pris des mesures vigoureuses qui ont permis de faire passer le taux des personnes vivant sous le seuil de pauvreté de 52% en 1992 à 35% en 2003. L’accès aux services de base a été amélioré et 79,5% d’enfants sont désormais scolarisés contre 75% en 2000. Le taux de la population ayant accès à l’eau potable est passé de 37% en 2000 à 44% en 2002. Les taux de mortalité maternelle et infantile restent toutefois préoccupants avec un taux de mortalité infantile de 57 pour 1 000 naissances vivantes. Les taux de mortalité maternelle se situent entre 2 145 et 7 406 pour 100 000 naissances vivantes.
Afin de favoriser une croissance durable et réduire la pauvreté, le Gouvernement met l’accent sur la démocratie, la bonne gouvernance, la primauté du droit, le respect des droits de l’homme qui constituent la base même du développement durable. Nous nous sommes soumis au processus d’évaluation de l’Union africaine et nous nous attendons à un bon classement en termes de gouvernance. Nous avons également adopté des textes de lois permettant de créer un environnement propice aux investissements étrangers directs et au secteur privé. Le représentant s’est dit encouragé par la décision prise par certains pays développés d’accroître le niveau de l’aide publique au développement et par la décision de certains de consacrer 0,7% de leur PNB à l’APD. Il s’est aussi félicité de la décision du G-8 d’annuler la dette de 18 pays africains, y compris le Ghana, et a souhaité que d’autres pays en bénéficient. Pour que le développement progresse, a-t-il encore dit, il faut que les pays développés et en développement lancent des actions communes complémentaires.
M. RUBEN RAMIREZ, Vice Ministre des relations économiques et de l’intégration, Ministère des affaires étrangères du Paraguay, a reconnu à nouveau, conformément au Consensus de Monterrey, la responsabilité principale des pays en développement de mobiliser leurs ressources nationales pour financer leur développement. Dans cette perspective, il a expliqué que son pays exécutait un programme visant au renforcement de la gouvernance, à la lutte contre la corruption et à la réorientation des ressources gouvernementales mais a jugé également indispensable de pouvoir compter sur l’assistance nécessaire, sans condition et en temps opportun, afin de renforcer cette mobilisation interne. Rappelant que la pauvreté dans la région Amérique latine et Caraïbes restait très élevée, 96 millions de personnes vivant dans une pauvreté extrême, il a déclaré que le fossé entre pays développés et en développement ne cessait de s’élargir. Il a insisté sur le rôle de l’APD, affirmant qu’elle devrait jouer un rôle plus décisif et s’est dit encouragé par les efforts de certains pays pour atteindre l’objectif de 0,7% de leur PNB.
M. Ramirez a indiqué que pour que le développement soit réellement durable, il était nécessaire d’assurer aux pays en développement un accès plus large et sans limitations aux marchés internationaux. Ceci nous donnera une source durable pour notre propre financement du développement, a-t-il ajouté, rappelant que le commerce avait été mis de l’avant à Monterrey comme l’instrument le plus important pour le développement mais que peu avait été effectué depuis pour la participation de ces économies en développement aux échanges. Il a notamment regretté les distorsions commerciales qui désavantagent les pays en développement, et particulièrement les pays en développement sans littoral, dont le coût pour exporter leurs marchandises est élevé. Il a noté que le Paraguay accueillerait la première réunion des ministres du commerce de ce groupe de pays en août prochain, et ce, en préparation de la prochaine Conférence ministérielle de l’OMC qui doit se tenir en décembre à Hong Kong.
M. ALOUNKEO KITTIKHOUN (République démocratique populaire lao), au nom des pays en développement sans littoral, a jugé que le financement du développement était un facteur essentiel pour la croissance durable des économies en développement. Dans ce cadre, la mobilisation des ressources nationales, en dépit de certains progrès qu’elle a entraînés, n’est pas suffisante, en particulier s’agissant des pays enclavés. Cela s’explique par l’absence de croissance économique significative et par le déclin des investissements étrangers directs dans ces pays. Dans ces conditions, a poursuivi le représentant, pour les pays enclavés et connaissant les contraintes du manque de ressources humaines et financières, la voie vers le développement devrait être facilitée par un engagement accru et sans condition de la part de la communauté des donateurs. C’est pourquoi, nous demandons à cette communauté et aux organismes concernés d’augmenter leur aide officielle au développement et d’encourager l’investissement étranger vers les pays enclavés ou sans littoral.
