03/06/04
Communiqué de presse
CS/2693



Conseil de sécurité

4981e séance – matin


LE PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT DE TRANSITION, CHARLES GYUDE BRYANT, PLAIDE DEVANT LE CONSEIL EN FAVEUR DE LA LEVÉE DES SANCTIONS IMPOSÉES AU LIBÉRIA


Après avoir remercié la communauté internationale de la tenue de la conférence d’annonces de contributions pour la reconstruction du Libéria, qui a eu lieu au mois de février dernier au Siège des Nations Unies, et au cours de laquelle des Etats Membres se sont engagés à verser 520 millions de dollars en faveur du relèvement de ce pays, le Président du Gouvernement de transition du Libéria, M. Charles Gyude Bryant, a plaidé ce matin devant le Conseil de sécurité en faveur de la levée des sanctions imposées à son pays dans les secteurs de l’exportation des bois d’œuvre et des diamants.  Les efforts déployés par le Gouvernement national de transition avec le soutien de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), que dirige M. Jacques Klein, ont permis de créer un cadre transparent d’attribution des licences d’exploitation forestière et de contrôle des ressources publiques tirées de cette activité, a-t-il indiqué, en soulignant que de nouvelles lois concernant ce secteur avaient été promulguées.  Il a précisé que les royalties payées au Gouvernement étaient désormais versées sur un compte spécial ouvert à la Banque centrale du Libéria, dont les opérations sont vérifiables par les institutions pertinentes et les bailleurs de fonds. 


Concernant la question des diamants, le Président du Gouvernement de transition a déclaré que le Libéria procède actuellement à la mise en place de structures et à l’élaboration de lois qui lui permettront d’être bientôt en totale conformité avec les règles de surveillance du Processus de Kimberley.  M. Bryant a remercié les Etats-Unis d’avoir pris la décision de lever unilatéralement l’embargo sur l’importation de diamants en provenance du Libéria, précisant toutefois qu’à ce jour, aucune transaction n’avait été effectuée.  Même en cas de levée totale des sanctions par le Conseil de sécurité, a-t-il ajouté, son pays ne procéderait à aucune vente de diamants bruts tant qu’il ne serait pas pleinement partie au Processus de Kimberley.


Présentant deux rapports du Secrétaire général sur l’évolution de la situation au Libéria, le Représentant spécial et Coordonnateur pour les opérations des Nations Unies au Libéria, Jacques Paul Klein, a indiqué pour sa part que la MINUL assurait de manière satisfaisante le désarmement des ex-combattants au conflit du Libéria.  Plus de 73% d’entre eux, a-t-il déclaré, ont rendu leurs armes.  Cependant, le processus de paix et le programme de désarmement, démobilisation, réhabilitation et reconstruction (DDRR) ne seront menés à bon terme que si les ex-combattants sont effectivement réinsérés dans la vie économique et dans leurs communautés respectives, ce qui requiert un appui soutenu de la communauté internationale aux efforts menés à la fois par le Gouvernement national de transition et par l’ONU.


À l’instar de nombreuses délégations, dont celles des Etats-Unis, de l’Algérie, de l’Angola, et du Pakistan, M. Klein s’est prononcé en faveur de la levée des sanctions économiques imposées au Libéria.  Ces délégations ont argué que les causes de ces sanctions, dues aux actions de l’ancien gouvernement présidé par Charles Taylor, étaient en voie d’être réglées par le Gouvernement de transition.  Les efforts de reconstruction de ce Gouvernement ne devraient pas être bloqués ou pénalisés par le manque de ressources, ont dit les représentants de l’Angola et du Pakistan en faisant remarquer que sur les 520 millions de dollars promis au mois de février dernier, la communauté internationale n’avait versé à ce jour que 62 millions de dollars au Libéria.  La levée des sanctions sur les exportations de bois d’œuvre et de diamants doterait le Gouvernement de transition d’une partie des moyens dont il a besoin pour encourager la reconstruction sociale et relancer l’économie et l’emploi, ont-ils fait remarquer en attirant l’attention du Conseil sur les mesures de transparence et de bonne gouvernance prises par M. Bryant et ses collaborateurs.


Concernant la réconciliation nationale au Libéria, les Etats-Unis et le Bénin ont déclaré que l’impunité ne devrait pas être tolérée.  A ce sujet, le représentant des Etats-Unis a estimé que tout devrait être mis en œuvre pour faire comparaître l’ancien Président Charles Taylor et ses associés devant la justice.


LA SITUATION AU LIBÉRIA


Rapport du Secrétaire général établi conformément à la résolution 1521 (2003) du Conseil de sécurité concernant le Libéria (S/2004/428)


Ce rapport, établi à partir des informations communiquées par toutes les sources pertinentes, y compris le Gouvernement national de transition du Libéria (GNTL), la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), concernant les progrès accomplis dans le cadre objectifs décrits aux paragraphes 5, 7 et 11 de la résolution 1521 (2003).  Au paragraphe 5 de ce texte, le Conseil se déclarait prêt à mettre fin aux mesures d’embargo sur les ventes d’armements, de matériels connexes, d’armes, de munitions, de véhicules et d’équipements militaires imposées contre le Libéria par le Conseil.  Au paragraphe 7 de la résolution, le Conseil demandait au GNTL de mettre en place d’urgence un régime de certificat d’origine des diamants bruts libériens qui soit efficace, transparent et vérifiable sur le plan international, en vue de sa participation au Processus de Kimberley.  Au paragraphe 11 de la résolution, le Conseil engageait instamment le GNTL à exercer pleinement son autorité et son contrôle sur les régions productrices de bois d’œuvre, et à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que les recettes publiques provenant du secteur forestier ne soient pas utilisées pour attiser le conflit ou de quelque autre manière en violation des résolutions du Conseil, mais soient utilisées dans l’intérêt de la population libérienne et aux fins du développement.


