26/02/2004
Communiqué de presse
CS/2633



Conseil de sécurité

4917e séance – après-midi


LE CONSEIL SE DIT PRET A ETUDIER LA POSSIBILITE D’ENVOYER UNE FORCE

INTERNATIONALE POUR APPUYER UN REGLEMENT POLITIQUE EN HAITI


A la demande de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), le Conseil de sécurité a tenu une réunion d’urgence, cet après-midi, pour « examiner la situation concernant Haïti, qui ne cesse de se détériorer et menace la paix et la stabilité dans la région »*.  Président en exercice de la CARICOM, le Ministre des affaires étrangères de la Jamaïque, Keith Desmond Knight, a affirmé pour sa part, que la détérioration de la situation politique et humanitaire pourrait constituer une grave préoccupation pour la communauté internationale, en raison de l’exode massif de la population qui pourrait en résulter.  A l’instar de la majorité des orateurs dont le représentant d’Haïti, M. Knight a demandé une intervention « directe et immédiate » des Nations Unies en Haïti.  Le Conseil, a-t-il insisté, doit autoriser d’urgence la constitution d’une force multinationale pour aider à la restauration de l’ordre public et de l’état de droit, faciliter le retour de la stabilité et créer un environnement favorable à la recherche d’une solution à la crise politique actuelle. 


En réponse à ces propos, les membres du Conseil ont exprimé, par une déclaration présidentielle, leur intention « d’étudier les options d’un engagement international, et notamment l’envoi d’une force internationale à l’appui d’un règlement politique, conformément à la Charte des Nations Unies ».  Dans cette déclaration présidentielle, rendue publique à l’issue du débat au cours duquel sont intervenues 31 délégations, les membres du Conseil ont salué le rôle moteur joué par l’Organisation des Etats américains (OEA) et la CARICOM et estimé que leur Plan de paix constitue une base importante en vue du règlement de la crise. 


Ce Plan, présenté aux membres du Conseil par le Ministre jamaïcain des affaires étrangères, se fonde sur trois principes, à savoir le strict respect de la démocratie, le rejet du coup d’Etat et la conformité de tout changement avec la Constitution.  Le Plan, a-t-il précisé, envisage la création d’une Commission électorale, l’instauration d’un Conseil de personnalités éminentes, la nomination d’un Premier Ministre et la formation d’un nouveau Gouvernement.  Contrairement à l’opposition, le Président Aristide l’a accueilli favorablement, le 21 février dernier, a rappelé le représentant d’Haïti avant que le représentant des Etats-Unis ne l’assure que la conclusion d’un accord politique entre toutes les parties entraînera automatiquement l’appui de son pays au déploiement d’une force internationale « pour aider à sa mise en œuvre ». 


Cette force, a proposé le représentant de la France, ne devrait pas être nécessairement une force des Nations Unies mais encadrée par un mandat du Conseil de sécurité.  Le représentant français a défendu l’idée d’une telle force comme un élément d’accompagnement d’une solution politique, pour contribuer au rétablissement de l’ordre et appuyer l’action de la communauté internationale dans les domaines humanitaire et des droits de l’homme.  La France**, les Etats-Unis et le Canada ont été félicités par la majorité des délégations pour les efforts qu’ils déploient en vue de normaliser la situation en Haïti.


Outre les Ministres des affaires étrangères de la Jamaïque et des Bahamas, ainsi que les 15 membres du Conseil, les représentants des pays suivants ont pris la parole: Haïti, Irlande (au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés), Cuba, Canada, Bolivie, Guatemala, Venezuela, Argentine, Pérou, République dominicaine, Mexique, Equateur, Nicaragua et Japon.  Le représentant de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’est également exprimé.


* S/2004/143

** S/2004/145


LA SITUATION CONCERNANT HAÏTI


Déclarations


M. KEITH DESMOND KNIGHT, Ministre des affaires étrangères de la Jamaïque, s’exprimant au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a estimé que la situation en Haïti constitue une crise grave au vu des conditions d’anarchie et de chaos et de l’aggravation de la crise humanitaire.  Au cours des semaines écoulées, des troupes lourdement armées ont utilisé la force pour s’emparer de différentes parties du pays, l’intention étant de marcher sur la capitale.  La police, faible et en petit nombre, a dû quitter ses postes et dans la dernière flambée de violence, 70 personnes ont été tuées.  La situation en Haïti ne peut être considérée comme une situation interne.  Il s’agit, a insisté le Ministre, d’une réelle menace à la paix et à la sécurité internationales, compte tenu de l’exode massif des réfugiés.  Aujourd’hui, le pays est dans une impasse politique du fait du refus de l’opposition d’engager un processus de dialogue tel que prescrit par la CARICOM qui fonde son action sur trois principes, à savoir le strict respect de la démocratie, le rejet du coup d’Etat et la conformité à la Constitution. 


