19/1/2005
Communiqué de presse
AG/10328



Assemblée générale

79e séance plénière – matin


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INVITE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À RESTER MOBILISÉE

AU-DELÀ DES SECOURS D’URGENCE AUX VICTIMES DU TSUNAMI


L’Assemblée générale a invité ce matin la communauté internationale à rester mobilisée pour la reconstruction des pays de l’Océan Indien affectés par le tsunami.  Dans une résolution intitulée « Renforcement des secours d’urgence, du relèvement, de la reconstruction et de la prévention des raz-de-marée dans l’océan Indien »*, adoptée par consensus telle que révisée oralement, l’Assemblée a salué l’élan de solidarité qui s’est manifesté dans le monde entier après la catastrophe et le rôle moteur joué par les États touchés, l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) et les Nations Unies dans la coordination de l’aide.  Elle a cependant insisté sur la nécessité pour les donateurs de tenir leurs promesses et de maintenir, au-delà des secours d’urgence, la volonté politique pour assurer la reconstruction à moyen et à long terme.


Par cette résolution, l’Assemblée a prié le Secrétaire général de nommer un représentant spécial chargé d’entretenir la mobilisation.  Il a été précisé que cette nomination, financée exclusivement par des ressources extrabudgétaires, n’aurait pas d’incidence sur le budget ordinaire de l’Organisation.  L’Assemblée a par ailleurs apporté son soutien à la mise en place d’urgence d’un système d’alerte rapide des raz-de-marée dans l’océan Indien et en Asie du Sud-Est.  Elle s’est félicitée de la décision de l’ANASE de créer des mécanismes régionaux de prévention et d’atténuation des catastrophes et a souligné à cet égard l’importance de l’éducation et de la sensibilisation du public.


« On ne peut pas rester les bras croisés en attendant la prochaine catastrophe, alors que la technologie existe pour atténuer les effets de telles tragédies », a lancé, au cours du débat, le représentant du Qatar.  Son homologue de Maurice a estimé qu’outre le tsunami, les cyclones et les ouragans de ces derniers mois avaient montré la vulnérabilité d’un nombre croissant de pays, notamment les petits États insulaires en développement.  Rappelant que 25 millions de personnes souffraient dans le monde des conséquences de guerres, de catastrophes ou de mauvaise gestion, l’Observateur du Saint-Siège a espéré que le tsunami ne détournerait pas l’attention des autres problèmes, comme la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Enfin, l’Observateur de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a regretté que la résolution n’accorde pas davantage de place au rôle des communautés locales dans la prévention des risques liés aux catastrophes naturelles.


Outre les orateurs cités, les représentants de la Nouvelle-Zélande, du Viet Nam, de la Colombie, du Pakistan, du Koweït, de Singapour, du Guyana et du Timor-Leste ont également pris la parole.


L’Assemblée générale se réunira demain, jeudi 20 janvier à 10 heures, pour l’élection de juges au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et pour examiner la mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida.


* publiée sous la cote A/59/L.58


RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE


Déclarations


M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande) a indiqué que l’effort d’assistance de son pays après le tsunami s’élevait à 68 millions de dollars, dont 20 en réponse à l’appel lancé par les Nations Unies.  Il a invité les donateurs à s’assurer que l’assistance humanitaire est crédible, qu’elle répond aux besoins des plus pauvres, que l’aide est gérée de manière professionnelle.  Il a également souligné que l’accent mis sur cette catastrophe ne devait pas se faire au détriment de l’effort international de lutte contre la pauvreté dans les pays en développement.  Il a insisté sur l’engagement à long terme de son pays dans les zones affectées. Aucun pays n’a été épargné par cette catastrophe, a-t-il conclu, en remerciant les autorités thaïlandaises pour l’assistance offerte aux ressortissants néo-zélandais affectés par le tsunami.