Avant de faire part de ses observations sur la situation au Libéria, dans le respect des termes de la résolution 1521 (2003), le Secrétaire général indique que la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest a estimé que ce rapport traite de façon satisfaisante toutes les questions pertinentes et qu’elle en approuve la teneur.


En dépit de graves contraintes financières et opérationnelles, indique ensuite Kofi Annan, le GNTL a fait des progrès encourageants vers la réalisation des objectifs énoncés aux paragraphes 5, 7 et 11 de la résolution 1521 (2003).  Beaucoup reste cependant à faire pour mettre en oeuvre de façon rigoureuse, transparente, et responsable, les recommandations énoncées par le Comité d’examen des sanctions concernant le bois d’œuvre en vue de réformer la filière bois, note le Secrétaire général en indiquant qu’il faut traduire ces recommandations en un programme complet de réforme accompagné de directives précises, d’une stratégie de mise en œuvre et d’un échéancier.  Bien que des mesures aient déjà été prises en ce sens, notamment avec l’examen des contrats de concession forestière, des préoccupations subsistent quant au rythme auquel se déroule l’ensemble du processus et à la façon dont les concessions futures seront attribuées par le GNTL qui, souligne le Secrétaire général, n’exerce pas encore pleinement son autorité sur les régions productrices de bois d’œuvre.


Le GNTL, poursuit-il, devrait cependant être bientôt en mesure d’étendre progressivement son contrôle sur ces régions grâce au déploiement systématique de la MINUL sur l’ensemble du territoire, y compris les grandes zones d’exploitation forestières de Buchanan, Greenville et Zwedru, et à la multiplication des patrouilles terrestres et aériennes effectuées par les forces des Nations Unies.  En revanche, rien n’autorise à penser que le Gouvernement disposera à bref délai des moyens nécessaires pour exercer un contrôle effectif sur l’ensemble des activités forestières.  Il faudra un certain temps pour remettre sur pied les administrations locales des zones forestières, estime le Secrétaire général.


Il importe de noter qu’au cours des 14 années de guerre civile, un nombre considérable de registres d’exploitation ont été soit perdus soit mal tenus, et qu’il est donc difficile de se faire une idée précise de la situation financière de la Forestry Development Authority (FDA).  Cette institution aura donc fort besoin d’aide pour gérer rationnellement les recettes forestières du Libéria et se doter des systèmes financiers et informatiques requis avant l’audit qu’il est prévu de faire en juillet 2004 grâce à des crédits de l’Union européenne, fait observer M. Annan.  En ce qui concerne le secteur du diamant, ajoute-t-il, le GNTL fait des progrès réguliers dans la préparation de sa demande d’adhésion au Processus de Kimberley, surtout depuis la visite d’un représentant du Conseil supérieur du diamant venu de Belgique au mois d’avril.  Le Gouvernement devra veiller à garantir la transparence de la démarche suivie pour préparer sa demande d’adhésion et pour créer un système de contrôle de l’exportation, de l’importation et de transit de diamants bruts.


Le Secrétaire général invite les membres du Conseil de sécurité à s’interroger sur les mesures supplémentaires que pourraient prendre le Gouvernement national de transition du Libéria pour aider ce pays à répondre aux exigences de la résolution 1521 (2003).  Il exprime sa gratitude aux Etats Membres et aux organisations internationales qui soutiennent déjà les efforts déployés par le GNTL pour réformer la filière libérienne de bois et pour adhérer au Système de certification du Processus de Kimberley, et il engage tous les bailleurs qui sont en mesure de le faire à fournir au Gouvernement un soutien encore plus généreux.  Ce soutien, déclare M. Annan, est crucial, si l’on veut que le Libéria fasse suffisamment de progrès en vue de réaliser les objectifs fixés par la résolution 1521 (2003) pour justifier un réexamen à brève échéance de sanctions en vigueur.  On peut aussi espérer, conclut le Secrétaire général, que grâce au travail effectué aujourd’hui par le GNTL avec le soutien de la communauté internationale, l’effort national de développement sera puissamment conforté à l’avenir par une saine gestion des recettes tirées des richesses naturelles du pays.


