12/10/2004
Communiqué de presse
CS/8216



Conseil de sécurité

5055e séance - matin


LE SOUS-SECRÉTAIRE GÉNÉRAL AUX OPÉRATIONS DE MAINTIEN DE LA PAIX ESTIME QUE LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES EN AFGHANISTAN MARQUENT UN TOURNANT VERS LA DÉMOCRATIE


Trois jours après les élections présidentielles en Afghanistan, le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix est venu, ce matin, rendre compte au Conseil de sécurité du succès des élections présidentielles dont les résultats seront connus dans « plusieurs semaines ».  Le fait que ces élections se soient tenues malgré les menaces extrémistes, un terrain très difficile, des conditions climatiques dissuasives et d’autres défis constitue déjà un succès en soi, a déclaré M. Hédi Annabi, qui a ajouté que le taux de participation impressionnant, l’enthousiasme et la fierté des femmes et des hommes qui votaient pour la première fois, l’environnement pacifique et ordonné dans lequel les élections se sont déroulées ont fait de ce jour, un événement particulier qui place sous les meilleurs auspices le périple des Afghans vers une démocratie solide.  Les élections n’ont pas été parfaites, a concédé le Sous-Secrétaire général, qui a parlé de la suite donnée aux allégations de fraudes, des mécanismes de sécurité et de l’importance du processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DRR). 



LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Exposé


Le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, M. HÉDI ANNABI, a fait remarquer que si les résultats des élections ne sont pas définitivement connus avant un certain temps, le verdict populaire sur le processus lui-même est extrêmement positif.  Les seuls problèmes graves qui sont intervenus pendant le vote, a-t-il rappelé, étaient liés à l’usage inapproprié de l’encre indélébile.  C’est de là qu’est partie la rumeur selon laquelle tout le processus était compromis dans la mesure où l’encre ne pouvait être effacée.  Le problème a été identifié et résolu dès les premières heures des élections.  Dès le début de l’après-midi, les plaintes avaient cessé, a affirmé le Sous-Secrétaire général.  Bien que ce problème ait été réglé et que les élections aient fait preuve d’un véritable enthousiasme, 15 candidats de l’opposition ont publié une déclaration appelant à la suspension des élections et déclarant leurs résultats illégitimes.  Ils ont fait valoir, a indiqué M. Annabi, une série d’allégations dont une selon laquelle l’Organe mixte d’administration des élections demandait aux gens de voter pour le Président Karzaï.  L’Organe mixte d’administration a rejeté la demande et reconnu, dans une déclaration, que certains problèmes techniques étaient intervenus et que des allégations d’irrégularités avaient été faites, tout en rappelant aux candidats l’existence de mécanismes de plaintes et la possibilité qui leur est offerte de participer aux enquêtes. 


Au cours de la journée, s’est félicité le Sous-Secrétaire général, les électeurs ont commencé à manifester leur opposition au boycott, affaiblissant ainsi la position des opposants.  Le lendemain, modérant leur position, un certain nombre de candidats a souligné la nécessité d’engager une enquête indépendante sur les allégations d’irrégularités.  L’Organe a donc demandé à la Mission de l’ONU de nommer un groupe d’experts électoraux indépendants pour l’aider dans les enquêtes.  Le 11 octobre, c’était chose faite, a indiqué M. Annabi avant d’aborder les questions de sécurité.  Il a fait part d’incidents mineurs en attribuant cette évolution positive à la coopération entre l’Organe mixte d’administration et les forces nationales et internationales de sécurité.  Il a donc jugé utile que les forces supplémentaires de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) demeurent dans le pays jusqu’à la fin des élections législatives prévues en avril 2005.  Prévenant que le décompte des voix prendra plusieurs semaines, il a indiqué que les résultats seront annoncés si l’Organe conclut que les irrégularités n’ont pas affecté la crédibilité des élections.  Le Sous-Secrétaire général a aussi attiré l’attention sur le caractère satisfaisant des processus électoraux organisés pour les réfugiés afghans au Pakistan et en Iran où ont voté 50% des électeurs potentiels. 


La présence d’observateurs électoraux a également contribué à assurer la crédibilité de ces élections, a poursuivi M. Annabi.  Le jour du scrutin, 5 321 observateurs afghans et 121 observateurs internationaux étaient mobilisés.  En outre, quelque 22 000 agents des partis politiques et 52 000 agents accrédités représentant les candidats étaient également présents pour veiller au bon déroulement du processus électoral dans les provinces afghanes.  Un grand nombre de ces agents a continué à jouer un rôle actif même après l’appel au boycott lancé par leurs candidats et ils se sont également impliqués dans le processus de décompte des votes, a expliqué le Sous-Secrétaire général.


Avant ces élections, les efforts se sont concentrés sur la mise en place d’un climat de sécurité propice à la tenue d’un scrutin crédible.  Durant le mois d’août, une liste de résultats à obtenir avait été diffusée au sein du Conseil de sécurité, comprenant notamment des recommandations en matière de renforcement de la sécurité ou d’enregistrement des partis politiques qui ont rompu leurs liens avec les milices armées.  Dans ce contexte, M. Annabi a estimé que des efforts supplémentaires devront être réalisés pour accélérer le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), et ce, en prévision des prochaines élections législatives.


Le processus électoral a eu une incidence évidente sur la démobilisation des soldats, a noté M. Annabi.  À la fin du mois de septembre, 5 480 soldats avaient participé au programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), soit près de 40% de plus que depuis le début du programme en octobre 2003.  Le jour des élections, 22 500 personnes ont été désarmées et 2 780 armes lourdes utilisables ont été neutralisées ou enfermées.  Ces chiffres démontrent que le désarmement est un élément très important pour la tenue d’élections crédibles et que le processus électoral lui-même encourage le désarmement.  C’est la raison pour laquelle la communauté internationale doit poursuivre son appui à ces deux processus, en particulier dans la perspective des élections législatives qui doivent se tenir au printemps, a-t-il indiqué.


Les défis sont encore considérables, mais la patience et la détermination manifestées par les hommes et les femmes d’Afghanistan constituent une véritable source d’optimisme qui permettront à un gouvernement « totalement représentatif » de voir le jour à l’issue de ces élections, tel que stipulé dans l’Accord de Bonn, a conclu M. Annabi.  


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