14/04/2004
Communiqué de presse
ENV/DEV/763



Commission du développement durable

2ème séance – matin


LA COMMISSION DU DEVELOPPEMENT DURABLE CONSACRE LES TROIS PREMIERS JOURS DE SA SESSION AUX PREPARATIFS DE LA REUNION DE MAURICE SUR LES PETITS ETATS INSULAIRES EN DEVELOPPEMENT


Ouvrant ce matin les travaux de sa douzième session qui se tiendront jusqu’au 30 avril, la Commission du développement durable (CDD-12) a procédé à l’examen des préparatifs de la Réunion internationale sur les petits Etats insulaires en développement prévue à Maurice du 30 août au 3 septembre 2004.  Pendant trois jours, elle devra négocier en séances informelles l’ordre du jour de la Réunion d’internationale de Maurice.  Cette rencontre aura pour mission d’évaluer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade pour le développement durable des petits Etats insulaires, adopté en 1994, et d’identifier les défis posés à cette mise en œuvre en envisageant des mesures concrètes pour y remédier.  En 10 ans, certains petits Etats insulaires en développement ont enregistré des niveaux de performance économique et des progrès en matière de développement humain importants, a déclaré à cet égard le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, José Antonio Ocampo, tandis que d’autres ont amélioré leur cadre institutionnel afin de mieux gérer le développement durable.  En dépit de ces embellies, il est clair que ces Etats connaissent encore une vulnérabilité économique et écologique, a-t-il dit, tout en soulignant la volatilité des revenus à l’exportation, la perte de marchés préférentiels, la capacité limitée de ces Etats à entrer en compétition pour obtenir des capitaux étrangers, leur vulnérabilité aux changements climatiques, l’incidence du VIH/sida, les conséquences de la criminalité transnationale organisée et la baisse de l’aide publique au développement (APD). 


Comme l’a reconnu à son tour le Ministre norvégien de l’environnement, Borge Brende, également Président de la CDD-12, ces facteurs accentuent la vulnérabilité des petits Etats insulaires en développement.  La Réunion internationale de Maurice doit donc aboutir à de réelles avancées en faveur des petits Etats insulaires en développement, a estimé le Ministre, invitant les délégations à tenir compte des recommandations formulées par les membres de l’Alliance des petits Etats insulaires lors de la réunion interrégionale qui s’est tenue à Nassau (Bahamas) du 26 au 30 janvier 2004.  Le Secrétaire général adjoint et Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays sans littoral et les petits Etats insulaires en développement, Anwarul Chowdhury, a assuré quant à lui qu’il était déterminé à s’investir sans relâche, au cours de ces trois jours, pour que les documents stratégiques qui seront adoptés début septembre à Maurice soient finalisés avant l’ouverture de la Réunion internationale.  Toutefois, a-t-il indiqué, une dernière reprise des négociations pourrait être envisagée à Maurice les 28 et 29 août prochain. 


Présentant la Stratégie pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade, adoptée le 30 janvier dernier à Nassau (Bahamas) par l’Alliance des petits Etats insulaires, son Président, Jagdish Koonjul (Maurice), a rappelé que ce document avait été ensuite entériné par le Groupe des 77 et la Chine, qui propose de l’utiliser comme base de négociations dans le cadre de l’examen décennal du Programme d’action de la Barbade.  M. Koonjul a insisté sur quatre obstacles majeurs à la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade de 1994, à savoir l’absence de ressources financières, l’insuffisance des capacités, le manque d’accès aux technologies et le faible accès aux marchés mondiaux.  A cet égard, il a mis l’accent sur la responsabilité partagée des pays développés et souhaité que des synergies soient développées avec le Consensus de Monterrey afin de mobiliser des financements.  Pour le représentant des Etats-Unis, le document de stratégie mis au point à Nassau par l’Alliance des petits Etats insulaires ne reflète pas les positions des autres Etats.  C’est un document très long, très détaillé, une sorte de liste de doléances qui succède à un Programme d’action de la Barbade lui-même très long, a-t-il observé.  Ce document touche à des problèmes qui ne sont pas spécifiques aux PEID.  Le représentant américain a donc proposé de l’inclure dans le jeu de documents qui seront soumis à la Réunion internationale de Maurice et de préparer par ailleurs un document plus court et plus précis en vue de son adoption à la clôture de cette rencontre, en septembre prochain.