Troisième rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies au Libéria (S/2004/430)


Ce rapport porte sur les faits nouveaux intervenus depuis le 22 mars 2004.  Pendant la période considérée, fait remarquer le Secrétaire général, la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL) continue de progresser vers la stabilisation du Libéria et la création des conditions de sécurité nécessaires à la mise en œuvre intégrale de l’Accord général de paix, à la distribution de l’aide humanitaire, et au lancement des opérations de relèvement du pays.  Le déploiement de soldats de la MINUL dans l’ensemble du pays est presque achevé et le programme de désarmement, démobilisation, relèvement et réinsertion (DDRR) est en cours d’exécution, note Kofi Annan.  Des progrès marquent aussi les efforts visant à relever le secteur judiciaire, à réformer le régime pénitentiaire et à faciliter l’extension de l’administration à l’ensemble du Libéria, indique le Secrétaire général en estimant que le renforcement croissant de la sécurité a permis d’améliorer le bilan des droits de l’homme et d’élargir l’accès à l’aide humanitaire.  Les mécanismes de suivi de l’application de l’Accord général, qui comprennent la Commission mixte de contrôle, le Comité de suivi de l’application de l’Accord et le Groupe de contact international sur le Libéria, fonctionnent avec une plus grande efficacité.


Toutefois, relève le Secrétaire général, des problèmes de taille restent à régler.  En particulier, la sécurité risque de devenir précaire tant que le désarmement et la démobilisation des combattants ne seront pas entièrement terminés, que le programme de désarmement et de démobilisation ne sera pas achevé, et que celui de réinsertion à long terme des ex-combattants n’aura pas pris un rythme soutenu.  L’appui fourni par la MINUL et les autres partenaires est essentiellement destiné à donner des pouvoirs effectifs au Gouvernement national de transition du Libéria, indique Kofi Annan.  Il est à cet égard encourageant de noter que le Conseil des Ministres se réunit maintenant régulièrement et que la plupart des postes sont pourvus, note-t-il.  La nomination d’une Commission électorale nationale et l’élaboration d’une législation relative à la création d’une commission indépendante des droits de l’homme et d’une commission vérité et réconciliation constituent également des développements encourageants.


Le Gouvernement national de transition du Libéria, de concert avec la MINUL, a l’intention de mettre en place une nouvelle force de police dotée d’un effectif de 1 800 éléments d’ici à la date des élections nationales prévues pour octobre 2005.  A cet égard, le Secrétaire général lance un appel aux Etats Membres pour qu’ils fournissent l’assistance nécessaire au renforcement des moyens de l’école de formation de la police et à l’équipement de la force de police restructurée, notamment en véhicules, en matériel de transmissions, en uniformes, et en aménagements de postes de police dans l’ensemble du territoire.  Il félicite les Etats-Unis d’avoir été les premiers à aider à la restructuration et à la formation des forces armées libériennes, et il demande aux autres Etats Membres de contribuer à cet effort.


Le programme de réinsertion des ex-combattants et de rapatriement des combattants non libériens nécessitera aussi l’appui généreux de la communauté internationale.  En l’absence de réinsertion effective, tout le programme de DDRR pourrait être sérieusement compromis, ce qui risquerait de faire renaître l’insécurité dans le pays, déclare Kofi Annan en faisant observer que l’instabilité pourrait s’accroître dans la sous-région faute d’appui aux programmes concernant la question des combattants étrangers, en particulier leur rapatriement et leur réinsertion dans leur pays d’origine.


Le Secrétaire général indique ensuite que face aux nombreuses difficultés du processus électoral, il est important que les préparatifs du scrutin de novembre 2005 commencent immédiatement.  Cela permettrait de disposer du temps nécessaire pour créer les conditions propices à la tenue des élections et mobiliser l’assistance technique et matérielle dont a besoin la Commission électorale nationale.  Le Secrétaire général se dit convaincu que les Etats Membres et les autres partenaires internationaux y prêteront leur concours en temps opportun.  Au 18 mai 2004, la composante militaire comprend 14 131 soldats, observateurs et officiers d’état-major et la police civile a un effectif de 720 personnes.  Ce personnel est fourni par 57 Etats, les contributeurs les plus importants étant l’Afrique du Sud, les Etats-Unis, le Nigéria et le Pakistan.



Déclarations


M. JACQUES PAUL KLEIN, Représentant spécial du Secrétaire général et Coordonnateur des opérations des Nations Unies au Libéria, a indiqué que compte tenu de la situation générale du pays, il y a sept mois, la priorité a été de la stabiliser en déployant progressivement des troupes dans l’ensemble du pays, en désarmant les groupes armés et en commençant la restructuration des institutions de l’ordre public.  Il a affirmé que les progrès enregistrés dans ces trois domaines ont dépassé tous les espoirs.  La Mission, a-t-il précisé, est désormais fortement présente aux trois frontières du pays tandis que la présence de la police et du personnel civil s’affirme de jour en jour. 


Le programme de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et de réinstallation (DDRR) progresse de manière satisfaisante, a encore indiqué le Représentant spécial.  Plus de 70% des 53 000 combattants sont désormais désarmés, a-t-il précisé tout en disant craindre que toutes les armes lourdes n’aient pas été collectées.  Il s’est également dit préoccupé par le fait que, jusqu’ici, très peu de combattants non libériens aient dévoilé leur identité.  Compte tenu des progrès, la priorité est désormais de préparer la réintégration des anciens combattants, a-t-il poursuivi avant de faire part des efforts déployés avec le Gouvernement de transition, les institutions de l’ONU, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) ou encore l’Union européenne. 