La situation en Haïti suscite de vives préoccupations régionales, a poursuivi le Ministre avant de détailler les efforts de la CARICOM.  Il a ainsi fait part de la teneur du Plan d’action qui, élaboré par la Communauté, a été accepté par le Président Aristide et rejeté par ses opposants.  Le Plan, a expliqué le Ministre, envisage la création d’une Commission électorale, l’instauration d’un Conseil de personnalités éminentes, la nomination d’un Premier Ministre et la formation d’un nouveau de Gouvernement.  Il est impossible de réaliser des progrès sensibles à moins que les deux parties ne soient disposées à jouer le rôle qui leur incombe, a fait remarquer le Ministre. 


Une action immédiate est nécessaire pour sauvegarder la démocratie, a estimé le Ministre en soulignant la responsabilité de l’ONU, compte tenu de ses antécédents.  Se félicitant de l’intention du Secrétaire général de nommer un Conseiller spécial, le Ministre a souligné que l’implication précédente de l’ONU en Haïti montre qu’elle reconnaît sa responsabilité pour trouver une solution politique à la situation dans ce pays.  La CARICOM, a ajouté le représentant, demande, en conséquence, l’intervention directe et immédiate des Nations Unies en Haïti.  Le Conseil, a-t-il insisté, doit autoriser d’urgence une force multinationale pour aider à la restauration de la loi et de l’ordre public, faciliter le retour de la stabilité et créer un climat propice pour la recherche d’une solution à la crise politique actuelle.  Un tel appui serait important pour préparer le terrain les élections législatives et présidentielles, a encore dit le Ministre avant d’assurer le Conseil que certains pays de la CARICOM sont disposés à contribuer à cette force multinationale.


M. JEAN C. ALEXANDRE (Haïti) a déclaré que les actes de violence qui déchirent Haïti et qui ont fait plus de 60 morts sont perpétrés par des groupes armés constitués d’anciens membres d’une force paramilitaire de répression dénommée FRAPH, qui a commis des atrocités contre le peuple d’Haïti durant le coup d’Etat de 1991.  Ces groupes sont aussi constitués d’anciens membres des forces armées dissoutes en 1995 et de repris de justice évadés des prisons.  Les attaques de ces groupes armés mettent en péril la stabilité des institutions et celle du pays.  Outre les pertes en vies humaines, les rues et les ports sont bloqués, rendant ainsi impossible l’approvisionnement des populations haïtiennes en secours d’urgence.  Le désordre et la violence menacent de jeter le pays dans une catastrophe humanitaire sans précédent.  Pour échapper aux violences, les Haïtiens, une nouvelle fois de plus, reprennent le chemin de la mer sur des embarcations de fortune.  Hier encore, des gardes-côtes américains ont intercepté un certain nombre d’Haïtiens fuyant le pays.


Le Président Aristide a accueilli positivement le 21 février dernier le plan de sortie de crise présenté par une délégation de haut niveau de la communauté internationale et de la CARICOM.  Endossé par la communauté internationale, ce plan prévoit, entre autres, un gouvernement de consensus national respectant les normes constitutionnelles.  Malheureusement, ce plan a été rejeté par l’opposition politique qui a ainsi défié la communauté internationale.  Le Gouvernement d’Haïti renouvelle son appel à l’opposition, afin qu’elle contribue à l’apaisement et renoue le dialogue en vue d’une solution politique négociée.  Il s’associe pleinement à la position de la CARICOM qui veut que le Conseil de sécurité soit saisi de la question d’Haïti et mette tout en œuvre afin de dépêcher d’urgence une force internationale pour aider à la restauration de la paix.  En outre, il souhaite que le Conseil réitère sa condamnation des actes de violence et signifie son refus d’accepter toute forme de gouvernement issu d’un processus antidémocratique et anticonstitutionnel.  Le Gouvernement accepte avec satisfaction la nomination d’un Conseiller spécial du Secrétaire général et soutient l’initiative d’installer dans le pays un bureau de la Commission des droits de l’homme.


M. FREDERICK A. MITCHELL, Ministre des affaires étrangères et de la fonction publique des Bahamas, a fait valoir que la situation en Haïti est un appel moral à agir.  Quelles qu’en soient les raisons, le refus d’intervenir de la communauté internationale reviendrait à céder à une tentative larvée de renverser le Gouvernement d’Haïti par la force.  La question est de savoir s’il faut laisser l’histoire se répéter ou en rompre le cycle.  Nous n’appuyons aucune partie en Haïti, a précisé le Ministre, mais nous savons pertinemment qui est l’autorité légitime en Haïti.  Or, a-t-il souligné, cette autorité appelle à l’aide et il serait logique de lui répondre favorablement.  Le Ministre a donc à son tour insisté sur la nécessité de dépêcher une force dans le pays et surtout d’y déployer des efforts à long terme.