En début de séance, la Commission avait élu trois de ses Vice-Présidents: Toru Shimizu (Japon), Bolus Paul Zom Lolo (Nigeria), désigné Rapporteur de la CDD-12, et Eva Tomic (Slovénie).  Le 9 mai 2003, la CDD-12 avait déjà élu son Président, le Ministre norvégien des affaires étrangères, Borge Brende, et l’un de ses Vice-Présidents, Bruno Stagno (Costa Rica).  La CDD-12 a également adopté son ordre du jour provisoire et les documents relatifs à l’organisation de ses travaux.  La CDD-12 a par ailleurs accrédité les organisations intergouvernementales, les organisations non gouvernementales et les autres grands groupes qui participeront en qualité d’observateurs à la Réunion internationale de Maurice. 


La prochaine séance plénière de la CDD-12 aura lieu vendredi 16 avril, au terme des consultations sur le document final de Maurice. 


Preparation de la Reunion internationale chargee d’examiner l’application du Programme d’action pour le developpement durable des petits Etats insulaires en developpement


Informations de base


L’objectif de cette réunion préparatoire de trois jours -du 14 au 16 avril 2004- organisée en marge de la douzième session de la Commission du développement durable (CDD-12), est d’arrêter l’ordre du jour de la Réunion internationale sur les petits Etats insulaires en développement (PEID), qui se tiendra à Maurice du 30 août au 3 septembre 2004 pour examiner la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade, adopté en 1994.  Cette session intervient après une série de réunions préparatoires régionales et interrégionale: pour la région Pacifique, à Samoa, du 4 au 8 août 2003; pour les régions Atlantique, Océan indien, Méditerranée et Mer de Chine du Sud, au Cap-Vert du 1er au 5 septembre 2003; et pour la région Caraïbes, à Trinité-et-Tobago, du 6 au 10 octobre 2003. 


La réunion préparatoire interrégionale des petits Etats insulaires en développement qui s’est tenue à Nassau, aux Bahamas, du 26 au 30 janvier 2004, a adopté une « déclaration » et un « document de stratégie » en vue de la Réunion internationale de Maurice*.  Présentés sous la forme d’une « Stratégie de l’Alliance des petits Etats insulaires pour la poursuite de la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade », ces documents ont été entérinés le 4 mars dernier par le Groupe des 77 et la Chine qui propose à la Commission du développement durable de les utiliser comme base de négociations dans le cadre de l’examen décennal du Programme d’action de la Barbade.  Les principales thématiques couvertes par cette « Stratégie » sont les suivantes: changements climatiques et élévation du niveau de la mer; catastrophes naturelles et environnementales; gestion des déchets; ressources côtières et marines; ressources en eau douce; ressources foncières; ressources énergétiques; ressources touristiques; diversité biologique; transports et communications; science et technologie; reclassement des petits Etats insulaires en développement; commerce; mondialisation et libéralisation; renforcement durable des capacités et éducation en vue du développement durable; production et consommation durables; environnement national favorable; santé; gestion des connaissances et information au service de la prise de décisions; culture; exécution de la Stratégie; accès aux ressources financières et enfin suivi et évaluation.


Déclarations


M. BORGE BRENDE, Ministre de l’environnement de la Norvège et Président de la CDD-12, s’est dit convaincu que la Réunion de Maurice permettrait à la communauté internationale de relever les défis posés au développement des petits Etats insulaires en développement.  Victimes des contrecoups du réchauffement de la planète, des changements climatiques, du relèvement du niveau des mers, d’écosystèmes fragiles, et victimes également de leur isolement géographique qui les rend encore plus vulnérables, les petits Etats insulaires en développement devraient disposer, grâce aux recommandations issues de la réunion interrégionale de Nassau, aux Bahamas, à la fin de janvier 2004, d’orientations précises identifiées par les PEID eux-mêmes.  Prenant acte ensuite des négociations qui ont eu lieu ici à New York sur les recommandations de Nassau et la Stratégie adoptée à l’issue de cette réunion, le Ministre a invité les participants à prendre conscience des enjeux que constitue cette rencontre de trois jours, en préalable à la Réunion internationale de Maurice.  Il a également indiqué que le récent rapport du Secrétaire général constituait à cet égard un élément important dans la mesure où il identifie certains progrès réalisés dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade ainsi que les défis restant à relever. 