Le Représentant spécial est ensuite passé aux progrès réalisés dans le secteur de la sécurité, dans la restructuration de l’armée et dans le rétablissement de l’autorité de l’Etat avant d’expliquer les préparatifs des élections qui doivent se tenir en octobre 2005.  Il s’est attardé, à cet égard, sur l’aide que la Mission apporte à la Commission électorale nationale (NEC).  Conformément à l’Accord de paix global, la NEC doit choisir le système électoral, finaliser les critères d’éligibilité et préparer un projet de loi électorale.  Avant de clore ce chapitre, le Représentant spécial a prévenu le Conseil que certains membres du Gouvernement et de l’Assemblée de transition commencent à se montrer “moins enthousiastes” à l’idée de tenir des élections. 


Après avoir évoqué le travail des trois mécanismes de suivi de la mise en oeuvre de l’Accord de paix globale, le Représentant spécial a abordé la question de la coopération avec les deux autres missions de l’ONU déployées dans la région.  Il a ainsi promis au Conseil, pour la fin de cette année, une étude détaillée sur une approche régionale de l’accomplissement des trois mandats.  Passant à l’aspect humanitaire pour souligner le manque de ressources nécessaires à la poursuite des opérations, le Représentant spécial a ensuite exprimé sa déception devant le manque de respect par les donateurs de leurs engagements.  Des 520 millions de dollars promis en février, seulement 60 millions ont été versés jusqu’ici dans les caisses de la Mission.  Le Libéria ayant besoin de ressources financières pour assurer son développement, et par conséquent sa stabilité, le Représentant spécial a appelé le Conseil à aider ce pays à satisfaire les exigences de la résolution 1521 relative au régime de sanctions sur le diamant et le bois.


En conclusion, le Représentant spécial a déclaré “je peux vous affirmer que ne prévois aucun revirement majeur dans nos efforts pour apporter la paix durable et la stabilité au Libéria, en particulier, si les ressources pour la réintégration des anciens combattants et la relance économique sont mises à disposition au moment opportun”. 


M. CHARLES GYUDE BRYANT, Président du Gouvernement national de transition du Libéria, a remercié le Conseil de sécurité et les membres de la communauté internationale pour leur engagement en faveur de la reconstruction du Libéria.  Les annonces de contributions, d’un montant de 520 millions de dollars, qui avaient été faites en faveur du Libéria ont commencé à se traduire sur le terrain, a déclaré M. Bryant.  « Je suis aujourd’hui devant le Conseil de sécurité pour lui demander de lever les sanctions imposées contre le Libéria », a poursuivi le Président du Gouvernement national de transition.  Dans le processus de désarmement et de démobilisation que nous avons lancé, deux exigences critiques émergent : celle de réhabiliter les ex-combattants qui manquent de qualifications professionnelles leur permettant de se réinsérer dans la vie civile, et ensuite celle de les réintégrer socialement dans les communautés locales. 


Le Libéria lance aujourd’hui un appel au Conseil pour qu’il lève les sanctions sur les exportations de bois d’oeuvre et de diamants.  Nous lançons cet appel après avoir fait une évaluation méticuleuse des raisons qui en étaient à l’origine, ceci en pleine coopération avec la communauté internationale pour éliminer ces causes.  Nous lançons aussi cet appel parce que ces sanctions donnent l’impression que le Libéria est une zone de totale insécurité, ce qui éloigne les investisseurs potentiels et entraîne des conditions de vie difficiles pour la population civile du pays.  Ces sanctions ont aussi un impact négatif sur le processus de retour à la paix et à l’harmonie sur le territoire du Libéria.


Le secteur forestier offre un énorme potentiel pour la création d’emplois et la relance de l’économie, a déclaré M. Bryant.  Ce secteur représentait avant le conflit 20% des recettes du Gouvernement et générait 50% des recettes à l’exportation.  Il employait 7 000 personnes.  Les sanctions qui lui sont imposées pèsent donc énormément sur le pays.  Le Libéria est aujourd’hui en paix avec ses voisins, et le Gouvernement national de transition est fermement engagé dans l’édification d’un Etat de droit respectueux des droits de l’homme et des normes de justice sociale.  Concernant le manque de transparence que le Conseil de sécurité avait relevé dans l’exploitation forestière au Libéria, nous avons lancé un processus d’examen du processus d’octroi de licences d’exploitation.  Les deux processus d’évaluation qui ont été conduits dans ce cadre sont arrivés à certaines conclusions et recommandations.  Tous les concessionnaires qui ont des dettes envers le Gouvernement doivent les payer.  Une date limite leur sera imposée pour qu’ils s’acquittent de leurs obligations et respectent strictement les nouvelles règles.  Ceux qui ne se conformeront pas aux nouvelles lois perdront leurs autorisations d’exploitation.  Sur les 30 exploitants forestiers recensés, 24 ont reçu le feu vert du Gouvernement parce qu’ils remplissent les critères requis.  Six concessionnaires n’ont pas reçu de nouvelles autorisations du fait d’irrégularités qui leur sont reprochées.  Leurs dossiers font actuellement l’objet d’une enquête.  Nous avons pris des mesures pour que les revenus issus du bois soient utilisés au profit des populations.  Nous avons mis en place des mesures transparentes de comptabilité, et tous les revenus seront déposés dans un compte spécial gouvernemental ouvert à la Banque centrale du Libéria.  En outre, notre Gouvernement est en train de lancer un projet de réforme du secteur forestier en vue de rétablir les liens entre les communautés locales et les activités d’exploitation forestière.