Mme ANA MARIA MENENDEZ (Espagne) a déclaré que le Conseil de sécurité devait s’interroger sur ce qu’il pourrait faire face à la situation grave que vit Haïti et qui, en réalité, résulte d’une crise politique provoquée par la faiblesse de l’Etat, et d’une crise en matière de sécurité causée par les activités de groupes armés.  Il est donc indispensable de prendre des mesures d’urgence pour faire face à la crise humanitaire qui se profile en Haïti, a souligné la représentant, en indiquant que l’Espagne soutient le déploiement d’une mission civile de paix dans le pays avec le soutien de la CARICOM et de l’Organisation des Etats américains (OEA).  Par ailleurs, l’Espagne appuierait l’adoption d’une résolution qui soutienne la mise en œuvre rapide des mesures nécessaires en Haïti.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a estimé que la crise politique en Haïti peut encore trouver sa solution à travers les négociations et le dialogue.  Le représentant a donc appuyé les efforts de la CARICOM et de l’Organisation des Etats américains (OEA).  Rappelant l’appel que le Conseil a lancé aux parties pour qu’elles acceptent le Plan d’action proposé par ces instances, le représentant a déploré que l’opposition l’ait rejeté alors que les groupes armés se préparent à prendre la capitale par la force.  Le Conseil, a-t-il dit, se doit d’envisager d’urgence différentes options pour un engagement international, y compris sous la forme du développement d’une force internationale.  Le Conseil ne peut permettre que le chaos s’installe en Haïti et que les tragédies auxquelles la communauté internationale a assisté par le passé, en Haïti et ailleurs, se répètent.  L’ONU doit par ailleurs mobiliser l’aide dont le peuple haïtien a besoin et renforcer sa présence dans ce pays. 


M. ALEXANDER KONUZIN (Fédération de Russie) a déclaré que sa délégation partage la profonde préoccupation de la communauté internationale concernant les troubles en Haïti, les violations des droits de l’homme et les pertes en vies humaines.  Il a condamné les actes de violence qui y sont commis et a appelé toutes les parties impliquées à mettre fin à la violence et à rechercher une solution pacifique.  A cet égard, le représentant a appuyé les efforts de la CARICOM et l’OEA ainsi que des autres Etats intéressés visant à fournir à Haïti l’assistance nécessaire.  Sa délégation est prête à examiner les propositions permettant à l’ONU d’apporter une contribution.  M. Konuzin s’est dit préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire en raison des derniers développements dans le pays.  A cet égard, il salué les efforts d’OCHA et du PNUD pour la poursuite de leurs efforts dans des conditions très difficiles.  Il a donc appelé toutes les parties intéressées à coopérer avec ces institutions pour assurer la sécurité de leur personnel et de leurs locaux. 


M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni) a appuyé le Plan d’action de la CARICOM et appelé les parties concernées à la modération.  Il a indiqué que son pays est disposé à envisager les différentes propositions permettant à la communauté internationale de contribuer à l’amélioration à long terme de la situation.


M. CRISTIAN MAQUIEIRA (Chili) s’est déclaré favorable à une solution pacifique pouvant être obtenue sur la base du Plan d’action de la CARICOM.  Le processus de négociations, a-t-il estimé, doit être dirigé par les organisations régionales et sous-régionales même si le Conseil ne peut écarter la possibilité d’une action plus robuste.  A son tour, le représentant s’est félicité de la nomination d’un Conseiller spécial du Secrétaire général avant de souhaiter que toute formule d’intervention internationale soit utilisée pour appuyer la mise en œuvre d’un accord politique.  Il a aussi souhaité que toute solution à court terme permette à long terme le lancement d’un projet intégré pour le développement économique et social et, ce, a-t-il souligné, pour prévenir les crises « douloureuses et graves » comme celle que vit aujourd’hui Haïti.


M. LAURO BAJA (Philippines) a déclaré que la priorité était de mettre en œuvre des mesures qui permettraient de sauver des vies humaines et de maintenir l’ordre en Haïti.  Les Philippines appuient les demandes formulées par la CARICOM, a-t-il affirmé.  Par ailleurs, les grandes nations qui ont lancé des appels devraient faire en sorte que leurs déclarations ne restent pas des mots creux.  C’est maintenant, a-t-il relevé, qu’il faudrait déployer les moyens susceptibles de mettre fin au chaos et à l’anarchie.  Le représentant philippin s’est dit par ailleurs encouragé qu’un certain nombre de pays se soient montrés prêts à fournir des contingents à une force internationale de police.  Il est nécessaire, a-t-il poursuivi, que les parties déposent les armes, en affirmant qu’un nouvel appel du Conseil en vue d’une accalmie ne devrait pas se limiter à des mots. 