M. JOSE ANTONIO OCAMPO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a présenté le rapport du Secrétaire général sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade**, adopté il y a 10 ans.  Au cours de la période considérée, certains petits Etats insulaires en développement ont enregistré des niveaux de performance économique et des progrès en matière de développement humain importants.  Certains ont amélioré leur cadre institutionnel afin de mieux gérer le développement durable.  Malgré cela, il est clair que ces Etats continuent de connaître une vulnérabilité économique et écologique.  La volatilité des revenus à l’exportation, la perte de marchés préférentiels, la capacité limitée de ces Etats à entrer en compétition pour obtenir des capitaux étrangers, leur vulnérabilité aux changements climatiques, l’incidence du VIH/sida, les conséquences de la criminalité transnationale organisée et la baisse de l’aide publique au développement illustrent bien leur fragilité.  Tout effort visant à renforcer les petits Etats insulaires en développement doit donc viser le renforcement de leur capacité collective à répondre à ces défis.


Détaillant certains éléments du rapport, M. Ocampo a précisé que les changements climatiques et la montée du niveau de la mer constituent une menace très grave ayant déjà mené à l’érosion des récifs coralliens et des côtes, à la désorganisation des activités agricoles et à une fragilité accrue des terres et des écosystèmes marins.  Le rapport constate également que des efforts importants ont été déployés dans les Caraïbes et dans le Pacifique pour mieux comprendre l’interaction entre les vulnérabilités économiques et écologiques et les changements climatiques.  Au plan international, l’aide de la communauté des donateurs s’est accrue.  Des conditions climatiques extrêmes de plus en plus fréquentes constituent également une manifestation du réchauffement climatique dans le monde.  De nombreux petits Etats insulaires ont mis en place des plans d’urgence, des plans de réduction des crises, ainsi que des systèmes d’alerte précoce mais il reste encore beaucoup à faire.  Le rapport aborde également la question de la gestion, de la protection des zones côtières et des écosystèmes marins.  Les ressources halieutiques qui constituent une contribution importante à l’économie sont menacées par la surexploitation ou encore la pollution.  Les réserves limitées d’eau potable sont également un autre défi.  En outre, l’utilisation accrue de fertilisants et de pesticides et de mauvais systèmes de recyclage des eaux usées constituent des menaces perpétuelles aux réserves d’eau potable.  Par ailleurs, le rapport identifie le secteur des communications comme un autre défi à relever.  Il est essentiel de soutenir le développement des infrastructures nationales pour permettre la pleine intégration des petits Etats insulaires dans l’économie mondiale.  Il identifie d’autres menaces qui n’étaient pas à l’ordre du jour lors de l’adoption du Programme d’action de la Barbade, notamment le VIH/sida, le trafic d’armes et celui des drogues. 


M. ANWARUL K. CHOWDURY, Secrétaire général adjoint et Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays sans littoral et les petits Etats insulaires en développement, a assuré qu’en sa qualité de Secrétaire général de la Réunion internationale de Maurice, il s’investirait sans relâche dans le processus préalable à la rencontre de Maurice et dans la préparation des documents stratégiques qui seront adoptés en septembre prochain.  Le Programme d’action de la Barbade tel qu’il a été mis au point en 1994 contient clairement l’esquisse des défis à relever pour les PEID, a-t-il dit ensuite, avant de rappeler que depuis cette date, le Sommet mondial de Johannesburg sur le développement durable avait souligné de nouveaux défis qui devront être pris en compte dans les mois qui viennent.  Il a invité les participants à évaluer scrupuleusement les insuffisances dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade après 1999 et à identifier les nouveaux défis tels que la pandémie du VIH/sida, l’accès aux technologies modernes de l’information et de la communication.  Les PEID travaillent avec acharnement aux préparatifs de la Réunion de Maurice, a-t-il dit, rappelant la série de réunions régionales tenues en 2003 et la réunion interrégionale de janvier 2004 à Nassau, réunion qui a abouti à des recommandations concrètes et ambitieuses. 


Il est important que le consensus sur les documents adoptés à Nassau soit atteint bien avant la Réunion de Maurice, a dit M. Chowdury, encourageant l’Ambassadeur McKay, de la Nouvelle-Zélande, à intensifier ses efforts et l’informant qu’une dernière reprise de négociations pouvait être envisagée à Maurice les 28 et 29 août.  Certaines questions doivent être abordées en priorité, a dit ensuite le Haut Représentant, afin de prévoir, au cours des années à venir, des mesures qui seraient propres à certains petits Etats insulaires en développement en vue de leur intégration régionale.  La Réunion de Maurice devrait prévoir un système de suivi et d’évaluation volontariste qui identifie de façon rapide et périodique les priorités et les lacunes afin de corriger les insuffisances.  A cette fin, a insisté M. Chowdury, le rôle des organisations intergouvernementales, des organisations non gouvernementales, de la société civile, en particulier les groupes de femmes et de jeunes, doit être renforcé pour maintenir les efforts de développement durable des PEID.  C’est par le biais du partenariat que nous parviendrons à de réelles avancées et à répondre aux préoccupations authentiques des PEID lors de la Réunion internationale de Maurice, a conclu le Haut Représentant. 