Concernant le secteur diamantifère, les ventes de diamants, a dit M. Bryant, représentent une bonne source de revenus pour le Libéria.  La production de diamants et d’or emploie un nombre substantiel de nos citoyens.  Du fait du régime financier du Libéria, qui s’appuie sur deux monnaies et est soutenu par le dollar américain, les commerçants des pays voisins et les négociants en diamants préfèrent venir faire des affaires dans notre pays.  Notre Gouvernement et nos populations bénéficient, de manière indirecte, de ces activités, a-t-il indiqué.  Nous avons fait beaucoup d’efforts pour satisfaire les demandes du Conseil de sécurité concernant le commerce des diamants et nous nous sommes engagés fermement dans le Processus de certification de Kimberley.  Le Panel d’experts du Conseil est pleinement informé des progrès que nous avons accomplis.  A cet égard, une nouvelle loi a été déposée par le Gouvernement à l’Assemblée législative de transition.  Elle devrait bientôt être adoptée.  En signe de soutien au Processus de Kimberley, nous avons promis au Comité d’évaluation des sanctions que dès la levée des sanctions, le Libéria procédera à l’interdiction de la vente, l’importation et l’exportation de diamants bruts tant qu’il ne sera pas membre à part entière du Processus de Kimberley. 


M. STEWART HOLLIDAY (Etats-Unis) a rendu hommage aux efforts du Représentant spécial et du Président du Libéria, en se félicitant en particulier du déploiement complet de la Mission de l’ONU et du calme relatif qui règne désormais dans le pays.  Il a aussi salué l’intention de la Mission de travailler avec les deux autres opérations de l’ONU déployées dans la région.  Il s’est dit préoccupé par le manque d’effectifs civils de la Mission avant de souligner l’importance du programme DDRR pour les progrès dans le processus politique.  Evoquant les problèmes liés aux réfugiés et aux personnes déplacées, victimes civiles des anciens combattants, il a appelé les protagonistes à déployer tous les efforts en leur faveur, en particulier dans le domaine de la relance économique.  Revenant à la question du désarmement, M. Holliday a jugé important de renforcer les efforts dans la collecte des armes.  Le processus de paix est toujours fragile et il faut redoubler d’efforts, a-t-il insisté.  Le représentant a indiqué que son pays a pris la tête du secteur de sécurité et entend utiliser une bonne partie de son aide bilatérale pour renforcer ce secteur. 


Les besoins du Libéria doivent être soutenus notamment dans le domaine de la police, qui est essentiel pour la bonne tenue des élections.  Il a donc invité les donateurs à honorer leurs engagements, à coordonner leurs efforts avec les autres protagonistes et à tenir compte de la question du retour des réfugiés et des personnes déplacées.  Au Gouvernement de transition, il a demandé de travailler avec les Nations Unies et les ONG.  Il s’est félicité des efforts du Gouvernement pour prendre en main les recettes gouvernementales en prévenant qu’aucun progrès ne sera effectif sans la transparence.  Liant la question à la levée des sanctions, il a argué que la corruption a encouragé un environnement dans lequel les abus de pouvoirs ont pu se multiplier.  Le moment est venu, a-t-il dit en évoquant la résolution 1521, de demander au Gouvernement de transition de créer des mécanismes transparents d’audits pour s’assurer que les revenus du Gouvernement ne servent pas à alimenter le conflit mais soient plutôt utilisés pour améliorer la vie des Libériens.  La levée des sanctions doit être étroitement liée à la satisfaction des conditions posées par la résolution pertinente, a estimé le représentant en concluant sur la nécessité de juger au plus vite l’ancien Président, Charles Taylor.


M. HENRIQUE R. VALLE (Brésil) a déclaré que sa délégation se réjouissait du lancement du programme de DDRR par la Mission des Nations Unies au Libéria, qui a ainsi pu désarmer 58% des ex-combattants.  Le Brésil souligne l’importance des campagnes de communication qui ont permis le succès de ces opérations de désarmement et encourage la communauté internationale à renforcer l’usage des programmes de radiodiffusion dans les opérations de maintien de la paix.  Après la séance que le Conseil a tenue sur les crises complexes et la manière dont l’ONU devrait les résoudre, le Brésil pense que la création d’emplois et d’activités économiques durables est essentielle à la mise en place des conditions d’une paix durable au Libéria.  L’ECOSOC pourrait avoir un rôle important à jouer dans le soutien à apporter à la reconstruction économique du pays, et l’expérience qu’il a acquise à travers ses groupes consultatifs pour la Guinée-Bissau et le Burundi pourrait être très utile au Libéria. 