M. KHEMRAJ JINGREE (Maurice), tout en se félicitant de la réponse apportée aux conséquences immédiates, sur les populations, du tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé l’Asie du Sud-Est et les États côtiers de l’océan Indien, a déclaré que Maurice encourageait la communauté internationale à rester engagée, à long terme, aux côtés des pays et des populations de ces régions qui ont subi des dégâts importants et d’énormes pertes en vies humaines.  Les cyclones et les ouragans qui ont touché les Caraïbes et d’autres régions au cours de l’année qui s’est écoulée ont montré la vulnérabilité de nombreux pays aux catastrophes naturelles.  Le tsunami qui a frappé l’Asie du Sud-Est a montré la nécessité de la mise en place de systèmes d’alerte rapide contre les catastrophes.  Si l’océan Indien avait disposé de ce type de mécanisme, des milliers de vies humaines auraient été épargnées, a estimé le représentant.  La Déclaration, adoptée à Maurice à l’issue de la Réunion internationale d’examen de la mise en œuvre du Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement, a mis l’accent sur la nécessité de réduire la vulnérabilité de ces États aux catastrophes naturelles, a indiqué le représentant.  Trois semaines après le tsunami qui a frappé les pays de l’ANASE et ceux d’Asie du Sud, les secours humanitaires ont permis de porter assistance aux populations les plus affectées.  Mais Maurice tient à souligner que la communauté internationale doit rester à leurs cotés et redoubler d’efforts en vue d’assurer le relèvement à long terme de la région.


M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a estimé que la tâche la plus importante pour la communauté internationale était de faciliter le retour à une vie normale pour les personnes affectées par le tsunami.  Il s’est félicité des efforts d’aide déjà déployés à travers le monde.  Il s’est également félicité de l’engagement de l’ANASE et des Nations Unies et a dit attendre beaucoup de la Conférence mondiale sur la réduction des catastrophes, qui se tient actuellement à Kobé au Japon.  Il a indiqué que son gouvernement avait déboursé un demi million de dollars pour venir en aide aux victimes, auxquels il faut ajouter près de 200 000 dollars de dons privés.


M. GUSTAVO DAJER-BARGUIL.(Colombie) a déclaré que le système des Nations Unies devrait être habilité à travailler avec les États afin de renforcer les systèmes d’alerte rapide existants, et à participer à la mise en place de nouveaux systèmes d’alerte contre les catastrophes dans les zones qui en sont dépourvues.  Les moyens de réaction et d’assistance humanitaire de l’ONU devraient être pour leur part renforcés, a recommandé le représentant.


M. MASOOD KHALID (Pakistan) a indiqué que son pays avait été l’un des premiers à envoyer de l’aide aux pays touchés par le tsunami, indiquant que la contribution de son gouvernement s’élevait à 50 millions de dollars.  Il s’est également félicité du rôle joué par la société civile et les organisations religieuses pakistanaises, ainsi que de la solidarité manifestée par la communauté internationale et coordonnée par les Nations Unies.  Le représentant a apporté son soutien à la mise en place d’un système de prévention des catastrophes naturelles et de réduction des risques.


M. MANSOUR AL-OTAIBI (Koweït) a déclaré que sa délégation se félicitait de l’unité dont avait fait preuve la communauté internationale après la catastrophe qui a frappé l’Asie du Sud-Est.  Le Koweït a répondu rapidement aux besoins des populations frappées par la catastrophe en fournissant immédiatement deux millions de dollars destinés aux secours d’urgence.  Quelques jours plus tard, le Conseil des ministres du Koweït a décidé de porter l’aide officielle du Koweït à 100 millions de dollars, a indiqué le représentant.  La population koweïtienne s’est, de son côté, mobilisée pour porter assistance aux peuples d’Asie du Sud-Est dans le besoin, a-t-il ajouté.  Pour faire face aux conséquences de la catastrophe que la région de l’océan Indien a vécue, le Koweït soutient l’idée de la création de systèmes d’alerte rapide contre les tsunamis dans la région, et demande aux pays développés d’appuyer les initiatives allant dans ce sens en leur fournissant une assistance technologique et financière.


M. VANU GOPALA MENON (Singapour) a salué l’admirable réponse de la communauté internationale à la tragédie du tsunami, l’aide provenant des petits comme des grands pays, des gouvernements comme des entreprises et des particuliers.  Il a indiqué que son pays, par sa proximité géographique avec les zones affectées, avait déployé une aide logistique et financière, qui s’élève à 20 millions de dollars.  Le plus grand défi, a-t-il dit, consiste maintenant à poursuivre l’aide à moyen et long terme.  Il a salué la prochaine nomination par le Secrétaire général d’un représentant spécial, qui permettra de maintenir l’attention sur la catastrophe.  Nous pouvons reconstruire, mais nous devons aussi faire en sorte que de telles tragédies ne puissent se reproduire, a-t-il déclaré, en estimant qu’il était urgent de mettre en place un système international d’alerte rapide pour les tsunamis dans l’océan Indien.