M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a estimé que la crise actuelle exige du Conseil et de la communauté internationale qu’ils assument leurs responsabilités de rétablir la paix en Haïti.  Le débat, s’est-il réjoui, témoigne d’ailleurs de la détermination à agir.  Les actions des rebelles ne constituent pas une alternative digne et acceptable, a-t-il estimé, en disant craindre l’émergence d’un régime hors-la-loi et d’une nouvelle ère d’obscurantisme pour la population haïtienne.  Le représentant a dit partager le point de vue de la CARICOM, en appelant l’opposition démocratique à saisir l’occasion du Plan d’action comme objectif de faire progresser Haïti.  Il a dit sa gratitude aux Gouvernements de la France, du Canada et des Etats-Unis pour leur réaction positive face aux évènements en Haïti et a affirmé que son Gouvernement appuyait tout engagement actif du Conseil dans ce pays, y compris le déploiement d’une force internationale.  Il a par ailleurs appuyé la nomination d’un Conseiller spécial du Secrétaire général avant de reconnaître que, de toute évidence, une présence renforcée des Nations Unies s’imposait désormais en Haïti.


M. JOEL ADECHI (Bénin) a déclaré que la situation en Haïti était très préoccupante.  Il faudrait rapidement agir pour éviter une dégradation totale de la situation.  Le Bénin exhorte les parties impliquées à accepter la voie du dialogue et de la négociation, et soutient les initiatives lancées par la CARICOM.  Le représentant a estimé que le processus à engager en Haïti doit se faire dans le respect de l’ordre constitutionnel.  Haïti mérite qu’on lui donne une chance, après 200 ans passés sur la touche et dans la pauvreté.  Il est urgent de rétablir l’ordre public et l’état de droit, de constituer une armée républicaine, de professionnaliser la police, et de restaurer et renforcer les institutions.  Il est en outre impératif que tous ceux qui aspirent au pouvoir en Haïti respectent l’aspiration des peuples de la région à être gouvernés dans un cadre démocratique et légal.


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a demandé à la CARICOM et à l’OEA de poursuivre leur rôle de médiateur dans le dialogue politique en Haïti.  Toutes les parties haïtiennes doivent rejeter les moyens violents comme instrument politique, a-t-il dit, en soulignant que les groupes rebelles et les milices ne devraient pas être tolérés.  Ceux qui croient que la violence peut promouvoir leur cause devraient savoir que cette violence pourrait se retourner contre eux.  Seul le règlement politique doit prévaloir et ce règlement exige l’appui de la communauté internationale et du Conseil de sécurité, a souligné le représentant.  Le temps presse et la communauté internationale doit discuter des moyens d’aider la population haïtienne, a dit le représentant en se félicitant de la nomination du Conseiller spécial du Secrétaire général et de la décision du Gouvernement français d’inviter des parties haïtiennes à des discussions.


M. MASOOD KHALID (Pakistan) a estimé que des actions immédiates étaient indispensables pour mettre fin au chaos vers lequel se dirige Haïti.  Il a déclaré que son Gouvernement appuyait les initiatives de l’OEA et de la CARICOM en vue de trouver une sortie pacifique et politique à la crise en cours.  Nous sommes d’accord qu’il n’y a pas de solution miracle en Haïti, un pays qui a subi une dégradation totale de son économie et une catastrophe écologique, a-t-il indiqué.  Après avoir rappelé qu’à son avis l’ONU s’était retirée prématurément la dernière fois d’Haïti, le représentant du Pakistan a affirmé qu’une nouvelle intervention de la communauté internationale devait s’accompagnée d’une véritable volonté politique afin de stabiliser Haïti.