M. WANG GUANGYA (Chine) a estimé que l’année qui vient de s’écouler a été riche en évènements grâce à une forte présence de la communauté internationale.  Le Libéria est entré dans une phase historique de son développement, a-t-il poursuivi en se félicitant des “réalisations visibles” du Gouvernement de transition.  Citant les tâches prioritaires telles que le DDRR, le rétablissement de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et le contrôle des ressources naturelles, le représentant s’est dit favorable, concernant cette dernière priorité, à ce que le Conseil se prononce le plus tôt possible sur la question de la levée des sanctions.  Le représentant a, par ailleurs, appelé la communauté internationale à respecter ses engagements.  Il a aussi appelé le Gouvernement de transition à normaliser ses relations avec ses pays voisins.  Il a espéré qu’à l’issue de la mission qu’il doit effectuer dans la région, le Conseil reviendra avec une vision globale des solutions à apporter aux problèmes actuels.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a déclaré que le processus de réconciliation pourrait être très long au Libéria et qu’il nécessitera beaucoup de moyens.  L’Algérie est encouragée par les progrès accomplis par le Gouvernement national de transition.  La communauté internationale est consciente du fait qu’elle doit appuyer le processus de paix au Libéria, qui est crucial pour toute la région d’Afrique de l’Ouest.  Un consensus existe sur la nécessité de mettre fin aux causes qui ont plongé cette région dans des conflits pendant une décennie.  Nous aimerions que le Président Bryant nous dise quelque chose sur la rencontre qui a eu lieu dans le cadre des instances des Etats de la Communauté du Fleuve Mano.  Le Gouvernement national de transition est fermement engagé en faveur de la paix et l’Algérie pense que les raisons qui avaient justifié l’imposition de sanctions contre le Libéria sont aujourd’hui dépassées.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) s’est dit encouragé par les propos tenus aujourd’hui par le Représentant spécial pour le Libéria, Jacques Klein.  Concernant la demande du Libéria relative à la levée des sanctions, il a observé avec “grand intérêt” l’action engagée par le Gouvernement de transition et la MINUL en faveur du rétablissement du contrôle de l’Etat sur les ressources naturelles.  Il a encouragé les autorités libériennes à poursuivre leurs efforts en ce sens, en promettant que le Conseil continuera à suivre de très près les progrès réalisés en la matière au regard des critères définis par la résolution 1521.  Citant ensuite les défis auxquels est encore confronté le pays à savoir le DDRR, la reconstruction de l’Etat et des services publics de base et l’organisation d’élections libres et transparentes, le représentant a souligné qu’un processus de paix durable et solide au Libéria est une garantie pour la paix et la stabilité de toute la région.  Il a conclu en exprimant sa satisfaction à l’égard des efforts engagés en faveur de la coordination entre les opérations des Nations Unies en Afrique de l’Ouest.  Nous avons toujours pensé, a-t-il insisté, que l’échange d’informations, le partage des ressources logistiques, le travail en commun aux frontières ou encore la coordination des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration sont indispensables pour renforcer l’efficacité de l’action de chacune des opérations. 


M. DE PALACIO (Espagne) a déclaré que sa délégation prenait note avec satisfaction des commentaires positifs de M. Klein sur l’action du Gouvernement libérien de transition.  L’Espagne encourage le Président Bryant et son Gouvernement à poursuivre les actions et les réformes engagées.  La situation de sécurité a besoin d’être renforcée par le déploiement total de la MINUL, la démobilisation complète des ex-combattants, et la mise en place de lois.  Concernant le DDRR, l’Espagne trouve très préoccupant que toutes les armes lourdes n’aient pu être récupérées et que certaines soient cachées par certaines parties.  Ces armes font peser une menace sur l’avenir du pays et de la paix.  Concernant la région, nous nous réjouissons de la réunion tenue à Dakar par la MINUL, la MINUCI et l’ONUCI, qui augure d’une bonne coordination entre les différentes opérations engagées en Afrique de l’Ouest.   Nous sommes fermement en faveur de la tenue d’élections en 2005 comme prévu.  Nous suggérons aussi que le Gouvernement et la communauté internationale s’engagent de manière ferme en faveur de la bonne gouvernance et de la transparence.


M. VADIM S. SMIRNOV (Fédération de Russie) a appuyé les conclusions du dernier rapport du Secrétaire général en notant les progrès et les défis qui restent à relever.  Il s’est dit satisfait des recommandations du Président du Libéria concernant la gestion des ressources naturelles du pays.  Il a, par ailleurs, voulu savoir ce qui est fait pour mettre en place la nouvelle armée.  Qu’en est-il des informations relatives à la circulation des armes lourdes? 


M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a reconnu l’ «énormité» des défis auxquels le Gouvernement de transition est confronté en citant la reconstruction des services publics, le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans l’ensemble du territoire et la relance économique.  Dans un tel environnement, comment rendre irréversible le processus de paix? s’est interrogé le représentant.  La réponse se trouve, selon lui, dans le respect par la communauté internationale de ses engagements.  Le Libéria, a-t-il dit, est une de ces crises complexes où le lien entre paix et développement doit rester au coeur de l’action internationale.  A cet égard, le représentant a estimé que l’aide de la communauté internationale doit se porter sur l’exploitation des ressources naturelles au profit du peuple libérien.  Se félicitant du rôle de la Mission en la matière, il a ajouté que la création par le Gouvernement de transition d’une équipe de travail sur le respect des sanctions est une autre preuve de son engagement et de sa volonté politiques. 