Le représentant a également souhaité qu’émerge rapidement un système commercial multilatéral qui fasse office de moteur du développement économique mondial. À cet égard, nous réitérons que les engagements pris en commun dans le cadre du Cycle de Doha doivent être tenus par tous. Nous appelons aussi à une participation active des décideurs aux négociations qui se tiennent en ce moment au sein de l’Organisation mondiale du commerce, et qui portent notamment sur l’accès des produits agricoles et non agricoles aux marchés des pays enclavés ou sans littoral.
M. HERALDO MUÑOZ (Chili) a estimé qu’il convenait de renforcer le multilatéralisme afin de parvenir à un monde plus juste. Ceci est particulièrement nécessaire dans le cas de l’Amérique latine où la disparité entre les revenus est la plus grande. Le Chili, dans ce cadre, participe activement aux travaux menés dans le cadre de l’Action contre la faim et la pauvreté aux côtés de la France et du Brésil. Nous avons, avec ces deux pays, mis en place un train de mesures incitatives à des financements supplémentaires de soutien au développement.
De l’avis de M. Muñoz, le versement de 0,7% du PNB à l’aide au développement n’est qu’une décision encourageante qui ne saurait être considérée comme la solution miracle pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015. À cet égard, il a plaidé pour une coopération accrue entre secteur privé et acteurs sociaux engagés à tous les niveaux dans l’activité économique au service du développement. Le représentant a jugé que le Cycle de Doha constituait le cadre multilatéral de référence à même de traduire en actes les négociations de l’OMC portant sur l’établissement d’un commerce mondial équitable dans un contexte de compétition plus juste.
M. ZHANG YISHAN (Chine) a déclaré que, sans ressources financières, le développement était impossible et qu’il fallait maintenant renforcer la volonté politique par des partenariats et traduire les engagements en actions afin d’atteindre les objectifs de développement, notamment ceux fixés lors du Sommet du Millénaire. Il a estimé que la tâche la plus urgente était de répondre au manque financier dont souffrent les pays en développement, insistant particulièrement sur le « piège de la pauvreté » dans lequel les pays d’Afrique et les pays les moins avancés sont embourbés. Il s’est dit convaincu qu’une augmentation importante de l’aide internationale aiderait à revitaliser les pays en développement. Ainsi, il a souhaité que l’APD soit largement augmentée et, que dans ce domaine, d’autres pays suivent l’exemple de l’Union européenne. De plus, il a demandé que l’annulation et la réduction de la dette soient étendues et élargies. Il a aussi souligné le rôle de financements novateurs et s’est dit favorable à l’élaboration d’un mécanisme pour intensifier le suivi des actions concernant le financement du développement.
Pour financer le développement à long terme, M. Yishan a indiqué qu’il fallait renforcer la capacité des pays en développement à s’autofinancer, et ce, de manière diversifiée. La communauté internationale doit aider au renforcement des capacités institutionnelles dans les pays en développement et créer un environnement extérieur favorable, notamment par un système économique juste et équitable. Dans cette perspective, il a affirmé que les pays en développement devaient pouvoir choisir des politiques en accord avec leurs conditions nationales. Il a aussi souhaité que la coopération soit renforcée et qu’on encourage les investissements étrangers directs. De plus, il a insisté sur le rôle du commerce en tant que source de financement, soulignant entre autres l’importance d’adopter des mesures pour soutenir les exportations des pays en développement et de ne pas, pour certains pays, recourir au protectionnisme. Enfin, il a estimé que les pays en développement devaient avoir un rôle plus important dans le processus des décisions économiques internationales.