M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) s’est déclaré préoccupé par la crise politique en Haïti et a appelé tous les acteurs politiques à se lancer dans un dialogue visant la recherche d’une solution politique constitutionnellement viable.  La conclusion d’un accord politique, a affirmé le représentant, suscitera automatiquement l’appui des Etats-Unis au déploiement d’une force internationale pour aider à sa mise en œuvre.  Les Etats-Unis appuient déjà les efforts de la CARICOM et de l’OEA dont les résolutions demeurent d’actualité, a souligné le représentant, en indiquant que son pays appuie la mission spéciale de ces deux entités qui peut servir de base à une présence internationale chargée de former la police, restaurer l’état de droit et créer un climat propice à la démocratie.  Une solution pacifique doit être rapidement trouvée avant qu’une crise humanitaire grave ne se déclenche, a prévenu le représentant.  Face à cette crise et au risque d’aggravation, les parties doivent agir dans le meilleur intérêt de la population, a conclu M. Negroponte, avant d’assurer qu’après avoir écouté attentivement les propositions de la CARICOM et de l’OEA, les Etats-Unis poursuivront les consultations pour définir la nature de la contribution de la communauté internationale à la stabilisation de la situation en Haïti.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a dit que son pays était sensible à la situation qui prévaut en Haïti, un pays avec qui la France a des liens historiques.  La France partage le sentiment d’urgence exprimé par la CARICOM et l’OEA, qui détiennent sur ce dossier une légitimité et une expérience prouvée.  La France soutient donc le plan d’action présenté par la CARICOM et l’OEA.  Nous devons ensemble soutenir les efforts internationaux, en vue de trouver des réponses à la situation humanitaire.  Toute sortie de crise doit se faire sur le respect de la légalité démocratique.  La France soutient la mise sur pied d’un gouvernement transitoire dirigé par un Premier Ministre de consensus et appuie l’idée d’une accélération du calendrier électoral.  Une force internationale autorisée par une résolution et un mandat du Conseil devrait être déployée à Haïti afin d’y préserver l’ordre public et de soutenir l’intervention humanitaire internationale.  La France soutiendrait une force civile de police de ce type dont les éléments essentiels devraient venir des pays de la région d’Haïti.  Nous pensons que la communauté internationale saura remplir sa part du contrat, en soutien aux actions de l’OEA dans la reconstruction de Haïti.  Nous soutenons la nomination d’un Conseiller spécial du Secrétaire général et assurons le Conseil de la disponibilité de la France à soutenir une action internationale en Haïti.


M. MIHNEA IOAN MOTOC (Roumanie) a appuyé, à son tour, les initiatives régionales, notamment le Plan d’action de la CARICOM, qui visent à rétablir l’ordre public et l’état de droit en Haïti.  Il s’est aussi félicité des mesures prises par la France, le Canada et les Etats-Unis, en jugeant que le Plan d’action pourrait être complété par une décision internationale conforme à la Charte des Nations Unies.  Un accord est possible, a-t-il dit en appelant les parties à cesser la violence et à faire preuve de conciliation.  Il a conclu sur la nécessité de trouver une solution à long terme en Haïti plutôt que de se contenter « de jouer les pompiers de temps à temps ».  Le représentant a aussi salué la décision de nommer un Conseiller spécial du Secrétaire général.


M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a déclaré que sa délégation soutenait les efforts déployés par l’OEA et la CARICOM.  Une résolution a été adoptée aujourd’hui par les pays de ces organisations.  Elle émet l’espoir de voir l’ONU réagir rapidement à la crise haïtienne, tout en notant que les éventuelles mesures que lancerait l’ONU devraient se faire en coordination avec l’OEA.  Le Brésil, préoccupé par la détérioration de la situation en Haïti, exprime sa solidarité avec le peuple haïtien qui rejette tout recours à la violence pour atteindre des objectifs politiques.  En tant que pays de la région, le Brésil attache la plus grande importance à la sauvegarde de la démocratie et de la légalité en Haïti et dans le reste de l’hémisphère.  Nous avons fermement condamné les actes de violence et avons exprimé notre appui au Président élu d’Haïti, Jean-Bertrand Aristide, a tenu à rappeler M. Sardenberg.  Le Brésil regrette que les dirigeants de l’opposition aient rejeté le plan de règlement politique présenté par l’OEA. Toute sortie de crise, a estimé le représentant, ne peut s’opérer que de manière pacifique et dans le cadre du plan de l’OEA.  Le Brésil regrette les nombreuses violences commises par les bandes rebelles armées et rappelle que le droit international doit être respecté.  Il apparaît que les causes profondes de l’instabilité d’Haïti, qui sont notamment la pauvreté et la faiblesse institutionnelle, n’ont jamais été réellement traitées par la communauté internationale.  Ce sont des questions qui devront être discutées.  Le Brésil, a assuré son représentant, est prêt à s’engager dans le débat sur l’intervention d’une force internationale en Haïti, qu’il soutien.


M. WANG GUANGYA (Chine) a estimé que les recommandations de la CARICOM et de l’OEA méritaient d’être examinées soigneusement par le Conseil.  Appelant ces deux instances à renforcer leur rôle, le représentant a exhorté les parties haïtiennes à déployer des efforts plus importants pour éviter une prolongation du conflit.  Il s’est par ailleurs félicité de la nomination d’un Conseiller spécial pour Haïti avant d’encourager la communauté internationale à accorder une aide humanitaire d’urgence à ce pays.