Le Libéria, a rappelé le représentant, a été décrit comme l’épicentre de l’instabilité sous-régionale.  Or, aujourd’hui, des progrès ont été accomplis, le rétablissement de la confiance entre les pays de la région est en cours et les leçons utiles qui ont été tirées ont permis aux Nations Unies de développer une approche régionale.  Je suis convaincu, a-t-il dit à la délégation libérienne, qu’avec votre volonté politique, l’unité de votre peuple et l’aide de la communauté internationale, votre pays regagnera la place qui lui est due dans le concert des nations et jouera un rôle de pionnier aux Nations Unies et à l’Union africaine.  Le Libéria doit devenir un des acteurs principaux de l’indépendance politique et de l’intégration économique de l’Afrique, et un symbole de liberté.


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a déclaré que la MINUL pourrait devenir un exemple de mission pluridimensionnelle dont pourrait s’inspirer d’autres opérations de l’ONU.  La deuxième étape du programme DDRR devrait prendre en compte les femmes, notamment les ex-combattantes, a estimé le représentant.  En Sierra Leone, beaucoup de femmes et de filles soldats n’ont pas été prises en compte par la MINUSIL.  Cette erreur ne doit pas être répétée au Libéria.  Nous espérons également que des progrès pourront être accomplis en matière de mise en commun de ressources en matière de reconstruction, pour que le poids qui pèse sur chacun des Etats de la région soit allégé, a-t-il recommandé.


M. JEAN-FRANCIS REGIS ZINSOU (Bénin) a salué les progrès réalisés dans le déploiement des troupes et dans le cadre du programme DDRR dont l’impact ne se limitera pas à l’intérieur des frontières du Libéria.  Toutes les parties doivent désormais se mobiliser pour renforcer la situation sécuritaire qui reste fragile.  Il a lancé un appel aux factions afin qu’elles coopèrent avec la Mission pour accélérer le processus de DDRR.  La réussite de ce processus est essentielle pour le développement national et la stabilité régionale, a-t-il poursuivi en insistant, par ailleurs, sur l’urgence qu’il y a à établir dans le pays certains services essentiels.  La précarité de la situation en matière de sécurité confère une signification particulière à la mise en place d’une police nationale et au renforcement du secteur judiciaire pour assurer l’adhésion des populations au processus de paix.  Les moyens financiers limités du Gouvernement commande la mobilisation rapide des ressources attendues de la communauté internationale, a-t-il encore dit.  Concernant les élections, il a salué les développements positifs comme la mise en place de la NEC, de la Commission des droits de l’homme et de la Commission vérité et réconciliation.  Il s’est, en revanche, dit préoccupé par les retards pris dans l’élaboration de certains textes juridiques importants dont ceux relatifs aux droits de l’homme.  Après avoir rejeté tout critère politique, ethnique ou tribal, il a insisté sur l’importance d’une assistance aux activités liées à la bonne gouvernance, moyen d’incitation à la réconciliation nationale. 


Concluant sur la question de la levée des sanctions, le représentant du Bénin s’est dit sensible au plaidoyer du Président du Libéria.  Il a toutefois estimé que les sanctions contre les individus doivent être examinées compte tenu de leurs effets limités dénoncés par certains.  Il a encore exprimé sa satisfaction devant la coopération qui semble se renforcer entre les trois missions de la région, en disant attendre avec intérêt le prochain rapport du Secrétaire général.  Posant une question au Représentant spécial, il a demandé de préciser la nature des difficultés qui ont provoqué les récentes insurrections des anciens combattants à Monrovia ainsi que les mesures envisagées pour prévenir de tels évènements. 


SIR EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a déclaré que le Conseil avait une dette particulière envers la MINUL et le Gouvernement national de transition pour la manière dont le processus de paix et de transition s’effectue au Libéria.  Nous nous réjouissons de nous rendre bientôt dans ce pays pour évaluer l’appui dont il a besoin pour renforcer les efforts en cours.  Le Royaume-Uni salue les actions lancées en faveur du renforcement de la sécurité et de la mise en place des structures d’un Etat de droit.  Nous appelons de nos vœux une réforme menant à la création de nouvelles forces de défense nationales.  Nous soutenons et encourageons le renforcement du programme de DDRR.  Concernant la question des sanctions, nous sommes sensibles au plaidoyer du Président Bryant en faveur de leur levée.  Cependant nous demandons une certaine prudence et nous nous prononcerons seulement après une solide évaluation de la situation.  La levée des sanctions contre l’exportation des diamants ne doit se faire qu’une fois que le Processus de Kimberley sera effectivement mis en place et appliqué au Libéria.  Le Royaume-Uni appuie en outre les efforts de la CEDEAO au Libéria.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a estimé que les présentations faites aujourd’hui sont extrêmement importantes et méritent un examen approfondi du Conseil de sécurité.  Le Conseil a compris que les éléments nécessaires à une paix durable sont la sécurité, la viabilité du processus politique et la reprise économique.  Dans le cas du Libéria, il semble que l’on soit en terrain sûr pour les deux premiers éléments.  Le rapport du Groupe d’experts dit qu’aucune violation de l’embargo sur les armes n’a été constaté depuis août 2003, a insisté le représentant, en se félicitant que le Libéria soit désormais en paix avec lui-même et avec ses voisins.  Concernant le troisième élément, il a jugé important que le Libéria ait les ressources et les capacités institutionnelles requises, dans l’intérêt de tout le peuple libérien.  En la matière, il a reconnu l’importance de l’assistance internationale.  Pourquoi la communauté internationale reste-t-elle muette? s’est interrogé le représentant en insistant sur le fait que, dans ces circonstances, le Gouvernement de transition n’a d’autres choix que de générer des ressources financières propres grâce à l’exploitation de ses ressources naturelles. 