M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a évoqué le programme de lutte contre la faim conduit par son gouvernement, et dont ont bénéficié à ce jour des millions de personnes, a-t-il dit. Ce programme, a-t-il ajouté, touche également l’éducation, la santé, les installations sanitaires et le logement. Au plan international également, a poursuivi le représentant, le Brésil s’efforce de lutter activement contre la pauvreté. À cette fin, nous sommes d’avis que l’aide publique au développement constitue une priorité décisive, en particulier pour de nombreux pays en développement qui n’ont pas accès à d’autres sources de financement. Dans ce contexte, il est essentiel que les pays donateurs augmentent les ressources en appui aux efforts de développement pour qu’elles atteignent 0,7% de leur produit national brut.
Le Brésil attache en outre une grande importance à la coopération entre les pays en développement et a, à ce titre, lancé divers programmes avec des pays d’Amérique latine, des Caraïbes, d’Afrique et avec le Timor-Leste. Ces projets sont réalisés dans divers secteurs tels que l’éducation, l’agriculture, la santé, l’environnement et la formation professionnelle. Dans le domaine de la santé, le Brésil a offert son aide technique au niveau international en matière de prévention et de traitement du VIH/sida.
Le représentant a encore souligné le caractère essentiel de la coopération Sud-Sud en vue de parvenir à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. À son avis, cette coopération devrait être renforcée et assortie de nouvelles initiatives. Le représentant a finalement rappelé que le Consensus de Monterrey incitait l’ensemble des parties prenantes à la cause du développement –gouvernements, organisations internationales, ONG et acteurs du secteur privé– à mettre leurs efforts en commun en scellant de nouveaux partenariats. Il a demandé que ces parties prenantes maintiennent ces partenariats et redoublent d’efforts pour faire échec à la pauvreté.
M. ANDREY I. DENISOV (Fédération de Russie) a affirmé que ce dialogue devait contribuer à une meilleure coordination du travail des organisations et des États Membres pour renforcer la cohérence des politiques monétaires, commerciales et de développement afin d’éliminer la pauvreté et assurer une croissance économique et un développement durable. Il a affirmé qu’il fallait établir des mécanismes de financement du développement qui soient efficaces, réalistes et équilibrés, soulignant que les instruments existants, comme les investissements nationaux et étrangers, le commerce ou l’envoi de fonds des migrants, devaient être étudiés avec soin et plus largement utilisés. Il a estimé que l’allégement de la dette pour les pays pauvres très endettés, dans le cadre de l’Initiative PPTE du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale constituait une source importante de mobilisation des ressources. Il a rappelé que la Russie, avec ses partenaires du G-8, apportait une assistance multiple aux pays pauvres très endettés et a souligné son soutien à la récente initiative du G-8 d’annuler la dette de 18 pays. Reconnaissant les besoins spécifiques de l’Afrique, M. Denisov a annoncé l’intention de son pays d’annuler 2,2 milliards de dollars pour les États africains les plus pauvres dans le cadre de l’Initiative PPTE. Toutefois, il a expliqué que l’annulation de la dette, selon son pays, devait s’accompagner de politiques budgétaires efficaces, de réformes financières, du renforcement des institutions et de l’amélioration du climat d’investissement.
Concernant le financement du développement, le représentant a estimé qu’il faudrait explorer les sources novatrices de financement, souhaitant cependant que les initiatives comme le Mécanisme international financier (IFM) ou la taxation internationale se fassent uniquement sur une base volontaire. Par ailleurs, il a estimé qu’un marché commercial international plus équitable créerait des opportunités supplémentaires pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement. Il a soutenu la conclusion rapide des négociations du Cycle de Doha et a demandé qu’un accès stable et sans condition aux marchés soit établi pour tous les participants, y compris les pays en transition qui ne sont pas encore membres de l’OMC. Il a ainsi rappelé que son pays était candidat à l’adhésion à l’OMC et était prêt à répondre aux obligations qui sont celles des autres membres de cette organisation. Enfin, il a noté les avantages accordés par la Fédération de Russie aux pays les moins avancés, comme l’absence de restrictions quantitatives ou de mesures de protection, et a souhaité que d’autres pays suivent l’exemple.