M. RICHARD RYAN (Irlande), s’exprimant au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés, a déclaré que les graves violations humanitaires et les violences qui ont cours en Haïti inquiétaient les pays de l’Union.  De l’avis de l’Union européenne, la crise doit être résolue de manière pacifique dans un cadre constitutionnel.  Elle regrette le rejet du plan de paix CARICOM-OEA par les partis d’opposition.  L’Union européenne, a indiqué le représentant, est prête à appuyer la recherche d’une solution rapide et pacifique à la crise haïtienne, et elle se félicite de l’initiative prise par la France d’inviter les parties haïtiennes à un dialogue demain à Paris.


M. ORLANDO REQUEIJO GUAL (Cuba) a estimé que la communauté internationale doit aider Haïti dans cette période cruciale de son histoire.  Il a appuyé, à son tour, les efforts de la CARICOM tout en condamnant les actes de violence qui sont commis dans le pays.  Malgré la situation actuelle difficile, des Cubains continue d’offrir leurs services à la population haïtienne, a ajouté le représentant en rappelant la responsabilité des autorités d’Haïti pour leur sécurité.  Donnant le détail des interventions cubaines en Haïti, le représentant a voulu montrer ce qu’un petit pays frappé d’embargo peut faire pour un autre pays.  Il a donc espéré que l’ONU et la communauté internationale sauront adopter l’attitude que la situation requiert.


M. ALAN ROCK (Canada) a déclaré que le moment était venu pour le Conseil de se saisir de la question d’Haïti, comme cela a été demandé par la CARICOM.  Haïti, une nouvelle fois, est en train de sombrer dans l’anarchie.  Le Canada a appris avec consternation le rejet du plan d’action par les dirigeants de l’opposition qui a été présenté par la CARICOM.  Personne ne peut l’emporter par la violence, et le Canada exhorte donc les parties à adopter le plan de la CARICOM et à régler la crise par des moyens pacifiques et respectueux de la Constitution.  Le Président Aristide et ses opposants doivent s’engager de toute urgence à entrer dans un dialogue permettant de débloquer la situation.  Le Canada entend apporter sa contribution à une action internationale dûment autorisée.  Notre pays a versé deux millions de dollars de secours d’urgence et s’est engagé à verser cinq millions de dollars pour soutenir la mise en œuvre du Plan d’action de l’OEA, a indiqué le représentant.


M. ERNESTO ARANIBAR QUIROGA (Bolivie) a considéré que la situation en Haïti justifiait une action rapide et déterminée du Conseil de sécurité, organe de l’ONU chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Le Conseil doit jouer à son avis un rôle décisif pour trouver des solutions à l’aggravation croissante de la crise haïtienne.  Nous sommes face à un impératif politique et moral, a-t-il dit en souhaitant que les solutions portent sur quatre fronts, politique, économique et financier, humanitaire, et sécuritaire.  Concernant le front politique, le représentant a préconisé le dialogue entre le Gouvernement et les rebelles.  Du point de vue de la sécurité, il a appuyé l’envoi d’une force multinationale, avant d’appeler, sur le plan économique et financier, à l’élaboration d’un véritable plan à long terme.


M. JOSE ALBERTO BRIZ GUTIERREZ (Guatemala) a déclaré, au nom des pays du Système d’intégration d’Amérique centrale, que la dégradation de la situation humanitaire, sécuritaire et politique d’Haïti devait faire l’objet d’interventions basées sur le Plan d’action de la CARICOM et de l’OEA.  Le Guatemala exhorte les dirigeants de l’opposition haïtienne à adopter les propositions qui leur ont été soumises par leurs voisins d’Amérique latine et des Caraïbes, a dit le représentant, en ajoutant qu’en cas d’adoption du Plan CARICOM-OEA, la communauté internationale pourra fournir les moyens du redressement de la situation d’Haïti.


Mme ADRIANA PULIDO (Venezuela) a qualifié de « très préoccupante » la situation en Haïti.  Elle a exprimé, une nouvelle fois, son plein appui au Gouvernement constitutionnel d’Haïti avant de rejeter toute tentative de modifier les délais fixés aux élections des autorités par la Constitution.  La représentante a donc appuyé les efforts de l’OEA et de la CARICOM et appelé à les poursuivre.  Elle a, par ailleurs, espéré que les mécanismes de l’ONU encourageront la communauté internationale à faire face aux besoins humanitaires que connaît Haïti.  Jugeant fondamental que cette communauté manifeste sa solidarité au Gouvernement légitime de Haïti, la représentante s’est félicitée, en conséquence, de la nomination d’un Conseiller spécial du Secrétaire général et s’est montrée optimiste quant aux résultats des efforts déployés par l’ONU et les organisations régionales.