M. GEORGE TALBOT (Guyana) a déclaré que son pays soutenait le rôle de coordination joué par les Nations Unies dans la réponse apportée par la communauté internationale à la catastrophe du tremblement de terre et du tsunami qui ont frappé les pays du bassin de l’océan Indien.  Le Guyana est inquiet des nombreuses catastrophes qui ont affecté différentes régions du monde ces dernières années, a ajouté le représentant.  Le Guyana, qui est lui-même victime d’inondations, apportera son soutien au projet de résolution soumis à l’Assemblée générale par les pays de l’ANASE, a-t-il annoncé.


M. MOHAMED AL-HAYKI (Qatar) a estimé qu’il fallait contenir les effets des catastrophes naturelles, en tentant d’éviter les épidémies.  Il a indiqué que son pays avait été l’un des premiers à fournir des dons, s’élevant à ce jour à 25 millions de dollars.  Cette aide s’inscrit, a-t-il poursuivi, dans une politique traditionnelle du Qatar de soutien aux pays en développement.  On ne peut rester les bras croisés en attendant la prochaine catastrophe, a-t-il dit, alors que la technologie existe pour mettre en place un système d’alerte précoce.  Il a salué les promesses de dons de la communauté internationale, en invitant les donateurs à tenir leurs engagements.


M. JOSÉ LUIS GUTERRES (Timor-Leste) a déclaré que son pays avait apporté sa modeste contribution aux opérations d’aide et de secours déployées dans les pays frappés par le tsunami qui a endeuillé l’Asie du Sud-Est.  Timor-Leste se joint aux pays de l’ANASE qui ont soumis un projet de résolution à l’Assemblée générale sur le relèvement de la région après la catastrophe, a indiqué M. Guterres.  À cet égard, Timor-Leste soutient la mise en place d’un système d’alerte rapide contre les tsunamis dans le bassin de l’océan Indien et la région d’Asie du Sud-Est.


Mgr CELESTINO MIGLIORE, Observateur du Saint-Siège, a indiqué que les efforts déployés par l’Église catholique et les organisations caritatives catholiques en faveur des victimes du tsunami s’élevaient à 500 millions de dollars.  Il a insisté sur l’aide à apporter aux enfants et a espéré que l’assistance multilatérale serait équitablement répartie, sans distinction politique, ethnique ou religieuse et en concertation avec les personnes concernées.  Il a salué la solidarité internationale qui s’est déployée après la catastrophe en espérant qu’elle ne s’effacerait pas une fois le choc initial passé.  Il a rappelé que 25 millions de personnes souffraient des conséquences de guerres, de catastrophes et de mauvaise gestion à travers le monde.  Il a espéré que le tsunami ne détournerait pas l’attention sur les autres problèmes, notamment la question des petits États insulaires en développement ou encore la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement.


M. ENCHO GOSPODINOV, Observateur permanent de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a salué le soutien sans précédent de la part des citoyens et du secteur privé.  La Fédération a établi les premières estimations des besoins, huit heures seulement après la catastrophe et travaille dans 12 pays pour rassembler les familles séparées par la catastrophe et rechercher les personnes portées disparues.  Les opérations en cours sont détaillées sur le site de la Fédération www.ifrc.org, a-t-il dit en soulignant que les opérations de gestion de l’eau et de l’assainissement constituaient l’opération de la plus grande envergure dans l’histoire de la Fédération.  Insistant sur le fait que la Fédération est la seule organisation ayant des liens avec quasiment toutes les communautés du monde au niveau local, il a indiqué qu’elle entretenait une relation étroite avec les autorités locales et avec les Nations Unies, en particulier avec OCHA.


S’agissant de la prévention des risques liés aux catastrophes naturelles, M. Gospodinov a insisté sur la nécessité d’intégrer les secours d’urgence dans le cadre des programmes nationaux de préparation et de prévention des risques.  Il a également insisté sur le besoin de gérer ces programmes au niveau national en y incluant les sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.  La première ligne de défense, a-t-il dit, c’est la communauté elle-même.  L’expérience montre que le rôle des volontaires entraînés à la prévention des risques et à la gestion de crises est fondamental pour sauver des vies.  Dans ce contexte, a-t-il poursuivi, les gouvernements doivent mettre leur législation en conformité avec les normes internationales, notamment les règles, directives et principes de la Fédération internationale relatifs à la gestion des catastrophes naturelles.  S’agissant du projet de résolution sur le tsunami, il a souligné le besoin de maintenir l’aide tout au long de la phase de reconstruction et de réhabilitation et a regretté que le texte ne donne pas davantage de place au rôle des communautés locales et à l’aide à apporter en priorité au renforcement des capacités des communautés locales.  Faisant référence aux annonces de contributions, il a mis en garde contre le risque d’oublier d’autres crises au mépris des objectifs de développement à moyen et à long terme.


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