Mme PAULETTE A. BETHEL (Bahamas) a fait le point sur les résultats de trois réunions préparatoires régionales et interrégionale associant quelque 22 ministres de l’Alliance des petits Etats insulaires et qui ont donné lieu à l’adoption d’une Stratégie prospective en vue de la Réunion de Maurice pour réaliser le Programme d’action de la Barbade.  Les participants ont procédé à un échange de vues sur les meilleures pratiques et les défis qui font obstacle à la pleine mise en œuvre du Programme de la Barbade.  Les délégations ont réaffirmé leur volonté d’agir au niveau international et la nécessité pour la communauté internationale, et en particulier les partenaires du développement, d’accorder un meilleur soutien.  La Déclaration de Nassau a été adoptée pour faciliter la réalisation des Objectifs de développement du Millénaire et ceux fixés par le Sommet de Johannesburg.  Les Ministres ont réitéré que le processus d’examen de la Barbade est important, tout en exprimant leur préoccupation quant à la faiblesse des économies des pays insulaires.


M. JAGDISH KOONJUL (Maurice), Président de l’Alliance des petits Etats insulaires (APEI), a rappelé que les prémisses du Programme d’action de la Barbade avaient été longues et complexes et que ce n’était qu’à Rio, en 1992, que les préoccupations des petits Etats insulaires en développement avaient été prises en compte.  Le Programme d’action de la Barbade repose sur la notion de responsabilités communes mais différenciées, a-t-il ajouté, avant de constater toutefois que les progrès enregistrés depuis 1994 sont à mettre essentiellement à l’actif des gouvernements.  En effet, depuis 1994, le contexte international a aggravé la vulnérabilité des petits Etats insulaires en développement, a dit M. Koonjul soulignant ensuite que les nouvelles recommandations issues de la réunion interrégionale de Nassau, aux Bahamas, et qui sont présentées à la CDD-12 comme documents de stratégie pour la Réunion de Maurice, constituent une véritable Feuille de route pour les PEID.  Le document adopté par l’APEI le 30 janvier aux Bahamas, et entériné depuis par le Groupe des 77 et la Chine, souligne quatre obstacles majeurs: l’absence de ressources financières, l’insuffisance des capacités, le manque d’accès aux technologies et le faible accès aux marchés mondiaux. 


Il importe par conséquent de se pencher de manière urgente sur ces questions, a-t-il dit, avant de saluer l’initiative du PNUD qui a créé un fonds d’affectation spéciale pour les PEID, et de poursuivre sur certains défis clefs posés au développement de ces petits Etats insulaires.  C’est en particulier le cas de la pandémie du VIH/sida, des changements climatiques, de la vulnérabilité accrue de ces PEID, a-t-il précisé, avant de plaider en faveur de partenariats à grande échelle pour relever ces défis.  Le Groupe des 77 et la Chine est disposé à discuter avec les autres Etats Membres des recommandations contenues dans la Stratégie adoptée par l’APEI à Nassau, a assuré M. Koonjul.  Le rapport du Secrétaire général, a-t-il fait observer, s’adresse en priorité aux PEID et n’insiste pas assez sur les priorités qui relèvent de la responsabilité partagée de la communauté internationale.  Le Consensus de Monterrey est interprété par les PEID comme un moyen de développer des synergies et d’attirer des ressources financières pour la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade, a-t-il dit ensuite, jugeant toutefois que les engagements financiers n’ont pas été respectés par les pays développés.


M. DICK ROCHE, Secrétaire d’Etat pour les affaires européenne de l’Irlande, a réaffirmé, au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés, la validité du Programme d’action de la Barbade.  La Réunion de Maurice ne devrait donc pas servir à renégocier les engagements pris il y a 10 ans mais plutôt à renforcer les mesures prises au niveau national et le rôle de la communauté internationale.  Le Secrétaire d’Etat est revenu sur la coopération entre l’Union européenne et les petits Etats insulaires en développement à travers le Cadre pour le Pacifique, l’Afrique et les Caraïbes.  Un tel cadre existait bien avant que la communauté internationale n’ait reconnu la situation unique dans laquelle se trouvent ces îles.  L’Union européenne fournit également une aide dans le cadre du Partenariat de Cotonou qui est entré en vigueur en 2003 et qui insiste sur l’élimination de la pauvreté et le soutien à fournir aux économies extrêmement vulnérables des petits Etats insulaires en développement.