M. ASIM ARAR, Chef du Département pour les questions économiques multilatérales au Ministère des affaires étrangères de la Turquie, a estimé que le Consensus de Monterrey constituait une réponse mondiale aux défis que pose le financement du développement. La mondialisation doit être perçue comme un processus inclusif. L’intégration à l’économie mondiale, renforcée par des politiques adéquates, contribuera non seulement à stimuler la croissance économique mais également à améliorer les conditions de vie des pauvres. La pauvreté fait obstacle à un ordre économique international juste. Dans ce cadre, la priorité des pays en développement est de créer une stratégie de développement qui s’attache à l’élimination de la pauvreté. Cette stratégie doit jeter les bases des mécanismes juridiques et financiers nécessaires à la mobilisation de ressources nationales pour le développement. Il est aussi de la responsabilité conjointe des pays en développement et des pays développés de mobiliser des ressources internationales. Pour cela, les pays développés devront mettre en place un système de financement international du développement permettant de garantir que les pays en développement bénéficieront du flux des investissements privés.
Le représentant a également jugé importante la collaboration entre les pays en développement et les institutions financières, ces dernières devant accorder une attention particulière au renforcement des capacités nationales et des ressources humaines. De même, la communauté internationale est en mesure de trouver une formule permettant de matérialiser l’annulation de la dette sans mettre en danger la stabilité des institutions financières internationales. Le commerce international a un rôle central à jouer en encourageant et en soutenant les activités de développement. La Turquie soutient la conclusion rapide des négociations en cours au sein de l’Organisation mondiale du commerce. La Conférence ministérielle de Hong Kong sera une étape historique du processus de Doha.
M. HAMAD HAREB-AL-ABSI (Émirats arabes unis) a regretté qu’en dépit des recommandations adoptées par les gouvernements lors de la Conférence de Monterrey en 2002, seule une faible augmentation de l’aide publique au développement a été constatée dans les pays en développement et les pays les plus pauvres. De plus, le problème de la dette extérieure et la baisse constante des produits intérieurs bruts n’ont fait que creuser le fossé technologique et socioéconomique entre les pays du Nord et ceux du Sud. Notre pays, qui a consacré 3,5% de son PNB à l’aide au développement, est alarmé par le fait que les engagements pris à Monterrey n’ont pas été totalement honorés. Dans ce cadre, nous attendons avec intérêt de connaître les résultats du Sommet du G-8 qui aura lieu en Ecosse, le mois prochain.
Le représentant a plaidé en faveur d’une stratégie intégrée du financement du développement qui repose sur l’engagement des États de consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement et d’en allouer de 0,15% à 0,20% aux pays les moins avancés. Il a également préconisé la mise en place d’un système de commerce multilatéral international qui vise l’ouverture des marchés internationaux aux produits des pays en développement, la promotion des flux d’investissements étrangers et des capitaux et le développement des technologies modernes à des fins pacifiques. Le représentant a aussi rappelé que la Conférence de Doha, qui s’est tenue récemment au Qatar, a appelé à la réforme des institutions sociales et financières et au renforcement de la coopération régionale.
M. IFTEKHAR AHMED CHOWDHURY (Bangladesh) a affirmé que le développement ne pouvait être atteint que sur la base du pluralisme, de la démocratie, de la bonne gouvernance, de l’état de droit et de l’égalité entre les sexes. Dans ce but, a-t-il poursuivi, le Bangladesh a entrepris une série de réformes à la fois dans les secteurs économique et social. Il a souligné le rôle des ressources intellectuelles dans le développement, insistant sur certaines idées nationales mises en œuvre au service du développement, comme le microcrédit ou l’éducation non institutionnalisée des femmes. Par ailleurs, il a indiqué que la stabilité macroéconomique de son pays était le résultat de politiques monétaires et fiscales prudentes et a expliqué que le Document de stratégie de réduction de la pauvreté avait été finalisé. Notant que les pays les moins avancés continuaient à être marginalisés, il a exhorté la communauté internationale à fournir sans délai un accès au marché, sans barrière et sans quotas, à toutes les exportations des PMA.