M. CESAR MAYORAL (Argentine) a déclaré que son pays soutient le Plan d’action de la CARICOM et de l’OEA et déplore son rejet par l’opposition haïtienne.  Nous demandons que les actions à venir de l’ONU se fassent en coordination avec l’OEA.  Au cours de sa présidence du Mercosur, l’Argentine avait appelé la communauté internationale à se pencher sur la situation de Haïti.  Notre pays condamne les actes de violence commis par les groupes de rebelles armés contre les populations civiles et contre les institutions légitimes haïtiennes que préside le Président Aristide, a déclaré le représentant argentin.  Nous demandons à la communauté internationale de faire rapidement face à la difficile situation humanitaire à laquelle est confronté Haïti.  L’Argentine est prête à dépêcher des moyens et des personnels de secours dans ce pays.  Les problèmes d’Haïti ne sont pas seulement de nature politique interne.  Ils résultent aussi des frustrations nées de l’extrême pauvreté dans laquelle l’ordre international a plongé de nombreuses régions du monde.  Il est donc nécessaire de revoir le cadre économique mondial en faveur des régions les plus démunies et de fournir une aide plus substantielle à des pays comme Haïti.


M. OSWALDO DE RIVERO (Pérou) a estimé que le Conseil ne pouvait rester inactif devant l’aggravation de la situation humanitaire en Haïti.  Le Pérou, a-t-il dit, rejette fermement le recours à la violence comme solution aux crises politiques.  La formule la plus rationnelle, en Haïti comme ailleurs, est de respecter la Constitution, a insisté le représentant.  Il a argué que toute solution doit être fondée sur la Charte démocratique interaméricaine et l’initiative de la CARICOM telle qu’appuyée par l’OEA.  Il s’agit d’envoyer un message clair et net sur la disposition du Conseil à agir et à surveiller la situation des droits de l’homme en Haïti.  Toutes les parties doivent être conscientes que l’impunité sera combattue, a poursuivi le représentant, en souhaitant que les objectifs de l’ONU ne se limitent pas à la dimension politique du conflit mais s’étendent au renforcement démocratique et institutionnel ainsi qu’à la reconstruction économique à long terme. 


M. MARINO VILLANUEVA CALLOT (République dominicaine) a déclaré que la crise haïtienne constituait un motif de très vive préoccupation pour son pays, qui partage avec Haïti une frontière commune.  Le Président de la République dominicaine avait prévenu la communauté internationale des dangers qui planaient sur Haïti il y a plusieurs mois, rappelé le représentant, affirmant que la communauté internationale et le Conseil de sécurité auraient pu éviter aux Haïtiens la crise dans laquelle ils sont plongés.  Nous soutenons les propositions de la CARICOM, et demandons aux parties en présence en Haïti de respecter l’ordre constitutionnel, a lancé le représentant, précisant que son pays avait décidé, compte tenu des évènements, de suspendre le rapatriement des Haïtiens en situation illégale en République dominicaine.


M. ENRIQUE BERRUGA FILLOY (Mexique) a appuyé à son tour, l’appel de l’OEA et de la CARICOM.  Face à la gravité de la crise et au risque d’une prise de pouvoir par la violence, le Mexique estime important d’envisager le déploiement d’une force multinationale.  Il est urgent de trouver la voie du dialogue, a-t-il dit en appuyant une solution politique qui tienne compte de tous les courants du pays.  Il a donc appelé l’opposition à réexaminer les offres de médiation qui lui ont été proposées.  Il a conclu en souhaitant que la déclaration présidentielle soit dûment diffusée au public haïtien.  Se félicitant aussi de la nomination d’un Conseiller spécial, le représentant a jugé que toute intervention de la communauté internationale doit viser à protéger la population civile, à assurer la distribution de l’aide humanitaire, à contribuer aux efforts de désarmement et à garantir les accords politiques.


M. MIGUEL CARBO (Equateur) a réaffirmé que son pays soutenait le respect des institutions démocratiques en Haïti.  Il convient en premier lieu, a-t-il estimé, de mettre fin au cycle actuel de violence et de garantir l’accès de l’assistance humanitaire internationale à toutes les populations.  L’Equateur soutient les efforts et les propositions de la CARICOM et de l’OEA ainsi que la légitimité constitutionnelle en Haïti.  Nous appuyons la résolution adoptée aujourd’hui par l’OEA et appelons le Conseil à adopter une résolution forte sur Haïti, a conclu le représentant.


M. EDUARDO SEVILLA SOMOZA (Nicaragua) a prévenu que la crise haïtienne risque de s’étendre à d’autres pays de la région qui se verraient obliger de demander l’aide humanitaire, compte tenu des flux massifs des réfugiés.  Il a donc espéré que le Plan de la CARICOM et de l’OEA sera prochainement approuvé par l’opposition qu’il a d’ailleurs appelée à s’engager dans un dialogue franc.  Il a aussi appuyé le Président Aristide dans la recherche d’une solution conforme à la Constitution haïtienne et à la Charte démocratique de l’OEA.  Le représentant a lancé un dernier appel aux Nations Unies pour qu’elles accordent l’aide humanitaire requise en Haïti, et au Conseil de sécurité, pour qu’il prenne les mesures nécessaires pour rétablir la paix et la sécurité dans le pays.


