08/06/2004
Communiqué de presse
CS/2697



Conseil de sécurité

4986e séance – matin


LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ENTEND LANCER UNE ÉVALUATION DU MANDAT ET DES

EFFECTIFS DE LA FORCE DES NATIONS UNIES À CHYPRE


Il ne voit actuellement aucune raison pour reprendre sa mission de bons offices


Le Conseiller spécial du Secrétaire général pour Chypre, Alvaro de Soto, soulignant ce matin devant le Conseil qu’il est opportun, après les derniers événements, de passer en revue toute la gamme des activités de paix des Nations Unies dans le pays, a notamment annoncé que le Secrétaire général avait l’intention de réaliser d’ici à trois mois un examen du mandat de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP).  Il s’agira d’évaluer également le niveau des forces et le concept d’opérations, à la lumière de l’évolution de la situation sur place, des positions respectives des parties, et de tout avis que le Conseil de sécurité pourrait exprimer.  M. de Soto a également indiqué clairement que tant que l’impasse actuelle persisterait, le Secrétaire général ne voyait aucune raison pour reprendre sa mission de bons offices. 


Présentant le dernier rapport* du Secrétaire général sur la question, le Conseiller spécial est revenu sur les efforts déployés du 10 février au 29 mars pour parvenir à un règlement.  Il a rappelé que l’Accord de fondation contenu dans le Règlement global du problème de Chypre a été soumis à des référendums distincts et simultanés le 24 avril 2004.  Cet Accord, a-t-il rappelé, a été rejeté part la partie chypriote grecque mais approuvé par la partie chypriote turque.  L’objectif des efforts entamés à la fin des années 1990 était de parvenir à un règlement qui fasse l’objet d’une décision de la population chypriote des deux côtés.  La population a choisi et nous devons respecter la décision.  Les efforts des dernières années n’ont certes pas toujours été couronnés de succès, mais des progrès ont été accomplis.  Il est important de préserver les acquis afin de garder la porte ouverte à une réconciliation et à une réunification éventuelle dans le futur.  Le Conseil de sécurité, qui a toujours appuyé fermement les efforts du Secrétaire général, a un rôle clef à jouer, a poursuivi M. de Soto.  


Le Secrétaire général a souhaité que les Chypriotes grecs réfléchissent sérieusement aux résultats du processus au cours des prochains mois.  Nous avons besoin de comprendre les raisons qui les ont poussés à rejeter le plan qui leur était soumis et qui était fondé sur une vision du Conseil de sécurité formulée au cours d’un quart de siècle.  Nous devons savoir si des questions de sécurité et de mise en œuvre du plan ont été à l’origine de ce rejet, et ce que le Conseil pourrait faire pour répondre à ces soucis, a lancé M. de Soto. 


Je tiens à éclaircir une des phrases dans le rapport du Secrétaire général, dans laquelle il est dit que « ce qui a été rejeté est la solution elle-même, et non pas une simple ébauche », a-t-il également précisé.  Le propos de cette phrase est de mettre l’accent sur le fait que ce que la partie grecque a rejeté le 24 avril dernier était le plan global de règlement du problème, prêt à être mis en œuvre, sans qu’il y ait quoi que ce soit à renégocier.  Ce n’était donc pas un simple cadre ou une énumération de principes directeurs pour des pourparlers à mener dans l’avenir.


M. de Soto a noté que le Secrétaire général a d’autre part souligné que les Chypriotes turcs, en approuvant le plan soumis, ont affirmé sans détour leur engagement envers la réunification de Chypre.  Ils ont clairement indiqué qu’ils ne souhaitaient pas la division de l’île en deux entités.  Le Secrétaire général demande donc au Conseil d’encourager les Chypriotes turcs et la Turquie pour qu’ils continuent à soutenir cette vision.  Il appelle le Conseil à exhorter tous les États à coopérer sur le plan bilatéral et multilatéral pour combattre toute action qui viserait à isoler les Chypriotes turcs.


Les actions que le Secrétaire général recommandent s’adressent aux États.  Le propos de ses recommandations ne vise pas à accorder des droits ou fonctions étatiques à la soi-disant « République turque de Chypre-Nord ».  Il n’est en effet pas question d’assister une quelconque sécession, mais plutôt de promouvoir la réunification et la réconciliation, a encore indiqué le Conseiller spécial. 


Rapport du Secrétaire général sur l’Opération des Nations Unies à Chypre (S/2004/427)


Le Secrétaire général rend compte de la situation pour la période du 11 novembre 2003 au 20 mai 2004.  Estimant que faute d’un règlement global, la présence de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix sur l’île continuera d’être nécessaire pour maintenir le cessez-le-feu, il recommande au Conseil de sécurité de proroger son mandat pour une nouvelle période de six mois, jusqu’au 15 décembre 2004.. 


Il fait le point des activités que la Force -dotée d’un effectif de 1 201 militaires et 46 policiers au 4 mai 2004- mène à Chypre en application de la résolution 186 (1964). 


Il indique que la situation est demeurée calme le long des lignes de cessez-le-feu et que la libre circulation d’habitants des deux parties de l’île au moyen de points de passage est désormais un fait acquis.  Il juge encourageant le fait que les incidents liés au rétablissement de la libre circulation, déjà peu nombreux, ont encore diminué.  Il précise qu’au 1er mai 2004, on avait compté 3,7 millions de passages aux points de Ledra, Ayios Dometicos/Metehan, Pergamos et Strovilia depuis leur ouverture le 23 avril 2003. 


Le Secrétaire général exhorte les autorités chypriotes turques à permettre une entière liberté de mouvement à la Force des Nations Unies afin qu’elle soit en mesure d’exercer plus efficacement son mandat.  Il note que les restrictions imposées à la Force en juillet 2000 par les forces de sécurité chypriotes turques, partiellement assouplies en mai 2003, ont continué de gêner ces opérations, notamment dans la zone clôturée de Varosha, alors que la violation du statu quo militaire à Strovilia a persisté.  L’ONU tient le Gouvernement turc pour responsable du maintien de ce statu quo. 


Compte tenu des résultats sans appel du vote du 24 avril, le Secrétaire général fait part de son intention de réaliser, d’ici à trois mois, un examen du mandat, des effectifs et du concept d’opérations de la Force, en prenant en considération l’évolution de la situation sur place, les positions des parties et tous les avis éventuels du Conseil de sécurité.  Il compte faire des recommandations sur les mesures d’ajustement ou de restructuration éventuellement nécessaires. 


Par sa résolution 57/332 du 18 juin 2003, l'Assemblée générale a ouvert un crédit de 43,8 millions de dollars au titre du fonctionnement de la Force pour la période du 1er juillet 2003 au 30 juin 2004, montant comprenant une contribution volontaire du Gouvernement chypriote de 14,6 millions de dollars et une contribution volontaire du Gouvernement grec d’un montant de 6,5 millions de dollars.  Le montant proposé pour la période allant du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005 est de 47,4 millions de dollars. 


Le rapport note également qu’au cours de la période considérée, la Force a permis l’organisation de 138 manifestations bicommunautaires à l’hôtel Ledra Palace, qui ont réuni 7 300 Chypriotes grecs et turcs, alors que 500 personnes originaires des deux communautés ont participé à une manifestation pacifiste en mars 2004. 


* S/2004/437


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