En ce qui concerne l’APD, il s’est félicité de l’initiative de l’Union européenne et a appelé tous les pays développés à y consacrer 0,7% de leur PNB. Il a estimé que des actions urgentes devaient être prises pour améliorer la qualité et la transparence de l’APD. Le représentant a plaidé pour la mise en place de mécanismes novateurs, appuyant notamment l’idée d’une facilité financière internationale. Il a demandé que toute assistance future soit sans condition et sans motivation politique. Par ailleurs, il a affirmé que les mesures d’allégement de la dette avaient pour l’instant été inefficaces et que les dettes des PMA devaient être effacées immédiatement. Enfin, il a souligné l’importance des capitaux privés ainsi que celle d’une meilleure cohérence entre les politiques de commerce, de la dette et de financement et d’une bonne coordination entre institutions internationales.
M. MOHAMED BENNOUNA (Maroc) a estimé qu’il convenait de réaffirmer le partenariat entre le sud et le nord que représente le Consensus de Monterrey. Ce partenariat doit être approfondi en prenant des décisions concrètes dans le cadre de l’approche holistique, consacrée à Monterrey, dans les domaines de la finance, de la monnaie et du commerce. Ces décisions devraient avoir pour finalité de mobiliser le financement nécessaire afin de donner espoir à la grande partie de la population dans le monde qui vit dans le besoin et dans la pauvreté. À cet égard, a poursuivi le représentant, nous appuyons l’établissement d’un calendrier pour la réalisation de l’objectif de consacrer 0,7% du revenu national brut à l’aide publique au développement d’ici 2015. L’APD doit être en outre combinée avec l’allègement du fardeau de la dette. Nous soutenons à ce titre l’accélération de la mise en œuvre de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) par le moyen d’une aide fournie intégralement sous forme de dons.
En matière de commerce, a poursuivi le représentant, nous estimons que seul un accès renforcé et prévisible aux marchés des pays développés pourrait injecter une nouvelle énergie et créer une nouvelle dynamique pour réussir une croissance économique durable et atteindre les Objectifs du Millénaire. À cet égard, nous appelons les pays développés à ouvrir leurs marchés aux exportations des pays en développement et à garantir l’accès libre et sans quotas à toutes les exportations des pays les moins avancés (PMA). Le Royaume du Maroc, pour sa part, offre aux PMA un accès libre et sans quotas à son marché.
Au sujet de la gouvernance internationale, M. Bennouna s’est montré d’avis qu’il fallait réaménager le processus de décision dans les grandes institutions économiques et financières internationales, de manière à associer et à responsabiliser les pays du Sud dans la régulation de la mondialisation. Il faut enfin veiller à la cohérence des politiques financières, monétaires et commerciales internationales avec les impératifs et les objectifs du développement, a-t-il ajouté.
M. CHOI YOUNG-JIN (République de Corée) a estimé que les pays développés comme les pays en développement devaient prendre des mesures supplémentaires pour mettre entièrement en œuvre les engagements pris à Monterrey. Quatre questions sont fondamentales: optimiser les ressources financières nationales, fournir une aide publique au développement suffisante, promouvoir le commerce et accroître la coopération régionale. Pour ce qui est d’accroître les ressources nationales, a ajouté le représentant, chaque pays en développement doit adopter des stratégies de développement nationales qui renforcent la bonne gouvernance tout en soutenant la croissance économique du secteur privé. Le partage des connaissances en matière de bonne gouvernance est également décisif. De même, l’APD vient en complément des ressources internes et nous sommes encouragés par son augmentation après une tendance à la baisse. Toutefois, le niveau de l’APD est encore bien en deçà des niveaux agréés, à savoir 0,7% du PNB pour chacun des pays développés. Nous accueillons positivement l’initiative du Secrétaire général de lancer une facilité de financement internationale. Il est également important de favoriser le commerce international ainsi que la coopération régionale, a ajouté le représentant qui a détaillé les initiatives régionales lancées par son pays.
Notant que le Consensus de Monterrey était essentiel pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a affirmé que son pays s’était attaché à promouvoir son essor économique et social. Il a notamment précisé qu’il avait été parmi les premiers États à présenter un rapport de suivi sur les OMD, malgré les problèmes liés aux ressources consacrées à la défense du pays. Il a expliqué que son pays s’efforçait d’augmenter les investissements nationaux afin de réaliser un développement durable, tout en créant un marché basé sur la concurrence. Il a également insisté sur les efforts de son pays afin d’augmenter les facteurs de production par la promotion des ressources humaines, la réforme de l’éducation, de la formation et de la recherche ainsi que du système administratif. Afin d’assurer une efficacité administrative, a-t-il ajouté, nous nous employons à lutter contre la corruption, à promouvoir la transparence et la participation de la société civile.