Le Pakistan souligne, a-t-il dit, la distinction entre l’interdiction des armes et des voyages, d’une part, et les sanctions sur le diamant et sur le bois, d’autre part.  Il faut aborder ces deux régimes de façon distincte.  Les sanctions économiques ont un effet répressif, a insisté le représentant en paraphrasant le Président du Libéria et en appelant le Conseil à réfléchir à cette assertion.  La résolution 1521 (2003), a-t-il estimé, reconnaît que l’impact des sanctions économiques pourrait se faire sentir et qu’en conséquence, il serait bon de procéder à leur examen régulier afin de les lever en temps voulu.  Compte tenu des progrès réalisés sur le front des diamants, le représentant a jugé possible d’invoquer d’emblée la clause pertinente de la résolution.  Il a noté, à cet égard, les assurances du Président du Libéria de ne pas vendre de diamants tant que le pays n’aura pas adhéré au processus de Kimberley.  


M. MIHNEA JOAN MOTOC (Roumanie) a déclaré que son pays était encouragé par les bons résultats obtenus à ce jour par la MINUL et par le Gouvernement de transition libérien.  De l’avis de sa délégation, il faudrait accorder la priorité à l’aspect du programme de DDRR qui touche à la réinsertion, en vue de favoriser la réconciliation nationale et la reconstruction.  Par ailleurs, la délégation roumaine aimerait obtenir des précisions sur la réforme proposée en matière de forces de police.  Cette police devrait, selon la proposition, être constituée d’un effectif de 1 800 personnes.  Le représentant a également demandé des informations supplémentaires sur la réunion qui est prévue à Monrovia par les autorités de la MINUL.


M. HERALDO MUNOZ (Chili) s’est félicité de ce que le déploiement de la Mission puisse s’achever à la fin du mois de juin.  Sa délégation se félicite également que l’accord de cessez-le-feu est respecté.  Tout en saluant la reprise du programme de DDRR qui est une partie intégrante du processus de paix, le représentant chilien a, par ailleurs, jugé souhaitable que les préparatifs des élections commencent, dès à présent.  A son tour, il s’est réjoui de la coopération naissante entre les trois missions de la région.  Il a espéré, à cet égard, que les efforts en ce sens se consolideront après la mission que le Conseil doit effectuer dans la région.  Se tournant vers le Président du Libéria, il a souhaité que l’avenir de son pays s’éclaircisse rapidement.  


M. LAURO L. BAJA (Philippines) a déclaré que le déploiement de la MINUL à travers tout le  pays était un signe encourageant.  Les Philippines espèrent que la MINUL continuera d’aider le Gouvernement de transition dans le processus de réconciliation.  Les pays de la région, qui connaissent le mieux les dynamiques humaines et sociales de l’Afrique de l’Ouest, doivent soutenir ce qui se fait au Libéria.  La région compte en ce moment trois missions de maintien de la paix.  Nous aimerions avoir une idée des perspectives qu’offrent les interactions entre les mandats de ces trois missions.


Répondant aux questions des délégations, le Représentant spécial du Secrétaire général a d’abord invoqué la question des armes en rappelant au Conseil que tous les combattants n’avaient pas nécessairement une arme mais appuyaient les combattants.  Expliquant ainsi la différence entre le nombre des anciens combattants et celui des armes collectées, il argué que le vrai problème est celui de la réintégration et de la réinsertion auquel la Mission et le Gouvernement de transition consacrent tous les efforts.  Se félicitant, une nouvelle fois, de la coopération avec les deux autres missions de la sous-région, il a assuré qu’aujourd’hui les missions assurent des patrouilles aériennes communes ainsi que le contrôle des diamants et du bois sans constater de violations des normes en vigueur.  Le Libéria a besoin d’une structure de défense, a-t-il poursuivi en arguant que son budget, son type et son armement dépendront de la mission qu’on lui assignera.  Venant à la question des sanctions, il a fait remarquer que si le nouveau gouvernement peut faire la preuve de la transparence attendue de lui, le Conseil devra lever les sanctions. 


A son tour, le Président du Libéria a qualifié de “très bonnes” les relations avec les pays voisins.  Cela a été le résultat de grands efforts déployés au cours de ces derniers mois.  “Nous avons tous la détermination à vivre en paix et à prendre des mesures communes de sécurité pour prévenir les incursions aux frontières et la contrebande d’armes légères ou lourdes”, a-t-il affirmé, en ajoutant qu’en raison du caractère inacceptable de l’ancien Gouvernement libérien, il était favorable aux sanctions imposées par le Conseil.  Tout a changé aujourd’hui, a-t-il aussi affirmé en insistant, une nouvelle fois, sur l’importance des ressources financières pour mettre en place l’infrastructure qui permettra à ceux qui veulent investir dans le pays à ne pas avoir à investir aussi dans les services de base. 


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