04/05/2004
Communiqué de presse
SC/8085
AFR/918



DÉCLARATION À LA PRESSE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

CONCERNANT LA SITUATION EN ÉTHIOPIE ET EN ÉRYTHRÉE


Vous trouverez ci-dessous la déclaration à la presse faite aujourd’huisur la situation en Éthiopie et en Érythrée, par le Président du Conseil de sécurité, Munir Akram (Pakistan):


Les membres du Conseil de sécurité ont entendu un exposé du Département des opérations de maintien de la paix sur la situation en Éthiopie et en Érythrée au cours de consultations officieuses menées le 4 mai. L’exposé a porté sur les faits nouveaux intervenus depuis l’adoption de la résolution 1531 (2004) du Conseil.


Les membres du Conseil se sont déclarés préoccupés par la détérioration de la coopération entre l’Érythrée et la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE). Ils ont noté avec préoccupation les restrictions qui continuent d’être imposées aux déplacements des membres de la Mission, notamment dans les zones adjacentes à la zone temporaire de sécurité; la fermeture, par les autorités érythréennes, de la voie d’approvisionnement principale des contingents de la MINUEE dans le Secteur ouest; la multiplication des cas de détention de membres du personnel local de la MINUEE, qui nuit à l’efficacité de la Mission; et les allégations formulées récemment par un haut responsable du Gouvernement érythréen chargé de la coopération avec la MINUEE, qui risquent de compromettre la sécurité du personnel de la Mission.


Les membres du Conseil constatent avec regret que l’Éthiopie continue de rejeter des parties importantes de la décision de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie, ce qui avive la tension dans la région et empêche la MINUEE de mener à bien son mandat.


Les membres du Conseil ont souligné que la MINUEE avait été mise en place à l’invitation des deux parties et qu’elle se tenait prête à les aider à appliquer les Accords d’Alger. Ils ont fait observer que le refus de l’Éthiopie d’autoriser une démarcation complète ainsi que les restrictions croissantes qu’elle continue d’imposer aux activités de la MINUEE remettent sérieusement en cause la viabilité à long terme de cette mission.


Les membres du Conseil ont invité l’Érythrée à faire droit à la demande du Conseil de sécurité, formulée dans la résolution 1531 (2004), et exigeant une entière liberté de mouvement pour la MINUEE et l’élimination, avec effet immédiat et sans conditions préalables, de toutes les restrictions et de tous les obstacles aux activités de la MINUEE et à celles de son personnel dans l’exécution de leur mandat.


Les membres du Conseil ont noté avec une profonde préoccupation l’absence de progrès à ce jour dans l’application définitive et contraignante de la décision sur la délimitation prise par la Commission du tracé et réitéré la demande faite aux parties de coopérer pleinement et sans retard avec la Commission du tracé et de créer les conditions requises pour que l’opération de démarcation se déroule avec célérité. Ils ont réaffirmé leur appui aux efforts déployés par l’Envoyé spécial en vue d’amener les deux parties à coopérer pour sortir de l’impasse où se trouve actuellement le processus de paix. Ils ont demandé aux deux parties d’examiner les moyens qui s’offrent de faire progresser le processus de démarcation.


Les membres du Conseil ont affirmé leur volonté de demeurer saisis de la question et prié le Secrétariat de suivre de près la situation et de présenter, si nécessaire, une mise à jour de celle-ci.


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