Bien que le commerce international ait été qualifié de moteur du développement par le Consensus de Monterrey, le représentant a estimé que des obstacles importants ne permettaient pas d’en tirer les revenus nécessaires pour financer le développement. Il s’est associé aux États qui ont lancé un appel pour que l’OMC facilite l’adhésion des pays en développement. Par ailleurs, il a salué l’Initiative de l’Union européenne visant à augmenter l’aide publique au développement et a invité les autres États à établir un calendrier pour augmenter cette assistance. De plus, il a soutenu la priorité donnée à l’Afrique dans ce domaine. Le représentant s’est félicité des efforts déployés en vue d’explorer des sources novatrices de financement, souhaitant cependant une volonté politique plus ferme pour permettre une participation active des pays en développement dans les processus de décisions.
Mme CARMEN MARIA GALLARDO (El Salvador) a plaidé pour un commerce international fondé su des règles équitables de fonctionnement et préconisé de repenser, entre autres, la politique des donateurs. La recherche de solutions durables en matière de développement doit reposer sur une coopération et une assistance technique et financière cohérente. Le renforcement de l’APD, une meilleure gestion de l’allégement de la dette et la mobilisation des ressources publiques et privées sont les clefs de la réussite pour redonner espoir, confiance et prospérité à nos concitoyens, a dit la représentante. C’est pourquoi, le Salvador encourage par le biais de programmes économiques incitatifs la création d’entreprises et d’emplois. Dans ce cadre, le recours croissant au microcrédit et l’amélioration des conditions de circulation des capitaux privés et provenant des investissement directs étrangers constituent un complément essentiel. La représentante a par ailleurs regretté que les pays à revenu moyen, comme le Salvador, soient souvent exclus de l’aide au développement et peu entendus dans les enceintes multilatérales. Il a demandé que ces pays soient considérés pour ce qu’ils sont, à savoir de vrais partenaires économiques et des alliés dans les stratégies mondiales de développement.
M. MIHNEA IOAN MOTOC (Roumanie) a annoncé que son pays augmentera au cours des trois prochaines années le volume de l’aide publique au développement aux pays en développement et à ceux en transition. Alors que nous sommes engagés sur la voie de la réforme de l’Organisation, davantage d’attention devrait être accordée aux donateurs émergents comme la Roumanie. Même si le passage du statut de récipiendaire de l’aide à celui de fournisseur de l’aide ne s’est pas fait sans difficultés, nous souhaitons partager notre expérience et générer une tendance similaire. De nombreux pays d’Europe de l’Est connaissent cette transition et sont déterminés à atteindre l’objectif fixé consistant à consacrer 0,7% de leur PNB à l’Aide publique au développement. La Roumanie pour sa part souhaite honorer ses engagements et est prête à prendre davantage de responsabilités dans la mesure de ses moyens. La Roumanie connaît une croissance économique depuis cinq années consécutives de 4,5% avec une pointe de 8,3% en 2004. Notre accession à l’Union européenne, qui est le plus grand donateur d’aide au développement, nous permettra de simplifier nos procédures opérationnelles et d’accroître la coordination de nos activités.
M. ROBLE OLHAYE (Djibouti) a insisté sur l’importance des dimensions régionale et interrégionale dans la mise en œuvre et le suivi des engagements pris à Monterrey, soulignant le rôle des banques régionales de développement et des commissions économiques régionales. Il a affirmé que la participation de bon nombre de pays en développement dans le commerce mondial demeurait marginale. Ainsi, il a souhaité la conclusion des négociations du cycle de Doha en faveur des pays en développement ainsi que l’élimination des barrières tarifaires et des subventions aux exportations. Il a rappelé que plusieurs pays pauvres en développement n’atteindraient pas les OMD sans une APD plus importante et de meilleure qualité. M. Olhaye a ainsi demandé aux pays développés de respecter leur engagement de 0,7% d’APD, tout en saluant l’initiative de l’Union européenne ainsi que la suggestion d’une facilité de financement internationale. De plus, il a estimé qu’il était impératif que la communauté internationale demeure ouverte aux nouvelles propositions de financement. Notant que le financement était une question critique pour de nombreux domaines, dont le VIH/sida, les services sociaux, la bonne gouvernance ou la croissance économique, il a affirmé que ces sujets devaient être traités de manière intégrée, insistant sur la nécessité d’agir sans délai et de fournir des résultats.