Considérant l’aide bilatérale fournie à titre national par ses Etats membres, l’Union européenne est devenue le partenaire de développement le plus important.  M. Roche a précisé que l’Union concentrait son action dans certains domaines, notamment la réduction de la pauvreté, l’intégration régionale, le lien entre développement et commerce, la protection de l’environnement, la mise en place de politique macroéconomique et le soutien du secteur social.  Depuis le Sommet du Millénaire, l’Union européenne a soutenu l’ouverture d’un Bureau du Haut Représentant pour les pays les moins développés, les pays sans littoral et les petits pays insulaires en développement.  Egalement depuis le Sommet de Johannesburg sur le développement durable, nous avons suivi avec intérêt le travail réalisé pour déterminer des indices de vulnérabilité, a précisé le Secrétaire d’Etat irlandais.  Les petits Etats insulaires en développement sont des partenaires clefs de l’Union européenne dans la mise en œuvre du Programme d’action sur les changements climatiques.  Il a également fait part du soutien de l’Union au Protocole de Kyoto ainsi qu’au développement de sources d’énergie renouvelables.  La Conférence internationale sur les sources d’énergie renouvelables prévue à Bonn en juin 2004 fournira une occasion de tisser des liens de coopération étroits dans ce domaine.


M. BALTON (Etats-Unis) a estimé que les PEID et le reste de la communauté internationale avaient progressé dans la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade, tout en considérant qu’il est important de renouveler cet engagement et de prendre en considération les préoccupations particulières des petits Etats insulaires.  Il a ensuite considéré que la Stratégie mise au point à Nassau par l’Alliance des petits Etats insulaires ne reflétait pas les positions des autres Etats.  C’est un document très long, très détaillé, une sorte de liste de doléances qui succède à un Programme d’action de la Barbade lui-même très long, a-t-il observé.  Ce document touche à des problèmes qui ne sont pas spécifiques aux PEID.  En cas d’échec des consultations officieuses d’ici la fin de la semaine, le représentant américain a proposé de faire de cette Stratégie l’un des documents de la Réunion internationale de Maurice et d’élaborer par ailleurs un document plus court et plus précis.  Il a invité les délégations à tenir compte du non-document qu’il a fait circuler au cours de la séance. 


M. BIKENIBEN PAENIU, Ministre des finances, de la planification économique et de l’industrie de Tuvalu, a convenu qu’il était nécessaire de traduire dans les faits le document de stratégie élaboré à Nassau par 22 Ministres qui doit servir de document de base pour le partenariat entre les petits Etats insulaires et la communauté des donateurs.  Le Ministre a relevé plusieurs obstacles au développement des îles, notamment les catastrophes naturelles et leur vulnérabilité particulière sur le plan économique.  Le Ministre a estimé que l’absence de ressources financières constituait un obstacle majeur à la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade.  Sa délégation appuie sans réserve la déclaration du représentant de Maurice, a-t-il conclu.


M. NICOLAI CHOULKOV (Fédération de Russie) s’est dit convaincu que l’examen du Programme d’action de la Barbade renforcera les conclusions du Sommet de Johannesburg.  L’examen de la problématique du développement durable doit se faire conformément aux paramètres définis par le Sommet de Johannesburg et de la Conférence de Monterrey sur le financement du développement.  Ces deux Conférences ont mis au point des modalités renouvelées et entériné un programme de travail de la Commission du développement durable pour plusieurs années.  L’essentiel est de garantir une analyse scientifique de l’application du Programme d’action de la Barbade.  Nous devrons définir des méthodes efficaces d’évaluation de ce Programme sur la base des résultats de Johannesburg.  Il est nécessaire de nous en tenir aux questions sectorielles identifiées lors des sessions précédentes de la Commission du développement durable comme l’utilisation et la préservation des écosystèmes ou les changements climatiques.  Il sera important aussi de mettre l’accent sur la nécessité pour ces Etats de définir davantage d’initiatives afin d’améliorer la mise en œuvre du Programme d’action de la Barbade avec l’aide de la communauté internationale.


*E/CN.17/2004/12

**E/CN.17/2004/8


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