M. YOSHIYUKI MOTOMURA (Japon) a déclaré que depuis la restauration du Président Aristide au pouvoir en 1991, le Japon avait fourni plus de 200 millions de dollars à ce pays à travers sa coopération économique.  Cette aide est essentiellement faite sous forme de dons.  Mais la détérioration de la situation en matière de sécurité, résultant des conflits continuels qui affectent le pays, a causé des retards dans la mise en œuvre des plans d’assistance économique.  La difficulté à lancer le développement de Haïti a de ce fait porté un coup dur à la mise en place d’un système d’institutions favorables à la démocratie en Haïti.  Ceux qui souffrent le plus de cette dégradation sont les membres les plus vulnérables de la société haïtienne, notamment les femmes et les enfants.  Le Japon demande que dès que la situation de sécurité reviendra à la normale, une mission d’évaluation des besoins soit menée par des agences de l’ONU.  Nous demandons fermement aux parties au conflit de respecter l’accès humanitaire aux populations, a déclaré le représentant, convaincu que la solution à la crise ne peut passer que par des moyens pacifiques.  Le Japon  soutient donc les efforts déployés par la communauté internationale à cet égard.


M. RIDHA BOUABID, Organisation internationale de la Francophonie, a rappelé que la situation en Haïti figure en bonne place dans l’ordre du jour de son Organisation.  Devant la situation actuelle, le représentant a lancé un appel à la recherche d’une solution constitutionnelle et concertée.  Il a assuré le Conseil de son plein appui à la recherche d’une solution pacifique et réaffirmé que l’Organisation internationale de la francophonie est disposée à participer à toute action allant dans le sens de la mise en œuvre de la Déclaration de Bamako.  Le Secrétaire général de l’Organisation, a-t-il annoncé, présidera, le 4 mars à Paris, une réunion spéciale sur Haïti pour déterminer la contribution qu’elle peut apporter.  Le représentant s’est dit confiant que le Conseil prendra les mesures nécessaires permettant de faire face à la situation et d’aider au rétablissement de l’ordre et de la sécurité, ouvrant ainsi la voie à une action coordonnée de la communauté internationale, à laquelle l’Organisation internationale de la francophonie ne manquera pas d’apporter sa contribution.


Déclaration du Président du Conseil de sécurité


Le Conseil de sécurité est profondément préoccupé par la dégradation de la situation politique, sur le plan de la sécurité, et humanitaire en Haïti. Il déplore les pertes de vies humaines qui ont déjà eu lieu et craint que l’absence d’un règlement politique n’entraîne de nouvelles effusions de sang. La violence prolongée et l’effondrement de l’ordre public en Haïti pourraient avoir des effets déstabilisateurs sur la région.


Le Conseil de sécurité salue le rôle moteur que jouent l’Organisation des États américains (OEA) et la Communauté des Caraïbes (CARICOM) dans la promotion d’un règlement pacifique et dans la recherche des moyens de rétablir la confiance entre les parties, en particulier grâce à leur Plan d’action.


Le Conseil apporte son appui à la CARICOM et à l’OEA qui, dans l’impasse actuelle, continuent à rechercher un règlement pacifique et constitutionnel. Les principes énoncés par le Plan d’action CARICOM-OEA constituent une base importante en vue du règlement de la crise. Le Conseil engage les parties à agir de façon responsable, en choisissant la négociation plutôt que l’affrontement. Un calendrier accéléré semble désormais nécessaire.


Le Conseil de sécurité est profondément préoccupé par la perspective de la poursuite de la violence en Haïti et approuve l’appel à un engagement international en Haïti. Il en étudiera d’urgence les options, et notamment l’envoi d’une force internationale à l’appui d’un règlement politique, conformément à la Charte des Nations Unies.


Le Conseil engage toutes les parties au conflit en Haïti à faciliter la distribution des denrées alimentaires et des médicaments et à assurer la protection des civils. Il engage toutes les parties à respecter le personnel humanitaire international et son matériel, et à faire en sorte que l’aide internationale parvienne bien à ceux qui en ont besoin.


Le Conseil engage le Gouvernement haïtien et toutes les autres parties à respecter les droits de l’homme et à cesser de recourir à la violence pour réaliser leurs objectifs politiques. Les auteurs de violations des droits de l’homme en seront tenus comptables.


Le Conseil de sécurité approuve la décision du Secrétaire général de nommer un Conseiller spécial pour Haïti.


Le Conseil de sécurité continuera de suivre de près la situation en Haïti et demeure saisi de la question.


*   ***   *