M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a estimé que le développement ne pouvait progresser sans un financement adéquat. Le développement dans les pays les moins avancés sera difficile tant que les ressources nettes sortant de ces pays en direction des pays développés seront aussi importantes, à savoir, par exemple, quelque 312 milliards en 2003. Cette tendance doit être inversée. Dans ce contexte, l’aide au développement doit être envisagée sous l’angle de l’allégement prioritaire de la dette soutenu par la mise en place concomitante de moyens nouveaux de financement, ceci en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire.
Pour le représentant, les ressources financières sont d’ores et déjà disponibles, et ce qu’il est nécessaire de faire est de convenir de mécanismes capables d’assurer que ces liquidités sont plus équitablement réparties. Dans ce contexte, les investissements directs étrangers devraient pouvoir être réalisés plus facilement dans les pays en développement. Une telle manne pourrait en effet accélérer les transferts de technologies, créer des emplois, booster la productivité, intensifier la compétitivité et augmenter la croissance pour réduire rapidement la pauvreté. Ce sera l’une des initiatives à prendre lors du prochain Sommet mondial que prendre des mesures visant à générer à la fois des ressources domestiques et des investissements directs étrangers dans les pays à bas revenu.
M. Akram a par ailleurs estimé nécessaire l’établissement d’une gouvernance pertinente aux niveaux national et mondial. Cela suppose davantage d’équité dans les économies politiques conduites entre autres par le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Cela suppose encore plus d’efforts concertés afin d’assurer l’élimination des transferts illégaux et le partage des ressources générées par la corruption et le crime. Dans ce contexte, les Nations Unies doivent s’engager plus activement à promouvoir une telle bonne gouvernance, par le biais notamment des travaux de son Conseil économique et social.
M. LOUIS MICHEL, Commissaire européen pour le développement et les affaires humanitaires, a estimé que le Consensus de Monterrey est une condition indispensable à l’élimination de la pauvreté qui n’est pas acceptable moralement. Un changement radical est nécessaire par solidarité mais aussi pour des raisons de sécurité. Les pays en développement doivent mettre en place des politiques audacieuses de lutte contre la pauvreté en s’imposant des exigences de gouvernance intègre. Toutefois, cela ne doit pas permettre à la communauté internationale de se soustraire à ses responsabilités. Elle doit faire plus, mieux et plus vite. Les 25 États de l’Union européenne se sont entendus pour augmenter de 20 milliards de dollars leur aide au développement d’ici à 2010, ce qui conforte la première place de l’Union dans ce domaine. Les engagements pris en 2002 à Monterrey seront respectés et même dépassés, notamment d’allouer 0,7% de leur PNB à l’APD, a affirmé M. Michel.
L’amélioration de la qualité et de l’efficacité de l’aide est une autre priorité. Pour cela, il nous faut revoir nos partenariats et adopter des approches basées sur les résultats. Il faut cesser d’imposer des exigences administratives qui n’ont que peu de lien avec la réalité. L’Union européenne s’efforcera de rendre l’aide plus prévisible et moins volatile. Il est indispensable de trouver des synergies appropriées qui apportent une plus-value additionnelle au développement. L’Union européenne a adopté une politique volontariste en faveur de l’Afrique sub-saharienne et elle augmentera de 50% le niveau de son aide. Elle financera les grands réseaux transafricains de télécommunications, les infrastructures de désenclavement ou encore l’accès aux services de base. La communauté des bailleurs de fonds doit tenir ses promesses. Pour améliorer la qualité de notre aide, il nous faut aussi améliorer la coordination de cette aide.
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